THE J. PAUI. GLTÏY MUSEUM LIBRARY
BULLETIN
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BULLETIN
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LIEGEOLS.
TOME XIII.
LIÈGE
H. YAILLANT-CARMANNE,
Rue Sl-A(lalbert, 8.
1877
6£T[Y Ctctlch uont^r
STATUTS CONSTITUTIFS.
Art. I, — Une Société est fondée à Liège pour rechercher,
rassembler el conserver les œuvres d'art elles monuments
archéologiques, pariiculiôrement ceux de la province et des
anciennes dépendances du pays de Liège.
Elle prend le titre ûlnstitut archéologique liégeois et corres-
pond avec les Sociétés savantes, belges ou étrangères, instituées
dans des vues analogues.
Art. il ~ Ulnstitut se compose :
i" De seize Membres eftectifs au moins et de vingt an plus (l;;
ils doivent être domiciliés dans la province;
2" D'un Président et d'un Vice-Président honoraires, à savoir:
le Gouverneur de la province et le Bourgmestre de la ville de
Liège ;
3" De vingt Membres honoraires ;
4" De cinquante Membres correspondants ;
5° De Membres associés.
Art. IIL — Les places vacantes pour le titre de Membre
effectif, honoraire ou correspondant, seront mentionnées sur les
convocations afin que l'on puisse procéder aux présentations
de candidats. Ces présentations devront être faites par écrit et
signées par trois membres effectifs. L'admission, décidée par
bulletins secrets et à la majorité absolue des suffrages, aura
lieu dans la séance qui suivra celle où auront été faites les
(1, Par décision de la Socif^të (13 avril 1877), le nombre des membres effectifs
est porté à trenif.
M —
présentations, et dont elle devra être distante d'au moins huit
jours.
La moitié au moins des membres etîectifs existant devra
être présente pour pouvoir procéder h l'élection d'un membre
effectif, et le tiers après une seconde convocation.
Lorsqu'il y aura lieu d'augmenter le nombre des membres
effectifs, conformément au § 1 de l'article II, il faudra une
délibération expresse de V Institut avant de pouvoir procéder à
la présentation de candidats.
Art. IV. — Les réunions ordinaires ont lieu mensuellement,
sauf pendant les mois d'août, septembre et octobre. Le bureau
fixe le jour et l'heure des séances (').
Les membres effectifs qui, dans le courant de l'année, n'auront
pas payé leur cotisation, seront, après avertissement, considérés
comme démissionnaires.
Aucune résolution ne peut être prise si sept Membres
effectifs au moins ne sont présents à la séance.
Les Membres honoraires, correspondants ou associés,
peuvent assister aux séances. Ils ont voix consultative.
Toute discussion étrangère au but de Ylnstitut est interdite.
Les décisions sont prises à la majorité des voix. En cas de
parité, la proposition est rejetée.
Sur la demande de trois Membres, on procède au scrutin
secret.
Art. V. — Le Bureau se compose du Président, du Vice-
Président, du Secrétaire, du Conservateur, du Bibliothécaire et
du Trésorier.
Les fonctions des Membres du Bureau sont annuelles. Les
membres sortants sont rééUgibles. L'élection a lieu h la
séance du mois de décembre.
(' Ce^l îiPlHcllenoftril le dernier vendrflfii du rnoij».
— VII —
Art. VI. — Le Président veille à l'exécution du Règlement;
il dirige les travaux et les discussions des réunions.
En cas d'absence du Président et du Vice-Président, le
Membre le plus âgé en remplit les fonctions.
Art. VII. — Le Secrétaire tient les procès-verbaux des
séances, la correspondance, etc.
Tout procès-verbal ou décision de la Société est signé par le
Président et par le Secrétaire. Ce dernier signe seul les pièces
qui n'impliquent aucune décision de la Société.
En cas d'empêchement du Secrétaire, ses fonctions sont
remplies par un membre que désigne le Président.
Le Secrétaire a la garde du sceau et des archives de la
Société.
II présente chaque année, au mois de janvier, un rapport dé-
taillé sur les travaux de YInstitut, sur les acquisitions faites et
sur les objets et livres offerts.
Art. VIII. — Le Conservateur a la direction du Musée
provincial.
II dresse, tous les ans, un inventaire qui est vérifié et
approuvé par le Président. Cet inventaire indique la provenance
de chaque objet et l'époque de son acquisition.
Pendant les trois mois de vacances, le Conservateur peut,
avec l'assentiment du Bureau, faire les acquisitions qu'il croira
utiles.
Art. IX. — Le Bibliothécaire tient un catalogue des livres
offerts à V Institut ou acquis par lui.
Il rend compte chaque année des accroissements de la
bibliothèque.
Art. X, — Le Trésorier est chargé des receltes et des
dépenses.
Il n'effectue de paiement que sur ordonnance signée par le
Président et par le Secrétaire.
— VIll —
Il rend compte de sa gestion dans la séance du mois de janvier
de chaque année.
Afit. XÏ. — Les recettes de la Société se composent de la
cotisation annuelle des Membres effectifs, associés, ou corres-
pondants et des subventions à obtenir de l'Etat, de la Province
et de la commune.
La cotisation annuelle des membres effectifs est tixée à la
somme de quinze francs; celle des membres associés est de dix
friincs. Elle est également de dix francs pour ceux des membres
correspondants qui désirentrecevoirlespublicalionsde l'Institut.
Ces cotisations sont payables dans le courant du mois de
janvier qui commence l'année pour laquelle elles sont dues. (M
Akt. XII. — Les objets réunis par la Société forment un
Musée qui est la propriété de la Province.
Les moindres dons sont reçus avec reconnaissance. Le nom
du donateur est inscrit sur l'objet offert et dans un registre
ouvert h cet effet.
Les objets qui se trouvent en double au Musée ne pourront
être échangés qu'après une délibération expresse de Vfnstitiit el
du consentement des donateurs. { Cet article ne s'applique pas
aux monnaies et aux livres. )
Tout objet, même en double, auquel se rattache un souvenir
personnel, ne pourra être échangé.
La proposition d'échange devra être portée à l'ordre du jour
un mois avant la délibération, afin que les Membres puissent
prendre connaissance des objets.
Tous les Membres sont invités à faire hommage de leurs pu-
blications à la Société.
Art. XIII. - UhistHut publie un recueil intitufé tiulklin de
l'Institut archéologique liégeois.
I ' I l»pciî.iui. <lii 13 ;<vnl 187'
IX
Une commission spéciale, composée de trois membres, élus
à l'époque du renouvellement du bureau, est chargée de tout
ce qui a rapport à la publication du Bulletin.
Le Bulletin est distribué aux institutions publiques qui en-
couragent l'Institut, aux compagnies savantes avec lesquelles
il entretient des relations, et aux membres qui ont payé leur
cotisation.
Les auteurs des articles publiés ont droit à vingt-cinq tirés à
part, qui devront porter sur le litre cette mention : Extrait du
Bulletin de rimtitut archéologique liégeois. Ils sont du reste
autorisés h faire tirer à leurs frais un nombre indéterminé
d'exemplaires.
Les tirés à part ne peuvent être distribués qu'à dater du
jour de la mise en vente de la livraison du Bulletin d'où ils sont
extraits.
Art. XIV. Le présent règlement ne pourra être changé que
sur la proposition écrite de cinq membres effectifs; toute
modification devra obtenir l'assentiment des deux tiers au moins
des membres effectifs existants.
Après révision des dispositions organiques des 12 avril 1850,
iS janvier 1852, 17 janvier 1857, et 13 avril 1877, les présents
Statuts ont été adoptés par l'Institut archéologique réuni en
assemblée générale, à Liège, le 13 avril 1877.
Pour copie conforme :
l.e Secrétaire, Le Présidetit,
N. HENROTTE. Ch. GRANDGAGNAGE.
TABLEAU
DES
Membres de l'Institut archéologique liégeois.
Président honoraire.
Le Gouverneur de la province de Liège,
De LUESEMx\NS (Charles), C. ®, ancien membre de la Chambre
des représentants, ancien bourgmestre de Louvain, etc.
Vice-Président honoraire.
Le Bourgmestre de Liège,
PIERCOT (Ferdinand), C. ®, ancien ministre de l'intérieur, etc.
BUREAU DE LA SOCIÉTÉ POUR i877.
Président, Ch. GRANDGAGNAGE.
Vice-Président, baron Ed. de SÉLYS-LONGCHAMPS.
Secrétaire, Nie. HENROTTE.
Conservateur-Trésorier, .T. ALEXANDRE.
Bibliothécaire et Secrétaire-adjoint, Ed. JAMAR.
Signes employés pour les décorations : ^;, Ordre de Lëopold ; >J<, Croix de fer;
:^, Croix commémoralive ; D. C, Décoration civique; G. €., Grand'Croix on
r>rariiî Cnrdoti ; G. 0., Grand Officier; C, Commandeur; O., Oflicipr,
— XII
Membres ettectlfu.
ALEXANDRE (Joseph), docteur en médecine.
ANGENOT (Félix), greffier provincial.
BORMANS (.J.-H.), 0. ®, professeur émérite à l'Université.
Vax de CASTEELE (Désiré), conservateur-adjoint des archives
de l'Etat.
DE.ÎARDIN (Ad.), capitaine du génie pensionné.
DEJARDIN (Jos.), notaire.
DEWALQUE (Gustave), ®, professeur à l'Université.
DOGNÉE (EuG.), #, avocat.
FABRY-ROSSIUS (L.), agrégé à l'Université.
FRÉSART (Jules), banquier.
GOER DE HERVE (baron de), propriétaire.
GRANDGAGNAGE (Ch.), ®, sénateur.
HELBIG (Jules), artiste peintre.
HELBIG (Henri), homme de lettres.
HENROTTE (Nie), chanoine de la cathédrale.
HOCK (Alg.), rentier
JAMAR (Edm.), architecte.
LE ROY (Alph.), ^, professeur h l'Université, membre de
l'Académie.
LOOZ-CORSWAREM (comte Geouges de), membre de plusieurs
sociétés savantes.
MAGIS (Alfred), échevin de la ville de Liège.
xMARTL\L (Ep.), avocat.
NOPPIUS (Lamberts archilecie provincial.
POSWIGK (Eug.), homme de lettres.
SCHOOLMESTERS \Lj, doyen de Suiht-Jacqucs.
SCHOONBROODT iJ.-G.), ^', conservateur des archives de
l'Etat.
SELYS-LONGCUAMl'ï^ iKdm. de), baron, sénateur, membre de
l'Académie.
TERME (Amom\), lîjhnca.'il d'armes.
THIHR iflHNnr.F.s df.', conseiilei à la Cour d'appel.
XIII —
Membres honoraire».
BORMANS (Stanislas), conservateur des archives de l'Etal, h
Namur.
GACHARD (L.-P.i, C. •^, archiviste général du royaume, h
Bruxelles.
DECKER (P. DEi, C. ®, ancien ministre de l'intérieur, à
Bruxelles.
CHALON (Renier), 0. ^, membre de l'Académie royale, à
Bruxelles.
CLERC (V. LE), C. ^, membre de l'Institut de France, à
Paris.
LECLERCQ (M.-N.-J.), G. C. )g;, procureur-général honoraire
près de la Cour de cassation, à Bruxelles.
LIMBOURG (Ph. de), propriétaire, à Theux.
MERCY-ARGENTEAU «M»^ Ch. comte de), archevêque de Tyi-,
prélat domestique de S. S., etc., à Liège.
PARIS (P.), gc, professeur au Collège de France, à Paris.
Van den PEEREBOOM (Alph.i, G. 0. ®, ancien ministre de
l'intérieur, à lèpres.
PITRA (S. E le cardinal J.-B.), à l'abbaye de Solesmes {Sarthej.
ROGIER (Ch.), G. 0. g:, ancien ministre de l'intérieur, à
Bruxelles.
ROULEZ (J.-E.-A.), 0. )g;, professeur à l'Université, à (land.
TROYON (Fr.), à Lausajwe.
Meinbret» curreapunclniits.
BLONDEN (G.), ingénieur-directeur des travaux do la ville, à
Liège.
BODY (Al.), homme de lettres, à Spa.
BORMAN (chevalier C. de), conseiller provincial, à Schalkhoven.
BOSARD (N.-J.), curé, à Jupille.
BUSSCHER ( DE), ^, membre de l'Académie de Belgique, à Gand.
XIV —
COSTEK ^L. DEj, membre de plusieurs sociétés savantes, à
Bruxelles. .
CRASSIER (L.-D.-J. baron dej, 0. )g(, premier président de la
Cour de cassation, à Bruxelles.
DELAHAYE (A.-J.), 0. ^, ancien ingénieur en chef des ponts
et chaussées, à Namur.
DELHASSE (Perd.), homme de lettres, à Bruxelles.
DESNOYERS (J.), bibliothécaire du muséum, à Paris.
DIEGERICK (J.), ^, archiviste, à Ypres.
FRÉSON (J.), juge au tribunal, à Huy.
GROTEFEND (C.-L.), archiviste de l'Etat, à Hanovre.
HAGEMANS (G.), représentant, à Bruxelles.
HAHN (Al.), greffier à la justice de paix, à Luzarches.
KAUSLER (E.-H.), archiviste général du Wurtemberg, à
Stuttgart.
KEMPENEERS (Alg.|, docteur en droit canon, h Montenahen.
LEFÈVRE (J.), instituteur communal, k Landen.
LEQUARRÉ (N.), professeur à l'Athénée, à Liège.
LOBET (J.), homme de lettres, à Auxerre.
LOOZ (Hyp. de), comte, à Liège.
MATHIEU (J.), p)-ofesseur, à Verviers.
MAYNZ (G.), professeur ordinaire à l'Université, à Liège.
NAUTET-HANS (G.), imprimeur-libraire, à Verviers.
NEYEN (AuG.), docteur en médecine et archéologue, à Wiltz
(Luxembourg).
NOUE (Ars. de), docteur en droit, à Malmèdy.
OTREPPE DE BOUVETTE (baron Ad. d'), propriétaire, à Liège.
PETY DE ROSEN (J.). représentant, kGrurie.
PINSAIlD (H.-J.), ingénieur en chef de la province de Liège, à
Liège.
REMONT (J.-E.), ^, architecte à Liège.
RENIER (J.-S.), professeur à l'école industrielle, à Verviers.
SCHOOFS (,L.-H.), curé de Tilleur.
THEUX DE .MONJARDIN (chevalier X. de), à Bruxelles.
— XV —
Van den STEEN de JEHAY ^comte X.), à Bassines.
Van der STRAETEN-PONTHOZ (comte F.), à Metz.
VIERSET^GODIN, architecte, à Huy.
VILLE (Em. de), consul de Belgique, à Quito.
WARZÉE (A.), chef de division au ministère des travaux
publics, à Bruxelles.
WURTH-PAQUET (H.-X.), ancien ministre, à Luxembourg.
ZOPF (H.), professeur de droit, à Heidelberg.
Membres associéfi.
BARBIER (Al.), docteur en médecine, à Liège.
BIOLLEY (François de), industriel, à Verviers.
CASTERMAN (Aur..), architecte, à Liège.
COENEGRACHT (E.), bourgmestre, à Teuven.
COUCLET (Fr.), graveur, h Liéqe.
D'ANDRIMONT (Julien), industriel et représentant, à Liège.
DEJARDIN (L.), docteur en médecine, à Liège.
DEMANY (E.), architecte, à Liège.
DELLEUR (Al.), bijoutier, à Liège.
DEMARTEAll (Jos.), rédacteur en chef de la Gazette de Liège, à
Liège.
DIGNEFFE (L ), rentier, à Liège.
nOREYE (L.-A.-J.), 0. ®, premier président honoraire de la
Cour d'appel, è Liège.
DU VAL (H.), rentier, à Liège.
FALLIZE (L.), industriel, consul de Russie, à Liège.
GRAND-RY (Ed. de), industriel, à Verviers.
DE HASSK deVILLERS (Aug.), industriel, à Liège.
HEMRICOURT de GRUNNE (Comte Arthur de), au château de
Hamal.
LELIÈVRE (X.), substitut du procureur-général, à Liège.
LOHEST-DE WAHA (Pascal), rentier, h Liège.
LOOZ-CORSWAREM (Prince Camille de), à Huy.
— XVI —
LUOZ-CORSWAREM (Comte Hipp. m, à Uéoe.
MAGNÉE (L.), rentier, à Hervé.
MALHERBE (E.), ®,tabricanl d'armes, à Liège.
MARNEFFE (Eue. de), propriétaire, à F^iel-Gingelom.
PIROTTE (A.), entrepreneur, à Liège.
POSWICK (.!.}, ingénieur, \\ Verviers.
RICHARD-LAMAKCHE (H.), ^, propriétaire, h Liège.
SOPERS (J.), sculpteur, l\ Liège.
THIMISTER (Ol.), chanoine honoraire de la cathédrale, à Liège.
THYS (En.?, abbé, à Liège.
VORST-GUDENAU (Ernest baron dej, à Ziadlowitz (Moravie).
WAUTERS-CLOES (H.), tanneur, à Liège.
ui: WANDRE (Fekd.), avocat, h Liège.
JEAN DE WILDE,
ÉTUDE HISTORIQUE SUR UN CHEF LIÉGEOIS DU XV* SIÈCLE.
Aux époques de troubles, on voit souvent apparaître sur la
scène de l'histoire des personnages nouveaux qu'on ne s'at-
tendait pas à y rencontrer. Les uns, sortis du peuple, portent
un nom qui, la veille ignoré, ne devra d'ordinaire qu'à eux
seuls sa part de célébrité. Les autres, appartenant aux classes
privilégiées, se rencontrent parfois dans les rangs d'où leur
condition semblait devoir à jamais les exclure. Depuis les
Gracques jusqu'à La Fayette, combien n'en voit-on pas qui,
avec des passions et des tendances diverses, ont combattu
pour des intérêts qui n'étaient point ceux de leur caste ?
Nulle part ces divergences n'ont été plus fréquentes que dans
la principauté de Liège, et elles n'y sont pas sans importance
dans l'appréciation des luttes soutenues par la bourgeoisie.
Capitaines ou tribuns, Henri de Diiiant, Arnould de Blanken-
heim, Raes de Heers, Baré de Surlet, appartenaient tous à la
noblesse. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans
le cours du XV« siècle, où, à côté de noms plébéiens, figurent,
souvent travestis et méconnaissables, ceux des plus vieilles
races du pays. Combien savent, par exemple, que le chef
liégeois nommé tour à tour Jean de Wilde, ViUanus, Saiwagius,
de Villers, de Ville, voire même simplement Jean /InioW, que ce
chef si populaire était un seigneur de Kessenich de l'illustre
maison de Horne ! Abry (i), qui l'appelle le capitaine de Villers,
(') Recueil héraldique des bourgmestres de Liège, p. 178.
— 2 —
blasonne hardiment son écu en le faisant naître au village de
Villers, près de Tongres. Dewez, d'après Olivier de La Marche,
le désigne sous le nom de seigneur de Hautepeniie, De nos
jours seulement, l'élude particulière de notre histoire baronale,
provoquée surtout par les exigences de la numismatique, a fait
découvrir l'identité du seigneur de Ressenich avec le mysté-
rieux adversaire de la politique bourguignonne ( i).
Kessenich était une seigneurie du pays de Juliers, enclavée
dans le comté de Horne avec celle de Brunsliorn, qui relevait du
Brabant. L'une et l'autre appartenaient, depuis la fin du XIV*
siècle, à la branche de la maison de Horne coiniue, chez les
Flamands, sous le nom de Wilde, c'est-à-dire Sauvage. Entre les
années 1435 et 1U7 mourut Arnold de Horne, dit de Wilde,
laissant deux enfants de son mariage avec Elisabeth , fille
naturelle de Jean de Looz, seigneur de Heinsberg et de Juliers :
c'étaient Jean, son successeur, et Catherine (2).
Les renseignements que nous fournissent les chartes sur le
nouveau seigneur de Kessenich se réduisent 11 peu de chose.
Dans un relevé des limites du village de Neeritter, fait par
ordre du Chapitre de Liège, le il février 1447, on trouve que
l'évêque Jean de Heinsberg, le comte Jacques de Horne, Jean
de Wilde, sire de Kessenich, et l'abbesse de Thorn, assistèrent
à la lecture du procès-verbal des jurés (3).
En 1457, Jean de Horne vendit au couvent des Cisterciennes
de Kuremonde, devant les hommes de fief et la Cour de justice
de Kessenich, deux boniers de terre enclavés dans la ferme de
Visscher-Oe, sauf à en conserver la seigneurie. Sa mère Elisa-
{') Voyez , à ce sujet, la noie de M. l'abbé Habets insérée dans Van ded Chys,
De Munteu der Leenen van Brabaud en Limburrj, p. •147.
Ci M. GOETHALS, dans son Histoire généalof/ique de la maison de Hovnes, croit
a tort que Calherine fut la fille et non la sœur de Jean de Wilde.
(') J. Habets, dans les Publications de la Société historique et archéologique du
duché de Limbourg, t. iv, pp. 221 et 361.
bellî et sa sœur Catherine, avec son époux Jean Kollaert,
consentirent à celte aliénation ( i ).
Nous ne savons à quel propos il releva, l'année suivante, la
seigneurie de Kessenich devant la Cour féodale du duché de
Juliers (-2). Mais ce détail importera peu, quand on saura qu'à
l'époque où nous sommes arrivés, le rôle de Jean de Wilde
commence à sortir des limites étroites de sa patrie, pour se
mêler aux plus graves événements de l'histoire.
Ou admettra volontiers que les relations de Jean de Wilde
avec les Liégeois devaient remonter assez loin, si l'on consi-
dère que l'évêque Jean de Heinsberg était son oncle. Il est vrai
que cette parenté n'était pas très-régulière ; mais outre que la
rudesse des mœurs permettait alors d'admettre les bâtards des
grands seigneurs dans l'intimité de la famille, la naissance de
Jean de Wilde n'était entachée d'illégitimité que du côté de sa
mère. Lors donc que Heinsberg se fut retiré h Maestricht,
après son abdication, et qu'il devint notoire à Liège que tous
ceux qui avaient joui de sa confiance étaient odieux ou suspects
à l'élu Louis de Bourbon, Jean de Wilde n'hésita pas à saisir la
première occasion de fraterniser avec les mécontents.
Sa mère avait une sœur appelée Philippine, autre fille natu-
relle de Jean de Looz, sire de Heinsberg. Elle était mariée
à Jean de Bunde, seigneur du village de Bocholt, en Campine,
qui avait jadis appartenu aux sires de Kessenich. Dès que Jean
de Bunde fut mort, Jean de Wilde, qui était alors chevalier,
éleva des prétentions sur le fief de Bocholt, sous prétexte qu'il
en était le plus proche héritier (3). Sûr de n'être pas agréé par
I,') Cartulaire de l'abbaye de Ruremonde, manuscrit. — Le chevalier Jean
Collard appartenait, selon toute apparence, à la maison dite de Nunhem.
(-) Voy. le mémoire intitulé: Gerichts-zwaiig, herrligkeit und herrschaffi von
Kessenich, par le baron J.-A. de Metternic:!.
(') Le récit de ces contestations a déjà paru dans un article spécial, où nous
croyons avoir établi que la seigneurie de Grand-Brogel, qui relevait du duc de
Juliers, fut associée, pendant toute cette période, aux destinées de celle de Bocholt.
Voy. Revue belge de numismatique, année 1875, p. 4ûi.
- 4 -
le prince, il résolut d'en prendre possession à son insu : pour
cela, il acheta, moyennant mille florins du Ilhin, le concours
armé des Liégeois, traversa Maestricht, entra dans la seigneu-
rie avec leurs magistrats, en grand cortège et au son des trom-
pettes, et en chassa les propriétaires légitimes ; puis, sans
tenir compte des droits de l'Elu, il fit relief de son domaine à
Curange, le 16 octobre 1456, « sauf à respecter les droits usu-
fructuaires de sa tante Philippine, dans les limites indiquées par
son oncle, messire Jean de Heinsberg (i). »
Cette restriction donna naissance à un procès qui ne tarda
pas à se dérouler devant la Cour de Curange. Le 23 octobre
1457, le tribunal finit par donner gain de cause h Philippine et
la réintégra dans sa possession, « en lui mettant dans la main
la corde de la grande cloche et lui livrant terre et gazon ; » en-
suite de quoi la dame de Bocholt reçut l'hommage des échevins
et des manants de sa seigneurie.
Cependant dix jours après le relief de Jean de Wilde, le 26
octobre 1456, Otlon, frère de Jean deBunde, s'était également
fait investir de la terre de Bocholt, au palais de Liège, comme
étant le plus proche héritier du dernier seigneur. 11 en résulta
un second procès ; mais sur ces entrefaites Philippine étant
venue à mourir et l'usufruit s'éteignant avec elle , Otton de
Bunde renouvela son relief au château de Huy, le 22 mai li58;
puis il se hâta de transporter tous ses droits au comte Jacques
de Horne, qui releva son fief i"» Curange, le 29 du même mois.
Le procès n'en poursuivit que plus vivement son cours,
Jean de Wilde alléguant son droit de retrait (lignnger?) contre
son adversaire, qui se trouvait en possession. Il ne se désista
que le 3 mars 1464, en cédant au comte de Horne tous ses
droits sur la seigneurie (2).
, ') De Ram, hocuments relatifs aux troubles du pays de Licge, p. 505. —
ScFrRiDiis PETRI, apud CnAi'EAUVii.LE, l. III, p. 1,35. — WoLTEKS, Horties,
annexes, n" -42.
(*; Archives de la salle de Curange, à Hasselt. — Wolters, annexes, n» 21.
- 5 —
Débarrassé des soucis de toute cette procédure, Jean de
Wilde put se livrer entièrement à la lutte entreprise par la
bourgeoisie contre Louis de Bourbon. On le voit s'associer à
Raes de Heers et à Baré de Surlet, pour exciter le peuple
après la sentence d'excommunication lancée par le pape, en
1465 (1). C'est lui quelesTongrois choisissent pour chef de leur
milice, à la fin de l'année suivante, quand ils rejettent les
conditions de paix proposées par le comte de Charolais, après
son entrée à Saint-Trond. C'est lui que l'historien Fisen appelle,
à cette occasion , « insigni prudentia et fortitudine vir, » sans
penser que les métiers les plus exaltés de Liège avaient seuls
désapprouvé ces propositions; et sans se douter que le beau-
frère même de l'ardent chevalier, était ce Jean GoUard qui
avait fait tous ses efforts pour déterminer le peuple à les
accepter (2).
La mort de Philippe, duc de Bourgogne, survenue le 15 juin
1467, ne fit qu'enhardir les mécontents, et fut pour Jean
de Wilde une occasion nouvelle de les exciter à la révolte (3).
Les Liégeois avaient confié le commandement de leurs
troupes à Raes de Heers et à Baré de Surlet, qui dirigeaient
en même temps leur politique ; on leur adjoignit comme lieu-
tenants Vincent de Bueren, Hubert Surlet, Jean de Wilde et
Eustache de Straile(4). Ainsi organisés ils allèrent assiéger
la ville de Huy, où Louis de Bourbon s'était enfermé. Les mi-
lices des bonnes villes du pays, entre autres celle de Tongres,
les accompagnaient : il n'est donc pas douteux que le seigneur de
Kessenich n'ait fait partie de cette expédition, qui se termina,
comme on sait , par la prise de Huy et la fuite de l'évêque.
(*) Theodoricus Pauli , De cladibus Leodiensium , apud DE Ram , p. 203.
{') Bouille , Histoire de la ville et pays de Liège, t. II, p. 96.
(*) Theod. Pauli, p. 206.
(*) Bouille , t. II, p. -126. On remarquera encore ici que tous ces capitaines
sortaienl des rangs de la noblesse. Vincent de Bueren notamment était fils de
Guillaume, sire de Bueren, et d'Ermengarde, comtesse de Lippe.
A cette nouvelle, le duc Charles de Bourgogne entra dans
une violente colère. Déjà son armée était rassemblée dans les
environs de Louvain,et si grosse, au rapport de Gommines,
qu'il ne lui vit jamais tant de gens ensemble. 11 avait h peine
investi Saini-ïrond, que, le 28 octobre, sur les dix heures du
matin , les Liégeois vinrent camper à Brusthem, dans le voisi-
nage de celte ville. Ils étaient environ 30,000, tant bons que
mauvais, avec cinq cents chevaux et une nombreuse artillerie.
Leur armée fut divisée en trois corps. Au centre, le sire de
Berlo, revêtu d'une armure blanche et monté sur un cheval
blanc, portait l'étendard de Saint-Lambert. Ils se retranchèrent
derrière de grands fossés pleins d'eau, pendant que le duc
se disposait à la bataille. Ses deux ailes étaient appuyées et
couvertes par des marais, et il y plaça en réserve sa cavalerie
et les cinq cents Anglais qui lui étaient venus de Calais. Pour
lui, il commandait en personne le corps de bataille et le sire
de Raveslein marchait en tête de l'avant-garde.
Cejiendant les milices du comté de Looz n'étaient pas
arrivées. C'est pourquoi les chefs liégeois voulaient différer le
combat jusqu'au lendemain ; mais rien ne put retenir hi folle
impétuosité des Tongiois commandés par Jean de Wilde :
à quatre heures, ils se ruèrent sur l'ennemi, sans ordre, dis-
persés, entraînant après eux le reste de l'armée (i ).
Aussi ils furent rompus d'abord et troublèrent les rangs de
telle sorte que l'avanl-garde bourguignonne, formée d'archers
et de quelque artillerie légère, put s'avancer jusqu'au fossé, et
tira si serré qu'elle ht reculer les Liégeois. Leur retranchement
fut emporté ; mais lorsqu'ils s'aperçurent que les Bourguignons
'M FovLLOti, Ui'ftorialeodiensis, t. II, p. i07. — Le récit laissé par les historiens
liégeois du commencement de l'action, diffère essentiellement de la relation qu'en
écrivit Charles-le-Téméraire aux magistratsd'Ypres.S'il faut en croire le duc, l'ennemi
se bornait à tirer contre les Bourguignons, quand il donna l'ordre d'engager le
combat, pour ne pas être pris dans la nuit qui s'approchait. Gachard, Collection
de documiuit inédits, etc., t. I, p. ib9.
7 —
avaient épuisé leurs traits, ils vinrent d'un grand courage, et
avec leurs longues piques commencèrent à faire un terrible
massacre parmi les archers. Déjà « branloient toutes nos en-
seignes, dit Commines, comme gens quasi desconfits », lorsque
le duc fit avancer le reste de ses archers. Ils rétablirent le
combat, et, pendant que l'artillerie éclaircissait les rangs des
Liégeois, ils tombèrent dessus avec leurs fortes épées et bientôt
la déroute commença (i).
Plus de trois mille Liégeois restèrent sur le champ de
bataille; mais il y eut peu de prisonniers. Le duc avait jugé
prudent de ne pas engager sa réserve : les ailes et la cavalerie
virent donc passer l'ennemi fugitif et en désordre le long des
marais qui les en séparaient. La plupart échappèrent à la faveur
de la nuit, et, à dix heures du soir, le brave Berlo, accompagné
seulement de sept chevaliers, rapporta à Liège l'étendard de
St-Lambert brisé et déchiré.
Les villes de St-Trond et de Tongres ne tardèrent pas à se
soumettre, et peu de jours après, l'armée bourguignonne se
trouva aux portes de Liège. Le sire de Humbercourt était
chargé d'y entrer le premier ; mais dans celte ville infortunée
le trouble était si grand qu'on n'y savait quel parti prendre.
Le 11 novembre, on résolut enfin d'ouvrir les portes aux vain-
queurs. Aussitôt les habitants les plus compromis s'empres-
sèrent de fuir pendant la nuit, et quelques jours plus tard, le
duc prononçait, dans une sentence terrible, le bannissement
perpétuel et la confiscation des biens de tous ceux qui avaient
abandonné la cité (2).
Jean de Wilde et la plupart des proscrits se réfugièrent en
(') M. de Barante, que nous nous sommes fait un devoir de suivre textuellement
dans une partie de ce récit, le termine en disant : « Le sire de Wilde, qui com-
mandait les Liégeois, fut tué, et bientôt la déroule commença. » Ces mots
renferment évidemment une erreur et doivent s'entendre de Baré de Surlet, qui
périt glorieusement à Brusthem.
(') Notes insérées par M. Gachard, dans son édition de ['Histoire des ducs de
Bourgogne, par M. DE Barante, t. II, pp. 294 et suiv.
— 8 —
Fiance, pour y attendre l'heure de la vengeance. Ils y restèrent
aussi longtemps que Humbercourt, digne lieutenant d'un maître
inexorable, gouverna la patrie de sa main de fer. En vain le
pape avait envoyé à Liège un légat chargé de ramener le calme
dans les esprits : ser. efforts pour rappeler les exilés échouèrent
devant la jeunesse et l'incurie de l'évéque, uniquement occupé
de ses plaisirs. Tel était le triste état du pays, quand au com-
mencement d'août' 1468, on apprit que le sire de Humbercourt
venait de partir, afin de rejoindre le duc de Bourgogne qui se
préparait h entrer en campagne contre la France. L'occasion
parut favorable aux proscrits pour regagner leurs foyers. For-
tifiés par l'arrivée de ceux qu'avait éloignés la tyrannie des
Bourguignons, il se répandirent dans le Condroz, occupèrent
Monlfort et firent même une tentative contre le château de
Bouillon. D'autres arrivèrent d'Allemagne et parurent dans le
marquisat de Franchimont ; de sorte que pendant près d'un
mois, on vil leurs bandes parcourir le pays.
Cela n'empêcha pas l'évéque d'entreprendre un voyage
d'agrément à Maestricht. Cependant Liège était sans armes et
sans remparts; mais on s'y refusait à croire les bruits alarmants
qui commençaient i\ courir. Tout-à-coup, le 9 septembre au
matin, on annonce qu'un messager vient d'apporter la nouvelle
qu'une troupe nombreuse de proscrits est campée dans le
voisinage et menace déjà la cité. C'étaient Jean de Wilde et
240 de ses compagnons, qui, dérobant leur marche à travers
les bois, venaient d'arriver à Seraing, où ils avaient occupé le
gué de la Meuse. Leur plan était de se glisser de bonne heure
dans la ville, d'y surprendre et d'égorger les Bourguignons dans
leurs lits, puis de reconnaître l'autorité de Louis de Bourbon.
Le complot découvert, les conjurés surentprofiter de l'hésitation
du grand-bailli de l'évéque, pour enrôler les Rivageois sous
leur bannière: "Vincent de Bueren se mit à leur tête et peu après
la troupe entière s'avança en tumulte sur les hauteurs de St-
Gilles.
— 9
A leur aspect, quelques cavaliers sortis au-devant d'eux
s'enfuirent au plus vite, et, vers onze heures, les bannis firent
leur entrée dans la ville, aux cris de Vive le Roi. Ils portaient
une croix droite sur leurs vêtements (i), dont l'aspect misérable
témoignait des souffrances qu'ils avaient endurées. A mesure
qu'ils avançaient, les mécontents et le bas peuple, accourus au
devant d'eux, grossissaient leurs rangs : « Liégeois, vous êtes
libres, s'écriaient-ils, Liège est délivrée! A bas les tributs et la
gabelle ! Le roi Louis de France vous enverra ses hommes
d'armes, quand il faudra tenir tête au duc Charles de Bour-
gogne. » Ayant ensuite rencontré Amel de Velroux, qui voulait
fuir, ils s'emparent de l'ancien bourgmestre et le convertissent
à leur cause. Les citoyens paisibles se cachent dans les églises,
d'autres s'échappent par les portes St-Léonard ou d'Amercœur ;
mais ils sont précipités dans la Meuse ou massacrés par les
bandes qui arrivent du pays de Franchimoiit. Presque en même
temps, leurs demeures sont envahies et servent de logements
aux exilés, tandis que Jean de Wilde et Vincent de Bueren
s'installent au palais (2).
Liège était affranchie du joug bourguignon, les métiers
venaient d'être rétablis, enfin les proscrits avaient retrouvé leur
patrie. Les principaux d'entre eux n'en demandaient pas
davantage ; comprenant du reste ce que leur position avait de
hasardeux, ils se rendirent dès le lendemain au monastère de
StJacques, pour se jeter aux pieds du légat, en le suppliant de
leur pardonner et d'intercéder auprès de Louis de Bourbon.
Le prélat, qui pour lors assistait à la messe, leur envoya sa
(') Piip opiiosiiioii à la croix en sautoir des Bourguignons On ne peut douter
que Louis XI ne s'entendît avec les exilés ; mais il n'est pas croya'de que de Wilde
et Bueren fussent devenus ses agents, comme le pense Koullon. D'ailleurs Coinniines,
SuIVridus Pelri ft Waclilendonck {Supplément à la vie rie Bourbon) déclarent posi-
tivement que le roi dépêcha des ambassadeurs chargés de soulever les Liégeois.
(') ADRiANUs DE VEiKF!! Busco ( Adrien d'Oudenhosch), apud Marieneei Durand,
col. 1327 et suiv. — Thkod. Pauli, p. 2i0.
— 10 -
réponse, les engageant avant tout à donner satisfaction au
prince. Mais la prudence des chefs devait nécessairement
contrarier les projets d'une populace composée de gens ivres
de vengeance et avides de butin. Avec les Flamands du comté
de Looz, que leur avait amenés Jean de Lobos (-i)^ ils étaient
plus de 5,000, armés seule.iient de bâtons et de frondes. On
parvint néanmoins à les calmer et h les conduire devant le
nonce. Là, dans la posture la plus humble, ils crièrent merci,
implorant sa médiation et promettant d'obéir à leur légitime
seigneur. « Voudra-t-il donc encore, disaient-ils, laisser son
peuple s'abriter, h. l'instar des bêtes, au fond des cavernes et
mourir de faim dans les forêts ? Ne pouvons-nous donc pas
rentrer dans nos foyers, pour y gagner du pain à la sueur de
notre front ? Songez à ce qui pourrait arriver, si, restant sourd
à nos prières, vous nous réduisiez à la dernière extrémité (2). »
Leur attitude et le spectacle de leurs misères touchèrent
le légat : ayant obtenu qu'ils missent bas les armes, il leur
donna quelque espoir, et, le 14 septembre, il partit pour
jlaestricht, avec une députalion des proscrits. A leurs propo-
sitions l'évêque répondit qu'il consentait à les recevoir en
grâce, s'ils voulaient venir sans armes à sa rencontre, pour
implorer son pardon. Il exigeait aussi la dissolution des
métiers ; mais sur ce point on ne put s'entendre, les négo-
ciations furent rompues, et de part et d'autre on se prépara à
la guerre.
Tandis que Louis de Bourbon rassemblait sa noblesse aux
environs de Toiigres, le légat ne discontinuait point de faire les
plus louables efforts pour ramener la paix. Le 30 septembre, il
pouvait la croire assurée et déjà il s'acheminait, à la tête des
(* ) Probablement Jean Vilters, seigneur de Lobos (el non Lovinfosse). Voyez la
généalogie de celle famille dans UE HEHCKENiiODE, Collection de tombes, épitaphes
el blasons, p. 81.
{•) Commentaires du cardinal IMccoi.OMiNi, dans Cuapeautille, t. II, pp. 178
el suiv.
— 11 —
Liégeois, au devant du prince, lorsqu'on remit à celui-ci une
lettre du duc de Bourgogne, qui l'engagea tout-à-coup à
rebrousser chemin (i). Leduc lui mandait que, étant sur le
point de traiter avec le roi de France, il viendrait à Liège
réduire les rebelles ; qu'il se gardât bien d'entrer en composi-
tion avec eux ; qu'en attendant, il lui enverrait Humbercourt
avec un corps de troupes en état de le défendre.
En effet, le 8 octobre, on apprit que l'évêque attendait à
Tongres, au milieu de l'allégresse et des feux de joie, l'arrivée
des Bourguignons. La situation était désespérée : jamais on ne
pourrait compter sur la clémence du prince, tant qu'il serait au
pouvoir de l'étranger. Il fallait donc agir, sans laisser à l'ennemi
le temps de s'organiser et de recevoir de nouveaux renforts.
Jean de Wilde avait jadis commandé les Tongrois ; il connais-
saitleur ville : ce fut lui qu'on chargea dediriger l'expédition qui
devait ramener à Liège Louis de Bourbon. Aussitôt il rassembla
ses compagnons ; Goswin de Straile (2) et Jean de Lobos se
mirent à la tête de leurs gens, et vers la soirée, ces trois
détachements sortirent de la ville par des portes différentes,
en évitant de paraître sur la route de Tongres.
A onze heures de la nuit, les conjurés se trouvèrent réunis
sous les remparts détruits de la vieille cité, du côté de Hasselt.
L'évêque était entouré Je plus de 2,000 hommes (3); mais, avec
sa légèreté habituelle, il n'avait pas voulu laisser la garde des
portes à Humbercourt. Les Liégeois entrèrent sans obstacle et
se partagèrent en trois corps : l'un occupa les avenues, l'autre
se dirigea vers la demeure de Bourbon, et le troisième pénétra
dans la maison de Humbercourt. Les serviteurs de ce dernier
( ^ 1 Telle est la version d'AoRiEH (TOudenbosch, que nous considérons comme le
guide l: plus complet el le plus sur pour l'élude de ces temps agités.
(') Vulgairement Goes el non pas Josse, ni Georges de Slraile. Il étail neveu
d'Eustachij et lils du bourgmeslre Jean de Slraile.
(3) CoMMiNES, édit. BucHON, p. 46. PiccoLOMiNi portc au même chiffre le nombre
des assaillants, tandis que Jean de Los ne l'évalue qu'à cinq cents.
- 1-2 —
eurent h peine le temps de se défendre; quelques uns se firent
tuer, pendant que leur maître, sautant de sou lit et se couvrant
de ses armes, franchissait la haie d'un jardin pour gagner le
quartier de l'évêque. Le plus grand trouble régnait dans la ville;
chacun s'enfuyait comme il pouvait ; quelques chanoines et
gentilshommes périrent dans la bagarre, mais la plupart furent
épargnés. Quant h Louis de Bourbon, il s'était enfui chez le
légat, par un trou pratiqué dans le mur mitoyen ; il y passa le
reste de la nuit, laissant au courageux prélat le soin de
s'expliquer avec les assaillants (i).
Dès que les premières lueurs du jour permirent de se recon-
naître, l'évêque parut à une fenêtre et, s'adressant aux groupes
armés qui occupaient la place, il leur demanda qui ils étaient
et ce qu'ils voulaient : « Nous sommes les exilés, repartit Jean
de Wilde, et nous ne demandons qu'une chose, à savoir de
ramener notre prince à Liège ; il y va de nos intérêts et vous
ne vous en repentirez point (2). » L'évêque ayant témoigné la
crainte de ne pas être accompagné, le sire de Kessenich lui
donna l'assurance qu'il aurait un sauf-conduit pour toutes les
personnes de sa suite, hormis les traîtres. « Mais qui entendez-
vous par \li, reprit Bourbon? » — « Ceux, répondit de Wilde, que
(• ) • Ayant fait appeler leurs cliefs, le nonce demanda comment il se faisait que
des hommes qui naguère imploraient la paix à genoux, se présentassent maintenant
en armes devant lui. Us répondirent respectueusement que leurs sentiments
n'étaient en rien changés ; qu'ils n'avaient d'autre but que de prévenir les desseins
des ennemis ; que pour cela, le légat devait revenir à Liège avec l'évêque, auquel
ils voulaient remettre le soin de les gouverner et de les défendre ; sinon tous deux
s'exposeraient à péril dans l'embrasement général de la ville, tant étaient surexcitées
les passions de la multitude. Le légal comprit qu'il ne .s'agissait point de résister :
après avoir reçu l'assurance qu'il n'y aurait plus de sang versé, il n'hésita pas à
promettre ses boas oflices auprès du prince. )■ C'est ainsi que les faits sont
rapportés par Piccolomini et le poète Angélus de Guuribus Sabinis {De excidio
civitatis leoiliensis, apud RUrtène et durand, l. iv, col. 1444 et suiv.). Ce dernier
met directement en scène le seul Jean de Wilde, qu'il appelle Joa«?jei Amoldus,
sans doute pour Jean, fils d'Arnold.
(') Foi'i.i.ON, t. II, pp. 124 et 12S. — Henricus de Merica, De cladibus
Uodiensiiim, apud DE Ram, p. 178.
— 13 —
la cité a flétris de ce nom, tels que Jean de Seraing et les autres
de son parti. » A ces mots, on vit un chevalier, caché sous sa
visière, se pencher à l'oreille de l'évêque, qui ajouta aussitôt :
« Et le sire de Humbercourt, le comptez-vous parmi eux ? »
— « Non certainement répliqua le Sauvage ; j'estime que c'est
un noble et loyal soldat. Est-il donc ici ? » Humbercourt levant
alors sa visière, le chef des proscrits ôta son casque, s'avança
et salua profondément : « Seigneur, lui dit-il, qui de nous est
maintenant le plus fort ? Vous n'avez qu'à vous rendre, il le
faut. » Après un moment d'hésitation : « Puisqu'il le faut,
répondit Humbercourt, je serai votre prisonnier, à condition
de conserver mes armes, de ne pas porter la croix de France,
ni d'être emmené h Liège. Octroyez-moi une trêve de quarante
jours pour mettre ordre h mes affaires, au bout de quel temps
je vous promets de me rendre en tel lieu qu'il vous plaira.
Jurez-moi seulement, entre les mains de monseigneur de Liège
et du légat, d'observer ces engagements. » L'honnête Jean de
Wilde consentit à tout, ne demandant pour prix de sa généro-
sité que l'intervention de Humbercourt auprès du duc de Bour-
gogne en faveur de la paix (i ).
Bientôt la foule se rassembla autour de la demeure du prince,
le pressant à grands cris de hâter son départ. H venait de
monter à cheval, lorsque Straile, s'apercevant que Humbercourt
était resté en arrière, le força de le suivre. Arrivé à la porte
de la ville, le capitaine bourguignon ht appeler Jean de Wilde:
« Seigneur, demanda-t-il, est-ce là ce que vous m'avez promis? »
Ce que j'ai promis, messire, je le tiendrais volontiers, repartit
Jean; mais vous voyez que je ne suis pas seul. « Eh bien,
reprit Humbjrcourt, faites publier à son de trompe que chacun
ait à quitter la ville, et rendons-nous sous les arbres que voici.
J'y resterai, pendant que vous ferez proclamer bien haut que
tous doivent suivre à Liège monseigneur l'évêque et le sire de
(*) Adrianus DE Veteri Bdsco, col. 1334 et 1335. — Foullon, loc, cil.
- 14 —
Humbercourt. » Non seulement Jean de Wilde lui octroya ce
qu'il désirait, mais il donna la liberté aux gens de sa suite en
ajoutant : « Vous voyez comment nous agissons avec vous ;
rendez-en compte à votre maître. »
Après avoir rapporté ce dernier trait, M, de Gerlache, dans
son Histoire de Liège, continue ainsi : « Les débris du corps de
Humbercourt le devancèrent au quartier-général : mille bruits
absurdes se répandirent aussitôt dans l'armée sur ce qui s'était
passé h Tongres. On disait que les Liégeois avaient fait violence
au prince pour le reconduire dans leur ville et massacré seize
chanoines de la cathédrale sous ses yeux pendant la route; que
le légat trempait dans ce complot, qu'il aspirait à devenir lui-
même évoque de Liège. Ces nouvelles répandues à dessein, re-
cueillies par Comines, et par quelques écrivains plus récents (i)
se trouvent formellement démenties dans les commentaires du
cardinal Piccolomini où les faits sont tellement détaillés et
précisés que l'auteur doit avoir été témoin ou parfaitement
informé de ce qu'il raconte. Il est vrai qu'arrivé à Liège, Bour-
bon ayant demandé à voir le chanoine Robert de Morialmé,
blessé à Tongres dans le lumulte, on lui apprit que Morialmé
avait été rencontré sur la routepar des brigands de la verte tente
qui l'avaient massacré. Ce chanoine, fiivori, compagnon, con-
fident intime de l'évêque, en paix et en guerre, au conseil et
dans le cabinet, était odieux au peuple qui l'accusait d'abuser
de la confiance de son maître. Toutefois sur la plainte de ce
dernier les assassins furent punis. Ces événements dénaturés
par les Bourguignons échappés de Tongres exaspérèrent au
plus haut point l'humeur orgueilleuse du duc, etc.. » (2)
(*) Entre autres par M. de Baranle.
( *i Nous sommes heureux d'avoir pu opposer ici l'opinion d'un erainent historien
catholique a celle de M. de Villenfagne, qui s'obsline à ternir de ses accusations le
patriotisme des Liégeois; el pourtant, depuis longtemps, le père Foulion avait
fait justice des exagérations répandues pour servir d'excuse aux cruelles repré-
sailles des Bourguignons, il s'appuyait sur la double autorité de Piccolomini et
— IS —
Parti de Tongres à neuf heures, Louis de Bourbon fit son entrée
à Liège à une heure après-midi, accompagné du légat et suivi
de quelques prisonniers. C'était un dimanche : une foule innom-
brable, Vincent de Bueren en tête, se porta à sa rencontre, pen-
dant que les cloches des églises et les instruments de musique
mêlaient leur bruit aux acclamations de la multitude (i). Le mardi,
on convoqua le peuple au palais, en présence des deux prélats.
Au moment où ils parurent, on remarqua Jean de Wilde
qui marchait devant eux, portant la verge de justice ou
baguette de grand-mayeur, comme insignes de ses fonctions (2).
Quelques paroles de conciliation prononcées par l'évêque
furent couvertes d'applaudissements, et l'on résolut incontinent
de lui rendre tous les chevaux de sa maison. Cette décision
ayant fait éclater certains murmures, le bourgmestre Amel de
Velroux se tournant vers le grand-mayeur : « Je vous requiers,
dit-il, de faire justice, de par le serment que vous avez prêté
hier entre les mains de Monseigneur. » — « Ainsi ferai-je, »
d'un excellent manuscrit, qui n'est autre que celui du moine Adrien. Or, l'un ne
pouvait guère avoir élé informé que par le légat, et l'autre déclare tenir de la bouche
même de Humbercourt les nombreuses particularités qu'il nous a transmises. En
présence de témoins aussi peu suspects, il n'est plus permis de croire au récit de
Theodoricus Pauli, chanoine de Gorcum, qui écrivait d'après le témoignage d'un
homme d'armes de Charles-le-Téraéraire. Suivant lui, l'évêque et le légat auraient
cherché un refuge dans l'église Notre-Dame ; les insurgés auraient envahi la
maison du prince et couru toute la nuit, « comme des loups rapaces, » pour le
retrouver ; à la fin, rayant découvert, ils l'auraient contraint par leurs menaces à
demander quelque noble auquel il pût se rendre ; qu'alors Vincent de Bueren et
Jean de Wilde se seraient présentés et l'auraient emmené avec respect; mais qu'en
route et k Liège, il aurait été exposé aux huées de la populace. Puis il ajoute que
cela se passait le 10 octobre. Voyez de Ram, pp. 211 et 249.
(') Adrianus de Vet. Busco, col. 1336.— Angélus de Curr. Sab., col. 1449.
( *) « En ce temps-là, dit Suffride Pétri (p. 172), raessire Jean de Wilde était
souverain-mayeur de Liège ; il y faisait tout ce qu'il lui plaisait, quod libuit licuit ;
son principal appui était la faction des couleuvriniers ou compagnons de la Verte-
Tente. » D'après M. de Villenfagne (Recherches t. I, p. 345), le grand-mayeur
était choisi par le prince, parmi les nobles feudataires de Téglise de Liège; il devait
avoir des propriétés dans le pays et y être né, ainsi que son père et son grand- père.
11 était le chef des échevins et rendait la justice tant au civil qu'au criminel.
16 -
répondit le Sauvage ; et aussitôt il fit saisir deux des «îoupables,
dont l'un tut pendu et l'autre banni.
Dès que la paix fut promulguée, on déposa partout les insignes
du roi de France, qui, en ce moment même, sacrifiait à sa propre
sûreté l'existence de ses anciens alliés. On sait comment Louis
XI, surpris ii Péronne par la rapidité des événements, se vit
contraint de marcher avec le duc Charles contre les Liégeois.
Le maréchal de Bourgogne commença par envahir la Hesbaye :
Tongres fut pillée et cette même ville où Humbercourt avait reçu
la vie, ne se racheta de l'incendie qu'en lui payant une énorme
rançon (i).
Pierre de Hagenbach, maître d'iiôtel du duc, se rendit à
Liège, et faisant appeler Vincent de Bueren, Jean de Wilde et
les autres bannis : « Par ordre de monseigneur notre très-il-
lustre duc, leur dit-il, je vous enjoins, sous peine de mort, de
partir sans retard et de laisser en paix les habitants de cette
cité. Faute de quoi vous éprouverez bientôt que votre châti-
ment lie Unira qu'avec la perte et la destruction de vous tous. »
Ces menaces n'ayant reçu des chefs liégeois qu'une réponse
méprisante, l'envoyé bourguignon leur annonça que son maître
et le roi arrivaient, déterminés à assiéger rigoureusement leur
ville et à les exterminer; puis, comme ils se refusaient encore
à tenir compte de ces terribles avertissements, Hagenbach,
remontant à cheval, leur dit adieu et partit {'2).
Ne doutant plus de l'imniiaence du danger, Liège tit un
suprême appel à la patrie, et aussitôt on vit de nombreux
volontaires accourir dans ses murs. Le 22 octobre, le sire de
{ ') FouLLO.N, [>, 128. Il est à remarquer que cet, historien, toujours si conscien-
cieux, lixe au 20 octobre l'entrée des Bourguignons à Tongres. Cependant en ad-
mettant cette date, on ne saurait où placer les faits postérieurs qui se passèrent
avant le 2-2. Cette fois-ci, Sufl'ride l*etri semble mieux informé, et le jour du 13
octobre, qu'il assigne à rinvasion, concorde parfaitement avec l'ordre rigoureu-
sement chronologique d'Adrien d'Oudenbosch.
(«j Théod. I»auh, pp. 217 et 218.
- 17 -
Ravestein , avec une partie de l'armée bourguignonne et le
corps venu de Tongres, avait établi son camp à Lantin , à
une lieue et demie de la cité. Un silence de rnort planait
autour de ses nombreux clochers, et ses rues, d'ordinaire si
bruyantes, paraissaient désertes. Les Bourguignons s'imaginant
que ses défenseurs désespérés l'avaient abandonnée, n'étaient
point sur leurs gardes. Les Liégeois s'en aperçurent : conduits
par Jean de Wilde, ils sortirent en masse de la ville et se
ruèrent sur tous ces gens en désordre. Bon nombre de ceux-ci
furent tués ; mais , le premier moment de trouble passé, ils
rétablirent le combat et repoussèrent cruellement les assail-
lants.
Jean de Wilde ne se faisait plus d'illusion sur le sort réservé
à ses amis. Il alla rendre compte à l'évêque de la mort glorieuse
des Liégeois tombés à Lantin , du nombre toujours croissant
des ennemis, et le pria, pour finir, de l'aider à obtenir la paix.
Louis de Bourbon y donna son consentement et en renouvela
l'assurance pleine et entière dans une assemblée du peuple au
palais. En même temps on décida qu'il irait trouver les princes
alliés, et, sans perdre une heure, il partit avec le légat, escorté
par Jean de Wilde qui l'accompagna jusqu'en vue du camp de
Ravestein (i).
La réponse de Charles fut désespérante. Rapportée à Liège,
il n'y eut qu'une voix pour se défendre jusqu'à la dernière
(*) ScFFRiDus Pétri , pp. 17:2 et 173. — Henricus de Merica, pp. 174 et suiv.
La version du moine Adrien diffère sensiblement du récit de ces deux chroni-
queurs : '< Le bruit s'élant répandu , dit-il, que l'ennemi, chargé des dépouilles
de Tongres, allait se retirer, les Liégeois ne craignirent point de se mettre
a sa poursuite. Sans prendre conseil de l'évêque ni des bourgmestres, 4,000
fantassins et 700 cavaliers sortent de la ville avant le jour. Parvenus à
Othée, ils rencontrent un détachement bourguignon qui se hàle de déguerpir à
leur aspect. Mais bientôt toute une armée apparaît à leurs yeux étonnés : ils
rompent les rangs et tournent le dos à l'ennemi ; en vain leur chef descend de
cheval pour les arrêter, on ne l'écoute plus. Ceux qui restent en arrière sont
massacrés, et les autres, assaillis près de Lantin, sont refoulés jusqu'aux faubourgs
de la cité. Plus de huit cents hommes avaient succombé dans la mêlée : Liège
2
— 18 —
exirémité. Mais laissons parler M. de Gerlaclie, qui, le premier
parmi les modornes, a retracé dignement la dernière lutte
soutenue pur le héros limbourgeois : « Le maréchal de Bour-
gogne s'étanl établi avec son corps d'arm;'e au faubourg St-
Léonard, on vint dire ;iu capitaine Jean de Ville, que les Bour-
guignonserraient en désordre dansée faubourg; qu'ils n'avaient
pas même posé de sentinelles, tant ils méprisaient les Liégeois !
Jean de Ville résolut de leur donner une leçon. Lorsque la nuit
fut venue il rassembla un petit nombre de gens éprouvés,
anciens compagnons d'armes ei. d'infortunes, lit taire toutes les
cloches, ordonna aux chefs des méliers de se tenir en silence
aux porlcs de St-Léonard et de Vivegnis avec leur monde, pour
attaquer i'ennemi quand il en donnerait le signal. Ensuite il se
mit h gravir avec les siens, et en se cachant, les sentiers qui
conduisent dans les vignobles jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus
à la partie la plus élevée de celte colline qui regarde la Meuse
à l'extrémité du faubourg. Là il réunit sa troupe et se lua sur
les Bourguignons d'une telle furie, qu'en moins d'une heure il
en déconfit plus de huit cents, parmi lesquels se trouvaient bien
cent hommes d'armes ; il leur enleva deux drapeaux. Le prince
d'Orange et Humbercourt y furent blessés. Croyant avoir sur
les bras toute une armée, deux mille archers bourguignons
pcirent la fuite dans la plus grande confusion en abandonnant
leurs bagages ; car comme il avait beaucoup plu, les voitures
s'enfonçaient dans la boue et y restaient. Jean de Ville refoula
le gros de l'armée ennemie vers la porte St-Léonard, ainsi que
cela était convenu, pour pouvoir l'assaillir des deux côtés à la
dtail dans ly consternalion (*). Louis de Bourbon et le légal, réfugias d'abord
diins la calliédralc de Saint-Lambert , partirent le lendemain, âo octobre, poul-
ie earap bourguignon , etc. »
(') Quelques furieux ne parlaient de rien moins que de mettre â mort Jean de
Wilde :
portam exierc fureniea.
El quuniam Aruoldus Joliuuiies aetus adivit ,
Hum: cives Legii voluenmt tradcrc letho. (ANC. Di: CunR.)
— 19 —
fois ; mais là se pressait l'élite des Bourguignons avec de
l'artillerie, et à mesure que le peuple voulait sortir ils le repous-
saient à coups de bombarde. Cette multitude ne montra pas
d'ailleurs la même intrépidité que la faible troupe de Jean de
Ville. Les Bourguignons, réunissant toutes leuis forces après
s'être ralliés, attaquèrent vigoureusement ce dernier, qui ne
pouvant soutenir le choc avec si peu de monde, se fit un
rempart des chariots et des bagages qu'il venait d'enlever
aux ennemis en continuant de leur opposer la plus vive l'ésis-
tance. Cependant le feu ayant pris par hasard à une maison
occupée par les Bourguignons, ils reconnurent h la lueur de
l'incendie le petit nombre des Liégeois et se mirent en devoir de
les envelopper. Alors Jean de Ville donna le signal delà retraite.
Comme il rentrait le dernier il trouva la porte du vieux Vivegnis
fermée. Il voulut gravir le rempart qui était fort élevé; épuisé
de fatigue et surchargé du poids de ses armes, il se laissa
retomber de la hauteur du mur : on le releva tout froissé de sa
chute ; il mourut deux jours après. La perte d'un tel homme,
dans de telles circonstances, fut plus sensible aux Liégeois que
l'avantage éclatant qu'ils venaient de remporter sur leurs en-
nemis (i). »
;*) On ne peut a.jouler grand'chose à cette page d'Iiistoire. Nous tâcherons de
grouper ici les faits qui s'en écarlent ou n'y sont pas rapportés : Dans la soirée du
26, l'avant-garde des Bourguignons s'était avancée jusqu'à la porte Si-Léonard.
Animés par le désir du butin, ils prétendaient entrer dans la ville avant l'arrivée dti
duc. Personne n'était sous sa bannière ; les chefs se reposaient en attendant le
triomphe du lendemain. Ils venaient de rejeter de nouvelles propositions de paix et
de soumission des Liégeois. Ceux-ci aimèrent mieux mourir que de se livrer à la
merci du vainqueur. Comptant peut-être encore sur la fortune qui l'avait servi à
Tongres, Jean de Wilde [Legios inier celeberrimas- omnes) rassembla les Rivageois
et les hommes du pays de Franchimont. Après s'être assuré qu'ils persistaient
dans leurs sentiments, il fil cesser tout bruit dans la cité, comme si elle avait élé
abandonnée, puis, vers quatre heures du matin, il sortit, avec ses compagnons, par
la porte Vivegnis et les brèches de la muraille. Bientôt on entend crier Vive Liège
et Verdure ( *) : lesennemis attaqués par derrière sont dispersés ; le sire de Sargines
est tué. Cependant les gentilshommes et les hommes d'armes bourguignons
{■*) C'était le cri de ralliement des compagnons de ta Verte Tente.
— 20 —
Jean de Wilde laissa de sa femme (N. Van Balveren ? ), un
fils que M. Goelhals nomme Jean de Horne, dit le Discret. Peut-
être aussi lut-il le père de cet Arnold de Horne, dit le Sauvage,
qu'on rencontre plus tard en qualité de seigneur de Kessenicli.
Enfin, pour ne rien omettre de ce qui concerne cet homme
célèbre, ajoutons qu'il lit forger, dans ses villages de Kessenicli
et surtout de Kinroy,des deniers noirs aux types contemporains
de Liège, de Namur et de Flandre. Il paraît même qu'il fit
monnayer à Grand-Brogel, pendant sa domination éphémère à
Bocholl. On pourrait donc dire de lui, comme de son parent
Jean de Bunde, que ce qu'il ne se serait pas permis en qualité
de feudataire du comté de Looz, il le fit au beau milieu de ce
pays, comme vassal de Juhers ( i ). J. de CH.
parviennent à se rallier devant la porte St-Léonard, par où Vincent de Bueren, à la
lueur des torches, est sur le point de sortir. Messire Jean de Berghes y est blessé.
Quelques soldats bourguignons se défendent dans une maison : irrités de leur
résistance, les Liégeois y mettent le feu, etc.... Jean de Wilde continua de se battre
comme un lion,
Et muHos Sljifiium Bunjundos niittil ad orcum,
j'usqu'à ce que, perdant son sang et la main droite coupée, il parvint, en rampant
et s'aidant d'une échelle, à gravir les escarpements du rempart. Reconnu par les
gardes, il fut ramené chez lui, où il expira le 29 octobre, la veille du jour où fut prise
cette malheureuse ville de Liège qu'il avait tant aimée. Ainsi Gui de Humbercourt
fut délié de son serment, sans avoir payé la dette de reconnaissance qu'il avait
contractée envers son gdnéreu,\ protecteur.
Ce fait d'armes a donné lieu à de nombreuses confusions. Piccolomini le place
avant le départ du légat , comme s'il s'agissait du combat de Lantin. Les
trois chroniques publiées par M. de Ram ne s'accordent ni entre elles, ni avec
l'histoire, sur le jour et le lieu qui virent tomber le seigneur de Kessonich ; ce qui
donne une médiocre idée de leur valeur. Théod. Pauli ajoute qu'il fut enterré secrè-
tement et qu'on fit accroire au peuple qu'il était resté prisonnier.
( * j Voy. Hcvue belge de tiuminmatiquc, année -ISSB, p. 70, et année 1875, pp.
451 et suiv.
MISCELLANÊES
'Suite voir vol. XII p. MO a 366).
Les deux pièces par lesquelles nous continuons la publication
commencée dans le dernier volume du Bulletin de pièces
inédites que nous avons rencontrées en nous livrant h d'autres
recherches, nous ont paru offrir de l'intérêt. Peu de personnes,
croyons-nous, savent qu'il existait à Liège une compagnie ou
société de musiciens et de cuisiniers dont les statuts avaient
été approuvés par le prince, par les magistrats de la cité et par
les échevins de Liège. La plupart de ces statuts devant, à
notre avis, exciter la curiosité du lecteur, nous avons jugé
convenable de publier en entier cette pièce quoiqu'elle soit
un peu longue.
XVIL
Copie faicte par nous les eschevins de Liège extraicte hors de
iiostre regitre autenticque.
Lan quinse cens et trengte qiiattre, le diexemme jour de
feverier, comparurent par-devant nous niaieur et eschevins de
Liège, Jean Waterken et Pacquea Dozin syque maistres de la
compangnie et confraternité des ménestrels et cuysiniers de
la cité, franchiese et banlieu de Liège, ordonnée en l'honneur
de Monseigneur Saint-Giele en Publemont leis Liège, lesquelz
flous remonstrarent que comme par ci-devant et d'anchiennité
ai
euisl esté ordonné et uzeit faire par lesdis de la compangnie,
service et révérence en l'église dudit Saint-Giele h Dieu et
ledit glorieu Saint-Giele, pour acquérir vie éternelle, neant-
moins la choese, por les fortunes des guerres ayantes regueil,
inesmeiit la négligence et mal police de ceulx de ladite compan-
gnie, la choese naroit esté entretenue ne observée, par quoy
desirans soy lionnestemeni conduir, vivre selon équité et
raison, a l'honneur de Dieu, sa très digne mère, monseigneur
Saint-Giele et acquérir conséquamment la gloire de paradis,
ilz lesdis delledile confraternité avoient unanem^nt délibéré,
conclud et passeitles points et ordonnances teles qu'ilz avoient
apporté on noz mains, dont la tenurre sera enfin de ces pré-
sentes escripies de mot a autres, requérant par lesdis maistres
ou nom dicelle ditte compangnie, que les volsissiemmes visenter
et passer, d'aultretant qu'ilz seroient raisonnables, affin les
mettre en warde de loy et sortir leur effect. A laquele leur
requeste fundée en raison condescendans, lesdis ordonnances,
poincts et articles ont esté par nous visentées, corrigées et
passées en tele forme et manière qu'ilz sont ci-apres redigiés
par escript, de si avant qu'ilz ne soient préjudici-îbles à la
haultainté, jurisdiction de nostre très redoublé Seigneur et
prince. Monseigneur le cardinal de Liège, ne contrevenantes
aux franchieses, statuts, paix faicies et privilèges des bourgeois
de I;iditte cité, en tele manière et az protestations qu'ilz lesdits
de ladilte confraternité mesme avoient declareit par lesdittes
ordonnances, furent icelles par Jean Junccis nostre confrère,
submayeur de Liège, mieses en warde de loy, lesqueles s'en-
suyent de mot a autrez :
In nomine Domini amen. Nous les maistres et confrers de la
compangnie entirement des ménestrels et cuisiniers de la cité,
franchiese et banlieu de Liège ordonnée en l'honneur de
Monseigneur Saint-Giele en l'ublemont lez Liège, a tous ceulx
qui ces présentes veront et oront, salut. Comme par ci-devant
aieleslé ordonné en laditte engliese Saiut-Gielo de cuers aftèc-
28 —
tueux faire service et révérence à glorieux troisiie, toutes voyes
combien que par forlune des guerres, la chose nat pas esté
eiitretenue comme auparavant, ce nientmoins désirans acquérir
la gloire éternelle et entretenir laditte confraternité à nostre
leal pouvoir et puissance, comme aiants le greit et consente-
ment de Monseigneur l'abbé et couvent dédit Saint-Giele,
avons, par forme de l'énovatioii, fait, ordonné et passé Testa,
conditions d'icelluy en la forme et manière qui s'ensuyt, par
protestation de non vouloir préjudicier à la jurisdiclion de
très révérend père en Dieu très hault, très puissant et nostre
très-redoubté Seigneur et prince. Monseigneur Erard de la
Marck, cardinal, archévesque de Valence, évesque de Liège,
duc de Buillion, conte de Looz etc. ne semblable ment à la
jurisdiction des maistres, jureis et conseil de sa cité.
Premièrement, avons ordonné que tous ceulx de la compan-
gnie seront tenus, cliascun an, le jor que on fait la feste Mon-
seigneur Saint-Gifile, de venir à huyt heures du matin apporter
leurs offrandes sur lebanck devant la Violette et icelles offrandes
paier et présenter sur l'auteil de monseigneur Saint-Giele,
ainsy comme il appartient; car s'il advenoit que aucuns deulx
fuissent troveis défailhans, seront tenus paier au proffîtde leurs
dis maislres, pour chacune fois qu'ilz commectront la défaulte,
assavoir chacun défailhant, l'amende de quattre boddreaz.
Item, ledit jour que l'on portera laditte chandelle, ny devera
avoir que deux compangnons de noz confrèrez pour joweir de
leurs instrumens et choisis par lesdis maistres, lesquelz deux
contrerez seront ledit jour (Va nckz de leurs disner.
Item, ordonnons que nulz ou nulle de laditte compangnie ne
poroni eskondiic leur corouiie.le jour que l'onferat chascun an
laditle fieste à Monsegneur Saini-Giele ; car celuy qui escondui-
roit ou y contrediroit, seroit tenus vers leurs dis maistres
d'une amende de vingt aidans communs.
Item, que nulz de laditte compangnie, soit menestreit ou
! uisinicr, s'il ne prent congiet, ne se poratloweir pour alleir
"^.i _
faire aucun service le jour de ladite (este et quiconque sera en
ce trouvé defailhant, il paierat une amende ausdis maistres de
ung postulat Erard.
Item, tout et quante lois que lesdis maistres et ceulx de laditte
compangnie sy trouveront ensembles dorsenavant, soit à laditte
feste ou par autre temps, en aucun lieu comme ôs tavernes ou
autre part, s'il advenoit (que Dieu ne veuille) que aucun diceulx
esmove aucun débatz par ire ou indignation telemcnt qu'il y
ait cops férus jusques a elïusion de sang ou autrement, est
ordonné, pour éviter entre eulx.toutes contentions et débats et
povoir demourer a tousjours ensembles a bonne paix, amour et
union, que celluy d'entre eulx qui serat trouvé premier delin-
quer d'avoir esmeu ludit débat et frappé les premiers cops,
sera puny et corrigé d'unne amende pecuniele tele que jugié en
sera par juge compétent, à applicquier la tierce part à nostre
très redoubté Seigneur et prince et uiine autre tierce part à
l'église de Saint-Giele H l'autre ausdis maistres.
Item, et ossy s'il advenoit que les maistres ou aulcuns de
ceulx estans ausdities assemblez, esmovissent ou faisissenl
aulcuns débas allencontre d'aulcuns d'icelle compangnie et de
leurs confrerez, ainsi et par la mannière qu'il est contenu en
l'article précédent, le premier délinquant d'iceulx maistres sera
à double amende tele que jugié sera (comme dit est), à applic-
quer comme desseur.
Item, au regard de celluy qui seroit injuriet simplement par
parolles, il s'en porat plaindre et faire parsuytte par-devant
lesdis maistres d'icelle leur compangnie, reserveit les cas de
cryme et ceux qui toucheroient à l'hoinieur d'hommes ou fem-
mes ; mais se ledit injureit faisoit ou alloit à contr.iire de ce
que dit est, toute et quanteffois que ceadviendroit, il en seroit
pugny d'unne amende d'uiig postulat Erardus ou la vraye
valleur, la moitié à proflit desdis maistres et l'autre moitié à
coffre de ladite compangnie.
Ilem, que dorsenavant nul de nous ne porat, le jour de nostre
91,
ditte feste qui est le jeudy après le Saint-Jean, avoir ne deman-
der avantaige pour estre affranchiet de leurs escots non plus
l'ung que l'autre, se ce n'est par le congiet de leursdis maistres
qui au présent sont ou seront au temps futur ; car se deffaulte
y avoit, le défailhant en paierat à proffit d'iceulx maistres une
amende de dix boddrealz.
Item, aussy est ordonné que nul de laditte compangnie ne
porat demander l'office d'icelle pour luy ne par aultruy, sur
paine d'estre privé toute l'année dédit office d'icelle compangnie.
Item, en après, quiconque dorsenavant voirai acquérir la
compangnie et estre confrère de la compangnie susditte, il
paierat à son entrée la somme de trois florins d'or ou la vraye
valleur, l'ung d'iceulx à proifit desdis maistres et les deux
autrez à la généralité de laditte compangnie.
Item, ung fil de maislre qui volut relever laditte compangnie,
sera tenu paier pour son relieff'ung postulat Erardus, la moitié
à proffit desdis maistre et l'autre à ladite compangnie.
Item, d'oultre est ordonné que nul d'icelle compangnie dorse-
navant ne porat joweir que d'unne sorte d'instrument, soit à
noepces, novelle messe, feste de village, ou autrement ensditte
cité et banlieu ou ilz seroient loweis ; car quiconcque fera au
contraire et ftiist prouveit, il seroit à l'amende à proffit desdis
maistres d'ung griffon.
Item, et aussy qu'il ne soit nulz de laditte compangnie qui
dorsenavant soy ingère ou avanche aucunement de prendre
deux lùwiers pour servir à ung mesme personnaige et à ung
jour mesme tout à une seule fois, le fait bin prouvé, sera h une
amende d'ung postulat Erardus, à applicquer la moitié aux
maistres et l'autre à laditte compangnie.
Item, s'il ad venolt pour grever et faire dommaige à leurs
autres confrers, qu'il soy allassent paroffrir et présenter sur le
marché de leurs autres confrers pour iceulx endomager, celuy
qui en telle sorte userat, paierat ausdis maistres l'amende
d'ung griffon.
— 26 —
Item, quiconcque d'icelle compangnie comenchera de taire
aucunes noepces, le devera parfaire, sens de luy mesme povoir
commettre aultruy ; car se le contraire estoit prouvé, le défail-
hant paieroit ausdis maistres ung griffon d'amende.
Item, est ossy ordonné que tous autres qui ne seront de
de ladiile compangnie, dorsenavant ne poront ovreir en laditte
cité et banlieu pour desservir sallaire, de quelconcques instru-
ments appartenans et servaiis à nous menestreis et cuisiniers
de laditte compangnie, se ce n'est preallablement qu'ilz aient
fait le gré et bon plaisir desdis maistres, ou doncque que se
fuissent cas de nécessité, voir que ceulx qui seront trouveis
défailhans, paieront, pour cliacunne fois qu'ilz commetteront
laditte faulte, ung griffon, à applichier comme desseur.
Item, nul d'icelle compangnie ne soy porat lower, ne ossy
overeir, ne faire le mestier de laditte compangnie avec aucuns
estrangers ou autres quelconcques qui ne seroient de leurs
confrers, plus liault que unne fois ou deux, se ce n'estoit par
nécessité comme desseur, sur l'amende d'ung griffon à appli-
chier ausdis maistres,
flem, tous ceulx de laditte compangnie qui au présent sont
et qui advenir seront, yront devers leur clerc faire escrire de
novea leur nom dedens le registre novellement fait, pour et
afin de mieulx savoir coillir et recepvoir leur offrande qu'ilz
doient, chascun an, à Dieu et h Saint-Giele, liquel registre il
convient aussy renouveller, partant que les anchiens registres
de ce faisant mention, ont esté perdus par le temps des
guerres.
Item, il n'y arat que deux maistres assavoir tousjours ung
vieux avec ung noveau.
Item, quiconcque ameclera aucun de laditte compangnie des
mesuz prescripts et ne h', povist prouver, il escheira en telle
amende que celluy qui seroii accuseit, voir selon l'exigence du
cas.
Item, qui refusera la coronne, soit cuisinier et menestrier, il
27
paierai ung postulat Erardus, à applichier à laditte généralité
de laditte compangnie.
Item, et finablement, en ensuyant les anchiens uzaiges et
coustumes, est ordonné que lesdis maistres d'icelle compangnie
qui seront renoveilleis cliascun an, seront tenus, le jour d'icel-
luy leur renouvellement, aller, par devers mes très honnorés
Seigneurs, les grands maistres d'icelle bonne cité de Liège,
prendre et requérir congiet et licence pour toute l'année de
povoir envoler panneir ceulx de laditte compangnie pour toutes
les amendes et forfaictures, et principalement tous ceux qui
auront aucunement négligiet et allé contre de toutes les choeses
prédéclarées en ces présentes novelles ordonnances, et se
trouvé estoit que lesdis maistres d'icelle compangnie euissent
fait panner à tort aucuns de leursdis confrers ou bourgeois
d'icelle cité ou banlieu, iceulx maistres seront tenus les délivrer
à droit et à leurs despens sans fraude. Tous lesquelz points et
articles nous les maistres et confrers de laditte compangnie
avons promis etjureis et par ces présentes promectons et
jurons, ensembles toutes sieutes à faire licittes et raisonnables
concernantes seulement les négoces de nostreditte compangnie,
entretenir et inviolablement accomplir, sur les paines y touchiés
à applichier comme desseur. Prions et supplions pour ce à la
grâce de nostre dit très redoubté Seigneur et prince, Monsei-
gneur le cardinal, et aux très honnorés Seigneurs, Messeigneurs
les burghemaistres, jurez et conseil de sa cité, Messeigneurs
les échevins de Liège plaire lesdis points et articles ratiffier,
confirmer et approuver. Quoy faisant, feront oeuvres salubres,
participeront aux bienfaits et le benoit fil de Dieu en renderat
récompense. Ce fut fait, renouveit, conclud et passé l'an de
grâce mil cincque cents vingte siex, au mois d'aoust le
troixemme jour.
Echevins de Liège. Greffe Bernimolin.
OEuvres, registre n" "2, fol. Ht.
— ^28 —
XVII l.
Aujourd'hui qu'il y a des sociétés de tir presque partout en
Belgique lesquelles ont leurs règlements, on aimera assuré-
ment de connaître en quoi ceux-ci diffèrent des statuts d'une
compagnie du même genre qui existait h Liège dans la première
moitié du IG""" siècle sous la dénomination de Compagnie
Monsieur Saint-Christophe condist des Coleveriniers de la cité
de Liège. On sera étonné en constatant que les règles de cette
compagnie étaient à peu près les mômes que celles suivies
dans les tirs de nos jours. On sera plus surpris encore en
remarquant que la cible était placée à une plus grande distance
pour les armes de l'époque, qu'elle ne l'est aujourd'hui pour
celles îi percussion et qu'elle se trouvait plus rapprochée seu-
lement de soixante mètres de distance adoptée pour les fusils
se chargeant par la culasse.
L'an XV' et XXXVII le X*" jour d'avril comparurent pardevant
nous mayeur et eschevins de Liège, Francheu Hardi, Bauduyn
Platlebourse grans maieurs, Piron le pollerea porteur a présent
de lenseigne et Bertelmi le Piemme, rentier de la compangnie
monsieur Saint Christofle ; condist des coleveriniers de la cité
de dit Liège, lesquels nous remostrarent comment les grans et
petis mayeurs, auvec les aultres compangnons généralement
de la dite compangnie, pour Ihonneur deulx et de la dite cité,
afTin ossy avoir et maintenir amiable cognissance auvec les
amaiteurs de la trarie et baston de la coleverinne, avoient nat-
gaires passeit, ordonneit ung jeu et trairie qui comencherat le
XXVII" jour de ce présent moix davril, ensy aux maniers,
dévisses et conditions quilx avoient (ait redigier par escript sur
ung l'uilhel de papier, laendroit i)ardevant nous exhibueit, dont
le tenurre serai cidesoubz escripiede mot a aultre, nous requé-
rant par lesdis remostrans le volloir visentier de point en
poins, et pour ou cas que lachoese luisse lundée en raison, y
29
estre miese en nostre warde. A laquelle leur requeste condes-
chendant, avons falL Visitation dédit fuilhet et ordonnance
faicte, débattu leffect et substance dicelle, que avons trouveit
licitte et admissible, en ayant par îious pour ce accordeit ausdis
remostrans a les faire meclre en warde de loy, voir a protes-
tation de non volloir derogueir, ne touchier a la jurisdiction
et haultainité de nostre très redoubte seigneur et prince, mon-
seigneur le cardinal de Liège, ne semblament aux franchieses
et previleges de cesie cité, suyant quoy, Johan Junccis nostre
confrère submaieur, a la susdicte protestation, misl, lordonance
prelouchict en nostre warde; le contenu dédit fuilhet et ordon-
nance, dont deseur est faicte mention, sensiet de mot a aultres:
Nous les grands et petis maieurs de la compangnie monsieur
Saint Christofre condist les colevrinniers de la noble cité de
Liège, k vous tous compangnons coleverinniers, salut. Scavoir
faisons que nous lesdis maieurs et tous compangnons en
gênerai de ladicte compangnie tirans de la coleverinne en la-
dicte cité, avons ordonneit, pour faire et entretenir cognois-
sance et amistié, XII joyaulz a tirer de la coleverinne, lesquels
joyaulx seront par lesdis compangnons assis. Et pour le
premier XII aines de draps roige scelleit a deux grans seelz,
assavoir le B et le G, el tenant neuf quartiers de large ; pour le
second, XI oulnes; le HP, X aines; le IIIP, IX aulnes ; le V'',
VIII aines; le VI% VII aines; le VIP VI aines; le VHP, Vaines,
et demi; le nueflfeme; cinq aulnes ; le X% IV aines et demi ; le
XP, IV aines; et le XIP, III aines et demi.
Item, y arat encour deux joyaulx aux troies, assavoir celuy
qui aura et gagnera la plus belle des troies, aura aine et demi
et le secj id, une aine de semblable drap que le prescript.
Item, ung chacun qui gaignera joyaul, donnera pour chacune
aine demi patars braibant.
Item, Ion tirera aux champs en une place non accoustumée
de 2o0 aulnes, mesure de Liège, loing.
Item, Ion tirera a deux rondeaiz tenans chincque pietz de
haut.
?»0
Itenuquicoiicqueeii tirant romperadu boixdesdis roudeaulx,
les coups seront de valleur, touteftois si lesdis coups prenoient
terre avant quilx luissent ausdis rondeaulx, telz coups seroient
reputez moindres que de valleur.
Item, chacun compangnon coUevrinnier tirera douze coups
au bras estendus sans touchier aux espalles ny poilrinne, ains
tireir a franc jeu sans comectre fraude ne prendre avantaige
en manier aucune sur leurs abrieres derier el auvec ce deve-
i-ont tireir de vraye et entyrs bêches.
Item, et sil advenoit que aucun compangnen colevrinnier
fuisse trouveit usant a contraire des devantdicies ordonnances
et jeu de irairies, iceluy perdera le coup par lequeil aral mesu-
seit, ensemble tous aullres cops quil arat treit ^ït davantaige
corregiet, au dit des hommes que pour ce faire seront ordonneis
et deputeis.
Item, tous compangnons venans sur le jeu de ladite trairie
et ayants lolté et comenchiet a tireir, ne se partiront de ladite
trairie, silz nont tout tireit el a leurs thours.
Item, sil advenoit a aucun compangnon sur ladite trairie que
son baston face par trois fois le feux sans alleir, teil coup sera
par luy perdu.
Item, les maistres des prédits jowealz et jeu eslirontentreeulx
par le greit et conseil denlre eulx !ous que aront regard a
cedit jeu et trairie, aflin que discords soyent eviteis et le droit
dung chacun gardeit, certains personaiges, les quelz, sil surve-
noit endii jeu et ti'airie aucunne dubiosité,en debveront comme
juges ad ce diffînir et corrigier les delinquans; et ne poront
telz delinquans partir de la place, se telle dubiosité nest décidée
et liorsporlée par lesdils deputeis.
Item, sil advenoit que lesdis deputeis et esleus ne sen polsis-
sent accordeii', allin que ledit jeu et trairie ait lors course, tele
dubiosité se horsportera a la plus grande sieulte et sequele
desdis deputeis ; et ne poral personne opugner ny dire allen-
contre.
3J
Item, tous compaiignons poront venir sur cestuy jeu pour y
traire ; mais avant quilx puissent tireir, soy submecteront a la
correction et jugement desdits esleus et deputeis et de observeir
le contenu de ces présentes, sans en fachon aucunne pour ny
debvoir y contrevenir, nya aultre ioy povoir des jugemens don-
neis par lesdis deputeis provockeir ny appelleir.
Item, tous compangiions qui comencheront a tireir dung
baston, luy coviendrat avuec celuy parfinier.
Item, tous compangnons colevrinniers quivoront comparoir
a ceste trairie, auront franck et ferme saulffconduyt venans et
relournans, sauve ceulx qui seroient encoulpez de cas crimi-
neiz envers nosire illustrissime, reverendissime et metuendis-
sime seigneur et prince, monseigneur le cardinal, sa cité, ou
envers quelcque bourgoy, de debfe recognues ou jugie, sens
fraude.
Item, ce jeu de trairie comencherat le XXVII^' jour davrii
XV^ XXXVII.
Echevins de Liège. Greffe Beroimolin.
OEuvres. lo37, folio !203. Ueg. n" 9.
XIX
Le document suivant donne lieu à deux remarques ; la première c'est
qu'à toutes les époques, les villes ont éprouvé de l'embarras à payer
leurs dépenses et qu'il n'y a que les moyens d'en sortir qui diffèrent.
De nos jours on a recours à l'emprunt à primes : jadis on n'avait pas
trouvé cette voie facile de se tirer d'affaire.
La seconde remarque c'est que si nos pères ne faisaient pas des embel-
lissements dans leur cité aussi importants que les nôtres, leurs dettes
aussi ne se chiffraient pas par millions.
Ce document fait aussi mention d'une immunité dont le clergé avait
consenti à se dépouiller, tout en déclarant que ce n'était que temporaire
ment.
Lan XV'' et XXIIII, le XXIIP jour de septembre, comparu-
rent par devant nous raayeur et eschevins de Liège, noble et
- 32 —
honorez Emond de Swartzemborgh, seigneur de Hierges, et
Giele Dheure nostre confrère eschevin, ambedeux(d) Burghe-
maistrez de la cite, lesquelz nous remonstrarent que par les
Burghemaistrez, jurez el conseil de la cite, en lan XV'^^ XXXII,
avuec les trengte deux bons mestiers dicelle, par l'octroie et
consentement de illustrissime nostre très redouble Seigneur et
prince, Monseigneur le cardinal, evesque de Liège, et de véné-
rables seigneurs, Messeigneurs de la cathédrale engliese, avoit
este délibérée, passée, accordée et conclude certaine ordon-
nance sur le tait et conduict des vins et forlz beveraiges ( i), de
sorte, en la manier et az conditions narrées eos lettres patentes,
laendroit exhibuees par Guilheamme de Champion, greffier,
secrétaire et commissaire de ladicte cileit, scellées auctenticke-
ment de seelz desdicts trois membres, dont la tenurre serai
enfin de ces présentes inserree. Et affin que dicelle ordonnance
fuisse uzeit, inviolablement tenue et réputée de loy en toultes
ses parties, lesdicts burgemaistrez requisent que, suyant le
desier des jures et conseil moderne et desdicts XXXII bons
mestiers, lesdis ordonnances et impostz fuissent regisirees en
nostre registre auctenticke el mis en vvarde de loy. Parquoy
les choeses considérées aux instances et requestes que dessus,
avons iceulx ordonnances et impostz, ainsi queensdictes lettrez
sont speciffyees, déclarées et ci dessoubz de mol a mol narres,
fait escripre en nostre registre et le tout par ledict mayeur
mis en warde de loy. Sensuyt le contenu desdictes lettrez
dimpost el ordonnances :
Nous burgemaistrez, jurez, conseil el XXXII bons mestiers
de la cite el banlieu de Liège. Gonsiderans que la gabelle du
vin estoit fort dommageable aux mananset habittans dicelle cite
et banlieu, a cause que des vins estranges Ion en paioit le quat-
tremme el des vins du pays le diexemme, avons par loctroie et
consentement de nostre très redobte seigneur et prince et de
( *) Tous les deux. ( " Boisson.»*.
~ 33 —
Messeigiieurs de la vénérable engliese de Liège, oonjuncte-
raeiii et par ensemble mis jus ladifie gabelle. Et pour ce que
des revenues et emoiumens des trois autres gabelles, assavoir:
du bressin, des hoilhes et des drappes, ne scarions payer noz
debtez, ne aussy furnir az affaires tant ordinaires que extraor-
dinaires nécessaires, avons supplie et requis a nostre dict
1res redobte Seigneur et prince, Monseigneur Erard de la Marck
cardinal, quil volsist induyr les gens deglieses estans en ladicte
cite et banlieu, volloir subvenir en quelcque aydde, pour
aidier paier et redimeir iesdictes debtes. Et après pluisseurs
moiens mis en avant, nostredict Seigneur et prince en at mis
ung en avant qui sensuyt, auquel Iesdictes englieses, burge-
maistrez, jurez, conseil et XXXII bons mestiers ont consenlu
et accordeit, assavoir : que de tous vins estranges venans en
ladicte cite et banlieu, soit par eawe, ou par terre, touttes
personnes ecclésiastiques, borgois, raanans et habiltans en
ladicte cite et banlieu, paieront de chascunne cheree de vin de
Rin ou autre vin estrange,soit roge, cleret ou blan trois florins
dor. Et des vins de France, ion compterat quattre poinchoins
de vin de Beaune pour une clierree, et des autres vins dedict
France, cliincque poinchoins pour la cherree, et dautres demie
cberree ou autres vasseauz. Ion paiera a iequipoUent. Et pour
éviter les abuz de ceulx qui venderont le vin, ne meslet les
vins du pays avuec les vins dessus nommez, Ion paierai de
chascunne cheree de vin de pays que Ion venderat a brocques,un
florin dor; et de toutte autre manier de fovtz buveraiges, comme
malvesie, rominie, vin bastard fort mieio et tous autres fortz
beveraiges, Ion paierat le VHP' denier. Et parmy ce, les
englieses susdictes poront distribueir et laissier lunne a lautre,
et la il leur plairat, de leurs vins, sens meffaire. Et seront mis
deux personnaiges, assavoir: ung de part les eglieses,et lautre
de part la cite, qui auront regard auxdicts vins, assavoir des
vins estranges que Ion ne les porat meclre en cave jusques ad
ce que ladicte somme desdits trois florins dor soit payée, et
g
recepveront ladicte somme ef. auront aussy regard auz vin
de pays que Ion vendcrat a brocques pour payer la somme que
dessus est dicte. Et auront lesdicts deux j;ersonnaiges sallairetel
qui serat advise pour leurs painnes et labeurs, et feront lesdicts
députez tant des englioses que de la cite serment solempnel,
quilz ne commecieront en ceste alïaire traude ne larcin, sur la
paiune destre punys en corps et en bins arbitrallement.
Item, serat commis de pnrl les eglieses ung des leurs tel
quilz voidronl. nommeir et ung boa borgoy de la cite, ausquelz
lesdicts deux coinmis, en la lin de la sepmaine, apporteront
largent quilz aton;. leveit, ladicte sepmaine, desdicls vins, pren-
dant quiiiaiice desdicls deux commis. El pour controlle diceluy
alïaire, le greffier en ferai, touttes les sepmaines, registre au
livre de la cite de largent qui sera leveil. Et sil y avoit quelcque
homme degliese, borgois ou autres qui commist fraude en
cesie affaire, perdra le vin et paierai vingt florins dor damende,
loulles et quanleffois que lroi;ve serai, a applicqueir a la
rédemption desdictes debles ; pour laquele amende. Ion porat
licittemenl leveir pans et panneir aussy bin lesdit3 gens deglie-
ses comme les borgois, bien entendu que lexecution dedict
pannissement doit e.stre fait, sur les gens deglieses par leur
doyen et chapiitre, et sur les borgois par la loy. Et bailheront
lesdictes eglieses plesgcs lay suffî^^sant jusques a cent florins
dor, qui i-eront obligies payer ladicle amende, en cas que lesdicts
doyen et cliapitlre fuissent defallans de faire lexecution dédit
pannissement.
Item, lesdicts deux commis qui recepveront cesLe argent,
feront serment solempuel qu'ilz ne bailheront de cesle argent
ung seul denier, se ce nest pour rachapleir les rentes de ladicte
cite dont seront députez aucuns desdilles englicses avuec les
burgemaislrez et aucuns du conseil, pour regardcir et advisier
queles rentes Ion rachapterat, tous les ans, que ladicte cite
doibl; voir que, pour les grandes debles et charges que ladicle
cite al presenlemeii!, ladicte rédemption ne se comencera synon
35-
a lannee qui viendrai, assavoir : le XXII'' jour daoust lan
XXXIII. Et seront les deniers qui seront ceste présente année
leveis et reciiupt, employés pour furnir et satisfaire ausdicles
debtes et charges, saulffque les deniers qui resteront, lesdictes
charges deduytes, doibvent estre applicquez pour la rédemp-
tion susdictes.
Item, ce présent impost novea durera fin jusques et a tant que
ladicte cite sera entyremeiit deschargie des charges et debtes,
dont elle est présenteraient obiigie, montant a la somme de
quarante septz milz, nueff cens ung florins, sept patars, XII
solz monnoie de Braibant, unne foix. Et lesdictes debtes et
charges salisfaictes et payées, cessera ce présent impost et
demeureront lesdictes eglieses en leurs anchiennes libériez et
previlegez. Et pour plus grande corroboration de ces présentes,
avoiis supplie a nostredict très redoble Seigneur et prince et
prie a Messeigneurs de la vénérable egliese cathedralle de Liège
y volloir meclre et appendre leurs seaulz avuec le nostre.
Et nous Erard, cardinal snsdict, a la supplication et requesfe
et du consentement desdicles eglieses, burgemaistrez, jurez,
conseil et XXXII bons mestiers, y avons fait appendre nostre
seel. Pareilhement nous doyen et chappitre de leglise cathé-
drale susdictes, du consentement desdictes eglieses, et a la
pryere et requeste d'icelles et desdicts burgemaistrez, jurez,
conseil et XXXII bons mestiers, y avons aussy fait mectre et
appendre nostre seel, et comme treffonssiers consentu a susdict
impost saulffve et réservée nostre liberté et exemption dicelluy
impost sans que, ledict terme pendant, nous puissions, pour oir
ou argent, adreschier du vin de nostre provision hors de nostre
encloistre, sur paine que ceulx qui le viendront quérir attaius
de fait hors de nostre encloistre en lieu prochain, on leur
porai licittement oister le vin et le pot ; entendu touueffois
que esians ou allans quelcque part hors de nostre dict enclois-
tre, porons licittement mandeir de nostredict vin, jusques ung
stier ou environ, sens en transgresseir ou abuseir. Ainsy fait cl
- 36 -
donneit au grant Chapittre de la grande egliese caihedrale
susdicte, en la présence de nostredict très redouble Seigneur
et prince, Messeigneurs de legliese et eglieses, et de noz
burghemaistrez, jurez, conseil et toutte la com.nunalteit de
ladicte citeit, le ireizisme jour du mois de septembre lan mil
chincque cens et trengte deux. El l'ut mis en warde.
Archives des Echevins de Liège. — Greffe Bernimoliû,
reg. commençant en mars la:i4, n» H. fol. Sli.
XX.
La conjuration de Wathieu d'Athin est assez connue pour qu'il ne soit
pas nécessaire de faire |)récéder le serment prêté par des personnes
bannies pour trois ans pour avoir pris part à celte conjuration, de quel-
ques mots relatifs à celle-ci. Trois grands feux qu'on allumait tous les ans
le 6 janvier, en ont conservé la mémoire jusqu'en 1681 ; époque à laquelle
cette fête, dont la tradition est venue jusqu'à nous, a été détlnitivement
supprimée.
1436, 30 juin. Serimens et obligancez fais par les personnes chi
desoiis escriptes qui ont estet bannis le stuil de trois ans
et apportes par escript lan XlUt et XXXVl le deirain jour de
juny: maire Velrous,esquevins Teitor,Pawon et Toullain.
Promirement, vous jureis solempnement sur sains et sur la
dampnation de vos armes (\\ que jamais, en vostre vivant, ne
siereis en lieu ne a conseilhe la il doit advenier ne aydier a
conseilheir. cellier, ne sortenir (2) del advenir sédition et trai-
sion en la citei entre les borgois et inliabilans dicelle. En après
vous jureis solempnement sur sains, que jamais a Waultier
Datin, a Willem Datin, ne a leurx complicez notoires deiraine-
ment publyes par nostre très révérend peire en Dieu et très
redoubtet Seigneur, Monseigneur de Liège, des mayeur et
esquevinsde Liège et des maistres, conseilhe et nnniversitet de
la citet , Iranciese et banlieu , comme séditieux, trayles
' j Ames. (') Soutenir.
— 37 —
malfaiteurs et parjurrez, ensiquilesl contenut es cry sur ce tait,
a ceux ou a celiez qui porteir faveur ne excuseir les volroient,
nesque jamais ne fereis ayde, conseille, ne assistance et ne
procureis ne soffrir a procureir, a vostre loyal poioir (t), de
nuyt ne de jour, deaux a revenir en la citet ne pays de Liège
ne de Looz. En oultre, vous jureis comme desseur, que jamaiv«,
pour le fait dele sédition et traison pour ceaux Datin adveinrez,
ne pour choese quil vous soit advenut, ne fereis, soffreis (a) ne
fereis faire a personne queilconque qui a icelle sédition et
traison, de part lesdis Waultier et Willem et leurs complicez
aient fait contraire grevance (3), domaige ne destourbier, (4),
en corps ne en bins, de nuyt nede jour, en secret ne en appert,
par vous ne par autruy en nulle manière, ne que jamais ne
impetries, ne fereis impetreir congier (o)a pape legaul, ne autre
del faire alleir ne venir allencontre de ce présent seriment, et
oultre plus, soy obligeront pardevant les maire et esquevins de
Liège, si hault que sur leur honneur, corps et avoir, que jamais
n'iront allencontre de ce que dit est, et que selon le contenut
de cry, ne porteront office de seigneur, ne dele citet en la citet
ne banlieu, et ne feront syete(6) en nuls des boins mestiers
dele citet. Et parellement soy obligeront de piyer une voie de
oultre meire aile citet et a movoir (t) dedens XXX jours après
le semonce des maistres délie citet, en nom diceile. Oultre le
seriment desseur declaret, fereis serimens solempnes pardevant
mayeur et esquevins de Liège, que en la villede Treit ne aullre part,
de jour ne de nuyt, en secreit ne en appert, vous naveis fait ne
lait faire en nulle manière a Waultier Datin, Willem Datin, ne a
leurs complicez notoires, sediteurs et traytes, quelque ayde,
assistence ne favorissement de corps ne de bins. Et se trouvet est
ou soit en temps future, que toile ou semblante ayde, assistence
ou favorissement en aet par vous eslet fais, en préjudice des
crys fais sur lesdis notoirez et traytez,ons en procéderai sur vous
(*) Pouvoir. (*i Souffrirez. (') Tort. (* Entrave. ( '• Permission. (') Assemblée.
( ' ; Se mettre en route.
- 38 -
comme il appartenrat. En ouUre, fereis serimens solempnez,
que nulle queilque franchiese de bourgesie iiacquereis, ne par
vous fereis acquérir en queilcque lieu ou bonne ville que ce
soit, lespause et terme que lenquesle ou autres provancez
siéront parfaitez ; et se aulcunnez acquiesez en avies, que
dicelle ne vous aidereis, en queilcque manière, le terme des-
seurdit ne apreis se troveis esties capable, par enquesle ne par
autre juste provance, et avant que délie somme que, ensuyant
les crys, avies payet ou poies payer pour la reditication de pont
des arches, fereis seriment solempnez que a iceux qui ont eslet
commis aile redilîcation de pont des arches, de part le cileL,
asscavoir : Colart de Hodeige le viez, Henri Sordeille. Joban de
Huy, Desier le Blavier, ne a autres qui aient levet ne recbupt
argent de part eaux en nom délie citet, tant Henri de Warous,
Johan Dembour, Willem Gossewin, Johan Fachin clercq des
fermeteurs (i), ne aaulre quelcque, ne fereis requeste, deman-
dise, ne porsuite en temps advenir, par devant queilque Seigneur
spirutueil ou temporeil, autre justice ne autrement sens fraude
et malengien. Ghe sont les personnez qui ont fait les sei'imens
et obligancez susdis, promier : Johan Borleit, Raskin (Il Johan
Simon, Johan de Houtain til Coiirar de Lardier, Johan Wigelot,
Johan Maclol, Gilet le sellier, Willem Rausin, Gilet Pangnoule
le jovene-, Henry Solo bolengier, Pirchon til Jaquenien le
paveur, Libert dele Scorbe Biertolet, Buron le pexheur, Johan
de Hodaige, Louwy le Proidhomme, Jehennin fil Serva de
Dolhain, Libert Dodeur escuier ; et Glamence fille J.uwy parel-
lement est obligie sur yestre bannie, dacomplir lobligance
desseurdite.
Item lan susdit, X^ jour de julle, jurai et soy obligat. Renne-
chcneal de Vet!,inaiie Voirons, e^quevins Textor et Toussaint.
Extrait des Échevins le ''iége, GrertV; Slephany.
OEuvres du 9 novembro 1434 au 18 ddcerabre
1437 Heg. n" 8 folio Hi w.
• ) Les FiTmelteurs étaient au nombre de six o.l rrillaient à l'enireiion det
murailles, des /initn et du pavage des rues. V. Ford. Heiiaux, H""-' édil., vol. 1,
p. ;M8.
XXI.
S'il n'était pas établi à suffisance que la résignation de Jean de
Heinsberg en faveur de Louis de Bourbon a été forcée, la déclaration
suivante en serait, selon nous, une preuve. Il est inadmissible en effet que
Heinsberg ayant, de son plein gré, abandonné la dignité épiscopale, ait
voulu la conserver pour quelques jours seulement, c'est-à-dire jusqu'à ce
que la bulle confirmant celte résignation lui eût été signifiée et nonobstant
qu'en pleine assemblée du chapitre de la cathédrale, en présence dudit
Heinsberg et des Etats du pays, on lui eût communiqué que suivant des
informations venues de Rome, celte confirmation avait eu lieu. Celte
conduite de l'évêque indique le regret qu'il avait de quitter ses fonctions
épiscopales.
LE SIÈGE VACANT.
Par la resigiiation Monseigneur Jehan de Heynsberg, qui par
lespausce de XXXVI ans, avoil en grande Iionneui- possédé la
dignitet episcopaic, par li faite en nom ei aoez de Monseigneur
Lowys de Borbon, auqueil par vertu de laditte résignation,
laditle dignitet épiscopale avoit par nostre très saint peie le
pape este confermee, ensi que venerablez seigneurs doyen et
capitle de Liège, en grand capitle a saint Lambert, le XXIP
jour de may laa XIIIP et LVI, desent yestre dicelle contirma-
tion suffissanment adcerteneis, en présence demondit Seigneur
de Heynsbergh et des membres et estas des pays de Liège et
de Looz, laendroit assembleis, tantp;jr cerlification.i suffisantes
procedantez de leurs confrères et concanonez de Liège, iidont
residens en court de Rome, comme autrement. Et ensi comme
encors lendemain endit capitle, presens iesdis membrez et
estas, ils Iesdis seigneurs de Saint Lambert prisent sur leurs
serimens yestre de laditte confirmation bin certains, en pren-
dant les perilz sui eaux, se le contraire appareil, en vertu de
quoy Iesdis autres membres soy condeskendirent, Eaulx Iesdis
seigneurs de Saint Lambert soy damans par vertu (.\c ce, en
- 40 —
laditto dignitet episcopale seigneurs principaulx, comme tref-
fonssiers du pays, tant et si lon^ement que noveaul seigneur y
aroit; nonobstant que ledit XXIF jour de may, moiidit Seigneur
de Heynsbergh soy fuist en dit capitle opposet allencontre,
disant devoir en sa dignitet demoreir jusques a tant que les
bulles suffissantes touchant ladite confirmation apparoient suffis-
samment, comme il fut laendroit en dit capitle entre pluisseu-
res autrez causes plusadplein proposeit et remonstreit, qui
loing seroit a reciter. En vertu de laquelle certification, par
lesdis seigneurs de Saint Lambert faite, comme dit chi deseur,
condeskendimesavuecques lesdis autres membres a la credence
de ladite confirmation.
Extrait du reg. aux œuvres des Eclievins de
Liège. (Greffe Stephany) commençant le 31
mars -14S6 et finissant le 23 novembre,
même année. N» 21 fol. 88. Cette pièce se
trouve entre un acte réalisé le H mai 1456
ei un autre réalisé le 29 mai de la môme
année.
XXII.
Nous publions ci-après une déclaration faite en justice par Gilles de
Moraalle, non parce qu'elle a quelque rapport aux troubles presque con-
tinuels sous le règne de Louis de Bourbon, mais parce qu'elle fait
connaître les cruautés de la torture à celte époque et la manière dont
on la donnait.
14o7. 30 juillet. Cognissance faite en justice par seriment lan
XIIII'^ et LVIl, le pénultième jour de Julie, maire : Chabot,
eschevins : Textor, Dammesart, Lonchins, Falloyse. Moreal-
meis, Persant, Berrart et Waldoreaul.
Gilet de Moinmaile, bresseur, personeilement conslitueit par
devant nous en justice, de sa pure et lige vollenteit, sens dis-
— 41 —
Irencion (i) ai^cnne, at dit, cognutet confesseit par seriment
sollempne sour ce fait, luy par nous diligemment examineit
ce qui seiisyet : cest assavoir que, après ce quil avoit demoreit
lespausce de deux moix par deleis Gile de Floyon, sique son
serviteur, portant ses draps, il soy partit pour alleir vers
Hollande useir de son mestier sique bresseur, et luy venus en
le ville de Meers, Piètre baslat t de Meers, Jehan de Bruystem
et Henry, mayeur délie dite ville, apparcevans quil portoit le
livrée dudit Giele, le prisent et mettirent en prison, par ung
venredy après le grant quaremme et luy, la extant, examinont
pluisseurs foix par douclipur, luy inliortant quil volsisse
cognoistre quil avoit esleit avuecque Willemme Surlet par
devant Sainlron, pour aidier copeir me damoiseal de Mers
pies et pongnez (2) et que ledit Willeuime Surlet devoit esteir a
tout ses compangiions aile porte de Bruystem a Saintrond, et
Willemme Schoen, qui ossy devoit estre délie par ti.'i Willemme
Surlet, devoit steir, a tout ses compangnons, a lautre porte,
condist de Lyewez (3), en awaitant (4) ledit damoiseal de
Meers.
Item, iy inhortant encors quil volsisse cognoistre quil avoit
esteit, avuecque nostre maistre-Bareit, a Spalbeycke (s) aidiet
sus rompir les usseriez (6) après lesdis Jean de Bruystem et
Piètre le bastart. Et quant il ne volt ce point cognoistre par
doucheur, ilz, lesdis mayeur, Jehan de Bruystem, Piètre le bas-
tart et avuecque eaux Jehan de Mollin, le misent a gehynne (7)
et ly ardirenl (8) lez pies, luy suchant sour le cheppe (9),
butant (10) ung kelhet (11) dedans le boche, jettant de scleys
en son corps et, adont, par forche de distrencion et malgreit
ly, pour cremeur (12) et dobtance de son corps, ly fisent
1.^,1 Contraintes. '; Pi^ils et poings. V Léau. (*) Guettant. •' ) Spalbeck, canton
df Herck-la-ville. (• h.rtes. ' ) Oèna, torture. ;") Brillèrent. ') Cep, insli'ument
Je torture dans lequel on mettait les pieds des accusés. ; *" Poussant. (") L'n
morccîiu de bois. '- ) Craime. [ '-'^ Guet-apens.
— 42 -
cognoistre quil avoit esteit a Spalbeycke. avuecque ledit noslre
maistre Bareil, cl ossy a Saintron, avuecque ledit Willemme
Surlet, auz obsattez ( i ) susdittez, et quil en devoil avoir cent
florins que Gile de Floyou ly avoit promis, jasoice que, de
toutez les causez susdittez, rins nen estoil nt point ny avoit
esteit, ains le desti par cremeui- et doblance de son corps.
Item de ce nyent comptons, ilx mandont le hanglienier ( 2 )
de Nymeeghe. et le mist ledit hanghenier a geliinne plus fort
comme devant, et derechieffly lisent cognoistre ce que ditestre
etoultre plus les noms et sourtioms de ceaux qui sont escrips
en sa ghehinne et, par especiaul, que le prevost de Tongre et
nostre maistre Bareit avoient esteis ambedeux obsateurs délie
ditte entrepriese.
Item après ce que sa ghebinne fut escripte, il fut myneit en
le basse court, pardevant mayeur et esquevins, et la noyât ( 3 )
il saditte gbehinne comme cely qui rins nen savoit, et après ce,
lut le hangbenier encors une foix remandeit, et quant ledit
Gilet fut remis eu prison, ledit hangeneir ly enquérit et exami-
nai par doucliour, et point ne le volt cognoistre.
Item après ce, il fut myneit, le jour délie encloesse pasko,
en une grengne (4), et la fut il loyet (5) sor le deseurtrain (6)
scailhon (7) d'une schale (8), luy ghebynant, sachant (9) a une
corde lez brache (io) en toirdant jus (11) des espallez (12), et ly
lisent cognoistre, par forche, ce que dit avoit paravant, el
après ce, fut remis en prison et, lendemain a matin, remyneit
encors une foix Cour de prison, pardevant mayeur et esquevins,
et la cognut il saditte gbehinne el ly fut demandeit sil volloit
sus morir en présence dudit bangheneir iiquel respondit quil
en estoit comptent, en redobtant les crudelileis(43) et crueusez
dolleurs (t^) qui faitez ly estoient, <>t que encors latendoit, sil
desisse le contraire.
(' Guel-apens. . *) Celui qui pend, le bourreau. (') JVia, désavoua. ') Grange.
") Lié. ,*) Supérieur. (') Echelon. (•) Echelle. (" Tiranl. ('° Bras. (" Tordant
bas. >•-' Epaule.s. (") Cruautés ('*) Cruelles douleur;-.
- 43 —
Item pour auvertir toutez personnez dist ledit Gilet quil est
hin veriteit que, unue foix, aile pryer et commendement dédit
Gile, son maislre, ilx furent ysept coinpangnons quérir après
lesdits bastars de Meers à Kermpt (i) et point ne lez trovoit, et
de la pMSSont a Orient (2) la ilx oerent a mengier et logent, a
une taverne a plus près ; mais oncquez noerent carge et ne
fut oncquez parleit dédit damoiseal de Meers faire nulz displai-
sirs, laqueile cognissance par ledit Gilet chi deseure faite, fut
aile requeste de Johan de Monniaile, vairainxhohier, mise en
nostre w;irde.
Extrait d'un reg.aux œuvres des Echev.
de Liège. Greffe Stephany du 23 juin
Îi57 au 20 janvier 1 io8 reg: n» 23.
fol. 76. vo.
XXIII.
La recharge ci-après décide une contestation qui s'était élevée entre
le sénéchal du comté de Looz et les habitants de Curange, relativement
au droit d'enquête. Cette pièce a donc rapport à l'histoire du droit dans
le comté susdit et offrira de l'intérêt aux personnes qui s'occupent du
droit ancien.
4400" 6 novembre. Rechar geînent fait aile court de dedens
Cureiigei par nous les esquevins de Liège lan XllII" et chinc-
qiiaiite le VI^ jour de novembre.
Gomme Henri de Galen Schenisclial délie contet de Looz et
en nom de hault et puissant prince Monsingneur de Liège,
conte de Looz, euyst requis davoir faite une enqueste générale
par mayeur et esquevins delleditte court et leur clerc serimen-
toi, daucuns excès advenus et perpétrez en le hauteur dudit
Curenges, maintenant que icelle soy devoit faire pour inquerir
et, scavoir la veriteit desdis excès, comme on faisoit en la citet
i* Cynton de Herck-la-ville. {' Oriente, dép. de Rummen, canton de Léau.
- 44 -
de Liège et aullre part ; contre quoy les mannans, surseans et
inhabitans delledilte ville de Curenges soy opposoieiU, disans
que en vertu de certaine lettre seellee très anchine, jadis con-
cédée par Monsingneiir Ernult conte de Looz et de Chingny,
ilx avoietit teilx privileigez que la citet de Liège adontavoit, et
que oncques de meinore dhomme, on ny avoit veyut faire
enquesle, maintenant que encors ne soy devoit point faire,
ains dévoient en leurs anchins privilèges p;iisiblement deino-
reir. Dont pluisseurs raisnes et responsses, icelles et autres
obmises pour cause de briefftet, en ont par lesdittes parties
pardevant laditte court questionnet que sur le chieff par elles
eslevet et obtenut, laditte court comparut pardevant nous,
exhibuat en nos mains par escript les raisnes et responsses
desdiltez partiez avuecques le coppie de laditte lettre et autres
exploix.
Sachent tuis que, par nous bin et diligemment visentet les
exploix par laditte court en noz mains exhibueis, eniendut ossi
tout ce quil plaisit ausdittez parties pardevant nous faire
remostrer de boche, lieubl sur ce entre nous meur conseil et
avis, par grande délibération avons dit par loy et par jugement
en rechargant laditte court, que a requeste de Seigneur ou de
partie enqueste soy puet faire en laditte ville de Curengez de
pluisseurs cas et excès tochans au Seigneur ou a autre, voir
par lesdis esquevins et leur clerc serimenleit tant seulement
pour en avant useir selon loy, nonobstant les oppositions des-
dis surseans.
Extraits d'un registre des Échevins de Liège.
(Greffe Stephany.) OEuvres du 17 janvier 1450
au 7 septembre même année n^iG I. 212. v".
XXIV.
Apros le sac en 1408 de la ville de Liège par €harles-le-Téniéraire. un
conseil ou tribunal composé d'un bailli el de sept juges fut institué pour
les affaires qui auparavant étaient traitées par les échevins de Liège.
45
C'est devant ce !; ibunal que le relief qui suivra a été fait. Ce relief
renferme une pièce intéressante émanée des commissaires députés et
commis aux racliats des biens confisqués par le duc, nous la |)ublions en
entier; mais du relief nous ne donnons que ce qui est nécessaire pour
l'intelligence de la susdite pièce.
Encore un mot ; d'après les registres de Liège le tribunal institué en
146» a siégé pour la dernière fois le 25 mai 1477 et le 24 mai de la même
année les échevins de Liège sont remontés sur leurs sièges. Nous donnons
à la iin du document les noms des membres de ce Conseil et par extrait,
l'acte de réception des échevins. L'on remarquera que parmi ces magistrats
se trouvent la plupart de ceux qui composaient le tribunal ou Conseil,
établi en 1468.
1470. 21 août. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront
et oi'ont, les baillis et gens du conseil de uostre très redobte
Seigneur, Monseigneur de Liège, ordonnez en sa citet, salut.
Savoir faisons que pardevant nous sont comparus honorables
el sages Thiin délie Vaul demorant a Meffe, dunne part, et
Coilart de Lompreit de Huy, dautre part. La miesmes, ledit
Tliii i requist a relever et relevât de nous, tous et singulers les
heritaiges et bins heritablcs quil avoit, lenoit, manyot et possi-
doi!, tant les quinze muis de spelte heritables que raquis et
diiigit avoit laendroit hors des mains Jehan Lynar, chanone de
Saint Materne en le vénérable église de Liège, et dont ledit
Jehan Lynart li avoit la miesmes fait reportation et ovres par-
devant nous, comme tous autres généralement qui a luy ledit
Tliiry appartenoient, par quelcque raison, eskeance et succes-
sion que ce i'uist ou estre polsisse, tant de lingue comme de
coiste, quelpart quilz soient gisans ou situes, comment on les
pust nomeir ou appelleir, exisîens en pays de Liège et délie
loy de Liège movans, et mesment et spécialement tous et singu-
lers les heritaiges et bins heritables par lui ledit Thiri raquis
ei rachetés aux commissers députes et commis aux rachas des
biens confisqueis, comme par les lettrez sour ce faites cippert
ei desqueles lettres le tenure et déclaration senssiet et est telle :
46
Guy de Brimeu Seigneur de Hubercourt, de Querrieu (?) et de
Gisaiiiecouit, Lieutenant gênerai de Monseigneur le Duc de
Borgongne es pays de Liège, duchie de Buillon el Gonle de
Looz, Guilhnnme de Glungny prolhonolaire du Saint Siele
apostolicque, conseillier, maistre des raquesles de losiel de
mondil Seigneur le Duc, ei son trésorier commis et ordonnez
en ceste partie par mon avandil Seigneur le duc, et maistre
Richaul Trocillon, vicaire generaul de reveren peire en Dieu
Monseigneur levesque de Liège, par lui commis et ordonnez en
ceste partie. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront,
salut.
Comme pour les rebellions, desobeyssances et entreprinses,
infractions de paix, crymes, excès el delicts commis et perpè-
tres par les manans et habitans des cite et banlieu de Liège,
sur et allencontre de mondit Seigneur leur sovrain, advoet et
gardien, el aussi ds mondit Seigneur de Liège, esquelx crim-
mes, excès et delicts ilz ont continue et persiste longement par
plusseurs et diverses foix et jusques a ce que laditte cite al este
puix nagaires prinse dassaull par monàit Seigneur le duc et
reyducte a sa volentet, les dessusdis manans et habitants ayent
fourfait et conllsque envers lui leurs corps avu tous leurs
biens immeubles et heritaiges pour diceulx faire son bon plai-
sire et volente, et il soit ainsi que lannee passée, après que
laditte citel se fu rendue a la volente de mondit Seigneur, iceulx
manans el habilans euys.-tMit par sa senlenche este condam[t-
neis a lui payer la somme de six viiigs mil Ijons pour une foix,
sur laquelle ilz eussent depuix fait plusseurs payemens, lele-
mcnt quiiz nen doient au présent de reste que la somme de
chinquanle mil livres de quarante groys mannoye de Flandres
la livre, dont lesdis gens deglise se fussent constitues plesges,
respondans et obligies envers mondit Seigneur, el lesdis bor-
goix mannans et habitans desdiles cite et banlieu ayent obligiez
ausdis gens deglise leurs corjjs el tous leurs heritaiges, pour
iceux prendre et apprehendeir et faire vendre, pour les denieis
— 47 —
qui en ysteront, estre convertis e!, employés oudit payement,
et iceulx heritaiges eussent mis par euvre de loy es mains des
hommes et esquevins qui lors estoient en laditte citet de Liège,
en la manière acoustumee en leil cas. Pour de laquele somme
avoir payement et satisfaction, mondit Seigneur le duc, pour
honneur et révérence de Dieu et en faveur desdis gens deglise,
ait esteit et soit content que lesdis heritaiges a lui confisquez,
comme dit est, soient par nous vendus et adenirez au plus hault
pris et le plus proiîiablement que faire se pora, pour les denirs
qui en viendront, estre mis es mains diceulx gens deglise et,
en declens le Saint Jehain prochain venant, convertis ou paye-
ment de rnondit Seigneur et aussi de ving chincque mille livres,
assavoii- : XXj'^ quilz avoient prestez a ceulx de laditte citet,
pour les aider payer les VI^^ mil iyons et V™ livres pour les
fraix sostenus a loccasion de certaines rentes a vie quilz ont
vendu pour ceste cause, en les deschargant et aqiiitant par ce
moyen de lobligation dont desseur est faite mention, en cas
îouîesvoyc'S que les deniers procedans desdittes confiscations
le pussent furnir et non autrement. Et pour exécuter le bon
plaissir el. consentemeîtt de mondit Seigneur, affin de parvenir
a son payement a la descharge et acquitte desdittes gens
deglise, comme dit est, plusseurs lettres patentes ayent este
expédiées de pan mondit Seigneur, par lesqueilles et aussi par
cry et publication sur ce fait, est donnée grâce et congiet a
plusseuî's et grand nombre de ceulx desdittes cite et banlieu
ayans confisquies leursdis biens immeubles et heritaiges, quilz
pussent dorsenvant demourer, aller et venir esdis pays de
Liège et de Looz et les rendant capaubles et habiles de pooir
racheter les heritaiges qui leur solloient appartenir, ou autres
confisques comme dit est, pour diceulx joyr et useir paisible-
ment après ce quilz les aueroient rachetez aussi quilz eussent
peu faire par avant les derniers guerres et divisions qui ont
règne esdis pays de Liège et de Looz. Par vertu de laquele
grâce, Tliiri délie Vaul, citoyen de Liège, soit venu par devers
48
nous et nous at requis que, ensuyar.t icelle grâce, il puist estre
recheu a racheter les heritaiges qui luy soUoient appartenir cy
après déclarez cest assavoir un clieruage, etc. (On omet la dési-
gnation des biens immeubles et de deux rentes à racheter ; l'une
de deux muids d'épeautre, l'autre de neuf marcs et cinq sols.)
Savoir faisons que, sur laditte requeste heyu avis et par laccort,
charge et consentement expresse de mondit Seigneur de Liège
et des troix estas desdis pays de Liège et de Looz, qui ont este
pour ce assemblez et lont ainssi volu, consenti, ordonne et
conclud dun comon accord et consentement. Nous audit Thiri
délie Vaul, en la présence de Jehan de Marbais canone de Liège,
a ce commis pnr les doyen et chapittre de la vénérable egliese
monseigneur Saint Lambert et par les prelas, doyer.s et chapit-
ires des église secundairs de Liège, avons vendu, cède et trans-
porte, vendons, cédons et transportons, de part mesdis Seigneurs
le Duc et de Liège, lesdis heritaiges, ainssi quilz sont cy dessus
escrips, specifyes et déclarez, avuec lesdis cens confisq-iez,
pour desdis heritaiges joyr, useir et posséder dorsenavant par
ledit Thiri, ses hoirs, successeurs et ayans cause, en tous
drois, profïis, emolumens quelconcques, heritnublement et a
tous jours, aux charges dessusdites et ce, moyennant le pris et
somme de syx vings treze florins de Rin doir et demy quil en
sera tenus payer pour une foix a deux termes cest assavoir,
la moitié au jour Saint Remy après ensuyant. Moyennant laquele
grâce, il a promis et fait sériaient que, dorsenavant, il sera
bon et loyaul a mesdis Seigneurs ou a leurs lieutenant et com-
mis en leurs absence et ne sostendra, ne favorisera en aucune
manière les fugitives desdis pays qui ont este et sont bannis
par mesdis Seigneurs, ains fera son pooir de les anunchier a
justice ou il les sauera et pora trover esdis pays. Se donnons
en mandement, de part mesdis Seigneurs, aux baillis, hommes
de fiels, esquevins, ou autres officiers desdis pays de Liège et
de Looz, ou lesdis heritaiges sont situes, que diceulx ilz met-
tent et iii>tituer:i ledii Thiri en possession et saisinne, en luy
- 49 -
en faisant les oevres et vestures, selon les loys, usages et
cousluiïimes diceulx, et len suelTrout et laissent goyr et user,
comme dessus e>t dit, sans ei lui faii'e, ou souffrir estre fait,
quelconcque distourbir ou empeischement. En tesmongne de
ce, nous avons mis nous seelx ad ces présentes lettres faites et
données en la ville de Trect le quatuorsieme jour du moix
davril, lan mille quattre cens soixante nueff, après Pasques.
Parquen noble homme messire Jacques de Morealmez seigneur
de Landeilliez et de Merchenlioven, chevalier, sovrain bailli
de Liège, fist audit Thiri desdis biens si avant que a luy sont
eskeus, succèdes, devollus et appartenans, par les raisons sus-
diltez, tant en vertu dudit rachat, comme autrement, et quilz
mueveni délie loy de Liège, don et vesteure ens le commandât
ban et paix, a droit, a loy et a nostre ensegnement, sauvet en
ce le droit des seigneurs et courts treffonssiers dont ils muevent
et aussi de chascun. Et ce faist, lantost la miesmes, ledit Thiri
fut si conseilliet quil de sa pure et lige volentet, sens distren-
cion aucune, reporta sus en le main dudit bailii, tous et singu-
1ers lesdis heritaiges et biens heriiables, tant les dis quinze
muis dont dessus est faite mention, comme tous autres par lui
cy dessus roieveis ossi raquis et rachetés, si les quitat, werpit,
effestuat purment, nuement et absolument, y renunchat eldele
tout sen déshéritât, sens riens ens ne sus a retenir, en nom et
aoez dudit collart de Lonpreit, la présent.
Lesqueles relevations, reportations, oevres, conditions,
divises et tout ce que prescript est, ledit bailli mist en le warde
et retenance de nous les gens du conseil susdit qui ad ce faire
fummes presens, et partant que ce soit ferme chose et estables,
si avons nous les bailli et gens du Conseil avantdis fait appen-
dre ad ces présentes lettres nos propre seeix en signe de veri-
teit. Sur lan de grâce mille quattre cens sixante dyex du mois
daoust le vingte ung^ jour.
Extrait d'un registre auxOEuvres desEcfievinsde Liège.
(Greffe Steplianyj commençant le 23 mai litJ9 et
finissant le 11 janvier 1471, a" M lot. i39.
— 50 —
Noms des personnes ayant fait partie du Conseil ou
tribunal institue en 1468.
Morealmeis, bailli.
TriiKi, Lieutenant du bailli.
Beran (Alexandre.) Panuetier.
Boisée Proidliomme.
Boubais Ricoul, Ricourt ou Rykoul.
Boverie Scliurre-
Bryamont Tollet.
Clermont Waldoreal,
Heyiieinaii Waroux.
HoUogne
■1477, 24 mai. Lan de la nativité nostre Seigneur Jliesu Crist
mil Iin« LXXVII, le nuyt du cliiiicquemme qui fnl XXIIII' jour
du moix de may, fut par vertu des leltrez patentes de nostre très
redobtc Seigneur Monseicfueur Loys de Bourbon, par la grâce de
Dieu evesque de Liège, duc do Buillon et comte de Loz, le siège
des mayeur et eschevinsde Liège, après les guerres et divisions
qui regnet avoient, reslaubli et remis en son est aprimi tive, selon
le conteîiu desdiclez lettrez de mondict Seigneur et furent ad
celi jour recheus et mis en feaute ceulx qui sont es dictez lettrez
de mondict Seigneur dénommés, assavoir : Monseigneur Guil-
laume d'Areinbcrch, seigneur d'Aigremont et de Seraing le
Casiial, hault voeit de Hesbaing, comme souverain mayeur,
Messeigneurs Jacque de Morealmez qui avoii este bailli de
Liège, seigneur de Merchelioven, Messire Gerari de Seraing
seigneur a Fraipont pannetier bereditable a nostre dict ires
redoubte Seigneur, Messire Jehan de la Boverie, chevaliers,
Jehan le Proi<lhomme, Gérard Tollet, Hellin de Boisées, Bau-
duyn le Pollen de Hollogne, Johan délie Schurre, Thilman Wal-
dorea et Renart deBoubaix.
— 51 -
Item, le XXVI'' jour dudit iiioix, furent mis en feate Henri de
Hemmericourt, maistre dhoslel de mondict Seigneur et Tiiilman
d'Heure comme esquevins, reserveit que Doem de Gleirmont ne
fisl adonl point ce serimenl et est ledit Thilman Waldoreal
submayeur de Liège.
Item, lan susdit le penullemme jour dudit moix de may fut
ludit Doem reciieu et tist le senment.
Echevina de Liège — GrefTe Stephany. —
Keg. coraraençant le 12 octobre 1476 et
finissant le 2 août 1477, fol. 181 ^^
XXV
Nous avons déjà publié une pièce attestant que l'interdit avait été jeté
sur la cité de Liège, du io septembre I4G2 au 50 mai 14G5, et que par
suite le cours de la justice avait été suspendu pendant ce temps. La pièce
ci-après que nous avons découverte depuis celte publication, ne prouve
pas seulement la même chose, c'est-à-dire l'interruption de la justice à
l'époque ci-dessus : mais elle apprend que celte interruption a encore
eu lieu antérieurement, du 15 juillet 1459 au 18 janvier 1460, lorsque les
bourgmestres publièrent une ordonnance décrétant l'incompatibilité entre
les fonctions de magistrat de la cité et celle de conseiller du prince, ce
qui irrita Louis de Bourbon, lequel suspendit le grand mayeur et ainsi la
justice qui ne pouvait être rendue qu'à sa semonce ou réquisiton.
Nous les esquevins de Liège faisons scavoir a tous que par
devant nous esl comparut Willemme de Champs jadis maistre
délie cite de Liège, lequeil pour et en nom de ladite cite requist
a avoir de nous par escript et seelleis tout ce quil nous cons-
tisoit dez jours et fermez que nostre trts redouble Seigneur.
Monseigneur de Liège terrât la loy de son pays par devant nous
en sadite cite et quant icelle loy fut rabandonee et overte, tant
promirement du temps Euyslas Chabot, comme secondement
du temps Messire Gile de Huy, chevalier, sovurains mayeurs
de Liège, affîn que iadile cile sen polsisse aidier en temps et en
lieu lois il appailenriMt aile observation de son droit. A laqueille
requeste, disoiis que bin nous constat que enviion la moyenne
du moix de juile lan XIIIP et LIX, le jadis Euystas Chabot adont
sovurain mayeur de Licge cessai de nous somonre de jugier
loy, pourtant que la puissance len esloil oslee au comandement
et de part la grâce de nostredit très redouble seigneur, ensi
que le jadis Euystas nous dest et remostrat, et par ensi nous
cessâmes de jugier loy, pourtant que point nestiens par niayeur
soinons jusquez a XVIll^" jour de janvier, lan XIIII'' et LX, que
le jadis Euystas Chabot nous recomencbai a somonre de jugier
loy, par la puissance de ce faire a ly rendue, comme il nous dest
et remostrat, a commandement de nostredit très redouble
Seigneur.
Item, aussi nons constat que, en moix de septembre le XIII*'
jour, lan XIIII' et LXII, nostie dit très redouble SeigriCur nous
envoyât ses lettrez et plackars overtes seelleez sub son seel de
secreit, par lesqueillez il commandoit audit messire Gile de
Huy, son sovurain mayeur de Liège, quil cessasse de exercer
office de mairrie et de nous somonre et conjureir dédire loy,
en revocant et annichillant en ce sa commission, et que nous
lesdits esquevins semblamment cessassiens et nous deportas-
siens de jugier et cognoistre de cause nulle a ioy lochante et de
seoir en tenant siège de justice en ladicte cite, pour cause de la
sentenche dinterdicl exécutée en ladicte cite, sur incorir en
cert;iinez painez, perilx et desobeyssance ensi et par les maniè-
res que lesdittez lettrez et plackars de nostredit lies redoubte
Seigneur plus ad plen continent etc.
En vertu desqueillez ledit mayeur cessât de somonre et nous
de jugier, ne faire exercicez de loy, de cely jour en avant jusque
au penullimme jour de may lan XIIII'' etLXÏII ou environ, que
ladicte loy fni ovei'le. En tesmongnage de verileit si avons ;i la
requeste prescripte fait appendre ad ces présentes lettrez les
seelx Libert Testor et Jehan Dammesire noz maitrez pour le
— n3 -
temps et coesquevins de Liège, desqueilx usons ensemblez en
teilx et semblans cas. Faitez et donneez ian délie naliviteit
nostre Seigneur Jhesu Grist mille IIIP et LXIlII.le XIX"" jour
du moix davril.
Extrait des Échevins le l'iége, GretVe Siephiiny.
Reg. commençant le 26 janvier et finissant le "li
décembre 1464 n» 2 fol. 81.
xxvr.
L'évêque Louis de Bourbon s'étanl retiré à Huy, y flt emprisonner
Jacques de Morialmé avec tous ses domestiques.
Suivant la plupart des historiens, les bourgmestres de Liège le récla-
mèrent comme bourgeois de leur ville ; mais celte réclamation ne fut pas
accueillie par le prince qui n'élargit son prisonnier que sur les instances
du duc Philippe de Bourgogne.
il paraîtrait que la déférence du prince pour le duc était plus grande
(pie pour les lois du pays; car les échevins de Liège, par la décision que
nous allons mettre sous les yeux du lecteur, avaient déclaré que l'empri-
sonnement de Jacques de Morialmé était contraire aux paix, franchises
et liberté de la cité de Liège.
Il est regrettable qu'on ne puisse se procurer l'enquête faite dans celte
affaire : elle apprendrait assurément les motifs inconnus jusqu'ici de
l'arrestation de ce seigneur et par suite ce qu'il y a de fondé dans ceux
que l'on a supposés, savoir : d'avoir voulu rappeler Heinsberg ou d'avoir
été honoré de l'amitié de celui-ci, ce qui suffisait pour s'attirer la haine
de son successeur.
Comme les maistrez etpluisseurs officyers tant de boin mes-
tier des fevres comme de pluisseurs autres boins mestiers délie
cite de Liège soient pluisseurs foix par devant nous les esche-
vins de Liège comparu^ et nous ayoïit requis davoir aouvreture
et de savoir se lenqueste generaule qui de part nous avoit
esleit faite es lîiarchez de la bailherie de Tuwing a la requesle
de nostre très redouble Seigneur et prinche Monseigneur de
- 54 -
Liège avoil esleit faite par loy el par franchiese on nom, el, se
point nesloil faite par loy ni3 par franchiese, que dont le voisis-
simez aiuiicilleir, porvcyut quilx entendoient icelle enqiieste
generaule i)oioir tochier la persone de J.ike de iMoreahneit bail-
hier do Tuwing, nostre coifi'ore et coneschevin, qui estoit
bourgoy citain de Liège, luy stisant en feriue comme prisoiiier
en la bonne ville de Huy comme ilx disoient. Sour laquelle
re(pieste nous meurement conseilliiez, après ce que le mambour
de nostrecJit très redobte Seigneur, avuecquez alcuns et pluis-
seuvs de son conseilhe,ont par nostre ensengnement esteit sus
signifyez et leur responsse bin entendue etc, avons, aile semonsse
Euystas Chabot, seigneur Domeseez, souverain mayeur de
Liège, dit et delibereit que, a la requeste de nostredil 1res
redobte seigneur, qui par plusseurs ses lettres signées et saiel-
lees de part luy nous en at instamment requis, summes les
aucuns de nous, a la recharge de tous nous autres confrers,
suyant ladite requeste, clievalchies et transporteis es marchez
de ladite bailherie de Tuwing et, laendroit, at esteit faicte ladite
enqueste generaule par loy et le tenons de loy, mais bin est
vraie quant alqueils nos confrerz la envoyeir do part nous, a la
requeste susdite, parchurent quelle poioit tochier a borgois
citain de Liège, si ont fait certaine protestation escripte sour
ladite enqueste, en vertu de laquelle protestation, pourtant qui!
nous constat que ledit Jacque, nostre coneschevin, est borgoy
citain de Liège, exstant prisonier comme dit est, disons que,
selon paix faites, francbiesez et liberteis que nous sauvons et
wardons tochaiit citains borgois, ladite enqueste generaule ne
doit adit Jacque prejudicier et ne doit sur ly, comme bourgoy
citain de Liège, servir; mais quant est au regart dautres prison-
nies contenus en ladicte enqueste, disons avant que ly seigneur
ou son mambour puelent de loy sour eaux procedeir, sil leur
plaist, demorans par nous a sorplus deleis le paix de Fexhe
faisant mention des officyers de Monseigneur et deleis toutes
aultres paix faites que nous sauvons et wardous etc. Ce (ut par
— 55 —
nous dit et foursporieit sur Uv\ de giMce délie naliviteit nostre
Seigneur Jhesu Crist mille quitre cens el LIX, le penultemnie
jour de décembre.
Echevins de Liège (Greffe Stephany). OKuvres.
Reg. commençant le 15 septembre i kS8 eJ
finissant le 8 mai 1439, n» 25, folio 123 v".
XXVII.
La pièce suivante nous a paru iri'.s-intéressante. Elle date de l'épis-
copal de Jean de Hornes et elle a trait à la guerre civile qui désola
la ville et le pays de Liège à la suite du meurtre juridique de Guillaume
d'Aremberg. Ce document qui contient plusieurs faits historiques ignorés
par nous et non signalés par les historiens du pays, nous fait aussi
connaître que les finances de la cité s'étaient épuisées par les frais de
cette guerre et qu'on avait dû se livrer à la recherche des moyens de les
rétablir.
1487 10 mars. Nous le mayeur et les esquevins de Liège
faisons savoir a cascun et a tous, que lan délie nativiteit nostre
Seignenr Jhesu Crist mil quattre censquattre vings et sept, le
X'^ jour de moix de marce, comparurent paixlevant nous, vail-
lans et honnoreis Thilman Waldorea, Seigneur de Soyron, et
Gilede Huy,es(:uier,m.iisti'es pour le temps délie cite de Lioge,
et, avueceulx, AndrierBourlette mambourdicellecite. Lesquelx
apportarent, pardevant nous, le coppie signée délie suyte et
sequellederainement faite et passée en palaix episcopal a Liège,
requérant icelle suyelte fuist mise en warde de loy et registret
en nostre regitre auctentick et laquelle requeste le dit maieur
le mist en le wai^de de nous lesdis eschevins et lavons fait
registrer en nostre regitre auctentick, tôt ensi que apporteit
lavoient pardevant nous par laditte copie de laquele le tenurre
sensiet de mot a mol : Lan quattre vings et sept, le XXV*" jour
du moix de feverier, sur ce que la universitet de la cite, fVaii-
cliiese etbanlieu de Liège estoit celi jour convockee et assem-
56 -
bleeeii palaixepiscopal a Liège, pour les matheres subescriptes,
remostrat Thilmaii Waldorea, Seigneur de Soyron, maislre
de ladite cite, pour lui, cl Gile de Huy, escuier, son compan-
gnon ausi maistre de ladilte cite, coinenl obsiant que pour
trover voies et manierez de pooir payer, satisfaire et contenleir
les créditeurs envers lesquelx la cite esloit tenue et obligée en
certaines grosses sommes de deniers, sens le contentement
desquelles, les bourgoix et inhabitans en laditle cite ne pooient
hantier ne converseir es pays voisins, pour y faire et meneir
leurs marchandise et autres leurs négociations, que Ion ne les
prendoit, deteiioit et arrestoit leurs corps, biens, ou deniers
par lot ou ilz astoient trouvez hors du pays, ladilte universiteit
eusl passeit et accordait leveir, en laditle cite et banlieu, certai-
nes ayddes et gabelles ; neantinoinspour les très grans, énormes
etevidens despens et domaiges quil avoit covenu depuis avoir
et sustenir ladilte cite et que encors covenoit avoir et sosienir
journelement, au conlresieir et resisteir les ennemis de laditle
cile, qui depuis brielï' jours sasloienl logies pardevant iceile et
qui encor journelement couroienl el faisoient domaiges sur le
pays, nestoil point possible icelles carges satisfaire ne payer
des deniers provenans desdittes ayddes, ains estoit necessaiie
fineir et retroveir cerlainez sommez de deniers pour les affaires
susditles.
Et affni de povoir recovreir aucuime somme, ilz eussent sup-
plyet et requis aux seigneurs et prelalz des engliesez de Liège
que de voloir subvenir laditle cite, par preste et engagement
daucuns leurs biens ; car ilz avoient troveil gens en la ville de
Treit el ailhours qui eussent fait preste a laditle cite daucunues
bonnes sommes de deniers, moyennant que lesdis des engliesez
les en volsissent faire seurte daucuns leurs biens, et ou cas
quilz leussent volsu faire. Ion eust telement rassenneit lesdis
des engliesez, en eulx faisant assenne de autant que de double
ou plus de ce quilx se eussent obligies, quilz en eussent este
bin asseures, el dont après quilx en avoient (ail el fail laire les
diligence a C!''x possibles, esperans que lesdis des engliesez
les deusseni assisteir et subvenir, lesdis des engliesez leur
avoierit, nonobstant, leur donneit a entendre de paravant le toi
reffuseit et escondit, porquoy estoit nécessaire de recovereir
argent par autrez manierez, pour yssir des dangiers susdis,
liquel recovrement ne leur sembloil estie possible faire, se ce
ne se faisoit par leil moyen que les autres bonnes villes du
pays, assavoir : Tongre, Hassell et autrez avoient recovereit
finance deulx miesme, pour le desligement de leurs affaires,
lesquelx avoient tineit a leurs bourgoix certaines bonnes som-
mes de deniers par vendilions daucunnez rentes a rachat sur
les biens, deniaines et ayddes de leurs villez , par ensi leur
sembloit ausi estro le meilleur et plus proffîtable pour ladilte
cite, que de recovereir aux bourgoix et inhabitans dicelle
nucunnez sommez de deniers, par venditions daucunnez rentes
a rachat sur les ayddes de ladilte cite, et pour a quoy parvenir,
ilz avoient desja fait crycr et publier au peron de ladilte cite,
que toiles personnnes qui avoieni fait prestes a laditte cite,
lant do temps messire Guillemme, ausi de temps messire Ghis,
a cause des prisonniers de Wert et autrement que depuis et
dernièrement et qui en avoient docnmens ou certiffîcations telles
que, pour y adjosteir foid,le venissent faire apparoir par devant
les dis maistres et ossile conseil de la ditte cite ; car ceulx qui
ce feroient et qui presleroient encores aucunnes raisonnables
sommes de deniers a ladite cite, Ion leur assigneroit rentes a
rachat pour pris raisonnables, pour eulx eslre asseures de
leurs prestes, tant de celles quilx avoient fait de paravant,
comme des prestes quilx feroient de noveal ; comme semblam-
Mjent Ion feroit ausi a tous autres qui voroicnt subvenir ladilte
cite et achatteir rentes et leur seroient icelles asseurees, si bien
pour les recevoir a ceaux qui liendroienl les fermes des ayddes
gabelles de ladilte cite, pour eslres payes de deux moix a deux
l'ioix, a fait que les deniers dicelles ayddes eskieni, que ung
cliascun en deveroii par raison eslre conte;it. Et pour ung
- 58 -
chascun eiiestre mieulx asseuret.sil plaisoit I iditle cite le aussi
passeir et nccordeir, leur intention estoit quiî ce fuist mis en
warde de loy. Remostrat ossi cornent, pour cause des grands
malx et domages qui pareidevant estoient advenus a hi cite et
pays, hors des places de Seave, Asseneur, Aigremont ei autrez,
Ion avuit iceiles, par le consenteiH'Bnt et adveu de nostre très
redobte Seigneur,Monseigneur de Liège, et du conseil de laditte
cite, abattues et aruvvinnees, etaffin que les povres compan-
gnons qui ce fait avoient, en polsissent estre descargies pour
le temps future, se desiroieiit bin lui, sondit compangnon et
ausi ceiilx du conseil, que plaisisse laditte universitet advoeir
ce que fait avoit este desditles places et autrez ediffices, et le
tenir et reputeir comme le fait de laditte cite propre, et que
ausi volsissent tenir et reputeir pour le fait de laditte cite, les
pieres que Ion avoit pris et prendoit journelemeiit sur les
arsins et places ruyneez aval la cite et que Ion avoit mis et
encors Ion metteroit entliour les murailbes et autres spécifica-
tions deladilte cite, affin que ceulxqui les avoient pris et mis
en la fortification susditte, en polsissent être descargies pour
le temps advenir. Remosirat en oultre et finablement que, par
le conseil de laditte cite, avoient dernièrement este faites et
passées certaines ordonnances a cause de faire le gheit en
icelle, el dont certaines corrections et amendes avoient este
passées, se devoir payer par ceulx qui en seroient defallans,
comme la sieulte dudit conseil plainement le contenoit.si
requerc/it a laditte universitet, afiin que persoenne nulle ne pol-
sisse alligier ignorance, ou contredire a ce que en avoit este
passe par ledit conseil, que plaisisse ladilte unniversitei deleis
ce que par ledit conseil fait en avoit este, demeurer et en faire
sielte et sequele avuec les choses susdites.
Laditte universitet sur totes les remostrances susdittes meu-
reaient conseillée, passât et délibérât par plaine sieulte et
sequele, quelle remerchioit de prime fâche lesdi.-, maistres des
grandes paines et travailles quilx avoient heyus et sostenus,
— 59 —
avoieiit et sostiMioient journelement, pour les affaires de ladilte
cite, et quelle demoroit plainemeiit deleis les remostrances
susdittes, désirant que icellcs fuissent mises a éxecution le
mieulx et le plus convenablement que foire se poroitvoir, que
lintention dicelle nestoit point de faire achatteir les bour-
goix aucunnes rentes par force, mais a leur bon plaisir et
vollenteit, sens eulx pour ce faire aucunne contrainte.
Lan susdit le V« jour de moix de marée, fut par les officiers
des XXXIl bons mestiers de laditte cite et plusseurs bon bour-
goix dicelle, assembles en refector des Frères Menneurs, passe
et dclibereit, en advouant la sieulte et sequele susditte que au
fiiire et passer ladite sieulte, loppinion et intention de laditte
université astoit quilx ne voloient personne aucunne faire
f'nire acbas par force ou constrainte, sinon au bon plaisir des
b()!ir;-;eois, et que leur intention estoil, que ceulx qui avoient
este assis pour faire prestes a ladilte cite, prestassent icelles
p;ir les fourmes et manierez quil avoit este encommenchiet.
Exlrail du reg. aux œuvres des Echevins de
Liège. (Greffe Stephany) coramençanl le 16
novembre li86 et finissanl le îî4 novembre,
1487. Reg. no 49 fol. 78.
XXVIIl.
Nous ne croyons pas que l'acte de création et le premier règlement de
la compagnie des jeunes arbalétriers de Liège aient j.miais été publiés.
Comme il se trouve encore, dans les faubourg': de Liège, plus d'une
soriijié semblable, le document qui suit devra exciter l'intérêt des
membres de ces sociétés lesquels n'auront pas, ainsi qu'ils le verront,
à rougir de leurs confrères du 1" quart du 16"'^ siècle. On comptait en
eifet i)armi ceux-ci : Guillaume de Franckenberg, chanoine de la cathé-
drale de St-Lambert, Hubert de Fanchon. seigneur de Colonster, Guil-
laume de Metïe dit du Champion qui, le premier, a écrit l'histoire du
souièvement des Hivageois et plusieurs autres personnes notables de
Licgf.
- 60 —
Lan quinse cens et vingt quatre, le XXIX* jour daoust, com-
parurent pardevant îious inayeur et eschevins de Liège, Guil-
leamme de Champion clerc secrétaire de la cite, avvec luy
Johan Willekenne et Sandron Marckon, partie faisans tant pour
eulx comme pour tous leurs autres confrers de la compangnie
des arbalaistiers Nostre Damme, Saint Lambert et Sainct George,
érigée et construite en cestedicte cite, lesquelz nous npporta-
rent et exitibuarent lettre daltee de XXIII jour de may au XV-^ et
XXIII, contenant les ordonnances, poins et articles par ceulx de
ladicte compangnie promis et jurez en tout tes leurs parties
observer et entretenir, grées, laudcz, confirmes et approuves
tant par très révérend père en Dieu, très hault, très puissant
prince et nostre très redoubte Seigneur, Monseigneur le cardi-
nal, archevesque de Valence, evesque de Liège, duc de Buillon,
conte de Looz etc, le cinquemme jour de jullet oudit an XV" et
XXIII, comme par maistres, jurez et conseil de sadicle cite, le
XV jour de septembre ensuyant, ai)paranl le tout par lettres
patentes seellees, a la précédente lettre do ladicte comi)angiiie
annexées, requérant par les dessusdits, en lequalite dicte, volloir
icelles ordonnances, poins, articles, greafion, confirmation et
approbation dicelles faire regislrer en nostre registre aucten-
ticque, et le tout mettre en warde de loy, ce que a leur requeste
a este fait par ledict mayeur, a condition et sur protestation
que, en icclles dictes lettre, poins et articles, il nai! choese qui
puisse prejudicier a la jurisdiction de nostre dit très redoubte
Seigneur, privilèges et paix faictes de sadicte cite et pays, pour
quant il en seroit aucunne choese trouve, le povoir corrigier et
modérer selon que Ion troverat a cas appartenir, en la meilleur
fourme et manier que faire soy poroit a la bonne foid; le tenurre
de tout ce que dit est, sensiet de mot a mot. On nom de Dieu
tout puissant, de sa ire-^ digne et glorieuse mère Marie, Monsei-
gneur Saint Lanibiirt nostre patron, et victorieux et triumphans
amis et m:irtires Monseigneur Saint-George, amen.
Nous Guillcamme de Fran(;komburgh,can)ine en la vénérable
— 61 -
église de Liège, sire Johan le Claweteur, prestre canoine de la
Table, sire Henry délie Goffe, prestre cliapellains en ladicle
vénérable englise de Liège, sire Johan Jacquin, Hubert- de
Fanchon seigneur de Colonsler, Libert fil de feu Libert de
Mouliin dit de Vaul, Guilleamme de Meffe dit du Champion,
Jacque Obrecht, Servaix Dheure, Hubert délie Bourle, Johan
délie Gofle, Johan le Ruyl dit de Bearewart, Noël des trois dis,
Lambert de Resymont, Gollar Cleyn, Gielel de Siier, Wolte le
tanneur, maistre Guilleamme cyrurgien, Johan de Viseit, Giele
de Hornes, JVÏathier Grongnet, Jacque de Meuce, Johan de
ViUer, Loren de Laiigle, Peter de Steynehuys, Gilchon de Viller,
Gielet de Biclrem, Wiilemme Scripkin, Johai! Cleyn, Gielet
Cleyn, Johan PieK;e, Gollar le BoUengier, Johan Dotée dit délie
Rualle, Raes de Léopard, Bauldon le Corbesier, Alexandre
Marckon, Heni-y de Leverier, Joachiai Germea, Johan de
Besonheit, Johan Goert, Robert délie Croiselte, Johan Mathier
le joene, Bauduyn de Hollongne, Piron Dheure, Johan Savaige,
Guilleamme de Thier le meide ( i ), Lambert de Mapas, Johan du
Pont, Michicl Gaillart, Johan le Tindeur le joenne, Jacque le
Cockin, Loren son fil, Phelippe Morea, Everar délie Goffe,
Lamhcit Chabot, Johan Bussin, Gérard de Viller, Jacquemin de
Housse, Thomas de la Roche Porte, Wathier délie Haye, Gielet
Dheure bresseur, Henry de Froidecourt, Johan Winand, Johan
de Brouck merchier, Heury de Sart mangon ( 2), Martin de
Fanchon, Thonon Desiron, Pirol Kaman, Johan de Mapas,
Estienne le Merchier, Henry le BoUengier dit Pannechea, Giele
Larbalesirier, Johan son frère, Gérard de Jozeit le joenne (3),
Alixandre du Mollin, Piron Cornet, Gielet Hoynier, Gielet
Ansea, Johan Rennechon mangon, Collard Bare, Johan Renne-
chon le meide, Johan Loynet,Thiry Ansea, Rennekin délie Goffe,
Pierre de Blaix, Gérard le Scrinier(4), Gielet Goffîn, Ogierde
Marnette, Johan Tarts covreur, Henry Ragot,Tonnon del Fleur
(' Médecin. V Boucher. {'} Jeune. ,■* Menuisier.
- 62 -
de Lys, Gereon le Scohier ( i)> Gollur Francheu, Johan dalle
lîualle. A tous ceulx qui ces présentes lettres veront et orout,
salut en Dieu permanable et cognoissaiice de vérité.
Comme par ci devant pour éviter les hazarls, tavernes et
autres jeux dissolus, le jeu et esbat de larbaistre (2) aient este
erigies et construes, et que aile occasion de ce ayons de nostre
propre acquis certain jardin et place gissant empres le jardin
de la grande compangnie des arbalaistriers serimentes en
ladicte cite de Liège, eiiquel desja sont ériges des berseaz et
garde doni aftin que bon poliice, conduit et bonne manière de
taire, soient par nous et noz successeurs a toujours entretenus
a laugmentation et honneur de nostredicte compangnie et de
nous, sens par nous toutteffois desroguer, ne louchier a la
jurisdiciion de très révérend père eu Dieu très hault, très puis-
sant prince et noslre 1res redoubte Seigneur, Monseigneur
Erard de ia Marck, par la miseration divine, cardinal, arclieves-
que de Valence, evesque de Liège, duc de Buillon, conte de
Loy (Looz) etc. Ne aussi de sadicte cite, nous avons conjuncte-
ment, de nos purres et franches voluntes, ordonne, statue et
conclud les poins et articles cy desoubz escrips , lesquelz
avons promiset jure solempnemeiît entretenir, sur les paynnes
et amendes en iceulx contenus, assavoir :
Premièrement que tous entrans en icelle compangnie, paye-
ront a prouttit dicelie deux postulatz Erardus ou leur viaye
valleur, au clerc et varlet ensembles quattre petits aidans.
Item, chacun de nous et noz successeurs payeront a la dicte
compangnie, cliacun an, dcmy Erardus ou sa valleur, moitié a
jour délie saint Johan Baptiste, et lautre a jour de Noël, et
porat Ion (on) le defallant a ce constraindre et araisner par
devant lung des trois juges dicelie dite cite, comme debte leale,
recognuo.
Iiem, pour Ibonneur de Dieu, de sa 1res digne Me e et de
V l'ellulier. ^^ ! Ainsi t'cril pour l'urbalaislre.
— 63 —
sesdicts victorieux et triumphaiis martires, saincts Lambert et
George, avons conclut el passe, chacun an, le premier jour de
may, porter et présenter unne chandelle en leglise des Frères
Minneurs audict Liège et en ce jour y faire célèbre:' et chanter
une messe haulte; le lendemain unne b;isse messe de requiem,
en priant pour les âmes de noz prédécesseurs, de noz, et de
noz successeurs ; et le jour que tirerons le papegaye (i), aussi
une messe basse du Saint Esperit, ausquelz services, messe et
trairie , chacun de nous serat tenu de yestre, sur paynne et
amende, chacunne fois, de quattre livrez commun payement
liegoix, a applichier a ladicte oompangnie, se doncques ny avoit
cause legillimme, a laquelle trayrie de papegaye chacun de
nous sera tenu tirer avec le Roy.
Item, pour ce que audit jour Ion fait provision de vivres pour
toulle la compangnie, celuy qui ne sera a ladicte trayrie et à
commune payerat demy Erardus.
Item, ledict premier jour de may, eslirons deux maistres et
deux mayeurs,lesquelz gouverneront, recepveront el feront ens
venir tous drois et amendes a ladicte compangnie appartenant
et en rendre, au debout de lan, bon et juste compte et reliqua.
Item, quant iung de nous yrat de vie a trespassement, ladicte
compangnie serat tenue de faire chanter uiie haulte messe de
requiem, en priant pour lame du trespasse, a laquelle messe
chacun deverat estre présent, voir luy comande pour le varlet,
sur lamende a defallant de quattre livrez teles que dit sont, et
deverat le trespasse ou ses hoires laissier ou donner a ladicte
compangnie demee livre de cyre,affîn avoir commémoration de
luy.
Item, si. advenoit, que Dieu ne vuelle ! que Iung ou plusseurs
de nostre dicte compangnie prendoit ou prendoient debas, dis-
sencions ou discords, soit a thier, sur la chambre ou autre
part en présence de ladicte compangnie, par paroUes, repro-
(• ) Tirerons le perroquet, pour tirerons l'oiseau.
— 64 —
ches, ou en autre quelconque manier, lelz incoureront, cha-
cunne fois envers ladicte comnangnie, en tele pugnition et
amende que a cas appartenrat, la clioese justement, verifïîee; et
du forfait, la partie ne se porat plendre autre part que par-
devant nosdis maistres et mayeurs, et, se iceulx nesloient dac-
cords ou saiges pour déterminer du forfait, soit quil yeusse
plaie, bleschure ou non, quant adoncques ilz seront tenus faire
assembler ladicte compangnie en gênerai pour jugier la forfai-
ture, reserve cas de cryme.
Item, avons accorde et passe que nul de nous ne soy porat
abstraire, oister ne départir de ladicte compangnie sens pre-
mièrement avoir payet, pour son yssue, a profTit de nous et de
noslre dicte compangnie. ung florin dor de poix des quattre
électeurs, avvec touttes restes et astargies, saucuns en devoit.
Item, louitefïois que serons par nostredict varlet convoc-
queis ou comandeis, deverons obeyr et y comparoir, sur paynne
quant az defaillans, chacunne fois, de quattre livrez teles que
dessus, se doncques ny avoit cause legittimme et veriffyee.
Item, quiconcque de ladicte compangnie ne soy irouverat a
sacrament, en armes, accompagniet de Roy dicelle, tel serat
a lamende de demy postulat Erardus ou sa valleur, se donc-
ques neusse cause legittimme, parquoy il y ini^ist ung autre
aussy suffisant que luy, la chose cognue.
Item, 1 e en tirant az thier.s, lung de nous proférasse parolles
deshonnetes ou nommast lo nom de diable, il sera tenu payer,
pour cbacunne fois, demy patart ou mettera son souiller audit
tbier et laisser tirer après, comme Ion fait az autres couipan-
gnies.
Item, nous et chacun de nous serons tenus de tenir et entre-
tenir sens retractei' louttes sieultes et sequeles ( i) faictes et a
faire par ladicle compungine concernantes le bin, proutïit et
utilité dicelle et pour ce que aucune lois inconvénient, dangier
,*, DtUibci'alioii» it leurs suilet!.
- 6o -
et fortune advient, tant az tirans de larbalaistre en jardin,
comme aux voyans et assistans, tellement que bleschure, affol-
lure (i) ou mort sen ensuit, comme lont at veu advenir en
diverses lieux, a cause de quoy par les princes, cites et villes
ou compangnies darbaiaistriers sont, est donne edict, previlege
et deffensse que personne ne voise (n'aille) et nentre ens jardins
et jeux darbaiaistriers, synon sur ses perilz, le tout entendu en
la bonne foid, sens fraude. Est il que prions et supplions hum-
blement a nostredict très redouble seigneur et prince et atres
honores Seigneurs Messeigneurs les maistres, jures et conseil
de sa cite plaire par leurs lettres conformer, ratiffyer et approu-
ver ces présentes ordonnances et nous doter et accorder ledict
previlege et edict touchant ledict inconvénient que advenir
poroit audict jardin, en quoy faisant ilz nous donneront meil-
heur corraige et nous obligerons tant plus eulx servir, qui est
nostre total desier. Et affin que ce soit ferme choese et estable
sy avons nous lesdicts confrers ad ces présentes fait apprendre
nostre seel duquel uzons tous ensembles, en telx et semblans
cas. Lan de grâce mil chincque cens et vingte troix, du mois
de may le XXllP jour.
Erard de la Marck, parla miseration divine Cardinal, arche-
vesque de Valence, evesque de Liège, duc de Buillon, conte de
Looz. A tous ceulx qui ces présentes veront et oront, salut.
Savoir faisons que pour plusseurs causes, raisons et considé-
rations liciltes et raisonables nous ad ce mouvantes en la faveur
et requeste de ceulx de la compangnie des arbalaistriers
de Nostre Damme, saint Lambert et saint George en nostre
cite, désirant leur bin et augmentation, nous avons, en tant
quen nous est, greeit, laude, confirme et approuve, gréons,
laudons, confirmons et approuvons la tenurre des lettres aus-
queles ces présentes sont annexées, vuillant (voulant) que en
tous ses poins et parties elle ait lieu et course; car nostre
,'; Périt" (le l'usage liun membre.
66
plaisir est tel. En tesmongnaige de vérité avons fait appendre
nostre seel az secres a ccsle dictes présentes. Donne en nostre
cite de Liège le chincqucmme (sic) joui' de jullet, an XV^'XXIII.
Nous les maistres, jures et conseil partie faisans pour la
cite de Liège, a tous ceulx qui ces présentes veront et oront,
salut. Savoir faisons que, pour plusseurs causes, raisons et
considérations licites et raisonables nous ad ce mouvantes,
en la faveur et requeste de ceulx do la compangnie des arba-
laistriers de Nostre Damme, Monseigneur saint Lambert et
Monseigneur saint George en ladicte cite, désirant leur bin,
prouffit et augmentation, nous avons, en tant quen nous est,
greeil, laude, raliffyet, conferme et approuve, laudons, gréons,
ratiffions, confermons et approuvons la tenure des lettres aus-
quelles ces présentes sont transfixees et annexées, vuilhant que
en tous ses poins ei parties elle vÀi lieu et course, suyant la
conflrmation et approbation faicle par la grâce de nostre très
redoubte seigneur et prince Monseigneur le Cardinal, ce que
certifiions, en signe et tesmongnaige de vérité, ausquelles
avons fait appendre ad cesto présente le seel az légations de
ladicte cite duquel uzons en tel ei semblant cas, avvec le signa-
ture de nostre souverain grefiier. Sur lan de grâce mil chinc-
que cens et XXIII, du mois de septembre le quinzeme jour.
Eclievins de Liège — Greffe Stephany. — Reg. de
mai 1524 à décembre môme année, n» 99,
fol. 172.
XXIX.
Deux noms restés populaires i\ Liège sont cerlainemenl ceux de (iuil-
laïune Keecknian et de St'baslien La Huello. Tons deux furent l)ourgmes-
tres, tous deux suivirent la même ligne de conduite dans les affaires du
yays, et tous deux eurent à peu prùs la même fin. Le bruit courut en effet,
lors de la mort du premier (]u'il avait été empoisonné et l'on sait que le
second fut nssas-^iné au banqnot de Warfu'-ée.
— 67 -
On peut d'autant plus considérer comme précieuse toute pièce authen-
tique qui jette quelque jour sur l'histoire de ces deux hommes, que,
d'une part, ils ont été considérés comme des rebelles et des ambitieux
voulant livrer leur pays à la France et que, de l'autre, ils ont été repré-
sentés comme de grands citoyens dont les actions avaient uniquement
pour mobile la liberté et le bonheur de leur patrie.
Il est à regretter que les deux pièces qui vont suivre concernant iieeck-
man, ne soient pas accompagnées de l'enquêto qui a dû précéder Icjugement
par lequel les Echevins de Liège ont déclaré appréhc7isibles pour menées
séditieuses Gnillaume Beechvian. jadis BurqhemJe, Laurent Uustin, procu-
reur, Henri Ctwstehiin, etc. On ve/rail par cette enquête la valeur des
preuves fournies à l'appui de l'accusation ou contre elle: mais tous nos
etforts pour nous procurer cette enquê e n'ont pas abouti.
Lan XV<^ et vingte huict du mois doctobre le dernier jotir
comparut par-de ani nous etc., lofficier Roscius lequel en vertu
de liorsport d'enqueste sest plaincl criminellement de la per-
sonne du s"" Guilheaume Bexhman jadit bourglieraere comme
cncoiilpé des points et mosus portés par les articles suivants,
lesquels il serve par-devant nous contre luy à cest effect pro-
testant en la déduction d'iceulx de n'injurier, ains davoir le
seule esgard à l'obligation de ses charges et office.
1. Premier. Que ledit S'' Beckman est publicquement Camé
d'avoir piéca contreminé tant par luy que par autruy ce que
par les bien affectioiniés au bien publicque se meltoit en avant
pour l'avancement d'icelluy, d'où en plussieurs affaires sont
sourdys beaucoup de brouilleries et évenemens sinistres ainsy
que les tesmoings pouront plus amplement déclarer.
2. Voir que depuis quelques années estant personnes privée
et hors d'estat, il n'a pourtant cessé d'emprendre quelque sorte
d'authorité publicque procurant de ce faire députer de quelques
mestiers, du moins à certains affaires les plus importants es
quels soub cet ombrage il a continué de faire à son chef sou-
vent contre l'avis de Testât et du magisli^ai, usurpant sur l'au-
thorité d'icelluy.
m
3. Et craignant en certaine année (de laquelle il ne pouvoyt
prétendre au consulat) de rencontrer quelques bourghemres
conlrairs à son fait, il a tout ouvertement et par voiries contre
tout droit brigué formellement par luy et par autre pour un sien
amy estant le bruit comun que cela se fait soub certaines condi-
tions que les tesmoings pouront dire.
4. Aussy à tel effect et autres de son dessein ont esté faites en
sa maison à Liège à Mathieuval,au Loup et ailleurs souvent luy
présent des assemblées et conventicules de gens du Conseil de
ville, de Gouverneurs et autres officiers et compagnons des
mestiers, où l'on a traité des afTaires publicques, recevants de
luy telles assemblées les avis de comment il se falloit gouverner
sur les mestiers.
5. Où entre autres il les a conseillé en celte saizon sy dange-
reuse (où il y alloit de l'interrest et mine comune) choeses
répugnantes au bien publicque et signament eu matière de
l'opposition aux mandements de Sa Majesté impérialle touchant
l'élection magislralle et autres points insinués au Conseil de
ville, aux mestiers.
6. Et sur ce sujet ayant Simon le bouilleur convocqué de la
parte du S"^ Bekman en sa maison quelques officiers et autres
compangnons et leur mis es mains un concept de recès qu'il
disoit que son mestier avoit passé, ledit Bekman leur donnai
avis qu'ils le pouvoyent faire, aussy qu'ils pouvoyent bien mettre
le meslier ensemble et qu'il y avoit de la precipitance pour le
terme de l'intimaliondu mandement.
7. Que suyvant l'avis et conseil susdit le mestier des charpen-
lieis et autres ont été assemblés d'auctorité privée sans l'aveu
et au desceu des Sgrs Bourgbemestres ce que ne se peult faire
en aucune façon et es telles assemblées l'on a résou choeses
pernicieuses, comme de s'opposer aux mandements de Sa
Majesté, de n'y donner parition et autres semblables au détri-
ment de la cité.
8. Ayant avant ce les copies de telle projet et concept de recès
- 69 -
escriptes en partie de la main du serviteur du boarglienire
Bekman esté par ledit Bekman mises es mains de certains
contldenls, d'où puis après elles ont este a veue d'oeil semées
parmi le peuple et distribuées sur les mestiers pour les induir
Ji desobeyssaiice disants iceulx que des grands de Liège
avoyent fait tels project.
9. En outre qu'après tels projects semés au mois de décembre
dernier ont encor esté distribués autres parmi les maisons,
tavernes et mestiers tant devant la St-Jacque qu'en après par
les susmentionnés confidents, touls directement contrairs aux
recès en Conseil de ville proposés aux mestiers pour sur icieulx
avoir resolution.
10. Particulièrement pour insliguer le peuple à ne donner
parition aux mandements de Sa Majesté impériale et du depuis
pour revocquer la déclaration sur ce faites de la donner, de
s'opposer à ceulx qui proposoient les moyens de donner la
deue satisfaction à S. A. et aussy de se roidir contre les réso-
lutions meurement prinses par le Conseil de ville pour le bien
publicque en une occurrence de sy grande conséquence.
11. Choese à la vérité tant pernicieuse et de sy mauvais
exemplez que pour à l'avenir destruir touttes voyes et moyens
de pouvoir bien faire pour le publicque.
12. Que le S"" Bekman a esté tout publicquement famé sur les
mestiers et parmy la ville d'avoir informé ceulx qui ont ainsy
instigué le peuple et d'avoir coopéré h tels projects et concepts
sy contrairs au bien publicque, voire qu'icieulx venoient de sa
forge, et que ses gens les dispersoient aussy que luy mesmes
at, en plussieurs lieux et places avoué d'avoir conceu et dicté
de ces concepts.
13. Surtout qu'un certain Simonnet confident du bourghemre
Beckman lorsqu'il estoit question de donner parition aux
mandement susdit fut sy téméraire sur le mestier des febvres
assemblé à cest eflfect que de dire qu'il avoit la copie d'un
mandement de Sa Majesté Impériale conlrair à cela, criant en
- 70 -
présence du BourghemPe que l'originelle esloit chez Beckman.
lo. Que telle copie du prétendu mandement ou plustôl saufcon-
duit de Sa Majesté Impériale a esté miese es mains de certaine
persoiuie par Beckman pour le faire sonner sur les mestiers,
voire que luy même en a tiré de sa main quelcque copie hors
l'originelle prétendu interprété.
14. Nonobstant que l'on tient tout absolutement que tel
prétendu sauf conduyt est choese fourée ou subrepticement
obtenue ne soit que Beckman face paroistre du contraire.
15. Et cependant telle copie glissée sur les mestiers par ses
confidents et à dessein de persuader le peuple de s'opposer,
estant néanmoins incliné à donner parition comme aussy ces
autres projects et former de reces susdit semés au mesme effect
parmi le peuple se peuvent dire d'avoir esté absolutement
causes des grands inconvénients et troubles depuis demy an et
plus arrives en cette cité.
16. Troubles à la vérité sy grands que beaucoup de choses
estoient icy sens dessus dessoub, avec une conséquence pour
l'avenir dangereuse à la cité, à cause de telle désobéyssance en
ce sans dire davantage ce que d'aucuns firent en cette conjoinc-
lure la, de crainte d'un tumulte ou sédition.
17. Et tout cela à cause en partie que le Bourghemre Beckman
briguant par luy et ses gens Testât magistralle vouloyent
ensemble empescher et de fait empeschoient à tout leur possi-
ble que l'élection ne se lîst conformément aux mandements
(auxquels le peuple avoit déclaré vouloir obéyr) se mettant luy
et sa patrie au danger des censurres d'icieulx avec perte irré-
parable sans vouloir escouter ceulx qui le conseilloient de s'en
déporter, et de ne se vouloir aheurter à cela.
18. Ce que bien il at fait paroistre en plussieurs occasions et
signament se met en fait ou aucuns jours avant la S' Jacques
dernière lors qu'accompagné de Lowy Cock muni d'espée et
d'armes h feu, il approcliat les sg'^ commissaires Gordinne et
Counotîe auxquels ù l'abord demandant des nouvelles, il leui's
7i
dit aussy : conieiit Messieurs ies Commissaires entendez-vous de
vous gouverner en l'élection futurre.
19. A quoy luy estant reparty qu'ils entendoyent de se confor-
mer et obeyr aux mandements de Sa Majesté impérialle et de
S.A. S™"" tant qu'ils auroient autre ordre ou bien que le magis-
trat eust à s'accomoder avec le Prince, il se mit en fougue et
mettant la main sur son espée, s'escriat avec seriment : plustôt
mourir, excitant par là ledit Cock (qui mit aussy la main aux
armes) à crier : Mort Dieu! plustot mourir louts l'ung sur l'autre,
vois suffisantes pour animer en telle saizon, les assistants et le
peuple à une commotion.
20. Qu'en tel constrate ledit Beckman ne mancqua de décou-
vrir sa pensée plus ouvertement et dire qu'il emplyeroits a vie
pour parvenir à Testât puisque d'autres voloient emplier des
moyens pour l'en faire culbuter.
21. Et outre ce que par telle agression il a enfraint notoi-
rement les sauvegardes tant de sa Majesté Impérialle que de S.
A. S"* soub quelles lesdis Gordinne et Counotte sont protectés à
raison de leur estât de commissairs et nomément en ceste occa-
sion de l'élection conforme auxdits mandements.
22. Que davantage après plussieurs propos dits par Beckman
contre telle élection, il les injuriât, disant : qu'ils passoient
enquesles contre bons bourgeois qui vouloyent maintenir les
drois, franchieses et libertés du pays.
23. Mais iceulx respondants qu'ils ne passoient enquestes que
pour crimes méritants exil ou peine corporelle, il adjousta que
c'esioit doncquez contre les commissairs qu'il en fiilloit passer,
animant ainsi contre eux les assistants et ayant lui et son
homme la main sur les armes.
24. Se dit en outre que le s"" Bexhman empruntant le nom des
commis des trengte deux mestiers a fait présenter à Messieurs
du chapitre, de son authorité privée, plussieurs lequestes
signées d'un sien serviteur par ordre desdis commis se disant
luy l'un d'icieulx encor que l'on n'en reconoit aucun.
- 72 -
âo. Lesquelles requesles soub l'ombre de présenier des con-
lérences pour traiter des afïairs publicques sont eu certaines
parties fort désavantageuses au bien comun, et en soy de con-
séquence fort dangereuses et baslantes pour derechef allumer
les cœurs d'aucuns du peuple mal afieclionnés au repos de la
cité.
26. Davantaige que h Sa Majesté Impériale sont estez présen-
tés divers mémoriaux et requesles soub les noms de la cité des
Sgrs Bourghemres, Estats et 22 et des mandatairs de la cité
signées par Henri Chastellain comis ou facteur du Bourghemre
Beckman à Spier et à Vienne et neantmoins desavouer par les
seigneurs susnommés.
27. Qu'aucuns de ces mémoriaux estoient pernicieux, pleins
d'opprobres voire n'espargnants entre autres la grandeur de
S. A. S"'^
28. Que neantmoins il se prouvera que le bourghemre
Beckman at au mois de jung ratifié lesdils requestes nommé-
ment celles du 13 de mars et subséquentes entre lesquelles se
trouve unne en laquelle l'on supplie à Sa Majesté de vouloir
considérer touttes les requesles et recours précédents ladite
date, retournant partout tout cela à la charge dudit Beckman.
29. Un supplément de preuves reproduit ici l'enqueste passée
au 23 septembre dernier et du depuis horsporlée avec les
preuves sur icelle faites et quant et quant (sic) les trois autres
enquestes avec les preuves reproduises h ladilte enqueste du
25 de septembre es points favorables.
30. Le tout quoy suffisamment justifié ou besoing sera,
l'officier conclud ii ce Guillieaume Beckman jadit Bourghemre
soit pour tels mesus condampné criminellement ainsi que par
rigueur de justice sera trouvé convenir et aux fraix.
Retlannant(sic)d'adjouster etc. protestant comme dessus etc.
— 73 —
Horsport d'enquestes pour menées séditieuses et autres
délicts y reprins.
Horsporlées lesdittes enquestes par nous les eschevins et
mres de la cité de Liège l'an 1628 du mois d'octobre le XXIIII*
jour et dit par nous lesdits eschevins qu'attendu les preuves
faites sur icelles condamnons appreliensibles Beeckman jadit
Burghemre, Laurent Hustin procureur, Henri Cliastellain,
Lambert Holloingne chapellier et son fils, Lowys Cock, (son)
frère Nicolas Cock messager, Lambert maitre varlet sur
Meuse, Jean Fabri dit Simonet, Simon le bouilleur, Bertrand
Fassin de Juppille, Simon d'Heur et Libert Falla, enseingnons
en oultre au Sg"" officier qu'il soy porat plaindre de Paulus
Herck, Hubert de la Croix, Nicolas Colla et maitre Crespin
HoUonia comme encoulpés sur le contenu desdiites enquestes;
retenant de dire des autres, et nous mailres et jures condam-
nons aussy apprehensibles Lowy Cock, Jean Fabri dit Simonet,
Bertrand Fassin et Simon le bouilleur, comme encoulpés sur le
contenu desdittes enquestes et quant au Burghemre Beeckman
et les autres décernons audit Sg*' officier ouverture d'icelles
pour en uzer comme il trouverat convenir.
Extrait d'un registre intitule : Grand Greffe
des Echevins de Liège — Regre az dictum
et horsport d'enquêtes commençant en février
1613, A. 184, fol. 91 v».
N» XXX.
Nous croyons que la plupart des lecleurs du Bulletin et surtout les
membres de rinstiUit archéologique Liégeois qui s'occupent de numis-
matique, nous sauront gré de la publication d'un essai sur le droit de
battre monnaie qu'avaient les princes de Liège et qui était exercé par
le chapitre de la cathédrale pendant la vacance du siège épiscopal. Cet
essai est dû à la plume de Jacques de lleusy qui fut bourgmestre en 17G0
et qui est l'auteur d'un mémoire avec supplément, l'un et l'autre mis au
jour en 1773, touchant les moyens d'extirper la mendicité et d'occuper
- 74 -
ulilement les citoyens désœuvrés dans l'élai de Liège. iNoiis avons aussi
trouvé un mémoire du même auteur sur la question de savoir si le
pouvoir législatif, au pays de Liège résidait, le siège vacant, dans le cha-
pitre de la cathédrale seul à l'exclusion des autres états du pays. Nous
nous proposons d'éditer aussi ce mémoire.
Le pouvoir de balti^e monnoie qui appartient de droit aux
seuls princes souverains, a été cédé sans réserve à l'église de
Liège par les augustes empereurs. Les princes évêques, ainsi
que l'illustrissime chapitre catbédral de Liège en jouissent et
en ont joui, sans contradiction, dès l'an 908. Il seroit inutile de
citer les preuves, elles sont rapportées dans les historiens du
pays et bien appuyées par les monnoies originales qui nous
restent de presque tous les princes depuis près de quatre
siècles, ainsi que leur évaluation dans les provinces voisines
de domination étrangère. Ces faits forment des preuves à
l'évidence desquelles on ne sauroit se refuser. Bien des
personnes sont cependant dans l'erreur de croire que ce n'est
qu'au titre du duché de Bouillon que l'église de Liège a droit
de faire battre monnaie; car elle le lire aussi de la principauté
de Liège, des comtés de Looz et de Horne. J'ai en mains une
des deux pièces de monnoie qui furent frappées par i'évêque
Nithard dont le père Bouille a donné l'empreinte dans sa disser-
tation historique, ainsi que nombre d'aulres pièces dans ce
goût dont les unes portent pour type l'efiigie d'un évoque et
pour revers une église, d'autres une crosse passée en sautoir
sur une croix, mais la plupart sans légende et toutes sans date,
comme étoient toiues les anciennes monnoies.
C'est pourquoi je me bornerai à celles qui portent tous les
caractères d'authenticité, qui ont eu cours d;Mis le commerce,
reçues et évaluées dans les états voisins, en commençant par
Jean de Bavière qui fut élu en 1389. Ce prince fit battre des
florins d'or qui d'un côté porloient l'empreinte d'un grillon ailé
tenant les armes de Bavière avec la légende : JOHS : DE
8AVÂRIA ELE : LEODIEN : CO : LOSS : pour revers une
75
croix doiit les quatre coins se let minent en tleurons ayant dans
le milieu l'écusson losange de Bavière et pour légende SIT
NOMEN DOMINI BENEDÎCTVM EX : HOC : Ce prince qui ne
fut jamais ordonné et'qui abdiqua pour se marier, n'avoit pris
sur celte monnoie d'or que le litre d'Elu de Liège et de comte
deLooz.
11 y a du même pi'ince des pièces en argent de la valeur d'un
escalin qui ont le même type et pour légende : JOHS : DE
BAVARIA EPE: LEOD . CO: LOS., au revers une croix simple
avec quatre lions dans les coins et au milieu l'écusson losange
de Bavière et pour légende : MONETA NOVA LEODIENSIS.
Et après son abdication il fit encore battre des florins d'or
sur lesquels il est représenté assis dans un trône, la couronne
sur la tête, l'épée en la main droite, avec la légende : JOliS :
DEI GRATIAEPS: LEOD: COM : LOSSEN:; de l'autre côté
une croix fleuragée (sic) avec la légende : XRS : VINCIT XKS :
REGNAT XRS : IMPER AT.
Il avoit encore fait battre d'autres petites pièces de monnoie
d'argent et cuivre.
Walenrode ne régna qu'environ huit mois et Jean de Heins-
berg, son successeur immédiat et médiat de Jean de Bavière,
fit battre des angelots d'or h Hasselt qui avoient d'un côté un
ange tenant les armoiries écussonnées de la maison de Heins-
berg et la légende ÏOHES : EPS : LEOD : DVX BVLLON : CO :
LOSS : ; sur le revers les mêmes armes adossées sur une croix
fleuragée et pour légendi^ : MONETA NOVA FACTA IN
HASSELT.
Il est des esealins et plaquettes du même prince portant au
type les seules armes de Heinsbery, au revers les mêmes armes
adossées sur une croix simple avec les mêmes légendes que
les pièces précédentes.
Comme aussi d'autres petites pièces de cuivre du même
prince, portant les armes d'un côté et le perron de l'autr^-.
Louis de Bourbon qui succéda îi Jean de Heinsberg, fit battre
/u
des tlorins d'or, ayant d'un côté les armes de Bourbon et pour
légende : MONETA NOVA AVREA LUDOVICI ELEGT : LEOD:,
et sur le revers une croix fleuragée avec un grand L dans le
milieu et pour légende LVDOVIGVS ELEGT: DVX BVL :
COMES LOSS:.
Le même Louis de Bourbon lit battre de doubles fusicq (fusil),
monnoie d'argent ayant sur le type deux lions accroupis se
regardant en face et pour légende : LVDO : DVX BVL :, sur le
revers une croix fleuragée, les armes de Bourbon adossées
dans le milieu et pour légende : SALVVM FAG POP : TVVM :
DNE avec les cliifîres financiers LXXVL
Comme ce fut en l'année 1476 que Louis de Bourbon obtint
la renonciation de la princesse Marie, tille de Gbarles-le-Hardi,
aux droits que ce prince s'étoil arrogés sur le pays de Liège,
à titre des conquêtes qu'il y avoit faites, et que ce fut en cette
même année que ce prince-évôque se réconcilia avec son
peuple, cette légende ainsi que le nombre LXXVI semblent
avoir été employés pour perpétuer cet événement, surtout que
jusqu'à ce temps [h on ne metloit pas encore de date sur les
monnoies.
Ce même prince avoit aussi fait trapper des escalins aux
armes de Bourbon avec la légende : LVD : ELEG : LEOD : DVX
BVL: GOM. LOSS:, et sur le revers une croix simple ayant
un L dans le milieu avec une fleur de Lis entre cbnque partie
et pour légende : LV : ELEG : LEO : FAGTA HASSEL :.
D'autres escalins ayant d'un côté une croix fleuragée avec la
légende: LVDOVIG : BENEDIG. HEREDITATI TVE, de l'autre
un lion tenant l9s armes de Bourbon, pour légende : MO : EPI :
LEODIEN : FAGTA HASSEL :.
Il est encore d'autres petites monnoies de cuivre de ce
prince ; mais ces pièces de monnoie, frappées immédiatement
après la renonciation de la princesse Marie, nous conduisent
naturellement h une l'éflexion bien simple sur la parité de
pouvoir qu'il y a toujours eu entre les ducs de Brabant et les
77
princes de Liège relativement à l'exercice respectif des droits
de souveraineté; car pendant le règne de ce prince, ainsi que
de plusieurs de ses prédécesseurs, nous voyons les Liégeois et
les Brabançons se faire la guerre à outrance, s'appuyer d'al-
liances et de secours étrangers, faire la paix comme peuples
libres et indépendants.
Marie, duchesse de Bourgogne et de Brabant remet au pays
de Liège tous les droits que son père et son ayeul sy étoient
attribués, sans aucune réserve; car malgré toutes les assertions
hasardées, controuvées des Brabançons, nous voyons qu'im-
médiatement après cet événement, le prince de Liège, lors
régnant, user de tous les droits de souveraineté comme aupa-
ravant, faire battre dans l'instant de la monnoie, ce qui est
l'un de ses principaux attributs et que cette monnoie est reçue
et évaluée en Brabant même par les placards du souverain
du pays.
Bien plus, quoiqu'après la lî^.ort de Louis de Bourbon, l'archi-
duc Maximilien, époux à Marie de Bourgogne eût déclaré et
fait la guerre au comte d'Aremberg, lors mambour du pays de
Liège et h son fils Jean intrus dans l'èvêchè de Liège, la mon-
noie que ce même Jean fit battre dans son court règne (dont
le père Bouille fait mention au fol. 199 du S"'" tome de son
Histoire de Liège) n'y a pas été moins reçue et évaluée par les
placards de Brabant.
Elle portoit d'un côté deux lions accroupis se regardant en
face avec la légende : lOHS : DEI GRA : POSTVLAT : LEOD : ;
de l'autre, les armes de sa maison adossée sur une croix fleu-
lagée avec la légende : SIT NOMEN DOMINI BENEDICTVM,
les nombres financiers ou romains de LXXXIII pour désigner
la 83'"« année du siècle que cette monnoie fut battue, laquelle
est celle de l'événement susdit.
Jean de Horne qui succéda en 1484 à Louis de Bourbon, fit
battre des florins d'or, ayant d'un côté St-Jean Baptiste avec
l'écusson de Horne à ses pieds et pour légende les abréviations
- 78 -
de SI: DE. NOB'C: QS : CON: NOS : de l'autre côté une croix de
St-Aiidrô ayant au premier quartier : l'ccusson de Bouillon,
au second celui de Franchimonl, au troisième celui de Looz et
au quairième un quartier étranger qu'on diroit de Zélande el
la légende : lOHS : EPS : LEO : DVX : BVL : COM : LOS :.
Il esta remarquer que c'est ici la première pièce de monnoie
sur laquelle un prince de Liège a empreint les armes du pays.
Cepeiiuanl ce même prince fit aussi battre des escalins qui
n'avoient d'un côté que deux lions accioupis se regardant en
face et la légende : lOHS : DE : GRA : EPS : LEOD : DVX
BVL : ; de l'autre côté une croix lleuragée sur quelle est adossé
l'écussonde Horne et pour légende : lOHS : EPS: LEOD : DVX
BVL: C: L:.
Il fit aussi battre des plaquettes avec i^es armes d'un côté
et la légende lOHS : H : EP : LEOD : DV : BVL : CO : L :;
de l'autre côté une croix simple avec un cornet comme aux
armes de Horne, dans le milieu et dans les carres de la croix
un lion armé alternativement avec une fleur de lis et pour
légende : SI : DEV : NOBGV : QVS : COTA : NO :
Il y a aussi plusieurs petites monnoies de cuivre de ce prince
portant les armes de Horne d'un côté et une croix de l'autre.
Erard de la Marck qui succéda h Jean de Horne en l'an 1506,
fit battre des florins d'or aux armes de sa maison, d'un côté
avec la légende ERARD DE MARC A ELS : LEODIEN :, de
l'autre une croix fleuragée avec la légende : IN HOC SIGNO
VINGES ANO 1513. C'est la première pièce de monnoie de ce
pays où le siècle et l'année soient exprimée.
Il fit battre des postulats d'or avec S'-Lambert d'un côté et
la légende : SANGTVS LAMBKRTVS, de l'autre côté les armes
de la Marck sur une croix et pour légende ERARD : DE MARGA
EPS : LEODIENSIS.
Il fit battre des Snaphain et demi-Snaphains, monnoie d'ar-
gent, sur lesquels on voit d'un côté S'-Huberl sonnant du cor,
monté sur un cheval élancé vis-à-vis d'un cerf avec un chien
— 19 —
coiiranl ayant pour légende SANGTVS HVBERTVS. de l'autre
les armes de La Marck adossées sur une croix tlcunigée, pour
légende : ERARD : DE MAR : GARD : EPS : LEOD.
On a de ce même prince beaucoup d';ui!îes monnoies en
escalins, plaquettes et liards toutes battues aux armes de sa
f\imille.
Corneille de Berg qui succéda en 1538 à Erard de la Marck,
fit b;ittre des florins d'or ayant d'un côté le Sauveur du monde
assis dans un trône, bénissant de la m;iin droite et tenant un
livre de la gauche, un petit écusson de In mnison de Berg dans
l'exergue et pour légende: CORNELI : DE BER : EPS : LEOD.;
sur le revers les quartiers de la maison de Berg en triangle avec
le principal quartier sur le tout et le reste do la légende :
DVX BVLLON : ET CO : LOS :
Le même prince fit aussi battre des escalins ayant d'un côté
les armes de sa mnson, de l'autre une croix fleuragée et pour
légende : CORNELIVS DE BERGIS EPISGOPVS LEOD : DUX
BVLLON : ET GOM : LOSS ;.
Il fit encore battre des liards l'an 1540 aux armes de sa
maison d'un côté, avec une croix éioilée de l'autre, portant un
lion d;ins le milieu, principal quartier de sa maison de Berg.
Georges d'Autriche, qui succéda en 1544 à Corneille de Berg,
fit battre des florins d'or ayant d'un côté un S^ Georges debout,
armé, foulant le dragon, le perçant d'une lance de la main
droite, tenant de la gauche les armes d'Autriche écartelées avec
celles de Brabant et pour légende : GEORGIVS AB AVSTRIA,
sur le revers une croix ayant entre ses branches les écussons
de Liège, Bouillon, Franchimont et Looz, puis la légende :
EPS : LEOD : DVX BVLLON : GOM ES LOSS :
Il fit aussi battre des écus d'argent ayant d'un côté les armes
de sa maison et de l'autre un S' Georges à cheval avec la
légende: GEORGIVS AB AVSTRIA DEI GRATIA EPS: LEOD :
DVX BVL : GOMES LOS : 1545.
Il en fit battre d'autres en 1546 aux mêmes armes et légendes,
- 80 -
ne fut-ce que le S' Georges étoit debout tenant une lance Ji
la main.
11 en est d'autres aux mêmes armes et légendes d'un côté ;
mais qui portent au revers la double aigle couronnée et éployée
avec la légende : CÂROLVS V ROM : IMP : AVG :, sans date.
Il est aussi des escalins du même prince aux mêmes coins,
revers et devises.
D'autres ayant d'un côté les armes d'Autriche, au revers
celles de Liège, Bouillon, Looz et du S' empire.
Des escalins et liards ayant les armes du prince d'un côté, de
l'autre les écussons de Licge, Bouillon, Franchi mont et Looz.
Le père Bouille, dans son Histoire de Liège pag. 385 et 386,
rapporte que l'évêque Georges d'Autriche fit fabriquer des
dalers et d'autres monnoies d'argent selon la valeur intrinsèque
de celles de l'empire; c'est peut-être là le motif pour lequel on
mit sur ses monnoies le nom de l'empereur régnant, voulant
probablement marquer seulement par là l'époque de leur
fabrication d'une manière plus précise qu'elle ne l'avoit été
auparavant. Cet usage en fut dès lors assez commun à tous
les électeurs, princes, villes et états de l'empire pendant un
long temps et s'est toujours conservé jusqu'à présent sur la
monnoie des villes libres de l'empire.
Les HoUandois pratiquent aussi cet usage depuis le commen-
ment de la république et ont continué jusqu'à présent de mettre
la légende suivante sur leurs ducats : MONETA ORDINVM
PROVINCIA : FOEDERATA : AD LEGEM LMPERII, quoiqu'ils
soient maintenant séparés de l'empire et qu'ils ayent été
reconnus état libre et souverain par la paix de Westphalie.
Il semble néanmoins qu'il n'y avoit pas une oblii^ation
absolue aux princes de l'empire de changer leur monnoie de
l'aigle impériale et du nom de l'empereur, puisque Robert de
Berg qui succéda dans l'évêché de Liège immédiatement à
Georges d'Autriche, ne mit l'aigle impérial et cette légende,
que sur les dalers ou écus qu'il lit battre l'an 1557 et ne le fit
- 81 -
pas mettre sur les pièces de vingt sous qu'il lit battre aux armes
de sa maison, ayant de l'autre côté une croix et la légende :
ROBERTVS A BERGIS EPS : LEODIEN : DVX BVLLON :
COME : LOSSEN :, non plus que sur les pièces de cinq sous
qu'il fit battre l'an 1561, sous les mêmes armes, revers et
légendes que les pièces de vingt sous qui ne portent aucune
date.
On ne pourroit cependant douter d'un autre côté qu'il n'eut
intervenu des décrets impériaux sur le fait des monnoies,
puisque sur des escalins battus sous le règne de Gérard de
Groesbeck, successeur immédiat de Robert de Berg et d'Ernest
de Bavière, son autre successeur médiat, il y a un double aigle
au milieu de la croix du rêve: s avec la légende : RODOL : II
ROM : IMP : DEGRETO.
Cette formule qui n'alteroit en rien le droit des princes
pouvoitplus vraisemblablement ne designer autre chose sinon
que leur monnoie étoit pour l'intrinsèque conforme aux loix de
l'empire comme les Hollandois continuent à l'imprimer sur
leurs ducats doubles ou simples, etc.
Ayant été réservé par la capitulation de Charles V aux Etats
de l'empire assemblés en diète de faire les ordonnances moné-
taires, ils en firent une en 1516 dans une diète tenue à Ratis-
bonne à laquelle ils tirent quelques ajoutes dans les diètes
tenues à Augsbourg en 1566 et en 1569 et ce fut dans cette
dernière qu'on prescrivit la valeur intrinsèque des monnoies,
leur forme et manière de les essayer. C'est à l'occasion des
monnoies de ce temps Ih que le célèbre Paffendorf a dit que les
monnoies d'Allemagne rougissoient d'être de si mauvais aioi.
Il fut encore ajouté par la suite des articles à ces ordonnances
monétaires qui n'ont produit que peu de fruit en Allemagne.
Et comme c'est toujours au nom de fempereur que ces sortes
de résolutions sont annoncées, il n'y a rien d'étonnant d'avoir
vu cette formule sur les monnoies.
Outre ces escalins, Gérard de Groesbeeek ht battre des rix
— S:> —
Daldors ou éciis m!u-(|uës d'un côté des armes de sa maison
avec la légende GERARD : A GROESB : EPS : LEOD : D : B :
C : LOS :, de l'autre la double aigle éployée, surmontée de la
couronne impériale et. pour légende : MAXMI : Il ROM : IM :
SEMP : AV. 1567.
Il fit battre l'ait 1568 des florins d'or aux mêmes armes,
revers et légende que les écus.
Des plaaueites aux armes de sa maison avec la légende :
GERARDVS A GROSBERG EPIS : LEOD : au revers une
couronne de laurier, dans le milieu, la devise DILIGE et
dessous 1565.
Il fit aussi battre des iiards.
Je ne parlerai pas des monnoies d'Ernest de Bavière qui
succéda en 1580 à Gérard de Groesbeeck, ni de celle de Maximi-
lien Henri, de Jean Louis, de Joseph Clément, de Georges Louis
et de Jean Théodore et de tous les sede vacante intermédiaires,
elles sont dans les mains de tout le monde et ont encore cours
journellement dans le commerce. Ce sont des écus d'or ou
pistoles, des souverains d'or, ducats, doubles ducats, ducatons,
écus, escalins, plaquettes et Iiards.
Partie de ces monnoies a été battue avec les effigies de ces
princes d'un côté, tels sont les écus et les pistoles de Jean
Louis, les ducatons, écus, demi et quart écus d'Ernest, Ferdi-
nand, Maximilien, les écus de Joseph Clément, et de l'autre,
tous les écussons des armes quartiers du pays de Liège ou
seulement du duchj de Bouillon, d'autres au lieu de leurs
effigies ont mis les armes de leur maison.
Il y avoit anciennement trois hôtels de monnoie: un à Liège,
dans la rue des Sœurs de Hasque, un h Bouillon qui en a
retenu le nom jusqu'à présent et un à Hasselt. On ne pourra
jamais contester que les princes de Liège n'aient fait battre,
comme tels, toutes sortes de monnoies, indépendamment de
leur qualité de Duc de Bouillon; mais aussi com.nie comte de
Looz. Il ne doit pas rester le moindre doute là dessus et il y a
— 88 -
même des liaids que lit battre Ernest de Bavière sur lesquels
on voit d'un côté, son effigie, la couronne électorale en tête
et la légende : ERNESTVS A BAVARlA et sur lo revers l'écus-
son du comté de Looz adossé sur les armes de Bavière et pour
légende : COMES LOSSENSTS.
Ferdinand de Bavière a aussi fait battre des liards comme
marquis de Franchi mont et comte de Horne. ayant d'un côté
les armes de Bavière et la légende : FERDINANDVS ELECT :
COL : PRIN : LEOD : et au revers le perron surmonté de
la couronne qui termine les armes de Liège, récusson de Fran-
chimonl à droite et celui de Horne k gauche et celui de l'empire
sur le perron avec la légende : MARCH : FRANCHIMONT :
COMES HORN :, ce qui démontre qu'il a été battu des îuonnoies
aux coins de toutes les provinces du pays de Liège.
C'est pourquoi il semble que l'illustrissime chapitre cathedral
qui de droit jouit de tous les attributs de la souveraineté
pendant le siège vacant, devrait sous très humble correction
user de toute l'étendue de ce pouvoir en taisant battre des
pièces de monnoie aux coins de chaque écusson des provinces
du pays, ainsi qu'à tous les quartiers réunis do Liège, Bouillon,
Franchimont, Looz, Horne, en y ajoutant celui de Herstal que
les roi.^i de Prusse ne dédaignoient pas d'ajouter aux leurs.
Fait à Liège ce 4 mars 1763.
[Signé) i. HEUSY.
Archives de TEtal à Liège, pièws délaclit-es, n» ilh.
ANCIEN PLAN
ou
VUE DE LA VILLE DE LIEGE
L'Institut archéologique a accueilli eu 1860 et a permis
d'insérer dans son Bulletin un travail intitulé : Recherches sur
les cartes de la principauté de Liège et sur les plans de la ville,
par A. Dejardin, capitaine du génie. M. Bodel-Nuyenhuis,
ancien libraire et amateur distingué de la ville de Leyde, ayant
lu cet opuscule, s'empressa d'informer l'auteur qu'il possédait
un ancien plan de Liège en quatre feuilles et portant les inscrip-
tions suivantes : JEgidiiis Marischalpictor Leod. delineavit,\Q[S;
Johan Veenen (ecit ; Gerardus Alzenbach excudit. Cette pièce fut
renseignée et décrite dans un supplément aux Recherches. V.
le Bulletin, tome V, page 199.
Un plan de Liège d'une date aussi reculée et d'une si grande
dimension (il mesure deux mètres en longueur) devait exciter la
curiosité et la convoitise des Archéologues liégeois ; aussi nous
nou-; adressâmes à M. Bodel pour lui faire des propositions ;
mais il nous répondit qu'il ne voulait k aucun prix se dessai-
sir de cet unicum. Quelques années après, le propriétaire de ce
plan étant décédé, ses nombreuses et intéressantes collections
étaient livrées aux enchères. Comme le plan de Liège ne figu-
rait pas dans les trois catalogues publiés à cette occasion, des
doutes s'élevèrent sur son existence. Le libraire Muller qui
avait dirigé la vente, voulut bien nous faire savoir que le plan
- 86-
existait et qu'il ét;iit conservé à la bibliothèque de l'université
de Leyde h laquelle M. Bodel avait légué ses collections idéogra-
phiques. Et grâce à l'extrême complaisance et à l'habile direc-
tion de Monsieur W. Du Rieu, docteur en droit et conservateur
de la bibliothèque de Leyde, nous sommes en possession d'une
excellente copie de l'œuvre de Gilles Marischal. El pour qu'il
ne reste aucun doute sur son authenticité et sa parfnite exacti-
tude, nous donnons un extrait de la lettre que cet estimable
bibliothécaire a bien voulu nous adresser.
« Samedi passé mon dessinateur m'apporta la quatrième ou
» dernière feuille. Ce n'est que hier que je réussis à donner
» quelques moments pour collationner l'ouvrage ; car je ne
» voudrais pas vous livrer ce travail sans m'être persuadé qu'il
» est fait comme il faut.
» Eh bien, le résultai en est très-Cavorable. Le dessinateur
)) n'a absolument rien oublié et il a conservé toul-à-l'ail le
» caractère de l'original. Vous recevez donc, Monsieur, un
» fac-similé complet et parfait , qui vous fera juger de la
» valeur de la gravure. Je suppose que vous serez content et
» je vous félicite de la belle acquisition que votre collecîion va
» faire. Monsieur Mulder vous écrit en même temps. Je ne
» doute pas que l'atîaire ne soit terminée à votre grande satis-
» faction, et je suis bien aise de vous avoir fourni l'occasion de
» vous enrichir d'une si belle pièce. »
Les amateurs qui examineront ce plan avec soin, sauront en
apprécier 'es qualités comme ils sauront en relever les défauts.
Il est hors de doute que de toutes les vues de l'ancien Liège,
c'est celle qui a le plus d'étendue. Les monuments situés en
dehors de l'enceinte de la cité, se trouvant isolés, ont pu être
dessinés avec tous les détails d'architeclurt; qui les caractéri -
sent. Nous y voyons avec intérêt l'ancien état de l'abbaye de
St-Laurent avec son réfectoire gothique; le couvent des Guil-
lemins ; le pont des arches qui a précédé celui démoli récem-
ment et qui est surmonté d'une construction importante et de
— 87 —
la chapelle de S'*^ Barbe dans laquelle les Arbalestriers tenaient
leurs assemblées ; l'ancien pont d'Avroy avec ses arches etc.
Nous venons de dire que l'on signalerait aussi les défauts de
ce plan. En effet le dessinateur s'étant placé sur la montagne
de S. Maur, (Fou il avait prospect de la cité, comme il le dit
lui-même, ne pouvait d'un coup d'œi! embrasser toute l'éten-
due de la ville ; les monuments situés à l'intérieur et cachés
en partie par les constructions voisines, n'ont pu être repré-
sentés avec toute l'exactitude et la perfection nécessaires. Mais
ces défauts sont inséparables de la nature même de ce genre de
travail, et l'auteur de l'ouvrage intitulé : Etudes archéologiques
sur les anciens plans de Paris, M. A. Bonnardot a fait sur ce
sujet des observations si judicieuses que nous ne pouvons
nous empêcher de les reproduire ici.
« Le point le plus difficile pour fabriquer ces sortes de plans,
» surtout où l'on adopte une vaste échelle, c'est d'y faire
>> figurer dans leurs limites précises, et surtout avec leurs
» formes vraies et détaillées, les principaux édifices signalés
» dans l'histoire. C'est chose presque impossible. On connaît à
» peu près la situation et les limites des anciens hôtels, mais
» sur quels documents, en l'absence de dessins contempo-
» rains, oser tracer le plan géométral des cours, jardins et
» corps de logis ? Avant le seizième siècle, on ne levait guère
» de plans géométraux ; les architectes, je le présume, détrui-
» saient les dessins de leurs constructions, ces constructions
» une fois achevées.
» Des livres décrivent, mais ne dessinent pas les édifices ;
» ils parlent à l'imagination, non aux yeux. Il faut donc pour
» échapper au reproche d'inexactitude, se borner h indiquer
>^ des masses. Il en résulte un plan froid, sans parfum archéolo-
» gique. Les rues seules offrent un ensemble assez pittoresque,
« mais le plaisir de la curiosité s'arrête au delà de la voie
» publique. Voilà l'obstacle, voilà pourquoi j'ai toujours différé
» mon projet de publier une nouvelle série de plans fictifs de
88
» Paris; caria meilleure critique, c'est de refaire ce qu'on
» trouve mauvais. La nécessité où je serais d'imaginer souvent,
» au lieu de dessiner d'après le réel, déprécierait ces plans aux
» yeux des connaisseurs. L'imagination du vulgaire, je le sais,
» aime mieux être ainsi agréablement trompée, qu'arrêtée
» cour! au milieu de ses jouissances, et l'ennemi du mensonge
» a peu de partisans. Mais on ne donne pas le change 5 des
» collègues en archéologie. «
On a dit en parlant des historiens liégeois, que la princi-
pauté de Liège, malgré l'exiguité de son territoire, n'a rien h
envier sous ce rapport aux grandes nations qui l'environnent.
On pourrait peut-être en dire autant des plans ou vues qui
représentent l'ancienne cité. En effet dès le seizième siècle nous
voyons Braun et Hogenberg reproduire par la gravure celui
que. leur avait adressé le prince Gérard de Groesbeck. Vers le
milieu du siècle suivant, Wencenlas HoUar, parcourant les
grandes villes de la Basse-Germanie, mettait son talent au
service des éditeurs et dessinait le plan de Liège avec cette
finesse et cette élégance qui font rechercher ses œuvres avec
tant d'avidité par les amateurs des arts. Quelques années
après, cette vue était reproduite dans de vastes propoitioiis
pour orner l'ouvrage important : Theatnim Urbium Belyicœ
Regiœ. Et je ne puis me défendre de quelque léger sentiment
de fierté patriotique, quand je vois qu'entre les plans des
grandes villes de l'ancienne Belgique, telles que Bruxelles,
Gand, Anvers eic, celui de Liège est le plus grand, le plus
beau, le plus complet; et je ne sais à quoi attribuer celte pi'éfé-
rence de J. Blaeu, le célèbre éditeur d'Amsterdam.
Désormais le plan d'iEgidius Marischal sera compté paraii
nos documents archéologiques, ei connaissant tout l'intérêt
que l'Institut porte t\ l'ancienne cité, j'ai cru laire chose utile et
agréable en le soumettant à son judicieux et sage examen.
N. Henhotte.
w
liiiIlcIinderinsUlut arcIirolojit|Ur Liégrois
EXTRAIT DU PLAN
, BASSIN ^W THKl'X
rapport du 10 Mai 1SS5
Je M U Sons-mqinuur Geoffroy
Echelle de yicoco
FOUILLES DE JUSLENVILLE.
CINQUIÈME RAPPORT
Suivi d'un appendice sur les carrières de marbre noir de Theux.
Lorsque, en 1868, VInstitut archéologique liégeois cessa de
fouiller la parcelle n» 757, nous avions l'espoir de découvrir un
jour dans sa partie Est, restée alors inexplorée, plusieurs
sépultures belgo-romaines et d'y recueillir un certain nombre
d'ustensiles de ménage et d'objets de toilette. Le travail fut
arrêté k l'entrée de la prairie, malgré le résultat satisfaisant
obtenu dans la dernière tranchée. La crainte d'être entraîné
dans des dépenses trop élevées pour les ressources de VInstitut,
avait été notre seul mobile. Nous attendions avec impatience
que le gazon de cette prairie fût rompu ; notre projet était de la
sillonner de tranchées dans l'espoir d'une heureuse trouvaille.
Rentré enfin en jouissance de ce champ par suite de la rési-
liation du locataire, on mit la main à l'œuvre et, le 9 novembre
1874, on creusa une tranchée parallèle et adjacente à la tran-
chée extrême Est ouverte en 1868.
Une épichysis en terre blanche ( h. 0"\20, cire. 0"',40 ) ; une
petite urne (olla) en terre blanche à couverte noire, très-frag-
90
menlée; des tessons de vases divers; une monnaie en bronze
fruste et des clous furent le résultat obtenu pendant les trois
heures consacrées aux fouilles de cette première journée (de
2 h 5 heures de relevée).
Le lendemain matin, Watlielet recueillit deux patères en
terre rouge fragmentées, mais d'une reconstitution facile.
La plus intacte mesure 0", 042 en hauteur etO"', 175 en diamètre.
Elle porte le sigle : daciaf. Nous n'avons pu déchiffrer la
marque du potier de la seconde, dans laquelle nous avons laissé,
tel qu'il se trouvait au moment de la trouvaille, un moyen
bronze d'une conservation passable (buste lauré à droite :
NERVA TRAiAN AVG....). On trouvc OU oulro une petite patelle
bilobée en terre rouge, dont il manque un léger morceau au
pied, h. 0"',041, d. 0"\10; un objet en fer, espèce de lame,
terminé à une extrémité par un anneau et à l'autre par une
pointe coupée en biseau, 1. 0'n,141; ses deux faces sont déco-
rées d'un relief ornemental ; enfin la partie avec l'anneau d'un
objet semblable et des clous.
La température s'étant brusquement abaissée, les travaux
furent forcément interrompus le 10 novembre, à deux heures
de relevée, pour être repris l'après-midi du 19, et, après deux
heures de travail, abandonnés de nouveau jusqu'au 7 décembre.
Mais ce même jour, 7 décembre, la pluie, la neige et le froid
nécessitèrent, dès 9 i '2 heures du matin, la cessation momen-
tanée des recherches.
Les fouilles s'étaient, à leur début, présentéeè sous les plus
belles apparences. Elles promettaient d'égaler celles de 1868 et
de fournir une riche collection au Musée. Ce ne fut qu'un
leurre. Contrarié par le mauvais temps, l'ouvrage était inter-
rompu chaque jour. La première tranchée mesurait 19"", 16 en
longueur et 1"',20 en largeur; un groupe de petites tranchées
avait été commencé à l'Est, dans la direction du terrain de
M. Lejeune, n" 758, et il avait été continué pendant la semaine
(lu 11 au 16 janvioi- 1875 (voir le plan). Nous y avions rencontré
91
quelques clous, un fragment d'épingle (?) en bronze et des
débris de poteries diverses, parmi lesquels on remarquait
des tessons de poteries grises, guillochées, semblables h ceux
trouvés en 1869 dans la parcelle ir 911 {fhill. de Vlnst. arch.
liég., t. X, p. 291 ). Wathelet avait constaté la présence de plu-
sieurs emplacements de sépultures fouillées antérieurement; à
l'une d'elles, une des dalles était restée debout.
Nous étions disposés à poursuivre les reclierches, bien que
la récolte fût très-maigre, quand un malheureux accident nous
força de les ajourner indéfiniment : quelques jours après, l'ou-
vrier s'était blessé grièvement, et, à sa guérison, la saison était
trop avancée pour songer à creuser dans ce sol exploré
depuis longtemps.
Cependant nos touilles ne s'arrêtent pas ici. Une circons-
tance fortuite provoqua de nouvelles recherches. Le 30 avril
1875, on labourait la terre. La charrue se heurta contre une
pierre. Wathelet, occupé pour lors à combler les tranchées
creusées dans la prairie, découvrit cette pierre : c'était une
tombe; une dalle en grès de Chawieumont lui servait de
pavement. Cette tombe renfermait quelques ossements calcinés
et un tesson de poterie blanche.
Le lieu où elle gisait, servit de point de jonction h quatre
tranchées dirigées en forme de croix latine vers les quatre
points cardinaux. Une nouvelle tombe de même structure fut
découverte le l*' mai, à 0"\50 Sud-Est de la précédente. On
en retira une grande quantité de ferrailles, la plupart agglo-
mérées ; un fragment d'épingle en broi.ze; les fragments d'une
patère en terre grossière et une patelle de forme conique
tronquée en terre rouge.
Une troisième tombe fut mise au jour le 13 mai, dans la
tranchée Ouest. Les dalles, très-minces en majeure partie,
étaient brisées et éparses dans le sol ; des ossements calcinés
et de rares débris de vases en terre cuite signalaient le lieu de
l'inhumation. 11 restait évident que nous avions été devancés
— 9-2 —
là comme dans la prairie et nous ne poussâmes pas plus avant
nos investigations.
A la fin des travaux de '18fi9, nous écrivions à M. S. Bormans
que « passé la moitié des parcelles n*'' 757 et 758, vers le Nord,
tout indice (de cimetière) disparaît. » {Bull, de VInst. arch. liég.,
t. X, p. 75. ) La dernière découverte modifie notre opinion de
1869 et prouve notre erreur. La limite du cimetière, du moins
dans la parcelle cadastrée sous le n" 757, doit être reportée
plus au Nord et l'avenir nous dira si elle ne s'étendait pas sur
les terrains joignants.
Ce fait est l'unique intérêt offert par les fouilles faites en
1874-4875.
Theux, le iO juin 1875.
n.
Le présent rapport était h l'impression, lorsque le Vmllelin
de rinstitut archéologique liégeois (XII, p. 285), nous apporta le
très-remarquable article ^m Deux inscriptions belges iiiédites en
Belgiffiic. La révélation de la découverte faite à Theux, en 1557,
d'antiquilc's romaines, de deux autels votifs (i),de constructions,
de monnaies et notamment de sépultures, ne laisse plus de
doute sur l'exploration du cimetière belgo-romain dès le temps
où vivait Pigliius, qui n donné le texte des deux inscriptions.
En présence de ce fait important et de l'existence de quelques
sépultures Sia- les Carreaux (:2), c'est un devoir pour nous de
{t ) Si le, nombre dos inscriptions (ioil ùtre pris en considération qu;nd a l'im-
portance d'une localité, nous ferons remarquer que le total des inscriptions de
Theux s'élève, non à cinq, comme le dit l'auteur des Deux inscriptious, mais à six
celle de Verveccus, de D. :)/., A'Acc.-Acc, de l'rimm elles deux Milhras.
{*) So les Qiut rais, KuW. de l'Inst. arch. li(<g., T. iX, p. 138. Ce champ est
séparé des i»/('/(»v par un chemin. Voirie plan,//'»/., p. 140.
- m —
rectifier l'avis émis dans notre lettre à M. S. Bormans, rap-
pelée ci-dessus, — et de dire que les tombes détruites Sur les
Carreaux peuvent bien n'avoir pas été isolées, mais avoir été
comprises dans le cimetière romain de Juslenville, dont les
limites ne seraient pas encore fixées. A cet égard, on restera
peut-être toujours dans le vague k cause de nombreuses fouilles
régulières ou autres qui y ont été opérées depuis des siècles.
Voici notamment un document inédit qui parle de fouilles
semblables. En réponse à une circulaire de M. le Gouverneur
de la province, du 23 septembre 1843, relative à la statistique
générale et bibliographique de la commune, l'administration
communale de Theux, écrivait, sous la date du 30 mars 1844,
à M. le commissaire de l'arrondissement de Verviers : « Des
sépultures romaines que l'on découvre de temps en temps à
Juslenville, des médaillons, des médailles en bronze, en argent,
et des urnes funéraires qui ont été trouvées dans les déblais
faits au travers de ce village en 1825 pour la construction de
la route de la Vesdre, prouvent que la contrée a été très-ancien-
nement habitée. »
Le savant auteur de l'article intitulé : Deux inscriptions belges
inédites en Belgique, nous charge du soin de rechercher, à
Theux, le Mithraeum, dont les deux inscriptions étudiées par
lui, ont fait partie.
Il y aurait lieu, pour se rendre à sa bienveillante invitation,
de consacrer quelques journées au décombrement de l'antre de
Juslenville (1), connu dans le pays sous le nom très-répandu,
comme l'on sait, de Tro des Sottais ; mais le peu de profondeur
( ' I Un poète semble avoir eu le pressentiment de nos recherches, lorsqu'il dit :
Là, de vastes rochers une effrayante niasse
D'un antre en ses parois contient le sombre espace ;
D'un ruisseau retentit le son mystérieux;
Le frais de l'onde ajoute à la fraîcheur des lieux,
Et sous ses voûtes, seul, des oracles antiques
Je pense ressentir les vapeurs prophétiques.
P. .1. Lf.Ldip. .histetiville, Souvenir poétique. dBâ;^, p. 18.
— H -
de cet antre ( i) ne permet pas (i'augurer un résultat positif des
fouilles, si toutefois, à rinterventioii de notre honorable prési-
dent, le propriétaire, M. F. Lejeune. consentait h y laisser
opérer des fouilles.
L'antre (2) es. situé à une distance d'environ mille mètres
du lieu désigné encore de nos jours par la tradition populaire
comme emplacement ûu palais du roi des romains de JuslenviUe.
Il est regrettable que, jusqu'aujourd'hui, il ne nous ait pas été
donné de fouiller les substructions ; car, situées à proximité
des sources thermales, elles permettraiv'rjntde contrôler la haute
idée que, d'après la tradition, on se fait de cette prétendue
demeure royale.
L'antre est aujourd'hui presque détruit extérieurement, par
la chute, il y a un an, d'une pariie de sa voûte à l'entrée. Il y
aurait, paraît-il, très-peu de terre à déblayer pour atteindre
l'aire du rochei-. Nous ne pensons pas que la grotte ait jamais
été fouillée.
' * ) Un léger ruisseau qui prend sa source dans la montatçne à une faible
dislance de Tantre et qui se jette dans la Hoegne, après avoir traversé un chemin
et la berge de la rivière, passe dans la grotte sur une pierre noire marquée des
veines caractéristiques du marbre dont il sera reparlé ci après ; mais elle n'est pas
d'un aussi beau noir. Lorsque ce ruisseau tarit, on peut en rampant, pénétrer à
cinq ou six mètres dans le bloc calcaire où la grotte s'est formée.
(') « Mine de houille de bonne qualité, qui paraît au jour sur l'un des coteaux de
la vallée, près d'une grotte dans la pierre calcaire bleuâtre, et se retrouve sur le
coteau vis-à-vis, dans la direction du S. 0., au N. E. » Le guide des curieux qui
visitent les eaux de Spa, iHii, p. 41. Vues pittoresques de la nouvelle route de
Liège à Aix-la-Chapelle et Spa, par Chaudfontaine, dessinées d'après nature et
lithographiées par N. Ponsart, avec une notice historique (Liège, Collardin, 1829,
in-4", 19 pages de texte et 26 planches), pi. 10 : « Grotte de JuslenviUe, près de
Spa. » Voy. aussi Alb. Body, Bihliographie spadoise, Bruxelles -1875, p. 264.
— 95 —
APPENDICE.
Ce n'est pas assez : pour établir quelle était l'importance de
la nécropole de Theux et par conséquent de Theux lui-même à
l'époque romaine, il convient, comme l'a fait l'auteur des Deux
inscriptions, à l'invitation duquel ( ' ) nous déférons bien volon-
tiers, de remonter aussi haut que possible dans les souvenirs
qui se rattachent à l'exploitation des carrières de marbre de
Theux. Ces souvenirs sont du reste devenus déjà de l'archéo-
logie relative pour nous, et il est utile, puisque l'occasion s'en
présente, de rassembler des matériaux pour les historiens
futurs de cette partie de l'industrie liégeoise. Nous nous aidons
à cet égard, outre nos propres annotations, d'un grand nombre
de renseignements qu'ont bien voulu nous fournir notre ami,
M. Albin Body, de Spa, et surtout, et avant tout, M. S., qui s'est
chargé complaisamment de revoir et coordonner cet appendice.
Qu'il en reçoive ici nos plus sincères remercîments et le
témoignage de notre profonde reconnaissance.
L'énumération ci-après des endroits où l'on a trouvé des
objets en marbre de Theux, et de ces objets eux-mêmes, nous
montre ce marbre employé par les Romains, employé aussi par
les constructeurs de nos châteaux du moyen âge : quant aux
publications imprimées, elles sont quelque peu en retard ;
cependant dès le XVP siècle et le XVII% on nous parle des
carrières de marbre noir (et même d'un grand nombre de
carrières comme on le verra ci-après par les citations de
Guichardini.
G. Brui ., dans sou ouvrage De prœcipiiis totins universi
urbibus, 1575, tom. II, atnicle Lymburgum, signale l'exploitation
dans cette contrée d'un beau marbre noir employé à faire des
pierres tumulaires.
I ' M. S. a bien voulu nous écrire à ce sujet, en nous adressant spécialement un
exemplaire de ses Deux inscriptions, où il fait appel à nos recherches à propos du
Mitliraeum de Theux.
96
Guicciardiiii, dans la première édition (de 1567) de sa Descrit-
tione di tutti i paesi bassi, altrimente délia Germania inferiore,
p. 286, n'avait rien dit de Theux ; mais il répare cette omission
dans son édition française de 1582 (Anvers, Planlin) où il dit :
« près de Franchimont, il y a un village nommé Thou, es
environ duquel par les monts là voisins, on woUplusieurs
carrières desquelles on tire du marbre noir et très-beau, et
tout tel que celui duquel nous avons parlé descrivans le
Namurrois. » (Id., p. 461 de i'édit. ital. de 1587, etc.)
Ce passage de Guichardin est reproduit par Marcus Zuerius
Boxhornius, De leodiensï republica (Amsterdam, Jansson ,
1633), p. 28 : « Episcopatus leodiensis : Juxta oppidum pagus
est, cui nomen Thou. Montes pago vicini lautmniis ahimdanl
nigri illius pulcherrimi marmoris, Namurcensi supra nobis
descripto congeneris. »
Merian, Topograpliia Westphaliœ, 1640, dit : « Es gibl in
der Nachburtscliafft dem Dorff Thou, einen Ueberfluss von
schwartzem Marmolstein. »
Au XVIIP siècle, nous extrayons des auteurs les passages
suivants :
An essay on waters. In Ihree parts. Treatinij : I of simple
waters; II of cold, medicatid waters ; III of naiural baths. By
G. Lucas M. D., London, 1755. P. 113, est citée la carrière de
Theux « a fine quarry of beautifuU black marble. »
J. P. de Limbourg, Nouveaux amusements des eaux de Spa
(Liège, F. J. Desoer, 1763), p. 346 : « Theux, une carrière,
présentement abandonnée, de beau marbre noir. »
Id., New amusements of Ihe German Spa. Written in Frencli,
in the year 1763 (London, L. Davis, 1764), II, p. 125 : « a large
quarry of fine black marble, though at présent, indeed, it lies
too much neglected. »
Rob. de Limbourg, Mémoire pour servir à Fhistoire naturelle
des fossiles des Pays-Bas (lu h la séance du 7 février 1774,
Mémoires de l'Académie impériale et royale des Sciences et
— 97 —
Belles-Lettres de Bruxelles, I (1777), p. 380) : « Il y a,à Theux
(chef-lieu du marquisat de Franchimont), du marbre d'un beau
noir, sans sable, qui prend un poli parfait : on en trouve un
pareil, ou peu s'en faut, près du château de Montjardin, dans
la province de Luxembourg, à deux lieues de Theux. »
Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, etc. par
Diderot et d'Alembert (Genève, 1778, XX, p. 661), ei Encyclo-
pédie méthodique, série : Arts et métiers mécaniques, IV,
p. iOO(Paris, Panckoucke, et Liège, Plomteux, 1785): «Le
marbre de Thée, qui se tire du pays de Liège du côté de
Namur, est d'un noir pur, tendre et facile à tailler, recevant un
plus beau poli que celui de Namur et de Dinant. Il est par con-
séquent très-propre aux ouvrages de sculpture. »
Sandberg, Essai sur les eaux minérales ferrugineuses de Spa
(Liège et Spa, Bollen, 1780), p. 196 : « C'est dans ce lieu
(Theux) qu'on tiroit le plus beau marbre noir du pays : cette
carrière est abandonnée. »
J. P. de Limbourg, Les amusemens de Spa (Amsterdam, chez
les libraires associés, 1783), tome II, p. 290 : « Une carrière,
présentement abandonnée, de beau marbre noir. C'est de
ce marbre qu'on doit entendre ce qui est dit dans YEncyclopédie
sous le nom de marbre de Thée, au lieu de Theux ; qu'il est
d'un noir pur, tendre, facile à tailler, recevant un plus beau
poli que celui de Namur et de Dinant. »
Quant à Daviler, Cours d'architecture (éd. de 1736), p. 2S1, que
Dethier invoque en sa faveur dans son affiche citée par l'auteur
des Deux inscriptions, il ne parle pas spécialement du marbre
de Theux, mais bien de celui de Dinant et de Namur, dont il
mentionne le débit en Hollande pour le carrelage.
Il en est de même de BufFon (éd. de Bruxelles, 1829), III,
p. IS ; ce naturaliste parle bien dy marbre de Liège (sans doute
de Theux), mais il le donne comme l'équivalent de celui de
Namur, qui est d'une qualité iiifèrieure, comme l'a irès-bien
fait remarquer X Encyclopédie.
— 98 -
Au commencement de notre siècle, on lit :
Quelques souvenirs sur le pays de Liège (suivis d'un précis
statistique du département de l'Ourte, ouvrage attribué à Gail-
lard ('), Liège, Desoer, 1804), p. 54 : « Le marbre de Theux
qui passe pour être le plus beau de l'Europe, prend un poli
parfait; son grain extrêmement tin et bien lié, permet d'en
faire les ouvrages les plus délicats ; il est susceptible d'être
travaillé au tour. Le premier Consul a daigné remarquer,
parmi les productions indigènes, un buste exécuté à Liège, en
marbre de Tlieux. »
Ch. Oudiette, Dictionnaiie géographique et topographique des
treize départements de la Belgique et de la rive gauche du Rhin
(Paris, 1804) : « Tbeux, bourg dans le département de l'Ourte,
arrondissemenL de Malmédy, ci-devant pays de Liège...; il y a
des carrières de très-beau marbre noir. »
De Trooz, Histoire du marquisat de Franchimont (Liège,
veuve J. F. Bassompierre, 1809), l''^' partie, p. 48 : « Theux,
son terrain renferme aussi de belles carrières de marbre noir,
dont on n'a que trop négligé l'exploitation ; quoiqu'on y ait, du
reste, travaillé de temps ù autre, et qu'on en ait fait de très-
beaux meubles. »
Wolff (L. F. Dethier), Le guide des curieux qui visitent les
eaux de Spa (Verviers, L. J. M. Loxhay, 1814), p. 71, et Id.
(Liège, P. J. CoUardin, 1818), p. 60 : « Theux, carrière de
marbre noir, le plus fin de l'Europe, et qui prend un poli aussi
beau que la glace; on l'extrait d'une roche calcaire noire et
charbonneuse, encaissée dans la roche calcaire bleuâtre com-
mune ; cette roche noire, à bancs dressans ou contournés en
esse, etc., quelquefois miroitants, avec des indices d'empreintes
(') En collaboration avec Henkart çt Thomassin {Catal. de la Uibl. de l'Univer-
sité à Liège).
On verra plus loin que Gaillard avait pris ses renseignements avec soin pour
les localités dont il parle, et qu'il s'tHait adressé notamment à Theux même, aux
personnes les plus capables de l'éclairer.
— 99 —
végétales, contient aussi une sorte de terre (Vombre très-belle,
et fournit une chaux des plus blanches ('). »
J. L. Wolff, Itinéraire curieux des environs de Spa ou douze
notices, ete. (Liège, M. Loxhay, 1816), 2*^ notice : « Theux
Rien ne peut plus arrêter dans cet endroit, l'attention des
curieux, que la carrière de superbe marbre noir de M. l'avocat
Deihier. »
Rich. Courtois, Recherches sur la statistique physique, agri-
cole et médicale de la province de Liège (Verviers, Beaut'ays,
1828), I, p. 175, reproduit, à peu de choses près, les énoncia-
tions de Wolff (Detliier) et ajoute : « Ce marbre est susceptible
du plus beau poli, et j'en ai vu des plaques qui auraient pu
servir de miroir. On peut aussi le travailler au tour, et en faire
des pilons, des mortiers, des bustes. On voit actuellement dans
la carrière un bloc de 5%2o2 de long, sur 0%584 d'épaisseur et
1%167 de hauteur. Le calcaire magnésien accompagne aussi ce
marbre, il le cotoye immédiatement et le recouvre pour ainsi
dire au S.-E. »
Voici enfin les auteurs contemporains qui se sont occupés
des marbres de Theux depuis 1830 :
André Dumonl, dans son Mémoire sur la constitution géolo-
gique de la province de Liège (Mém. couronn. Acad. de Brux.,
1832, VIII, p. 182), parlant de la première bande du calcaire
supérieur, s'exprime en ces termes : « A la rive droite du ruis-
seau, tout près de Theux, dans la propriété de M. Dethier, il y
a une très-petite carrière où l'on a exploité un des plus beaux
marbres noirs que l'on connaît. Ce marbre est très-facile à
taiUer lorsqu'on le tire de la carrière ; mais il durcit lorsqu'il
est resté longtemps à l'air. Il est en bancs contournés dans une
position qui se rapproche de la verticale. Ces bancs sont séparés
dans certaines parties de leur étendue, par de petits lits de
{') Sur notre exemplaire qui provient de la bibliothèque de Dethier, celui-ci a
écrit en marge : « C'est le vrai marbre noir de Lucullus au dire des savants géo-
logues Faujas de Saint-Fond et Bbard, son élève et ami. »
100
calcaire tellement charbonneux qu'ils tachent fortement les
doigts ; ce calcaire charbonneux prend de l'éclat par la raclure
et se réduit en chaux par la calcination.
» A la surface des bancs de marbre, on observe quelquefois
un peu d'anthracite.
» A côté de cette carrière, se trouve du calcaire grisâtre qui
contient des cristaux de quartz prisme noir.
» Le marbre noir passe dans la Hoegne à une centaine de
mètres en amont du pont de Theux. On prétend qu'il y a été
exploité anciennement, et qu'il était en cet endroit plus beau et
plus compacte que dans le précédent.
» Au N.-E. de Theux, à gauche de l'ancienne chaussée de
Verviers, on voit encore quelques grandes carrières. »
Fourmois, dans les Délices de Spa et de ses environs (Bru-
xelles, Dewasme et Laurent, in-12, 1839), p. 22 : « Sont
renommées... les belles carrières de marbre de Theux. »
D"" Bovy, Promenades historiques dans le pays de Liège (Liège,
Collardin, 1838-41), II, p. 59 : « Dans cette carrière se trouve
aussi la carrière du plus beau des marbres noirs connus, qui
rappelle tout-à-fail le marbre noir antique ou de LucuUus.... »
(la suite comme Davreux, p. 1S6, dont le passage est reproduit
par l'auteur des Deux ijiscriptions).
André Muret (Ferd. Henaux), Chasse aux souvenirs dans le
pays de Liège (Liège, Oudart, 1846), p. 48, présente le marbre
de Theux comme « le plus beau, le plus tin que l'on ait jamais
connu, » et cite en note : Dumont, Mémoire sur la constitution
géologique de la province de Liège, p. 182 ; Davreux, Essai sur la
constitution géogjiostique de la province de Liège, p. lo6, etc. (')
Brutus Durant, Spa, son histoire, ses fontaines et ses environs
(< ) Le passage de ce dernier a été cité par l'auteur des Deux inscriptions. On y
remarquera que les énonciations de mesures sont empruntées par Davreux à
Courtois, avec simple mutation des aunes en mètres : en vorlu de la loi du 21
août 1816, l'uune oflicielle n'était pas l'aune usuelle de 0"',68 ou 0«',70; mais elle
était l'équivalent du mètre, c'est-à-dire un dix millionième du quart du méridien
terrestre.
101 -
(Spa, Wollesse, 1853), p. 111 : « Aujourd'hui Theux n'a plus
de fabrique. Ses carrières de marbre noir, le plus beau, le plus
fin et le plus parfait qu'on ait jamais connu, sont même encore
peu activées. »
D' Cutlev, Spa et ses eaux (BruxeWes, et Gand, Charles Mu-
quardt, 1856), p. 112 : « Le calcaire condrusien est limité par
une ligne partant de la Forge-Thiry et dirigé sur Ronde -Haie,
passant de là au S. de Hodbeaumoiit, de Theux et d'Oneux,
pour revenir à son point de départ. Au S. de cet espace, on
trouve d'abord une bande de dolomie, roche qui constitue la
plus grande partie du bassin, puis une bande de calcaire de
Visé, d'une largeur moyenne de 300 mètres et à laquelle appar-
tient le marbre noir exploité h Theux. »
Lehon, Lastronomie, la météorologie et la géologie mises à la
portée de tous (Bruxelles, Muquardt, 6« édit., 1870), p. 280:
« Les dépôts nommés Grauwacke par les Allemands, appar-
tiennent à la formation dévonienne, ainsi que les marbres
belges de Theux, de Saint-Remy, de Merlemont, de Golzinnes
et ceux de Malplaquet en France. »
On remarquera qu'il manque à la nomenclature ci-dessus,
l'ouvrage de Faujas de Saint-Fond, Essai de géologie, cité par
de Thier et publié à Paris en 1809; il nous a été impossible de
nous le procurer : il manque aux bibliothèques de Liège et de
Bruxelles, et nous le regrettons d'autant plus vivement que
sans doute Brard aura puisé là les énonciations reproduites
par l'auteur des Deux inscriptions.
Nous avons cherché vainement dans les Listes de Spa de la
collection de 31. Albin Body et de la nôtre, le nom de Faujas de
Saint-Fond; il ne figure pas non plus parmi les « noms des
savants naturalistes et autres amateurs qui ont visité les col-
lections d'histoire naturelle du sieur J. L. Wolff à Spa, ses
recueilles (sic) des minéraux d'entre Meuse, Moselle et Rhin, et
spécialement ceux des environs agrestes et pittoresques de
Spa, et l'ont honoré de leurs approbations, à commencer l'an
- 102 -
1801'. >^ Ce cahier manuscrit, qui appartient à RI. Albin Body,
contient les noms connus de Moiige, Noeggeralh ('), d'Omalius
d'Halloy, Petersen, Van Swinden, Van Brada, de Candolle, B.
Dumortier (de Tournay), etc., mais non pas celui de Faujas (^).
Cependant le Guide des curieux que Dethier publia en 1814
et en 1818, sous le nom de Wolff, 2« édition, p. 71, signale
Faujas parmi les savants distingués qui ont visité Spa et ses
alentours « dans les derniers temps. »
Ce Wolff était à la fois botaniste, entomologiste et minéralo-
giste, et il avait rassemblé des collections curieuses de miné-
raux. M. Albin Body possède un manuscrit de lui intitulé :
Catalogue des minéraux d'Entre-Meuse, Moselle et Rhin, recueillis
par J. L. Wolff, naturaliste à Spa, pendant les années 1807,
1808 et suivantes. Tl ne contient pas moins de 1,288 numéros.
On y trouve entr'autres (") : « N"' 57. Marbre noir qui se
(M Ch. NoEGGERATH, le plus qu'octogénaire président de la Société des anti-
quaires du Rhin, à Bonn, plus distingué encore comme naturaliste que comme
antiquaire, y est indiqué comme ayant visité Spa et ses environs en 1809 : c'est
donc dès le commencement de ce siècle et depuis sa toute première jeunesse, que
NoEGGERATH a commencé ses études sur notre marbre.
(•) Quanta notre aïeul, J. P. de Limbourg, auquel Faujas, cilé par l'auteur des
Deux inscriptions, fait allusion dans son Essai sur le goudron, il était associé de
son frère Jean-Baptiste, et exploita avec lui une forge à Juslenville depuis le
l" mai 476S jusqu'en 1789. Ils rebâtirent le haut-fourneau du Marteau, près de
Spa, et l'exploitèrent à partir de 1789 : ils étaient locataires du fourneau de Jus-
lenville, aujourd'hui villa de M. Lejeune.
Dans la citation de Faujas — qui copie Venel, Instructions sur l'usage de la
houille (Avignon et se trouve à Spa, chez Gabriel Regnault), p. 90 — il s'agit des
essais faits par ordre du prince d'Oultremont pour fondre le fer au charbon de
terre. Venel était à Spa en juillet 1772 et en relation avec J. P. de Limbourg.
( ') D'autres indications de marbres de nos contrées sont les suivantes, qu'il est
peut-être intéressant de recueillir ici :
N" S8. Marbre gris, en banc seulement de 3 à 4 pieds, à Stembert.
N» 94. Marbre rouge, veiné de blanc, de Limbourg.
No 122. Marbre jaune .ilternant les couches de calamine de Stembert.
N" 250. Marbre d'un jaune sale merdois (sic) de Theux. Il est môle de pierre
jaune tendre et ce marbre, ne se trouvant qu'en filon, n'est pas exploité.
N" 478 Marbre bleu commun de Namur.
N" 479. Marbre bleu commun, carbonate de chaux, de Verviers.
N° 536. Marbre blanc de Limbourg.
N" 537. Marbre bleu et blanc ibid.
N" 538. Idem verdàtre du même endroit.
N" 563. Idem rouge, œil de crapaud, de Chaudfontaine.
N" 564. Idem bleu du même endroit. Etc., etc.
103
trouve par banc dans les couches de calamine de Stem-
bert. »
Ceci indiquerait que la suite de la ligne de ce banc, qui de
Montjardin passe à Theux,Oneux,etc., se retrouve à Stembert.
« N" 9^2. Marbre noir de Theux prenant un superbe poli. »
Dans un autre registre manuscrit, Wolff avait rassemblé des
recettes et des remèdes divers; à l'occasion d'un moyen de
colorer les marbres, il en propose l'application au marbre noir
de Theux « afin d'en faire disparaître les veines ou fils blancs
qui quelquefois en déparent les plus beaux blocs, ce qui serait
d'un grand prix pour le succès de cette exploitation. »
Et puisque nous en sommes aux documents manuscrits,
citons encore les suivants :
« Il y a près de Theux une carrière du plus beau marbre
noir, mais épuisée de tout ce qui en était le plus au jour et
négligée depuis quelques années. » (MS. intitulé : Quelques
remarques sur le département de l'Ourte, envoyées le 19 nivôse
an XII (10 juillet 1804; au citoyen secrétaire-général Gaillard,
par J. P. de Limbourg.)
« Le marbre noir de Theux (dont l'exploitation vient d'être
recommencée en grand par M. Delhier) a été connu très-ancien-
nement sous le nom de marbre noir Theuxsèhe. Il existe, dit-
on, à l'église Saint-Pierre à Rome, un autel de ce marbre. Les
géologues Beudant et Brard ont parlé du marbre de Theux dans
leurs ouvrages. Faujas de Saint-Fond, professeur au Jardin des
Plantes h Paris, a enseigné que le marbre de Theux était le seul
qui réunît tous les caractères du marbre noir antique ou de
Lucullus, dont le lieu d'extraction est ignoré. Il ne serait pas
impossible que notre marbre eùl été transporté du fond des
Gaules à Rome, sous la domination romaine, pour orner les
palais de la ville immortelle. » (Archives communales de Theux,
registre à la correspondance, 30 mars 1844) (^).
(M Ce rapport, rédigé par M. Arist. Dethier, alors échevin de Theux, n'est pas
exempt d'erreurs et tout au moins d'exagération.
— 1U4 —
II.
Nous avons, mais sans aboutir à un résultat définitif, fait
quelques recherches pour retrouver l'emplacement des anciennes
carrières qui étaient nombreuses au XVP siècle, si l'on prend
à la lettre ce que dit Guichardin {montes lautumiis ahundant).
M. S. Bormans, Table des registres de la Chambre des finances,
pp. o3 et 69, signale deux octrois, années 1620 et 1668, accordés
pour l'exploitation d'une carrière de marbre, qui pourrait bien
avoir été située dans la parcelle n" SOOi, (voir la planche) ou
dans un terrain contigu, mais qui n'est pas celui de Dethier. Ce
qui nous engage à cette conjecture, c'est que la grande quantité
de m&rbre extraite depuis le temps des Romains, à en juger
par ce que nous connaissons aujourd'hui (et nous ne connais-
sons pas tout), ne peut pas provenir du seul petit terrain de
M. Naveau (ci-devant propriété Dethier), consacré à l'extraction
de la pierre noire. Il sera possible, sans doute, en prenant les
noms des propriétaires, des joignants, etc. des pièces mention-
nées dans les actes connus et dans ceux qu'on retrouvera
encore, de préciser où les carrières anciennes se trouvaient.
Voici déjà quelques indications tirées des actes qu'a signalés
M. Bormans, actes dont voici le résumé :
Pierre Mettecoven « sculteur, » sollicita et obtint le 3 février
1620, de Ferdinand de Bavière, l'octroi d'exploiter pour un
terme de six ans« une pierrière ou quarrière de marbre, située
au lieu de la Boverie, dit le Chaforre, assez proche de l'église
de Theux, tirant du costé d'Awailhe. »
Cette carrière, pour lors « déserte, » avait été rendue depuis
quelques années, par Ernest de Bavière, à Franceux de Borset
et maître Thomas Tollet, moyennant un cens annuel payable à
la table épiscopale de quelques huyct ou dix florins bb.
Le 28 juillet 1620, le prince subrogeait dans les droits de
P. Mettecoven etdu consentement de celui-ci, HendrickThonnon,
bourgeois de Liège. Il fixa la redevance annuelle à six fl. d'or
du Rhin.
105
Berlholet Flémal remontra au prince « comment il y aurait
un gros rocher au bancq de Theux dans un lieu stérile et
infructueux, et duquel on n'en fait aucun proffit, avec espoir
d'en pouvoir tirer du traficque pour l'accommodement, tant du
publlcque que des particuliers, et supplia Son Altesse de lui
octroyer et accorder la faculté d'y travailler, offrant d'en rendre
un ducat par an. »
L'octroi fut accordé le 17 janvier 1668 pour un terme de douze
ans « parmy payant annuellement un ducat à la recepte des
nouvelles acquettes. » Le premier terme échut à la « Chande-
leuse » de l'an 1669.
Servais Wathelet-Lefin exposa que feu le sieur Bertholet et
après lui le sieur Delcour avaient repris de la Chambre des
Comptes « une carrière de marbre ou pierre noire estante der-
rier l'église de Theux, parmy payant annuellement à la recepte
de la table épiscopale, au marquisat de Franchimont, un cens
annuel de huit florins bb. » Il ajoutait que ce cens ne se paie
plus depuis plusieurs années, à cause du renon qu'en ont fait à
la Chambre des Comptes les héritiers de feu le sieur Delcour.
Lefin demande « aux président et gens de la Chambre des
Comptes pour la principauté de Liège, de lui rendre la susdite
carrière, parmy acquittant le même cens de huit florins bb.,
pour assurance de quoi il obligera sa maison située au Marché,
soubs Franchimont, et généralement tous ses biens présents et
futurs. »
Sa requête fut accueillie favorablement par apostille du 1®'
avril 1712 « pour un stuit et terme de douze ans, moyennant
un cens seigneurial d'un ducat et aux mêmes clauses et condi-
tions de l'octroi accordé à Bertholet Flémal. »
Il existe d'anciens actes (') indiquant parmi les«joindans
« à la carrière noire (ou à la carrière de marbre noir) ; » mais
! ' ) Registres aux rapports, aux arch. comm. de Theux.
— 106 -
jusqu'ici on n'a pu retrouver les noms des propriétaires de
celle-ci ou de celle-là.
Voici l'un de ces actes :
L'an 1681, Thiry Defawe rapporte de posséder « environ
deux cent cinquante-sept verges (') depreit, trixhe, roches au
lieu dit Michaux en Waillot, comprin environ quarante verges
de cortils qu'il veut réaliser a preit, joindant à Guilleaume de
Sclessin d'un costé, à la noire piérière d'autre. »
Voici ce qui concerne plus particulièrement la carrière
Dethier :
En 1774, Nicolas Fréon acheta à Henry Michotle 80 1/2 verges
petites, joignant du levant et nord aux chemins qui vont de
Theux à Jevoumont et à Hodbomont, et du couchant à la carrière
de marbre. Ce Nicolas Fréon était l'oncle de l'avocat Dethier.
Il y bâtit la maison qu'occupait depuis celui-ci. Henry Nicolas
Michotte avait en 1734 rapporté le même terrain : « jondans...
de couchant à la carière noire. »
Les mots « terrain vierge » employés par Dethier dans son
affiche citée par l'auteur des Deux inscriptions, donnent à croire
que sa carrière a été creusée entre la maison et l'ancienne
carrière.
Le cadastre renseigne sous le n" 362, section D, l'emplace-
ment de la carrière Dethier. Il se forma en 1843 ou 1844 une
société pour l'exploitaiion du marbre. A cet effet, on ouvrit
une nouvelle carrière indiquée au plan par la lettre A. La société
subsista peu de temps; les tonds manquaient; elle fut dissoute.
L'extrait du cadastre annexe (v. la planche) indique par des
taches noires les lieux oij le marbre noir a été reconnu dans
l'agglomération de Theux. Dans les bâtiments riverains de la
route de Spa, on l'a découvert en creusant des puits.
(• ) La verge grande est pour ainsi dire inconnue à Theux; il s'agit toujours de
la verge petite.
- 107 -
En janvier 1845, le Conseil communal de Theux délibéra sur
une pétition de M"'« V^ L. F. Dethier, tendante à obtenir l'auto-
risation de construire un four à chaux. L'autorisation fut
accordée par l'administration, mais la chaux provenant de la
calcination du marbre n'était propre à aucun usage. Elle était
très-blanche, caractère que Dethier avait en effet signalé en
1814, et qu'on retrouve vanté dans l'ouvrage de Courtois, à la
suite du passage cité plus haut.
La carrière n'existe plus dans la propriété Dethier; elle est-
aujourd'hui entre la station du chemin de fer et la rivière.
Une discussion récente entre sociétés industrielles concur-
rentes a mis en lumière, d'une manière très-nette, non-seule-
ment les gisements, mais les qualités et les caractères excep-
tionnels du marbre de Theux; nous les signalons dans les
passages suivants :
« Le marbre noir exploité dans la carrière de M. Dethier se
retrouve encore dans le lit de la Hoëgne, ISO^jOO en amont du
pont de Theux, et dans les travaux d'exploitation de minerai de
la Société d'Ougrée, au Sud de la route de Theux à Verviers.
(Rapport de M. A. Geoffroy, ingénieur des mines, à M. Welle-
kens, daté du 14 septembre 1854 et inséré p. 19 dans le
Mémoire pour la Société des hauts-fourneaux et fonderies de
Dolhain, en réponse ;\ celui de la Société d'Oneux. Liège,
Desoer, novembre 1854),
» En W ( ' ), un puits a traversé : A. La dolomie avec ses
cristaux ; B. le marbre noir (5 mètres d'épaisseur), et s'est
arrêté au calcaire, toutes les couches inclinant de 30° au N.-O.,
et le calcaire supérieur, ainsi que le marbre plongeant sous la
dolomie. En Z, dans les travaux d'exploitation de minerai de
fer, le même contact se retrouve : le marbre noir y est obser-
vable en plusieurs points où j'ai constaté sa présence.
'' ) Voy. plan ci-joint.
— 108 -
» Au N.-E. de la masse des carrières Harondar ('), des tra-
vaux de mine de fer ont encore rencontré le marbre noir, et les
déblais extraits du puits en contiennent de nombreux échan-
tillons (point G de la carte).
» Postérieurement à ce rapport du 14 septembre, le grand
bure de M. de Hansez, ayant atteint le niveau naturel des eaux
à 83'", 00 de profondeur, y a rencontré des couches de marbre
noir de la carrière de M. Dethier, accompagnées du banc de
•calcaire contenant les cristaux prismes de quartz noir si carac-
téristiques, signalés également en E.
» La présence des eaux n'a pas permis de traverser toute la
formation du marbre noir ; mais celte roche présente si complè-
tement tous les caractères du marbre noir de Theux, que l'on ne
pourra s'y méprendre de bonne foi : on est contraint matériel-
lement, physiquement, d'admettre le fait avéré de l'existence du
marbre noir de Theux dans le puits de Hansez, à Oncux, en
couches inclinant de 35" au S., et à 83'", 00 de profondeur en
dessous de la surface. La théorie plus ou moins contestable que
les assises du marbre noir sont à la partie supérieure de l'étage
calcareux condrusien supérieur, c'est-à-dire immédiatement en
dessous du système houiller, ne peut rien contre un fait, pas
plus que cette assertion hasardée de la Société d'Oneux : que
le marbre noir peut exister dans d'autres parties du système
condrusien et même du système eifelien. Comme je n'admets en
géologie que des faits démontrés, la Société d'Oneux m'aurait dû
indiquer où elle a vu un marbre pareil à celui de Theux dans
d'autres parties des systèmes condrusien et eifelien : j'eusse
été curieux de l'aller voir.
» Il faut ici ne pas s'écarter de la question précise, étroite
et bien définie que l'on discute : le marbre Dethier est seul en
cause, et, heureusement pour la vérité, qui l'a vu une seule (ois,
ne le peut jamais confondre avec d'autres roches voisines. On le
1 ') Voy. au plan.
109
retrouve dans le grand bure de Hansez avec ses surfaces de lit
de carrière brunes, sa cassure terne, unie, non écaiUeuse, sa
texture compacte. On y voit les tacbes noires d'anthracite et les
minces filets blancs qui se croisent dans la masse de certaines
parties des bancs de la marbrière de Theux.
)' Le marbre noir est unique au bassin anthraxifère de Theux :
la théorie doit ici s'incliner devant une observation positive,
ou plutôt doit tâcher de s'en accommoder, ce qui n'est pas
difficile, comme on le verra plus loin. »
(Annexe w" II. Rapport do M, A. Geoffroy à M. Wellekens,
10-li mai -1855, p. 13 à 15.)
(c M. Dumont, en présence du marbre noir trouvé à Oneux
dans les travaux de M. de Hansez, a dû y admettre un petit
coin de l'étage supérieur ; mais la plus grande partie du calcaire
y est représentée comme appartenant h l'étage inférieur. Je
serais curieux de savoir comment on a pu déterminer la limite
entre les deux étages, dont l'inférieur n'existe pas à Oneux : qui
a vu ce qu'on trace ? »
[Annexe III. Rapport du même au même et même date,
p. 22) (').
Dans le courant de fêté 1874, les frères Dernier, maîtres de
scierie de marbres, nous proposèrent d'ouvrir une carrière
dans un petit pré au S. de la propriété de M. Emile Naveau.
Un sondage n'amena aucun indice de marbre. Notre avis était
que le maibre ne s'y trouve pas, car il n'a jamais été reconnu
dans celte direction, au-delà de la carrière Dethier.
Nous les autorisâmes à cretiser deux puits dans un verger,
(') Lesli jis annexes, 23 pages, sont imprimées à la suite de : Réponse de la
Société des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain au dernier factum de la
Société dite d'Oneux du 12 avril 1855 f Desoer, 18S5, in-4o de 8 p. avec plans).
La Réponse est datée du 19 juin 1855 et signée de l'avocat J. Forgeur.
Plusieurs mémoires ont été publiés à l'occasion des demandes en concession de
raines dans les communes de Theux et de PoUeur. Le professeur André Dumont
intervint dans la discussion géologique qui n'a pas d'intérêt ici ; il différait d'opi-
nion avec M. Geoffroy. (Voir la collection de ces mémoires; il y est souvent ques-
tion du marbre noir.)
— 110 —
n° 500'', section D, séparé de l'ancienne carrière de DeUiier, par
le chemin de Jevoumont, leur faisant toutetois observer que,
selon nous, le marbre était à une trop grande profondeur pour
être utilement exploitable, ajoutant qu'il serait préférable de
traiter avec M"^ Marguerite de Fraipont, propriétaire de la par-
celle n" 449, section C. Nous nous fondions sur ce que le marbre
est au jour dans le lit de la rivière, oii il en a été extrait quelques
blocs, il y a près de cinquante ans, ainsi que sur les rapports
de M. l'ingénieur (ieoffroy, cités plus haut.
Les travaux commencèrent au mois de mai 1874.
Les deux puits creusés dans la parcelle n" 500'' de la section
D ne donnèrent pas de résultat satisfaisant. Le terrain était trop
exigu pour y déposer des déblais, si, ce qui ne fait point de
doute, on rencontrait le marbre dans la profondeur.
Dans le verger de M"* de Fraipont, une légère couche de
terre recouvre le marbre; il fut exploité pendant Tété de 1875.
Ce marbre est plus dur que celui de la carrière Hethier. On n'a
pas jusqu'aujourd'hui atteint les bancs de beau marbre dans
cette carrière! ' j.On y parviendra probablement en été, lorsque
les basses eaux permettront d'y travailler (^).
III.
Il faut éviter de se laisser entraîner à des exagéra; ions comme
celles des réclames de Dethier et des articles publiés ou ins-
pirés par lui et les siens. Il vantail, pour cause, en propriété;
de là les éloges pompeux qu'il faisait de la carrière. Parmi les
savants qui se sont faits ses échos, il en e.'-t même dont il y a
lieu de se délier quelque peu : Davreux notamment parle certes
avec connaissance du marbre de Theux, mais dans l'esprit du
propriétaire.
( * ) Rens. de Thom. Lecoq, polisseur el carrier à Theux.
(-) Un accident arrivi! à une galerie du Rociioux a empoché ceUe espérance de
se réaliser : les marbres sont restés inondés pendant l'été de 1870.
111
La vérité est que le marbre de Theux est d'un très-beau noir,
mais tout le marbre de Theux n'est pas noir : le défaut qu'on
lui a toujours reproché est d'avoir des veines blanches qui dis-
paraissent, il est vrai, au polissage si elles ne sont pas pronon-
cées ( on a vu plus haut le procédé recommandé à cet égard
par le naturaliste Wolff).
On peut diviser ce^^marbre en plusieurs qualités, suivant les
veines blanches qu'on y voit : la première qualité seule en est
exempte et c'est de celui-là uniquement qu'on peut dire qu'il
est le plus beau marbre noir connu. Les autres qualités sont
plus ou moins tachées de blanc, disparaissant ou non au
polissage.
Les bancs de première qualité produisent seuls du marbre
d'un noir pur, dans tous les sens ; le marbre des bancs médio-
cres, qui est pareil à celui de Dinant, vu de côté ou de profil,
laisse percer une teinte bleue sous le noir. Cette difterence se
remarque parfaitement en deux exemplaires polis, un de chaque
espèce, que nous avons remis dans les mains de M. S. (presse-
papier provenant d'un banc médiocre et fragment de tablette
de cheminée, provenant d'un beau banc).
Le marbre de Theux se conserve parfaitement à l'état poli ou
non dans l'intérieur des habitations. Aux constructions dont la
date est connue, comme au chœur de l'église, achevé en
1S20, il est resté très -solide, malgré son existence de plus de
trois siècles et demi. D'où l'on peut conclure que le marbre
résiste aux atteintes du temps, pourvu que l'eau ne le pénètre
pas.
Ei: gérerai ce marbre ne se conserve pas exposé aux intem-
péries de l'air ; il ne conviendrait donc pas pour des construc-
tions ou monuments externes.
En fait d'emplois du marbre noir de Theux, autres que les
exemples déjà cités de Bonn, Trêves, Cologne et Rome, on
peut encore produire les suivants :
- 112 —
[" Pierre votive romaine en l'honneur d'Hercule, actuelle-
ment au Musée Wallraf-Richnrtz h Cologne ('), trouvée près de
Bonn.
2" Dans nos visites à Franchimonl avec M. Albin Body, les
souterrains jious ont montré des blocs encastrés dans les fon-
dations.
Nous avons rencontré le marbre de Theux en parement dans
la tour annexée par Arnould de Hornes en 1387; en parement
et en remplissage dans diverses parties des murailles de l'ancien
château, soit du côté de la cour, soit dans l'intérieur même.
Les corbeaux ou consoles destinés à porter les poutres des
pièces de l'étcige sont également en marbre noir.
L'encadrement des portes d'entrée des casemates est en
marbre. Un gros bloc sert de couverture.
La présence du marbre de Theux dans l'antique construction
est une preuve de l'existence très-ancienne des carrières de
Theux, et peut servir de trait d'union entre la période romaine
et les temps niodernes. Il en résulte en effet que If marbre était
connu et exploité au moment de la construction du vieux châ-
teau, c'est-à-dire à une époque peu éloignée de celle de l'occu-
pation du pays par la colonie romaine. A l'objection qu'il a pu
entrer dans la ré|iaration du château par Erard dr la Marck en
lois, nous répondrions que nous avons constaté la présence du
marbre noir dans le blocage d'un mur des oui)liettes. Nous
remarquons également que, ordinairement, les morceaux de
marbre employé comme moellons ou pierres brutes, sont veinés
de blanc. Ne serait-ce pas un marbre de rebut, h- pur noir ou
beau noir étant réservé à un usage plus relevé?
(•) DiJNTZER, Verzeickni.ss (1er rômischeti Alcerthùmer des Miisettmi V/miuaf-
RiCHAHTZ in h'ôhi (Cologne, 1873 , p. 34, n° 20 : « Abgebrochene linke Seile
eines obiin ganz flaclien Woiliesleiiis des Hercules. Schwarzer Marmor von Theux
Oder Namur, befunden zu Endenieh, bei Honn. »
L'auleur dit, p. 3, note 2, que la deieiminalion de.s pierres est due au savant
Df NOEGGKHATH, dont le nom a été cité plus haut et dont l'aulorilé a été invoquée
par l'auteur des Deux Itiscriplioris.
- 113 -
3" Le pavement de l'église cathédrale de Saint-Lambert, à
Liège, aujourd'hui démolie, avait été fait en marbre noir de
Theux (voir Cli. des finances, Rendage de la carrière de Theux,
registre 90, f" 93, v").
4° Dans la cathédrale actuelle de Saint-Paul, en la même ville,
on a déjà signalé, ici même ( ' ), le marbre noir de Theux dans
la tablette de marbre que supporte la balustrade en cuivre du
jubé.
En outre, un ouvrier de Theux, T. Lecoq, expert dans la
matière, déclare qu'il est oisé, même après le polissage, de
reconnaître le marbre de Theux et de distinguer la beauté du
banc d'où il provient ; cet ouvrier a été envoyé par nous à Liège
pour visiter les bas-reliefs funéraires encastrés dans les murs
de la cathédrale de Saint-Paul : il considère le tombeau de
Pierre Ernest Oranus (^) comme étant de marbre de Theux.
Quant aux bas-reliefs qui se trouvent dans les cloîtres, ils
sont dans un tel état de vétusté qu'il faudrait, au préalable, les
nettoyer et les repolir pour s'assurer de leur origine.
En tout cas, on ne doit pas adopter sans réserve l'opinion
que tout le marbre noir existant à Liège, où il y en a beaucoup,
proviendrait de Theux, et il y aurait lieu, avant de se pronon-
cer, d'examiner minutieusement les monuments.
Cet examen minutieux n'a pas encore été fait, notamment
pour les deux colonnes qui supportent l'orgue de Saini-Paul,
du côté de la tour, et qui sont signalées par M. le chanoine
Thimister comme « deux colonnes torses de marbre noir de la
plus haute antiquité et différentes l'une de l'autre, colonnes
dont les chapiteaux, travaillés à jour, sont du style roman le
plus ancien. »
o" On trouve ce marbre à Theux même, dans les murs du
chœur de l'église et de l'ancien vestiaire ; l'encadrement des
(*) Bulletin de tlmtUut archéologique liégeois, t. VII, p. 212.
(*) Ibid.,t. VII, p. 188.
— 114 -
baies des fenêtres des collatéraux du chœur, de la porte de
l'église et de la porte de la tour, sont du même marbre taillé ;
ces ouvrages datent de 15^20, 1575 (?) et 1740.
Dans la même église, la pierre sépulcrale du curé Jean
Anseau ^1674) et celle de Jérôme de la Haye (1722).
En outre, le soubassement et les marches de la chapelle
Wolfï', et la base du bénitier de gauche.
6" Au Musée archéologique de Liège ('), on conserve une
pierre tombale en marbre noir de Theux, style de la renais-
sance, provenant de l'ancienne église S'* Ursule, et un bénitier
du même marbre, daté de 1546.
7° On voit, du même marbre, quelques chapiteaux corinthiens
dans les églises des Flandres, et plusieurs têtes et bustes à
Paris [^).
8* Il existe un grand nombre de spécimens de marbre noir de
Theux dans les maisons particulières de la commune.
9° Il doit se trouver au palais du Roi, à Bruxelles, une
grande étoile formée de marbres de plusieurs provenances,
sans doute nationales. Un de ces rayons est en marbre de
Theux. (Rens. de feu Ph. de Limbourg, père.)
10° Enfin, M. de Thier a exposé du marbre de Theux à
l'Exposition universelle de Paris.
Voici en effet ce que je lis dans le Catalogue des produits
industriels et des œuvres d'art de V Exposition universelle en
1867 : Belgique (Bruxelles, 1867, pp. 324 et 585).
« 495. Marbre noir brut. . Theux.
» 496. Le même, poli au clair, au-dessus du niveau des
eaux. Id.
» Ce marbre présente sept bancs de G™, 20 à 1"',00 de puis-
sance. Il est très-tendre, se travaille avec facilité, n'éclate pas
sous le burin, et convient surtout pour la marbrerie fine. Prix :
220 à 250 francs le mètre cube brut, sur waggon à Theux.
(*) Caial. dexcripiif, p. 32, n" 40 et n» 47.
(' ) Encyclopédie, citée plus haut.
- 415 —
rt Propriétaire, M. A. De Thier, industriel à Theux.
)) 746. De Thier (Théodore-Aristide). 3, rue Boverie, à
Theux, près Verviers.
)) Bloc de marbre noir, avec face brute, taillée, polie, et le
nom de Theux gravé. »
Le marbre ne reçut ni distinction ni mention honorable, et il
en fut de même de celle de Londres en 1862 {Moniteur belge,
1862. 2« semestre, p. 3,146 et n" 270, supp., p. 1), exposition
où l'on m'affirme que le marbre de Theux fut également exhibé.
P. S. Pour ne pas occasionner de remaniements, j'ajoute ici
quelques renseignements nouveaux que je recueille ou qui me
parviennent pendant l'impression :
— Add. aux Ouvrages imprimés. -- Saumery, Les Délices du
pays de Liège (Liège, Everard Kints, 1743), t. III, p. 244 : « Theux.
Ailleurs les coteaux, dégénèrans en Rochers, ofrent du beau
marbre noir, qui, pour la couleur, ne le cède point à la pierre
de touche. »
Add. ^iwa Documents manuscrits. — «Notice contenant
quelques faits historiques relatifs à Theux, envoyé par le maire
au C/" Gaillard, secrétaire général '!e la préfecture de l'Ourte,
d'après la demande lui en faite par lettre du 3 prairial dernier...
L'on ne doit pas oublier qu'il y a à Theux une carrière de très-
beau marbre noir, que l'on exploitait jadis, et dont les blocs
ont servi à l'ornement de plusieurs palais en Italie et alieurs. »
(J'ai cherché vainement cette pièce aux archives communales
de Theux. J'ai le brouillon qu'une personne m'a communiqué il
y a peu de temps.)
— Corr. la p. 104, k l'aide de ce qui suit :
Dans le but de faciliter mes recherches, M'^'"' 0. Dandrimont
a eu l'obligeance de me communiquer deux actes concernant
une pièce de fonds (n"^ 348-^ et 349", S"" D), dont elle est pro-
priétaire. Ces actes, réalisés à la Cour de Theux les 17 et 19
- 116 —
avril 1730, spécifient ainsi le terrain de M''"* Dandrimont : « La
pièce de jardin avec le cortil et partie de la heid au-dessus dudit
cortil, vis-à-vis de la carrière noire en lieu dit Wayot, joindant
vers Hodbomont à la V« Noé Rahier, vers Theux à la V« Adam
Delleforge et son moderne marit, et du costé de la dite carrière
au chemin allant de Theux audit Hodbomont. »
Or, ce terrain se trouve vis-ù-vis de la parcelle n" 359, dési-
gnée au cadastre comme carrière, mesurant 9 ares 10 centiares.
Je dirai, avec grande probabilité de certitude, que là était la
carrière exploitée par Françeux de Borset et ses successeurs,
y compris Wathelet Lefin.
La matrice cadastrale, laite en 1814, attribue la propriété de
cette carrière et la pâture joignante (n" 343) à un tailleur de
pierres de Liège, nommé Lebrun ; la matrice renouvelée en
1833 la renseigne au texte de :«Lebiun, les représentants,
négociants à Poque, à Burret, province de Luxembourg. » Elles
étaient passées à L.-L. Delhier en 1843, lors de la confection
de l'atlas des chemins vicinaux. Enfin, en 1870, M. Emile
Naveau, bourgmestre à Bommershoven, l'acquit avec l'ensemble
des propriétés de Dethier.
II résulte de ce qui précède, que les parcelles n"* 363 et 364
représentent le terrain vendu par N. Michotte à N. Fréon, et
que le n" 343 représente le ten-ain rapporté en 1861 par Thiry
Oefawe.
Une dernière preuve. Au XVIP siècle, un four à chaux, le
Chaft'orre Hermeau, était construit dans un petit terrain qui
nous appartient {w" 340% 341 et 342), et qui fut longtemps
appelé le pré au Chafjore. Il est incontestable que c'est ce four
à chaux que mentionne l'octroi du 3 février 1620.
On peut conclure que les carrières subsistantes au temps de
Guichardin se trouvaient aux versants 0. et E. de la propriété
iNaveau et qu'elles s'étendaient sur la gauche du chemin de
Theux à Jevoumont, où se voient encore de vastes excavations.
— 117 —
— Enfin, corr. p. 109, au pénultième alinéa : « Notre avis
était que le marbre ne s'y trouve pas, car il n'a jamais été
reconnu dans cette direction au-delà de la carrière Detliier. »
Je me trompais dans ce passage, car, vérification faite, je
trouve que la carrière de Mettecoven était entre notre pré
(340% 341, 342) et la carrière Detliier.
Ph. de Limbourg.
-<~**^9V\^ I
PIERRES SEPULCHRALES DE JENEFFB.
RAPPORT ADRESSÉ A l'iNSTJTUT ARCHÉOLOGIQUE.
Il nous serait très-agréable de vous fournir quelques rensei-
gnements sur les dames nobles, dont les pierres de Jeneffe nous
ont conservé les noms ; quels ont été leurs ancêtres, par
quelles œuvres elles ont signalé leur passage sur cette terre ;
mais nous avons le regret de vous dire que nos recherches sur
ce sujet ont été infructueuses. L'une, appelée Ermentrus, dame
de Geneffe et chastelaine de Waremme, mourut l'an del incarna-
tion 1257; l'autre, dame Maroie, fut l'épouse du Sangnor Butor
et mourut l'an 1271.
Ces dames, qui possédaient sans doute de grands biens à
Jeneffe, consacrèrent une faible part de leur patrimoine à la
fondation d'un bénéfice, sollicitant en retour la faveur de reposer
devant l'autel de S. Jacques et de S'^ Marie Magdeleine, auxquels
elles confiaient la garde de leurs dépouilles mortelles. Leur
confiance n'a pas été trompée, car, malgré le long espace de six
siècles qui ont passé depuis, malgré les vicissitudes des temps,
leur tombe a été respectée et elles reposent encore aujourd'hui
dans la chapelle contiguë à l'église paroissiale. Cependant, en
1818, le curé Bormans ayant fait renouveler le pavé de l'église,
fit enlever ces pierres pour les placer sur le cimetière à l'entrée
Bullctm de riiislit.ATckeol.Lu'geois.
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Lith.CremetU.Li'
- 119 —
du temple. Et comme la surface des pierres est très-lisse, le
curé, dans la crainte que les habitants du village, venant à
passer le dimanche sur le cimetière, ne fissent quelque chute
funeste, fit appeler un tailleur de pierre qui, à l'aide d'un ciseau
pointu, y pratiqua quelques entailles. Cependant, à part cet acte
de dégradation digne des Vandales, ces pierres sont dans un état
parfait de conservation et n'ont subi aucune atteinte, ni du con-
tact de l'air, ni de l'intempérie des saisons. Et comme nous
contemplions ces deux monuments, un rayon de soleil étant
venu les éclairer, ils offrirent à nos yeux émerveillés la glace
d'un miroir pur et éclatant.
L'église de Jeneffe remonte à une haute antiquité; au milieu
du 13* siècle, les familles nobles y choisissaient leur sépulture.
On conserve dans les archives du presbytère un manuscrit sur
vélin ayant pour titre : Registrum memoriale et archivale paro-
chiœ de Jeneffe. Ce registre, commencé en 1512, renferme des
indications que nous ne voulons pas négliger. Etd'abord la cure
de Jeneffe était de patronat laïc : juris patronatus laici; c'est-à-
dire qu'elle était à la collation du seigneur du lieu. Un document
conservé est la vendition et transport de la terre et seigneurie
de Jeneffe faite par Albert, duc d'Aremberg, prince de Barbau-
son, en faveur du seigneur Godefroid de Sélys, bourgmestre
de Liège, 27 mai 1658. On voit par cet acte que le prince de
Barbanson, seigneur de Jeneffe, était collateur de la cure et du
bénéfice de S. Jacques et S'« Marie Magdeleine, droits et préro-
gatives qui sont restés dans la famille de Sélys jusqu'à la nou-
velle organisation des paroisses. On a lieu de croire, dit
M. Demaret, ancien curé de Jeneffe, que Messire Henri de
Barbanson, mort en 1591, était un ancêtre de ce duc d'Arem-
berg, prince de Barbanson ; que dame Marie, dame de Jeneffe,
morte en 1271, et Ermenlrus, aussi dame de Jeneffe, morte en
1257, possédaient la seigneurie de Jeneffe avec le droit de
conférer la cure et le bénéfice de S. Jacques, car toutes ces
personnes ont été inhumées devant l'autel de ce bénéfice.
- 120 -
L'église de Jeneffe renfermait d'autres pierres sépulchrales
qui offraient aussi un grand intérêt, mais qui ont malheureuse-
ment disparu. Le registre cité ci-dessus en rapporte deux qui
concernent la famille des comtes de Clermont : Sub hoc lapide
conduntur viscera Jacobi miiiUs domiui Clariinontis et de Jeneffe
qui obiit anno Domini 1295.— En l'an de grasce mil trois cens et
XI le mercredi devant le Saint Pierre Awoust entrant trespassat
Maroie, dame de Clermont et de Jeneffe. Priez par ly. Ces deux
inscriptions ont été insérées dans le Supplément à Vart de vérifier
les dates ou Mémoire sur quekjues anciens fiefs, par le baron de
Reiffenberg. Bruxelles 1834.
L'auteur du Dictionnaire géographique de la province de Liège,
après avoir rapporté que Guillaume de Jehain, capitaine général
du parti d'Awans, châtelain de Waremme et maître de Liège en
1327, fut seigneur de Jeneffe, que son fils Jean d'Oreille retint
le nom de sa seigneurie d'Oreille et négligea celui de Jeneffe,
qui était le nom de sa famille ; que Wathieu d'Athin, souverain
mayeur et maître de Liège, acquit cette seigneurie en 1425 de
Henri de Rolland, mais que Henri PoUard rentra ensuite en
possession de cette terre, ajoute : il a existé à Jeneffe plusieurs
anciens châteaux qui remontent à des époques fort reculées,
comme le prouvent les traces de fondements encore distincte-
ment marqués.
On nous a dit que M. Jaqmaert, juge au tribunal de Liège,
ayant fait l'acquisition d'un de ces terrains, y fit pratiquer des
fouilles et retrouva une pièce de l'ancien château à une pro-
fondeur de plusieurs pieds au-dessous du sol , et en retira des
pavés très-bien conservés qui paraissent être en marbre noir.
On donne le nom de Paix de Jeneffe ou de Vottem au concor-
dat qui fut conclu le 10 juillet 1331, parce que les conférences
qui le précédèrent furent tenues dans ces localité.s,
- 121 —
Il me resterait à considérer la valeur des pierres de Jeneffe
sous le rapport artistique, car l'art du dessin et de la gravure a
un rapport intime avec la peinture, et les documents qui servent
à établir l'état des arts dans la principauté de Liège à cette
époque reculée, ne sont pas communs. — L'auteur de V Histoire
de la peinture au pays de Liège vous dira mieux que moi l'im-
portance que présentent les pierres tumulaires du 43^ siècle,
considérées dans leur rapport avec la sculpture, l'architecture
et la peinture.
M. François Couclet, qui s'occupe avec le zèle le plus louable
des anciennes pierres sépulchrales de la principauté de Liège,
a frotté celles de Jeneffe selon le procédé d'estampage recom-
mandé par l'auteur de La sépulture chrétienne d'après les monu-
ments du Xl^ au XVl" siècle. C'est sur ces frottures qu'ont été
pris les dessins qui accompagnent cette notice.
Nicolas Henrotte.
LA TOMBE DE BLEHEN
Fouilles faites en février-mars 1874.
I. Letumulus belgo-rotnain de Blehen se trouve, à presque
égale distance (celle d'environ une demi-lieue), du côté Sud, de la
tombe de Braives, dite d'Avennes, placée près de la grande
chaussée romaine se dirigeant de Bavay sur Cologne, tombe
explorée en mai 1873 ('); du côté Nord, de la tombe Hémava,
située sur le territoire de Montenaken et nivellée malheureuse-
ment en 1853 ('); et à l'Ouest, de la villa belgo-romaine de
Bertrée dont les substructions ont été explorées par l'auteur de
ce rapport, en octobre 1872 {'").
La tombe de Blehen forme une ligne assez directe, allant du
Sud au Nord, avec les tombes, ses voisines, de Hémava, les
trois tombes (les Dhitommen] de Fresiii-Corihys, et les deux
tombes [Tweetommen) de Petit-Fresin (Montenaken); mais avec
cette différence cependant que sa grande ou longue pente
latérale, pareille à celle de la tombe de Braives, de la Bortombe
de Wals-Beetz, et ti celle du Tombal, nivelle aujourd'hui ,
d'Avernas-le-Bauduin, est à l'Est avec la colline inclinée de ce
même côté, tandis que celle des autres est à l'Ouest, indice
jusqu'ici resté assez probable d'une certaine antériorité.
De plus d'un point de la Haute-Chaussée de Bavay à Ton-
(•j V. DuUetinde l'bist. arch. liéy., XII, 196. sqq.
(') ScHUERMANS, yotice sur les momnn. du Limbourg, p. 37, sqq., el Rapports
sur quelques lumulus de la Hesbaie, p. 195, sqq. (tirage à part).
Bull, de l'iiisl. cité, XII, i, sqq.
— 123 —
grès ( ' ), et aussi de la chaussée de Nivelles, grand diverticulum
ou embranchement de la première, la tombe de Blehen pouvait
être aperçue par les voyageurs de ces grands chemins, de sorte
que ce tumulus était, dans le sens strict, un vrai monument ;
en effet, si les tombeaux distingués des morts sont appelés
Memoriœ ou Monumenta, c'est bien, dit S. Augustin, parce qu'ils
les rappellent à la mémoire des vivants et empêchent d'être
soustraits à leurs cœurs ceux qui ont été soustraits à leurs
yeux(-), ou, comme l'a dit Varron, avant S. Augustin, parce
qu'ils avertissent les passants qu'ils sont mortels, comme les
morts l'ont été (^). A Rome cependant, selon M. Gerbet (^),
« en préférant les bords des routes les plus fréquentées, pour
y faire figurer leurs mausolées, les familles patriciennes y
avaient vu un moyen de donner une haute idée de leur gran-
deur aux passants et aux étrangers. »
(*) D'après M. Van der Elst, cette Haute-Chaussée, appelée Hochwech par \es
Wallons des environs de Waremme, « se présente comme remontant aux temps les
» plus anciens, non en qualité de chaussée, mais comme grande voie de comrauni-
» oation. » {Annal, de l'Acad. d'Arch. de Belgique, 2*^ s., X, 488.) « Nous ne pos-
» sédons aucun renseignement, dit M. Roulez, sur l'époque où ont été construites
» les voies romaines de la Belgique. » (Observ. sur les voies rom, de la Belgique,
p. 3.)
(*) s. AUG., De cura pro mortus gerenda, cap. 4 : « Sed non ob aliud vel me-
moriœ vel monumenta dicuntur ea quae insignita (al. insigniter) fiunt sepulcra
morluorum, nisi quia eos, qui vivenlium oculis morte sublracti sunt, ne oblivione
eliam cordibus subtrahantur, in memoriam revocant et admonendo faciunt cogitari:
nam et Memoriœ nomen id apertissime ostendit, et Monumentum eo quod moneat
mentera, id est, admoneat, nuncupatur. »
(') De ling. lat., VI, IS : « Moniraenta a moiiere. Sic Monimenta quse in sepul-
cris, ideo secundum viam, quo praetereuntes admoneant se fuisse, et illos esse
mortales. » — Cet usage d'enterrer les morts le long des chemins date de très-haut
chez les Hébreux; il remonte jusqu'aux patriarches; car ce fut ainsi que, d'après
l'Ecriture, Jacob enterra son épouse Rachel (f 1750 av. J.-C.) : « Mortua est
» Rachel et sepulta est in via (a), quœ ducil Ephratam, hoc est Rethlehem ; erexit-
" que Jacob litulum {colonne, stèle, cippe avec inscription, comme le mot titulus
» l'indique) super sepulchrum ejus. Hic est titulus monumenti Rachel usque in prae-
» senlem diem. » {Gènes., XXXV, 19, 20.)
{*) Esquisse de Rom. chrét., I, 150. Louvain 1844.
I:ii « Kt sepelivi etium jiula viam Ephralae. » [Gènes-, XLVItI, 1 )
— 424 -
Parmi les nombreux lumulus et substructions de villas qui se
trouvent dans un certain rayon autour de Montenaken et dont
j'ai dirigé les fouilles depuis 1862,1a tombe de Blehen fut tenue
longtemps en réserve, h cause de certaines difficultés particu-
lières que présentait son exploration par suite des arbres dont
elle est couverte, et des arbustes dont elle est entourée jusqu'à
sa base. Ces arbres et ce bosquet (pi. I et tig. B), quoique
modernes, rappellent néanmoins assez bien un très-ancien
usage d'entourer les temples et les tombeaux d'arbres et de bois
sacrés ('). A cet égard, parmi les dispositions du testament
gravé sur un tombeau deLangres, et dont le texte a été retrouvé,
en grande partie, il n'y a pas longtemps, sur un parchemin
détaché d'un codex du X« siècle (-), nous voyons, non-seulement
que la « cella memoriœ » du testateur devait contenir la statue
du défunt, une exèdre destinée aux repas funéraires « per eos
dies, quibus cella memoriœ aperietur » (savoir aux kalendes
d'avril, de mai, juin, juillet, août, septembre et octobre), et
avoir par devant un autel contenant ses ossements : « ara
ponatur ante œdijicium in qua ossa mea reponantur; » mais
qu'il y est aussi prescrit d'entourer cette cella d'un bosquet et de
vergers : « colaturque id œdificium et ea pomaria et lacus (1. locus
ou plutôt lucus) » par trois topiaires. Qu'il y eût fréquemment
autour des tombeaux des jardins, des vignes qui faisaient partie
de l'enceinte consacrée par la religion et qui étaient considérés
comme un terrain dépendant du monument : area adjecta, quœ
( * ) « Est urbe egressis tumulus (hauteur) templumque vetuslum
" Desertœ Cereris, juxlaque antiqua cupressus,
Religione patrum multos servata per annos. >
VlRC, Aeneid., il, 713.
' Me tegat arborea dévia terra coma,
" Aut humet ignotse cumulus vallatus arensB,
» Non juvat in média nomen habere via. »
PftOPERl., III, I2"î.
(•) Documeni publié, pour la première fois, par le D' Kiessling.Voir \e Mémorial
helne^W, 126.
— 125 —
ceUit monumento, c'est chose qu'on ne peut mettre en doute {*).
Les païens, dit un auteur, ne croyaient pouvoir mieux pourvoir
k l'inviolabilité des tombeaux que de les entourer d'arbres con-
sacrés aux Dieux. Ils préféraient, à cette fin, ceux qui, restant
toujours verts, comme le buis, le cyprès, le laurier, leur sem-
blaient pouvoir le mieux les couvrir de leur ombre et être les
plus agréables aux Mânes (-).
IL Ce fut au mois de décembre 1872, que l'honorable et
savant secrétaire de YInstitiit archéologique liégeois me fit savoir
que la Compagnie venait d'obtenir de M. Ferd. Cartuyvels-de-
Collaert, rentier à Blehen, la bienveillante permission d'opérer
des fouilles dans la tombe dont il est propriétaire, et qu'elle
avait ratifié les conditions généreuses qu'il y avait apposées.
De ces conditions, je ne citerai que la plus importante, mais
qui prouve le désintéressement de son auteur, ainsi que son
amour pour la science : « Si l'on trouve, y est-il dit, des objets
d'or ou d'argent dont la valeur intrinsèque comme métal dépas-
serait 100 fi'., cette valeur me sera payée par la Société d'ar-
chéologie, déduction faite des frais de recherches; il est entendu
que la plus value comme objet d'art ou d'antiquité ne sera pas
comptée » (').
Mais à peine avais-je reçu l'honorable commission de diriger
ces fouilles, que celui qui m'en avait informé quitta le secréta-
riat, étant promu (janv. 1873) au poste de conservateur des
(•) Voir Fabrett! . Inscr. domest., p d03, 223 ; — Marini, hcr. Alban., p. M«,
H9, Art'., p. 229, 230.
(*) Aujourdhui, comme au moyen-âge, c'est un fait admis que la plantation ou
la végétation constitue un moyen puissant, pour maintenir la salubrilf- dans les
cimetières.
(') Mais ni or, ni argent ne s'est trouve dans le caveau du tumulus de Blehen.
C'aurait été, du reste, contraire à la Loi des XII Tables (faite environ 450 ans av.
J.-C.) qui défendait le dépôt dans les tombeaux des objets en ce métal, De jure
xaeror., § io : « Neve aurum addilo : asl quo auro dentés vincti erunt, imo cum
» illo sepelire urereve sine fraude esto. >
126
archives de l'Etat à Namur. Après son départ, plusieurs cir-
constances qu'il est inutile d'indiquer ici, vinrent m'empêcher
de mettre la main à l'œuvre immédiatement. Ce ne fut donc
qu'en février de l'année suivante que les conditions, conve-
nablement larges, dictées par le zèle éclairé de la savante
Société elle-même, me permirent de commencer ces fouilles
qui semblaient n'être pas dépourvues de périls et de diffi-
cultés.
La tombe de Blehen, dont l'intérieur est sillonné en tous sens
par de nombreux terriers de renards, était, avant nos répara-
tions, assez défigurée à l'extérieur. Elle se trouve assise sur
une colline peu inclinée au Nord, mais surtout à l'Est, et elle-
même est inclinée dans le même sens. Elle a k sa base une
circonférence de 98 mètres et au sommet de 27 m. Son éléva-
tion oblique h l'Ouest et au Midi est de 10 m., et de 13 m. au
Nord et à l'Est. Il y a du Midi jusqu'au Centre (tilleul) une lon-
gueur horizontale de 16 mètres.
Il n'est pas sans intérêt d'observer de quel côté se trouve
l'inclinaison de la colline ou la grande pente latérale d'une
tombe belgo-romaine, si elle est à l'Est ou à l'Ouest ; en suppo-
sant, en efïet, le sommet de la tombe divisé en quatre quartiers
égaux par deux lignes se croisant, dont l'une va du Nord (plutôt
du Nord-Est) au Sud, et l'autre de l'Est ù l'Ouest (pi. I, lit. A),
alors, si la pente allongée est du côté de l'Est, le caveau, si
caveau il y a, se trouvera, d'après l'expérience que j'ai faite
dans mes fouilles, vers le Centre, mais vers l'Ouest, touchant
toutefois aux trois autres quartiers (exemples : les tombes de
Walsbetz, de Niel, de Braives, de Blehen, etc.); il s'y trou-
vera de la même manière, mais vers l'Est, si la même grande
pente est du côté de l'Ouest (les Driitommen de Fresin-Corthys,
les Tweelommen de Petit-Fresin ('), elc). Cette disposition
(•) Il est à remarquer qu'en plaçant ces deux dernières lombes à une dizaine de
mètres plus vers l'Orient, elles auraient eu leur grande pente latérale du côté de la
'iiIIcIiikIc riiislilut AitIkmiIo.^" LiV'i^coi.s.Totiie.XllI.Paoe 126 PL.IV
Lilh.Crcmiiii.lié^e.
- 127 —
s'explique suffisamment par le motif d'empêcher les eaux de
descendre vers la chambre sépulcrale souterraine au moyen
des grandes pentes du monument extérieur. Cependant pour ce
qui concerne le caveau delà tombe de Braives, dite d'Avennes('),
déviant un peu du centre acfwd ('), la galerie a dû passer à
côté de lui, en laissant à gauche un intervalle d'un 1/2 m., et
n'aboutissant qu'à un puits de la descente des Français (^).
J'étais, en ce moment, dans la galerie, mais sur le point de
partir (pour un trajet de 2 1/2 grosses lieues que j'ai fait à plu-
sieurs reprises) et ne cessais d'engager mon digne et zélé
compagnon, M. leC"^^ G. de Looz, alors, mais plus maintenant,
un peu novice en fait de fouilles de tombes, à ne point s'amuser
à ce puits, auquel les ouvriers semblaient prendre grand inté-
rêt, mais à sonder le côté gauche de la galerie par une ouver-
ture transversale : « que là devait se trouver le caveau, si caveau
il y avait. » Le lendemain l'a prouvé à la très-grande joie de
l'explorateur.
Les fouilles dans la tombe de Blehen commencèrent le mardi
17 février 1874 par une galerie souterraine partant du Sud-
Ouest vers le centre. Cette galerie, en style ogival avec une
chaussée de Nivelles ou vers TEst, car la colline a double pente et n'a qu'un plateau
fort étroit. La même observation est applicable au ci-devant turaulus de Hémava,
se trouvant, comme je l'ai vu encore debout, derrière la Bosquaille, à l'extrémité
du territoire de Montenaken, vers Boélhe, sur un bien des anciens comtes de Looz,
et puis, du Val-Notre-Dame, lez Huy. Pareillement, soit dit ici en passant, étaient
placées aux confins de juridiction les trois tombes et les deux tombes citées, la
Bortombe de Walsbetz, la tombe de Montenaken, dite d'Avernas, etc.
(*) Ainsi dénommée, parce qu'elle est placée près des limites de la juridiction
de Braives du côté d'Avennes, comme l'une des tombes de Montenaken est dite de
Cras-Avernas, à cause qu'elle se trouve à l'extrémité du territoire vers ce dernier
village; et timme la Bor«o?n6e de Walsbetz est dite d'Attenhoven pour le même
motif.
(*) Bullet. de l'imt. arch. liég., XII, 200, pi. IV, fig. lit. F.
O Ces puits des Français m'ont souvent fourni la preuve qu'ils connaissaient
assez bien le centre ou l'endroit du caveau d'une tombe belgo-romaine; mais leur
procédé de descente verticale par le sommet, si celle-ci était tant soit peu à côté,
ou pas assez profonde, les empêchait de le vider.
- 428 -
mince plate-bande comme clef de voûte, a été faite, chose à
remarquer, avec la bêche des ouvriers (pi. I, lîg. C), comme ont
été faites aussi toutes celles, auxquelles j'ai présidé depuis
1862, sauf la toute première faite en plein cintre, style dange-
reux en terre, dans la tombe du milieu parmi les Drijtommen
de Fresin-Corthys, où j'ai heureusement trouvé une sépulture
des plus somptueuses et extrait un mobilier funéraire extraor-
dinairement remarquable (*). La galerie en ogive remplaçant
celle en plein cintre pour éviter avec plus de sûreté les ébou-
lements, fut inaugurée l'année suivante aux Tweetommen de
Petit-Fresin (Montenaken) que nous explorions en 1863 : « sys-
tème, dit M. Schuermans, d'après M. l'architecte Gérard, plus
efficace que le plein cintre pour contre-butter la poussée des
terres... Les ouvriers employés, y est-il ajouté, excellent dans
ce genre de travail (*). »
La galerie de Blehen a l'",80 en élévation et 1"',70 en largeur.
Comme nous devions respecter tant les arbres sur la tombe
que les arbustes autour de sa base, la terre n'en put être ex-
traite qu'au moyen de la pelle et sans brouette; et elle ne put
être déposée que sur le talus même de la tombe; en outre,
endurcie au soleil, cette terre étant la plus dure que nous ayons
rencontrée, le travail ne s'est pas fait sans de très-sérieuses
difficultés, d'autant plus que c'est dans la terre rapportée même
de la tombe que, contre notre habitude, nous avons dû, à
cause des arbustes, entamer la galerie, la faisant descendre
diagonalement, de manière qu'auprès du caveau elle entrait
environ 75 c. dans le sol primitif (^). Cette galerie, longue de
C) V. M. Schuermans dans ses rapports sur quelques tutnulus delà Hesbaye -.
— Fouilles dans les Drijtommen à Fresin.
(*) lbid.,p. 260, en note (tirage à part).
C) Déjà notre première galerie, pratiquée en 1862, fut souterraine et faite
horizontalement à la base de la tombe en entrant de 30 à 50 c. dans le sous-sol
dans le but d'y trouver la chambre funéraire. Je savais, en effet, déjà alors par la
tombe de Hémava, d'après le rapport que voulut bien me faire, en 1857, M. Era.
Janaar, qu'après son nivellement fait par le fermier en i85.3, le caveau avait été
— 129 —
17 m. sous la loiiibe ( ',), a élé aL-hevée, lu caveau vidé, les trous
de la lombe bouchés et les creux comblés, qui la défiguraient à
l'extérieur, au bout de 17 jours, travail fait par deux ouvriers
habiles durant iO jours, et par trois pendant les 7 derniers.
L'ensemble de tous ces travaux a coûté la somme de 100 fr.(*).
J'oubliais de mentionner qu'à l'entrée de la galerie une petite
plaque de bronze a été trouvée, longue de 5 ceniimètres et large
de 3 c. : elle a des échancrures aux deux extrémités et un très-
petit trou au milieu, et ofï're des traces de trous aux deux bouts.
Il n'est pas aisé de deviner à quoi elle peut avoir servi. Peut-
être a-t-elle appartenu au palastre d'une serrure.
trouvé à 2 mètres de profondeur au-dessous du sol cultivé. Jusques-là, l'opinion
assez commune était que celte sépulture devait être recherchée, non au-dessous,
mais à peu près au niveau ou au-dessus de ce sol. (Sch\yes, Uisi. de l'archii., I,
19.) C'est la, en effet, que le mobilier funéraire se trouve placé dans les tumulus
Franks ou Germains de l'époque de l'incinéraiion, comme, par exemple, dans la
lombe de ['Empereur {Bull, de l'Inst. arck. liég., XII, 497) ; dans les trois tombes
de Seron (Forville); les deux tumulus de Hanret, elc. Ces tombes, ainsi que les
cimetières du Haemberrj (Wals-Wezeren) ; du Tomheux (Avernas-ie-Bauduin), qui
sont de l'époque de la crémation, et généralement les cimetières (aussi de la même
époque) situés dans l'Entre-Sambre-el-Meuse, peuvent bien être qualifiés de
romains, parce qu'ils ont été établis sur le sol de Tlimpire par des sujets ou colons
qui y étaient admis ; mais ils sont proprement et « inconteslabiement » Franks ou
Germains, ayant élé faits par ceux qui n'ont élé que peu ou point romaniséft, tandis
que les Belgo-romains qui ont fait les trois tombes (Fresin), les deux tombes (Petil-
Fresin) ; la Doriombe (Walsbelz), les tombes de Braives et de Blehen, etc., l'ont été
entièrement ou à peu près Mais nous reviendrons sur ce sujel.
(* ) Le ne mètre n'a élé excavé que dans sa partie supérieure, le restant devant
servir de table, pour y déposer les objets du caveau au fur et à mesure qu'ils en
seraient extraits.
(*) Généralement les propriétaires ou gardiens de nos très-anciens monuments
archéologiques qu'on appelle lutnulus, exigent qu'après exploration, on bouche
immédiatement la galerie. M. Cartuyvels, de son côté, a voulu, dans l'intérêt des
curieux, que la sienne restât ouverte et dans le même état oii elle se trouvait au
moment où nous l'avons quittée, de sorte que galerie, couches de la terre rapportée ou
de celle du sous-sol, table, caveau et même terriers de renards, etc. peuvent, encore
aujourd'hui, èlre vus et examinés, comme nous l'avons fait alors. Un seul changement
y a été apporté. Par une sollicitude intelligente du propriétaire, afin de prévenir les
dégradations ou les éboulemenls, la terre de l'entrée de la galerie a été remplacée
par un mur fait dans le style de la galerie.
- 130 —
La grande galerie ne passant que sur un des coins du caveau
dans la largeur de 25 c. (pi. I, flg. C), ce fut au moyen d'une
petite galerie transversale, faite dans sa direction, que le vendredi
6 mars les objets y déposés purent être extraits avec sécurité
et facilité (')• La tombe de Blehen, peu visible à cause du bois,
a eu le grand privilège de ne pas avoir été visitée par les Fran-
çais. Aucune trace de leur descente n'a été remarquée. Pareille
descente s'est montrée très-apparente pendant mes fouilles dans
les Tweetommen (Petit-Fresin), dans la tombe de Montenaken,
dite d'Avernas, dans celle d'Avernas-le-Bauduin; on l'a retrou-
vée aussi dans les tombes de Braives, de l'Empereur, etc. ('^).
Au côté Nord du caveau, à la distance de 50 c. on voit (pi. I,
flg. C), un trou rond de 15 c. de diamètre, descendant dans le
sous-sol jusqu'à 1"',60, c'est-à-dire 50 c. plus profondément que
le caveau même et s'élevant au-dessus de lui, et pas davantage,
jusqu'à environ 1 m. dans la terre rapportée de la tombe. Un
bois ou gros pieu doit y avoir été fiché pour indiquer la fosse
sépulcrale et guider les ouvriers à donsier au monument la
forme voulue, lequel alors, comme aujourd'hui, n'était proba-
blement pas toujours élevé immédiatement après la sépulture (');
(*) Ce fut alors que le propriétaire de la tombe a pu se convaincre qu'étant au
sommet du tumulus, le jour de l'inauguration de la galerie, l'endroit de la sépulture
lui avait été assez exactement indiqué, comme devant être à coté du tilleul qui s'y
trouve.
(•) C'est le génie des armées françaises, hivernant dans ces contrées sous Louis
XIV, quia fait ces fouilles dans un grand nombre de lombes de la Hesbaye. C'est
par le sommet que la descente se faisait, au moyen d'un puits rond ou carré jusqu'à
\ mètre et plus dans le sous-sol, si l'on ne rencontrait pas de caveau.
C) On lit, en effet, dans Tacite, Annat., I, 62 : » Rom. exercilus, sextum post
» cladis atiuitm trium legionum ossa... condebant, priraum extruendo tumulo cespi-
» tem Cœsar posuil. » — Après lu bûcher, les cendres recueillies dans des urnes
pouvant être conservées provisoirement chez les parents, ou, si elles étaient dépo-
sées dans la fosse sépulcrale, celle-ci pouvant encore être ouverte avant la forma-
tion du tumulus, on voit qu'alors sous un même tertre il y avait possibilité et moyen
de faire double enterrement, comme il y en avait des traces à Tiiisnes (Ballet, des
comm. roy. d'art et d'arch., XIU, 460), et à Walsbetz (SCHUERM., iJapport iur
texplor. de cette tombe, p. 181), et même d'y renfermer a quatre fosses sépulcrales
— 131 —
ilaulaiil plus que le lieu devenu religieux était inviolable. Des
vestiges de pareils pieux ont été observés dans plusieurs autres
tiimuius, par exemple, dans ceux de Braives, de l'Empereur, de
Frizel, de Seron, etc. (').
III. C'est à la mémoire d'un païen qu'a été érigé le tumulus
de Blehen. Cette sépulture daio de l'époque de la crémation,
comme tout le contenu du caveau le |)rouve. L'emplacement du
bûcher n'a cependant pas été rencontré, lequel pourrait se
trouver sous la tombe plus vers l'Est, en dehors de la galerie.
Chez les Romains, la propriété des tombeaux était exclusive.
On n'admettait k la participation de la même sépulture que les
membres de la même famille avec ceux auxquels des actes
authentiques accordaient la même faveur (^). Il importe, dit
Cicéron, de posséder les monuments des ancêtres, de partager
les mêmes sacrifices et les mêmes tombeaux (/), Delà l'usage
si commun de rapporter dans la patrie les cendres de ceux qui
en mouraient éloignés. Fais transporter ii Rome, dit Ovide, mes
ossements dans une urne modique, et ainsi, après ma mort, je
disposées en quadrilatère, » comme dans le tumulus à Cortil-Noirmont (v. le Rap-
port de M. G. Van Dessel, Bull, des comm. roij. d'art et d'arcli., XIII, 481). Voir
aussi une double sépulture dans une même tombe dans le cimetière Belgo -romain
et mi-Frank de Juslenville Bull, de l'Inst. arclt. liég., IX, \H).
(• j On a dit quelque part qu'à Blehen j'ai constaté a la présence d'un fragment
de ce pieu. » Cela n'est pas exact; mais c'est des planches du cercueil ou du coffret
mortuaire que j'ai trouvé un morceau dans le fond de la fosse sépulcrale. (V. Bull,
de l'Inst., XII, o04.)
(■) Voir, à cet égard, les dispositions du testament du tombeau Gallo-romain
de Langres, dont il a été fait mention ci-dessus.
(') De Offic, ],i1 : «Magnum esse eariem habere monumenta, iisdem uti
» sacris, sepulcra babere communia; » — Item De Leiiib., Il, 22 : « Tantami
» sepulcroruni religionem, ut extra sacra et gentem inferri fas negarent esse. »
— Cet usage des tombeaux de famille, qui n'a disparu chez les Romains que quand
les croyances relatives au culte des morts se sont obscurcies, était incontestable
chez les anciens. Les mots Tâcpoi; irâxptoo;, -râ^po; rpo^ovcov reviennent sans cesse
chez les Grecs, comme chez les Latins tumulus patrius ou avitus^ sepulcrum
genlis. OviD., Trist., IV, 3, 48 ; — VelleIUs, 11, -19; — Sueton. Nero, S; Tiber,
I; — DiG., XI, S; XVIII, I, 6.
— 132 —
ne serai plus exilé ('). Tacite (-) raconte qu'Agrippiiie ramena
d'Antioche à Rome les cendres de Germanicus. De même, celles
de Trajan y furent ramenées de la Cilicie (').
On peut trouver, dans cet usage, une explication suffisante,
pourquoi, parmi nos tertres de la Hesbaye, il y en a qui, comme
le tumulus honorarius de Drusus, dont parle Suétone (*), sont
simplement honorifiques, ne renfermant aucune sépulture,
comme j'ai pu le véritier par mes fouilles dans le beau tumulus
de Monienaken, dit d'Avernas, et dans celui, au moins aussi
beau, d'Avernas-le-Bauduin, ainsi que dans ceux du Tombosch
àNiel C*).
J'ai dit que la sépulture de Blehen datait de l'époque de l'in-
cinéralion. Het usage de brûler les corps, les Romains finlro-
duisirent vers l'an 500 av. J.-C, non par raison de salubrité
publique, mais dans le but religieux de dérober les restes de
(* ; « Ossa tamen l'acito parva referantur in urna :
0 Sic ego non etiam mortuus exul ero. >>
Trist., 111, 3, G5
(») Annal., Il, 7S; III, 2.
(ô) Cantu, Hist. univ. — « Sciendnm est, dit Servius in V. Aeneid., quod apud
» majores, ubi quis, ubicumque fuissel exstinclus, ad domum suam referebalur.
( *j In Claud., I.
{') Si l'on excepte les « plaies-tombes, «très-étendues, mais peu élevées, de Fresin,
de Wamont, de Warerame, etc., qu'on peut regarder comme des retranchements
romains, faits dans le III« ou IV'' siècle; si l'on excepte, en outre, les tombes très-
élevées et moins étendues, placées près de la grande chaussée de Bavay à Tongres,
comme sont les deux tombes « du Bois-aux-Tombos, » près de Waremme, et les
deux tombes du Soleil à Embresin, qui, pour la même époque, nous semblent avoir
été (les mottes de défense, comme ont été celles faites en grand nombre au moyen -
âge, moins élevées cependant, mais plus spacieuses, — toutes nos autres tombes
belgo-romaines, contenant sépulture réelle ou n'étant qu'honorifiques, n'ont pas reçu,
croyons-nous, une telle destination de défense, ni été établies comme moyen de
communication par feux ou aulre» signes, parce que d'abord cette destination seyait
moins à leur caractère de lieux religieux ; et puis, à cause du nombre de points de
solution de continuité , bien plus grand anciennement qu'aujourd'hui, presque
toutes les hauteurs étant boisées alors. Du reste, qu'en temps de guerre, on les ait
parfois utilisées, soit pour défense, soit autrement, qui en doutera, puisque les
armées ont su, en tout temps, tirer avantage de tout.
— 133 —
leurs morts aux outrages des vainqueurs ( '). Eu effet, étant
toujours en guerre avec les peuples du Latium et de l'Italie, ils
ne tardèrent pas à s'apercevoir que leurs ennemis ne craignaient
point d'exhumer les cadavres et de profaner les tombeaux; ce
qui fit cesser le mode d'inhumation, et la (îoutume de brûler
devint bientôt générale. Quelques familles aristocratiques seules
refusèrent d'adopter le rit des bûchers funèbres. Cicéron (de
Leg., II), n'en compte que (rois et cite, entre autres, la famille
Cornelia que Sylla, sorti de cette antique race, fit entrer dans
l'ordre commun par crainte qu'on ne profanât son cadavre ('-).
Le mode de sépulture par crémation a duré, en Italie et dans
l'empire romain, pendant les quatre premiers siècles de l'ère
chrétienne. Mais depuis la paix donnée à l'Eglise par fempereur
Constantin en 312, l'inhumation, dont les chrétiens n'avaient
cessé de se servir, comme l'attestent les catacombes, surtout
celles de Rome, devint successivement plus fréquente dans le
cours du IV" siècle. Macrobe, philosophe platonicien et gram-
mairien latin sous Théodose le Jeune, nous dit qu'au commen-
cement du V« siècle, la coutume de brûler les morts avait
entièrement cessé ('). A la campagne cependant et dans les
contrées, comme en plusieurs de notre Belgique, où le chris-
(') '< iEgyptii qiioque condientes sepeliunt corpora; Romani vero incendunl. >■
DiOG. Laert., in Pyrron.) — Au temps de la loi des XII Tables (f 450 av. J. C),
les deux modes restaient encore en usage, l'inhumation et la crémation, clt il est
dit De jure sacror., § 6 : « Horaincra mortuum in urbe ne sepelito neque urito. »
(*) C'est Pline, Hist., VU, o4, qui nous fournit ces renseignements : « Ipsum
•> cremare, dit-il, apud Ronianos non fuit veteris inslituti : terra condebantur. Al
» postquam longinquis bellis obrutos erui cognovere, lune institulum. Et tamen
" multae familise priscos servavere ritus, sicut in Cornelia nemo ante Syllam dicta-
» torem traditur creraatus. Idque voluisse veritum talionem, eruto C Marii cada-
- vere. »
C) Macrob., Saturn., VII, 7 : « Licet urendi corpora defunctorum usus, dit-il,
» nostro tempore nullus sit. » — Macrobe était, en l'an 422, revêtu de la dignité de
grand-maître de la garde-robe {prœfectu^ sacri cubiculi) à la Cour de cet empereur.
{Biographie univ , vl"j Macrobe.) — Ce régime de l'incinération devait être un assez
grand obstacle à la recherche des crimes après la mort, surtout des empoisonne-
ments qui n'étaient pas rares à Rome.
— 134 —
lianisme tarda de pénétrer, l'usage de l'incinération aura duré
plus longtemps qu'ailleurs, et surtout chez ce grand nombre de
Germains ou Franks qui, depuis la fin du IIl'^ siècle et pendant
le 1V«, ne cessant de faire des invasions dans les Gaules et prin-
cipalement dans notre pays, y furent admis comme colons sur
le territoire de l'empire, on même s'y établirent de leur propre
autorité.
Le mode de sépulture par inhumation est certainement le plus
ancien. « Ipsum cremare apud Romanos non fuit veteris iiisti-
tuli, » a dit Pline. Il date du berceau du genre humain. Mis en
usage par les Patriarches, les Hébreux et tous les Orientaux,
les chrétiens l'ont continué jusqu'à nos jouis. Aux yeux de
Gicéron, c'est le mode le plus naturel et le plus digne de la
nature humaine. Quoi de plus naturel en effet, dit-il, le corps
de l'homme étant formé de la terre, que de le faire rentrer dans
le sein de sa mère, pour en être couvert C). Si nous enterrons
les corps sans les brûler, ce n'est pas. répond M. Minutius
Félix (III" siècle, njjf/o) au païen GîBcilius, que nous craignions
qu'il ne reste plus rien pour la résurrection, après que les
flammes les auraient consumés (^) ; mais c'est jiarce que l'inhu-
mation est le mode le plus ancien et le meilleur ou le plus
digne {').
La combustion totale et l'incinération d'un cadavre humnin
devaient être une opération diflicile. Pour réussir, en effet, à
incinérer complètement une masse organisée aussi considé-
rable, formée de substances riches en carbone et imprégnée
d'une grande quantité d'eau, il fallait la porter et la maintenir à
( ' ' CiCFR., De Ler/ib., II : « Mihi quidem antiquissiitium sepultura' gcnus fuisse
» videlur, qiio apud Xenophonlem Cyrus ulilur -. redditur enim lerra" corpus, et ila
» localum ac situm quasi operimento raalris obducitur. i-
(*) Celui, en cITet, qui sera assez puissant pour ressusciter les cendres des corps
inhnmés, le serait-il moins pour ressuscilur les cendres des morts hiciuérés'/
(') « Nec, ut creditis, ullum damnuin sepullurre timemus, sed veierem el mclio-
> letn consueludinemhumandi frequenlamus. » (M. Felicis Octavius, XI et XXXIV ;
Mignc, Pairol. lui., 111, col. ^H.)
135
iiiio tempénituce élevée ei en présence d'un volume d'oxygène
ou d'air considérable (').
Donnons-en un exemple. La relation suivante (^) d'une céré-
monie de ce genre, pratiquée, il n'y a pas fort longtemps, sur
les bords de l'Arno à Florence, indique assez bien le procédé
et la difficulté d'une crémation au bûcher. « A minuit sonnant,
y est-il dit, fut apportée la dépouille mortelle de S. A. le prince
indien Rajah de Kellapore. Le bûcher consistait en une pile de
bois de 1"\50 carrés (''), fixée et retenue au sol par sept barres
de 8 mètres de longueur ; un second tas de bois était épars sur
le sol.
» Après certaines cérémonies religieuses, le bûcher fut sau-
poudré de camphre et d'arômes ; puis, on déposa à la partie
supérieure le corps entièrement enduit de nephtaline pure. La
figure était cachée pnr un masque de matière onctueuse et tous
les membres recouverts de matières résineuses, de feuilles de
bétel, de parfums, de poudre de bois de santal. On recouvrit
alors le corps d'autres morceaux de bois, alternés avec des
matières inflammables; puis le plus proche parent du prince
mit le feu au bûcher.
» Quoique la flamme fût alimentée par un vent impétueux, le
cadavre était à peine consumé à 7 heures du matin; à 40 h., le
feu était presque éteint, et il ne testait plus sur place qu'un
monceau de cendres. Le prêtre Indien en recueillit une petite
quantité au centre du bûcher; le reste fut jeté au vent dans la
direction de l'Arno (M- »
(*) L'antique procédé des bûchers est encore en usage dans certaines parties de
linde. Nos magasins de combustibles, nos forêts mêmes y suffiraient à peine.
'*; Faite par le Df G. Pini dans la Gazette de Milan.
(') 1 Ingenteui struxere pyrum, » avait dit Virgile.
{*) Chez les anciens, les cendres et les restes des ossements humains étaient
recueillis dans des urnes cinéraires. Sous les Romains, dans les provinces, les
cendres du peuple, du colon, de l'industriel étaient déposées dans un caveau à
petites dimensions dans le cimetière; et celles du riche, du grand personnage,
civil ou militaire, dans une ample et profonde chambre sépulcrale isolée, surmontée
136
Difficile et coûteuse devait être une crémation, au procédé
antique, mais encore plus effrayante : « atrocissime exurit, » a
dit TertuUien. En effet, sous l'action de la chaleur, les muscles
se crispent et se rétractent vivement en taisant entrer les cada-
vres en convulsion. Cette animatiou posthume devait impres-
sionner péniblement les assistants. Il arrivait même qu'au milieu
de ces mouvements désordonnés, le cadavre s'échappait parfois
du biîcher. Une telle chute était regardée, dans l'anliquité,
comme un funeste présage. C'est ainsi que s'exprime Pline-
l'Ancien h l'occasion des funérailles de Lepidus. D'après M. le
Comte de Beauvoir (^), qui a assisté h une pareille cérémonie
funèbre h Bangkok, dans le royaume de Siam, il est peu de
spectacles qui soient aussi horribles pour les vivants, et qui
fassent sur l'âme une impression plus destinée à revenir dans
les nuits blanches comme un torturant cauchemar. «Nous nous
tenions, dit-il, à une vingtaine de mètres, pourne point gêner
les superstitions locales, et voici ce que nous voyons. Le corps
enseveli dans du linge bUmc, est tiré du cercueil et déposé datis
le kiosque, au-dessus d'une triple rangée de fagots desséchés.
Le Chao-hiein-balat, ou premier vicaire des talapoins, allume le
bûcher : la flamme s'élève ; sa lumière même et la première
fumée épaisse dérobent tout h nos yeux : peu à peu la flamme
tombe, la fumée s'évanouit, le brasier reste; alors le cadavre
apparaît an sommet, et les chairs crépitent affreusement au
milieu du silence religieux des spectateurs. Mais comme c'est
un mort frais de la veille, ses nerfs et ses muscles se cris|)ent
sous l'action du feu cuisant : les bras se toideni, les phalanges
s'agitent, les jambes se contractent et repoussent la braise. S'il
n'était connu en physique qu'un chat mort mis sur le gril gigote
comme une grenouille vivante, nous devrions croire que le
(l'un monument, soit torabe:iu, soit tumuliis, sépulture de luxe. (M. Van Bastelaek,
liitlkl. des comm. roy. d'un et d'arcfi., XV, 271.) — Voir pour l'érection d'un
inmulus et les rites funèbres, Virgile, Àen., VI, ;\ ; III, »i!2-68 ; VI, 21:2-23.').
( • ) Voijaijf. (iiiiniir du monde.
— 137 —
mniheureux se réveille et revient à la vie! Mais le corps
d'homme levant et secouant les membres dans des convulsions
saccadées, et semblant se pâmer de douleur sur le feu ardent,
me glace, je l'avoue, dit le Comte, le sang dans les veines. Oh !
non, s'écrie-t-il, je ne veux pas mourir ici. »
En Italie, quand il s'agissait d'un grand, on le portait au
bûcher, la figure découverte, sur le lit mortuaire ou lit de
parade, funebris lectus, sur lequel il avait été exposé ('). Ce lit
avait la forme d'une large litière, lectica (-), que les parents ou
amis du mort portaient sur les épaules et que l'on nommait
aussi feretrum (d'où fierté) hexaphorum ou octophorum ('). Ce lit
ou litière était posé sur le bûcher et brûlé avec le corps. Quand
il s'agissait du peuple, le lit de parad*^ était supprimé et rem-
placé par un simple cercueil ou coffre de bois qui portait le nom
A'arca {*). Celte arca ou sandapila était le lit de parade plébéien
que l'on déposait avec le corps sur le bûcher et qu'on brûlait.
C'est pourquoi l^ucain a dit : « Donnez du moins à ce héros
» l'infime cercueil populaire, dût ce mauvais coffret laisser
» échapper les membres lacérés sur un bûcher privé de liba-
» tions (^) »
Quant à ce qu'on avait coutume de brûler avec le cadavre,
Servius nous apprend que les hommes courageux faisaient
brûler avec eux leurs armes et tout ce à quoi ils avaient été
(•) D'après M. Van Bastelaer, dans son beau et savant travail sur les Coffrets
de sépulture en Belgique à l'époque Romaine et à l'époque Franque ( Bullel. des
comm. roy. d'art et d'arch., XV, 284), — auquel je n'ai pu m'empècher de faire
quelques emprunts, — dans la Gaule, on prit l'habitude de couvrir la figure du mort
et l'on portail le cadavre au bûcher dans une arca ou cercueil de crémation (coffret
bustuaire), moins riche que le coffret tumutaire, en négligeant la litière ouverte.
(*) V. Anth. Rich, y^'' Lectica.
(') « Filii et generi humeris suis lectum per Urbem latum rogo imposuerunt. »
[Val. Max., VII, i, 1.) — « Pars ingenti subiere feretro. » [Virgil., /4eH.,VI,2!2o.)
(*) « Cadavera conservas vili portanda locabat in arca. <> (Horat., Sa<., 1,8, 9.)
(') a Da vilem Magno plebeii funeris arcam, — Qiiae lacerum corpus siccos
- effunda in ignés. -> (Lucan., Pliars., VIII, 7.36.
— 138 —
fort allachés pendant la vie ('). Par l'une des dernières dispo-
sitions du testament de Langres, dont nous avons déjà fait
mention, le défunt veut qu'on brûle avec lui tout son attirail de
chasse et de tenderie, y compris lances, épées, coutelas, filets,
toiles, lacets, lits, tentes, épouvantails, ainsi que tous les usten-
siles de bain, ses litières, sa chaise aux porteurs, avec tous les
onguents et instruments servant h cet usage, sa liburne en jonc
avec tout ce qu'elle contient, de même que ses robes, tant
damassées que brodées, et tous ses sièges en cornes d'élans H.
Je n'ai retrouvé de tout ce qui a passé par le feu du bûcher
de Blelien, que deux lames de couteaux pointus avec les bouts
du manche (pi. II, fig. a) ; un couperet ou hache (pi. II, tig. c);
le manche ou le ressort des ciseaux de tondeur de moutons (pi.
II, Jlg. b) ; puis un ciseau de menuisier et une gouge, objets
brisés et trop défigurés par le feu pour être représentés d'une
manière reconnaissable; enfin, outre un morceau de charbon
de bois, quelques clous, dont les uns, provenant du coffret
busluaire ou de crémation, avaient subi l'action du feu, mais pas
les autres ayant appartenu au coffret de sépulture. Par respect
pour les restes humains, les quelques petits bouts d'ossements
à demi-incinérés, ainsi que deux dents molaires, avec les
cendres, ont été remis sous la tombe à côté de l'ancienne
sépulture, où ils avaient reposé pendant tant de siècles.
D'après les plus vieilles croyances altérées des Italiens et des
Grecs, ce n'était pas dans un monde étranger à celui-ci que
(1) « Fortiura virorurn sin ipsis tuneribus arma apud veteres consumebantur ;
>' nec solumhaeCjSed et cœtera, qute habiiissent carissima. v {Se^vivs, Ad Aeneid.,
VI, 217 , où Virgile dit qu'au sommet du bûcher de Misène brillaient ses armes
« Fulgentibus armis »
(*} « Volo aulem omne insirumontnm meii;i), quod ad vcnandum et aucupandum
» paravi, raecum cremari cum lanciis, ghidiis, cullris, relibus, plagis, l;iqueis,
X Ihalamis, tnbernaculis, formidinihus, balnearibus. leclicis, sella gestîitoria, et
1. onini medicamenlo et instrumenlo illius sludii ; — el navem liburnam ex scirpo,
. ila ul inde nihil subtrahalur; et vestis polyrailic et plumai;*' quidquid reli-
(jiiiM'ii — '■( sellas omrics l'x curiiibus alriiiis. »
'1 \r
,-iii/.î on a i'vchelk (Je u,2up.liii
^^
||„||,.li,, Jr riuslilul AiTlirulir;' l.irin.is l.mic Mil i'-.yiv lôK
l-Vi 6,
Tombe de Blehen
Cuvau , ■„-,■.■ Omicihl,. l-.(n.
fi'i4.-
i3
Fouilles, DE LA Tombe DE Blehen - Caveau, Cercueil a- Objets Trouvés.
iij l'rr/»*' i/r .M',.;i ;«,
(,
-- 139 —
l'âme allait passer sa seconde existence. On a cru pendant fort
longtemps que dans celle seconde exislence l'âme restait asso-
ciée au corps. Née avec lui, la mort ne l'en séparait pas ; elle
s'enfermait avec lui dans le tombeau. De ces vieilles croyances
témoignent les rites de sépulture « qui ont survécu de beaucoup,
dit M. Fustel de Coulanges ('), à ces croyances primitives;
mais qui certainement sont nés avec elles et peuvent nous les
faire comprendre. »
Les rites de la sépulture montrent clairement, dit le même
auteur, que lorsqu'on mettait un corps au sépulcre, on croyait
en même temps y mettre quelque chose de vivant. Virgile, qui
décrit toujours avec tant de précision et de scrupule les céré-
monies religieuses, termine le récit des funérailles de Polydore
par ces mots : Nous enfermons l'âme dans le tombeau (^). Ce
n'est pas que celte expression répondît aux idées que les écri-
vains de son siècle se faisaient de l'âme, « mais c'est que depuis
un temps immémorial elle s'était perpétuée dans le langage
attestant d'antiques et vulgaires croyances. » C'était une cou-
tume, à la fin de la cérémonie funèbre, d'appeler trois fois
l'âme du mort par le nom (ju'il avait porté. On lui souhaitait de
vivre heureuse sous la terre. Trois fois on lui disait : porte-toi
bien. On ajoutait: que la terre te soit légère (^), Tant on croyait
que l'être allait continuer à vivre sous cette terre, et qu'il y
conservait le sentiment du bien-être et de la souffrance ! On
écrivait sur le tombeau (stèle ou cippe) que l'homme reposait
là ; expression qui a survécu à ces croyances et qui de siècle
en siècle est arrivée jusqu'à nous. Nous l'employons encore,
par pure habitude, et bien qu'assurément personne aujourd'hui
ne pense que pour le présent, un être immortel repose dans un
tombeau. « Mais dans l'antiquité on croyait si fermement qu'un
{*) La cité antique, L. I, cli. {<".
(*) Aen., IH, 67. — La môtne expression se trouve dans Ovtde, Fast., V, 4;;i.
(s) Iliade, XXHI, 221 ; — Virg., Aen., III, 68 ; — Catull , Î18, 10 ; — Ovin.,
Trist., IJI, S, -IS ; Mélam., X, 62 ; — JuvEN., VII, 207.
— 140 -
homme vivait là, dit M. Fustel de Coulantes (/. cit.), qu'on iio
manquait jamais d'enterrer avec lui les objets dont on supposait
qu'il avait besoin, des vêlements, des vases, des armes. On
répandait du vin sur la tombe pour étancher sa soif; on y pla-
çait des aliments pour apaiser sa faim. On égorgeait des
chevaux et des esclaves dans la pensée que ces êtres enfermés
avec le mort le serviiaient dans le tombeau, comme ils avaient
fait pendant la vie (M- »
Il ne suffisait pas que le corps ou les cendres fussent mis en
terre, il fallait encore observer les rites traditionnels et pro-
noncer les formules déterminées. Plante donne l'histoire d'un
revenant dont l'âme était forcément errante, parce que son
corps a été mis en terre sans que les rites aient été observés.
Suétone raconte que le corps de Caligula ayant été mis en lerre
sans que la cérémonie funèbre fût accomplie, il en résulta que
son âme fut errante et qu'elle apparut aux vivants, jusqu'au jour
où l'on se décida de déterrer le corps et à lui donner une sépul-
ture suivant les règles. Ces deux exemples montrent clairement
quel effet on attribuait aux rites et aux formules de la céré-
monie funèbre. Puisque sans eux les âmes étaient errantes ei
se montraient aux vivants, c'est donc que par eux elles étaient
fixées et enfermées dans leurs tombeaux {^).
(•; Dans le passage suivant, De resurrect. camis, C. I, Terlullien fait connaître,
nu commencement du III» siècle, outre le motif du grand respect des chrétiens
pour les corps des morts, la disparution complète des croyances primitives chez les
païens, ainsi que la gourmandise des vivants dans les repas funéraires : « Fidiicia
' Chiislianorura, dit-il, resurrectio morluorum Sed vulgus irridet, exisiimans
uihil siipcicsse posi mortem ; et tamen defiinctis parcnlant et quidem impimsis-
» siniù officio, pro moribus eonim ; pro temporibus esculentorum ; ut quos negnni
» seiiiiic quicf/iiam, escam dcsiderare pr;t'sumant. At ego magis ridebo vulgus.
I) tunf qiioque, cum ipsos defunctos alrocissime exurit, quos postmodum gulosis-
» simc nulrit, iisdem ignibus el promerens et offendens. 0 pielatem de crudelitate
» ludcnlem ! » — C,o t,?xle de Terlullien, comme aussi celui de Minucius Fdlix.citii
plus limt, prouvent que la crrmation était encore en pleine vigueur chez les païens,
au coi.irnencement du Ill<^ siècle. De même quelques anciens rites funèbres étaient
encore observés.
( *"i 11 y avait aussi des formules d'évoquer les âmes el de lej faire sortir momen-
i:irii ment du sépulcre.
141
Les rites de la sépulture tels que nous venons de les indiquer,
étaient manilésiement eu désaccord avec la croyance au Tartare
et aux Champs-Elysées : preuve qu'à l'époque où ces rites
s'établirenl, on n'y croyait pas encore. Une habitude chance-
lante seule a tait durer ces rites jusqu'au liiomplie du Christia-
nisme; mais depuis lors, ds sont, en partie, tombés insensible-
ment en désuétude.
On croyaii, avons-nous dit, que l'être qui vivait sous la terre
n'avait pas cessé d'avoir besoin de nouiriture. Aussi à certains
jours de l'année, portait-on un repas à chaque tombeau. Ovide
et Virgile nous ont donné la description de cette cérémonie
dont l'usage s'était conservé intact jusqu'à leur époque, quoique
les croyances se fussent déjà entièrement transformées. Ils
nous montrent qu'on entourait le tombeau de vastes guirlandes
d'herbes et de fleurs, qu'on y plaçait des gâteaux, des fruits,
du sel, et qu'on y versait du lait, du vin, quelquefois le sang
d'une victime (').
Chez les païens, les morts passaient pour des êtres sacrés.
Les Grecs donnaient aux morts le nom de Dieux souterrains ;
les Romains, celui de Dieux Mânes : « Rendez aux Dieux
Mânes ce qui leur est dû, dit Cicéron ; ce sont des hommes qui
ont quitté la vie, tenez-les pour des êtres divins i^). « Les tom-
beaux éiaieni les temples de ces divinités.
Los fnnéi ailles ne pouvaient être religieusement accomplies
que par le parent le plus proche. Quant au repas funèbre qui
se renouvelait ensuite à des époques déterminées, la famille
seule avait le droit d'y assister, et tout étranger en était sévè-
rement exclu ('").
(') Viac, Aeii., ni, 300 et sq., V, 77; — Ovide, Fasi., II, 540.
;*) (;ic.. De Lecjib., II, 9 ; — Varron dans S. Aug., Cité de Dieu, VIII, ^ti.
(') Varron, De Lhuj. [at., VI, 13 : « Ferunt epulas ad sepulcrum quibus jus ibi
parentare » : car primitivement chez les païens, le culte des moris était uniquement
le culle des ancêtres. — 11 n'a pas été facile de déraciner ces rites païens et gour-
mands des repas funèbres. Au IV* siècle, S. Augustin, Serm. 15 de Sanctis,
— 142 —
Si, comme nous venons de le voir, les rites de sépulture
fondés primitivement chez les païens sur leur ancieinie
croyance que les âmes dans leur seconde existence restaient
dans le tombeau associées au corps en conservant le sentiment
du bien-être et de la souffrance; si ces cérémonies lunèbies
étaient, au temps de Virgile et d'Ovide, en complet désaccord
avec les croyances d'alors, et n'étaient plus que des habitudes
ou que d'anciens usages dépourvus de tout fondement doctrinal,
— par conséquent les chrétiens de la période des catacombes
purent continuer ces usages devenus civils et auxquels ils
avaient été habitués avant leur conversion ; d'autant plus que
c'est chez l'homme de tous les temps un sentiment naturel de
montrer, par des signes qui honorent, son affection, son respect
pour les restes mortels de ceux qui lui ont été chers pendant la
vie. « Tous les peuples de l'antiquité, dit M. l'abbé Martigny,
aimaient à orner et h meubler pour ainsi dire la tombe par des
objets qui servaient aux besoins comme aux plaisirs de la vie.
C'était une espèce d'illusion au moyen de laquelle on semblait
eondauineces pratiques chez les chrétiens : « Miror,dil-ii,cur apudquosdam infidèles
» hodie (à l'occasion de la fête de la chaire de S. Pierre à Anlioche) tam pernicio-
» sus error incurrerit, ut super tumulos defunctorum cibos et viiia conférant quasi
» egressœ de corporibus animœ carnales cibos requirant. » — Dans un autre
endroit, De Morib. Eccl. Cach., I, 34, S. Augustin dit : « Nolitc consectari turbas
» imperiiorum, qui vel in ipsa vera religione superstitiosi sunt. . Novi multosesse
« qui luxuriosissime super morluos bibant, et epulas cadaverilius exbibentes super
" sepuitos seipsos sepeliant et voracitates ebrielalesque suas de|iutent reiigioni. »
— J'y ajouterai un passage de S. Gaudence, évèque de Bresce if 4!20), sur l'origine
gourmande de ces festins funéraires : « Partes idolalria sunt, dit-il Serm. IV de
» Exod. leciion.), parenialia Nara gulœ su;e causa primura caeperunl liomines
» prandia niorluis pisepaiarc. qu;e ip>i comcderenl ; post lui'c eliam saci'iiicia ausi
j> sunt eis sacrilega celebrare, quamvis nec ipsi mortuis suis raunus sacrificent,
» qui exercent parentalia, dum super sepulcrorum mensas Iremulis ebrielale naani-
» bus vina lundentes, spiritum sitire balbutiunl. » — Voir aussi S. Pierre Chryso-
logue, évéque de Havennc, au môme V*^ siècle : Seim. XVII de Dœinoniaco.
Leur conlcmporain, S. Paulin de Noie, excuse, jusqu'à un certain point, les festins
aux tombeaux des Martyrs, à cause de la simplicité de ceux qui les faisaient {Natal.
IX oupoetna XXVII, 562).
143
prolonger l'existence au-delà de ses limites ('). » Cet « usage
d'orner et, pour ainsi dire, de meubler la tombe, selon M.
Raoul-Rochette, paraît remonter au berceau même de la civili-
sation oi'ienlale ('^). » P;irmi les objets trouvés dans les tom-
beaux ciirétiens, M. l'abbé Martigny (/. cit.) énumère : l*' des
tissus d'or; 2' des bijoux et meubles de toilette (de toute espèce);
3° des lampes; 4" des monnaies antiques fixées en grand nombre
aux sépultures chrétiennes des catacombes ('') ; 5° des plantes
toujours vertes ; 6" des instruments de supplice Devant l'as-
pect général des sépultures chrétiennes dans les catacombes de
Rome, ornées au dedans et au dehors d'une foule d'objets de
toute espèce et de toute matière, « à la présence desquels, dit
M. Raoul-Rochette (*), devaient certainement se rattacher des
intentions pieuses et des idées symboliques, » devant ini pareil
fait, la première! observation qui se présente à fesprit du savant
et pieux Roldetti... « c'est qu'en décorant les tombeaux de leurs
Irères de tant d'objets de pur ornement ou dusage réel, les
chrétiens n'avaient pu être dirigés que par ce motif d'espérance
qui leur faisait considérer le tombeau comme un lieu de passage,
d'où ils devaient sortir avec toutes les conditions de l'immorta-
lité, et la mort comme un sommeil paisible, au sein duquel il
ne pouvait leur être indifférent de se trouver environnés des
objets qui leur avaient été chers durant la vie, ou de l'image
do ces objets (^).
i ') Diction, des aiiiiq. chrét., \^'" Objets trouvés dam les tombeaux chrét.
- ) Tableau des catacombes de Rome, chap. V.
("j Ces monnaies, dit le même auteur, « n'y figurent le plus souvent qu'à titre
de pur ornement ; quelquefois, ajoute t-il, pour indiquer l'époque de la sépulture
par le règne des empereurs auxquels ces monnaies appartiennent. « De cette
iiiteniiou p ,, ticulière de marquer la date par les monnaies de sépulture, aucun texie
ni témoignage ancien ne peut être allégué qui la prouve, soit chez les païens, soit
chez les chrétiens. Tout semble contredire une pareille opinion. Nous devons y
revenir.
(') Tabl. des caiac. de Rome, ch. V.
;'j BoLDETTi, Ob^ervazioni, etc., p. 49S, apud Raoul-Rochette, loc. cit. — Pour
compléter cette idée de tous les temps de meubler, d'embellir et, pour ainsi dire,
- 144 —
IV. L'étude du caveau de Blelieii et de son cercueil ou coffret
de sépulture offre uu certain intérêt archéologique, non pas
tant pour le mobilier funéraire qui y est contenu, mais surtout
à cause de plusieurs particularités dignes d'être observées.
D'abord quant à la fosse, évidée avec la bêche dans le sous-sol,
son axe est plus directement dirigé vers l'Est ; dans les
tumulus de Fresin, de Wals-Beetz et de Braives, elle l'est plus
veis le Nord. Ses parois retrouvées dans leur état primitif, ont
été faites en talus ; dans les tombes nommées, elles étaient
droites ou verticales. Gomme notre galerie descendait jusqu'à
75 c. dans le sous-sol, ainsi que la petite galerie transversale
faite au même niveau au-dessus du caveau, nous n'en avons
plus retrouvé les parois de la fosse qu'à la hauteur de 35 c.
Sa profondeur totale était de 1"',10 ('), sa longueur de l'",50. A
d'animer la tombe, ajoutons ces deux passages empruntés à M. Murcier, La sépuli.
chrét. en France du A7« an .YF/e siècle : « Le Franc, dit-il, pag. XI (après la chute
de l'empire romain), était inhumé entier, quelquefois assis, plus souvent couché sur
le dos, dans un cotVre de bois ou dans un cercueil de pierre. 11 descend dans la
tombe, armé en guerre, le casque sur la tête, la lance dans une main, le bouclier
dans l'autre, la hache entre les jambes et le glaive fixé au ceinturon. Son cou, ses
oreilles, ses bras sont chargés de colliers et de bijoux grossiers, fruits de ses
conquêtes. Il a déjà la face tournée vers le ciel, les pieds du cote où le soleil se
lève. » — bans la suite « beaucoup, dit-il, p. 47, 22, étaient enterrés avec les
habits et les attributs de leur profession, et les objets qui leur avaient servi
vivants. » Quant aux simples fidèles, p. 23, « on enterrait avec ceux-ci une partie
des objets qu'ils avaient aimés, ou du moins dont ils s'étaient servis. On leur lais-
sait aussi leurs bijoux. Les chrétiens eurent pour accompagnement dans la tombe,
une croix, du charbon, de l'encens, de l'eau bénite, tous objets parlant du respect
auiiuel le corps d'un chrétien a droit, ou d'espérance dans une autre vie. » Parfois
on était aussi enterré avec des pièces de monnaie.
( ') La fosse de la tombe de Braives, dite d'Avennes, n'avait que 70 c. de pro-
fondeur sur une longueur de 2"', 10 et une largeur de 2"'; profondeur dispropor-
tionnée avec les autres dimensions. •Dullci. de l'itisi. arch. lié<j., XII, 204.) —
Les dimensions moyennes des fosses des Diijiommeti, des Tweetommcn, de Wals-
Beetz, deNiel, etc. sont d'environ 2'", 50 de prof, et de longueur sur 2'" de largeur;
les dimensifius de ces fosses dans les lombes de Middelwinden, de Celles et de
Vaux, tombes qui, comme celles de Braives et de Blehen, sont d'une époque relati-
vement récienle — sont excessivement grandes. — Les fosses de nos cimetières
Belgo-romains ctFranks ou Germains de répo(iue de la crémation ont généralement
de 60 à 70 c. de longueur et de profondeur sur environ .")U de largeur.
la hauteur indiquée de 0'",:^5, sa largeur élail encore, du cùlé de
l'Ouest, de 1"', et de 75<^ dans le fond; et à l'Est, elle était de
0", 95, mais dans le fond seulement de 70*^ (pi. II, fig. E). La
fosse était donc plus étroite du côté de l'Est, comme l'était
aussi le cercueil de bois, ou le coffret de sépulture (loculus),
que d'autres nomment caisse et même surcopiiage ('j.
Ce cercueil de bois, ce tombeau non apparent est pius diftic.le
à décrire. Je m'efforcerai cependant à le faire connaître de mon
mieux (voir pi. II, fig. E). Il devait ressembler à une huche ou
avoir la forme d'une auge ('''(.Le fond du coffret, comme ailleurs,
(') « Arca, dit s. Isidore de Séville, au commencement du VIIi^ siècle, in qua
morluus ponitur, Sarcophagum vocant. " Ce passage se rapporte, sans doute, à
l'époque non pas de crémation, mais d'ininimation, où les Franks comme d'autres
reposaient dans un caveau ou ciiambre mortuaire maçonnée et voùlée.
(*) Ce dont parle la Loi sali(iue : « Si quis morluum iiominem aut in ollb {auge
» en bois), aut in pelra, quse vasa .<a/To/;//of/( dicunlur, super alium miseril, MMC
» denariis, qui faciunt solidos LXIi et dimidium, culpabilis judicelur. » Voir aussi
sur ce sujet S. Grég. de Tours, auteur du \l^ siècle. Ce que vient de dire la Loi
salique est confirmé par les cimetières, soit de Tépoque de la crémation, soit de
celle de l'inhumation, déjà explorés en Belgique. Là, en eftet, les sépultures en
coffret de bois ou en pierre se trouvent très souvent mélangées ou alternées. Voir
à cet égard : les cimetières franks ou germains du Uacmbery et du Ton/beux que
j'ai visités en 1863 et 1864 (Schuerm., Rapport sur ces fouilles, p, i237 et suiv.
(tirage à part); — les cimetières germano-belges de Bergb-Terhlyt [Publicaiions
de la Soc. d'arcli. de Maeslricht, ilf, 185, sqq.), et presque tous les autres cime-
tières dans le même Duché de Limbourg dont il est parlé, Ibul., II, 204, sqq.; — le
cimetière mi-franc mi-belgo-romain de Juilenville {Bull, de t'inst. arcli., IX, 135,
sqq. et 431, sqq.); — le cimetière pareillement mi-belgo-romain mi-germain ou
frank d'Elewyt {Ami. de l'Acad. d'urcli. de Belgique, 2" s., Vlll, 186; IX, 782) :
tous cimetières du temps de l'incinération; — voir aussi les cimetières renfermant
des squelettes : celui de Jauche {Rapp. de M. Coulon dans le Bull, de la coin, des
mon. de la prov. du Brab., n° 2, an. 1872 ]; — de Sluse-sous-Mall (par renseigne-
ments particuliers) et de Fall-Mheer {Bull, de la Soc. scient, et liti. de Limb., IX,
315 et 319) ; — d'Angleur (Bull, de l'Iiiu. arcli. liéij., Vll, £67); — de Bas-Olia
(Ibid., XI, 497 ; ; — d'Embresinaux {Bull, des comm. roy d'an et d'arcli., XV, 237).
M. Van Baslelaer, dans son excellent travail sur /e.5 coffrets de sépulture en
Relfjique à l'époque roin. et à l'époque franque [Bull, des comm. roy. d'art et
d'an;//., XV, 268), d'après les observations qu'il a faites au cimetière d« Strée
( Hainaul) et autres, dit en général « que le coffret de sépulture dans l'antiquité
" était le caveau, la chambre mortuaire de ceux qui n'avaient ni monument ni
» caveau ou chambre mortuaire maçonnée. Chaque fois, dit-il, que nous avons
1 Uî
était formé par le sol même qui est d'une argile très-compacte,
mais les grands et les petits côtés, ainsi que le couvercle qui
était plat, avaient été faits avec des planches de bois.
(' On conçoit, dit M. Murcier(/. cit.), qu'il est fort rare de
rencontrer en terre même des débris de ces sarcophages » (en
bois) ; à Blehen néanmoitis un morceau de ces planches, outre
le bois bien apparent attaché aux clous du coffret tumulaire, a
été retrouvé d'une dimension d'environ 3 centinièires carrés.
Envoi de cet inléressani fragment, de même que de tout le
mobilier mortuaire du défunt, a été fuit par l'auteur de ce
rapport, pour être déposés au Musée de Vhistihit archéologique
liégeois.
» rencontré de la maçonnerie ou un coffre en pierre, le coffret tumulaire en bois
>' faisait défaut, bien que souvent on trouvât des traces de petites cassettes à bijoux »
(comme moi-même j'en ai trouvé dans \es DrijtonDnen de Fresin et la Corjow/jf
de Wals-Beetz) ; « mais aussi chaque fois que la maçonnerie et le coffre en pierre
X manquaient, nous rencontrions inévitablement les indices (clous, charnières,
>) serrures, clefs, etc.) que le grand coffret en bois avait existé. » Le m^me auteur
ose aller jusqu'à dire (loc. cit., p. 286) que « même dans le cas, où l'on ne ren-
« contre ni clous, ni garniture métallique, il est permis de croire que le coffre (en
» bois), moins luxueux et moins soigné, était cloué de chevilles de bois et garni
» d'ornements de même nature, dont le temps a fait disparaître les traces. » — Voir
sur le même sujet M. Murcier, La sépult. chrét. en France, p. 12, et M. l'abbé
Cochet dans ses Explorations de la Normandie. — Ce que M. Schaves. Hist. de
l'archii. en Belfi., H, "78, a avancé : « que le petit nombre de ces cercueils (de
» pierre), découverts jusqu'à ce jour en Belgique, démontre que l'emploi des cer-
)' cueils de bois doit y avoir prédominé de tout temps, » pcut-ôlre ne le dirait-il
plus aujourd'hui après Texploration de tant de cimetières anciens. — A ce qui pré
cède, une réserve doit être laite quant aux lumuius avec chambre sépulcrale à
grandes dimensions (d'au moins 2"' carrés). Leur cavoau semble n'avoir élé muni
que d'un couvercle seulement, plus ou moins orné, bans la tombe de Braives. son
existence a été constatée {Huit, de l'Insi. arch. lien., XII, 204). Mes fouilles dans
les Drijiomtnen et la tombe de W'als-Bectz m'ont fourni des vertiges d'un pareil
couvercle, soutenu sans doute par des supports. De là, ces nombreux clous longs
et très-gros y retrouvés. Sous la tombe de Uemara (Montenaken), le couvercle en
bois étant consumé, la terre même qui y avait reposé (cas exceptionnel s'él;;it
formée à l'ctat de couvercle. Aussi, l'ouvrier, après l'enlèvement d'environ la
moitié de la terre d'au-dessus du caveau, s'enfonça-l-il jusqu'à la ceinture. Preuve
évidente qu'un vide s'était maintenu au-dessus du mobilier funéraire. Schuermans,
Rapports, etc., p. i97 du tirage à part.)
— 147 -
Au nnoyen des deux rainures latérales distinctement tracées
dans le fond de la fosse sépulcrale (pi. II, fig. E), ainsi qu'avec
le bloc de cette terre qui reposait immédiatement sur le cou-
vercle du cercueil, il n'est pas, ce semble, impossible d'indiquer
à peu près la structure de ce modeste coffret de bois (^).
La largeur du fond de la fosse sépulcrale d'une rainure à
l'autre, est, à l'Ouest, de 70"^ et à l'Est de 65^ C'est là la largeur
intérieure du coffret ou cercueil. Les deux rainures creusées
avec la bêche dans le fond de la fosse sont longues de 1",24
(un peu plus de 4 pieds); mais elles s'arrêtent à 20*= de distance
de la paroi occidentale. L'une comme l'autre est large, mais en
sens opposé, c'est-à-dire, au lit c (pi. II, fig. E), de 3"^ et pro-
fonde de 6% et n'est large que de 2" et profonde que de 3"^ au lit
d. Par conséquent les planches des longs côtés du cercueil,
posées de champ dans les rainures, faites pour les recevoir,
devaient avoir la même longueur qu'elles; mais ces mêmes
planches étant plus hautes et plus épaisses d'un côté que de
l'autre, on a dû les placer avec leur haut côté, qui était aussi le
plus épais, en sens inverse, afin d'obtenir le niveau sous le
couvercle (^).
Les planches des petits côtés du coffret n'avaient pas de
rainures dans le fond de la fosse, mais elles en avaient dans les
parois et même plus profondes en haut que vers le fond (pi. II,
fig. E). Je ne saurais dire, si les petits côtés étaient [)lus élevés
que le couvercle, ou si celui-ci les couvrait; en tout cas, ils
étaient obliquement plus larges par le haut.
Mais d'après les rainures latérales, les planches des longs
(^) Selon M. Van Bastelaer parlant d'après ses observations faites au cimetière
de Strée (Flainaut), p. 283 du travail cité [supra), » les coffrets tumulaires ou de
sépulture étaient plus petits et plus luxueux (jue le coffret bustuairu ou de créma-
tion » D'après toute apparence, celui de Blehen n'aurait pu être moins riche.
(*) La loi des XII Tables, De jiir. sacror., 8, ne défendait que de polir le bois
dont était composé le bûcher : « Rogum ascii [dolaire) ne polito; » mais ici un
vague souvenir de cette loi semble avoir étendu celte défense jusqu'aux planches
du cercueil ou du coffret de sépulture.
148
côtés avec leur couvercle n'atteignaient pas la paroi occidentale;
elles laissaient ouvert un espace d'environ 20 centimètres. Je
ne m'explique cette singularité que de la manière suivante,
savoir : d'abord les vases funéraires, depuis n" 2 jusqu'à u" 10
(pi. II, fig.E), étant déposés sur le sol nu par celui qui se trou-
vait dans la fosse à l'endroit resté vide, ayant la face tournée vers
l'Orient, ils auront été couverts par la grande partie du coffret
correspondante à la longueur des rainures; puis, lui sorti de la
fosse, il y aura déposé, en dernier lieu, l'urne cinéraire et placé,
pour la couvrir, ainsi que l'espace encore ouvert, l'autre partie,
la plus courte, du coffret, s'adaplant à la plus longue, de sorte
à ne former qu'un seul cercueil fermé de tous côtés.
Plusieurs terriers de renards descendant, obliquement en
sens divers, de l'extérieur du tumulus jusqu'au-dessus de la
terre couvrant immédiatement le couvercle du cercueil ('),
l'humidité a pu s'y introduire. C'est pourquoi, dans la suite, un
long bloc de celte terre, laquelle était celle de l'évidage de la
fosse sépulcrale, s'est détaché, enfonçant le couvercle au
moment où il était près d'être consumé et brisant par le milieu,
où les planches prêtaient moins de résistance, les objets en
verre placés en dessous.
Entre ce bloc, épais de 25'^ et couvrant, dans sa longueur, h
peu près tout le fond du cei'cueil (-) et ce qui de la terre était
resté suspendu, il y avait un vide de 50 à 60 centimètres en
élévation; ce qui fait présumer que telle était aussi la hauteur
du coffret.
Sur ce bloc de tiers conservé), outre qu'on y voit l'enfonce-
ment du bord supérieur de la jatte n" 8 et de la petite jatte n" 9
' pi. II), se trouve aussi l'empreinte distincte de deux planches
du couvercle. D'après les linéaments qu'elles y ont laissés avec
(') Cela a été observé encore ailleurs. Les renards avaient-ils peut-être flairé
les viandes déposées dans le caveau?
(') Ce que j'ai conservé de ce bloc (environ un tiers) n (îO cenlimi'tres do
longueur '2 pieds) cl .^0 cen(imè(re.s de largeur (\ pied).
149
une certaine couleur rougeàtrCj on est assez porté à croire
qu'elles étaient de bois de sapin. Cependant cette couleur ne
s'accordant pas trop avec celle du fi ai^ment retrouvé des planches
du coffret de sépulture, iie vaudrait-il pas mieux de dire que
le couvercle était recouvei-t d'un placage de bois précieux orné
ou peint (')? Les planches, empreintes dans le bloc, montrent
visiblement qu'elles avaient été jointes nu moyen de langjuettes
et de rainures (en wallon hévélées et en flamand geklikl), larges
alors, comme aujourd'hui, d'un 1/2 centimètre. Ces mêmes
planches, épaisses environ de 2" (épaisseur du l'ragmont
retrouvé), étaient larges chacune de \^' {\ji pied). Couvrant le
coffret dans sa longueur, comme le bloc l'indique, il a donc
fallu cinq planclies de cette largeur pour parfaire le couvercle.
Calcul bien fait, il en résulte avec grande vraisemblance que ce
coffret lumulaire, ainsi que les petits côtés (témoins les
rainures dans les parois de la fosse (pi. II, tîg. E, a et t), était
comme les parois de celle-ci faites en talus, plus large 11 sa
partie supérieure qu'à sa base. En tout cas, il était plus rétréci
à l'Est, je voudrais pouvoir dire, malgré l'incinération, pins
étroit aux pieds qu'à la tête ('^).
D'après les archéologues, les cercueils ou sarcophages en
pierre ou en bois, ayant la forme de coffres, plus étroits vers
les pieds que vers la tête, paraissent, chez les chrétiens, être
postérieurs au IV'' siècle ('); ce fait permet-il do présumer que
(') Voir, à cet égard, M. Van Bastelaer, Les coffrets de sépult., dans le Bull,
des corn. roy. d'ail et d'arch., XV, f28i2. — Les fouilles de la Borlombe de Wals-
Beelz que j'ai dirigées en 1863 ont, fourni plusieurs plaques en ivoire sculptées
provenant d'un cojffret à bijoux.
{• I De ce coffret de sépulture à Blehen, j'ai bien retrouvé, outre le fragment de
bois déjà mentionné, aussi de la cendre à demi-carbonisée et des clous couverts des
rouilles, mais pas, ce que d'autres coffrets ont fourni ailleurs, de vestiges de serrure?
de clef, de charnière, de garniture, d'anses ou de menottes, etc : toutes choses
que j'ai trouvées dans les trois tombes de Fresin (celle du milieu) et de Wais-Beetz,
mais qui provenaient de petits cofTrets à bijoux.
(') SCHAYES, Hist. de l'arch. en Belgique, II, 78, 79; — De Caiimont, Ahccéd.,
4fi (âeédil. ) ; — RiiusENS, Elém. d'arch. chrét., I, "204.
— ISO -
notre cercueil de Blehen et d'autres, à cause de celte forme,
doivent, quant à l'âge, se rnpproclier de ceux-là? Comme peut-
être on pourrait dii-e que le cnveau, à peu près contemporain,
du tumulus de Braives, dit d'Avennes, recouvert « d'un cou-
vercle circulaire en bois ( '), » paraît avoir préludé aux tombeaux
apparents à couvercle hémisphérique, ou aux sarcophages non
apparents à voûte en arcade usités chez les Franks sous
l'empire, mais surtout après la conquête (ou l'an 450).
M. Van Bastelaei- pose en thèse, comme nous avons vu, que
« touie sépultui-e riche.... tumulus ou monument, renfermait un
caveau ou chambre mortuaire plus ou moins large, construit en
maçonnerie {-). Cela ne s'est pas vérilié dans le tumulus de
Blehen, où la chambre sépulcrale était en terre, sans maçon-
nerie, et ]c coffret tumulaire de bois; ni non plus dans le
tumulus à Corlil-Noirmont (près de Perwez ou de Walhain et h
quelque distance de la haute chaussée de Bavai à Tongres),
dont, en outre, « les quatre fosses sépulcrales, disposées en
quadrilatèie, élaieni, comme h Blehen, plus larges à l'une des
extrémités, » ei avaient contenu « des caisses funéraires, »
comme en ont témoigné les restes des planches non entière-
ment consumées (*). Cela ne s'est pas vérifié enfin dans la
tombe de Vaux-Borsut, où le caveau, pareillement non
maçonné, offrait « des traces de? planches latérales d'un cofifre
ou cercueil en bois encore en place, mais fortement consumée ).»
Dans le sens de la thèse du savant archéologue cité, on peut
alléguer la tombe de Middehvinden, dont le caveau, à dimen-
( •) Dutlci. de l'Inst. arcfi. liég., XII, 204.
(•) Dans son travail dt<jà citii : Les coffrets de u-ptilt. ( linll. des cotnm. rvy
d'an et d'arcli.. XV, 271 ).
(») Voir le rapport de M. Cam. Van Dessei, sur les fouilles faites en ftivrier
•J874) dans un iinnuliis à Corlit \oinnonl {finit, des comin. roij. d'art et d'arch.,
Xlll, 4nl ) — [)e ce groupe de deux lombes de l'époque de l'incinération, il est
fait mention dans ScuAYE^;, Belgique, III, 560.
(*) Renseignement particulier de .M. le CA<- Georges de Looz qui a dirigé ces
fouillas en 1874.
- 151 -
sions démesurées, avait des parois munies de pierres plates ou
dalles posées de champ et peut-être un couvercle formé de ces
mêmes pierres {^) ; pour la même thèse, peut aussi être allégué
« un petit tombeau en maçonnerie » (trouvé en 1747àNamur),
« dans lequel il y avait deux urnes en bronze, dont l'une était
remplie de ce?idreset l'autre de médailles rf'ar^^?if, qui dénotaient
que c'était le tombeau d'un Romain inhumé {sic) sous l'empire
de Gordien » [f 237-244] ou postérieurement (^) ; ~ enfin « un
petit sépulcre, » pareillement trouvé à Namur vers 4757, « dans
lequel il y avait trois urnes en terre, deux desquelles conte-
naient des cendres et la troisième des médailles en cuivre avec
les effigies de l'empereur Constance-Chlore et de son fils
Constantin (').
(') V. M. ScHUERMANS, Rapport sur ces fouilles, p 217 ( tiré à part); — et
M. le C'e G de Looz, Bull, de l'Iiist. arch. liég., Xil, 390, 392.
( ^) Galliot, Hist. de Namur, I, 44. — Ce tombeau de l'époque de la crémation
est du III'" ou IV' siècle; aussi les médailles en argent dénotent-elles quelque oubli
de la Loi des XII Tables. — La tombe de Thisnes, nivelée en 18-2o, a aussi fourni
une monnaie en argent avec trois en bronze.
(^) Galliot, /oc. cù., p. 48. Ce sépulcre prouve que la crémation était encore
usitée en Belgique au IV^' siècle. Qu'on remarque aussi le petit nombre d'objets
funèbres dans chaque caveau. — Dans le cimetière de Juslenville, on a aussi trouvé
des fosses sépulcrales avec pierres posées de champ et avec dalles pour couvercle.
— De ce cimetière, malgré la belle forme de ses objets ou de ses poteries, le
minimum de son antiquité, tout le monde en convient aujourd'hui, doit être déter-
miné par les monnaies du Bas-Empiro ; Magnence, — Décence, — Constantin ), qui
ont été déterrées en la même commune, de sorte que ce cimetière, qui est de l'époque
de la crémation, doit avoir été continué par les Franks sous l'empire sans inter-
ruption [Bull, de l'Inst. arch. liég., XII, 300). — La même observation doit être
faite par rapport à l'établissement de Jupille, malgré ses poteries fines et les
marques de ses potiers. Certaines autres poteries et les monnaies de Gordien
[f 237-244] nous disent assez clairement que cet établissement était encore habité
après la prétendue invasion des Chauques sous Marc-Aurèie (en 176 ou 178);
comme l'étaient aussi ceux de la province de Namur et du Hainaut {Bull, de l'inst.
arch., XI, 49o), et, ajoutons-le, ceux de la Hesbaye, comme le prouvent, si pas de
nombreuses monnaies, du moins de nombreuses poteries et tuiles postérieures à
cette date. Au surplus, le texte de Spartien est clair : restitit; les Chauques, à la fin
du 11'^ siècle, ont été arrêtés tout court à la frontière (a). Ce n'est que dans le cours
du IV' siècle qu'ils ont fait invasion réelle dans les Gaules ; et ce n'est que dans les
la) Voir note I à la fin.
— I6â --
Voici quelques tumulus à cmeau suigeneris ou exceptionnel.
Je citerai d'abord la tombe de Saventhem, qui n'est pas sans
quelque analogie avec celle de Blehen. Celte tombe (tombeau
apparent), surmontée de cinq grands vieux chênes, fut nivelée,
en 1507, par son propriétaire Renier Cleerhage. Elle avait en
élévation oblique 16"' (55 pieds) et en circonférence à la base
environ IIO"» (122 pas). Chose singulière! ce tumulus renfermait
dans la fosse sépulcrale souterraine un caveau en pierre
(sepulcrum lapideum intra tumulum terreum ( '), très-solide-
ment voûté (-). Il mesurait environ â", 50 (8 pieds) de haut ;
2"", 10 (7 pieds) de long et 1'", 80 (6 pieds) de large. Dans le
caveau était déposé un sarcophage en pierre ou en marbre
ayant un couvercle sculpté à l'extérieur. Ce locutus ou cercueil
était, d'après le rapport de Vilierius ('), long de i"',18 (i pieds);
large de 0'",75 (2 1/2 pieds) et profond de 0"',30 (1 pied), et ren-
fermait les vases funéraires, urnes et vases en terre cuite,
lampe, bouteille, etc., en nombre à peu près égal de ceux
contenus dans le coffret mortuaire de Blehen. Quelques-un.>
étaient remplis de cendres (*). Dans le septième vase se trou-
vaient six monnaies allant de Néron [t 54-68J à Antonin [t 138-
161] (^). — Le sarcophage de Savenlhem, creusé d;nis la pierre
« ex lapide duri.ssimo » avec couvercle sculpté, fait penser aux
tombeaux en usage chez les chrétiens, dès le IV*" siècle, con-
nombreux textes des auteurs contemporains sur les invasions et les dévastations
sans nombre des barbares dans le couis de ce siècle (textes rjuni.s dans Bucherius,
Belg. Itoin.), que l'on trouvera une explication sufTisanle pour la jdupart des incen-
dies que révèlent nos villas belgo-romaines, incendies et dévastations continuées
par l'invasion générale et définitive commencée en 407.
(• ) Lambecius ( Bull, des corn. rnij. d'art et d'arch., XIII, 37).
(•) " Cavea ou Ciypta snbten-aiiea tanta; soliditatis, ut vix duabus horis superna
» concameratio perforari |iotuerit » (Rapport de Villerius, Bull, des coin, roy..^
loc. cit., p. .' o). — C'e(!iit donc au-dessous du niveau de la terre primitive que ce
caveau avait été maçonné, ei pas au dessus, comme à Champion el Bartlow- Hills.
(') Bull, des corn, rny., I. c, p. 35.
(*) Galesloot, La prov. de Brab. sous l'empire rom.,d\. III.
(') SCHAYES, Belgique, lli. .S33.
153
sistanls dans des cercueils en pierre ou en marbre, aussi avec
couvercles sculptés ; comme le caveau maçonné et voûté du
même tumulus rappelle de semblables caveaux, très en usage
chez les Franks, après la conquête.
Le caveau du tu mulus de Hun, (sur la rive gauche de la Meuse,
à 3 lieues de Namur), mérite aussi d'êire cité. Il a été trouvé
en 1619. « Le sépulcre de pierre, dit Galliot ('), était long de
6 1/2 pieds (l'",93) sur 3 iji pieds de large (0"',89) et de hauteur
de 3 3/4 pieds (0"',91). Il était enfermé entre quatre murailles de
pierres de taille, portant une voîiie ouverte (sic) dans le centre,
formant un quarré de ^5 pieds (?). » Outre des os à demi-con-
sumés, on y a trouvé environ 22 à 24 objets, vases, cruches,
bouteilles, etc., enire autres « deux bouteilles de verre de figure
» carrée pleines de cendres; en outre plusieurs médailles de
» cuivre, dont quelques-unes portaient l'efTigie de l'empereur
» Néron. »
Je mentionnerai encore, d'après Galliot (^), le caveau d'une
tombe aplanie, en lfi41, au bord de la Meuse, « à portée d'An-
denne, » ayant « un tombeau plus riche que le précédent, et
» ayant au moins 10 pieds en quarré (3'"), muni de quatre côtés
» de belles pierres de taille, et couvert de semblables pierres
» quarrées et plates, lesquelles reposaient sur les murailles du
» sépulcre, qui s'entr'unissaient toutes, parleurs coins, sur un
» pilier posé au milieu pour les soutenir. » On y trouva « un
tombeau de cuivre battu » avec cendres et «une urne de cristal
avec cendres, » puis d'autres objets au nombre de douze, pour
la plupart « de cuivre moulés. » On y trouva encore une
« grande quantité de médailles à'argent et de bronze, dont
» quelques-unes de l'empereur Vespasien et de ses deux fils
» Titus et Domitien (^). »
(*) Histoire de Namur, 1, 42.
(*) Loc. cit., p. 43.
(^) Ces médailles dt^notenl une époque, où la Loi des XII Tables était en oubli.
- 154 —
Gril aussi des caveaux tout-à-fail particuliers les tombes
frankes ou germaniques établies sur le sol romain, mais faites
par des sujets peu ou moins romanisés que les Belgo-romains.
Ainsi la tombe de V Empereur a son mobilier funèbre placé au-
dessus du niveau du sol. Dans l'un des trois tumulus de Seron
(Forville, à une lieue de la chaussée romaine, non loin de la
tombe précédente), le caveau était « dans une petite cavité
d'un pied environ (0'",30) de profondeur sur une largeur de 3
pieds (0'",90) en tout sens. » Là se trouvaient divers objets en
verre et des poteries en terre rougeâue, jaune, brune, grise et
sigillée ( '). Au centre h peu près de la troisième tombe de Seron
et au niveau du sol, on a rencontré « des vestiges d'un ancien
coffre ou cercueil de bois d'environ 4 pieds en toutsens (1"',18),
dont il ne restait que de fnibles fragments de planches et divers
clous à grosses têtes. » Il s'y est trouvé, outre quelques osse-
ments humains calcinés, un certain nombre de poteries, placées
en lignes composées chacune de trois objets (^).
V. Venons maintenant aux objets funéraires qui, au nombre
de treize, avaient été déposés dans le caveau ou le coffret
lumulaire de la tombe de Blehcn.De ces vases et poteries, déjà
tant de fois décrits dans les recueils archéologiques, je n'en
lerai qu'un court examen, non pas d'après la classification
usitée d'objets en métal, en verre, en poteries, etc., mais dans
( ') n y avait entre autres -11 soucoupes de même forme; et puis deux bouteilles
en verre, l'une carrée, comme à Hanrôl, et l'autre hexagone, semblables à celles de
la tombe bulgo-roniaine de Hcmaïa. Par conséquent contempordins de celle-ci
doivent ùlre les trois tumulus de Seion, proclameraient, mais sans rondement, ceux
(lui, en fait de vases et poteries, aiment tant à faire valuir l'argument « de certaines
similitudes d ou de certains » points d'analogie, » de quelques beaux vases d'une
tombe avec ceux d'une autre, pour en déduire la conteniporanéité de ces tombes.
(Voir le rapport de M. Eug. Del Marmol sur les tumulus de Seron; voir aussi lîuH.
de l'inst. arch. liéy., \ll, 2"26 et S(iq.)
(') Inutile de répéter à peu prés la même chose pour les tumulus ou cimetières
pareillumentfraiiks ou germaniques de Hanrêt, de Champion, de Friselsous Vedrin,
deFlavion, de Samson sous Thon, etc.
185
l'ordre môme où ils ont été trouvés dans le cercubil et tel qu'il
est indiqué pi. II, fig. E.
I" Urne cinéraire, olla cineraria (pi. II, fig. 1). Nous l'avons
trouvée, comme aussi la petite olla n° 10, brisée en un grand
nombre de morceaux ; mais elle a pu être reconstituée. D'après
ce que nous avonsdit de la composition du couvercle du cofîret
de bois, cette partie, sous laquelle l'urne reposait, ainsi que
celle du milieu, a pu être enfoncée par le bloc de terre ûéjh
décrit, avec plus de violence, que celle le long des parois prê-
tant plus de résistance. Cette urne en terre cuite jnnnâlre, d'une
hauteur d'environ 0"\30, est un vase de forme large, ventrue, à
large ouverture, muni d'un pied, mais sans anse ('). Elle porte
des traces évidentes de dorure au mica (sorte de sable d'or),
qui a résisté au temps, quoique disparaissant facilement étant
mouillée ou frottée. Le haut de l'urne est orné de deux rangs
de petits boutons ronds faisant fossettes h l'intérieur et cercle
à l'extérieur. Le bas de la panse est entouré d'une bande
formée par deux ou trois lignes parallèles. Ces lignes et les
petites bosses sont aujourd'hui peu visibles ou presque effacées
par le long usage (-). L'intérieur de ce vase est parsemé de
petites taillades verticales et peu larges, disposées en losange,
remplaçant vraisemblablement la granulation si commune à
l'intérieur de tant d'autres vases.
(1) « Chaque tombe, dit M. Van Bastelaer d'après ses observations faites au
» cimetière de Strée et ailleurs (Bull, des corn. roij. d'art et d'arch., XV, 272\ se
» composait généralement d'un vase cinéraire, ordinairement de grande dimension,
» à large ouverture. Autour (ou à côté] de ce vase étaient entassés l'un à côté de
» l'iiutre, ou parfois l'un dans Tautre, et sans ordre déterminé, des vases de toutes
i> formes et des olijets de toute nature et de toute matière. »
(2) <( n faut que l'on y fasse bien attention pour les apercevoir, » m'écrivit M.
l'architecte Ed. Jamar. — Séparé des objets trouvés à Blehen depuis le (î octobre
■1874, date à laquelle ils ont été envoyésà Liège pour l'inauguration, au 12 octobre
suivant, du Mmée de l'Institut arcli. tiéfieois, j'ai dû pour ces détails et d'autres
encore, recourir à la grande obligeance de MM. mes honorés collègues le D""
Alexandre, l'architecte Jamar et le G'e G. de Looz, pour laquelle je leur exprimiî
'ci ma très-sincère reconnaissance.
— 156 —
Le couvercle de cette urne, aussi brisé, est d'une pâte noirâtre
couverte d'une coiiClie blanchâtre. Mes fouilles dans laBortombe
( VNals-Beetz ) et dans les subslructions du Lazaret (Wals-We-
zeren ) m'ont fourni des couvercles analogues. Le couvercle de
Blehen présente cette paiiicuiaiité (juele bouton a cinq petits
trous larges de la grosseur d'une épingle. Un sixième ti'ou, mal
réussi, sort h l'extérieur par le bord du bouton. Ces trous, placés
en croix, ont été destinés, sans doute, à permettre h la vapeur
de se dégager pendant la cuisson des aliments, alors que cette
urne cinéraire servait encore à cet usnge.
W Une buire en bronze (pi. II, fig. l>), haute de 0'",iQ; sa
panse, élevée de 0"',10, a 0"\16 de diamètre ; le col en est long
de 0™,o, ayant un orifice de 0"',8 de diamètre. Cette buire, à
forme élégante, à goulot rond, à panse basse et fortement
bombée, mais dépourvue d'anse, se trouve beaucoup détériorée
par suite de l'ébouiement et probablement de sa vétusté. Elle
ressemble fort, moins l'anse cependant et quelques petits
détails, à celle que j'ai trouvée h Fresin dans le tumuhis du
milieu (M.
(1) Voir le nippon de M. Scliuermans sur ces fouilles, pi. III, fig. 28. — Je me
garderai hieu de nrer la moindre induction, soit quant à l'âge de ces tombes de
Blehen el Fresin, soit quant à leur contemporanéilt^ de cette similitude de buire à
buire, ni de certaine analogie entre la belle poterie samienne de la tombe de Blehen
et celle de sa voisine la tombe Himava. Je laisse cela au nouveau système, lequel,
par suite de celte « certaine similitude » ou de ces « quelques points d'analogie «
entre tel ou tel objet d'une tt-mbe ou d'un cimetière avec ceux o'aulres, tend à les
faire tous « bi(^n •■ el « incontestablement » romains dans le sens strict, el à les
faire remonter aux deux premiers siècles de l'ère chrétienne, et cela nonobstant que
telle ou telle tombe soit » indubtablemenl « franke ou germanique; que tel ou tel
cimetière soit o parfaitement " reconnu comme n'ay: nt pas été établi par des Belgo-
romains; ou malgré que tel ou tel vase étant « sans aucun doute » une contrefaçon
ou étant grossièrement façonné et mal cuit, dénote un objet « absolument » frank
ou germanique ou au moins une époque « entièrement » de décadence ou de la fin
de l'empire. Tous ces termes guillenielés ici et ailleurs et d'autres alfirmations d'un
suprôme superlatif, appartiennent à ce nouveau système. Bans des choses encore
si imparfaitement connues, tout cela est. à mon avis, trop magistral et peu propre
;i faire avancer la science archéologique.
— 157 —
lll" Belle patère en terre samienne (pi. II, fig. 3, qui la
représente à l'intérieur comme à l'extérieur). Elle est haute de
A" et a 17"^ de diamètre. Ici, comme pour les autres poteries
samiennes qui vont suivre, le centre du fond du vase à l'intérieur
porte le sigle du potier : of vital. Ce beau vase, malgré son long
séjour en terre, a conservé la fraîcheur de sa belle couleur
rouge. Nous l'avons trouvé debout et intact près de la paroi (').
Li-'s patères étaient plu? pa'niculièrement employées pour
faire de^ libations, lesquelles, dans les cérémonies funéraires,
étaient faites, comme nous avons dit, en l'honneur des Mânes
et comme pour les désaltérer ('^).
lY" Petit vase noir ou pot a onguent (pi. II, fig. 4), haut
d'environ 8% Ji large ouverture et panse très-anguleuse d'un
dinmèire de 8% fait d'une pâte noire, très-fine et reluisante,
ressemblant à de la corne, et d'une forme fort élégante, plus
parfaite même que celle de son analogue que nous a fourni le
lumulus de Wals-Beetz. La tombe de Braives a révélé un très-
beau vase en tout semblable. Malheuieusement notre joli petit
pot, si délicat, étyit brisé en plusieurs morceaux. Malgré de
bien grandes difficultés, notre habile et obligeant confrère,
M. le C"^ G. de Looz, est parvenu à le reconstituer, ainsi que
trois autres objets en verre di»'^ 11, 12 et 13), h ma grande et
très-reconnaissante satisfaction.
V" Jatte ronde (patina) hilohée (pi. II, fig. 5), à profil rentrant.
(') Sauf la grande patère n» 6. fendue par le milieu, mais facilement restaurée,
tous les autres vases en terre samienne du tumulus de Blehen ont été trouvés debout
et entiers, et ont conservé leur beau et premier lustre rouge : « Cette belle poterie
" rouge, a dit M. Hagemans, Un cabinet d'ainateur, à couverte brillante, ayant la
') teinte et l'aspect de la cire à cacbeler, fut la porcelaine des Romains, et Samos
» en fut le Sèvres. » Les poteries samiennes de Blehen sont plus belles que celles
que mes fouilles ont révélées dans les tumulus de Frcsin et de Wals-Beelz (excepté
pourtant, pour la liortouibe le n° 31, pi. V), et que celles qu'a fournies la tombe
de Braives, dite d'Avenues.
j"; " Aluutur umbrse nostris libationibus inferiisque ( offrandes \ quae sepulcris
t inferuntur. » (LucAN., De luctn. t-f. ViRG., Aen.,^. 98.'
- 158 —
en fine terre samienne {terra samia) dans le même état de traî-
cheur que le n» 3 précédent. Elle est haute de 0'",6 et d'un
diamètre en largeur de 0", 12. La marque du fabricant de ce
beau vase est l^okii (Frontiuus) avec lettres renversées.
Vr Grande patère en terre samienne (pi. II, tig. 6) ('). Celte
belle palère ne le cède à aucun autre pour la tinesse et la dureté
de la pâte, la beauté et le brillant de la couverte. C'est proba-
blement ]h de la véritable terre de Samos (■). On peut présumer
que ce vase aura été importé d'Italie par la grande chaussée de
Bavai à Tongres, dont Blehen n'est pas éloigné. Aussi, qu'on
remarque la nature toute romaine des noms des sigles de Blehen.
La patère de Blehen, haute de 6% a à fouverture un diamètre
de 23'. Elle porte la marque du fabricant : of. vitalis. p.
Les vases en terre samienne de la fabrique de Vitalis ont été
répandus dans presque tous les pays de l'Europe. Cette maison,
dont on a retrouvé des produits h Pompéï, paraît avoir eu une
très-longue durée; la trouvaille de Ciney fait croire à une con-
tinuation de fabrication encore sous l'empereur Héliogabale
[t 218-222] ('). A l'époque de notre grande patère samienne,
( • ) Voir apud Schuermans des plateaux analogues provenant des substructions
de la Villa du Rondenhnsch, sous Haiitheim-Sainl-Gerlach, pi. IV, fig. 40-4!2.
(* ) Celte patère ayant é\(' brisée en deux fragments, l'intérieur de sa pâte a pu
être examine, ce qui n'a pas eu lieu quant aux autres, qui ont été conservées
intactes.
('') Schuermans, Sujles fujuims de Tomires^ etc., apud Bull, de la Soc. scient,
et lut. du Liitib., tom. VIII, v'"' Vitalis. — Pour ne pas laisser tirer de celte trou-
vaille de Ciney une conclusion absolue, l'aulcur cilé fait observer que « des produits
>. du il*^ siècle ■> (par exemple ceux de la fabrique de Viialis) « ont pu, sinon rester
» dans le commerce après la cessation de l'indiislrie, au moins survivre au fabri-
» cant. » — M. le comte G. de Looz, de son côté, parlant du sigle Victor, potier
qui passe pour avoir fabriqué sts produits dans le courant du second siècle, et peut-
être même du premier, et dont la marque a été révélée par ses fouilles dans la villa
rom. d'Embresin (/.'(///. des coin. roy. d'art et d'arch., XV, 265', croit qu' a il est
« possible, probable même, que le nom de Victor a été porté par plusieurs indi-
• vidus, même de lamilles dift'érentes. Cette circonstance nous empêche, dit-il,
» d'attribuer tous les produits avec le nom de Victor au premier siècle, où des
» industriels de ce nom ont laissé leur marque sur des objets en terre cuite et en
bronze u Pompi'i pt a Ifercuianum, villes nnéanties en l'an 79 de l'ère chrétienne. »
— 159 —
deux fabriques, sous le nom de Vitalis, doivent avoir existé,
l'une avec la marque du père : of. vitalis. p. (patris), et l'autre
du fils : OF. VITALIS. I. (juiiioris). C'est ainsi que j'interprète le p.
du sigle de Blehen, et i'i. du sigle trouvé sur un fragment de
poterie samienne par M. Schuermans dans les substructions du
Hemelryk à Wals-Beelz (voir son Rapport, p. 344) ; où il est dit,
en outre {710t. 5), que le musée de M. de Meester de Ravenstein
possède plusieurs sigles : of. vital. I., ce qui ne semble pas
permettre de supposer que le /soit le jambage vertical du P
dépourvu de son trait hémisphérique. M. Schuermans cite
encore {Sigl. fig., 1. c), un autre sigle : vitalis. pp., que je ne
peux comprendre, sinon comme troisième fabrique sous ce
nom.
Sur cette patère n° 6 sest trouvé un certain nombre d'osse-
ments (de mouton? de lièvre? etc.), qui n'avaient pas subi
l'action du feu du bûcher; qui, par conséquent, provenaient
des viandes placées dans la fosse sépulcrale comme aliments
des Mânes ('). La décomposition de ces chairs a laissé une
tache dans le fond de ce vase.
VIP Patère en terre samienne (pi. II, fig. 7), avec un brillant
lustre rouge, en tout ressemblant à celle du n" 3, mais d'un
centimètre plus étroite à l'orifice. Son sigle est : of. vita.
VIII" Jatte en terre samienne de forme conique (pi. II, fig, 8).
Son élévation est de 6 1/2% et elle a à l'orifice 14^ de diamètre.
Sa brillante couverte rouge est la même que celle des poteries
samiennes précédentes. Des jattes analogues ont été trouvées
par M. Schuermans dans les substructions du Hemelryk (Wals- 1
Beetz), pi. V, fig. 11, et dans celles du Rondenbosch {Haulhem- [
Saint-Ger]:ich), pi. IV, fig. 43-47 {^).
! V) ■< Posito pascitur umbra cibo. » (OvlD., Fax t., 53,S.)
(M II convifint de remarquer qu'à toutes les poteries samiennes de Blehen, sauf
notre jatte n» 8, la tombe voisine de Braives a fourni des analogues, mais plus
nomlifeuses, quoique d'un lustre plus terne.
— 160 —
Notre soucoupe est restée intacte, quoiqu'elle ait eu à sup-
porter le poids assez lourd du bloc dont il a été parié. Son
bord y a laissé une empreinte |)rofonde d'un centimètre.
La marque du fabricant de ce vase est avost. L'Oest plus petit
que les autres lettres. Ce sigle d'Avosius paraît être peu connu
ou inédit. Je ne l'ai pas trouvé pnrmi ceux publiés par M.
Schuermans, soit du Musée de Liège, soit de Tongres et de ses
environs ( ').
IX" Petite jatte en terre samienne, de lormi; cylindrique,
évasée comme la précédente (pi. II, fig. 9). Elle n'a que 4*^ en
élévation avec une ouverture de 8*^ en diamètre. Elle nous est
parvenue intacte, quoique elle aussi ait eu à soutenir, peut-être
pendant des siècles, le poids du même bloc, dans lequel elle a
laissé une empreinte assez profonde. Elle n'a rien perdu, par
son long séjour en terre, de sa belle couleur. Elle est de la tine
terre de Samos au cliaud coloris rouge. Elle lessemble quelque
peu à la petite jatte samienne trouvée dans la Bortombe de
Wals-Beetz (fig. 31) et à la plus petite de celles de la tombe
Hémava de Montenaken [fig. T''"] {'^); si elle n'est pas, comme
celles-là, ornte de feuilles de lierre ou de lotus, elle porte, par
contre, la marque de l'artiste qui l'a fabriquée, marque d^>nl les
deux précédentes sont dépourvues Le sigle du potier est : of.
PATRici, sigle déjà connu
Tous les vases samiens énumérés jusqu'ici sont à bords
verticaux, non plats, ni renversés.
Les vases en poterie samienne étaient !)rineipalemHat destinés
aux mets de la table (•'), et aussi aux sacrifices.
Les vases de la tombe de Blebefi ayant été conservés intacts
avec tout leur beau coloris primitif, l'opinion de M. Bron-
(*) V. totn. VMl du liuU. de l'iml. arch. liécj.; — item lom. Vil! du Bull, de la
Soc. scient, ellilt. du lAmlwunj.
[*) Rapports de M. Sctiuc imaiib, lires à pari, pp. l.'iO et 199.
(*) « Ast libi laela trahunl Samiœ convivia test». » Tibul., Il, H^ V, 49.)
— 161 -
gniart (*) doit être sans fondement, en supposant qu'on ne
inetinit ces poteries daus les tombeaux qu'à l'état de fragments,
parce qu'il ne les avait pas trouvées autrement; notre décou-
verte de Blehen, aiii i que la belle jatte n° 31 de Wals-Beetz et
le superbe service de la tombe Hémava, etc., prouvent surabon-
damment le contraire.
Les poteries de Blehen que nous avons trouvées debout à la
place qu'elles avaient d'abord reçue, ne laissent apercevoir
aucune trace d'avoir jamais rien contenu, (sauf toutefois la
grande patère n'^6). C'est pourquoi elles semblent y avoir été
déposées entièrement vides. Nous avons trouvé leur fond
uniquement rempli de terre; mais à leur orifice, il y avait un
mélange de terre et de cendres provenant probablement de la
pourriture du bois du coffret de sépulture.
On le voit, c'est la belle poterie samienne qui prévaut dans la
tombe de Blehen, comme dans ses deux voisines, celles de
Braiveset de Hémava; nous l'avons trouvée très-rare dans les
tumulus de Fresin et de Wals-Beelz. Aucun de tous ces beaux
objets en terre samienne de la tombe Hémava (Montenaken),
richement ornés de la feuille de lierre, ne porte la marque de
leur artiste ; mais la tombe de Blehen, (aussi celle de Braives),
révèle autant de sigles que d'exemplaires. Le nom très-connu
de Vitalis s'y trouve jusqu'à trois fois et de trois manières
différentes. On peut, je crois, dire (jue la fabrication des belles
poteries samiennes a eu une très-iongue durée, et que leur
forme a moins varié que celle des objets en bronze ou en verre.
X" Pot ou olla en terre cuite ordinaire, de couleur bleuâtre, à
bord plat et de belle forme (pi. II, tig. 10). Sa hauteur est de
0"',i2 et le diamètre de son orifice est de 0'",18. Sortie du
caveau et avant tout nettoiement, elle offrait son extérieur vers
( ') Traité des arts céramiques, p. 43'.', sqq. — Voir dans le même sens M. l'abbé
Cochet, iVorm. soM/., VI, 83; el Publications de la Soc. d'arc h. de Maestricht,
lu, 204.
- 162 -
le bas tout chargé d'une crasse noirâtre tort épaisse, signe
évident que cette urne ou ollula avuit été au feu {'). Si nous
l'avons trouvée à l'éiai de fragments, la cause en est la même
que pour le n" 1. — Venons maintenant à nos trois objets en
verre (*).
XI» Un flacon en verre bleuâtre (pi. II, fig. il), mesurant 27'
de haut avec une gronde panse ronde d'un diamètre de 17% ornée
de stries ou côtes concentriques. Le col et l'anse de celte carafe
sont démesurément longs (0"\'lS).Elle est munie d'un pied haut
de 2 1/2 c. A ce genre de bouteille de forme et de goût mauvais
ou exagérés, je ne connais pas d'analogue.
XII" Verre ou goblet à boire ( pi. II, fig. 12), d'une hauteur de
0'",9 et d'une forme assez belle, peu ou point connue.
XIII" Carafe ou flacon en verre bleuâtre (pi. II, tîg. 13). Elle
est haute de O'^jSOeih panse conique et vilaine, panse mesurant
13'= de haut et 17« de large k la base, ornée verticalement de
côtes en relief et munie d'un pied, haut de 5^ Ce flacon, de
forme excentrique et de lrès-m;iuvais goiîl, marquant une
époque de décadence, h col et anse excessifs, d'une longueur
d'au moins 15 centimètres.
La tombe de Wals-Beetz nous a fourni (pi. V, fig. 22), une
bouteille semblable, un peu moins difforme cependant. La
tombe de Braives, dite d'Avennes, en contenait quatre à panse
moins large et à fond plat sans pied (^). En fait de difformité,
certes celh'S-ci ne le cèdent en rien h leur analogue de Blehen.
Comme ces trois objets en verre avaient été phicés au milieu
du coffret tumulaire, ils ont eu le plus à souffrir de la chute
(*) Les fouilles que le savanl pré.sident de la Société d'archéol. datii te Duché
du Limb., M- Uabels, a faites dans le cimetière de Beryli-Terblyt, lui ont fourni
des fragments dn plusieurs de ces urnes noircies par le feu et qu'il qualifie d'oUa
ou de pot-a-feu. (Voir les Publications de celle Société, III, 191, 194, 198 et iOl.)
;*) Selon de Monlfaucon. le verre était commun chez les Romains, pour ce qui
regarde les bouteilles, les coupes, les tasses ou petits plateaux.
(» ) Bull, de l'imt. arcli. iiéy., XII, pi. VII, fig. 6 et 7.
— 163 -
des planches du couvercle à demi-consumées, poussées par le
lourd poids du bloc que l'on connaît ; aussi étaient-ils brisés
en nombreux et menus morceaux. C'est par le milieu, en efiei,
que le couvercle a dû d'abord et le plus facilement céder, et
moins facilement le long des parois, où les objets qui y étaient
déposés ont été généralement conservés intacts (').
Virgile, parlant des funérailles d'Anchise, dit qu'Enée, se
conformant à l'ancien Rituel funèbre des Romains, répandit sur
la terre, en forme de libations, deux grands vases de vin pur,
deux de lait nouveau et detix du sang des victimes (^). Ici, à
Blehen, il y a quelque chose qui ressemble à cette cérémonie
par les deux flacons, les deux ou trois patères, les deux ou trois
jattes; mais ces objets ne sont pas exactement pairs, ni iden-
tiques de forme et de grandeur ('). Le nombre des objets ana-
logues, mais non identiques, a été bien plus grand, à Braives,
en fait de poteries; à Fresin pour les fioles; à Wals-Beetz pour
les plateaux. L'un des tumulus de Seron (Forville) a fourni
jusqu'à 11 soucoupes de même forme. Il est permis, je pense,
d'en conclure, qu'à l'époque de ces lombes, les rites funèbres
étaient moins bien connus ou observés que du temps de Virgile,
et qu'ainsi, avec le laps de temps, quelque sacrés qu'ils
restassent aux yeux des familles, ils se modifièrent s'en allant
successivement dans le vague et en partie dans l'oubli.
C'est probablement dans le même sens d'altération des
anciennes cérémonies funéraires, lesquelles, depuis bien long-
(M C'est aussi vers le centre du caveau que les objets en verre se trouvaient à
Braives, comme les fioles à Fresin et les beaux plateaux à Wals-Beetz, où, par une
même cause, ces plateaux avaient été broyés et non, comme on aurait pu le croire,
dévitrifiés.
(*) « Hic duo rite mero libans carchesia Baccho
» Fundit humi, duo lacté novo, duo sanguine sacro. »
ViRG., Aen.^ V, 77.
(') Cf. M. Van Bastelaer dans le Bull, des corn. roy. d'art e.i d'arch., XV, 272.
— Comme pour la tombe de Blehen, on peut dire la même chose des objeis de la
tombe de l'Empereur. [Bull, de l'imt. arch. liég., XII, 497, sqq.
- 164 -
temps, n'étaient plus que de simples habitudes devenues
quelque peu arbitraires, étant dépourvues de règle ou de
croynnce, — qu'il faut inlerpiêler le petit nombre de treize
objeis seulement, assez précieux cependant et variés considérés
en eux-mêmes, que renfermait le caveau de Blelien, tandis que
d'autres tombes que j'ai visitées, celles de Fresin et de Wals-
Beetz, tombes avec chambres sépulcrales h grandes dimensions,
en contenaient de 40 à 50 < '). On ne peut, en effet, attiibuer
cette notable diminution dans la vaisselle funéraire h une posi-
tion présumée subalterne ou à une richesse limitée du défunt,
car son tombeau apparent (le tumulus) est aussi beau, aussi
grand que les autres; ni aux dimensions étroites de la fosse
sépulcrale, car on avait la bêche pour l'élargir.
Voici donc parmi les objets qu'on trouve souvent dans les
tombeaux, ceux qui faisaient défaut à Blehen. D'abord, a. point
de ces objets d'usage corporel qu'on enterrait avec le mort,
comme lui ayant été consacrés pendant la vie, tels que bijoux
ou coffrets à bijoux, perles, amulettes, styles, ornements de
toilette, miroirs, aiguilles i\ cheveux, tessères de jeux ou dés,
etc. Les sépultures de Braives et de l'Empereur (Moxhe) en
étaient dépourvues pareillement; — b. ni lampe sépulcrale,
comme il n'y en avait non plus dans la tombe de Celles, de
VEmpereur, de Braives, où cependant il a été trouvé une espèce
de lampadaire; mais les tumulus de //d'maw/, de Fresin, de
Wals-Beetz, de Thisnes, etc. en ont révélé plusieurs; — c. ni
enfin monnaie funéraire, ce que n'ont pas fourni non plus les
tombes de VEmpereur, de Vaux, de Celles, de Héron, ni les
petites fosses des trois tumulus de Seron (^) ; mnis les tumulus
( ') Le tumulus de Braives, dont le caveau n'était profond que de 70 c, renfer-
mait un pareil nombre ; mais celui de Saventhem, malgré sa belle chambre mor-
tuaire maçonnt'e et son préoieux sarcophage, n'en a fourni que onze; et quant aux
deux lombes dont il a été parlé d'après Caillot, l'une en renfermait 2'2 a 24, et
l'autre treize seulement.
') Les 12 pièces de monnaies trouvées dans le tumulus de Corlil-Noirmont
— 465 —
de Hémava, de Fresin, de Wals-Beetz, de Thisnes, de Braives,
etc. en contenaient.
Le défunt, dont ce grand tertre ou tombeau apparent rappelle
et honore la mémoire depuis tant de siècles, devait avoir eu,
comme c'est à présumer, son séjour dans les environs de
Blehen. Mais à Blehen même, on ne trouve pas de trace d'une
villa romaine; il n'y a pas même de ruisseau {*). C'est pourquoi
je suis assez porté à mettre la tombe de Blehen en relation avec
la villa belgo-romaine de Bertrée, explorée par l'auteur de ce
rapport en 1872 {^).
Vî. Après la demeure, on peut demander à quel peuple le
défunt de Blehen appartenait : s'il était pur Romain, ou Belgo-
romain ou enfin Franco-romain (tous sujets de l'empire), termes
qui s'éclairciront en indiquant rapidement ceux qui cultivèrent
portaient des traces de combustion. (Bull, àes com. roy. d'an et d'arch.,W\\,
452. I — Voici quelques cimetières Germano- ( ou Franco)- Belges ou Romains de
l'époque de la crémation, qui n'ont révélé aucune monnaie : le Tombeux (Avernas-
le-Bauduin); le //ae/wèerj/ (Wals-Wezeren) ; celui de Grez-Doiceau, près de Bonlez,
pays de Wavre; et celui d'Elewyt, c'est-à-dire cette partie de l'ancien cimetière
belgo romain que les Germano-Belges ont continuée, (/l?ina/. de l'Acad. d'arch. de
Betg-, 2» série, tora. IX, 783) : « Cet établissement d'Elewyt, dit M. Van Dessel,
» qui l'a exploré (i7»irf., X, 525), était en communication directe avec la Hesbsye
» et la Germanie, car on ne doit pas perdre de vue qu'une voie romaine allait de
i> Louvain à Tirlemont, et de cette ville à Tongres par St-Trond. Celte voie ne
» peut être que la continuation de la chaussée romaine d'Elevi'yt à Louvain. » —
Parmi les cimetières franks de l'époque d'inhumation, aussi dépourvus de monnaies,
on peut indiquer les suivants, déjà cités : ceux de Jauche; d'Erabresinaux ; de
Fall-Mheer; de Sluse, d'Angleur, etc.
(• ) Il y a derrière l'église de Blehen une petite campagne élevée qui fait pente
vers le Sud-Est. Un jour, j'y ai trouvé, dans le sentier, un fragment de tuile à
rebord, passant par là en 1872-73 pour faire visite à la tombe de Braives. Mais
toute inspection ultérieure de ce plateau a été infructueuse. — Quant à l'absence
de ruisseau, un renseignement, communiqué récemment par M. le curé de l'endroit,
contient : « Que là réellement, au-dessus de Lens, se trouvait autrefois une source
» qui coulait continuellement, mais faiblement, en traversant Lens ; mais qu'à la
» suite du tremblement de terre de 1828, celte source a complètement cessé de
" couler. »
C) Bulletin rie l'Institut archéologique liégeois, XII.
— 166 -
le sol de l'empire romain en Belgique à dater de la conquête
par Jules César jusqu'à rinvasion générale des barbares en 407.
Après la conquête, César confirma les Gaulois, y compris les
Belges, dans leur antique liberté (pas indépendance), et leur
conserva leurs lois et leur gouvernement national (Caîs., B. G.,
I, 45). Lors donc que César quitta les Gaules, les Belges, c'est-
à-dire les Nerviens et les Tréviriens, — car les Atuatiques et
les Eburons avaient cessé d'exister, — obtenaient le titre de
peuples libres [liberi, fœderali), c'est-à-dire qu'ils gardaient
leurs chefs nationaux et leurs antiques lois ou constitutions,
tout en reconnaissant les Romains pour leurs maîtres et souve-
rains, et à la seule condition de veiller à la défense de la fron-
tière septentrionale do l'empire et de servir dans les armées
romaines comme troupes auxiliaires. L'empereur Auguste leur
conserva ces mêmes prérogatives ('); et en transférant, dans
les déserts de la Belgique, les Tongrois, les Toxandres, les
Béthasiens et les Suniques, il paraît leur avoir octroyé les
mêmes privilèges qu'aux anciens habitants, en leur imposant
les mêmes devoirs et obligations. Aussi Tacite nous dit-il que
dans la guerre ou insurrection desBataves contrôles Romains,
sous l'empereur Vespasien (an. 74), les Béthasiens, les Tongrois
et h'S Nerviens se trouvent d'abord dans l'armée de Claudius
Lalieo et qu'ils finirent par prendre le parti de Civilis, qui était
déjà à la tête des Bataves, des Tréviriens et des Suniques (*).
(') « Augustus intur subditos provincias ex more Komanorum ordinavil ;
/œde/a/os conlra palriis semper legibus suis gubernari jussit. » ( Dio Cass., IV.;
(*i ScHAYES, La Belgique, II, ch. IV. — De ces Béthasiens, plusieurs oni servi
dans les It'gions romaines en Angleterre. On y a retrouvé des rescrits de Trajan et
d'Hadrien (commencement du II'' siécio , licenciant des vétérans Béthasiens. Un
souvenir du séjour des anciens Béthasiens se retrouve dans le nom des villages de
Geeis-lletz, de Belecoin et de IVuls-Beeiz, prés de Moiitenaken : < Deiliasii, dit
» MvcuEnws, Betfiium Ri>ni.. V, C. XIV, 184, Tungris proximi, ad Demerae fluminis
» ripam auslralem sinislramque jacehanl, prope vicum Ueis, Belhasios noraine rel'e-
• rcnlem, inde versus Lovanium Nivellasijue porrecli ; fere ubi sub Julio Caesare
' Advaiici, Nerviis confines. ■•
- 167 —
Outre plusieurs chefs civils et militaires, il y avait, dans le
pays, à côté de nos Germano-Belges, aussi appelés Belgo-
Romains, parce qu'ils ont été à peu près entièrement roman/ses,
d'autres vrais Romains, en assez grand nombre, du moins dans
les deux premiers siècles depuis la conquête, savoir les pré-
posés des impôts, habitants, peut-on croire, de nos villas
romaines, qui importaient avec eux en Belgique leurs mœurs,
leurs usages et leur luxe (').
Les anciens Germano-Belges, avons-nous dit, furent presque
lout-à-fait romanisés. En etfet, après la conquête, pour faire
perdre h leurs nouveaux sujets le souvenir de leur ancienne
indépendance, les Romains travaillèrent à efïacer les traces de
la nationalité celtique ou germaine, en substituant ù la langue,
au culte et aux usriges du pays, la langue, le culte et les u?ages
de Rome. Les eftbrts tentés par Auguste, Tibère, Claude et par
leurs successeurs paraissent avoir été couronnés d'un grand
succès. Mais un tel résultat n'a pas été obtenu quant aux nou-
velles colonies germaniques, admises dans le pays, vers la fin
du IIP et au IV'' siècle, pour cultiver les divers endroits que,
profitant de la décadence de l'empireà cette époque, elles-mêmes
avaient rendus déserts par leurs fréquentes invasions accom-
pagnées d'immenses dévastations.
Ce fut ainsi que vers l'an 277, l'empereur Probus transféra
dans les Gaules une multitude de Francs, prisonniers de guerre (^).
(*) « Les places des finances, la ferme des impôts, dit Franz de Charapagny,
Les Césars, I, 30, édil. Loiiv. ), engraissaient (sous les l"""* Césars) bien des for-
tunes des chevaliers (nouvelle aristocratie). Ces publicains, comme on les appelait,
formés en compagnies comniprciaies,... répandus par tout l'empire, espioitant
toutes les procnices, correspondaient par un service de postes, organisé par eux
seuls, de l'Orient à rOccident, de l'Asie en Espagne. Leur cenn-e était à Rome ;
toutes ces sociétés y avaient leur représentant. »
") « Avanliir galllcana rura bobus barbaris, » écrivait Probus au Sénat, parlant
de cet évcnem.'nt, « et juga germanica captiva prsebent nosiris colla cultoribus ;
» pascuntur ad nostrum aliraonium gentium pecora diversarum. » (Vopisc. in
Probo, 15 )
— 168 -
14 ans après, Maximien donna à une autre colonie de Francs
une partie des terres incultes des Tréviriens et desNei'viens(*).
Constance-Chlore agit de même à l'égard des Cauques et des
Frisons après avoir reconquis la Batavie qu'ils avaient envahie ( -).
Ces colonies germaniques, fixées en Belgique, gardèrent leurs
lois et coutumes avec leurs princes nationaux sous les formes
extérieures de l'administration provinciale que les Romains
avaient établie sur la Gaule entière ('). Leurs mœurs et usages,
leur langue et leur culte furent maintenus h peu près sans alté-
ration jusqu'à la fm delà domination romaine. Elles vivaient
(') « Tuo, Maximlane Auguste, nutu Nerviorum (entendez ceux du Hainaut,
d'Alost et de Bruxelles i et Trevirorum ara jacenlia lœlus postliminio restitulus et
receptus Francus excoluit. » {Eumen.^ in fine Pa)ie<j. 10 Maxim, llerculei.) Les
termes « poslliminio receptus » indiquent que les Francs occupaient déjà ces lieux
antérieurement à Maximien qui, en effet, après leur invasion dans la Balavie et
d'autres terres en-deçà du Rhin, les en avait chassés, d'après un autre panégyriste.
(Incerii paney. Maxim, et Constant., i.) D'oii BUCUERIUS, llelg. Rom., VII, c. VI,
lire cette conclusion : « Francos ipsos paulo ante (an. 294) Bataviam aliosque cis
» Rhenum terras invasisse, tenuisseque ; mox ab Constantio superatos in Trevero-
» rum, Nerviorum Belgarumque noslrorum déserta vastalaque loca translates ;
» pror&us ut Belgica nostra, priusquam Francis postea plane victoribus tota sub-
» derelur, non paucis Francorum colonis insideretiir. »
(') ScHAïES, La BeUj., I, 397 ; — Bucherius, loc.cit.
Cj La position de ces nouvelles colonies germaniques dans le pays est assez
bien indiquée par De Petigny, Etude sur l'Iiist., les lois et les i)istir. de l'époque
méroving., dont je cite ces passages : « Les guerriers germains colonisés, dil-il,
I, 130, 139, s'établissaient avec leurs familles dans les cantonnements qui leur
étaient assignés; ils y vivaient sous le gouvernement immédiat de leurs chefs;...
ils y suivaient leurs lois ou plutôt leurs coutumes nationales, et n'étaient rattachés
à l'empire que parleur condition du service militaire et le serment prêté à l'empe-
reur comme chef de l'armée. — Ces barbares incorporés dans les armées romaines,
établis sur les terres du domaine impérial, sont désignés dans les écrits des
historiens du bas empire et dans les actes publics coniemporaius sous lo nom de
Lèles, Lœii, et les terres qui leur étaient assignées sont appelées terres léliques,
lerrœ lœticœ. Le nom que les auteurs latins appliquent le plus généralement aux
barbares établis sur les terres impériales, était celui de fœdemti. En effet, ces
établissements avaient toujours pour origine un traité qui concédait au peuple
colonisé une certaine étendue de territoire, sous la condition du service militaire
et de la reconnaissance implicite de la majesté, ou si l'on veut employer l'expression
féodale, de la suzeraineté de l'empire. » (V. Lex Vil, Digest., De captiv. et
posilim.)
169
ainsi, peu ou point romanisées, parmi ou à côté des anciens
Germano-Belges qui l'étaient presque tout-à-fait.
Dans le cours du IV« siècle, les Germains d'Outr<^-Rhin ne
crurent pas même nécessaire de recourir à l'autorité romaine,
déjà fort affaiblie, pour s'établir, selon leur bon plaisir (;;rce/î-
center), sur des terres à leur convenance, appartenant au
domaine public. C'est ainsi que Julien l'Apostat, créé César et
envoyé sur les lieux par l'empereur Constance (f 355), trouva
les Francs Saliens établis dans la Toxandrie, où ils vivaient en
nation entièrement libre et indépendante des lois de l'empire {*).
Il leur permit d'y résider, à condition de reconnaître l'autorité
de l'empereur (^).
Maintenant que nous connaissons les peuplades qui occupè-
rent le sol de la Belgique sous l'empire romain, nous rangeons
le tumulus de Blehen parmi les tombes romaines, datant cepen-
dant, croyons-nous, des temps postérieurs de la domination
romaine. Quant aux cimetières du Haemherg (Wals-Wezeren) et
le Tomheux d'Avernas-le-Bauduin, ainsi que la tombe de \'Em-
pereur, et celles dont parlent Schayes (^) et Van Hasselt (*),
(*) « Petit (Julianus) primos omnium Francos, eos videlicet, quos consuetudo
» Salios appellavit, ausos olim in Romano solo apud Toxandriam locum habitacula
» &\bi dgeve prœlicenter. » (Amm. Marcel., XVII, 8.) — « Le terme olim, dit M.
Schayes, La Belg., I, 399), indique qu'ils occupaient cette contrée depuis un assez
long espace de temps. »
(*) « Suscepi quidem partem Saliorum, Chamavos vero expuli, > écrivait Julien.
— Qu'il me soit permis d'ajouter comme échantillon des dévastations exercées,
dans le IV» siècle, par les Germains d'Outre-Rhin dans les Gaules et la Belgique,
ce que rapportait Julien {Orat. I), se trouvant sur les lieux : « Jam imunnera
Germanorum multitudo circum eversa per Gallias oppida commorabatur. Quorum
numerus oppidorum ad 45 pervenerat, burgis et castellis minoribus oraissis. Agri
vero quem cis Rhenum oblinebant barbari, lanlumerat spatium, quantum a fonlibus
illius ad Oceanuni usque porrigilur. Poslremi autem illorum, a finibus noslris
cilimi (fort voisins de tious), Irecentis a Rheni ripa stadiis distabant. Sed triplo
adhuc amplior regio populationibus illorum et excursionibus vasta erat et inculta :
ubi ne pascendi quidem poteslas Gallis fieret. Erant et urbes aliquot oppidariis
vacuse, etsi nondura vicinos haberent barbaros. »
(') Schayes, Hist. de l'arch. en Belg., 1, 11 et 18 ; — La Belgique, 1, 118 sqq.;
299 sqq.; 11,135.
(*) Van Hasselt, Hist. des Belg., II, 57.
- 170 —
et bon nombre d'autres tumulus et cimetières dans la province
de Namur, de l'époque de la crémation, ils proviennent,
selon nous, des Germano-(ou Franco- ) Belges, peu romanisés,
n'ayant été admis dans l'empire que depuis la fia du III" ou au
IV<^ siècle ('). Et pour ce qui regarde les petites tombes de la
Campine,de Grez-Doiceau,etc., aussi de l'époque d'incinération,
tombes qui n'ont pas plus d'un mètre d'élévation et contiennent
des poteries de facture grossière et de cuisson imparfaite, nous
les attribuons aux Germano- (ou Franco-) Belges qui, de leur
propre autorité (prœlicenler), ont pris possession d'une partie
du pays au IV« siècle. Mais les cimetières de la période d'inhu-
mation, comme sont ceux de Jauche, d'Embresinaux, de Sluse,
de Fall-Mheer, d'Angleur, de Bas-Oha, etc. proviennent des
Franks, maîtres définitifs du pays depuis la chute de l'empire
romain en Belgique [t circa 450].
VII. Quel est l'âge delà tombe de Blehen?
Il y en a qui font de grands efforts, on ne sait trop pourquoi,
(' ) On lit dans le Bull, des corn. roy. d'art et d'arch., XV, 237, que « les envi-
rons de Hannutet de Landen recèlent de nombreux cimetières de l'époque franke. »
Dans le canton de Landen, l'auteur cite le Tombeux d'Avernas-le-Bauduin et le
Haemberg Wezeren), cimetières que j'ai explorés en 1863-64. D'après lui, ces
cimetières contiennent o des sépultures j/uToi'nfgienHes (!), c'est-à dire postérieures
à la fin du V« siècle ; mais il oublie qu'ils sont de l'époque de la crémation.
Ailleurs, Bull, de l'Iiisi. arch. tiég., XII, 205, grâce à son nouveau système de
« similitude » entre vases et vases, par exemple, entre l'un des vases de la tombe
d'Avennes (Braives) et un autre du cimetière du Haemherg, il dit que ce cimetière
« est bien romain, » « ce qui, ajoute-t-il, avait pu être révoqué en doute à cause
d'une certaine apparence franke de quelques (?) vases qui y ont été découverts. »
— Oui, dans le sens large, il est romain, comme aussi le Tombeux, p:irce qu'ils
ont été établis sur le sol et sous la domination de l'empire romain ; mais dans le
sens propre, ayant appartenu à des Germano- (ou Franco-) Beiges, admis dans
l'empire k la fin du lil» ou au IV» siècle (a), ils sont « indubitablement » franks,
comme leur mobilier funéraire le prouve à l'évidence. (Voir aussi les rapports de
M. Schuermans sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 239 et 417 des tirés à part.)
(Il) « Les Franks, dit M. Van Hastelaer, Ann. de l'Acud. d'arch. de lielg., X, iCS, l'-taient établi»
dans l'Kntre-Samliru-et-Msuse >> (ajoute?, et au-dessus de Namur, duu» le canton Dliuy, et puis
dans les canton» d'Avenne-s et de Landen) «longtemps .Tvant leur touquéto et eu paix avec les
iodigènes. •
171
ni pour quelle utilité, afin de ramener, au moyen des monnaies
antiques et des poteries fines, surtout les samienues, tous noâ
tumulus, toutes nos villas, ainsi que nos cimetières romaine,
aux deux premiers siècles de notre ère. N'en faisait-on donc
plus de tumulus au IIP et IV'' siècle? Ne conslruisait-On plus
alors de villas? N'éiablissait-ou plus de cimetières? Ou bien
quand donc nous sera-t-il donné de retrouver les lieux de séjour
et d'enterrement de ceux qui vivaient alors?
Il n'est donc pas sans quelque importance de rechercher, si
et jusqu'où les monnaies du haut empire et les poteries ont une
valeur probante h cet égard.
Commençons par les poteries.
Des vases munis du même sigle, trouvés dans les endroits bu
pays les plus éloignés les uns des autres, prouvent l'extension
commerciale que les fabricants d'Italie (ou des Gaules) savaient
donner aux produits de leurs établissements par le colportage
des marchands ambulants. Aussi Pline nous dit-il que, de son
temps (au !*'■ siècle), les grands fabricants de poteries faites au
tour exportaient leurs produits de tous côtés par terre et par
mer ('). C'est pourquoi des découvertes fréquentes de monnaies,
de vases, d'armes et d'autres objets de provenance romaine se
font jusque dans les parties les plus reculées de la Germanie,
où ne pénétrèrent jamais les légions C).
Nousavons déjà dit que la fabrication de la poterie fine, surtout
de la samienne, a eu une très-longue durée ( '). En tout cas, la
(^) Pline, XXXV, 46 : « Hsec per maria lerrasque ultro citroqiie porlantur,
» insignibus rotse oHicinis. »
(') SCHAYES, La Belg., Il, 6, note 6; et SCHUERMANs, Rapport sur les fouilles de
Fresin, pag. 72. — « Est videre apud illos (les Germains d'Outre-Rhin, non soumis),
» argentea vasa, legatis et principibus eorum muneri data..... proximi, ob usum
« coramerciorura, formas quasdam nostrse pecuniae agnoscunt atque eligunt. »
(Tacit., m. g., § s, fin du i^' et commencement du 11* siècle. )
( ' ) Le bon sens permet-il, en effet, d'admettre que tous ces potiers, connus déjà
par un nombre si grand de sigles et que bien d'autres encore feront connaître,
aient tous appartenu aux deux premiers siècles du haut empire ?
— 172 —
longue conservation de ces poteries dans les familles n'est pas
douteuse, à peu près comme de nos temps, y sont conservées
ou avidement recherchées les porcelaines chinoises, de la Saxe
ou de Sèvres. On a trouvé, en effet, les poteries fines, les
samiennes, dans l'établissement de Jupille à côté de certaines
poteries noires à ornements blancs et des monnaies de Gordien
(t237). Ce qui semble les faire durer jusqu'à la fin du IIP
siècle { ' ). C'est vers cette époque ou postérieurement que nous
croyons qu'ont été érigées la tombe de Blehen et aussi celle de
Braives, renfermant de nombreuses poteries samiennes à côté
d'autres vases mal faits ou de mauvais goût. En outre, le tom-
beau frank en pierres maçonnées trouvé, en 1868, à Fall-Mheer
contenait, à côté du squelette, « un mobilier purement romain (^). »
De même dans l'antique cimetière de Strée, « mi-franc, mi-
romain, » M. Van Bastelaer a trouvé, dans certaines sépultures,
« réunies la hache du Franc et la poterie romaine ( ^). »
Vers le temps, où de nombreux Francs furent admis dans
notre pays comme sujets romains, une contrefaçon de la poterie
samienne est apparue en Belgique. C'est ainsi que la poterie
samienne du tumulus de Corlil-Noirmoîit n'avait pas la belle
couleur rouge lustrée qu'on lui connaît généralement. « Elle
est, dit M. Van Dessel dans son rapport, pâle et s'enlève par le
simple frottement (*). » C'est ainsi aussi que nous avons trouvé
dans le cimetière du Haemberg (Wezeren) a une sorte de bol
(pi. IV, fig. 26), en poterie rouge, revêtue d'ornements en
relief et d'un vernis à l'instar de la poterie samienne, mais
(•) Bull, de Vlmt.arch.hég.,\\, 49S.
(*) liull. de la Soc. scient, et lut. de Limb., IX, 319.
(*) Annal, de l'Acad. d'arch. de Bely., X, 468. Mais « on sait, a-t-on dit, que
les Francs qui ont succédé aux Romains dans la conquête de notre sol, se sont
encore pendant longtemps servi des objets i vases, poteries, monnaies) délaissés par
ces derniers. » S'ils ont été c/é/am-^s, ils devaient encore exister (Cf. Bull, de l'Insi.
arch.Uég., XII, 218).
l*; Bullel. des corn. roy. d'art et d'arch., XIII, 456.
- 173 —
n'adhérant pas la pâte. Ce dernier objet, ajoute M. Schuermans,
reporte le cimetière du Haemberg à l'ère romaine, mais à la
décadence ('). »
Alors pareillement s'est révélée une autre espèce de poterie,
savoir «poterie grossière à peine cuite, poterie s'émiettantdans
les doigts et n'ayant pas du tout les caractères de la poterie
romaine. » C'est ainsi que M. Schuermans décrit un vase que
nous ont fourni, en 1864, nos fouilles dans la tombe de Middel-
winde (^). Tels étaient aussi, en général, les vases trouvés, en
1863, dans le cimetière frank du Haemberg (de l'époque de la
crémation) : «vases d'une terre grossière de couleur rose,
grise ou noirâtre, et non ou à peine façonnés au tour, » lesquels,
selon M. Schuermans, semblent avoir été cuits surplace ou dans
le voisinage'i^). » Un pareil vase a été trouvé au fond de la cave
de la villa du Rondenbosck, « vase en terre grossière, à peine
cuite » et qui « s'est pour ainsi'dire émietté dans les mains des
inventeurs « au point « qu'à peine un tesson en a pu être des-
siné. » Ce vase, ainsi qu'un autre, « à dessins en hachures qui
ne paraissent pas romains, » prouvent que cet établissement
appartient « à une époque plus récente (*). » Je citerai encore
a. deux vases « en terre très-commune, peu cuite et excessive-
ment friable » trouvés, 'du reste, dans la tombe germanique de
l'Empereur, tombe de l'époque de la crémation et faite dans les
(* ) Rapports sur nos fouilles en Hesbaye, p. 24i des tirés à part. ^^
(*) Schuermans, Rapports sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 220 (pi. III,fig.i4).
« Mais pouvant être, ajoute-t-il, tout simplement un \Sise fait sur les lieux mêmes. »
(') Ibid., p. 241. — Ces vases indiquent que ce cimetière de l'époque romaine
doit être rapporté vers le déclin de l'empire, ce que confirment et la monnaie de
Tetricus (f 268), trouvée dans les substructions voisines da Lazaret {ibid., p. 242),
et les tuiles difformes et mal cuites de cet établissement, semblables à celles de la
villa du Kloosterhof (Neerlanden) et à une partie de celles de la villa de Bertrée.
« Aux temps plus récents, dit M. Schuermans {ibid., p. 417), appartiennent les
» poteries (frankes?) du Tombeux d'Avernas-le-Bauduin et les poteries (delà
» décadence?) du cimetière du Haemberg (Wezeren). »
(*) Schuermans, Rapport (tiré à part), pag. 482-83, pi. V, fig. 41, et pi. VI,
fig. 42.
— 174 -
temps postérieurs de l'empire ('). b. Les fragments d'une urne
« de facture grossière et de cuisson imparfaite » trouvée dans le
cimetière Germano-Belge de Grez-Doiceau (-). c. Enfin, quant
au cimetière d'Elewyt mi-franc, mi-romain, M. VanDessel cite,
pour la partie « Germano-Belge » : « deux jattes en terre gri-
» sâtie, grossièrement façonnées et à peine cuites comuie seuls
» objets intacts qu'on ait pu recueillir dans ce cimetière Ger-
» mano-Belge. » D'après lui, « le nombre d'urnes ensevelies
» dans ce terrain devait cependant être considérable, et nous
M ne pensons pas, dit-il, nousécarter de la vérité en évaluant ce
» nombre à plus de deux cents. Malheureusement, ajoute-t-il,
» dès qu'on voulait les enlever, elles s'émiettaient dans les
» mains; souvent même elles étaient déjà réduites en poussières
» avant que la bêche de l'ouvrier les atteignît, et on ne recon-
» naissait l'endroit, où elles avaient été i)lacées, qu'à un amas
» de terre noire mêlée d'ossements calcinés et de cendres de
» bois ( ^ ) . ))
De ce qui précède, c'est-à-dire de la longue durée, si pas
( ' ) Bull, de ilnst. arch. liég., XII, 498. — Les vases funèbres de cette tombe,
entre autres, prouvent que les nouveaux Germano-Belges, comme les anciens,
faisaient provision, auprès des marchands ambulants, de la poterie romaine, tant
de la fine que de toute autre.
(* ) Bull, des corn. roij. d'art et d'arch., XIII, 170.
(') Bull, de l'Acad. d'arch. de Belgique, IX, 783. — On a dernièrement fait de
vains efforts pour faire passer cette poterie grossière et mal cuite pour de la poterie
« parfaitement » romaine i !) en prétendant « que l'on ne doit plus rapporter cette
» poterie exclusivement aux populations germaniques, » parce que, dit-on, « toute
la poterie romaine, pas plus que la notre, n'dt-'itde la poterie fine. » [Bullei. de
l'Inst. arch. liég., XIF, 505.) En vérité, les Romains faisaient aussi de la grosse
poterie, ayant même des parois épaisses de 2 c, par exemple, les doHa, mais elle
était faite au tour et fort bien cuite ; ils ne faisaient pas de la poterie grossière
sémiettant dans les doigts. — On réplique « qu'il ne paraît pas bien démontré, en
» ce qui concerne la poterie grossière, que {a fragilité de sa nature et Yimpcrfection
» de sa fabrication doivent la faire considérer comme n'étant pas romaine » (ibid.,
pag. 392). Voilà du neuf (!), mais, je pense, anti-archéologique, et contraire à ce
qui est communément admis. Pour nous donc, ces poteries grossières sont le produit
des Germains ou des Franks successivement admis dans l'empire à dater de la
dernière moitié du Ille siècle et vivant dans le pays parmi ou à côté des anciens
Germano-Belges romanisés ; ou, si l'on veut, elles proviennent des Franks établis
prœlicenier dans la Toxandrie, au IV« siècle.
175
toujours de la fabrication, du moins de la conservation dans les
familles et le commerce de la belle poterie romaine, il résulte
clairement, je pense, que cette poterie, trouvée dans un tumulus
ou un établissement (villa ou cimetière) belgo-romain, même
sans mélange de tout autre produit qu'on doit regarder comme
étant de la décadence, permet à peine une faible présomption
en faveur d'une haute antiquité, mais certes ne la prouve
aucunement. Si, d'autre part, cette belle poterie romaine, de
forme harmonieuse et artistique, se trouve à côté d'autres objets
de forme peu symétrique, excessive ou excentrique, c'est-à-dire
de l'époque de la décadence, postérieure aux deux premiers
siècles de notre ère, ou se trouve ensemble avec une poterie
grossière et mal cuite, produit exclusif de certaines colonies
admises dans l'empire postérieurement (pas avant la fin du III*
siècle), alors, au point de vue d'indiquer l'âge, les beaux objets
sont dépourvus de toute force probante, laquelle, dans ce cas,
est exclusivement réservée aux objets difformes dénotant la
décadence, ou à ces objets grossiers produits par les Germano-
Belges, de sorte que le tumulus ou l'établissement, où ils se
trouvent, ne seront pas antérieurs à l'époque de la fabrication
de ces derniers objets. C'est ainsi que, quant à la tombe de
Blehen, malgré toutes les autres belles poteries, surtout en
terre samienne, les deux flacons en verre à panse et col déme-
surés (pi. II, fig. 11 et 13), mais moins laids pourtant que les
deux bouteilles ou flacons delà tombe de Braives (pi. VII, fig.
6 et 7), prouvent seuls, en dehors de plusieurs autres indices,
déjà annotés, que cette tombe est postérieure aux deux premiers
siècles. C'est ainsi aussi qu'un flacon semblable, de même que
deux buires de la Bortombe de Wals-Beeiz (pi. III, fig. 5 et 6
et pi. V, fig. 22), empêchent tant d'autres beaux objets, en
compagnie desquels ils se sont trouvés, de la faire remonter à
une assez haute antiquité, par exemple, à celle que paraissent
avoir les tombes de Hémava, de Fresin et d'Omal (*).
(•) « Le dépôt funéraire de Wals-Beelz, observe fort bien M. Schuormans dans
176
Ce serait donc, comme je l'ai déjà dit, de ma part, de la peine
perdue, si, m'appuyant uniquement sur les beaux objets trouvés
dans le tumulus de Blehen et sans prendre en considération
les autres assez difformes, je voulais un peu prétentieusement
m'efforcer, au moyen de « certains indices et de différents points
d'analogie avec les tombes déjà explorées » (par exemple, celles
que je viens de citer), à « en faire remonter la construction (et
cela d'une manière presque certaine) h la fin du premier siècle
ou, plus probablement, au commencement du second siècle de
l'ère chrétienne. »
J'arrive aux monnaies.
D'abord, pojr ce qui regarde les monnaies de sépulture, il
existe une hypothèse très-hasardée, d'après laquelle il faudrait
considérer le dépôt dans les tombeaux de deux monnaies, sur-
tout si elles portent l'effigie du même empereur « comme en
déterminant la date réelle, » de sorte que « le placement de ces
pièces serait un fait aussi intentionnel que le scellement de
médailles dans la première pierre de nos édifices ('). »
D'après celte opinion, « les Romains ne mettaient dans les urnes
» sépulcrales que des monnaies récentes et ayant cours (-), »
ce que les faits contredisent partout. C'est pourquoi M. Schuer-
» sonrapport sur ces fouilles, pag. 175 des tirés à p'irl, indique déjà une déca-
• dence relative : plus de ces objets essentiellement artistiques comme ceux des
» Drijtommen (Fresin) et en fait de buires de bronze (ajoutez e< de flacon), des
» formes moins pures et très-exagérées, soit en longueur, soit en largeur; enfin
» des ornements moulés, au lieu de fines ciselures. » — De même, pour ce qui
regarde les villas belgo-romaines du Lazaret (W'ezeren) et de Bertrée, sans égard
pour leurs belles tuiles, ce sont celles qui étaient difformes et mal cuites, semblables
à celles de la villa du Kloosterhof (Neerlanden) que nous avons fait valoir pour
indiquer l'extension de leur durée.
(') Telle est l'opinion de M. de la Saussaye apud Cochet, Norm. sout., p. 80,
partagée plus ou moins par M. Schuermans, dans ses Rapports sur nos fouilles
dans les Drijtommen de Fresin, p. 70 ; et dans la Bortombe de Wals-Beetz, p. 174 ;
et dans ses Menues inscriptions du Musée de Liège (Bu//, de l'inst. arch. liégeois,
IX, 397).
(*) Publical. de la Soc. arch. de Maestricht, III, 206.
- 177 —
mans veut bien ajouter (') que « même pour les monnaies
» sépulcrales proprement dites, le système de M. de la Saussaye
» n'est encore, jusqu'à présent, qu'une hypothèsenon démontrée. »
Non, ce ne fut pas pour marquer l'époque de la sépulture que
les païens, ni les chrétiens, déposaient des monnaies dans les
tombeaux ; aucun témoignage ancien ne peut être allégué en
preuve d'une telle intention. Pour indiquer, en effet, la date de
l'enterrement, du décès et l'âge du défunt, les Romains élevaient
ordinairement sur les tombeaux ou sur le sommet de leurs
tumulus des stèles ou cippes (Tituli), portant sur la face anté-
rieure une inscription rappelant, entre autres, le nom et l'âge
du défunt et l'année de sa mort ou de sa sépulture par l'année
consulaire C^). De même, les chrétiens de la période des cata-
combes traçaient généralement sur les tablettes de marbre ou
les briques, avec lesquelles on fermait, après la déposition du
cadavre, les loculi de la sépulture, « le nom du défunt, son âge,
le jour de sa déposition, etc. (^). » Les ouvrages, traitant des
antiquités païennes ou chrétiennes, sont pleins de ces inscrip-
tions, dont l'étude est si importante pour l'histoire ('').
Et à quoi aurait servi de marquer la date à l'intérieur des
sépultures ? double emploi d'autant plus inutile que, chez les
païens, les tombeaux étaient considérés en droit, et ceux
(1) Bull, de rinsl. arch. liég., IX, 397.
(•) A. RiCH, Dict. des antiq. rom., y^o Tumulus ; — SCHAYES, Hist. de l'arch.
en Belg., I, 77.
(*) L'abbé Martigny, Dict. des antiq. chrét., v'^o Sépultures, n» II.
(*) Voici, entre raille, l'une de ces épitaphes païennes, auxquelles celles des
chrétiens ressemblaient pour le fond :
D. M.
DUDUMENO
AUG. L. PRiEPOSlT.
Ordenato. ULTRO
A Divo. Tito VI II. cos.
EXCESSIT
un. Idus. septemb.
VixiT ANN. etc. etc.
— 178 —
scellés par de grands tertres, même en fait, comme étant éter-
nellement inviolables ( ' )^ et chez les chrétiens, comme ne devant
jamais s'ouvrir qu'au grand et dernier jour à l'appel de Celui
qui n'avait pas besoin que la date Lui en fût marquée par des
monnaies.
J'ai dit que les faits sont en opposition avec le système de
M. de la Saussaye. C'est, d'abord, le grand nombre de monnaies
qu'on trouve dans le même tombeau ; et puis, parce que géné-
ralement on n'y trouve les monnaies qu'à l'état fruste.
Citons des exemples en commençant par le nombre.
Le tumuhis des Wals-Beetz en contenait quatre, et autant
celui de Thisnes; —il y en avait six dans le tumulus de Saven-
ihem : « numismata sex in septima urnula deposita; » — la
tombe de Hun, dont parle Galliot déjà cité, renfermait «/^/msî^mj's
médailles de cuivre, dont quelques-unes portaient l'effigie de
l'empereur Néron; » — celle d'Andenne (ibid.) a une grande
quantité de médailles d'argent et de bronze, sur une partie des-
quelles étaient gravées les effigies des empereurs Vespasien et
de ses deux fils Titus et Domitien. » — D'après le rapport de
M. Van Dessel, le tumulus de Cortil-Noirmont, exploré en 1874,
en contenait douze pièces de monnaies, etc. — Pour ce qui
regarde les catacombes, Marangoni en mentionne un grand
nombre, notamment de Marc-Aurèie, dans le tombeau d'un
martyr anonyme, et deDiocléliendans celui du pape S.Caïus(-)
Buonarruoti assure que dans un seul tombeau du cimetière de
Sainte-Agnès, il observa des médailles, au nombre de dix et
plus, d'empereurs différents et de temps très-éloignés (•"').
{') « Fori bustive seterna autoritas esto, «disent les lois des XII Tables. —
Voir aussi Cod. Justinian., 1. IX, lit. XIX, lig. 1. — Si, quoique assez lard, on
a parfois rais des monnaies sous la première pierre des édifiées ecclésiastiques et
civils pour en maniuer la date, c'est qu'on savait bien qu'un jour ils devraient être
reconstruits.
(*) Act. S. F., p. 84, 111, m, et Cose ijeniil., p. 382 et sqq., ap. Martigny,
Pictionn., v'"» Sépult.
(■') Vetri Prefaz., p. XI.
179
«Sans aucun doute,» le giand nombre de monnaies trouvées
dans un même tombeau indique une tout autre intention que
celle de vouloir marquer l'époque de la sépulture. Et quand on
n'y en trouverait que deux médailles du même empereur ou
de deux empereurs différents, pourquoi, on le demande, ce cas
de deux aurait-il le privilège de prouver un dépôt intentionnel à
cette fin? Rien ne peut, selon nous, être allégué en faveur de
cette assertion, qu'une pure conjecture ('),
Quant aux monnaies frustes déposées dans les fosses sépul-
crales des tumulus ou des anciens cimetières, ce sont celles-là
qu'on rencontre le plus ordinairement. Voici quelques exemples.
Ainsi des deux monnaies de la tombe llémava, celle de Galba
était presque entièrement effacée ou fort usée; — de même, des
deux médailles trouvées dans le tumulus du milieu de Fresin,
l'une était fruste au revers et l'autre l'était ii peu près entière-
ment. Quant à la Bortombe de Wals-Beetz, une seule des quatre
monnaies n'était pas fruste ; — parmi les douze pièces de mon-
naies du (umulus à Cortil-Noirmont,c.deux étaient frustes (^);»
— le revers du seul Vespasien, trouvé dans la tombe deBraives,
était fruste. Dans le cimetière germano-belge de Bergh-Terblyt,
l'unique Trajan qu'on y ait trouvé, je crois, était « très-fruste H,»
c'est-à-dire déjà usé avant son enfouissement; il n'était donc
pas une monnaie « récente » au moment de son dépôt, et loin
d'indiquer que ce cimetière date « du règne de cet empereur ou
d'une époque un peu postérieure {^), » c'est le contraire qu'il
prouve ; - dans le cimetière de Juslenville, les monnaies
frustes trouvées dans les tombes ont été en très-grand nombre,
pour le moins une trentaine (^) : « leur état autorise de sup-
(*) Martigny, Dictionn. des antiq. chrét., \^o Sépult.; — Bull. del'Inst. arch.
liégeois, IX, 397.
(*) Bull, des com. roij. d'art et d'arch., Xllf, 45:2.
(') Publicat. de la Soc. d'arch. de Maestrichl, III, i200.
i*) //'id.,p. 206.
(") Bullei. de Vlnsi. arch. liég., IX, 384 et 385 avec mt. i".
— 180 —
poser,dit M. Schuermans('), qu'elles étaient, en général, les plus
anciennes du dépôt, » c'est-à-dire qu'étant usées, elles avaient
été le plus longtemps en circulation, avant de devenir monnaies
funéraires. Il y a à dire la même chose des monnaies ;;er/brm,
comme on en a trouvé plusieurs dans les tombes à Juslenville.
« Ces monnaies, comme l'observe M. Schuermaiis (-), avaient
été portées comme ornements, soit enfilées à un cordon, soit
serties dans une monture quelconque ; or, bien certainement
celles-là, dit-il, portées pendant la vie, ne peuvent servir à
indiquer la date de la mort, et leur possesseur avait pu, à sa
fantaisie, les choisir de tel règne | lutôt que de tel autre, pour
se rappeler un souvenir d'enfance, etc., etc. «
Le système donc de M. de la Saussaye n'est qu'une simple
hypothèse à laquelle s'opposent les faits du grand nombre de
médailles dans le même caveau, les monnaies frustes et les
médailles perforées; et enfin la longue durée des monnaies
romaines, de sorte que, comme le dit M. Schuermans (iftirf.),
« les monnaies impériales, à quelque règne qu'elles appartien-
nent, ayant eu cours pendant les quatre premiers siècles » (et
bien au-delà) « ont pu parfaitement être en usage pour les
sépultures, longtemps après leur émission, »
Mais si ce n'était pas pour indiquer l'époque de la sépulture,
à quelle fin donc déposait-on des monnaies dans les tombeaux?
Le voici : dans le même but et pour le même motif qu'on y
plaçait tout un magasin de vaisselle. Nous l'avons déjà cit, les
anciens rites de sépulture éVd\eni fondés sur les vieilles croyances
païennes des Grecs et des Italiens, et étaient nés avec elles,
savoir, que l'âme, dans sa seconde existence, s'enfermait avec
le corps dans le tombeau; et l'on croyait si fermement qu'un
homme vivait là, qu'on ne manquait jamais d'enterrer avec lui
les objets dont on supposait qu'il avait besoin, aliments, vais-
f«) Bull, de rinsl. anh. liég., IX, p. 398.
(*) Ibid., p. 397.
— 181 —
selle, monnaies, ou qui lui avaient été consacrés pendant la
vie, bijoux, ornements de toilette, armes, etc. Les monnaies,
par conséquent, déposées dans les tombeaux, faisaient, comme
les différents vases, partie intégrante du mobilier et des
cérémonies funèbres. Mais depuis que la nouvelle croyance au
Tartare et aux Champs-Elysées a été inventée pour dominer
pendant un certain temps ( ' ), ces rites funèbres, étant en désac-
cord manifeste avec cette croyance, ont, quoique sans base
religieuse, encore été continués, mais uniquement comme des
usages anciens remontant à un temps immémorial, comme des
habitudes, comme des usages civils, lesquels, depuis lors, se
modifiant ou variant successivement, par le laps de temps, ont
été transmis, à tra vers les siècles, mais sous des formes diverses,
jusqu'à notre époque.
S'ensuit-il de ce qui précède que les monnaies romaines ne
peuvent jamais aider à connaître approximativement l'époque
d'une tombe ou les derniers temps de l'existence d'un établisse-
ment romain? Avant de répondre, il convient de constater la
longue durée des monnaies du haut empire, égale à celle de la
belle poterie romaine. Les monnaies de Vespasien, Trajan,
Hadrien, Commode, etc., « éparpillées parmi les squelettes» du
cimetière frank de Bas-Oha de l'époque de l'inhumation (^),
prouvent leur durée au moins jusqu'au VP siècle et indiquent
en même temps (Qu'elles n'y avaient pas été déposées pour mar-
quer l'année de la sépulture. Dans la longue série ou « nomen-
clature des monnaies romaines découvertes à Elouges (cimetière
frank), » on remarquera, dit M. Ch. de Bove (^), que la plupart
( ') Déjà aux temps de Claude et de Néron, « ce qui domine, dit M. le C* Franz
» de Champagny, Les Césars, t. II, 1. II, ch. 2, § 2, c'est un grand trouble de la
» pensée, un chaos intellectuel, où toutes les idées se rencontrent, parce que nulle
» n'est définie L'impiété a gagné les grands et les petits ; — pas un enfant ne
» croit à la barque de Caron et aux noires grenouilles qui barbotent dans les marais
» du Styx (Juven., II, 449) 11 n'y a pas de doctrines, mais des penchants ; pas
» d'enseignements, mais des habitudes. »
(*) Bull, de l'inst. arch. liég., XI, 498.
(') Elouges, ses antiquités et son hist. [Annal, du Cercle arch. de Mon5,XII,327).
— i«2 —
des grands bronzes appartiennent au haut empire. Je suis loin
de conclure, ajoute-t-il, dans la note, qu'une monnaie du haut
empire, trouvée sur un squelette, soit une preuve que cet indi-
vidu vivait à cette époque. — Je possède, poursuit-il, un collier
(provennnt de Villers-deux-églises, près de Philippeville) avec
une chaîne en bronze... formée de trois bouts de chaînons diffé-
rents raccordés; au centre est un anneau dans lequel le Frank
avait inséré deux pièces romaines trouées : l'une de Faustine,
fille d'Antonin-le-Pieux et femme de Marc-Aurèle, vivant 160
ans après Jésus-Christ; l'autre est un magnifique grand bronze
de Justinien, empereur de Byzance, vivant 530 après J.-G.
Voilà un écart, dit-il, de près de quatre siècles entre deux
monnaies qui concourent à établir l'époque où vivait cet
homme ! Si la dernière eût été méconnaissable, on n'eût pas
manqué de le faire vivre sous Marc-Aurèle! »
M. Galesloot, parlant de l'âge de la villa belgo-romaine à
Assche, a une faible lueur, observe-t-il (^), nous est fournie par
les monnaies de l'époque. » Parmi ces monnaies, « il y a, dit-il,
deux gauloises et cinq consulaires. Les autres sont de l'empire.
Elles embrassent, à peu près, toute sa durée, et s'étendent
même au-delà, depuis Tibère jusqu'à l'empereur d'Orient,
Anastase P"",qui mourut en 518... La pièce d'Aiiastase, conclut-
il, nous autorise à croire que cet établissement n'avait pas cessé
d'exister au commencement du VI'' siècle; » et fournil une
preuve de la longue durée des monnaies de la république et de
l'empire.
On sait que « les Franks, fait remarquer M. Schucrmans (^),
se complaisaient à occuper les habitations délaissées par les
Romains, » tant en Hesbaye que dans le reste du pays. Mais ce
que je ne savais pas, c'est que « les Franks, qui ont succédé
(*) Notice sur les fouilles à Assche, Siputi Académie roy. de Belg.,\W\\,
février 1875.
(') Bullet. de l'Acad. darch. de Belgique, pag. IQ?.
— 183 —
dans la conquête de notre sol aux Romains, se sont encore
pendant longtemps servi des objets » (vases et monnaies)
« DÉLAISSÉS (?) par ces derniers ( ' ). » Quoi qu'il en soit, ce
délaissement et l'usage qu'on en faisait encore, prouvent que
ces poteries n'étaient pas hors du commerce et que les mon-
naies n'avaient pas encore cessé d'avoir cours dans la dernière
moitié du V*' et au commencement du VP siècle.
A cause donc de ce long usage qu'on a fait des monnaies du
haut empire, on est forcé d'admettre comme règle que ces
médailles, trouvées dans un tombeau (tumulus ou cimetière),
ou dans les substructions d'une villa, ne peuvent servir à en
prouver directement l'origine, ni à fixer le maximum d'antiquité
de ces sépultures ou de cet établissement; mais qu'indirectement,
elles indiquent que la sépulture qu'elles accompagnent et que
l'établissement ou villa, où elles ont été trouvées, sont, pour
un temps indéterminé, postérieurs à la plus récente de ces
monnaies. C'est ainsi que l'explique très-bien M. Schayes par
rapport aune trouvaille de monnaies dans le camp deDalheim:
« comme les monnaies romaines, dit-il ("^), même les plus
anciennes, n'ont pas cessé d'avoir cours pendant toute la durée
de l'empire, la découverte d'un grand dépôt de monnaies ne
saurait guère servir à prouver l'origine ou l'ancieimeté d'un
établissement: il constate seulement les derniers temps de son
existence. Les pièces les plus récentes trouvées à Dalheioi
datent du règne de Valentinien III (anno 424 à 455). » Et
ailleurs, le même auteur parlant de la villa de Sommerain, non
loin d'Houffalize, « il est vrai, dit-il {'"), que l'on a trouvé dans
les ruines de la villa des monnaies du haut empire, et notamment
des empereurs Tibère, Caligula, Vespasien et Titus; mais elles
ne peuvent servir de preuve en faveur de l'ancienneté de la cons-
(»] Bull, de l'Inst. arch. liég., XH, 248.
(*J La Belgique, II, 47G, note "i.
(') Hist. de l'arch. en Belg., 1, 167, not. i.
— 184 —
tructiou de l'édifice ; car, dit-il, comme toutes les monnaies
frappées par les empereurs, et même celles de la république,
n'ont jamais cessé d'avoir cours pendant toute la durée de
l'empire, on trouve, dans presque tous les dépôts de monnaies
du IV* et du W" siècle, des monnaies du haut empire, surtout
des monnaies d'argent, lesquelles, étant d'un titre plus élevé
que celles frappées depuis le milieu du III" siècle, étaient beau-
coup plus recherchées que les dernières. » C'est pourquoi M.
Schayes estime à bon droit que « les monnaies en bronze de
Gordien et de Valentinien P' témoignent que la villa (de
Sommerain) existait encore dans la seconde moitié du IV*
siècle ('). »
Nous avons dit qu'on ne déposait pas des monnaies dans les
sépultures dans le but d'en marquer la date; mais que cepen-
dant ces mêmes monnaies pouvaient servir à indiquer l'époque
à laquelle ces sépultures étaient postérieures. Ce double point,
une importante trouvaille, faite récemment, de deux sarcophages
de la fin du IV" siècle, vient de le confirmer. Nous voulons, pour
terminer cette matière, en résumer les principales circons-
tances.
On savait par l'histoire que 8. Ambroise, évêque de Milan,
ayant retrouvé les corps des SS. Gervais et Protais, martyrisés
en 304," les avait fait placer, en 386, sous l'autel de la basilique,
dite Ambrosienne, à droite du côté de l'Evangile. Ils y avaient
(*) « Le système de Schayes consiste, dit M. Schuermans, dans ses Rapports
» sur nos fouilles en Hesbaye, pag. 415, not. 2, à dire que les monnaies du haut
» empire ne peuvent servir de preuvd en faveur de l'ancienneté d'une construction,
>' parce qu'elles sont restdes en usage jusque dans les derniers temps. » Mais
toujours est-il, y lit-on, que les monnaies du haut empire, quand elles sont /jeu
usées « (ce qui est très-rare) » et se trouvent sans mélange £vec des monnaies pos-
térieures a (ajoutez nécessairement : et sans mélange avec des vases ou poteries
dont la forme ou la fabrication indiquent une époque de décadence ou le déclin de
l'empire) » « sont uiiC forte présomption » à peine, selon nous, une légère lueur à
cause du long cours de ces monnaies) « en faveur de la date très-ancienne, non-
u seulement de l'érection, mais même de la destruction de l'établissement. «
m
été déposés dans un ample tombeau, placé, par sa longueur,
du Couchant au Levant, revêtu intérieurement de marbres
précieux et de diverses couleurs, et recouvert par une grande
et longue pierre. On n'y avait ajouté aucune monnaie, mais
bien un vase de verre, comme on en trouve souvent dans les
sépultures des martyrs. On savait, de même, que S. Ambroise,
mort en 397, avait été enterré, selon ses désirs, plusieurs fois
exprimés, sous le même autel, près des corps des SS. Martyrs,
mais à gauche ou du côié de l'Epîire. Dans son tombeau, sem-
blable Il celui des deux Martyrs, et situé, par sa longueur, dans
le même sens, on avait déposé quinze pièces de petite monnaie
d'argent et de bronze du IV'' siècle, les unes à l'efflgie de Théo-
dose [376-395], les autres de Flavius-Viclor, lils du lyrsn
Maxime [t 383-388]. Ces deux tombeaux ont été retrouvés, il
n'y a guère longtemps. Pour confirmer le témoignage de l'his-
toire, ou prouver l'ideniiié du tombeau de S. Ambroise, le D'
Biraghi a fait valoir ces monnaies ('), non pas directement,
comme si elles y avaient été placées pour en indiquer la date,
ni comme si elles avaient été alors les plus récentes, ce qu'elles
n'étaient pas; mais, de la seule manière possible, d'une manière
indirecte et irrécusable, en mettant en relief celles de ces
monnaies qui étaient postérieures en date au placement du tom-
beau des deux SS. Martyis en 386 : « entre les quinze pièces de
monnaies qui s'y trouvaient lenfermées (dans le sépulcre à
gauche du côté de l'Epîire), deux, dit-il, confirmèrent l'antiquité
du sépulcre de S. Ambroise : l'une de bronze porte l'efligie du
jeune empereur Flavius-Viclor, fils du tyran Maxime, avec cette
légende : Dam. noster Ma. Fla. Victor, p. f. Aug.; au revers,
une porte prétorienne, et au-dessus une étoile, avec l'exergue :
Si'ES Romanorum; au bas s. c. s. p., c'est-à-dire Scisia percussa.
( ') Dans un Mémoire composé à ce sujet. — Voir aussi les leUres apostoliques
relatives à rinvention de ces corps, ainsi que la belle lettre pastorale qui les
publi«, de Son Em. Mgr. DecLamps, archev. de Matines, en dale du ■14 juin -1874.
- 186 —
Cette médaille se rapporte aux quelques mois, durant lesquels
Maxime et Victor, son fils, furent maîtres de Scisia sur la Save
en Pannonie ('). Or, quand on frappait cette monnaie, Gervais
et Protais étaient déjà, depuis deux ans, déposés dans leur
tombe. Le tombeau, où elles ont été trouvées, ne pouvait donc
être que celui de S. Ambroise.
« L'autre monnaie est à l'efllgie de Tbéodose : D. N. TnEono-
sius. p. F. AU, Au revers sont deux "Victoires tenant des palmes
et des couronnes : Victoria auggg., ce qui peut s'entendre des
trois Augustes Tliéodose et de ses deux fils Honorius et Arcadius,
associés à l'empire, dès 394. Les deux victoires se rapportent
aux deux succès militaires de l'empereur en Occident, l'un sur
Maxime, l'autre sur Eugène, eu 394, trois ans avant la mort
d'Ambroise, » mais de huit ans postérieures au tombeau des
SS. Gervais et Protais; par conséquent autre preuve que ce
tombeau, dans lequel se trouvaient ces monnaies, ne pouvait
être que celui de S. Ambroise.
Les considérations que j'ai fait valoir jusqu'ici, quant au
caveau, le coffret, le mobilier funéraire et les monnaies, etc.,
me font conclure, avec M. Schayes (-), que la plupart de nos
tombes ne sont pas antérieures au IIP ou IV^ siècle, y compris
les tombes de Blehen et de Braives, et « incontestablement »
la tombe germanique de ïEmpereur.
Vin. Comme la savante Compagnie de Vlnstitut m'a permis
d'ajouter un mot sur Bleben et son ancienne et noble famille,
c'est par Ih que je vais finir.
Le nom de Bleben, comme celui de la commune voisine de
Trognée (en flam. Tnidelingen et puis Tmijelingen, au VIP
siècle Tnidutieca en laiiii), est puiement lliiois ou d'origine
leutonique. Aux 14'' et io*^^ siècles, en langue romane, l'endioit
(• j V. Panéijyr. de Tliéodose par Plac.'ilus; Panegyrici veteres, n» 34.
(») Histoire de l'archiiecture en Belgique, 1, 18.
- 187 —
était nommé Blochem (d'où Blehen=^ à Bloc-hem) {*). Mais dans
les anciens registres flamands et encore chez les Flamands
d'aujourd'hui, il ne reçoit pas d'autre nom que celui ûeBloc-kum
ou Bloc-hom. On sait que le suffixe hom, heim, hem, etc. signifie
en thiois maison, demeure, manoir, etc. et bloc, ce qu'il signifie
en français. Par conséquent, éiymologiquement, Blehen signifie
« fortin fait de blocs de bois, » qu'on nomme en flamand moderne
Blokimis et en français Blockhaus. — Ce fortin seigneurial peut
avoir été le berceau du village actuel.
Lens-S'-Remi {^), Abolens (') et Blehen ont élé réunis en
une seule commune. Lens-S'-Remi et Abolens étaient autrefois
du baillage de Hannut, duché du Brabant, et Blehen du pays de
Liège.
Pour ce qui regarde l'ancienne et noble famille et le bien
seigneurial de Blehen (^), jeme contenterai de transcrire ici
deux extraits tirés d'un petit registre de la cure de Blehen,
obligeamment communiqué par M. le curé de la paroisse (^).
« En cet'.e année 4723, y est-il dit, pag. 41, » le baron (d'Aers-
chot) de Schoonhove, seigneur de Chantraines en Condroz et de
Wanroye en Bb., représentant l'ancienne et noble famille de
Blehen, doit payer sur la censé et bien de Blehen, joindante
d'amont au bien qui fut à M. Ponthier, à présent M"^ Collarl
(*) V. J. DE Hemricourt, Miroir des nobles de la Hesbatje, composé entre iSoS
et 1398; — voir aussi une charte de réglise de Marcliin de 1463 analysée par
M. Schoolmeeslers {Bull, de l'Inst. arch. liég., XI, 321 ), où l'on trouve « Daniel
de Blochem, chanoine de S'-Paul à Liège.
(2) « Linsium D. Remigii aut Beguinarum ob vêtus ibidem ab anno ISOO vel
» circiter Heginasium sub tilulo D. Magdaleuœ de Bcthania » (J.-B. Gramaye,
Coinitalus sive prœfectura Hannutensis).
Cj = Au-bois-Lens, « Liîisium Sylvestre, » dit Gramaye, ibid.
(*) Voir sur celte famille J. de Hemricourt, Miroir des nobles de la Hesbaye,
vIjo Blehen; — et Lkfort, Manuscrits généalogiques et Recueils divers, s^'' Blehen,
aux Archives de i'Elat à Liège.
C) Ce registre est intitulé : Les rentes et revenus de la cure de Blehen pour
anniversaires et autres fondations selon les anciens registres et documens, hil en
4723 par M, Peeters, curé de Bleben de Hii à 1744.
- 188 -
au curé de Blehen six muids d'epeautre pour six anniversaires
de ses dévôls et nobles ancêtres, savoir :
1° « Pour l'anniversaire de Messire Gérard de Blehen. » —
Son père Gérard, d'après de Hemricourt, (édit. et noies de
Jalheau), issu de la ftimillede Harzée, demeurait au village de
Blehen, où il possédait de grands biens, et y épousa N., fille du
vieux Thomas de Hemricourt, chevalier, seigneur de Blehen,
« dont sortit, dit l'auteur du Miroir, le vieux Gérard de Blehen,
qui portait les armes de Harzée de gueules à trois manches mal
/a///c'é'Sf/'or, et sur le tout celles ûellemricouit du côtéde sa mère,
qui étaient d'argent à une bande de gueules. Mais n'obtenant pas
de secours dans la guerre qu'il fit à son cousin du côté de
Harzée, le vaillant écuyer nommé Vilain de Jardegiiée (piôs de
Blehen), de ses proches parents de Harzée; et, d'autre part, le
seigneur de Hemricourt, surnommé Malclerc, chevalier banneret,
dont il éiait cousin germain, l'ayant assuré du sien, il prit les
armes de Uemricouit, savoir d'argent à une bande de gueules ('),
du côlé de sa mère, et chargea la bande de trois manches mal
taillées d'or, du côlé de son père ;
2° « De Messire Godefroid de Blehen, chevalier, le vieux. »
— Hélait fils du vieux Gérard de Blehen, qui précède;
3° « De Messire Godefroid de Blehen, seigneur d'Âubée en
Condros. » — Il élail fils aîné de Gérard de Blehen, fils aîné de
Godefroid de Blehen, le vieux qui précède. Sa mère, veuve de
Fastréde Berlo, était fille û'Anseau de Blehen et sœur de Pierre
de Blehen. — Godefroid de Blehen, chevalier, épousa Marie,
dame d'\bée, fille de Lambert de Dommarlin, de Warfusée, de
Neufchâteau, dit d'Abée, - et de Marie de Bassine. — Le dit
Godefroid avec son épouse gisent dans l'église de Blehen, avec
(') Les armes des anciens châtelains ou viconiles de Montenaken (Haicnt les
mêmes que colles de llemricouii, sauf (jue les couleurs fêtaient dillerenles : elles
(îlaienl de f/ueules à la bande d'argent. Voir Ùiillelin de l'inst. urch. liég., V, 2ol,
n» 43, et 233, n" 84.
— 189 —
cette inscription tumulaire : « Ci-gît Messire Godefroid de
» Blehen, chevalier, s^' d'Abée en Condroz..., Moha, comté de
» Namur, 1418, 22 septembre; »
4° « De Messire Godefroid de Blehen, le jeune, chevalier, et
de Madame sa femme. » - Il était fils aîné de Jean de Blehen,
fils troisième de Gérard de Blehen, le vieux (n° r). Il se maria
au village de Houlain-fEvêque.Son fils Godefroid épousâ Agnès,
fille de Pierre de Blehen, chevalier, grand bailli du comté de
Namur;
5° « De Jehan de Blehen d'Aubée, écuyer, et de Madame sa
femme. » — Il était fils troisième de Godefroid de Blehen et de
Marie, dame d'Abée. Il épousa Françoise, fille de Gilles de
Tombor, dit de Hemricourt, écuyer, — et &' Agnès de Lavoir ;
6" « De Messire Jehan de Blehen d'Aubée, écuyer, seigneur
d'Aubée. » - Fils du précédent (n" 5)?
Dans le même registre, il est dit, h la pag. 43, que la noble
famille de Blehen avait fondé, en l'église du lieu, un bénéfice en
l'honneur de la Si-^-Vierge, ayant son tombeau devant cet autel,
du côté de l'Evangile. La collation de ce bénéfice appartenait à
la famille.
Ce registre nous fournit enfin, p. 45, les renseignements
suivants, savoir : que «Madame Philippine de Meerls (lisez
Meers), dame d'AboIens et de Poucet, douarière de sire Gilles
Albert Collart, lieutenant capitaine au service des Etats généraux
de Hollande et décédé en 1720, (voir sa pierre tumulaire ci-
contre), doit sur sa maison et pourprise, grand d'environ sept
bonniers, joindant d'amont au curé et cimetière de Blehen, —
conjointement avec le seigneur comte d'Oultre?nont, {h présent
Henri Royer, son repreneur) ; — et sur la censé de Ponthier,
payer au curé de Blehen les anniversaires suivants :
1° « De Messire Pierre de Blehen, chevalier, et Madame
Isabeau de Gèves, son épouse. » — Il était fils ô'Ajiseau de
Blehen, chevalier, qui fut grand bailli du comté de Namur. Il
- 190 ~
épousa Isabeau, fille à'Everard de Boulant, écuyer, seigneur de
Richelelte, Gesves, — et de N. de Hemricouit, dit de Vyle
d'Osoigne ('); »
2° « HAmeau de Blehen, chevalier, le vieux, et Madame sa
femme et bons amis. » — C'est le père de celui qui précède;
3° « De Messire Jehan de Gèves, chevalier, et de Madame Ide,
son épouse;
¥ « De Messire Evrard de Blehen, chevalier, et Madame
Agnès de Comoitisse [sic], sa femme. » — Il était fils second
de l'ierre de Blehen qui précède (n" 1") et épousa Agnès de
Corlis, dite de Lens, fille de Lambert de Lens, et mourut le 16
novembre 1409;
5** (f De Guillaume deHamal et d'àmoiseWe Agnès de Blehen; »
6° c< Sur la maison et pourprise du sieur Ponthier, joindant
d'aval au sieur baron de Sclwonhove, pour l'anniversaire de
Wathi de Blehen, le vieux, et Jefienne, sa femme. »
« Ces trois censés, poursuit le registre cité, de Madame de
Collart, de Ponthier et û'Oultremont ne sont d'ancienneté qu'un
même gage et se garantissent insolidum. —Après les Messieurs
de Blehen, les Ilamal ont succédé par alliance; — après, Mes-
sire Jérôme d'Oyenbrngge de Duras, Thynes, etc. ; ~ et puis.
Madame de Duras, sa douairière, dite de Bourgogne, a trans-
porté le dit bien h M. Maes del Vignette, échevin de Liège, le 9
décembre 1589; et en 1597, le 24 avril, les sieurs Riga Deltour
et Riga de Hemricourt, ayant fait quelques épargnes, ont acquis
le dit bien du sieur Del Vignette, coiijoiniement, en 1599, pour
4,200 fi. bb'. Le 5 avril, les dits sieurs Riga ont fait partage du
dit bien, ayant eu le sieur Riga Deltour pour sa part, la censé
du vieux Wauthi de Blehen, H Riga de Hemricourt, \a censé de
(') Autour (le sa pieire lumulairc (jui n'existe plus, on lisait : <■ Cigîl Messire
0 Pierre de Blehen, tué à la balnille d'Olhdo, 23 sept. 1408. » Au milieu de la
» même pierre se trouvait l'inscription : « Chy gisl noble liôe Godfroi de Blehen
q trépassa la 1.^72, premier de juin, et Madame Joxset de IMarneffe sô espeuse. •
liillcliii(lrriiisiii\it .\i'cli('olo<^"'' l,i('"J('()is T()lll('.\lll.l';l:i(-
PL
LONGCHAMPS
irai
m
Proidhomme
Hemricourt
Hanosset
Trr i'C'posciil iidhlc d oniriTOX
vS'Wn util 1(1 de Loir^champs Seigneur
d'AbotciLS et (le Piicel (|in trépassa
V 1 (K'Mai'.s IGIH cl noble (luuu-
Cadicriiicdf llciiiricuiirt sacouinaunc ,
Hemricourt . ^, . , ,-,,,,„,,,- Lantremange
qui iiTpaNNa le 1.) 1). 11)4.).
/'/•/('/ /)/('(/ i)our leurs mues
rvccjuu'scaiil m puce,
A.HEN
BaredeCiplet
ROERlXHE
A.K
Lilh.erciiidii. /./(•
cIiimIc llll^tlllli .lirlicdlu'''' Lir^Vois 'Ininr.XIII l'aiic |!
Berewart
LaLippe
Van Es
Bernard
COLLAERT _ De/^EERS
Hii celte e!^lise l'cpose le eorps du
noble cl i>éiU'r('iL\ >^iiV Gille de
Collaci'l ai^è de 4-«^ im-s décédé Je
:'4. -laiivKT I7:'().
cl noble (lame
Marie riiili|i[)iiie de .Hei\s sou
!' fions, a'iec de 79 ans deeédee le
-().)aii\r 1/ o'J en leurs vnans Seifur
d-lliolcns et l'ueet.
lu'i^iut'scmii m ji;ir('.
Marcin
Hemricourt
Legros
Yemel
litliJJrUJ<itl,Llr<'C
_ 191 —
Jean de Hamal. — Au dit Riga Deltour a succédé, par alliance,
le sieur Ponthier, grand mayeur de Tongres, si qu'avait épousé
la D"« de Hemricouvt de Moumelette ; et à lui ont succédé ses
enfants qui, ayant suivi les guerres au service de la France en
qualité de capitaine, ont négligé de payer, ont été désaisis, en
1703, par iMessieurs de S'-Pierre (de Liège), auxquels les dits
deux biens doivent conjointement 72 muids passé. — A M. Riga
de Hemricourt a succédé, par alliance avec D"' Ca</<m/j^ (de
Hemricourt), sa fille, ^l.Arnoiild de Longchamps, grand mayeur
de Waremme, et puis, par achat du roi, d'AboIens et de Poucet
[dont la pierre de sépulture ci-h côiéj ('); après qui ont succédé
Mesdemoiselles ses filles, savoir: Marie Agnès qui avait épousé
M. de Moutferrand, et après elle. M"'' Barbe de Longchamps et
M. de Bridlmont qui avait épousé M"« Charlotte de Longchamps,
leur (sic) sœur; lequel sieur de Brialmont, s'étant accommodé
autrement avec la dite D"® Barbe, elle est demeurée seule la
maîtresse, jusqu'à ce que le Seigneur l'ayant appelée de ce
monde, elle a laissé, en 16;)2, M. Jean Jacques de Meers, major
au service de sa majesté catholique et lieutenant du roi en la
ville et citadelle de Léau, son cousin germain, natif de Hanrêt,
fils du sieur de Meers et de D"*" Jehenne de Hemricourt, son
héritier universel, et laissé suivre au sieur Ponthier la censé et
bien qu'elle avait été obligée de purger de Messieurs deS'-Pierre,
pour conserver le bien, comme et aussi a été obligé le sieur de
Meers, en 170o, de sorte que, depuis ce deuxième purgement,
les deux biens sont réunis, et les possède Madame Collart, fille
de M. de Metrs, comme prédit est. »
Vient ensuite dans le même registre ce nota : « En vertu du
» testament, y est-il dit, du vaillant seigneur Evrard de Blehen,
» chevalier {supra, n" 4), réalisé aux sieurs échevins à Liège le
» 6 (al. 16) décembre 1409, il conste que la collation du béné-
( •) La copie de ces pierres sépulcrales, je la dois à l'extrême complaisance de
M. Ëdg. De Marneffe, membre correspondant de l'Institut archéologique.
— 192 —
» fice des deux S'^-Jean, fondé en l'église de Blehen, à côté de
» l'Epître, est appartenante à celui qui possédera la maison
» blanclie, dite de Poiitliier, qui fut en part à Riga Deltour et,
» depuis le purgement fait en 1705, au dit sieur de Meers. »
« Blehen, dit M. Delvaux ( ' ), est la patrie et le lieu de sépul-
ture du général baron de CoUaert, mort, par suite de ses bles-
sures qu'il avait reçues, en 1815, à la bataille de Waterloo, où il
commandait la cavalerie des Pays-Bas. «On lit dans le registre
des déiès de l'église de Blehen : « Anno Diii 1816, 17 jun.i » (la
veille du l" anniversaire de la bataille de Waterloo), Ecclesise
sacramentis munilus, mortuus est generosus et illustrissimus
Drus Joannes Antonius Josephus Philippus de CoUaert Bruxellis,
generalis equitum, sepultus in Blehen, » dans le caveau de la
famille dans l'église.
Du tumulus d'un noble païen dans le Bosquet nous sommes
allé aux tombeaux des anciens seigneurs chrétiens d;ins l'église.
Maintenant nous quittons l'église de Blehen pour retourner « ù la
campagne de la tombe, » où, h l'entrée du Bosquet, se trouve un
petit éditice, entouré de beaux arbres; c'est la chapelle de S'-
Donat (pi. I, lig. D). Sur le linteau de la porte, on lit : « Anno
1753. » On y peut dire la messe une fois par an (').
(') Diction, géogr. de la prov. de Liège, \^° LensS^-Iiemy.
(') Voir sur S. Donat Alb. Butler, Vie des pères, vmnyrs, elc, au 30 juin; —
et la Vie de S. Donat, wariyr, patron contre les orages, leinpL'les, foudres, lonnéres
et autres intempéries de l'air. Litjg;e, 1758. — Cette chapelle possède les reliques
de s. Donat, procurées par M?^ Delvaux, tivêque d'Ypres et natif de Blehen. L'ins-
cription qui suit, d'une pierre st^pulcrale de l'église de Blehen, le fera mieux
connaître :
« l\é\ssime et WUsime seigneur M^r Guitleaitme Delvaux, natif de ce lieu, docteur
» et proftfsscur ordinaire et régent en l'université de Louvain, évoque d'Ypres,
» ayant fondu un anniversaire
» En mémoire
» àuR^ s,^ Guilleaume de Brus, son grand'oncle, pasteur de Blehen penjant 37
» ans, trépassé le 21 X'"c i72G, — et d'honnête homme Gille Delvaux, eschevin,
» son père, décédé le 21 avril 1703 (?;, et de Marie Uuquet, sa mère, trépassée le
f 23 niay 1689. — Requiescant in pace. »
- 193 —
C'est dans cette chapelle qu'a été enterré le colonel de Co//ad»7,
frère du général décédé en 1816. Leur grand'père était Gilles
de Collaert, mort en 4720. Une très-belle pierre sépulcrale porte
l'inscription suivante, que je dois aux bons soins de M. Ferd.
Cartuyvels de Collaert.
l). 0. M.
Ci-gît Messire Marie Jos. Ferd. Gérard de Collaert, né à
Blehen, le 46 décembre 4752, en son vivant chevalier de la légion
d'honneur, colonel du 14'' régiment des hussards au service de
l'empire français. Entre autres campagnes, il fit celle de Bussie en
4812 et 1843. Les champs de la bataille de la Mmcova et de
Mosayck furent les témoins de son intrépidité. La mort l'épargna,
lorsqu'il l'affrontait devant l'ennemi. Il l'attendit avec calme et
résignation dans sa retraite à Tongres, où il mourut en héros
chrétien, le 28 octobre 4836.
Priez Dieu pour son âme.
Montenaken, le 24 nov. 4876.
A. Kempeneers.
notp:s.
— Sole pour la page 14.3. — Le célèbre tombeau des Machabées, retrouvé par
M. Guérin eii 1870, avait des chambres avec des auges sépulcrales taillées dans le
roc. — L'antique et magnifique tombeau de .Tosu.î f 1450 av. J.-C), découvert, en
■1863 par le même, était aussi creusé dans le roc. On y plaça, d'après les Septante,
les couteaux de silex, avec lesquels avaient été circoncis les Israélites à Galgala.
Les parois du vestibule sont percées d'un grand nombre de petites niches (au
nombre d'environ 290), tapissées au sommet d'une épaisse couche de suie, ayant
sans doute reçu des lampes lors de certaines fêtes coraméraoratives. La chambre
sépulcrale contient, dans ses parois latérales, 14 fours à cercueil qui étaient, sans
doute pour la famille de Josué (Voir M. Victor Guérin, Description de la Pales-
tine, 1874). On voit que c'est bien le type des sépultures de l'ancien Testament et
surtout de celle de N. S. -J.-C. (S. Math., XXVII, 59.60 et S. Jean, XIX, 40) qui a
été suivi par les Chrétiens dans les catacombes.
— Noie pour la page loi. — Parmi ceux qui partagent l'opinion peu soutenable
que, sous l'empereur Marc-Aurèle, les Chauques auraient, dans leur prétendue
— li>i —
iuvasiou en Belgique, déiruil les villas romaines de noire pays tl surtout celles en
Hesbaye, il y en a (V. Annal, du cercle arch. et paléont. de Charleroi, VI, 1:24, —
et Ann. du cercle arch. de .Uons, XII, ?)'27) qui, pour expliquer la découverte dans
un grand nombre de ces villas, de monnaies postérieures à Marc-Aurèle, recourent
à une hypothèse de pure fantaisie, a celle d'une reconstruction dont ces établis-
sements auraient été l'objet, après avoir éié détruits. Mais si celte hypothèse était
admissible, « Pourquoi, demande M. Van Dessel, n'aurait-on pas non plus relevé
les établissements de In Hesbaye. » {Bull, des corn. roy. d'Art et d'Arch., XIH,
463).
CORRECTIONS.
Page 123, noi. 2, pro mortus, lisez : pro mortuis.
— 131, » 3, lign. 2, tanlami, 1. tantam.
— 137, V 5, lign. 2, effunda, 1. effundai.
— 151, » dernière, note 1, 1. note 2.
— 158, lign. 4, la majuscule r renversée de Frontinus doit avoir ses lignes
courbes tournées vers la droite.
— — lign. 6, aucun, I. aucune.
— 167, not. 2, avantur, I. arantur.
SOMMAIRE.
l'âge».
I. — Site du tumulus de Blehen ; — grande pente latérale ; — vue; —
monument; — bosquet 122
11. — Dimensions de la tombe ; — exploration ou galerie; — plaque de
bronze; — pieu 125
III. — La sépulture par crémation ; — tombeaux de famille; — cérémonies
de sépulture chez les Romains 131
IV. — Le caveau et le cotl'rel turaulaire de Blehen 144
V. — Le mobilier funéraire du caveau 154
VI. — Le défunt de Blehen appartenail-il aux anciens Germano-Belges
romanisés, ou aux nouveaux, admis assez tard dans l'empire . .165
VII. — Age du tumulus de Blehen. — .lu.'^qu'oii les monnaies et les poteries
peuvent servir de preuve en faveur de l'ancienneté d'un tumulus ou
d'un établissement de l'époque romaine 170
A. — Les poteries . 171
B. — Les monnaies . 176
VUI, — Blehen avec son ancienne et noble famille 486
llil''llliilclllisli(i||,\|r|ic(il(i'j': l.lt'ijnih ï(i|iic.\|||.|\'i<jc II).')
(■(l|||U'
>.I.\M.\K.\itIi.
l.llJi finiirlllj.irl'i-
Fonts Baptismaux de L Eglise Notre Dame a Seraing.
Ell.lAAIRWi fQi^-j-j BAPTiSMAUXDEL'tCLISES'PlERBE.HUï
FONTS BAPTISMAUX
HIIY, A SERAING & A ESNEIX.
En ce siècle, où l'éclectisme domine dans les arts et où de
soi-disant architectes modernes cherchent l'originalité dans la
combinaison arbitraire de tous les styles, il est bon de faire
connaître les œuvres de leurs devanciers, simples maîtres-
maçons ou tailleurs {entretailleurs) de pierres, qui surent res-
pecter le grand principe de toute œuvre d'art : l'unité dans la
variété.
Que ces productions antiques soient grandioses ou modestes,
peu importe, elles montrent toujours, outre le faire du maître,
la conception vraie d'une idée, d'un style.
Tels sont, par exemple, les fonts baptismaux de l'église
S*-Pierre, à Huy, de l'église Notre-Dame, à Seraing, et ceux
de l'église d'Esneux, dont nous repi oduisons les dessins respec-
tifs ('). Ces fonts ont d'ailleurs une importance réelle pour
l'archéologie.
Mais afin d'y intéresser davantage nos lecteurs, nous croyons
utile d'esquisser l'historique du baptême et d'indiquer en passant
les anciens fonts baptismaux connus.
Dès les époques les plus reculées, tous les peuples plongèrent
les nouveau-nés dans l'eau pour purifier leur corps {^).
Chez les païens, les ablutions devinrent une cérémonie du
( *) Nous devons ces dessins à robligeance de iMM. E. de Many el Jamar, archi-
tectes à Liège.
( ' Voyez : De veterum gentilium lustrutionibus syntagma. JoH. LOMEIEBI. —
Zutphani93. 1700, et l'abbé Migne : Prem. encytlopédie théologique, etc., t. VIII,
Liturgie.
— m\ —
culle. Homère semble même y l'auaclier un effet divin, lorsqu'au
départ de la belle Gtiryséis, renvoyée à son père pour apaiser la
colère d'Apollon, il raconte qu'Agamemnon ayant ordonné aus-
sitôt aux peuples de se purifier, ceux-ci obéirent et jetèrent
l'eau lustrale à la mer :
Ot ^' ocnelvucâvovTO, xaî elç otXa. \\j\xa~' sjSaXXov ('),
D'après Tertullien, les initiés aux mystères d'Isis et de Mithra
étaient plongés dans un bain, symbole de leur adoption.
Macrobe dit au livre premier des Saturnales que les Romains
purifièrent leurs nouveau-nés par l'eau lustrale huit ou neuf
jours après la naissance, selon que c'était un garçon ou une
fille; après quoi, on leur donnait un nom. Les Égyptiens, les
Perses et les Grecs faisaient de même.
Rien d'étonnant donc que le Clirisl ait inspiré à son précur-
seur ce symbole de la régénération universelle, en attendant
que lui-même instituât le sacrement du baptême qu'il reçut à
son tour dans les eaux du Jourdain des mains de S'-Jean-
Baptiste.
Après l'ascension du divin Sauveur, les apôtres el leurs suc-
cesseurs se dispersèrent dans le monde pour conférer le
baptême. Ils le donnèrent en immergeant les catéchumènes, soit
dans la mer, soit dans les fleuves ou les fontaines, et cet usage
se conserva assez longtimps dans certaines contrées. Toutefois,
il y eut, dès les premiers temps de l'ère chrétienne, des édifices
particuliers, appelés baptistères, destinés à la collation de ce
sacrement. On cite notamment ceux des catacombes de Rome,
qui dalentdes persécutions, et celui du cimetière deS'-Pontien,
remontant au III""' siècle. Après la conversion de l'empereur
Constantin, ces édifices s'élevèrent par toute la chrétienté et
bientôt toute cathédrale eut un baptistère y attenant.
Vers le V""* siècle, le grand nombre d'églises érigées de
toutes parts ne permit plus de préposer à chacune d'elles un
( ' ) HOMKRE : Iliade, cbant I, v. 3U.
107
évêque spécial. Le pouvoir d'administrer soleiinelleineiit {*) le
baptême, qui, d'après Tertullien et les écrits des plus anciens
Pères, avait été jusques là réservé à l'épiscopat, s'étendit aux
archiprétres ou doyens de la chrétienté et leurs églises furent
désignées sous le nom de plèbes i^) : Sicut ipse (episcoptis)
matrici [cathedrali] prœest, ita archipresbyteri prœsint plebibus
h. e. archipresbijterali et baptismali ecdesiœ (^).
(' j Le baptême solennel était celui des adultes ou catéchumènes, car les enfants
étaient baptisés aussitôt après Ipur naissance. Tel est le témoignage de S'-Augustin.
(Epist. 466) et celui d'ÛRiCENEs. (Lib.V in cap. VI. Epist. ad Rom.).S'-CYPRlEN com-
battant l'évèque Fidus, dit : « Quantum inquit ad causam infantium pertinet, quos
dixisti intra secundum vel tertium diem, quo nati sint, constitutos baptizari non
oporlere, et considerandam esse legem circumcisionis antiquœ ut intra octavam
diem eum qui natus est baptizandum et sauctificandum non putares, longe aliud in
concilio nostro omnibus visura est. In hoc enim quod tu putabas esse faciendum,
nerao consensit; sed univers! potiùs judicavimus nuUi noraini nato misericordiam
Dei et gratiam denegandam. » (Épist. LIX. Édit. Maur, p. 98), cité par le P.
Perrone : Prœlectiones llieologicœ, t. VI.
Deux jours dans l'année étaient désignés pour l'administration solennelle du
baptême. C'étaient la veille de Pâques et celle de la Pentecôte. Il ne reste plus de
cette ancienne discipline que la bénédiction de l'eau baptismale en ces mêmes
jours. Dans les Gaules on baptisait aussi à la Noél ; Clovis l'ut baptisé ce jour-là.
Le baptême solennel était encore en pleine vigueur au IX"" siècle. Dans les X^ et
XIp siècles, plusieurs ordonnances ecclésiastiques et civiles en prescrivaient encore
l'observation; mais à dater des Xlle et Xlll" siècles, on s'en écartait ordinairement
et la coutume de baptiser en tout temps devint enfin générale. Voy. Vabbé Migne, et
Recsens, ottvr. cités.
( ^) Ceierum pro intelligendo hoc canone sciendum est, olira non in omnibus
ecclesiis parochialibus fuisse ibntera baptismalem, sed in quibusdam tantum ad
hune selectis usum. Illa vero ecclesia, qua? imraersione erat destinata, plebis nomine
veniebat, ceu ex prtesente textu coUigitur, cui prseficiebatur archipresbyter, qui
ctiam decanus christianitaiis vocatur, quod in ejus ecclesia christiani fièrent.
Evidentius in capitalar. Caroli calvi tit. XLVIII, de anno DCCCLXXIV c. II,
apud Baluze, tom. II capital, p. 'J40 dicitur : et ut ecclesias baptismales , quas
plèbes appelant, secundum amiquaui ecdesiœ consiietudinem, ecdesiœ filii instau-
rent. Una autera tantum baptismalis ecclesia erat in civitatibus, ruri autem in cerlo
districtu, seu lerminatione, ut dicitur in c. S4 infra hujus causse, ad quam omnes
infantes recens nati deferendi erant ad faciendus Christianos, ut dicitur in c. 3 X de
offic. archipresbyt. Quia enim baptismali ecdesiœ prœerat, tum infantes baptizabat,
tum etiam infidèles catechumenos ad baptismura prœparabat. — Corpus juris Cano-
nici Gregorii, XIII. etc., par J. H. Roehmer. — Hal^, Magdeburgic^, MDCCLVH,
p. 6o9, sous la rubrique : Bapiisinalibus ecclesiis decimœ dari debcnl.
[ ') Ibidem.
lOs
Ainsi s'accrut considérablement le nombre des baptistères
qui, à partirdecette époque, furent construitsdans VAtrium, puis
dans le Nartliex et finalemont dans l'intérieur de l'église (').
« Les baptistères affectaient le plus souvent la forme circu-
laire ou octogone ; quelquefois, mais rarement, ils étaient carrés
ou en forme de croix grecque. J^es cuves baptismales, qui
occupaient le centre du baptistère, reproduisaient en petit le
plan de l'édifice.
« Les baptistères primitifs consistaient dans de larges
bassins (^) recouverts d'un dôme. Plus tard, ils prirent parfois
des développements si considérables que, au témoignage de
Du Caiige et de Suicer, on y célébra des conciles. Presque
toujours dédiés à saint Jean-Baptiste, ils étaient ordinairement
connus sous le nom à'ecclesia sancti Joannis in fonte ou ad fontes.
Des peintures représentant le baptême de Notre Seigneur dans
le Jourdain et des inscriptions relatives au sacrement du
baptême, recouvraient les murailles {■•). »
Ce qui précède démontre que dans les premiers siècles on
baptisait généralement par immersion. Nous disons générale-
ment, car il est notoire entre autres que S' Pierre baptisa par
aspersion les trois mille personnes qui se convertirent au
christianisme à sa première prédication. D'autre part on conférait
le baptême par infusion aux malades en danger de mort. Ce
mode prévalut, dès le XIT- siècle, dans l'église latine, seuls les
Grecs et les Orientaux conservèrent jusqu'à nos jours la triple
immersion.
Les statuts synodaux de Jean de Flandre, évèque de Liège,
,M Quelques villes d'Italie, telles que l'adoue, Florence, Pise. etc. conserveiil
encore des baptistères particuliers.
(') On y montait par trois marches et l'on y descendait par quatre degrés. Voir
MiG.NE, ouvr. cité.
(') Reusens, Èlémenis d'archéologie, t. i''' pp. 458 et seq. Voir aussi de Fleury
qui en parle sur la foi d'Anastase, do Grégoire de Tours et de Durand dans ses
notes sur le pontifical attribué au pape [tamase.
— 199 —
datés du 1" mars 1288 (*), eu traitant du rite du baptême, por-
tent en commençant : Ille qui baptizat, quandoimmerghiîi aquam
baptizandum dicat hœc verba etc., ce qui prouve qu'au pays de
Liège on baptisait encore à cette époque par immersion. Cepen-
dant plus bas, il est dit : Et ut caveatur periculum baptkandi,
non mergatur caput pueri in aqua, sed sacerdos super verlicem
piieri ter infundat aquam cum pelvi vel alio mundo vase et honesto,
tenens puerum nihilominus una manu discrète, ce qui semble
indiquer déjà une tendance vers le baptême d'infusion.
Le baptême d'infusion étant devenu la règle exclusive en
Occident, les grands baptistères n'eurent plus de raison d'être ;
ils disparurent donc peu à peu.
Aucun monument de ce genre n'existe plus en Belgique, le
dernier fut démoli vers 1806 sans que l'on songeât à en prendre
le dessin. C'était une chapelle circulaire érigée près de l'église
cathédrale deN. D., à Tongres (^), qui fut la résidence des
premiers évêques de Liège et chef-lieu de leur diocèse (').
Par contre, on trouve encore dans notre pays bon nombre de
cuves baptismales de l'époque romane.
Lorsque S^ Hubert vint se fixer à Liège vers 722, il transforma
la chapelle de St-Cosme et de St-Damien (^) en église cathé-
drale et la dédia à la Vierge et à St-Lambert. Celle-ci dévastée
par les Normands qui envahirent le pays à commencer de 880,
fut reconstruite par Notger. Il fit bâtir près d'elle, en 982,
l'église de Notre-Dame aux fonts, ainsi dénommée parce que
l'évêque y transféra les fonts baptismaux de l'ancienne cathé-
drale de St-Lambert (^). Cette église n'était sans doute autre
(■ ' ) Coutumes du pays de Liège, par Raikem el POLAIN, t. I, p. 418.
( *) SCHAYES. Histoire de l'architecture en Belgique, t. II, p. 68.
( ') Daris. Notice sur les églises du diocèse de Liège, t. III, pp. 145 et seq.
Acta sanctorum Belg. VIII, p. 17 et I, 883.
(*) CeUe chapelle avait été érigée en 558 par S' Monuiphe, à l'endroit où sont
aujourd'hui les degrés S'-Pierre, place Notger.
(*) Anselmi. Canon. Leod., Gâta Vontific. Trnject.et Leod. Cap. 51, fol. 102,
200
chose qu'une plèbes doiil nous avons parlé plus haut, car un
nidiiprêtre aidé d'un pléban ou curé et de deux vicaires la
desservait, et elle était la première paroisse de la ville (*)•
C'était aussi à Notre-Dame aux fonts que devaient être bapti-
sés les nouveau-nés des paroisses , autres que celles de
St-Severin, St-Servais, Sl-Adalberi, Si-Nicolas Outre-Meuse,
Ste-Foi et de St-Jean-Bapliste, qui, avant 1794, étaient les six
paroisses sur les 32 ('^) qui existaient à Liège, où il y eût des
fonts baptismaux.
L'ancienne cuve baptismale de N. D. aux fonts, ciselée en 11112
par Lambert Palras de Dinant, échappa aux destructions insen-
sées des jacobins de la révolution française, dignes imitateurs
des gueux du XVI'' siècle et qui sous prétexte de réforme
sociale anéantirent les chefs-d'œuvre. Rage aveugle d'un peuple
élevé dans une philosophie sans Dieu et dans le mépris de
toute autorité divine et humaine!
Ces fonts remarquables, mieux connus sous le nom de fonts
de St-Barthélemi, parce qu'ils furent donnés h cette église après
la révolution française, N. D. aux fonts étant démolie, ces fonts,
disons-nous, ont été trop souvent décrits pom' nous en occuper
encore. Ils sont en bronze, de même que ceux de Fenal dans
Daris, ouvr. cité. L'église Notre-Dame aux fonts se trouvait du côté de la rue Gérar-
drie (*), à droite du portai! principal de la cathédrale St-Lambert, à laquelle elle
touchait par son cimetière. Le dessin de l'église S'- Lambert reproduit par V. 1).
Stees en tète de son Essai historique nous montre l'église de Notre-Dame aux fonts
reconstruite au XVIe et au XVIl* siècle.
( * ) Pouillé du diocèse de Liège, année 18o8, aux archives de l'Etat, à Liège, et
publié par C.-B. de Riddek, dans les Analecies pour servir à l'histoire ecclésiasi.
de la Belffique, t. I, p. 231. — B" V. D. Steen. Essai historique sur Fancienne
cathédrale, de S^-Lamberl, à Liérje, p. 72. Mathieu Defays fut le dernier pléban de
celte église; arrêté le 2i janvier 1798, il fut relâché le 24 janvier suivant.
(') Vers la fin du siècle dernier, Liège comptait 26 paroisses, y compris la
chapelle de SteWalburge érigée en paroisse en l'année 1612, formant lo concile de
Liège. Les six paroisses qui existaient à cette époque dans les faubourgs, compo-
saient le concile de Si-Ilemacle. Pouillé précité, p. 2o0.
[' ) Dr. TniiUX dit pur erreur .■ la rue S'-G.aigulplie. Cette ùglisu fui demoliL' vers i-'O... .'Jnn
mobilier «vnil viit Tendu, lo i! soiitciiilni; tTJS, poiii- 622 francs.
201
la province de Namur, el ceux de l'église St-Germain , à
Tirlemont, conservés au Musée de la porte de Hal, à Bruxelles.
Ouire les fonts bapùsmaux en bronze ( ' ) il en existe en pierre
à réservoir ovale, affectant généralement au dehors la forme
quadrangulaire et parfois la forme cylindrique. Ces fonts sont
pédicules c est-ti-dire portés sur un fût cylindrique ou sur un
pilier carré tantôt unique, tantôt cantonné de quatre colonnettes
soutenant les angles du réservoir. L'extérieur de la cuve est
presque toujours orné de sculptures telles que rinceaux, feuil-
lages, arcatuu'S, animaux fanlasliques, mascarons et quelque-
fois de sujets légendaires ou historiques.
La cuve était munie d'un couvercle pyramidal en bois ou en
bronze que l'on faisait mouvoir au moyen de barres de fer atta-
chées à un pivot fixé le long d'un mur ('-).
Les fonts h pédicule unique sont très-nombreux en Belgique,
citons ceux deCalaix,Fléron ('■), Godinne,Heckenrode,Hoesselt,
Limmel, Lixhe, Munster-Bilsen, Thisnes, Zillebeke, etc. (*),
ainsi que ceux d'Acrei), Deftinge, S'-Pierre-Capelle, Nieuwen-
liove, Schoorisse,Smeeriiebbe,Opbrakel,Nokeren,I.ielferingen,
Grammerage,Eine, Ideghem, Goefferdinge,Maercke, Santbergen
et de Voorde (^).
Avant 1857, on ne connai.ssait que deux fonts à cinq pédicules
dans tout notre pays, c'étaient ceux de Termonde (*') et de
Zedelghem ('). Depuis on a décrit et reproduit notamment les
• ) En France et surtout en Angleterre, il y en a en p)oml>.
(-) ScHAïES et Reusens, ouvr. cités.
(5j Au musée archéologique de Liège.
( *) SCHAYFS et Reusens, ouvr. cités. Voir aussi Annales de la Société archéologique
t. IV, p. -140, et t. XIII, p. 240; Messager des sciences et des arts à Gand ; Annales
de l'Académie d'archéologie de Belgique. Annales de la Société d'Émulation pour
l'étude de l'histoire, etc.. à Bruges, 1848. — Schaepkens : Trésor de l'art ancien.
(') Van de Vyvere : Essai sur les fonts baptismaux remarquables des eniirons
d'Audenaerde et de Grammont. Voir Bull, des commiss. roy. d'art et d'archéologie,
t. X, p. 226.
(*) Messager etc., à Gand, année 1838.
Cj Idem, année I82.'> ; chan. Andries, Bulletin du Comité archéologique du
diocèse de la Flandre occid. Bruges, 1834.
— 202 —
cuves baptismales de Flostoy, Gosries, Hour, Lichtervelde,
Russon (') et de Marcq (-).
A notre tour nous venons tirer de l'oubli trois fonts baptis-
maux de la province de Liège : ceux de l'église S'-Pierre, h Huy,
de l'église Notre-Dame, à Seraing ('), et de l'église S'-Hubert,
àEsneux (').
Les premiers, dont nous joignons ici le dessin, sont richement
sculptés. La frise est ornée à sa première face d'un monstre
apocalyptique affectant la forme d'un dragon ; à sa seconde, du
lion d'Israël couronné; à sa troisième, d'arcatures romanes, et
à sa quatrième de palmettes. Nous croyons, à cause de sa riche
ornementation, de la simplicité des moulures, du caractère
classique des palmettes et de la forme du iùi (^), pouvoir les
rapporter au XI« siècle. En voici les diverses dimensions :
mètre cent.
Hauteur totale 0 91
Hauteur de la table 0 30
Largeur de la table 0 83
Diamètre du bassin 0 46
Diamètre du fût central .... 0 33
Hauteur de son chapiteau. ... 0 10
Hauteur des moulures formant sa base 0 10
Diamètre des colonnettes .... 0 09
Hauteur du socle 0 05
Largeur 0 83
Le hasard les lit découvrir par pièces détachées sous des
(* ) ScHAYES, Reusens et ScHAEPKENS, ouvi". cités ; Messager de Gand, ISST ;
Annales de ta Société archéologique de Namur, mentionnés ci-dessus.
(*) Van de Vyvere, ouvr. cité.
(') L'auteur d'une soi-disant : Histoire de Seraing, les décrit imparfaitement.
(*) Ils sont tous les trois en pierre bleue.
('•") Nous devons faire observer que les colonnettes ont été remplacées et leurs
chapiteaux mal retaillés ; nous no pouvons donc en tenir compte pour fixer
l'époque du monument.
— 20?» -
décombres dans la chapelle de Reppe, aujourd'hui paroisse de
Seilles en Ândenne, d'où ils furent transportés en l'église
S*-Pierre, à Huy. C'est ce que nous apprend feu le curé Knaden
par ses annotations inscrites à la date du 18 mars 1856 dans
un registre de la fabrique. Il y est dit aussi qu'il acheta ces
fonts pour 90 lranc:s et lit rétablir, au prix de 80 francs les
quatre colonneltes qui manquaient. Le couvercle en cuivre est
surmonté d'un rocher sur lequel est assis l'enfant Jésus tenant
dans la main droite une coquille, le tout en plâtre, et tenant de
l'autre une simple croix en bois. Ce couvercle fut payé 40
francs; il est mis en mouvement au moyen de barres en fer
attachées à un pivot fixé dat.s le mur dont le coût revint à
-28 francs (').
Cette restauration grotesque et barbare, accentuée encore
par le vandalisme d'un ciseau brutal, est déplorable au dernier
point. Il serait à souhaiter que le curé actuel, M. Wagemans,
dont le zèle est si grand pour tout ce qui touche à sa belle
église, fît faire une restauration de meilleur goût, en harmonie
avec le beau style roman de cette précieuse relique d'un art
qui s'oublie.
Les fonts baptismaux de l'église Notre-Dame, à Seraing ('),
sont composés d'une table quadrangulaire de 81 centimètres de
côté, dans laquelle est taillé un réservoir dont l'ouverture
hémisphérique mesure 60 centimètres de diamètre et l'intérieur,
creusé en forme sphérique, a 28 centimètres de profondeur.
L'extérieur de la cuve présente une frise de 38 centimètres de
hauteur, ornée de colonnettes géminées et d'arcades de 23
centimètres de haut. Les angles de cette frise sont formés par
('] Nous devons la communication de ces détails à l'obligeauce de H. le curé
Wagemans.
(-; Voirie dessin ci-contre.
- 204 —
quatre monstres de 12 ceriti mètres de face, au bas desquels
quatre cliapileaux ii volutes, taillés dans la même pierre, cou-
ronnent quatre colonnettes de 11 centimètres de diamètre et de
37 de hauteur. Ces colonnettes reposent sur un soubassement
carré, orné de moulures formant bases des colonnes ; ces profils
mesurent 15 centimètres de hauteur. Le pilier central a 50
centimètres de diamètre et 37 de hauteur.
Ces fonts qui ont une élévation totale de l mètre 05 centi-
mètres, sont construits de quatre pièces dont la première forme
le socle, l;i seconde les moulures ou bases des colonnes,
la troisième, les fûts des colonnes et la quatrième, la frise
et les chapiteaux.
A quelle époque remontent les fonts baptismaux de Seraing?
Nous croyons pouvoir les attribuer au commencement du xn*=
sinon à la fin du XI« siècle. En effet, ils appartiennent au style
roman le plus pur et l'on retrouve dans leur ornementation tous
les caractères qui distinguent le XIP siècle : la forme carrée de
la cuve, les monstres des angles de la frise ornée de colonnettes
géminées, les volutes des chapiteaux, l'arc plein-cintre des
arcades qui relient les colonnettes et entre les naissances des-
quelles sont taillés des rainures, et enfin le lourd fût cylindrique
central couronné do colonnettes munies de griffes foliiformes
qui emqjàtent le tore inférieur aux angles de la plinthe. Mal-
heureusement le ciseau moderne d'un ouvrier ignare en a, par
un taillant mal habile, dénaturé l'aspect antique. De plus, il est
à regretter qu'on ait placé sur cette cuve baptismale un cou-
vercle en cuivre qui, par sa forme, oflre un contraste bizarre
avec le beau style roman de ce précieux monument.
Une légende qu'on fer;iil mieux d'appeler une réclame et
portant : A. Colliii,à Liège, 1843, fait ressortii au vif ce sin-
gulier anaclironisme.
Si d'une part les fonts baptismaux de Seraing présentent au
point de vue architectural les caractères du commencement du
XII' siècle, nous avons d'autre part quelques renseignements
— 203 ~
historiques qui vieuiieiit corroborer notre assertion et même
les faire remonter à la fin du XP siècle.
A cette époque Seraing possédait une chapelle épiscopale
bâtie par Henri de Verdun. Nous en trouvons la preuve dans le
Cantatorimn de St-Hubert ( '), où il est dit que Thierry, abbé de
S'-Hubert en Ardennes, vint h Seraing le mercredi delà semaine
de Pâques de l'année 1082 [83 N. S.], trouver l'évéquede Liège,
qui l'introduisit dans une chapelle assez élégante qu'il y avait
fait bâtir : I?i quartâautern ferid Paschalis hebdomadœ horâferè
tertiâ [Theodericus abbas] veniens Tieletum, audivit a suis Serani
esse episcopum, ascensâque navi venit ad eum. Episcopus ad
podium siium consistens, de longé recognovit venientem quem
episcopus bénigne exceptum introduxil in cappellam quam satis
eleganter ipse ibi condideral
Henri de Verdun fut élu eu 1073; nous pouvons donc fixer
la date de l'érection de cette chapelle entre les années 1075 et
1082. 11 n'est point douteux que le sacrement du bapiêtiie ne
fût administré dans celte chapelle épiscopale. La présence de
l'évêque à Seraing pendant la semaine de Pâques semble le
prouver, car, nous l'avons dit plus haut ('-) le baptême solennel
s'administrait le samedi-saint jour de la bénédiction de l'eau
baptismale.
Cette chapelle avait été bâtie avec élégance, dit l'auteur du
Cantatorium, et il nous est permis de supposer qu'elle le fut dans
le style de la cuve baptismale qui nous occupe. Les fonts
baptismaux ne reproduisaient-ils pas souvent en petit le plan
des baptistères ?
Il existe d'ailleurs des preuves très-anciennes qui démontrent
que cette chapelle épiscopale fut bientôt et peut-être dès son
origine, comme c'était la règle au moyen-âge, érigée en église
paroissiale. Ce sont les épitaphes suivantes provenant de l'église
(') Édité par Robaulx de Socmo\, ch. 63.
(M Note : in fine p. 197.
— 206 -
priiuitivt^ de Seraiiig Cil portant los claies rcspectivo^i dti 18
décembre 1246 et du 23 novembre 1297 (').
Anno DoMiNi M". CC". XLVP XV» Kal. Januarii
Obht Thëodericus ue Serain uictls Hatin
Miles filius ejiis. Anim.*; eorum requiescant jn pace amen.
Orate PRO EIS.
A.NNO DoMiNi M".CC''.XCVIJ" IN uiE Clememis
Obijt domina Maria uxor. . . .
L'on voit encore aujourd'hui derrière le chœur de l'église
actuelle des restes d'une ancienne tour où se découvrent des
culs-de-lampes recevant des retombées de nervures et dont le
tout accuse le XIV*' siècle.
C'est par conséquent à cette époque qu'un nouvel édifice
fut construit, dans de plus vastes proportions, sur l'emplace-
ment de la chapelle primitive bâtie par Henri de Verdun.
(*) Ces épilaphes ont été recueillies sur place par le chanoine V. D. Kergh,
héraut d'armes à Liège, y décédé le 7 janvier 1671. Nous les donnons d'après le
manuscrit de M. le chanoine Henrotte. Voici les autres épitaphes renseignées dans
ce manuscrit sous la rubrique, Seraimi :
ChI GIST LiBlET JADIS FIS MONSAIGNOUK
GERAR de SERAING le PANETIER , CHEVALIER ,
Kl TREPASSAT LAN DE GRASCE M.CCC. et XXXI LE PREMIER .10I!R DEL MOIS DE MAJ
Pries poit lv
CHI r.lST MESSIRES GERAR , JADIS LE PANETIER DE SERAÏN, CHEVALIER
gui TRESPASSAT LAN DE GRASCE M.CCC ET XXXV
LA NUIT DE L'ANNONCIATION NOSTRE SAIGNOUR .IhESUS CHKIST.
Pries por lv.
...JULIl OBIIT WlLELMUS DE SERAIGNA, ARMIGER FILIUS DNI TlIEODERICI DICTl
HiEsi MiLiTis. Anima ejus requiescat in page.
ANNO DNI MCCCVI IN VIGILIA BE\TI BERNARDI CONFËSSORIS
OIUIT DOMICELLA IVETTA BEGHINA
Kll.IA DNI HU....1NI MIIITIS DE SeRAING. OrATE PRO EACI.
' l.'civlliiiurO|.|i iii. fcs (liv.'i- lextc'8 est ■■■. iilpinnietii lautivf.
20:
En 1407 l'église paroissiale de Seraing l'ut incorporée à l'ab-
baye de S'-Jacques, à Liège. Jean de Sarto, recteur de cette
église la résigna, le 27 mai 1407, entre les mains de l'abbé de
S'-Jacques, ce dont Jean de Nassouwen (') archidiacre de Brabant,
fit passer acte notarié le 29 novembre 1408 f). Le 5 février 1407
[n, s.] Jean de Bavière avait consenti à cette incorporation, que
le chapitre de la Cathédrale approuva le 20 mars suivant.
Il fallait que l'église de Seraing eût alors de bien riches revenus,
car le motif invoqué pour son incorporation à l'abbaye de Saint-
Jacques, porte que c'était afin de relever les ruines de celle-ci
et l'aider à poursuivre son œuvre hospitalière (^). De plus il
fut réservé au desservant de celte église des revenus suffisants
pour sa subsistance et entre autres les bénéfices provenant des
baptêmes. Ceci démontre d'une part l'ancienneté de l'église
paroissiale de Seraing, puisqu'il est rationnel d'admettre qu'elle
n'acquit ses nombreux biens, rentes, etc., qu'à la suite d'un
espace de temps assez long ; de l'autre l'existence d'une cuve
baptismale, qui est sans nul doute, celle que nous signalons.
Le 15 mars 1729 la communauté de Seraing transporta i\
S. A. Georges Louis deBergues les terrains et fond de la vieiHe
église, c'est-à-dire de celle incorporée à l'abbaye de S'-Jacques
en 1407, pour 2,000 florins de Brabant, qui furent aff'ectés à la
construction de l'église moderne (). Nous trouvons en outre
une déclaration émanant de la dite communauté et datée du
18 novembre 1784 du paiement, par la mense épiscopale, des
terrains acquis pour un nouveau cimetière. 11 est déclaré aussi
que l'ancien cimetière y appartient (^).
(*) OuJ. (le Nassau. Cet archidiacre n'est pas cité par de Theux, qui men-
tionne un Jean de Nassau, chan. de Mayence en 1468 et de St-Lamb. vers 1470,
décédé en 1482. Serait-ce le même?
{') Chartes du fonds de l'ancienne abbaye de St-Jacques, aux archives de l'État
à Liège, année indiquée.
O Id. id.
[*) Chambre des finances K. XI. pp. 247 V" et seq., aux archives de l'Étal, à
Liège.
C) Chambre des finances reg. K. CXI, p. 428, aux archives de l'État, à Liège.
- 20« —
On le voit l'église actuelle de Seraiiig, comme celle qui l'.'i
précédée, fut bâtie sur l'emplacement, de la chapelle épiscopak'
érigée par Henri de Verdun, partant nous pouvons en conclure
que les fonts baptismaux qui s'y trouvent encore aujourd'hui
proviennent de l'église première. On ne nous accusera donc
pas de témérité si nous invoquons ces données historiques,
pour démontrer que ces fonts remontent h la fin du XI^ siècle
et peut-être vers les années 1075-82,
Seraing ne posséda jamais d'ailleurs qu'une seule église, car
M. S, Bormans interprète mal le texte de la fondation d'Henri
Collard de Seraing lorsqu'il avance (*) que le dit Henri érigea le
20 mars 'lo55 [n. s.J une église h Seraing en l'honneur de Saint-
Jeaii-l'évangéliste. L'unique église ii Seraing était sous le
vocable de N.-D. et l'acte précité parle d'un autel avec bénéfice
fondé dans l'église paroissiale de Seraing et dédié h S'-Jean-
l'évangéiiste et à S'-Lambert.
L'extrait suivant du document en question le prouve dans
toute sa clarté :
1554, Indictione duodecima mensis vero martii dievicesima.
Henricus jUlus quottdam Johannis CoUardi de Seranio
supra mosam.... declaravit sese concepisse certain parlem
bonorum liereditarium et temporalwm permutare atque e:r
illis beneficium imuni eœlesiastieum seculare ad Itonorem
omnipolentu Dei etsub invocatione seu vocabulo bealorum Johannis
evanyelistœ ac Ijamberli episcopi et martyris in ecclesia parochiali
dictœ villœ de Seranio supra mosam fundare et dotare
atque pro illius jundalione et dotatione eideni altari annuum
redditum triginta duorum modiorum speltœ ex diclis suis
hereditariis bonis realiter assiynare ['^),..
(») Tables «le Lelbrl, 3« partie, p. (14.
( *) M^nusc. (le Lefort 1^" partie, carton S. (Seraing) 15-21 aux archives <te
l'Etai, à Liège.
Les fonts baptismaux de l'église St-Hubert à Esneux, quoi-
qu'affreusement mutilés, méritent aussi l'attention des archéo-
logues. Ces fonts, dont il ne reste plus que la cuve et le fût, qui
repose sur un soubassement d'emprunt, sont placés dans l'un
des angles de la chapelle baptismale. Une partie en est encas-
trée dans le mur et une autre adossée à l'autel, de façon qu'une
seule face reste totalement visible. C'est d'ailleurs la partie la
mieux conservée et qui donne une idée exacte de l'ensemble.
Nous eu leproduisons ici la gravure.
La cuve baptismale, d'une seule
pièce, a 80 centimètres de dingo-
naie; l'ouverture ronde du réser-
voir, creusé en forme sphériqu(^,
mesure 62 centimètres de dia-,
mètre cl 26 centimètres de pro-
fondeur.^ L'extérieur de la cuve
présente une frise octogone, dont
chaque côlé a 31 centimètres de
longueur. Elle est ornée d'arca-
lures lancéolées ayant 2 centi-
mètres de saillie, et qui mesurent
à l'intrados 10 centimètres de haut, 10 centimètres à leur base
et 8 centimètres aux reins.
Les retombées de ces arcatures ont 3 1/2 centimètres de lar-
geur à leur base et sont distantes de 4 centimètres de la base
de la frise, qui a une hauteur totale de 26 centimètres. Une
moulure à tores, de 16 centimètres d^ profil, relie la cuve
à un fût cylindrique haut de 36 centimètres (' ).
Par la foime octogone de la cuve ces fonts appartiennent au
XIV-^ siècle. Par son ornementation d'une belle simplicité, l'arc
lancéolé des arcatures, à saillies fortement accusées, et leur fût
(1) Nous donnons les diverses dimensions de ces fonts baptismaux pour aulanl
que leur mauvais emplacement et leur état de conservation nous Ta permis,
210
petit et cylindrique ils se rnpprochenl du XIII* siècle. Nous
croyons pouvoir les faire remonter à la lin du XIII« siècle,
d'après différentes considérations historiques que nous allons
exposer.
Sous l'année 814 figure dans le carlulaire de Stavelot l'intitulé
suivant : Ueprecati siint etiam nos de decimis et capellis ab
antecessoribus nostris sibi concessis et quibusdam fiscis nostris id est
etc. ('). Parmi les localités citées se trouve Esneux {Astanido).
Nous pouvons en inférer peut-être qu'il s'agit ici de la chapelle
d'Esneux, dont nous aurions ainsi une mention authentique au
IX' siècle. Un acte du 17 mai 1277 portant : Instrumenlum super
designatioiiem terrarum Henrici de Assenneur, quas ipse liabebal
tempore quo ecclesia décimas ibidem émit, que terre non debent
décimas soîvere (-) menlioiine la maison du curé d'Esneux (^),
preuve évidente de l'existence d'une église. Sans trop présumer
on pourrait en fixer la reconstruction vers l'année 1277, car le
2 ociobre 1319 le ccmcile de Sl-Remacle h Liège, statua sur une
demande du curé et des habitants d'Esneux, tendant h obtenir
une cloche banale. Celle-ci leur fut refusée parce qu'elle était
église filiale!*) deTiIff, et comme telle une ancienne coutume s'y
opposait C*). Cette demande de cloehe indique le parachèvement
'*) Citù par Ch. Ghandgagnage, Mémoire sur les aticiens noms de lieux, etc.
(Cour, par l'acaildniic de Belgique) p. 22
's) Stock rouge. — Complefie de la cathédrale, n» 278, p. 172 v», aux archives
del'Elal, à Liège.
(') llem supra Assenneur in loco qui dicitur sour peruze, Iria bonnaria et duo
jornaiia in quatuor peciis inler viam et domura presbyteri de Assenneur. — Stock
BoiGE, indiqué ci-dessus, p. -nîî. — Au-dfssus de la porte de la maison curiale on
lit : Maiiliœus De l'.orltj.s, pastor, me fier i cnravii anno 1682, ce qui nous donne la
date de la construction du nouveau presbytère.
(') l^es églises sont divisées cnnoniquemont en églises mères ou matrices, églises
filiales et églises ou chapelles succursales.
{*) Voici l'acte in extenso -. OfTicialis curie leodiensis per copiam. Universis pré-
sentes lilteras inspeclurs... deoanus et IVaties concilii Sancti Kemacli prope Léo
dium salutem et cognoscere verilatem. Noverilis quod anno domini Wu.CCC". XIX»,
in craslino lesli beati Kemigii coni'essoris, in ecclesia sancti Remacii predicti, nobis
ad celebrandum coîn-ilium moresolito congregatis, viri venerabiles domini Nicolaus
l'aiuns i;i Amalor, l'aiionici leodiens., procuratores venerabiii.s capiluli leodiensis,
— 211 —
de l'égiise tout comme elle en fait supposer la construction. Les
chapiteaux et les bases des colonnes que l'on voit encore dans
l'église actuelle accusent d'ailleurs la iln du XIII« siècle et nul
doute que les fonts baptismaux n'aient été faits en même temps.
Citons d'autres preuves encore démontrant l'ancienneté de
cette église. Le 21 juin 1628 elle menaçait déjà ruine ('), mais
ce ne fut que le 23 juin 1631 que le chapitre de la cathédrale
St-Lambert reçut relation de l'enquête ordonnée à ce sujet. Elle
avait eu pour résultat de constater non seulement le mauvais état
de l'édifice, mais aussi la vétusté extrême des ornements sacer-
dotaux (-). Le chapitre commit l'écolàtro Marcelis et le chanoine
prout in ejusdemcapituli litteris vidiraus contineri, proposuerunt nomine dicli capituli
coram nobis, quod cura investilus vel parochiani de Astenoir peliverinl ab eisunam
campanambannalem,ralione décime, quam in villa de Aslenoir habere dinoscuiUiir,
et propter hoc dictos investituni et parochiaoos citari fecerunt coram nobis ad
diem predictam, prout in litteris citatoriis vidiraus contineri, dictique parochiani
non comparuerinl, peliverunt instanter declarari utruni ecclesie filic tenanlur ad
companara solvendam vel non, quod nos, more nostro diflîniendum, commi^imus duo-
bus ex fratribus nostris qui ad parlera se Irahenles, céleris IValribus convocatis,
habita eorura sequela, reportarunt per judiciura et antiquam consuetudinem dicti
concilii approbatani, qu(>d nuUa ecclesia filia tenetur ad aliquani campanam persol-
vendam;p03t modum vero predicli canonici petiverunl declarari iitruni ecclesia de
Astenoir sit filia vel non. Nos autera sicut prius uni fratrura istud commisimus
declarandum. ille autera ex antiqua consueludine approbata dicti concilii, dictam
ecciesiam de Astenoir esse filiam ecclesie de Tilves per sequelam oranium reporta-
vit, de quibus omnibus ad maudatum et preces dictorum canonicorum bas litleras
scribi fecimus nostroque sigillé sigillari. Dalum et actum anno et die supradictis.
Datum autem per copiara sub sigillo curie nostre leodiensis anno dominice nati-
vitatis M" CGC quiuquagesimo tertio, mensisjunii die vicesima nona. — Charte de
Saint- Lambert, iï° 53o, aux Archives de l'État^ a Liège.
(') 21 Junii U)28. — Exposuil dominas archidiaconusEldcren ecciesiam parochia-
lem de Asseneur ruinara minari nisi brevi providealur, unde comniissura dominis
directoribus ut se informent ad quem ejusmodi reparaiio spectel. — Cathédrale,
secrétariat, — Décrets cl ordonnâmes — 1628-29. Refj. E. 135, p. 40 V, aux
Archives de l'Éiai, à Liéye.
') 23 Junii 1631. — P.etulit dorainus Marcelis scholastici, vices gerens, se una
cura domino Trips accessissi.! locum de Esneux, visitasse ecciesiam ejusdem loci,
illiusque ornamenlorum defectus el comperisse, déesse tabulatum, Ibrnicemque
aliqua in parte ruinam rainari, ornemenlaque vetustato plane corrupta et lacera,
super quo domini mei commisserunt ijsdem dominis depulatis, ut omni quo fieri
poterit meliori mudo cum incolis convenianl el provideanl. Ibidem, reg. E. 137,
p. 197.
— 212 —
ïrips, qui avaient ele chargés de l'enquête susdite, pour s'en-
tendre avec les habitants d'Esneux afin d'y remédier au mieux.
Ces négociations n'aboutirent point; le rapport de la visite archi-
diaconale du 30 septembre 1698 le prouve. 11 y est dit: mûri
ecdesiœ minanlur ruinam. Tabula altaris est indeceus. Tabulatum
est ruinosum. l'rovkleant desuper decimalores quamprimum. Mûri
et parietes appendicum debtnt reparari. Non est tabulatum in
appendicibus. CanceUi ad baptisterium debenl obserari, et cœme-
terium débet mûris recludi. Mandamus parochianis quatenus
super prœmissis quamprimum provideant ('). Relevons ici avant
tout l'indication des fonts baptismaux décrits ci-dessus.
(*) Nous croyonx tiiik de donne}- ici, en entier, ce rapport, que nous devons à
l'obligeance de M. le cliun. Daris.
30 Seplembris 1698. — Visilala fuit ecclesia parochialis d'Esneux, quse est ecclesia
intégra sub invocatione S. Huberli ; rescribitur ad..... quos D. paslor percipil ex
decimus novalibus quos integraliter percipil, et ex reddilibus annuis ; et habet a
decimatore quinquaginta impériales annuos ; in annivi-rsariis circiler sex florenos.
t.ollator : capituluin leodiense. Rector : D. Thomas CaraHe, instilutus auctoritate
archidiaconali.
Gapitulum leodiense habel omnes décimas, exceplis novalibus.
Sunt duo altaria coUaleralia non consecrata, nec dotola.
Sub dicta parochiali ecclesia sunl capellae in Fonlin et Roleux.
In capella de Roleux celebralur diebus dominicis et feslivis. Sunl fundali ad eura
etîeclura viginti quinque floreni iinnui. Presbyler oflicians administrai sacramenta,
ex permissione, et percipil jura slolae.
Matricularia est annalis ad electionem D. pasloris et parochianorum. Modernus
est magisler Lamberlus Poncin, admissus ad confessiones ; habel circiler quatuor
florenos qualilate malricularii, el lolidem pro regendo horologio, et percipil a
quacumque l'arailia quolannis decem slupheros,sub onere celebrandi missam diebus
dominicis el feslivis.
Fabrica habel circiler septemdecim impériales annuo.s; redduntur computus
coram D. pastore el tenanlibus.
Pauperes habenl circiler decem modios ; redduntur computus ul supra. Décima
non subminislral panem, vinuni el candelas.
Mûri ccclesiœ minanlur ruinam. Tabula altaris est indecens. Tabulatum est ruino-
sum. Provideanl dusuper decimalores quamprimum. Mûri et parietes appendicum
debenl reparari. Non est tabulaUim in appendicibus. Cancelli ad baptisterium debenl
obserari; el cœmelerium débet mûris recludi.
Mandamus parochianis qualcnus super prtcmissis quamprimum provideanl.
humérus communicantium circiler mille.
Est obslelrix jurata :
Malriciilarius lenel scholum.
Splendel lumen conlinuo coram venerabili, ex devolione el munificentia particu-
laris parocliiani.
D. Paslor habel registra baplizalorum et morliiorum. I». Paslor dicil registra
conjugalornm esse doperdila. Providuiit de alin.
— 213 —
Le 16 décembre 1704 les directeurs et policiants de la com-
munauté d'Esneux et les tenants de l'église, informés par le
curé Caraffe que le chapitre de St Lambert offre 150 écus
pour réparer l'église, déclarent enfin accepter cette ofifrc,
jaçoit qu'en vérité la somme leur semble modique et ne responde
pas à leur espoir. Ils décident en conséquence que chaque
paroissien paiera pour ces mêmes réparations trois florins icij
coursables (*).
Au 15 juin 1705, le contingent de la paroisse fut fixé à 511
florins, 10 patards, somme à fournir par 162 ménages (dans
lesquels non compris 17 indigents), mais on ne put prélever
que 475 florins ("-).
Ce ne fut donc qu'en 1705 que les réparations se firent (^).
Il est h regretter que cette église n'ait pas été rétablie dans
son style primitif. Si le monastère a disparu ('), si du manoir
des seigneurs et comtes d'Esneux (^), il ne reste que des vestiges
douteux , si de l'antique chàteau-fort de Beaumont , réputé
vieux déjà en 1277 C^), il n'existe plus que le sol élevé qui le
(*) Registre aux résolulions, commem.ant le ::iO septembre 1»i92, aux Archives
communales d'Esneux.
(') Ibidem.
(') L'un des bénitiers, qui sont placés à l'entrée de l'église, porte la date de 1707,
époque sans doute à laquelle les réparations furent terminées.
(*) Le dictionnaire géographique de Helvaux indique les quatre châteaux sui-
vants : Es7ieux, Rond-Chêne, la Vaux et Avionpuits, (orthographié awillompuche,
et aïoilhonpuche, dans le Stock précité, pp. 174 v» et 174).
(^) Item supra monaslerium versus montein ... Stock rouge, précité, même acte.
C') Le diplôme impérial de l'an lloS par lequel Frédéric, empereur des Romains,
confirme à l'église de Liège la possession de ses biens, mentionne le chàteau-fort
de Beaumont avecl'alleux d'Esneux, en ces termes : Castrum de Belmoni cum omui
familia et aUodio de Hastinoit. M. Grandgagnage dans son Supplément au mémoire
sur les anciens noms de lieux de la Belgique orientale (Mém. cour.), dit ne pas con-
naître, à Esneux, de lieu nommé Belmont, il se trompe. L'acte du 17 mai 1277,
signalé à la page 210, mentionne le château de Beaumont en le qualifiant de velus
castrum. Voici ce passage : quedam prata per pecias prout in subsequentibus an-
notatur, videlicei in terrilorio de Melac, prope vêtus castrum dt; Bellomonte, in
deiiixo )nontis versus i'rtam, sexjornalia terre nrabilis. Iiem prope locum cundem
— 214 —
poi'lail vers les nues, el du sommet duquel le loui-isle s'extasie
devant les sites merveilleux qui se déroulent h ses pieds, non
loin de là gisent peut-être encore sous terre les fondements de
sa chapelle castrale qui, d'après la coutume du moyen-âge,
donna naissance à la première église paroissiale.
La commune d'Esneux devrait donc se souvenir que noblesse
oblige en ordonnant une restauration savante et complète de
son église. Un beau monument en style ogival primaire rappel-
lerait des grandeurs passées et serait en harmonie avec la
beauté de sa situation. Puisse mon rêve se réaliser; j'aime
Esneux !
T)"" VAN DE CaSTEELE.
iii luco qui (licitur supra iiioitieiit de leri, boiiuariuin uiiuni circa princiinum declitii
montis... fiem in loco qui dicitur in valle,juxta Ham, duo bonnnria nupra viain que
est ville, ibi in siuistra manu versus castrum, et jornale iinum in loco qui dicitur
ad quercum au courtiih de Ham... Itetu anle casirum veius predictum, in dcclDio
montis versus Assenncur,dnol>onnaria inier Assenncur el dictum velus casirum... —
Stock rouge précité, même acte. Le dictionnaire géographique de Del vaux nous
apprend de plus que « vers l'an 1177, en défrichant un terrain, au lieu dit
sur Beaumoni, où il a existé un ancien cliâteau, on a découvert un tombeau en
maçonnerie peinte, dans lequel on a trouvé un squelette dont la stature élait d'une
grandeur extraordinaire, avec une lanterne, une urne, un cimeterre et quelques
gros clous, qui furent brisés par la chute de la voûte. » Beaumont d'ailleurs est
connu de mémoire d'homme de tous les habitants d'Esneux.
SUR L'ORPHEE AUX ENFERS
DE GERARD LAIRESSE.
Parmi les œuvres de Gérard Lairesse, l'un des peintres en
renom de Liège, se trouve sa Descente d'Orphée aux Enfers,
que M. J. Helbig décrit ainsi :
« Orphée est sur le point de quitter le noir séjour, guidé par
un génie qui vole à ses côtés, l'éclairant au moyen d'une torche
dont la lueur se projette sur le groupe principal. L'artiste a
représenté le fils d'Apollon la lyre sous le bras, au moment où
il succombe au désir de revoir son amante. Il se retourne, et,
à l'instant, il est puni de son infraction aux ordres de Platon.
Eurydice, pâle et glacée, retombe mourante entre les bras des
Parques qui l'entourent. Celles-ci sont d'âges différents, con-
formément i\ la mythologie; revêtues de draperies aux couleurs
sombres, elles ont au dos des ailes légères, transparentes et
noires. Dans le fond, qui occupe une grande partie de cette
toile, on voit le Tartare et la cité infernale. Des constructions
fantastiques, immenses, entrevues aux lueurs d'un vaste incen-
die, étagent leurs galeries superposées et les spirales de leurs
tours. Sous ces portiques, le long de ces galeries, circulent les
ombres des morts.
» La couleur noire qui domine dans cette toile la rend peu
agréable comme effet, et, sous ce rapport, elle est fort inférieure
à beaucoup d'autres productions du maître. Mais la composition
est claire, le modelé étudié, le groupe d'Eurydice et des
^16
Parques est très-bien disposé, et l'une de ces dernières a une
jolie tête. La figure d'Orphée exprime bien, quoique d'une
manière un peu théâtrale, les sentiments dont celte figure
doit être animée.
" Toile : H. 1.82. L. -2.18. (Musée communal de la ville de
Liège.) » (')
« Ce tableau, dit encore M. J. Helbig, tut t'ait en 166:i par
Gérard Lairesse pour orner le vaste manteau de la cheminée
de l'une des salles de l'habitation de Godefroid de Sélys, ancien
bourgmestre de la ville de Liège (■-),et se trouve actuellement au
musée connnunal de celte ville (''). »
De son côté, le comte de Becdelièvre nous apprend cette par-
ticularité, dans sa Biographie Liégeoise, publiée en 1839,
que cette toile passa aux mains des messieurs de Difl'uy, à
Liège (').
D'autre part, tèu le chanoine Devaux ajoute dans ses annota-
tions manuscrites ('') : « M. le chanoine Bemy la reçut de ce
» dernier (de DifCuv) par succession et il a passé au même titre
» à une nièce de ce dernier. Il se trouve déposé chez M. le
» notaire Keppenne chargé de le vendre. »
De plus, d'après nos renseignements particuliers, le tableau
dont il est question ici, fut plus tard repris par la famille du
Df Lombard, et il est notoire que le fils de celui-ci le vendit à
la ville de Liège, le 23 mai 1866 («).
Ces détails peu importants en eux-mêmes sont cependant
(') Hi-^toire (le In l'cmline au Paifs de Liège, imprimerie DE TlllEli. Li(:gc 1873,
p. 21.5.
(t) Ibid. p. 203.
C) Ibid. p. 203, noie 2.
(*) Tome II, p. 195.
(") Conservées à la Bibliolliè()ue de l'iniversité, a Liège.
t") L'adminislralion communnlo acquit lo tableau d'Orph<'e, en mùmc temps que
le portrait de Philoguet, par Lombard, pour la somme totale de 2,000 francs.
— 217 —
dignes d'intérêt, après la découverte que nous venons de faire
de l'acte notarié suivant, daté du 25 septembre 1794:
LIBERTÉ. ÉGALITÉ. — FRATERNITÉ.
Ce jourd'hui 'lîi'' vendémiaire lan troisième de la république francoise
une et indivisible, pardevant moi notaire public soussigné et les témoins
ci après nommés, fut présent le citoyen de cette ville de Liège, Charles
Théodore de Diffuy, lequel nous a dit et déclaré que passé dix à quinze
jours, plusieurs citoyens se sont rendus chê lui et demandé d'y voir un
tableau lui appartenant dont Lairesse en est l'auteur, représentant Orphée
et Euridice, à quoi les aiants satisfaits ils se sont retirés ; qu'en après
scavoir le 25 de ce mois au matin, le déclarant reçut une lettre du
représentant du peuple Frecine[t] par quelle il lui demandoit de lui
envoler ledit tableau pour qu'il pourroil le voir; que sur ce ledit déclarant
lui écrivit qu'il ne pourroit pas le lui envoler à raison de la grande
difficulté de le détacher de sa position, mais qu'il se feroit un vrai
plaisir de le lui montrer s'il vouloil se donner la peine de le venir voir
dans sa maison; que le même jour, l'apres midi, plusieurs citoyens
accompagnés de six fusiliers armés de la republique francoise sont venus
à la maison dudit déclarant, muni d'une commission des citoyens Michel
de Blond, Devvaille, Thonin, Franjan, après les signatures desquels s'y
trouve ce qui suit : u Le représentant du peuple près les armées du nord
« de Sambre et Meuse ordonne que le tableau ci dessus mentionné sera
» enlevé dans le plus court délais, à Liège le 25 vendémiaire l'an 5'"e de
» la republique francoise une et indivisible, signé Frecine[t] , et étoit
» apposé le cachet de la republique francoise sur cire rouge. » Lesdits
citoyens entrés dans ladite maison ont détaché ledit tableau, l'ont
transporté de la maison du déclarant pour le faire conduire suivant leur
commission au muséum des arts de la République francoise, présents les
citoyens Albert Joseph Favereau , Henri Hoyens, Marie Barbe Lejeune,
Geneviève, Etienne, Jacques Charles Morviller.
Lesquels nous ont dit et déclaré d'avoir vu et été présents lors que les
dits citoyens et fusiliers armés ont venu détacher et transporter le dit
tableau de la maison dudit citoyen Diffuy comme dit est ci-dessus.
Ce qu'ils offrent de réitérer lorsqu'ils en seront requis, ainsi fait et
- 218 ~
déclaré dans la maison dudil ciloyen Uifluy où il a sa demeure située
sous la paroisse de Si r{emi à Liège, y présent comme témoins A ce
requis et appelles les citoyens L.Grandmaison et Antoine.
( Signé ) Le citoyen Diffi y
A J. F AVER EAU
J. L. MoRMLLER , t signature d'HENRi Hoyens disant ne
scavoir écrire
t signature de Marie Barbe Lejeune
disant ne scavoir écrire
Geneviève
Etienne
Grandmaison
Antoine
Pierre Godsoll, notaire (').
Nous ignorons sur la loi de quel document M. J. Helbig (ail
reposer son assertion, lorsqu'il indique le tableau décrit
ci-dessus comme ayant appartenu à Godefroid de Selys et,
après avoir lu la pièce oificielle que nous venons de repro-
duire, on pourra aussi se demander pourquoi le comte de
Becdelièvre imprime, en l'année 1839, que MM. de Diffuy
possèdent le tableau précité. Cette possession est d'ailleurs
conti'ouvée, quant à sa date, par les annotations de Devaux,
rapportées plus haut. D'api^ès lui, le chanoine Bemy reçut, de
de Diffuy, la Descente iV Orphée aux enfers, de G. Lairesse ;
or, le premier décéda le 18 octobre 1832 ('). Par contre, l'acte
notarié que nous venons de faire connaître, met à néant l'ori-
gine du tableau qui fut déposé chez feu le notaire Keppenne.
Nous croyons donc pouvoir établir la vérité, en disant que
la Descente ilOrfhée aux enfers qui se trouve au Musée commu-
nal liégeois, ne provient pas de CHARLEs-THÉonoRE de Diffuy,
autrement il faudrait admettre, ce qui es! fort peu probable,
(') l'rotocok' du notaire Godsoul, aux Archives de l'Étal, à Liège. (Copie
textuelle.)
(^) Histoire de St-Paul, par le clianoinc Thimisler.
- 219 —
que le tableau de 1794, enlevé pour le Muséum des arts de la
République françoise, fut rendu ii son propriétaire légitime.
Ce qui est certain, c'est qu'il ne figure point sur la liste des
tableaux revenus de Paris. Il est connu d'ailleurs que Gérard
de Lairesse reproduisit son œuvre (').
Retse h savoir si le lableau exécute pour le compte de
Godefroid de Selys est devenu la propriété de de Diffuy, ou
s'il n'en obtint qu'une copie. Dans le premier cas, l'original
devrait se retrouver aux greniers du Musée du Louvre; dans
le second, Liège aurait le bonheur de le posséder.
Charles-Théodore de Diffuy ayant pour aïeul François-Joseph
de Diffuy, qui épousa Anne-Calherine-Conslance de Selys, fille
de Godelroid susdit (-), il nous faut admettre, jusqu'à preuve
contraire, l'hypothèse première.
La toile dont parle Devaux était comprise peut-être parmi le
mobilier de Michel-Joseph de Difîuy. Celui-ci, par testament du
17 janvier 1789, légua tous ses biens, meubles et immeubles, à
son frère Charles-Théodore, qui le 9 mai 1790 constitua le
chanoine J.-B. Bemy, en son lieu et place, pour accepter l'hé-
ritage de son frère (^). On ne saurait toutefois supposer, devant
l'acte que nous venons de faire connaître, qu'il s'agirait ici
du tableau original.
La Descente d'Orphée aux enfers, conservée au Musée com-
munal de Liège, ne serait ainsi qu'une répétition du maître.
D^ VAX DE CaSTEELE.
(•) .1. Helbig, ouvr. cite, p, 216.
;') Lefort, ;•!<= partie, carton K. 21, S. (Selys), aux An;tiive.s de l'État, à Liège. —
Capitalion 1740 et 1792, paroisse St Rémi. — Idem, État-Civil, à Liège.
(5) Testaments des chanoines de Sle Croix, 1728-96, aux Archives de l'État
à Liège.
LES
Châsses de Saint Domitian et de Saint Mengold
l'ancienne oollé|i;iale de Hu\. Le reliquaire offert en don expialoii'e à la
cathédrale de Saint-Laiultei'l de Liège.
LES AUTEURS ET l'hISTOIRE DE CES RELIQUAIRES.
Malgré les recherches eiUrepiisGs par nos archéologues daiis
les différentes provinces du pays et la persévérance que, par-
fois on peut qualifier de passionnée, avec laquelle plusieurs
d'entre eux se sont attachés à dépouiller les archives et les
documents locaux, les trésors de nos églises contiennent encore
toute une catégorie de monuments dont l'histoire reste ti faire
et les artistes ù nommer.
Nous entendons parler des œuvres de l'orfèvrerie du moyen-
âge ; de ces travaux dont à la vérité les proportions matérielles
sont petites, mais au dessin et à la conception desquelles le
mot de « monument » convient si bien.
En effet ces petits édifices, en métal précieux pour la plupart,
semblent relever souvent plus de l'architecture que de l'orfè-
vrerie enli^ndue comme fabrication. Bien que dans l'exécution
du travail le burin du graveur, le marteau du ciseleur, le cha-
lumeau et la palette de l'émailleur nient tour à tour à intervenir,
ces reliquaires, ces châsses, — quelquefois de simples calices,
— ont un aspect si monumental, leur composition révèle si
bien « un maître d'œuvre » qu'on ne peut s'empêcher de regret-
— 222 -
1er profondémeiit l'igrioranco dans laquelle l'hit-loire du l'ai't
nous a laissé quant aux artistes inspirés et laborieux auxquels
on doit ces créations.
Tout ce qui peut apporter quelque lumière sur les auteurs de
ces travaux, tout ce qui peut nous en l'aire connaître les noms
et la destinée doit donc, ce semble, être accueilli avec un inté-
rêt d'autant plus grand que les indications précises, reposant
sur des documents originaux et contemporains sont plus
rares.
Ce sont ces considérations qui nous portent à faire connaître
aujourd'hui quelques renseignements recueillis sur l'orfèvre
auquel on doit deux cliàsscs conservées à l'ancienne collégiale
de Huy, sur l'histoire de ces châsses, et enfin sur l'auteur
d'une œuvre d'orfèvrerie que possède le trésor de la cathédrale
de Liège.
Dans le premier volume du « Bulletin des Commissions
royales d'art et d'archéologie (i) » notre collègue, M. Vier.sel-
Godin, a décrit les deux châsses de Saint-Mengold et de Saint-
Domitian, et à cette occasion il a rappelé les renseignements
donnés par l'auteur du petit livre intitulé : Incunnhula Ecdesiœ
Hoyensis,el que celui-ci semble en partie avoir empruntés ù son
tour au chroniqueur hutois Laurent Mélari.
Ce dernier ropporie en effet, que, l'an 1174, Radulphe de
Zaehringen, évêquc; de Liège, lit déposer solennellement les
corps de Saint Menguld et de Suint Domilian dans deux fiertés
richement iravoillées et qu'il lit l'aire ces reliquair(>s par un
orfèvre célèbre, du nom de Godelroid de Claire, dit le Noble.
Il ajoute que cet artiste, ayant longtemps suivi la cour des
empereurs d'Allemagne Lothaire et Conrad III, il y avait acquis
de glandes richesses et était devenu un homme important.
Vers la tin de sa vie il Ut de larges olïraiides aux églises,
partieulièreiiienL à celle de l'abbaye du Neumostier, on il prit
(') Voyez loiiie I p. ;-!97 <•[ buivaiiles.
- 223 —
l'habit de chanoine régulier de Saint-Augustin et acheva le reste
de ses jours (i).
D'après un chroniqueur assez ancien pour avoir pu être
témoin du fait qu'il rapporte, Gilles d'Orval, le corps de saint
Domitian aurait été placé solennellement et porté procession-
nellement dans une châsse confectionnée d'avance pour les
recevoir, — non pas en 1174, mais une année plus tôt, le 17
des calendes de juillet, c'est-à-dire le 15 juin 1173 (2).
Cette légère rectification faite, nous admettons volontiers
que les renseignements que Mélart nous fournit sur les deux
châsses et sur leur auteur, méritent tout crédit. Toutefois,
comme il écrivait au 17" siècle sur un artiste qui avait vécu au
12", s'appuyant comme il le rapporte sur différents manuscrits,
il n'est pas sans intérêt de connaître au moins une partie des
sources où il a pu puiser les détails qu'il donne sur Godefroid
de Claire.
l'ne circonstance favorable nous a initié à l'une de ces
sources et nous a permis de retrouver dans un document inédit
dont la date se rapproche assurément beaucoup de l'époque où
vivait l'orfèvre hutois, non-seulement la confirmation de c^
que nous savions déjà, mais encore quelques indications sup-
plémentaires sur sa vie el ses travaux qu'on ne lira pas sans
intérêt.
Voici d'abord comment ces renseignements nous sont par-
venus :
Le président Grandgagnage que la mort a enlevé il y a quel-
ques mois aux sociétés savantes dont il taisait partie, et notam-
ment à l'Institut archéologique liégeois dont il était l'un des
membres fondateurs, a légué au Musée de cet Institut le ma-
nuscrit original du Nécrologe de l'abbaye de Neumostier, dans
, ') V. L'histoire de la ville et chasteai de Hiii/, p. 112.
(*) V. .Efiidii aureœ Vallis retigiosi Gesta Ponlificum Leodletiuum, apud C.lia-
pearille, tome II, p. 124.
— 224 —
laquelle, comme nous venons de le rappeler, l'orfèvre de Huy,
Godefroid de Claire, de même que Pierre l'Hermite, s'était
retiré, et où il a terminé sa vie, joignant aux labeurs de l'art,
dont il y a continué les travaux, les austérités de la profession
religieuse. Le dernier propriétaire de KObituaire de Neumos-
lier, attachait à juste titre un grand prix à ce manuscrit, préci-
sément à cause de la mention qui y est faite du décès et de la
lianslation du corps du célèbre prédicateur des croisades. Dans
plusieurs articles insérés au Bulletin de l'Institut archéologique
liégeois (M, M. Grandgagnage cite le Nécrologe h l'appui de la
thèse qu'il soutenait alors et d'après laquelle Pierre l'Hermite
aurait vu le jour dans l'ancien pays de Liège. Chose étrange,
l'auteur de ces études, absorbé sans doute par son sujet, ne
semble pas avoir lu, et certainement il n'a jamais fait connaître
la mention que le même manuscrit consacre h l'artiste des
chasses de saint Mengold et de saint Domitian.
La disposition testamentaire qui confiait désormais le dépôt
du précieux manuscrit à l'Institut archéologique liégeois, le ren-
dait naturellement accessible à tous, et les membres de l'Institut
furent les premiers à parcourir le document échu à leur garde.
Or, comme chacun lit et trouve dans un livre ce qu'il lui con-
vient particulièrement d'y lire et d'y trouver, notre attention
tut immédiatement appelée par le conservateur du Musée, sur
les lignes suivantes qu'il convient de rapporter textuellement;
complétant seulement les abréviations qui en rendent la lecture
difficile :
Novemher. l)° VIII K" Commemoratio Godefvidi Aurificis fra-
iris nostri. Une autre main un peu moins ancienne, ajoute en
coniinu.int la même ligne : /.s/f Godeiridus aurifaber , ciuis
Hoyensis, et pnstmodum ecdesie noslre coHcanonicus, uir in anri-
fahricatura sua tempure nuUt secundus, pei diuersas regiones plu-
^«) V. liulletiri de l'Inslilut urcliëologique lit^^t'ois, lonie II, p l.'i et suivantes.
— iiâo —
rima sanctorum fecit feretra et cetera reijum vaaa vtensUia. ISam
in ecdesia Hoyensi duo composuit feretra, turibulum et calicem
argenteos. In noslra quoque ecdesia, capsam mirifico opère deco-
ratam, in qua recondidit iuncturam sancti lohannis Baptiste,
quant ei domnus Almaricus Sydonensis episcopus contulerat,pro
eo quod quedam vasa delectabilia fecerat.
Il résulte donc de ce texte :
1" Que notre orfèvre Godefroid, autrefois bourgeois de Huy,
est mort clianoine de l'église de Neumostier, le 25 octobre.
La date de l'année n'est malheureusement pas indiquée.
2° Que dans l'exercice de sou art il était considéré comme
n'ayant été surpassé par personne, et que, après avoir fait dans
différents pays plusieurs châsseb pour les ossements des saints
et des vases précieux à l'usage des souverains, il avait fait
pour l'église de Huy detïx fiertés, un encensoir et un calice en
argent.
3" Que enfin, il avait exécuté pour l'église de Neumostier
un reliquaire magnifiquement orné pour y placer une articula-
tion (probablement du doigt) de saint Jean-Baptisie, relique que
Godefroid avait reçue autrefois d'Almaric(Amalaric?) évêquede
Tyr, en reconnaissance d'un vase charmant qu'il avait fabriqué
pour ce prélat.
Comme on le voit, l'Obituaire de Neumostier fait connaître
plusieurs ti-avaux de notre orfèvre malheureusement perdus
aujourd'hui, et sur la destinée desquels aucun renseignement
n'est parvenu jusqu'à nous. îi'dutre part, une publication toute
récente, qui nous parvient au moment où nous corrigeons les
épreuves de cette étude, - celle du quatrième volume des
chroniques de Jean d'Outremeuse édité par notre collègue
S. Bormans, — confirme les faits consignés dans l'Obituaire de
Neumostier, en ajoutant quelques renseignements nouveaux.
Voici ce que rapporte Jean d'Outremeuse :
«L'anXIMiXXIII revient Godefroit,appedain de Hny, àmaistre
— :226 —
d'orfeivrie, li miedre et li plu^ expers et subtils ovriers que
ons sawist en monde à chel jour, et qui avoit cherchiez toute
régions; si revient à Huy en mois de Jule; ilh avoit demoreit
bien XXVIl ans hors, s. avoit en inaintez régions diverses bons
ovrages, lielres et altre quelconques ovrage. El à sa revenue
en i'englise de Huy al (ait I lieire et I enchenseir et I caliche
d'argent; et en Teiiglise de Nuetmostier, deleis Huy, fist et
donat I tussial d'oniie chappe d'on merveilheuse ovrage, en
queil ilh enfermât les piochez des jointures saint Johain-Bap-
tiste que niesire Almaris, l'evesque Sydoiiien, li avoit donneit
de totcoisié, partant qu'il li avoit fait alcons vasseais d'argent.
Et ndonî li canoines de Huy, partant qu'il astoit viez et astoit
clers asseis, le fiseiil canoinez h Nuefmostier ù Huy; et vestil
les draps le XVII kalende de Jule l'an XF et LXXIIII. Et les
dois fietres qu'il list ii Notre-Damme de Huy, fut aie requeste
et à le despens del evesque Radulphe de Liège; si fut mis en
lieu saint Domitien, evesque de Tongre, et en l'autre saint
Mengoul, qui fut adont translaieis en I'englise Nostre-Damme (').»
Il résulte donc des renseignements apportés par le chroni-
queur :
1° Que ce fut l'an 117:^, après une absence de vingt-sept ans,
et déjà âgé, que Godefroid de Claire revint ti Huy.
'2° Que l'année suivante, le 17 des calendes de juillet (15 juin»
il prit l'habit de chanoine régulier h l'abbaye de Neumostier,
dispensé des études de théologie par sou âge et la science qu'il
possédait déjà.
l]" Que le reliquaire, d'un travail merveideux, qu'il exécuta
(*) Chronique de Jean d'Outremeitse, lorae IV, p. iï)~.
Nous ne jugeons pas a propos de reproduire les vers que, dans la Geste de
Liège, le même auteur consacre au letour de Godefroid de Claire à Huy, à sa prise
d'habil au couvent de Neumostier el aux travaux qu'il y fist. Jean d'Outremeuse,
dans sa Geste ne lait que repeter en vers, avec moins de ciarlé, les renseigne-
ments consignés en prose dans sa chronique.
Nous renvoyons toutefois If lecteur qui voudrait contrôler un tcxt»^ par l'autre
aK même vol. p. 701 .
— 227 -
pour renfermer l'arliculntion du doigt de sainl Jean Baptiste,
était en forme de mors ou d'agrafe de chappe. C'était en effet
assez l'usage du temps, de renfermer dans les férmails des
chappes, pièces d'orfèvrerie du plus beau travail parfois, des
parcelles de reliques.
En ce qui concerne l'église de Neumostier et particulière-
ment le reliquaire-fermail dont il vient d'être question , déjà le
bon Mélart nous avait appris que Godefroid le Noble donna
encore plusieurs loyaux à ladite Église, entre lesquels il y auoit
la iointure d'un doigt dudit sainct lean Baptiste, autres disent
la iouë iM ; "lais il ne tait aucune mention du reliquaire façonné
par la main même du donateur.
11 est vrai que, déjà à l'époque oîi Mélart publiait sa chro-
nique, la précieuse relique donnée par (iodefroid , avait
disparu. En effet, une note inscrite dans la copie relativement
récente de l'Obituaire auquel nous avons emprunté le texte
donné plus haut, et qui est déposée aux archives provinciales
de Liège, nous fournit un renseignement curieux sur cette
relique pour laquelle l'orfèvre hutois avait confectionné une
plaque-fermail enrichie avec toutes les i-essources de son
art. Cette relique fut volée l'an 1632, le jour de la fête Saint-
Jean-Baptiste, pendant lequel elle était probablement exposée,
— et dont on rehaussait la solennité par un repas auquel pre-
naient part un certain nombre de citoyens de la ville de Huy.
—Cette note nous apprend encore que ce méfait était attribué
aux P.P. Jésuites, que déjà au dix-septième siècle on n'était pas
fâché de noircir un peu à l'occasion. La main traditionnelle qui
se retrouve toujours, pour souligner les accusations portées
à la Compagnie,— comme si sur la robe de ses membres une
tache était plus apparente que sur celle de leurs accusateurs
— s'est trouvée aussi pour souligner son nom dans le document
( ') L'hisiotrt tic ta rilic et i.'liasUav de Huy et de ses ant'iqrite:. pai' Laurent
Mélard, p. li>.
— 228 —
original que nous ciDiis. Ajoutons cependant que la note
constate qu'il s'est trouvé un honorable chanoine de Huy
pour soutenir cette accusation en présence de personnes
connues (' ).
Ce reliquaire étant perdu, il ne reste aujourd'hui, pour
donner la mesure du talent de l'orfèvre Godefroid de Claire,
que les deux châsses de saint Mengold et de saint Domitian.
Malheureusement les huit siècles qui ont prisse sur ces fiertés
en ont altéré si sensiblement, non-seulement les détails, mais
même la disposition «générale, qu'elles sont loin de donner une
idée du travail sortant des mains de son auteur. Il est même
probable que celui-ci les renierait absolument comme son
œuvre, si , l'évoquant de sa tombe, on pouvait l'appelei' en
témoignage sui' l'autheulicité du travail original.
Disons d'abord qu'il en est des monuments de l'orfèvrerie comme
des édifices en pierre et en brique : ils ont moins souffert du
temps que des remèdes apportés à leur état de vétusté. A des
époques où l'on ne comprenait plus rien à l'art des périodes
romane et ogivale et où, par conséquent, on ne respectait nas
les monuments auxquels ces époques ont donné l'existence, on
s'est permis trop souvent, sous prétexte de restauration, de
véritables actes de barbarie d'autant plus à déplorer qu'il est
plus difficile de réparer les ruines qui en sont la conséquence.
Dans sa notice sur le trésor de la Collégiale de Huy que nous
avons rappelée en commençant ces lignes, iM. Vierset-Godin
rappelle l'état de déiérioration et d'abandon dans lequel
se trouvent actuellement les châsses de saint Mengold et de
saint Domitian. Toutefois notre confrère n'accuse pas toute
l'étendue des outrages qu'elles ont eu à subir et sur lesquels
{\ Que junctura dicitur furaia A JESUITIS aniio 1632 in diefesti SU Joannis
Baptisia quo die cxculabalur a civibun et adveuieutibus, eic; et hec teste dno
Joumie Doultretiiou dno de Lamine canonico olitn béate Marie Huy qui sepe
coravt personis affirmai it et etiam coram dno Carolo Hoinain medico. Manuscrit
du Ni^crolojçe de Neumostier déposé aux archives de Liège.
229
nous avons quelques renseigtiemenls supplémetitaires à ap-
porter.
Ici encore, c'est un document consigné sur une feuille de
parchemin et renfermé dans la châsse de Saint-Domiiian, qui
va nous édifier, nous apprenant, — non sans une sorte d'or-
gueil — le temps où une première restauration générale a été
entreprise, ainsi que les noms des auteurs et les promoteurs de
cette besogne. Il est constaté, en effet, par ce document maïuis-
cril que l'an de la nativité de N. S. 1860, Robert de Bergues
étant évêque de Liège, Pie IV pape et Ferdinand, succédant à
son frère, Charles V, empereur, le 13 juillet, la nouvelle et
entière réparation de In châsse a été parachevée, par l'orfèvre
Jaspar de Namur et Henri son fils; que le prix du travail fut
payé des biens délaissés par Nicolas Richard, chanoine de
l'église Notre-Dame de Huy, dont le testament fait deux parts
égales entre la fabrique et les pauvres.
Cette pièce contenant des détails assez curieux qui ne con-
cernent pas la châsse, est écrite et signée de la main de Bauduin
de Longpré, prêtre, trésorier et maître de la Fabrique de
l'égHse. Elle est datée du 13 juillet de l'année précitée. (')
S'il n'est plus possible de dire actuellement dans quelle
mesure une réparation des deux châsses était nécessaire en
1S60, en revanche il est fort aisé, grâce au sans-gêne auquel se
(*) Auno a natiritale Doinini millesiino quingenlesimo sexagesimo, mensis julii
die décima tertia, compléta et consummata fuit kuiiis feretri nova reparaiio et
intégra restauratio (ex bonis qiiondam domini ÎSicolai Richard Indus ecclesie
canonici,fabrice huius ecclesie et pauperibus mediatim testameHlaliter legatis) per
Jasparnm de Namurco et Henricum eius filium aiirifabros; dominis Petro Dio
nanti magno computaiore, Henrico Pietktjn et Gerardo de Freypont respective cano-
nicis, ac Balduino de Longoprato, fabrice maqistris et computatore procurantibus ,
lempore venerabilis domini Gerurdi Loze huius ecclesie decani, Hoberti a Bergis
episcopi Leodiensis, PU pape quarti et Ferdinandi post Carolum quintum quondam
imperatorem suum frairem imperatoris. In quo quidem anno XVIl"in aprilis,Engel-
berttis de Fuze, clericus coniugatus, le drappier, cum Catharina filia Pauli Barbe,
a sancta ciuitaie Jherusalem peregrinus rediit^ magno cum incolarum Huyensiuw
gandin. Scriptum per ilowinum Baidninum de Louiioprato presbtjternm, huiijn
- ÏÎ30 —
suiit abandoimés l'orfèvre Jaspar de Namur et sou tils ; grâce
surtout à riiidigence de leur savoir taire, de reconnaître en quoi
a consisté la nova reparatio et intégra restauratio dont parle le
parchemin que nous venons de citer.
Et d'abord, bien que ce document soit muet à cet égard, il est
de toute évidence que la restauration de la cliàsse de Saint-
Domitian, n'a pas été entreprise isolément. Remarquons, au
surplus, qu'elle n'est pas désignée nominativement dans notre
texte dont une seconde expédition, nous sommes disposé à le
croire, aura pu être placée dans la châsse de SaiiU-Mengold.
Nous ne larderons pas à voir que les deux tiertes ont dû être,
nous ne dirons pas réparées, mais remaniées en même temps.
Les deux œuvres d'orfèvrerie présentent, quant aux dimen-
sions, au style et à la composition de Tensemble, une
grande analogie. Variées dans les détails, elles sont sorties de
la même main, elles ont été conçues par le même esprit. Comme
le fait observer M. Alfred Darcel dans son « Voyage en Alle-
magne » elles semblent les deux moitiés d'une châsse immense
coupée en travers par le milieu. Mais si cela est vrai pour le
plan général, il n'en pouvait plus être de même pour la concep-
tion des détails et le choix des figures que la ciselure devait y
reproduire. Fidèle aux traditions de la grande époque ii laquelle
Godefroid de Claire travaiHait, il a dû conformer son thème
iconogi-aphique à la vie et aux mérites particuliers du Saint dont
riclesit llieauuiarhnn. el t'abriçe coiiipittiitnri'iii prefatuiii XIII • menus jiilii Si(pn
ificii et sifiniiiiini.
linldiiiuiis (te l.oiuioptato qui supra, niunu propna ,
\\i verso. Prœseuieiii carlam de iikiihIuio II. li.
lidd. DD. Decani et Cnpituli Hueiisis reijixirari
iii lihro qtiitito Chartanim hoc 21 rnarlii 17fil-i.
Franaotie Nots
et lecretarin/!.
Nous devons la couimunicalion du ci; duiuimenl, ainsi que celle du$ deuxaiùr»
ine lions cilons plus liaiil. ù l'obligeance du IL M. Dclruelle. cun; doyen à Huy.
- m -^
il voulait honorer les reliques et dont son travail devait gloritier
le tombeau.
Cette donnée si simple n'existe plus depuis la restauration
accomplie à la tîn du seizième siècle.
A la vérité l'on voit encore, à l'un des deux frontons de
chaque châsse la figure du Saint dont elle renferme les osse-
ments. Mais au fronton opposé, dont les ligures originales sont
perdues, il devait se trouver, soit l'image du Christ, modèle
et type de toute sainteté, soit le Saint dont la châsse est la
tombe, recevant de Dieu la récompense de ses vertus. Au lieu
de ces figures traditionnelles, on voit, à la châsse de saint
Domitian, la Sainte Vierge assise avec l'enfant Jésus, très-
mauvais travail du seizième siècle qui, à cette place est un hors
d'œuvre. A celle de saint Mengold on voit, d'un travail infé-
rieur encore, la figure du Christ, en souvenir probablement de
ce qui y a préexisté.
Les parois des longs côtés étaient ornées de façon à développer
le thème adopté par l'artiste. Saint Mengold a illustré sa vie
par les vertus du chevalier chrétien ; Saint Domitian a sanctifié
la sienne dans les voies du sacerdoce. Voilà, dans sa simplicité
la pensée dont s'est inspiré le moine orfèvre. Aussi, avait-il
dans les entrecolonnements de la châsse du premier de ses
héros, ciselé douze figures de saints guerriers. Il ne reste
malheureusement que peu de chose de cette partie du travail
original, mais ce qui a été conservé se rapporte à cette donnée.
Ce sont les images de Sébastien, le martyr, chevalier romain ;
les héros de la légion Thébaine, Maurice, Exupère,Mercuriuset
d'autres guerriers. La restauration datant d'une époque où toutes
les règles iconographiques étaient méconnues, où les traditions
de l'art étaient perdues, aassocié à ces hommes d'éf)ée, Saint Jean
Baptiste et des figures d'apôtres dont on ne comprend pas la
présence à cette place. En revanche, Saint Victor, figure revêtue
de la cotte de mailles assez bien conservée et qui faisait partie
232 -
des hommes de guerre associés à la châsse de Saint Mengold,
a, par interpolation, éié placée h celle de Saint Domitian.
Quant à la tierte du saint évêque qui a été l'apôtre de Huy,
il était naturel que l'artiste l'ait ornée des images des douze
apôtres, les prédécesseurs de Domitinn dans la carrière sacer-
dotale; aussi y retronve-t-on, dans un assez triste état plusieurs
tigures d'apôtres. Saint Jude est original; saint Barthélémy et
saint Simon semblent empruntés à une autre châsse du quin-
zième siècle, tandis que saint André et saini, Jean y ont été
ajoutés dans la seconde moitié du seizième.
Les versants de la toiture des deux châsses ont souffert d'une
manière plus regrettable encore aue les parois et les frontons ;
les maladiesses et les malentendus de la restauration y ont
altéré le travail original d'une manière radicale. Seules, sur !a
châsse de saint Mengold il existe encore trois demi figures
d'anges dont on peut, malgré de nombreuses lésions, recon-
naître le travail original. Deux d'entre eux tiennent des philac-
tères avec des textes relatifs aux huit Béatitudes; l'encadrement
de c^s demi figures est formé par des cercles dont l'ordonnance
est originale; de l'un de ces cercles on voit émerger une assez
jolie figure d'ange du 15'' siècle, évidemment empruntée à quel-
qu'autre reliquaire qui n'existe plus. Tous les autres anges sont
d'un travail en dessous du médiocre et une série de six d'entre
eux est sans doute l'œuvre du nrtmurois Jaspar.
Une seule des châsses avait l'encadrement des deux frontons
où se trouvent les figures principales, ortié d'émaux daîis \r
goût rhénan, et employés avec beaucoup de sobriété. L'ouvrier
restaurateur— sans doute dans un esprit d'équité, — a divise-
l'encadrement d'émaux entre les deux châsses de façon qu'ac-
tuellement chacune d'elles a l'un des frontons décoré d'émaux,
en disparate complet avec l'autre fronton rehaussé seulement
d'ornements au vernis brun.
Le crélage de la châsse de saint Mengold est d'un travail
barbare, probablement du l(i" siècle, et dans les deux fiertés
— 233 —
des bandes de métal sont couvertes de rinceaux gravés accu-
sant par leur mauvais style la même époque. Les textes, dont
les beaux et fermes caractères du 12^ siècle sont peints au
vernis brun, sont interpolés, tronqués et rendus inintelli-
gibles.
On comprend seulement que ceux de la châsse de saint
Domitian se rapportent ti la mission sacerdotale.
Enfin pour comble de mutilations ces deux longues fiertés,
si imposantes dans leur développement, ont été recoupées
toutes ies deux et chacune d'elles a été raccourcie d'une travée,
de sorte que, dans la châsse de saint Domilian le collège apos-
tolique se trouve réduit à dix membres, parmi lesquels, à la
vérité, s'est introduit d'une façon subreptice un saint chevalier
qui a déserté son poste d'honneur au tombeau métallique de
saint Mengold, lequel de son côté est flanqué aujourd'hui de
ligures en relief dont assurément l'artiste primitif n'avait en
aucune façon prévu la présence à cette place.
Après la nmtilation qui, en retranchant la sixième partie de
chacun de ces monuments en altérait toutes les proportions —
acte de barbarie commis, paraît-il, afin de les placer plus aisé-
ment dans un autel qui devenait pour elles un lit de Procuste,
— on peut se dispenser de signaler encore bon nombre d'autres
mutilations de détail. Sans doute le lecteur se demandera si
alors au moins la mesure des outrages subis par l'œuvre de
Godefroid de Claire était comblée, et s'il était possible encore
de lui infliger un nouvel acte de vandalisniô?
Hélas, non. In mesure n'était pas comblée, l'œuvre de dévas-
tation et de ruine n'était pas complète !
Une nouvelle infortune était réservée à l'une ies tiertes; il
restait encore une restauration h consommer après un dernier
acte de violence. L'an 1762, la châsse de saint Domitian fut
dépouillée et dévastée par des voleurs.
Il parait que ce méfait n'émut pas outre mesure les gardiens
du dépôt sacré; ce ne fut en effet que l'année suivante, le 21
— 234 ~
mai, qu'on ouvrit la châsse, pour reconnaître la grandeui- du
dommage.
La pièce authentique que nous reproduisons, constate que
l'intérieur, se composant d'un fort coffre en bois, garni de
métnl, plomb ou étain, les dignitaires ecclésiastiques députés à
l'effet d'examiner l'état de la tîerte, admirent la probabilité que
le coffre intérieur n'avait pas été ouvert.
Sans doute, les malfaiteurs qui n'avaient pas la piété aux
saintes reliques pour mobile, ne le tentèrent pas. Mais il est
présumable, d'autre part, que les voleurs ont enlevé tout ce
qu'ils pouvaient détacher de métal précieux et que plusieurs
des figures formant saillie disparurent alors. Une nouvelle
réparation ou, si l'on aime mieux, une restauration était donc
devenue nécessaire.
Elle fut accomplie cette même année. « Régnant, comme dit
le document que nous donnons en note, sur le trône pontitical,
le pape Clément XIII, François étant empereur et le siège épis-
copal de Liège, vacant. » La pièce est revêtue, en témoignage
de son authenticité, de l;i signature de J.-M.-J. Francotte,
notaire et secrétaire du chapitre de Huy (^).
Le travail de cette restauration est facile à reconnaître. Un
certain nombre de têtes à l'expression stéréotypée et d'une
(') Prsesens sancti Domitiaui fereirum aniio 176:2, a furibus devaslatum, aperlum
fuil hac vigesima prima raartii anni 1763, prteseutibus Rndis dnis Joanne Nicolao
Vercour cantore, el Carolo Francisco d'Andriessens magistro fabricifi, canonicis a
Pindis add""i dnis vicedecano el ca|)itulo ad hune cftecliim specialiter depulatis ; in
iiuo feretro auro el argento decoralo, comperla fuil secunda capsa lignea ferris
utrimque cincta,el in ea propter cerlum pondus, alia capsa plurabea seu slannea, ni
probabile, quai non fuerunl aperUc. Quapropler reparalio sive reslauratio ejusdeni
l'erelri, partim raunilicenlia Dominorum. parlim sumptihus rabrictf- ccciesiœ sutr a
Hndis add""i dnis Decano el Capituio fuit ordinala tempore Clementis Papœ XHI,
Francisci imperaloris, Sede Episcopali Leodiensi vacante, Kndi add""' dni Servatii
le Tiiorier decani, dominorum Joannis Pétri Doucet, et prœfati dni D'Andriessens
canonicorum, ejusdem fabric» magistrorum. nec non dni Guillolmi Josephi Collii
canonici rcceptoris.
Quod tester. .1. M.. I. Francotte, notarius et insignis capiluli praefati Huensis
secretarius in fidcra. 176:'..
235
ineptie peu commune, posées indifféremment sur les corps
d'apôtres , de saints ou d'anges , forment le complément
que la châsse de saint Domitian doit à l'art du dix-huitième
siècle.
Cependant les rigueurs du sort pour les deux reliquaires
n'étaient pas épuisées encore. Après les restaurations, après
les voleurs, survenait la Révolution envoyant dans toutes les
parties de l'Europe ses armées afin d'y répandre les lumières
dont la France se trouvait si bien. Nos pauvres châsses avaient
eu trop à souffrir des amateurs de métal précieux pour attendre
de pied ferme ceux qui envahissaient la principauté de Liège
au nom de la |)lus touchante fraternité. Le clergé de Huy eut
le bon esprit d'expédier les châsses de la collégiale à Altona.
C'est encore une lanière de parchemin déposée dans l'une
des fiertés qui nous renseignera sur ce voyage. Nous trans-
crivons :
« Les quatre châsses ou fitres, l'un de la sainte Vierge, le
second de sair.t Mengold, le troisième de saint Domitian,
patrons de la ville de Huy, le quatrième de saint Marc, après
une émigration d'environ 20 ans, sont revenus à Huy le 20 sep-
tembre 1813; ils avaient été déposés à Altona, en Danemarck,
dans l'église catholique.
Ce n'est qu'avec la plus grande peine qu'on est parvenu à
les ravoir, ies administrations des douanes s'y opposaient
fortement.
Le fifre dans lequel est déposé ce billet est celui de saint
Mengold.
Le semblable est celui de saint Domitien /sic».
Celui qui est le mieux travaillé est celui de la sainte Vierge.
Enfin le plus petit est celui de saint Marc.
Sous l'administration de M Nicolas Fonsnv, curé; Robert
— 236 —
Louis de Speckman, Charles HansoUe, Je;i:i Hubert Ansiaux
marguilliers ('). »
Après ces différentes lestauralions, réfections, réparations et
remaniemenls, après les fatigues d'un long voyage, les deux
châsses sont, on le comprend de reste, dans un état déplorable.
Elles apparaissent comme des ruines dont les pierres disjointes
et les colonnes brisées ne sont soutenues que par les plantes
parasites qui les enveloppent. Les pièces d'orfèvrerie, bonnes
ou mauvaises, anciennes ou récentes, ne tenant plus ensemble,
semblent protester contre les mains maladroites, qui les ont
unies les unes aux autres. Nous ne sommes pas, en thèse géné-
rale, de ceux qui préconisent pour les œuvres d'orfèvrerie du
moyen âge, des restaurations dont nous venons d'ailleurs de
constater les tristes effets. Mais ici le mal est si profond, qu'il
ne peut être guéri que par le mal lui-même. Il ne semble d'ail-
leurs guère possible d'abandonner ces ruines, laissant s accom-
plir jusqu'au bout les infortunes de leur triste destinée. Peut-être
(*) Au verso du parchemin sont inscrits quelques renseignements sur la collé-
giale de Huy, qui ne sont pas absolument dénués d'intérêt ; voici textuellement
cette note :
'< Quelques particularités sur l'église primaire ci-devant collégiale de Huy.
Toute la toiture et la superbe flèche ont été brûlées en 1803 par le tonnerre, la
veille de la Fêle-Dieu.
La grande nef a été recouverte en 1806 ; la grande tour en -1809.
L'orgue provenant des Croisiers a été placé en 1807.
En 1810, on a blanchi toute l'église, repeint les voûtes et remis les pierres en
couleur ; — on a ouvert le chœur ; — on a fait fondre deux cloches qui ont été
bénies le 9 septembre, savoir la grosse et la T^"«.
La '2""^' cloche provient de St Mengold ; la H'"« de St Kemy; la i'^e, 5"'e, 8'"*-' de
.saint Maure; — la 6'"o de saint Etienne.
En 1811 on a replacé au maître autel la statue de l'Assomption, avec les acces-
soires, — fait le nouvel esc^dier du ciiœur, acheté et placé la balustrade de marbre,
— fait l'escalier d'entrée du côlé de la Meuse.
Le 29 octobre 1811, on a reporté l'image de la Ste Vierge dans sa chapelle
sur la Surthe, il y avait 700 llambeaux à la procession. En 1812 on a recrepi
toute l'église et garni le tabernacle en argent, puis on a l'ait les autels en
marbrf*.
H. Ansiaux,
trésorier. »
— 237 —
le moment est-il venu où la science des arts industriels du
moyen âge est assez avancée pour tenter le travail réparateur
de ces monuments qu'il n'est plus possible de compromettre
davantage qu'ils ne l'ont été par les restaurations successives.
Il est donc permis de faire des vœux pour que la piété des
fidèles, la ferveur des admirateurs de l'art du passé, enfin le
patriotisme local lui-même, se concertent et fassent un effort
généreux pour relever de l'état de dégradation dans lequel ils
se trouvent, les seuls travaux connus de l'orfèvre hutois,
Godefroid de Claire, dit le Noble.
Nous ne pouvons quitter ce sujet sans rappeler que, indé-
pendamment des reliques des deux saints lutélaires de la ville
de Huy, ces châsses contiennent plusieurs fragments de tissus
précieux, dont nous avons fait exécuter des dessins les plus
fidèles.
La châsse de saint Domitian renferme un grand morceau de
soie, tissu lancé-croisé, de fabrication hispano-mauresque, qui
peut dater de l'époque de la translation des reliques que cette
étoffe enveloppait. Le fond du tissu est noir; il est formé de
dessins à formes géométriques d'oiselets rouges, et d'un galon
lilas historié d'animaux et d'oiseaux de couleurs variées
Celle de Saint Mengold renferme d'assez grands fragments de
deux étoffes différentes. L'une est un tissu de soie assez fin,
lancé-croisé, de fabrication arabe, noir avec des ajours orlés de
bords jaunâtres, orné d'un galon rose, avec un mot en carac-
tères coufiques tissé en fil d'oret se répétant en sens contraire.
L'autre, au contraire, est un tissu très-épais de soie à grands
dessins, tels qu'on les fabriquait â Byzance, pour les étoffes de
courtine. , ou le vêtement de dessus.
Le dessin de très-grand style figure deux agneaux affrontés,
séparés par l'arbre de vie, qui joue un rôle si important et si
prolongé dans le symbolisme et dans l'ornementaiion de l'anti-
quité en Orient, et inscrits dans de grands cercles reliés entre
eux. Le tissu, dont le dessin est sans doute la copie d'un ancien
— 238 —
tissu arabe, est comme nous venons de l'indiquei', de iruvail
byzantin et semble remonter au 11""' ou 12"'" siècle. Les
agneaux sont de couleur rose et se détachent sur un fond jau-
nâtre d'une coloration très-originale.
Le fragment, qui est assez grand, n"a pas servi à envelopper
les ossements du saint, et les taches de cire qui s'y trouvent,
nous ont fait supposer que, dans les grandes fêtes et les solen-
nités où les cercueils des saints étaient exposés dans l'église,
cette riche tenture servait de poêle pour le couvrir. Plus lard,
lorsque l'usage de ce genre de tentures a été abandonné, on
aura renfermé dans la tierte même, l'étoffe précieuse qui a
servi autrefois à donner plus d'éclat aux expositions des
reliques.
Le reliquaire donne par Charles-le-Téméraire, duc de Bouryotjne
à la cathédrale Saint- Lambert de Liège.
Dans son livre sur les Ducs de Bourgogne qui contient un si
grand nombre de renseignements intéressants sur les artistes
employés par la maison de Bourgogne, le comte de Laborde
cite une ordonnance de payement copiée aux archives conser-
vées aujourd'hui à Lille et extraite du compte de la recette
générale de 1466 à 1467, laquelle evSt ainsi conçue :
A Gérard Loyet, orfèvre de Md-i., la .somme de douze cens livres
que par rordoimance que dessus lui a été délivrée comptant, sur
ce qui pourrait lui estre deu a cause de certain image dor que
Mds. lui avait ordonné jaire, pour présenter de par lui à l'église
Saint Lambert de Liège XII' l.
Lorsque cette note, qui a éié reproduite dans le Dictionnaire
de l'Orfèvrerie chrétieinie de l'abbé Texier, nous passa .sous
les yeux, nous ne pûmes supprimer un sentiment de surprise
de ce qu'aucun dos liisloriens du pays de Liège, aucun des
239
archéologues locaux, ne se soit préoccupé de rechercher ce que
pouvait bien être cette image d'or que le dit Seigneur, Charles-
le-Téméraire, Duc de Bourgogne, avait ordonné de l'aire pour
être offerte par lui à l'église Saint-Lambert de Liège.
Quant à nous, malgré une difficulté de date sur laquelle nous
allons revenir, nous n'avons pas hésité à voir dans celte image,
celle qui représente le Duc Charles lui-même , à genoux, sous
le patronage de saint Georges, le patron des chevaliers, et
tenant à la main un reliquaire contenant des reliques de saint
Lambert , image qui fut offerte comme le rapportent tous les
historiens, par Charles-le-Téméraire à la cathédrale de Liège
le 14 février 1471, ainsi qu'une riche chasuble, trois chappes,
deux dalmatiques et quelques nappes d'autel.
Nous n'ignorons pas qu'il est généralement admis que cette
œuvre d'orfèvrerie et les dons qui l'accompagnèrent ont été
offerts par le Téméraire à l'église Saint-Lambert, en expiation
des pillages, des profanations et des atrocités de toutes sortes
que les hordes bourguignonnes avaient commises lors de l'in-
cendie et du sac de la ville de Liège en 1468. Par cet acte de
réparation le Duc espérait se faire absoudre, disait-on , et se
faire relever de la sentence d'excommunication que le pape
avait prononcée contre lui en apprenant , par son Légat , les
violences de toute nature faites k l'Église et au pays de Liège
par le Duc irrité.
Il est évident que s'il convenait d'accepter, sans restriction,
l'opinion que l'image en or aurait été commandée à Gérard
Loyet en vue de cet acte public de solennelle réparation, il
faudrait appliquer la mention faite dans les comptes compulsés
par M. de la Borde, à un autre travail. Le Duc de Bourgogne
ne pouvait faire travailler en 1467, à une pièce d'orfèvrerie qui
devait devenir l'objet d'une offrande expiatoire pour des actes
de barbarie qui devaient se commettre un an plus lard.
Mais nous ne pouvons nous empêcher de croire que, destinée
dès sou origine à être offerte à l'église de Saint-Lambert de
— 240 —
Liège, dans une inieiition restée inconnue, limage en orl'èvierie
du Duc, par le cours des événemenis qui se sont passés pendant
qu'on y travaillait, aura été donnée en Ull avec une significa-
tion toute différente de celle que le Duc comptait lui assigner
dans le principe.
Noire pensée a été d'abord que le comte de la Borde, dans
sa transcription du document original, avait commis une légère
erreur de date. Pour vérifier l'exactitude de la copie, nous
nous sommes adressé à M. j. Houdoy de Lille qui, avec une
obligeance égale à sa science, après avoir revu le document
original , nous a certifié l'exactitude de la transcription. C'est
bien dans la recette générale de 1466—1467 que figure l'article
scrupuleusement reproduit. Toutefois notre savant correspon-
dant a remarqué que, en marge de cet article se trouve une
note inscrite par l'un des commissaires de la Chambre chargé
de la vérification ; cette note porte textuellement :
Cou. G. Ou il prendra le surplus au premier compte de Nicolas
de Gondeval, argentier /" VCIX ou il en a esté payé.
Cette note prouve que l'avance de 1200 livres l'aite en
1466 — 1467 n'a pas suffi à solder le travail de l'orfèvre et qu'un
supplément a dû être payé par l'argentier Nicolas de Gondeval.
Donc la somme, très-considérable pour cette époque, roi-
seignée au compte de la recelte générale, n'est qu'une avance
faite à l'artiste pendant son travail, et qui se justifie d'autant
mieuK que la matière de l'image oiaii plus précieuse ; donc
aussi cette image n'était pas achevée à l'époque où mention du
payement à Gérard Loyel est faite.
Malheureusement les comptes de l'argentier de Gondeval
manquent aux archives de Lille; ainsi, chose plus regretfïbie
encore, que tes comptes détaillés de la recette générale pour
les années postérieures à 1467. — Peut être y eùt-on trouvé
quelque article meniionnanl la remise solennelle de l'image et
des ornements sacerdotaux en 1471.
241
Maintenanl si, l'iiisloire en main, ou suit les événements qui
.se sont passés entre le Duc Charles et le pays de Liège, il n'est
pas bien difficile de se rendre compte pourquoi l'image destinée
;i l'Église de Liège n'a pu être offerte que deux ou trois ans
îiprès avoir été commandée à l'artiste.
Philippe-le-Bon est mort à Bruges le 15 juin 1167. Ce n'est
qu'après cette date que Charles a pu songer à faire un don
au saint patron du pays de Liège. — En montant sur le trône
de son père, le jeune Duc se rappelait-il les massacres des
Dinantais et le pillage de leur ville auxquels il avait présidé
au mois d'août de lannée précédente, sous le litre de comte
de Charolais, et voulait-il par le don qu'il avait l'intention de
faire, expier l'incendie de l'opulente cité que vainement, disent
les historiens, il avait cherché à éteindre ? Son esprit inquiet
et changeant, avait-il une autre satisfaction en vue ? L'histoire,
sans doute, ne donnera pas de réponse à ces questions. Mais
aussi est-il permis de se prévaloir de son silence pour admettre
que l'œuvre conçue en 1467 n'a reçu sa destination qu'en
1471.
Ce qui est certain, l'extrait des comptes que nous avons
donné le prouve à toute évidence, c'est que l'année de son
avènement le jeune Duc voulait faire un riche don k l'Église
de Liège. Mais, à partir de ce moment , les événements se
pressent jusqu'à la catastrophe qui, le 30 ociolu-e de l'année
suivante, mit fin h la puissance politique de la principauté de
Liège, en livrant sa capitale à l'incendie et au pillage. Au milieu
des coups successifs que portait le Duc à un ennemi plus faible
qui, à la vérité, le provoquait delà manière la plus audacieuse,
une offrande faite à l'église du saint lutélaire de la principauté
n'eût été qu'u!i non-sens ou une d.^rision véritable. Le don
ne devint possible que plus tard, quand le ressentiment
du 1 éméraire était asscivi , et à titre d'une expiation trop
justifiée.
A la suite de ces coni?idé:ations nous croyons à peine devoir
242
hiire ressortir encore deux circoiisiaiicos (|ui ai<leiiî à assure r
à Gérard Loyet la paternité de l'œuvre d'orfèvrerie conservée
au trésor de la cathédrale de Liège.
1° Chose assez rare, l'image mentionnée dans les comptes
conservés aux archives de Lille est en or ; celle delà cathédrale
de Liège l'est aussi, hormis le soubassement qui est en ver-
meil, malgré l'erreur de quelques historiens qui prétendent
qu'elle est en argent doré.
2° Gérard Loyet, orfèvre et graveur de sceaux h Lille, était
orfèvre particulier et varlet de chambre du Duc Charles ; il
conserva sa position même après la mort du Téméraire ; on
trouve encore dans les comptes piécités, à la date de 1477
la mention très-détaillée d importants travaux exécutés par le
même artiste pour la maison de Bourgogne. Donc le Téméraire
a dû, en tout état de cause, s'adresser à Gérard Loyet, son
orfèvre, pour le don expiatoire offert à l'église de Saint-Lambert
le 15 février 1471.
En terminant cette étude, nous rappellerons que, de même
que le reliquaire offert par Charles le Téméraire, les châsses
de Huy occupent une certaine place dans les annales du pays
de Liège, et sont à différentes leprises citées par les chroni-
queurs.
Nous venons de rappeler déjà, en peu de mots, que la signi-
fication attribuée par les historiens ii la pièce d'orfèvrerie
donnée k l'église saint-Lambert, n'est pas conforme, sans doute,
ù la première intention du donateur. Pendant que travaillai!
l'artiste, des évènemenis mémorables ont modilié les intentions
du duc. L'œuvre n'en a pas moins acquis une haute portée
historique.
D'autre pari, les historiens nous parlent aussi des châsses
de Huy apparaissant dans les grandes circonstances. On les
porte processionnellement à Huy après que l'évêque Radulphe
y a fait déposer les corps des saints. La châsse de saint Domi-
lian vient à Liège lors du grand incendie qui détruisit la calhé-
— 243 —
drale, afin de toucher les cœurs des fidèles et les porter à con-
courir, par de larges offrandes, à la reconstruction de l'édifice
incendié. Elle reste déposée quelque temps k l'église saint-
Barthélémy et signale par des miracles son passage par la ville
et son retour à Huy. D'ailleurs les châsses étaient de tous les
cortèges pieux, où par la prière publique, et l'intercession des
saints dont les corps étaient présents, on espérait obtenir du
ciel une faveur exceptionnelle.
Si donc ces œuvres jouent pendant des siècles, un rôle dans
l'histoire du pays et dans les manifestations de la piété natio-
nale, il n'est que juste de revendiquer pour les artistes qui en
sont les créateurs, la place qu'ils méritent de prendre dans
l'histoire de l'art.
En 18o7, un prêtre savant, d'ailleurs écrivain distingué et
sincèrement épris du beau sujet qu'il s'était proposé de traiter,
M. l'abbé Texier, a publié un Dictionnaire d'orfèvrerie, de gra-
vure et de ciselure chrétiennes, travail important et dans lequel
l'auteur a résumé à peu près tout ce que, il y a vingt ans, on
connaissait sur la mine si riche, mais insuffisamment explorée
encore, de l'orfèvrerie consacrée au culte catholique. Il y a
donné nécessairement une place à Gérard Loyet, citant textuel-
lement, comme nous l'avons dit, les notes publiées par le comte
de Laborde et que celui-ci avait tirées des archives de Lille.
Toutefois, ni lui ni aucun autre auteur, ne fait mention, à pro-
pos de l'œuvre de cet artiste, de la statuette de St-Georges que
possède la cathédrale de Liège. Parmi les milliers de noms
d'orfèvre, de ciseleurs et de graveurs que cite le Dictionnaire
d'orfèvrerie souvent avec des indications historiques sans in-
térêt, on ne trouve pas celui de Godefroid de Claire.
Nous croyons que désormais il sera difficile de faire un
travail semblable à celui entrepris par le savant abbé français,
sans restituer au graveur de sceaux de Lille, probablement la
seule œuvre qui existe encore de lui. Du moins nous n'en con-
naissons pas qu'on puisse lui attribuer avec le crédit des argu-
ments que nous avons présentés.
214
Nous avons ia conviclioii que, iiprès les îexlcs (juc nous
avons cilés et les renseignements que nous donnons, il sera
impossible de refuser h l'orfèvre huiois, Godefroid de Claire,
justemenl dit le noble, on ses vieux jours chanoine régu-
lier à l'abbaye de Neumostier, —- la plaça d'honneur qu'il
mérite d'occuper dans i'hisloire de l'orfèvrerie du inoyen-â^^e.
C'est là le but du travail que l'on vieni de lire.
Jules Helbk;.
LAMBERT SUAVIUS
DE LIÈGE
Graveur en taille douce, typographe-éditeur, peintre, poëte et architecte.
Dans la première moitié du quinzième siècle, Liège vit
s'établir dans son sein une famille originaire de Maestriclit, du
nom de Zutman ( ') c'est-à-dire homme doux, dans laquelle le
génie des arts se maintint héréditaire pendant plusieurs géné-
rations.
Le premier de ses membres qui vil le jour dans celte ville
d'adoption naquit vers 1430, fut nommé Lambert et devint
« sculpteur fameux (*). » Ses talents le firent appeler à orner
de ses œuvres les voussures du portail qui donnait accès à la
cathédrale de Saint-Lambert, du côté du Palais {'').
Les figures dont il orna ce porche étaient du style gothique
et se l'aisaieni remarquer par le naturel de leur pose, selon
Villenfagne, qui ajoute les « avoir souvent admirées avec un
plaisir mêlé de surprise {^ ). »
C'était aussi le jugemetit du peuple qui ne désignait celte
entrée du temple que par le nom de bai poirteau ou beau por-
tail; et souvent nous avons entendu des vieillards exprimer les
( ') L. ABRY. Les hommes illustres de la nation liégeoise, Liège, 1867, p. 461.
(-) Id. p. 162.
(*) De Villenfagne. Recherches sur l'histoire de Liège t. II. p. 282.
{'] là
•im
regrets que leur fil éprouver la deslruclion de ces sculptures
remarquables, lesquelles disparurent avec l'édifice dont elles
faisaient rornemeul.
Bref, Zutman eut deux tils, Lambert et Henri. Le premier,
sculpteur aussi, latinisa son nom par Suavius, le doux, tandis
que son frère Henri conserva celui de son père. Henri. Né
en 1475 à Liège, il y mourut âgé de près de cent ans, fut orfèvre-
ciseleur de haut mérite et entr'autres œuvres exécuta, de 1506
à 1512, le superbe buste de S'-Lambert que l'on admire encore
aujourd'hui et que possède la cathédrale actuelle de Liège (').
De ce maître l'on connaît deux fils nommés encore Lambert
et Henri, lesquels furent orfèvres comme leur père. « Ils
eurent postérité nombreuse jusqu'à notre temps, » disait Abry
en 1715.
Leur oncle , Lambert Suavius le sculpteur, eut une fille qui
devint la seconde femme du peintre Lambert Lombard, et des
fils, entr'autres Daniel , Guillaume et Lambert (-), né vers
1510 (^) lequel est l'artiste émineni dont nous allons nous
occuper (^).
L'on voit combien était remarquable le foyer artistique dans
lequel il travaillait , foyer qu'augmentaient les alliances de
trois des filles de Lombard avec des artistes liégeois, les
peintres Paque Balene, Louis de Hasque et le sculpteur Thomas
Tollet, fils du peintre de même nom. Aussi, en présence d'une
famille aussi l'emarquable, l'on trouve bien naturelle l'ex-
pression du célèbre Vasari qui lui accorde le titre flatteur, d'ex-
cellente maison artistique.
Une large part des éloges adressés à l'école de Lombard
par Vasari revient certainement à Lambert Suavius deuxième
( ' j Essai historique sur l'ancienne cathédrale de Saint-Lambert à Liège, par
X. Van den Steen, p. 214.
(•) Abry, p. 162.
(») Ms.
(*) De Vii.lenfagne , Recherches, t. II, p. 283.
— 247 —
lu nom, connu seulement comme graveur, quoiqu'il possédât
les talents nombreux et distingués restés inconnus à la plupart
les biographes.
Et pourtant à l'époque où l'Italie brillait, par la renaissance,
l'une gloire artistique sans égale, au moment où Michel Ange
sculptait, peignait, édifiait ses admirables colosses, ce fut la
)resse Florentine qui prit à tâche de faire connaître au monde
les arts la valeur de Suavius.
Le premier auteur qui signala son mérite fut Louis Gui-
îhardin dans sa Description des Pays-Bas, publiée à Florence
m 1561 ; là, parlant des illustrations liégeoises, il dit : « Liège
)0ssède Lambert Suavie, architecte et graveur sur cuivre,
l'un rare talent. »
Ce témoignage est d'autant plus précieux que l'auteur, en
visitant Liège, avait pu connaître Suavius en ses travaux divers.
Le titre d'architecte qu'il lui décerne paraît attesté encore par
in contemporain, le poète Gilles Boileau de Buillon, mention-
lant des relations que notre artiste entretenait avec la cour de
'Infante d'Autriche, Marie, reine de Hongrie et de Bohême.
On sait que cette princesse ht exécuter sur le sol belge des
;ravaux considérables, rivalisant de luxe avec ceux dont s'en-
•ichissaient en France Fontainebleau, Anet, etc.; mais que,
guidée par un sentiment national, elle y employait surtout les
irtistes du pays. L'auteur de fexcellente notice intitulée Lettre
ie Lombard à Vasari{^) suppose que dans ces conslruciions
suavius pouvait être chargé de fexècuiion des plans de Lom-
bard , auquel M. Schayes attribue « en partie » ceux des rési-
lences magnifiques que la dite souveraine faisait élever à
Binche, Boussu et Mariemont , en 1548. » Et le texte de Gui-
îhardin prouve que Suavius peut revendiquer sa part de maî-
trise dans cette lice où s'escrimaient nos artistes les plus
accomplis.
(M Litige. Gothier éditeur. 1874.
— '248 —
La reine Marie devait désirer d'auiant plus vivement d'utiliser
les talents de nos Maîtres, que ses rapports avec la principauté
liégeoise étaient des plus suivis et importants. Enlr'autres
avantages, elle en avait obtenu , en retour de la baronnie de
Herstal il est vrai, un village qu'elle affectionnait et dont elle
fit la ville de Marienbourg en 1542. D'autres traités avantageux
furent conclus encore, et quoi de plus naturel que de voir nos
artistes d'élite appelés par la gouvernante des Pays-Bas à la
construction des palais qu'anéantirent, hélas en loo4, les sol-
dats de Henri II avec l'injure connue : « souviens-toi de
Folembray. »
Cette destruction fut donc encore un coup fatal porté aux
arts liégeois, car les talents de Suavius et de Lombard étaient
dans leur plénitude lorsque la sœur de Charles-Quint faisait
élever ces édifices auxquels fut aussi attaché le nom du célèbre
architecte montois Jacques de Breuck.
Suavius avait dû y laisser quelque produit de ses pinceaux.
Abry (*) nous apprend que « ce peintre fameux travaillait fort
doux, non dans le goût de Lombard qui est tout antique, mais
dans celui d'Albert Dure » (sic). Appréciation confirmée par
de Villenfagne qui écrivait en 1817 avoir vu plusieurs tableaux
de Suavius « ressemblant assez à ceux d'Albert Durer dont il
a parfaitement imite le style et la manière. » En outre, il cite
ainsi qu'àbry, trois tableaux de Suavius que possédait l'église
Saint-Barthélemi à Liège, dont une Vierge couronnée par des
anges placée à l'entrée du chœur, et deux autres au fond de
la dite église.
Notre peintre, architecte et graveur, était aussi poète et pour
preuve nous consignons ici la pièce suivante, remarquable
pour l'époque où elle fut composée.
(«) p. 162.
',*) T. II. p. •28 i.
249
« Dixain de M' Lambert Suavius Second Apelles a graver du burin.
Quiconque voit l'adorable grandeur
De tous les cieulx illuminans la terre,
Leurs mouvemens cheminans en rondeur;
Puis leur facteur, qui tel circuit enserre.
L'homme vivant contre ce n'est qu'un verre :
Et touteffois pour tel œuvre comprendre,
Le grand facteur donne h l'homme d'entendre
La profondeur de noble astronomie.
Parquoy devons a tel act prétendre.
En deschassant ignorance endormie.
JNiL Deo Suavius. »
Ces vers permettent d'attribuer aussi à leur auteur les textes
latins dont il orna ses planches, lesquels reflètent les pensées
les plus nobles et les plus élevées.
Ce fut l'écrivain Gilles Boileau, dont la famille était d'origine
liégeoise, qui signala le talent littéraire de Suavius avec lequel
il semble avoir vécu en communauté d'idées et de rapports à
la cour de la reine Marie. A cette protectrice des arts chacun
d'eux voulut dédier une œuvre de mérite: l'un son livre d'i4ma-
ilis des Gaules, édité en 1551, et l'autre la plus complète de ses
compositions gravées, l'une des plus grandes pièces du genre
qui eût paru jusqu'alors, La guérisoti du boiteux par St-Pierre,
datée de 4553.
Et c'est comme gnsveur surtout que nous devons considérer
ici cet homme remarquable. Ace titre les éloges les mieux
mérités sont dus h son talent artistique, à son burin pj-imes-
autier offrant un haut intérêt pour la gravure, celte branche
féconde des nrts et pour laquelle il fut un heureux novateur.
Parmi les fleurons de la couronne artistique liégeoise, certes
l'un des plus rares est celui qui sut ouvrir au monde la première
école ou académie de gravure, grâce aux talents multiples et
généreux de Lambert Suavius et de Lambert Lombnrd. Celui-ci
250
en fut le créateur, l'organisateur, dit Lampson; mais nous con-
sidérons comme son fondateur Suavius, dont l'œuvre gravée,
vu le nombre et la valeur des pièces, prend rang parmi les plus
parfaites de ce XVP siècle dont la fécondité fui si merveil-
leuse.
Cette académie s'ouvrit toutefois dans la maison de Lombard,
sur Avroy, près du couvent des Augustins (i) et reçut une
pléiade laborieuse de compatriotes et d'étrangers qui se répan-
dirent bientôt dans toute l'Europe. Car de cette école, au rap-
port de Vasari, sortirent les meilleurs graveurs des Pays-Bas
et de l'Italie.
Cette dispersion, toute naturelle, donna, dit Lampson,
« bien des regrets à Lombard » qui certes était en droit de
désirer une suprématie pour le siège de son heureuse innova-
tion, tandis que Rome, Francfort et surtout Anvers s'attachèrent
ses élèves et parvinrent k occuper le premier rang en cette
spécialité, grâce à des presses florissantes établies dans ces
métropoles.
Pourtant, sous ce rapport aussi, la chalcographie liégeoise
était déjà complète. Suavius, encore en cette branche, payait de
sa personne, il en était l'iraprimeur-éditeur ; ce titre, offert par
ses gravures seules, y est exprimé de deux manières : Typo-
graphus et cœlator sur des pièces datées de 1548 et 1553 (-i).
En supposant que Suavius n'ait imprimé pour la première
fois qu'en 1544, millésime de la plus ancienne de ses planches
datées, (3) celle-ci n'en est pas moins encore un titre de gloire
pour lui et pour Liège, parce qu'elle y précède de douze années
l'établissement du plus ancien imprimeur, Henri Rochefort,
dont le début est de 1556, une année après celui de Plantin.
Suavius est donc aussi, en même temps, le plus ancien graveur
(') Lettre de Lombard à Vasari, p. 16.
(*) Voir les planches citées ci-après, n"' 12 et 24.
C) Voir ci-après n" I.S.
— 251 —
et le premier imprimeur liégeois connu jusqu'à ce jour. Et si,
par ses élèves et ceux de Lombard fondateurs de l'école de
gravure d'Anvers celle-ci supplanta l'école de Liège, il faut
l'attribuer en grande partie à la fortune rapide de Plantin qui,
protégé par Philippe II vit bientôt ses ateliers transformés en
source intarissable pour tout chalcographe.
Lorsque l'on considère l'œuvre gravée de Suavius connue en
ce moment, à la vue du nombre, de l'importance, du fini des
pièces et de leur vigueur de clair obscur en leur premier état,
l'on est surpris que l'activité de l'artiste ait pu suffire à ses
divers et nombreux travaux, lesquels devaient souvent le tenir
éloigné de son burin.
Marc Antoine Raimondi, le premier graveur que Rome ait
possédé, pratiquait encore son art lorsque Suavius fit paraître
la planche précitée de 1544, La Résiirredmi du Lazare. Cette
pièce révèle déjà une excellente pratique du burin, mais offre
des poses dont la raideur rappelle l'ancienne école.
De 1545 à 1548 parurent les onze Apôtres et le Christ, d'un
dessin réaliste en général, mais où se font remarquer en divers
ensembles, airs de tête et jets de draperies, certains éclairs de
style tenant du génie.
Le burin de Suavius procéda par tailles très-fines et très-ser-
rées; ses planches ont un aspect soyeux et velouté que l'on peut
considérer comme une véritable innovation en leur richesse de
clair-obscur, le plus parfait qui se fût produit. Telles sont Les
Grâces, Saiîit-Paul, le Christ au tombeau dans des épreuves
citées ci-après aux n"' 20, 21, 28 et dont Jean Valdor, le deuxième
du nom semble avoir voulu appliquer la manière pour ses
œuvres les plus vivaces.
Suavius eut le bonheur d'être le créateur de la plupart des
scènes qu'il grava et dans lesquelles, disons-le, se manifestent
des mouvements irréguliers de progrès.
Le Lazare de 1544 présente en son dessin certaine raideur,
des mouvements anguleux paraissant révéler un début, quoique
— t252 —
la finesse du travail et la vigueur du modelé, surtout dans
l'exemplaire de Paris, attestent que son auteur était déjà tout-à-
fait maître de son burin.
Quant au style, en présence du Saint-Jude de la Suite des
Apôtres, fait en 1545, on a lieu d'être surpris du progrès
accompli en une année, car tout ici est excellent et Suavius
signa ces deux pièces comme inventeur.
En 1548 il achevait la Suite des Apôtres et lit paraître le
Christ au tombeau de grand format (n" 20), avec plus de mérite
encore que le Lazare précité, mais le rappelant assez pour y
retrouver Suavius en sa première voie comme dessinateur,
donnant souvent trop de sveltesse à ses figures. Néanmoins cette
planche, en bonne épreuve, est d'un modelé très-remarquable
et d'un effet brillant.
L'œuvre capitale de ce maître est La guérisondu boiteux, dont
l'ensemble offre des qualités de premier ordre, comme compo-
sition, dessin et exécution.
Tout en Suavius révèle une organisation aux aspirations
élevées, cherchant à unii le pittoresque de la nature à la grâce
artistique et atteignant souvent la limite de la perfection. L'an-
tique le préoccupa dès ses débuts : la Suite des Apôtres le
prouve, mais il n'avait pas vu l'Italie lorsqu'il les exécuta. Il dut
faire ce voyage vers le milieu du siècle, et le résuUat fournit
certainement la planche de La guérison du boiteux, reflétant
dans sa composition et son dessin la beauté des œuvres
romaines. C'est de là qu'il dut rapporter aussi ses sujets de
Bois germains prisonniers, la Statue d'adolescent, les Vues de
Rome, le Portrait de Michel-Ange qu'il put dessiner d'après
nature, etc.
Tout s'accorde à démontrer que Suavius ne lermina pas sa
carrière à Liège ; à ce sujet, un manuscrit rapporte que « ce
graveur ne récoltant pas de fruit en sa patrie, s'expatria vers
1554, pour se tixer à Francfort-sur-le-Mein. » Mais l'œuvre de
ce maître dit assez que s'il lit alors un voyage en Allemagne,
^253
le retour dut être prompt, comme on le verra; et remarquons
d'abord que celte date précitée est celle de l'invasion des
domaines de la gouvernante des Pays-Bas par les soldats de
Henri II. Or, on conçoit la douleur que durent éprouver les
artistes qui avaient coopéré à la création des splendides cons-
tructions élevées par la reine Marie à Marienbourg, Binche et
Marieuiont, que pillèrent et brûlèrent les dites troupes fran-
çaises, et, dans un pareil moment, l'éloignement momentané de
Suavius est très -naturel.
Pourtant ses planches prouvent à l'évidence que ce fut sur-
tout à Anvers que notre artiste alla chercher des consolations
et des travaux; car, cette même année, il produisit six gravures
datées, dont quatre portraits de membres de la famille Schets,
l'une des plus considérables et des plus éclairées de la dite cité.
Cette année, il fit paraître le portrait (rAjitoine Perrenot de
Granvelle, du format le plus grand qui eût paru jusqu'alors.
De tels travaux unis au succès obtenu l'année précédente par
La guérison du boiteux, disenl assez combien le burin de Suavius
était considéré en Belgique. S'il quitta la principauté liégeoise,
c'est que son talent supérieur fut appelé sur une scène contigue
où le mouvement des arts se développait avec énergie, grâce
aux élèves sortis de l'école liégeoise, tels que GoKzius, Floris,
Cayo, etc., encouragés par des protecteurs éclairés comme
Perrenot, que Suavius, en la dédicace de son œuvre, nomme
le Mécène unique.
Notons encore que l'année 4554 fut la plus féconde de
Suavius en pièces datées.
Deux ans après, il reproduisait le portrait du cardinal de
Granvelle; et, l'an 1561, portraitait encore divers membres de
la dite famille Schets, parmi lesquels Balthasar, seigneur de
Hoobocken, près d'Anvers.
Ici s'arrêtent en l'œuvre de Suavius les preuves de sa pré-
sence sur le sol belge.
En 1548, la suite du Christ et des Apôtres le dit imprimeur à
— 254 —
Liège, comme on a vu. Quant h savoir h quelle époque il y
délaissa ses presses, Saumery rapporte que la Guérison du
boiteux (i^^S) fut gravée à Bruxelles ('); ce qui est très-pos-
sible, vu les rapports de son auteur avec la cour. Nonobstant,
rien n'indique où fut imprimée cette pièce sur laquelle Suavius
prend le titre de Cœlatore ; mais de 1557 est un Christ en croix
de Suavius (n" 16), imprimé par Gérôme Cock, d'Anvers.
Les archives de cette ville n'ont rien livré encore au sujet du
séjour qu'a pu y faire Suavius et les auteurs liégeois sont una-
nimes en l'assertion qu'il ne mourut pas en sa ville natale.
Comme il fut dit, sa dernière œuvre, datée de Belgique, est
de 1561, et voici qu'il nous vient de Francfort une pièce unique,
de 1562 (n" 63), ayant trait au couronnement de l'empereur
Maximilien, lequel eut lieu en cette dite ville en novembre de
cette dite année. En outre, une note que nous devons au regretté
Ulysse Capitaine, se termine en disant que « Suavius s'étant
retiré à Francfort, chez un ami, y mourut en 1567. »
Il est donc permis de croire que cette belle et féconde illus-
tration s'éteignit aux bords du Mein, que les de Bry, ses
concitoyens et disciples, illustraient par leurs travaux artis-
tiques.
A tel propos, il ne sera peut-être pas sans intérêt de repro-
duire ici des textes écrits au sujet de Suavius, à trois siècles
de distance, par des écrivains spéciaux ; celui de Vasari
porte : (')
« Lambert Suave, excellent graveur sur cuivre, a publié le
Christ et douze apôtres en treize feuilles ('), d'une finesse de
burin qui approche de la perfection ; s'il eût été meilleur dessi-
nateur, il aurait obtenu des résultats merveilleux, comme il est
facile de s'en convaincre en examinant le St Paul qui écrit et
sa Résurrection du Lazare. »
(}) Délices du pays de Liège, i" partie, p. 310.
(*) Vasari. Vile de piu eccellenti pitlori etc. Firenza, 1568.
C) Il fwil erreur sur le nombre. Voir h description de cette suite.
255
Et l'on voit que l'auteur ne connaissait pas les pièces les
plus importantes de Suavias, mais seulement les moins sévères
en fait de dessin, sauf le Saint Paul.
Enfin, le jugement de Passavent, en son livre du Peintre-
graveur, imprimé à Leipzig en 1860, lui accorde les éloges
suivants :
« Lambert Suavius, de Liège, était un artiste d'un talent
très-distingué, il se forma à Rome principalement sur l'an-
tique, mais ne put échapper entièrement au maniérisme qui
prédominait alors en Italie. Les gravures qu'il exécuta d'après
ses propres dessins, se distinguent par une finesse tout-à-fait
néerlandaise dans le maniement du burin, par la bonne con-
duite du trait et par le grandiose dans le style et le dessin. »
Voilà donc encore une illustration liégeoise du domaine des
arts, qui ne fait que gagner en estime, en passant à travers les
âges.
Abry nous apprend qu'à son époque, on comptait quarante-
huit gravures de Suavius, la présente série en contient en tout
cent et dix-sept.
Nous avons écarté de ce présent recueil plusieurs planches
attribuées à Suavius par des catalogues de vente, parce qu'elles
ne nous ont point paru porter le caractère propre à son burin,
malgré leur similitude. Il arriva même de lui accorder des gra-
vures de compositions de Lombard son beau-frère , par la
raison que plusieurs auteurs confondirent ces deux maîtres.
Au sujet des gravures de Suavius non signées, nous nous
sommes ralliés parfois, comme on pourra le voir, à l'opinon de
Pierre-Jean Mariette. Car cet amateur distingué, du 18" siècle,
fils de graveur, graveur lui-même, collectionneur de gravures
et écrivain en cette spécialité, a laissé des notes intéressantes
sur le sujet qui nous occupe.
La préoccupation du burin de Suavius était d'unir le moel-
leux des teintes à la vigueur de l'effet et il sut y atteindre un
degré inconnu jusqu'à lui.
— '■im —
Autant que possible il évita d'indiqué)' les contours par un
trait, il les forma en général par la l rminaison des tailles don-
nant les ombres, ce qui concourt surtout au velouté obtenu.
Comme détail particulier, Suavius se plut à diversifier sa
signature, on en trouvera des exemples ci-après en la des-
cription de la suite des Apôtres. En général ces monogrammes
sont en lettres romaines, le V pris pour U et les S placés parfois
à rebours. Néanmoins, par quelques rares exceptions les noms
sont en italiques régulièrement orthographiés ; mais la signa-
ture de 1544 en italiques aussi a le V remplacé par un U.
Voici la nomenclature de ces gravures (^).
1.
Buste de Jésus.
Médaillon, 9 ■ de diamètre | G. E. |
Sur un fond simulant un creux hémisphérique se détache le
buste du Christ, de profil , tourné à droite. La barbe ni la
chevelure ne feraient trop reconnaître la figure du Sauveur
mais une inscription en lettres romaines, disposée en cercle
sur la bordure, dit : Eljigies. D. Jhesu Christi. filii. Dei. et Sal-
vatoris mundi. M. D. LIV.
Au bas, près du mot Dei, est le nom de Suavius.
Cette pièce a pour pendant la suivante.
f » ) Ainsi que pour le catalogue de Nalalis déjà publié, les noms des pos
sesseurs des gravures décrites ici sont indiqués comme suit, par initiales :
C. E. Cabinet des Estampes à Paris.
B. Cabinet des Estampes à Biuxel'es.
U. L. Université de Liège.
Coll. U. C. Collection Ulysse Capitaine , aussi à la même Université.
N. H. M. le chanoine Henrotte à Liège.
H. l). M. Henri Duval , à Liège.
H. J. S. Renier, Verviers.
257 —
Buste de la Vierge.
Médaillon , 9'' de diamètre, | C. E. |
Sur fond ombré en creux se détache cette figure de profil ,
tournée à gauche. La tête est charmante de douceur, de naïveté;
l'effet, d'une grande simplicité, est obtenu par masses offrant le
moelleux uni à la vigueur et donnant à cette œuvre un attrait
tout particulier. La bordure porte ces mots : Ecce abhiunc.
beatam. me. dicent. omnes generationes. Luc. cap. 1.
Le Christ et les Apôtres.
Douze planches de 19, 5 — 9 | C. E. | B. | UL. | N. H. | R. |
(Le premier chiifre indique la hauteur le second la largeurf.)
En cette série intéressante le graveur semble avoir voulu
rassembler une variété de types et poses pittoresques. La rai-
deur du modèle posant y est parfois apparente, mais ce défaut
est racheté par des physionomies vivaces, énergiques, saisies
sur le vif, la plupart empreintes de distinction.
Les proportions en sont sveltes, fétude de la nature et du
style s'y marient en dispositions souvent heureuses, d'aspect
original, imprévu, surtout pour de tels sujets.
Ces figures , mesurant pour les apôtres 16 centimètres de
haut et le Christ 17, sont debout ou appuyées contre une
construction en ruines. Toutes ne sont pas renseignées par des
emblèmes et celles qui le sont par des chiffres ne suivent pas
exactemeai la nomenclature liturgique.
Le tout est traité en une gamme vigoureuse, d'une belle rec-
titude de hachures, adoucies par des pointillés produisant des
effets très-agréables comme moelleux et légèreté.
Les épreuves de l'Université de Liège sont très-belles ; voici
l'ordre des sujets.
— 258 —
3.
Jacques le Majeur.
Premier état.
De profil, allant à droite, entièrement drapé, les bras croisés
sous le manteau d'où la main droite couverte tient un bâton
noueux. Le type est celui de Socrate avec chevelure complète;
le fond est une niche cachée en partie par une draperie
légère.
Sur un espace blanc réservé au milieu du socle, où pose le
personnage, est la signature L. SVAVIVS invent, et sur un
caillou du sol est le n" 1.
La figure manque de grâce, mais offre un beau caractère de
vérité, l'exécution est belle et le clair obscur a quelques parties
blafardes.
Deuxième état.
C. E.
Paris possède de celte planche un exemplaire portant à droite
de la dite signature le nom EZEGHIELeià l'angle de g.'iuche
le chiffre 3. De là on peut conclure que ces apôtres de Suavius
furent transformés en prophètes que certains auteurs mettent
au nombre des sujets traités par Suavius et dont nous n'avons
rencontré nulle autre trace.
4.
Si Jude ou Thadée.
Debout, de prolil, regardant vers la gauche, en une pose
élégante, il appuie le bras droit sur une sorte de garde-fou et
— i259 ~
tient des deux mains une équerre. Les draperies du torse et de
la tête sont très-bien jetées, le fond est un hémicycle en ruines
s'harmonisant très-bien avec la sévérité de style du personnage;
le clair obscur très-moelleux est servi par des tailles d'une
grande délicatesse.
Au bord inférieur, sur le sol, on lit : Z. Suavius inve . 1545,
date intéressante en ce qu'elle atteste que le graveur mit trois
années pour compléter la suite dont il s'agit. Au bas, à l'angle
de gauche est le chiffre 2.
5.
St André.
Adossé à sa croix il appuyé le bras gauche sur une pierre
saillante. L'apôtre est vêtu d'un pantalon, d'une tunique courte
et d'un manteau attaché sur l'épaule droite ; la tête est couverte
d'un capuchon semblable à ceux que portent en leurs travaux le
lazzarone et la botresse. L'aspect de celle-ci est indiqué par
tout l'ensemble; le visage imberbe et aussi l'angle supérieur de
la croix, qui en rappelant le contour du bot ou hotte, complète
le rapprochement.
Au bas à droite est la signature L. SVAVIVs inve, à gauche
est le IV 3.
Cette planche, est la moins réussie de la présente suite,
surtout comme composition.
St Simon.
Agé, barbe longue, torse et bras nus, le reste du corps couvert
d'une draperie aux bords effiloqués ; il est debout, les jambes
croisées, les pieds superposés et s'accoude sur un cippe, posé
260
à gauche, sur lequel est un livre qu'il feuillette de la main
gauche tandis qu'il appuie la tête sur la main droite. Son visage
exprime l'attention soutenue ei toute celte figure pourrait
servir à personnifier l'étude.
Au pied ducippe est un blason à une scie, instrument de tor-
ture de cet apôtre.
Le fond est une arcade dont la voussure est percée d'une
ouverture circulaire. Un rectangle blanc placé h l'angle infé-
rieur de droite tient la signature L' svavius . invnè. (sic); plus
à gauche, sur le sol est la date 1545 et à l'angle de gauche, sur
un caillou, le chitfre 4. Ensemble et détails sont réussis, le
dessin en est naturel et grandiose, un air de pauvreté ajoute au
caractère de ce personnage.
7.
St Barthélemi.
Dans un réduit voûté, en ruines, il s'adosse à une arcade
divisant en deux la hauteur de la construction ; des pieds il
s'arcboute contre des pierres brutes du premier plan. En cette
pose sinj^ulière et très-serré dans ses vêtements il tient de la
main gauche un couteau, son emblème de supplice et tourne
des regards de terreur vers la gauche.
La tête est d'aspect bizarre, la barbe à la nazaréen; il porte
tunique courte, manteau et pantalon flottant aux cuisses et
serré par des bandelettes du genou à la cheville. Cette figure
forme en la série une exception avec celle de St-Paul en ce
sens que toutes deux portent des sandales, les autres sont pieds
nus.
Cette gravure très-bien exécutée pèche dans son dessin par
un excès de longueur du torse.
Un caillou équarri, posé à l'angle inférieur de gauche porte
ces mots L. SUAVIUS inve, k l'angle opposé est le chiftre 5.
— ^61 —
8.
St Jacques le mineur.
Se détachant sur l'intérieur d'une logette semi-circulaire.
percée de baies et ornée d'une statuette, le Saint en une pose
très-pittoresque est debout, les jambes croisées, il serre de ses
deux mains un long bâton ferré qu'il soutient verticalement sur
le sol. Le visage accuse l'âge mûr, la barbe est divisée, un
bonnet conique à bord retroussé couvre la tète qui est baissée,
exprimant la réflexion.
Le costume se compose d'un manteau drapé avec goût,
d'une tunique courte et de braies amples, serrées à la cheville
par un ruban.
Ce tout élégamment disposé est embelli par un clair obscur
très- agréable; au premier aspect la pose fait penser à un halle-
bardier s'appuyant sur son arme. Telle impression unie à l'air
pauvret du Saint que l'on surnomma le juste, aura sans doute
inspiré au savant M. Michiels la pensée que les apôtres de
Suavius ressemblent à des gueux, à des lansquenets.
Au bas de la pièce qui nous occupe, est un cartouche blanc,
cintré, posé à droite, où sont ces mots : L. SVAVIVS, isventor,
et le n° 6.
9.
St Mathieu '!
Au milieu des ruines d'un bel édifice est appuyé contre une
pierre un vieillard à la physionomie souriante, de profd, regar-
dant à droite, les jambes croisées et soutenant de la main
gauche, contre sa poitrine, un livre ouvert. Vu l'absence d'autre
objet servant à le nommer, ce dernier détail peut faire croire
qu'il s'agit ici de l'apôtre évangéliste.
La pose est belle, la draperie du toise parfaitement jetée,
— :*6!! —
dessinée et modelée ; des braies d'éloffe légère, tluttautes, des-
cendent à mi-jambes et la tête est couverte d'un petit bonnet
conique dit pileus, lequel ferait prendre le personnage pour un
Ulysse.
L'une des pierres du sol porte les nom et date SVAVIUS, i.n
1547, au côté opposé est un 7.
Ce travail est excellent : pourtant le modelé de l'avant-bras
gauche laisse à désirer ainsi que le lalon gauche.
10.
St ? Mathias, Thomas ou Philippe.
Debout entre deux murailles architecturées, en ruines, est
un homme d'âge mûr, à barbe divisée; le coude droit élevé k
hauteur de la tête et appuyé contre la ruine de gauche. L'autre
bras est ployé sur la hanch(3 et les deux mains soutiennent en
arrière le manteau qui recouvre, en plis élégants, toute la par-
lie antérieure du corps. Le reste du vêtement est fait d'une
tunique courte et de braies larges, serrées à la cheville.
Nul emblème ne caractérise celte ligure qui est de propor-
tion élancée; sur le seuil oîi il pose on lit, à gauche: SVAVIVS,
iNVE, k droite: 8.
Le clair obscur vigoureux est trop heurté pour le fond qui
nuit au persoiinage.
H.
St Jean l'Evangéliste.
Sous la figure d'un adolescent svelte, vu de profil, entouré
de murs en ruines, il fe penclie pour écrire sur une tablette
posée sur un grand ch;ipiieau corinthien élevé sur deux
marches.
— *63 —
Au-dessus de ce débris est un aigle paraissant dicter au saint
lequel est vêtu d'une draperie d'étoffe légère et d'une tunique
allant aux genoux, le reste des jambes est nu,
A ses pieds est une statuette de femaie drapée, placée contre
les dites marches ; auprès est un rectangle blanc portant la
signature : SVAVIVS, inven, auprès est le chiffre S).
Le burin de celte pièce est d'une finesse irréprochable, la
draperie est écourtée et sans grâce, la pose ressemble à celle
d'un broyeur de couleur à la moulette.
12.
St Paul.
Debout, entre deux arcades en ruines, le coude droit appuyé
sur celle de gauche, il tient de la droite un papier roulé et de la
gauche une tablette.
Vu de face, la tête tournée à droite, regardant le ciel, il a les
cheveux courts et barbe longue ; seul entre les apôtres qui
nous occupent, il porte une tunique descendant jusqu'aux
pieds ; son manteau est noué par les coins sur le côté gauche
delà poitrine.
La voussure de la ruine de droite est ornée d'un bas-relief
représentant un sacrifice qui paraît être celui de Noé ; la base
de la môme construction présente un blason à une épée dési-
gnant le saint dont il s'agit. Plus bas est la signature: SVAVIVS,
iNVE, et vers le milieu inférieur le n" 10.
13.
St Pierre.
Eu une attitude humble, appuyé contre un bloc équarri, vu
de profil, tout d'une pièce, tourné à droite ; il tient des deux
ii^ i
mains contre ses genoux une lablelte, osl vêtu d'une lunique
courte, d'un petit manteau noué sur la poitrine, jambes et bras
sont nus.
Derrière lui est une clef placée sur la pierre contre laquelle
il s'adosse; en face est un piédestal portant une statue drapée
et décapitée.
Sur le sol, à l'angle de gauche, dans un rectangle blanc
sont la signature et le chiffre d'ordre ; SVAVIVS, II. iwvEN,
(sic).
Effet vigoureux, dessin correct, la pose manque de distinc-
tion.
14.
Le Christ.
De stature élégante et d'expression digne du sujet, la tête
entourée d'un nimbe blanc, puis rayonné, le Sauveur est en
acte de marcher, drapé d'un ample pallium à plis multiples,
enveloppant aussi avec grâce le bras gauche dont le poing,
recouvert aussi, est posé sur la hanche. Le second coude, posé
trop symétriquement avec lu premier, semble accuser môme
pose pour la main cachée ; la chevelure offre une mèche sail-
lante à la place de la raie traditionnelle.
Cette belle figure se détache sur fond blanc, mais entourée
d'un cadre lait de nuages disposés en ovale, elle pose sur un
socle blanc tenu par deux petits anges nus, vus ii mi-corps et
supportant le tout.
La lettre de celle planche est très-variée, une inscription
grecque placée à l'écoincon supérieur de gauche, dit : Je suis
le commencement et la fin. Celle de droite, en latin : ,1e suis la
voie et la vérité. Ces dernièi'cs paroles sont reproduites en hé-
breu sur le seuil oii pose le Sauveur.
Au-dessus de la tète de l'ange posé à droite, est une tablette
- 26o -
contenant, avec la signature, l'une des deux seules indications
de localité que présente l'œuvre de Suavius, la voici :
L. SVAYIVS.
LEOD: INVE
ET-TIPOGR:
Au-dessus de l'ange de gauche est la date 1548, au bas du
même la lettre f, en italique ; enfin, à l'angle opposé, le chiffre
IZ clôture la numération de cette série d'œuvres dont les pièces
3, 4, 6, 7 et 12 méritent d'être étudiées pour l'excellence d'alti-
tude et de caractère.
L'auteur eut donc désir de n'y figurer que douze personnages
y compris le Christ. Le catalogue d'une vente chez G. -G. Boemer
h Leipzig, octobre 1872, fit erreur en disant pour cet objet,
n" 2174 : « douze feuilles. Christ et Apôtres, manque une
feuille, » Mais Vasari commit pareille erreur en citant ce même
sujet.
A leur propos, une coquille advenue dans le discours sur les
artistes liégeois, par Villenfagne, lui fait dire fuite pour suite du
Christ et des Apôtres, et, chose étrange, ce titre impossible fut
reproduit par divers auteurs parlant de Suavius.
15.
Résurrection du Lazare.
"20 — 32 G E I B I U L coll. U C. | N H | R |
En une grotte taillée dans le roc et s'ouvrant près d'une place
ornée d'édifices, est un sarcophage dont le couvercle déplacé
laisse voir Lazare assis. A l'entour sont do nombreux pcrson-
— 266 -
nages dont l'un délie les pieds du frère de Marthe et Marie,
tandis que l'assistance témoigne, par des gestes variés, les
senliments qui l'agitent.
l es groupes sont cpars, les ligures d'un dessin maigre, ce
qui paraît la présenter coinme première grande pièce de son
auteur. Néanmoins, quoique la lumière y papillotle, celle
planche est d'un etlet excellent, comme vigueur, dans les
exemplaires de Paris et du contingent Ulysse Capitaine, de
l'Université de Liège.
A l'angle supérieur de droite est un carré de o« 5*" portant
onze hexamètres latins ayant trait à la scène représentée ; et,
du même côté, au bas, une dalle est signée :
Lambertus
Suauius
1544.
C'est la plus ancienne gravure datée de ce maître ; comme il
fut dit déjà, pour trois d'entre elles, le nom d'auteur est en
italiques avec trois u.
Le Lazare est l'une dos deux pièces que cite Vasari, lequel
vante l'effet de la grotte.
16.
CIniiiten croix, d'après Lambert Lombard.
26 — '26. o. (C E.)
Cette belle composition montre le calvaire portant les trois
croix sur une ligne parallèle au cadre, à celle du milieu est le
Christ expiré, Ji droite saint Jean, debout, l'adore ; au pied
— 267 —
est assise la Miideleine, à gauche est une femme vue de
dos.
Tout ie premier plan est occupé par dix femmes pleurant et
priant à i'entour de la Vierge couchée à droite sur le sol et
regardant le ciel.
Cette ligure est la moins réussie ; les autres présentent de
grandes qualités de style et plusieurs peuvent servir de modèle
comme jet élégant de draperios : telles sont les deux femmes
posées aux angles extrêmes et le saint Jean, parfait sous ce
rapport ainsi que pour son geste. Le larron de droite est
savamment mouvementé.
Le tout a pour fond une ville moyen-âge.
Au milieu inférieur de la gravure, sur un carré blanc on lit,
en lettres romaines :
Mihi absit gloriari nisi in cruce domini nostri Jesu Christi.
Cliristus vuhieratus est propter iniquitates nostras ; et au bas, k
gauche : Lambertus Lombardus, inventor, à droite : Cock excu-
dit, 1557.
Suavius ne l'a signée, mais elle offre tout le caractère de son
burin, tel que dans la figure n" 45 ci-après, portant son mono-
gramme.
L'exemplaire susdit est excellent, et cette belle planche mé-
rite d'être étudiée comme fraîcheur d'effet obtenu sans opposi-
tions vives.
17.
Le Christ descendu de la croix, d'après Raphaël.
!22 — -15, s I B I
En un paysage fermé à droite par un rocher, h gauche par
un tronc d'arbre sec, est debout, au centre, la Vierge regardant
le ciel et montrant son fils couché au premier plan, de profil,
la tête posée à droite, tout le corps reposant sur une maçonne-
rie recouverte en partie d'un linceul.
— l>68 —
Le jçroupe se détache sur lond blanc.
Cette composition, d'un beau sentiment religieux, exécutée
avec soin, montre l'excellent moelleux du burin de Suavius, et
porte au bas ces mots :
Vuhierat. est propt. transgressio. nostras et attrit. propt. mi-
quitates nostras. Hans Liefriîick excud.
Celle création est due h Raphaël ; Jérôme Wierix la grava
aussi, mais sur un ciel sombre, avec la ville de Jérusalem au
fond, le bloc où pose le Christ (ait d'une pièce, eî le groupe
placé en sens contraira-,
18.
Le Christ mort, près du tombeau, entouré des saintes femmes.
12. 3—9 avec la bordure I B | R | .
il —7, 2 sans la bordure.
Au devant d'une arcade à rustiques, construite en un rocher,
est déposé le Christ, à droite sur le sol; il est entouré des
saintes femmes qui le conlemplent et de St Jean qui soutient la
Vierge affaissée et touchant le bras gauche de son fils. Le tout
eniouré d'un cadre fait en guise d'embrasure, ombré, sans
autre ornement qu'un petit rectangle blanc au milieu inférieur
et portant la signature, Svavius. in.
Sur la pierre du sol, à droite, est tracée en caractères faible-
ment indiqués par de petites hachures la date 1554, que le
M"^ Mariette dit par erreur être 1541.
19.
Même sujet, avec cadre historié et en contre épreuve.
27,5—19, 2 j CdesE I .
C'est la scène précitée, am|)lifiée aux côtés de manière à
i
- iim -
mesurer 10,- :.ur 9,5 et encadrée cette t'ois d'une ordonnance
dorique, dans le genre de ces ex-voto funéraires dont il est tant
d'exemples de cette époque.
Dans le tympan est Dieu le Père étendant les bras, accom-
pagné de deux petits anges ; deux autres sont assis au sommet
du fronton et regardent le Christ. Le tout est couronné par deux
cornes d'abondance symétriquement posées et surmontées
d'un vase (?) dont la partie supérieure est taillée de l'exemplaire
que nous citons et le seul qui nous soit connu. Cet ensemble se
détache sur un fond gris orné de méandres et découpures du
genre dit cuir.
Au socle de l'édicule, entre le« piédestaux, est un cartouche
portant sur deux lignes ces mots : Notum sit vobis, viri fratres,
quod per hune vobis remissio peccatoru annunciutur per hune
omnis qui crédit justificatur.
Plus bas, un second cartouche final dit: Hune lesum susci-
tavit Deus. Enfin, en un détail de la découpure inférieure du
fond, sont les noms et date H. Cock excudit 1567. Ce travail non
signé est bien en rapport avec les travaux de Suavius; sa date
est, comme on voit, celle de sa mort indiquée par la note
d'Ulysse Capitaine.
20.
Le Christ mis au tombeau.
17,0—20. 5. C. E. I B. I UL. | R. |
En une grotte taillée, sept personnages entourent ou déposent
le Sauveur dans un sarcophage en avant duquel est un vase. La
composition a du mouvement, du naturel, mais plusieurs des
personnages ont trop de raideur et les seules mains de la vierge
sont entièrement visibles.
Le clair obscur est assez bien établi sur plusieurs points de
cette œuvre.
— 270 —
A l'angle supérieur de droite e>[ une labletle oblongue, por-
tant ce texte :
An ignoratis fialres quia quicumqz baptisati sumus in Cliristo
Jesu, in morte ipsius liaj)tisali sumiis.
A l'angle inférieur de gauche est un reciangle blanc, conte-
nant la signature : L. Siiavins, inventor 1548.
L'exemjdaire de l'Université de Liège, très-bien conservé,
provient de la collection P. Mariette dont il porle au verso le
nom avec la date 1770. 11 figura sous le n" 1563 à la vente Bor-
luut de Noortdonck.
Les épreuves de Paris et de Bruxelles sont aussi très-brillantes,
et cette plancbe en tel élat sefait excellente sans la raideur de
pose de la figure du premier plan. Qu'il soit permis de dire que
notre exemplaire est d'un moelleux, d'une vigueur très-remar-
quables.
21.
St Paul, apôtre.
47.3 — 12. I C E 1 B I U L I R I
En un intérieur dont la partie élevée est garnie d'un rideau,
le célèbre converti, sous l'aspect d'un vieillard robuste, est
assis sur un vaste socle qui précède uue niche servant de fond
au personnage.
La tête est chevelue, la barbe longue, le haut du corps nu et
le bas enveloppé d'une ample draperie.
La jambe gauche, ployée sur le genou de la droite, sert de
pupitre au saint, lequel y soutient une tablette portant un feuil-
let, où il écrit avec une plume d'oie, de la main gauche, tout
en tenant l'écritoire dans la droite.
Contre le dit socle, îi gauche, est posée une épée large et à
droite est une t;ibleite poilanl cts mots : Qnamdiu sum gentium
apostolus ministcrium meum honorifîcabo.
Au bas du seuil, à droite, est la signature : Suavius. invtn., à
- 271 ~
droite de la pointe de l'épée, sur le sol, est un trait que l'on
prendrait pour le chifilYe 1, lequel peut n'être qu'un effjt du
hasard.
Celte œuvre dénote la maturité du talent, le burin sut y allier
le moelleux et la vigueur à un haut degré; le dessin en est large,
le modelé excellent, les draperies élégantes, parfniîement dis-
posées et l'expression très-énergique. Seuls, le bras et la main
droite laissent à désirer.
Celte pièce est très-intéressante pour la délicatesse de ses
tailles simulant l'aquatinle et Vasari la cite avec satis-
faction.
L'exemplaire de Paris est très-beau : qu'il soit permis encore
d'en dire autant du nôtre comme vigueur.
22.
St Pierre guérissant le boiteux.
30.8 ~ 42.S. I B. I UL.
PREMIER ÉTAT.
Sous un élégant portique d'ordre corinthien, occupant les
deux tiers du fond à droite, et dans l'échappée de vue s'ouvrant
à gauche, se trouve répandue une foule disposée avec talent,
par groupes nombreux et animés.
La scène se passe au moment de la sortie du temple, incident
bien exprimé par la suite de personnages iravei'santle portique
du second plan et les arches du troisième, tandis que sur le
premier, au centre, se trouve assis, sur le sol, un vieillnrd
presque nu dont le dit apôtre s'approche en lui tendant la main
ouverte, vers laquelle se dirige la main crispée du perclus.
Derrière celui-ci, près d'un chien couché, sont deux vieillards
appuyés sur une balustrade ; auprès de St Pierre est St Jean ;
- 2T-J -
plusieurs groupes qui les enlourenl sont composés en général
de vieillards coiffés de bonnets coniques.
L'ensemble de la composition présente un grand caractère
historique, pourtant la moitié de droite est infiniment supé-
rieure à celle de gauche. En la |)remière, le boiteux et les deux
vieillards qui l'accompagnent sont excellents de pose, d'inten-
tion et de draperies ; silhouettes, dessin et modelé y sont réus-
sis, de même que l'effet de lumière répandue sur le cortège
surmontant ce groupe, laquelle est disposée d'une façon origi-
nale et vraie.
Les têtes sont expressives et les mains bien posées pour con-
courir à l'explication du sujet.
Il est à regretter que les deux apôtres soient les moins heu-
reusement drapés; une partie de leur torse est nu et ils sou-
tiennent leur manteau de manière à laisser croire qu'ils sont
occupés à s'en vêtir ou s'en débarrasser.
Le clair obscur de l'ensemble est bien compris, l'ombre y
prime les clairs et l'aspect général a du moelleux ; c'est une
œuvre savante, harmonieuse et certainement le chef-d'œuvre
du maître dont Liège a droit de s'honorer.
La composition s'étale sur un seuil horizontal occupant
toute la largeur de la planche ; à partir de son milieu, vers la
droite s'étendent deux tablettes portant douze hexamètres latins
ayant pour sujet l'éloge de la charité.
A l'angle supérieur de gauche, dans les nuages est un ange
portant cette inscription dédicatoire :
Sereniss. Simul ac Potentiss. Beyni ffungarici Viduœ Reginœ
Mariœ ah Ausiria Divi Caroli Quint, Max, Cœsaris Germaniœ
Sorori Cœteraruqz Provinc. Ducat. Comit. Insulari. Brab. Fland.
Holan. Cohœredi Gnbeniatri. Piœ Castœ Felici. Dedicabat.
A l'angle inférieur de droite sur une petite tablette sont ces
mots : Iluius prototipi inven. Suavius.
L'épreuve de Bruxelles est d'une vigueur remarquable.
Zani, en son Encidopedia 1. 28, p. 179, décrit longuement cette
pièce qu'il cite comme premier état et plus rare que le second.
Deuxième état.
G. des E. I B I UL I NH i R I
Il diffère du précèdent en ce que l'inscription de la tablette
susdite est remplacée par cette autre : Inventore ac cœlatore
Suavio 1553.
23.
Saint-Pierre en prison.
25, o— 18, 2. I CE (
Assis à gauche, au premier plan, sur la paille, ses chaînes
fixées derrière lui à une croix grecque incrustée dans la mu-
raille, il regarde à droite vers deux personnages auxquels il
s'adresse et qui semblent l'écouler avec attendrissement ; au-
près du saint est un vase. Au fond une porte entr'ouverte laisse
voir un homme regardant le groupe ; cet intérieur esi éclairé
par deux fenêtres grillées, l'une carrée, à gauche; l'autre, cir-
culaire, à droite.
Le dessin offre certaine raideur, le clair obscur est très-
vigoureux et le burin présente bien le caractère de celui de
Suavius.
24.
Les saints Pierre et Paul conduits au supplice.
40 — 15. 2. I R i
Ils occupent le milieu d'un groupe allant k droite, le person-
nage que l'on peut croire être Saint Paul a le torse nu , les
mains liées derrière le dos par une corde que tient un soldat
— 274 —
iiu-iêie et qui de la main gauche frappe les patients. Ceux-ci
sont dirigés vers deux langées de soldats dont celui du premier
plan montre du doigt le groupe principal. Tous paraissent
sortir d'un ëditlce dont on ne voit , au premier plan, qu'un
piedfcsial et une marche sur laquelle sont les initiales et la date
L. S. 1553.
L'ensemble bien composé et dessiné avec soin rappelle les
œuvres italiennes de l'époque, mais le clair obscur, titrs-
vigoureux manque de demi- teintes.
Sujets profanes et allégories.
25.
Hercule et Déjatiire.
Médaillon .3, 5 avec bordure, 2, 6 sans. | B |
Les deux têtes de ces personnages, posées ainsi qu'en une
médaille, de protll. regardent h droite ; au premier plan est
l'homme, barbu, d'âge niûi- ; au second est la iVmme, d'expres-
sion gracieuse.
La bordure les dé.-igne par k-s noms : Hercules Dejaniri.
Au centre inférieur sont les monogramme et date : 15 SWL
54. Mais ajoutez une barre dans l'angle médian du W pour
former l'A du nom de Suavius, ainsi qu'elle existe sur la gra-
vure. Ce dit sujet est l'un des deux médaillons placés horizon-
talement sur une même plaiiche ; le second, à droite, repré-
sente, en buste aussi, Mekhior S< hels ei sa femme, voir n" 78.
Cet exemplaire est h grande marge, détail très-rare pour les
planches de Suavius, rognées pour la plupart.
— 275 -►
26.
Junon et Psyché.
'25,S — 17,2. I II. L. I R I
Celte composition prise d'entre celles que Raphaël peignit à
la Farnésine à Rome, montre la déesse coilTée d'un diadème et
assise sur des nuages.
Elle étend les bras en signe d'étonnement à la vue du vase de
Proserpine, que Psyché agenouillée lui présente.
Une tablette placée dans les nuages , servant de siège au
groupe, porte ces abréviations des noms d'auteurs : Rapha.
inven. et plus bas L. g.
L'ensembie a de la grandeur, mais l'anatomie du torse de
Junon est trop accusée.
L'exemplaire de l'université de Liège est irès-vigoureux.
27.
Vulcain.
19.7 — 11 I U. L. I
Encadré par une niche, coiffé d'un bonnet phrygien, ce Dieu,
de stature vigoureuse et bien prise est en l'acte de frapper
d'un marteau, qu'il lient élevé des deux mains , en regardant
vers la droite où il semble diriger son effort.
A ses pieds sont posées une enclume renversée, une pince et
un marteau.
Le clair obscur est indiqué par masses bien disposées, d'en»
semble très- heureux. Cette pièce n'est pas signée mais le burin
de Suavius y apparaît. Cet exemplaire porte au bas, mais écrits,
les mots suivants que la planche porta peut-être : Aurea : mi
conjunx Venus est Saturnia matri.
— i76 —
Sur la gravure deux petits détails, posés près du pied qui
est II droite, resseir.blenl assez le premier, près du talon, à un
5 et le second sous l'orteil au chiffre 12 ; il n'y a peut-être là
qu'un effet du hasard.
Les Grâces.
aO — 2S.8 I c. E. I
Debout, le haut du corps et les bras nus, posées sur une
même ligne au premier plan, elles se détachent sur un fond
tait d'un mur que surmonte un ciel.
La figure de gauche, tournée du même côté, pose le pied
droit sur une urne renversée d'où s'échappe un flot; elle tient
en ses mains une colombe. La femme du milieu, vue de dos,
tourne la tête à droite, de profil ; elle a aussi le pied droit sur
une urne semblable à la première et tient en la main gauche
une touffe faite de deux épis et de graminées. La main droite
tend vers des fruits que porte en sa tunique la figure placée h
droite. Celle-ci a près d'elle un panier en osier, en forme de
vase, aux oreilles duquel pendent deux glands ; enfin toutes
trois sont couronnées des feuilles d'olivier consacrées aux
grâces.
Cette gravure d'une grande vigueur de clair obscur et d'un
modelé gracieux, présente tous les caractères des œuvres de
Suavius en leur complément, surtout en la figure centrale.
Ces figures ont vingt centimètres de hauteur et sont l'une
des pièces les plus importantes sorties du burin dont il est
question.
29.
La Sy bille Libique.
47.5 — 8.2 I C. E. I
Debout, devant une niche, tournée vers la gauche, de profil;
— m —
l'ensemble en est agréable ; au bas est le titre S. LIBIGA et au
dessous du chambranle de droite est un petit carré contenant
les initiales L. S.
30.
La Sybille Persique.
-17. s — 8.2 I C. E. I
Allant à gauche, elle lient de la main droite une tablette et de
l'autre main montre à gauche. Au bas est un petit carré pareil
à celui de la planche précédente, mais vide ; au milieu inférieur
on Ut : S. PERSICA.
Statues de femme, style antique.
Mariette en connut dix, qu'il nomme Sybilles, plusieurs au-
teurs, entr'autres Passavent, en citent douze, mais ne nomment
que les deux susdites, les seules titrées que nous soyons par-
venu à rencontrer. Il est donc probable que les dix autres
furent prises parmi les dix- huit figures suivantes , représentant
des statues de femme, drapées à l'antique, dans le goût de celles
qui précèdent et de dimension analogue.
Un catalogue les cite comme suit : « Ces douze sybilles ont
leurs attributs, la première est marquée La7nbertus Lombardus
inv., puis L S, petit in-4°. « L'on verra qu'il s'agit là, sans nul
doute, du n° 44, ci-après.
Passavent parlant de celte pièce dit que l'exemplaire in-S"
qu'il en a vu « ne porte pas cette indication et paraît être une
épreuve d'artiste. »
Chacune de ces figures est debout devant une niche semi-
circulaire, plantée à cru, toutes de proportion svelte, en des
poses animées, nu-lête, coiffées avec goût et drapées élégam-
ment. Elles sont composées dans le genre antique, mais avec
— â78 —
raturé des coilTuros , l'nfTéterie de draperies particulières aux
statues de la renaissance; ici pourtant ce cachet existe sans
exagération.
Le dessin en est gracieux, le nu exactement indiqué par
masses, le clair obscur très-vigoureux et bien répandu. Le
cabinet des estampes à Paris en possède bon nombre, comme
on va voir. Ces planches ont pu être négligées par les collec-
tionneurs faute de signature, et les artistes ont dû les recher-
cher comme variété de motifs. Deux seules d'entre celles qui
vont suivre porieiU preuve d'auteur. Nous leur donnons titre
d'après accessoire ou particularité de pose et les classons selon
leur proportion qui diffère de peu.
31.
Figure indiquant à gauche.
Première grandeur, 18.5 — 8 | G. E. |
De profil, regardant à gauche, de la main droite elle montre
le sol et de la gauche soutient sa draperie. Le socle où la ligure
pose est teinté, en son milieu est un rectangle blanc.
32.
Figure au livre et chiffre 3.
Première grandeur 18,5 — 8,2 | G. E. |
i
Le corps de face, la tête de profil ; tournée à gauche ; le bras
gauche est pli' en la draperie et la main droite tient un livre.
Le sol se prolonge au-delà de la niche dont l'angle inférieur
de droite porte le chiffre 3. Les écoinçons du haut portent un
rectangle blanc dont l'angle intérieur est coupé selon l'arc de
la niche, de même qu'en la planche suivante.
— 279 —
33.
Figure au chiffre 5.
Première grandeur 18 — 8,6 | C. E. |
De profil, tournée à gauche ; elle retient de la main droite
son manteau sur la poitrine et le soutient aussi de la main
gauche qui est baissée.
L'ensemble est très-distingué comme sentiment et style. Au
bas à droite est le chiffre 5 ; le cartouche des écoinçons est un
croissant blanc, cornes en haut , surmonté au milieu inférieur
d'un demi-cercle y faisant corps.
Les quatre statues qui précèdent et les dix suivantes sont en
des niches dont la face est uniformément teintée sans nulle
ornementation.
34.
Figure au poing sur la hanche.
Deuxième grandeur 47.5 — 8.5 | C. E. | R. |
Allant à droite, tournant la tête à gauche, elle appuyé la main
droite sur la hanche et de la gauche tient le bord inférieur du
manteau.
La stature est bien prise, l'ensemble distingué ; le socle sur
lequel la figure pose est blanc, limité par la seule trace du
cuivre, mais le pied y porte ombre.
35.
Figure au manteau retenu siir la poitrine.
Deuxième grandeur 17, S — 8,2 | C. E. |
A peu près de face, laissant tomber le bras droit et de la main
gauche retenant le manteau sur la poitrine.
— 280 —
36.
Figure à la draperie nouée sur le dos.
Deuxième grandeur 47,5 — 8,3 | C. E. | U. L. | R. |
Vue de dos, la lête inclinée à gauche, elle retient son man-
teau de la main gauche ; sa coiffure se distingue aussi par un
rul)an passant sur la chevelure et noué à droite. Draperies soi-
gnées, dessin gracieux.
37
La liseuse.
Deuxième grandeur 17,^5 — 8,4 | G. E. | U. L. |
De face, drapée et posée avec grâce, la lête inclinée à gauche,
elle regarde un livre qu'elle tient des deux mains. Le sein et
le haut du bras gauches sont découverts ; dessin correct. Sous
l'angle inférieur de droite est le monogramme L. S.
38.
Figure indiquant à droite.
Deuxième grandeur 17, ;i — 8,4 j C. E. |
De face, montrant de l'indicateur droit le sol ; pose et drape-
ries très-belles , clair obscur excellent.
39.
Figure vue de dos, au monogramme L. S.
Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | C. E. |
De dos, regardant à droite, d'ensemble très-distingué; au
bas, sous l'angle de droite, sont les initiales L. S.
— -281 —
40.
Figure soulevant son voile.
Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | CE. | R. |
De face, regardant à droite, tête en profil; la main gauche
soulève le voile et le bras droit tombant est couvert par la
draperie. Une torsade de cheveux descendant sur l'épaule dis-
tingue la coiffure.
41.
Figure montrant son manteau.
Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 | C. E. | R. |
Allant à droite, de protil, soulevant son manteau de la main
droite et le montrant de la gauche.
42.
Figure à la tablette.
Deuxième grandeur 17,3 — 8,4 t C. E. I R. |
Femme âgée, allant à gauche en soutenant contre elle, de la
main droite, une tablette.
43.
Figure vue de dos au tronc d'arbre et fond blanc.
Deuxième grandeur 17 — 9 — 8,4 | C. E. 1
Sur fond blanc, près d'un tronc d'arbre s'élevant à droite,
elle va à gauche, la tête tournée à droite et montre le sol de
l'indicateur de gauche.
Faible de composition et de gravure.
28-2 —
Figure à la niche coupée.
Troisième grandeur 15,7 — 8, 5 | C. E. |
En une niche dont l'arc supérieur est omis, laquelle est ornée
d'une astragale continuée aux monta'its du chambranle, une
femme jeune est debout, vue de face et tète de profil, regardant
à droite. Des deux mains, elle lient une draperie passant sur la
tète.
Cette figure ost charmante, du meilleur stylo et le burin y
rivalise avec la grâce de la pensée. Cette œuvre présente un
double intérêt artistique sa lettre citant : Lambertus Lombardm
inven., mots en italiques accompagnés du monogramme L. S.
Cette œuvre et la charité n" 58 sont les seules que Suavius
désigne co nme étant collectives avec son beau-frère et toutes
deux honorent leurs auteurs.
Quatrième grandeur.
De même disposition que les sujets qui précèdent, les quatre
figures ci-après posent sur un sol non limité au bas par un trait
mais continuant le blanc du papier. Le haut de la niche a deux
cartouches blancs, plats et variés h chaque planche.
45.
Statue à la lampe sépulchrale.
Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. (
De profil, regardant à gauche, elle tient de la main droite une
sorte de lampe sépulchrale ouverte du haut et terminée à droite
par une tête d'oiseau.
Les cartouches ont la forme d'un écusson allongé horizontale-
ment, de même que pour les deux planches suivantes.
— 283 —
46.
Statue à la couronne murale.
Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. |
De même pose que la précédente, elle est coiffée d'une cou-
ronne murale dont les crénaux sont disposés en encorbelle-
ment.
47.
Staiuc à la fivirlati'^e.
Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. |
Posée comme les deux précédentes, elle élève une guirlande
terminée par des rubans.
Statue à la lyre.
Quatrième grandeur 12,3 — 7,8 | C. E. |
En pareille attitude aussi, elle tient une lyre à trois cordes,
les cartouches offrent un triangle curviligne.
Toutes ces figures bien composées, de bon effet, quoi-
qu'avec un peu de raideur, sont en rapport avec les travaux
de Suavius.
49.
Statue d'adolescent, d'aprèa l'antique.
28 — 11,5 I c. E. I
De face, la télé légèrement tournée à gauche, ayant les bras
mutilés, cette belle ligure du meilleur style porte tunique et
— 284 —
manteau s'arrêtant au-dessus des genoux ; ses brodequins sont
ornés de têtes de lion. Elle est debout sur un tertre d'où s'élève
un tronc d'arbre conire lequel est un bouclier, placé derrière le
pied gauche du personnage. Le tout parfaitement dessiné se
détache en clair sur un fond uniforme, assez teinté. Le burin y
est bien celui du graveur dont il s'agit.
L'exemplaire que nous citons est rogné de côtés et du
haut ; nulle lettre n'existe sur cette œuvre d'ensemble très-
agréable.
50.
L^ homme à la hampe.
19,"2 — 8,3 I G. E. I U. L. CoUec. l". G. i
Dans le genre des figures de la suite des Apôtres, ce person-
nage, entouré de détails architectures, est debout, appujé contre
la base d'une colonne ; tourné vers la gauche. La tête est de
face, il lève vers le ciel les yeux, sans prunelles, et tient de ses
mains élevées une hampe, tronquée ainsi que les doigts par le
champ de la gravure.
L'ensemble est bizarre, la pose raide, la draperie sans grâce
et le clair obscur assez satisfaisant.
L'épreuve de l'Université de Liège est à toute marge, ne porle
nulle lettre, mais est certainement du dit graveur, vu son rap-
port avec le Christ au tombeau de 1548, n" 20.
Au verso sont tracés, au crayon, ces noms et date : P. Ma-
riette, 1667.
Cet exemplaire et celui de Paris sont très-vigoureux de clair
obscur.
51.
Slahtes de Heine et Hoi mitiques, j» isuniiieis.
"25,0 — 16,8 I G. E. I
Sur un socle, orne au centre d'un cartouche blanc, sont
- 285 -
debout deux personnages dans l'altiiude et le costume que les
sculpteurs romains antiques donnèrent aux chefs du nord
vaincus. Ici ils sont debout, vus de face, l'homme est à gauche,
a les bras tombant et les mains rapprochées. Il porte la barbe
petite, deux longues mèches de cheveux, tordues, descendent
sur la poitrine, un bandeau lui ceint le front ; des braies, une
tunique et un manteau composent le costume.
Sa compagne, à droite, a pour particularité de coiffure, deux
tresses faisant symétrie avec les boucles du premier et les mains
sont couvertes par les draperies.
Les regards des deux figures se portent vers la gauche; la
disposition générale est élégante, le clair obscur réussi et le
travail présente bien le velouté du faire de Suavius.
52.
Même sujet .
25 — a — 46,8. 1 G. E. |
De même disposition que dans le groupe qui précède, mais
drapés différemment; l'homme se tient aussi les mains, est
coiffé cette fois d'un bonnet phrygien et porte chevelui-e courte.
La femme a le front ceint d'un ruban, les bras tombants et les
mains cachées par la draperie.
La base portant ces figures a une corniche, détail qui n'existe
pas h la planche précédente ; le burin de celle-ci est rude, en
dehors de la manière de Suavius, qui pourtant y est rappelé par
les tailles du fond et de la base.
Les deux exemplaires précités ont été taillés par le milieu,
mais leur rapprochement permet de constater que nulle abla-
tion n'y fut produite.
53.
Statues d'une jeune fille et sa suivante, style antique.
28,2 — 16. s. 1 N. H. I
Dans le genre des deux groupes précédents sont deux figures
— 286 -
debout sur un socle, lequel est orné sur sa tace d'un cartouche
horizontal, blanc.
Au-dessus, ii gauche, est une jeune femme de haute stature,
bien proportionnée, coiffée de tresses entourant la tête, retom-
bant l'une à droite sur la poitrine et l'autre en arrière. Elle
porte souliers, tunique ceinte d'un cordon et manteau frangé,
qu'elle retient de la main droite et du bras droit plié contre la
hanche gauche.
La seconde figure est à droite, âgée, en une pose plus humble,
a les bras allongés et les mains se tiennent. Le costume est
composé : de souliers, de braies larges nouées à la cheville,
d'une tunique descendant jusqu'au milieu du tibia et d'un ample
manteau passant sur la tête.
L'imberbe de cette statue, la forme de la partie visible de la
poitrine et aussi la place qu'elle occupe, c'est-à-dire donnant la
droite, permettent, malgré les pantalons, d'y voir une femme
de condition modeste, s'effaçant à côté de la prestance aisée de
sa compagne.
Le dessin en est correct, les draperies étudiées avec beau-
coup de soin et disposées avec goût. Le clair obscur est très-
moelleux et le tout se détache sur une teinte foncée, mais irré-
gulière dans le distancé des hachures. Nulle lettre n'orne cet
exemplaire, lequel est peut-être un peu rogné, aucune trace de
marge ne s'y rencontre.
La disposition identique de ce sujet avec les précédents
permet d'y voir une sorte de pendant représentant aussi des
prisonnières antiques.
Allégories.
Les vertus tliéoloyales.
7,8 — 6,5.
Chacune de ces personnifications est représentée par une
femme assise eu une niche, cintrée et architeclurée. Quelque
— 287 —
petite qu'en soit la dimension , toutes ont cet aspect de gran-
deur que Michel-Ange imprimait à ses œuvres, caractère que
Lombard sut s'assimiler souvent.
Ici les proportions sont belles, les têtes agréables et les
draperies bien agencées.
54.
La Foi.
8 — 6,5 I R. I
Élégamment posée, coiffée d'une calotte ecclésiastique et
couverte d'une ample draperie sauf une partie de la poitrine et
le bras gauche ; elle montre et regarde un Christ qu'elle tient
sur le bras droit. L'ensemble d'aspect agréable et vigoureux de
clair obscur atteste un talent aux aspirations grandioses et
distinguées. Nulle lettre n'orne cette série, mais leur travail
s'accorde avec la citation des vendeurs à leur sujet, nous les
tenons de la vente Boerner à Leipzig, 1872, n° 2179 du catalogue.
55.
L'Espérance.
8 — 6,5. I R. I
Nous nommons ainsi une tîgure de disposition générale iden-
tique à la précédente, mais sans emblème caractéristique.
Néanmoins tout en elle la ferait prendre pour la personnifica-
tion de l'attente.
C'est une femme robuste, vue de face, coiffée et drapée avec
goût, les mains croisées sur son géron. La tête légèrement
inclinée vers la droite, elle fixe avec force un point de l'espace
et semble près de se mouvoir.
56.
La Cfiarilé.
8 — 6,5. I R. I
Assise et amplement drapée, elle tient deux «nfants debout
-288
sur bcs genoux; ce groupe remplit presqu'cntièrement l'arcade
qui l'entoure.
La partie supérieure est bien disposée, l'inlerieure trop
massive en ses draperies.
57.
La Charité, d'après Lombard.
J3,6 — 18,;^ I G. E. I B. I
Ici le sujet est pris dans sou acception la plus gracieuse, étant
représenté par une jeune femme souriante, accompagnée d'en-
fants folâtrant; le tout sous l'image de l'affection naïve. La per-
sonnification de l'heureuse vertu est assise en une niche que
précèdent deux piédestaux de colonnes cannelées. Elle tient
sur ses genoux deux des petits dont l'un l'embrasse sur la joue
tandis que l'autre, posé à gauche, tend les bras et saisit une
grappe de raisins d'un plateau que lui présente l'un des enfants.
Celui-ci est debout sur les deux degrés du siège de leur protec-
trice, entourée de huit de ces jeunes espiègles, tous en des
poses pittoresques et variées.
L'ensemble rappelle les compositions de Raphaël, le dessin
en est soigné, le clair obscur appliqué avec talent, le burin flou,
harmonieux.
A l'angle inférieur de gauche, sur le seuil, sont, comme pour
la planche n" 44, les noms Lambert Lom. inve,, en italiques et
au-dessous les initiales L. S.
Comme renseignement, nous en citerons une copie contre
épreuve, mesurant
-2-6 — 48,8 I C. E. I
Elle est d'un burin moins expérimenté, et manque du moel-
leux qui distingue la première. A la corniche du piédestal de
— 289 —
gauche est celte indication ^ 14, que nous croyons signifier
aetatis 14, signalant quelque talent précoce; sur le seuil, à
droite, est la date 1563.
Les Vertus cardinales.
La seule que nous connaissons est semblable, pour la dispo-
sition générale, aux trois allégories précédentes, Nagier et
Passavant les citent toutes quatre, le second les dit signées.
Le catalogue Wouters en cite in-8°, mais sans preuve d'au-
thenticité, car il ajoute:» peut-être de Suavius, dans la manière
de Marc Antoine. »
Ce caractère est présenté par les trois vertus théologales pré-
citées et par la vertu cardinale que voici.
58.
La Force.
7,8 — 6,5 I B. I
De profil, tournée à droite, elle soutient sur son genou gauche
un tronçon de colonne; la draperie est bien disposée et le clair
obscur de bon effet.
Concernant ces allégories des vertus, il est facile de com-
prendre la confusion qui a pu exister entre celles de Suavius
avec les mêmes sujets composés par Lombard, gravés par
Hans Golhiort et qui mesurent 10'' sur 6%8 pour les Théologales,
12,3 — 7,8 pour les Cardinales. Toutes sont d'un burin se rap-
prochant de celui de Suavius, nulle ne porte de marque. Celles
de ce second format sont accompagnées d'un pendant intilHlé
Coynitio, ou connaissance de soi-même, signé des deux dits
artistes et de l'imprimeur Cock, avec la daie 1557.
— 290 —
59.
L'abondance.
H — n, y compris l'inscription l'entourant | R. (
Au devant d'une niche, dont la coquille est à rustiques, elle
est debout, tournée à droite, drapée à l'antique, portant dia-
dème et tenant une corne d'abondance dont elle verse le
contenu, composé de médailles ou monnaies à toutes effigies.
La pose est gracieuse, mais la proportion trop svelte.
Ce sujet est encadré de trois côtés à 15 millimètres du bord
par des mots en grandes lettres romaines, espacés comme suit :
à gauche Hubertas,en haut Aureti, à droitp Saeculi, foimant jeu
de mots sur les noms de Hubert Goltzius, dont cette planche est
la marque (' ).
Quoiqu'elle ne soit pas signée, sa similitude avec les Sybilles
de Suavius nous la lui fait attribuer. Notre exemplaire prove-
nant de la collection T. Camberlyn, dont elle porte le cachet,
tient au verso ces mots au crayon : Suavius fecit, surmontés
d'un H. Hamal ï
Cette pièce figure au catalogue de la dite vente sous le nom
de notre graveur, au n" 3528.
Cependant l'iconophile allemand Harzen dit que « cette marque
doit avoir été gravée par Goltzius d'après un dessin de Lambert
Lombard. » Nous n'y voyons pas le caractère du dessin de ce
peintre, mais bien l'excès de sveltesse qui distingue la plupart
des figures tracées par Suavius. Ses statues de femme peuvent
servir de comparaison pour le présent objet, indépendamment
de son rapport comme burin.
Et si l'opinion de l'auteur précité prévaut quant à l'invention,
cette œuvre peut donc être un don collectif des deux artistes
{*) Voir la biographie de C.oltziits par M. J. Weale dans le Beffroi, Bruges,
i868.
291
liégeois, et bien explicable, l'un ayant été on le sait le maître
de Goltzius, comme peintre, et l'autre comme graveur, selon
toute probabilité.
60.
Un Prince uveiiyk' eittourc de. ses conseillen.
25,5— 20. I C. E. ! R. I
En un intérieur architecture, dont le haut est orné d'une dra-
perie, est assis au milieu un vieillard drapé k l'antique, coiffé
d'un bonnet genre phrygien. Il est vu de face, baisse les yeux et
des deux mains jointes tient le sommet d'un bâton dont la base
pose sur le giron du personnage. Celui-ci et son siège élevé de
deux marches occupent une grande partie de l'espace, ii l'en-
tour de ce groupe sont rangés douze vieillards debout, drapés,
quelques-uns portant même bonnet que leur chef. Tous ont les
mains coupées et tendent leurs moignons vers le Prince. Le
sujet n'est terminé au bas par aucune ligne, la trace du cuivre
y est rejointe par l'ombre d'une tablette placée à gauche, portant
ce texe de langage ludesque suranné :
Dese figure soo Andréas Alciatus Verhaelt, Beteeckent een
oprecht Prince met bynen raet. Die naer giseen ein gauen int oor-
deelen niet en taelt, Nock en aensi et eenige persoonen tôt syîider
baet.
Sur le sol on lit :
Siet toe wat ghy doet, want gliy en hout dat gerecht des
menschen niet, maer den Heere, ende hy is met vint gerechte,
Paralipo : 19.
Enfin, sur un espace réservé à droite est cette troisième
inscription :
Jesaias. V. — Weev du den hoosen rechtueerdicht om gauen,
endde ontneempt het recht den gerechtigen.
La seconde est donc le verset 7 du chapitre indiqué, disant :
— ^912 -
« Prenez bien garde ù tout ce que vous ferez, car ce n'est, pas la
justice des hommes que vous exercez, c'est celle du Seigneur et
tout ce que vous aurez jugé retombera sur vous. »
La scène étrange dont il s'agit est d'un bel ensemble, formée
de groupes assez bien disposés et composés de figures dont
certaines ont trop de raideur. Le clair obscur est vivace, les
ombres y dominent de beaucoup, les tailles sont fines, serrées,
rappelant Suavius. Cependant certains détails et la calligraphie
ne nous ont pas entièrement convaincu que ce maître en fut
l'auteur. Néamoins nous la plaçons ici h cause de l'avis de
Pierre Jean Mariette qui, parlant de celte œuvre, dit que
malgré l'absence de nom ou marque « on la croit incontesta-
blement de L. Suavius. » Il l'a décrit comme suit :
« Un prince équitable et judicieux fermant les yeux à tout ce
qui pourrait le distraire de rendre justice et écoutant les avis
de ses conseillers qui n'ont point de mains, pour marquer que
les personnes de cet estât ne doivent point se laisser corrompre
par les présents ; cette pièce emblématique est de la gravure
et de l'invention de Lambert Suavius. »
61.
I^es Uoliémif-nfi '!
J0,7 — 9,4 I G. E. I Hri D. |
Sept personnages, se détachant sur fond blanc, marchent de
front, allant vers la gauche, précédés d'une sorte de pître mai-
grelet d'un sérieux comique, lequel paraît commander à cette
troupe. Il tient une dague, est coiffé d'un bonnet dont le bord
est relevé sur le devant, il porte une camisole passée sur un
sarreau, ceint d'une sangle soutenant une aumônière. Ses pan-
talons, amples, sont serrés par des cordes au-dessus et au-des-
sous des genoux, ainsi qu'ù la cheville de la jambe gauche.
D'entre ses compagnons, le premier est vu de dos, le poing
— 293 —
sur la hanche; il porte chapeau mal tapé, petit manteau sur
l'épaule gauche, tunique, pantalons et chausses. Le second est
un vieillard courbé, coiffé d'une draperie en torsade, ayant à la
ceinture une bourse et un poignard; il pose la main sur la tète
d'un petit garçon portant un chien.
Suit une femme portant un vase sur la tète et daïis ses bras
un coq et une poule, elle est chaussée de sandales à deux talons
ou supports. Enhn la rangée se termine par un homme et deux
femmes sans particularité et cachées en partie par le conduc-
teur susdit; sur le sol, au premier plan est une touffe d'herbes.
Le groupe traité quelque peu en manière de charge, ofire une
variété de types, et le burin en est agréable, Ihii et bien de
Suavius;ce n'est certainement pas la même planche qui parut à
la vente, faite h Vienne, de la collection Georges Rath, 1869, le
catalogue disant au n" 1170, « de Lambert Suavius, hommes et
femmes, allant à un sacrifice, très-rare. » Ce titre doit s'appli-
quer à une sorte de frise représentant un sacrifice, composée
par Lombard, qui la signa L. LOiM. mais elle n'est pas gravée
par Suavius, quoiqu'elle ait figuré sous son nom à la vente
Boerner à Leipsig, octobre 1872.
Afin d'écarter toute confusion au sujet de la planche que nous
intitulons les Bohémiens, il faut savoir qu'il en existe une
Contre épreuve,
De môme dimension [ H''. D. |
Original ou copie? par le graveur Jacques Binck, né à Nurem-
berg ou à Cologne. Cet élève de Marc-Antoine, fut graveur de
Christien II, roi de Danemarck, parcourut les Pays-Bas de 1548
à 50, habita Anvers pour y surveiller certains travaux et mou-
rut à Rome vers 1568. L'exemplaire dont il s'agit fut noté au
catalogue de la vente Borluut de Nortdonck comme suit :
« Jacques Binck, n" 65. Une famille composée de huit per-
sonnes, parmi lesquelles un enfant et une femme portant une
— -29 i —
cruche sur la lète el dirigeant ses pas vers la di'oile; posée en
largeur.
Celte estampe porte le monogramme de Binck mais elle n'a
probablement pas été gravée par cet artiste. »
Comme particularité elle n'a pas la touffe d'herbes de la
planche qui précède, à laquelle elle est intérieure comme
travail; ce qui nous engage à y voir une copie d'après
Suavius.
62.
Allégorie héraldique du couronnement de l'empereur
Maximilien.
Médaillon, 9 c. de diamètre | R |
En une embrasure circulaire, entourée d'une bordure à ins-
criptions, sont cinq têtes disposées ainsi que des curieux regar-
dant d'une f nêtre dans la rue et représentant quatre petits
anges, posés symétriquement autour d'une femme. Celle-ci en
buste occupe le milieu, est coiffée et vêtue avec élégance, la
poitrine ornée d'un cœur de grande dimension, les mains croi-
sées s'appuyant sur un cartouche à inscription. En avant de cet
objet elle lient une couronne h pointes à laquelle est suspendu
un blason aux armes du St-Empire, accompagnées de l'épée et du
sceptre.
La bordure extérieure porte ces mots :
Maximilianus ■ Borna • et ■ Bolie • Rex • Coronat ■ nit ■ no-
vem. anno 1o6i2.
L'iiiscriplion du cartouche dit :
Coroné est un Roy par charité :
Qui maintiendra justice et vérité.
Auprès de la dite date est posé en sens inverse, le nom :
— 295 —
Suavius, les deux S mis à coiili'e sens tandis qu'elles ont leuj-
direction ordinaire dans les textes qui l'accompagnent.
On sait que Maximilien II fut élu roi des Romains, le 30 no-
vembre 1562.
Personnages historiques et portraits.
63.
Marins sur les ruines de Carthaye.
(Titre donné par le catalogue de la collection léguée par M.
Ulysse Capitaine h l'Université de Liège.)
17,3— 12. I CE I U. L.,Coll. U. C. \
Au milieu de ruines bien architecturées est assis un homme
d'âge mûr, d'expression (niergique, barbu, dirigeant ses regards
vers la gauche. Il est drapé à l'antique et tient de la main
gauche un bâton de commandant , sculpté de feuilles de
laurier.
L'une des jambes est chaussée et liée à la manière des cam-
pagnards italiens dits ciucciari, l'un des pieds est posé au pre-
mier plan sur un seuil, à droite duquel est la signature : SVA-
VIVS, iNVE ; suivie d'un groupe des trois lettres, A L M, enche-
vêtrées.
Ce dernier signe est donné par Mariette pour la date,anno 36,
c'est-à-dire 1SS6, l'M, fait en partie par l'L, pouvant donner VI.
L'épreuve de l'Université de Liège est d'une belle vigueur de
clair obscur ; et cette figure disposée avec mérite forme un
beau pendant au St-Paul n° 21 , qui a les mêmes dimensions.
Ils font peut-être partie d'une suite, mais en attendant preuve
le titre susdit est bien trouvé: cette pièce porte au verso la
suscription P. Mariette 1767.
64.
Tibère en buste.
U,9 I K I
Sur un l'ond en o^uhe de niche sans cinlre, se dëlaclie un
disque à bordure et fond hémisphérique en creux, devant lequel
est la dite tigure, vue de trois quarts, laurée, regardant à
gauche, élevée sur un double socle.
Sur la bordure susdite, et en lettres romaines simulant le
relief, sont ces mots :
Tib. Cœ.mr Augusli imperat Vil ;
Sur le socle teinté touchant au buste :
Ànno Domi 16.
Sui- le socle blanc servant de base :iu tout est ce quatrain :
« Sous ce César premier des inhumains
Mesme a son sang en dits et faits iniques
Forçant la Vierge et la couche impudique
Fut mis en croix le Sauveur des humains. »
Au somme! du disque cité est un mascaron sarcastique; le
fond où se détnche le portrait simule la craquelée, comme Sua-
vius la produisit pour diverses autres pièces du genre, et le
burin de la présente planche dénote, en son beau fini, le travail
du dit maître liégeois.
Douze personnages romains antiques.
Clmciin (>n un cuiJrc ovnle, 4 — ;^,:2. | N. H. |
Bustes entourés d'une bordure à fond blanc où sont les noms
et titres, et .se détachant sur un rectangle teinté, le tout d'un
aspect claii' et d'un beau fini.
— 297 —
65.
Octaviiis Augus. pater.
De pi'olil, regardant h droite, jeune, imberbe, agréable de
type.
Valeria . Mesa . CAa . Jinp . Vxor ,
De protil, tournée à gauclie, jeune, coiffée d'un bonnet de
perles, à bord formant couronne et retenant une tresse, laquelle
posée en volute à la nuque s'élève en serpentant vers le front,
où elle se perd en une touffe de cheveux.
67.
Gn . homitius . Neronis . imp . Pater .
De protil, tourné adroite, tigure âgée.
68.
Popea . Sabina . Neronis . imper . Vxur .
Figure de trois quarts, tournée k droite, la coiffure est ornée
d'un bandeau sur le haut du front et d'une torsade de perles ;
la draperie est retenue par un bouton à l'épaule droite.
(^9.
Aiili . ViteUiu.s . German . imp . aug . p . m . t . p .
Agé, replet, imberbe et lauré.
— 49« —
70.
Amiius . Verus . M . Anlonini . Im]) . Pater .
De protil, tourné k droite, barbe courte et touftue, clievelure
ideiu.
L's du premier nom est à rebours.
71.
Aurélia, mater C. G.
A peu piès de f;ice, regardant à droite, âgée, coiftéo d'un
bonnet de linge dont les barbes tombent sur les épaules.
Celte figure est la plus finement exécutée de la présenie
série.
72.
Domicilia. Vesp. Imp. filia.
Elle regarde à droite, est coifl'ée d'une couronne de perles,
dont une carrée au milieu; cette couronne est surmonlée de
touffes de cbeveux et le chignon est en une résilie.
La tète est gracieuse et jeune ; comme pour les suivantes, le
profil se détacbe sur un fond teinté, le reste sur fond blanc.
7;-}.
Arricidia. F. Tertulia. F. Vesp. Vxor.
Le profil tourné à droite est jeune, les cheveux en torsade
entourée d'un petit ruban, laquelle serpente aux tempes, puis
est roulée quatre fois au haut de la têre.
— 299 —
74.
Antonius. Aug. plus. PP. Pater.
De protil, tourné à droite, il porte barbe courte, bouclée
comme la tête, qui est laurée ; les rubans de la couronne des-
cendent sur le dos.
Au bas du cadre et comme lui servant de base, est un rec-
tangle blanc portant cette signature: SvAVIVS, la seule que
possède la présente suite.
Faustina F. Aug. PU. filia.
De face, coiffure ornée de bandeaux de perles, surmontée de
touffes de cheveux et d'une torsade ; une draperie ou ruban
large descend de la téle vers la nuque.
76.
Crispina Augusta.
De profil, regarde à gauche, figure jeune, coiffure élégante.
Voir, de la même série, les n»' 103, 104 et 105 ci-après.
Les douze qui précèdent firent partie de la collection du cha-
noine Hamal ; le n" 74, par sa signature, a l'avantage de lever
un doute, divers auteurs ayant attribué ces œuvres à Le Rosso,
florentin, peintre et graveur contemporain de Suavius.
77.
Portrait buste de Lambert Lombard.
Rond 9,7 I C. des E. | UL. | NH. | . R. j
Vu de profil et regardant vers la droite, la tête occupe la plus
grande partie du champ d'où elle se détache en vigueur, lequel
;^(jo
est teinté d'une seule rangée de traits horizontaux donnant un
ton uniforme. Il est entouré d'une bordure simulée au moyen
de lignes circulaires. Dans le champ de celle-ci, en lettres
romaines, sont les mots : Lambertus . Lombardus . pictor . ebii-
ronensis.
Le célèbre Liégeois y paraît nu tête, dans toute la force de
l'âge mûr, une organisation puissante se révèle en cetie phy-
sionomie robuste, au front vaste, bombé, orné d'une chevelure
courte el crépue. Les yeux, au regard pénétrant, paraissent
sonder l'espace, y poursuivre un but avec une volonté invin-
cible. Expression confirmée par celle des lèvres à peine
visibles et néanmoins si bien accusées entre les moustaches
touffues dominant une barbe très-agréablement vermiculée.
Le costume se compose de trois vêlements, dont deux à bou-
lons, sur lesquels tombe un petit collet de linge et le pardessus
qui est à larges revers.
Quoique cette œuvre ne soit pas signée, elle ot!re une trop
grande analogie de burin avec les précédentes, pour ne pas être
attribuée au même auteur, et la calligraphie elle-même con-
court à cette certitude.
L'esprit du modèle .semble y avoir été parfi^itement rendu el
l'on doit une expression de reconnaissance à Suavius, qui sut
nous léguer les traits parlants de celui qui mérita d'être regardé
comme le restaurateur des arts au pays de Liège.
78.
Portrait de Baltliasar Schetus.
Médaillon, 8,5 avec bordure, 6,0 sans | C. des E. j ^. H. |
En buste, d'âge mûr, cheveux courts, barbe divi.sée et mous-
taches; vêtu d'un col de linge, d'un justaucorps à raies horizon-
tales, boutonné, sur lequel passe une chaîne à double rang ; un
manteau complète le costume.
801
Sur le fond, à gauche, esl un heaume, de face, surmonté
d'une aigle éployée ; à droite du personnage est un blason
écartelé aux l'"'" et 4 à une aigle volant à dextre; aux 2 et 3 à un
dragon couronné, volant aussi à dextre, ceux-ci sur fond teinté
quoique sans hachures héraldiques, les aigles sur fond blanc.
Le tout se détache sur un fond simulant un creux hémisphé-
rique.
La bordure circulaire du cadre porte les noms : Baltlmsar
Schelus D in Hoobocken, 1561.
Au bas est signé sVAVIVs, les S posés en sens inverse.
Balthasar Schetz était numismate, étude partagée par plu-
sieurs membres de sa famille. Goltzius le cite en son Jules
César et Goropius lui dédia le 6*" livre de ses Adiiatica.
Le cuivre de son portrait précité fut employé comme preuve
historique par l'écrivain Jacques Leroy, h la page 369 de son
livre intitulé : Notitia Marchionatus S RL sive agri Antverpiensis;
libri \ U.Amsterdam 1678.
79.
Portrait île Melchior Schets et de Anna van Stralen, sa femme.
Médaillon, 3,7 avec bordure, 2,7 sans. | B. |
Tournés à droite, de profil, en guise de médaille, ils n'offrent
rien de caractéristique, le mari se présente le premier avec
cheveux courts et barbiche; le haut de leur taille, seul point
apparent du costume, n'a nul ornement.
La bordure en sa moitié supérieure, porte en lettres romaines
les noms du premier, et l'inférieure ceux de la dame ; ces der-
niers commençant à droite, c'est-à-dire à rebours.
Cette œuvre est l'objet de droite d'une planche offrant à
gauche le médaillon contenant les bustes ^'Hercule et Dejanire,
décrits ci-dessus au n" 25 et dont le diamètre est un peu plus
petit que celui du présent sujet, lequel est finement exécuté.
— ao2 —
Guichardin cite les Schets et les Straleii parmi les douze plus
nobles d'Anvers ; le Bulletin de la commission des monuments
d'Anvers, 1867-68, s'occupe de la famille des premiers.
80.
Portrait d'Ursule Lopès, épouse de M. Ferez.
Médaillon, 7,8. | B |
En buste, occupant tout le diamètre du champ, cette dame,
jeune encore, en costume élégant, porte bonnet orné de perles,
fraise montante, chemisette très-ouvragée, taille et épaulières
ornées de perles.
Elle se détache sur un fond simulant un creux hémisphé-
rique, rayé en guise de craquelée sauf un disque resté blanc au
centre du creux.
Une bordure entourant, mais sur laquelle passe le buste,
• contient ces mots : Ursula Lopes M. Ferez conjun.
Au milieu inférieur de cet encadrement, en un petit rec-
tangle, est le nom du graveur ainsi tracé : SVVIVS.
Ce travail est agréable et finement produit.
Le portrait de M. Ferez est décrit au n° 1 10, ci-après.
81.
Fortran d'Antoine Ferrenot, évéque d'Arras, etc.
40 — 28 I B. I
Sur un fond architecture est debout, à mi-corps, en une atti-
tude digne, ce premier archevêque de Malines ; tourné vers la
droite, ses yeux fixent à gauche et il tient des deux mains abais-
sées un livre à belle reliure.
Il porte cheveux courts et frisés, barbe et moustaches petites ;
il a pour costume un col de linge, justaucorps à poignets
- 303 —
garnis de crevés, plus un pardessus orné de fourrures et bou-
tonné.
Le socle servant de base à cet ensemble montre, à droite, la
date 1556, et au milieu un cartouche à inscription, laquelle est
à rebours, et dit : Effigies ill. ac R'"' D. Antonii Perrenot. Epi.
Àtrebatensis Imp. Caroli. V. primi consiliarii et Sigillorum
custodis.
C'est-à-dire : Portrait de l'illustre et révérend seigneur An-
toine Perrenot, évêque d'Arras, premier conseiller et garde
sceaux de l'empereur Charles-Quint.
L'individualité du personnage paraît bien rendue, vu la
rectitude du dessin, mais le clair obscur y présente de îa
sécheresse.
Mariette dit qu'en ce portrait, « si l'on ne trouve point le nom
de L. Suavius, ce travail est reconnu pourtant pour être de lui.»
Le fait est prouvé par l'indication du n» suivant.
(Ce portrait a été reproduit sur bois pour !e beau travail inti-
tulé : The cliief victories o( tfie emperor Charles the fifth. London
1870. 8r. Sir William Stirling-Maxwell bart., mais l'inscrip-
tion y a été placée dans le ciel de l'embrasure du tond, à
droite.)
Voilà donc quatre-vingt et une pièces décrites de visu, si-
gnées ou présentant le caractère des tailles dont leur auteur
usait en ses travaux. Suivent les planches citées par divers au-
teurs et catalogues.
Celles dont l'existence nous paraît ii Jubitable, sont distin-
guées par un astérisque, et nous laissons sans n" les douteuses
ou étrangères à l'œuvre.
Citons d'abord comme suite à la planche précédente, le
deuxième
82.
Portrait de Perrenot, daté de 1554 *.
11 est assis, et cette œuvre que iMarietle qualifie de « mor-
— 304 —
ceau considérable. » est accompagnéu des deux inscriptions
que voici :
Rêver endiss{i mi) et iUustris(simi\
Domini
D{omini) Antonii Penenot Atrebate()ms) epi(scopi)
Ac. Caroli V. a consiliis, primi
Artium et ingenii unici fautoris
effîgiem, ad vivum
Lambertus Suaviiis Leodiensis
expressit.
Unice Mecœnas, o illustrissime Prœsul
En tibi, qiiod veneror, Snavius autor opus.
Vullus effigiem licuit, non sculpere mentis.
Hoc tamen in votis, si licuisset, erat.
Ut velut hinc vultus, sic dos foret agnita mentis
Qiia servas artes, et studiosus amas.
Celle gravure lit partie de la collection Didot qui vient d'être
vendue à Paris et dont le catalogue dit au n" 3369 : « Suavius
(Lambert Suterman dit) Granvelle (Anl. Perrenot, cardinal)
chancelier de Charles-Quint, 1554. »
Sujets Bibliques.
Adam et Eve.
28,S — 20—5 I R I
Cette pièce indiquée par un catalogue de Bœmer, à Leipzig,
présente bien, pour les ligures, l'aspect du burin de Suavius,
néanmoins nous ne la croyons pas de ce maître, parce que le
travail dos accessoires parait lui être étranger. On l'a attribuée
à Boivin.
— :)0t; —
88.
Le passage de la mer rowje*
cité, par Saumery, Délices du pays de Liège, t. V p, 310, note
M. 1744.
Le catalogue delà vente P. Wouters, Bruxelles 1797, ajoute :
« N" 23, Le passage de la mer rouge, d'après Angelo Bronzini
(sic), par Lambert Suavius. H.Cock excud, belle épreuve, posée
en travers. »
Angelo Bronzino mourut à Florence, vers 1578. Notons que
Lambert Lombard peignit le même sujet, mais placé en hauteur,
voir : Histoire de la peinture au pays de Liège, par ,1. Helbig,
p. 138.
84.
« Les Israélites raynassaiis la manne dajis le désert*. »
Cité par P. Mariette, qui reproduit la signature, gravée à
rebours comme suit : suV^auS et donne la mesure : 2 pouces 3
lignes sur 3 p. 4 1.
« Esther devant Assuerus,
H. Cock, exe. » Huber (i).Il ne s'agit, croyons-nous, que
du même sujet, d'après Lombard, reproduit deux fois ; le
grand par H. Cock, 1553; la manière du second est étrangère
à Suavius.
Sujets du Nouveau Testament.
85.
La Vierge et r enfant Jésus*,
que Mariette cite encore, voici son texte :
(* Nolices générales des graveurs. Dresde et Leipzig, 1787.
— 806 —
a La S'* Vierge assise dans une riiciie ruinée et ayant entre
ses bras l'enfant Jésus debout; il y a apparence que celle pièce
est inventée et gravée par Suavius, quoique sou nom n'y soit
pas, elle me paraît pourtant incontestablement de lui. o" d.
3" p. 6', travers. »
86.
Jésus ressuscitant le fils de la veuve de Naim,
par Suavius", cité par Huber.
Il ne paraît pas y avoir ici confusion avec les deux, résurrec-
tions du Lazare, signées et renseignées par inscriptions, quant
au sujet, lesquelles représentent le ressuscité sortant de sa
tombe, tandis que le lils de la veuve se leva du cercueil
« qu'on portait. »
87.
ii Jésus à table chez Simon le pharisien*, H. Cock, ex. » Hubei'.
Lombard dessina le même sujet, voir le Catalogue de dessins
deV Académie de Liège ('). Pourtant rien ne détruit la citation de
Huber.
« Jésus prêchant le peuple en paraboles. Kaiolus iec. » Hubei'.
C'est la gravure du tableau de Lombard, appartenant à M. le
Duc d'Arenberg, à Bruxelles. Elle ue doit pas être de Suavms,
Anvers en possède un exemplaire.
88.
« La femme adulière* ,^rdnûe composition, Benetto Stephani,
exe. » Huber.
« Jésus ressuscitant Lazare, H. Cock, exe. » Huber.
En celle citation, nous croyons voir ce sujet, de grand for-
(l) Catalogue de dessins d'artistes liégeois, possèdes par l'Académie des Beaux-
Arts et l'Université de l.iége. Verviers 1874.
307
mat, gravé d'après Lombard, par un maître inconnu, lequel est
probablement Hans Collaert, dont le burin ressemble parfois à
celui de Suavius. La dite gravure est signée Lam. Lombard,
inven. A. Cock, excudebal.
Jésus lavant les pieds aur apôtres.
|R|
C'est une composition de Lombart, signalée par un catalogue
Bœrmer, mais non gravée par Suavius.
89.
« Le Christ sur la croix*, H. Cock, exe. » Huber.
On a vu la même scène, par cet éditeur, au n" 16, signé Cock,
excudit 15S7, néanmoins la susdite pièce peut être autre, Huber
ayant eu soin de noter les dates rencontrées parmi les douze
Suavius qu'il connut.
Il est vrai aussi qu'il confondit Suavius avec Lombard, et
qu'il existe une gravure, d'après celui-ci, du sujet en question,
signée H. Cock, exe., mais elle est datée 1563,
Descente de croix.
|R|
Signalée par un catalogue Bœmer, elle n'est pas de Suavius,
mais c'est i;;ie intéressante reproduction d'un groupe de la des-
cente de croix de Lombard, laquelle orna l'église St-Jean-en-Ile,
à Liège, et dont M. Duval de cette ville, possède le dessin
original (').
(0 Voir catalogue des dessins d'artistes liégeois.
— .M08 —
90.
« Descente de croix*, Suaviiis, (ecit. » Huber.
Entre les planches du même sujet, décrites aux !i'" 18, 19
et 20, aucune ne porte le mot fecit.
Mise au tombeau, d'après Albert Durer.
88,5 — 47,3 I H. D. I
Signalée par un catalogue comme étant de Suavius; elle pré-
sente plus de lourdeur que n'en comportait en général le travail
de notre graveur. Le copiste y a reproduit la date 1507 et le
monogramme du maître Nurembergeois.
91.
t<. Mise au /om&eaw*, sans aucune marque, posée en largeur.»
Catalogue de la vente Boriuut, de Nortdonck, Gand 1858, au
n»1563.
9i>.
« Jésus marchant avec les deux disciples d'Emaus*, Suavius,
fecit.» Huber.
Même sujet lut gravé d'après Lombard, par Furnius, mais la
citation de la signature de Suavius, permet de croire que le dit
auteur la nota de visu.
« St-Pierre écrivant sur une tablette. »
Ainsi s'exprimait im novembre 1872, le n" 2175 d'un catalogue
d'une vente faite à Leipzig, mais il y avait erreur, la gravure
était le Sl-Paul écrivant.
— 309 —
aSt-Pierre et St-Paul à Athènes, grande composition
eu largeur. »
Catalogue Borluut, n" 3526.11 s'agit sans nul doute de La gué-
rison du boiteux, dont la scène eut lieu à Jérusalem, présents
les Saints Jean et Pierre. Certains confondent certainement
aussi en citant le sujet suivant :
« La guéri son du Paralglique.-)-!
Laquelle eut lieu, chacun le sait, en présence du Christ.
93.
« Un apôtre debout en une niche*, tourné à gauche, tète de
profil, il tient sous son manteau un livre qu'il indique de la
main gauche. Non signé, mais dans la manière de Suavius et
moins fin que la suite susdite de ses apôtres. » C'est ainsi que
s'exprime Passavent, t. 3, p. 113 et suiv. n" 19.
(c Une série d'apôtres et de saints debout avec leurs attributs,
par Suavius, d'après Lombard. »
Nagler, t. XVII, p. 534, les dit in-4'', sans nom ni signature.
Môme citation au catalogue Winckler, t. III, n° 5605.
Il doit être question en cela de la suite des apôtres, compo-
sée par Lombard, que nous espérons décrire en sou œuvre, et
dont la gravure est étrangère à Suavius.
« Un Evangeliste assis en une niche, et écrivant sur une tablette. «
Catalogue Borluut, de Noordonck.
Il peut y avoir méprise avec le St Paul, assis et éci'ivant, n"21.
94.
i( Le couronnement de la Vierge *
qui se voit à l'entrée du chœur de St-Barthélemi, à Liège. »
Délices du pays de Liège, t. V., p. 310.
— :mo —
95.
« Sîe-.Margucrile,*
signée L. Suavius, iii-12. » Nagler, 10, et PnssavenI, t. 3, p.
109 à 115.
96.
« Hommes et femtnes allant à un sacrifice ,* par Lambert
Suavius, très-rare. »
Cité au n° 1170 Ju catalogue de la collection du conseiller
Georges Uath, vendue à Vienne, en janvier 1869. Cette citation
paraît assez précise pour croire qu'il n'y a pas confusion avec la
frise due h Lombard, citée au n- 61.
Allégories.
97.
« La Philosophie *
Copie en contre-épreuve d'après Marc Antoine, qui la grava
d'après Raphaël. » Baisch, n" 381, et Passavent, t. III, p. 114,
lequel rapporte qu'on en trouve des épreuves avec et sans le
nom de Lambert Suavius.
« Ti'ois philosophes antiques,
vêtus de longs manteaux et parmi lesquels il y en a deux qui
tiennent des livres; ces trois petites pièces sont attribuées à L.
Suavius, cependant il y a apparence qu'elles ne sont que de son
dessin.
Sans nom ni marque, 3" 5'-liaut, 1", 6' travers, chaque, » dit
Mariette.
31
« Deux statues de Philosophes,
enveloppés dans leurs manteaux, sur une même planche gravée
en 1558. Cependant quoique cette pièce soit attribuée à Lambert
Suavius, il y a lieu d'en douter et peut-être n'est-elle que de son
invention.
Sans nom ni marque, seulement la date est sur le socle du
piédestal, sur lequel les statues sont posées, 5°, 6' haut, 5% 2'
travers. » P. Mariette.
Les vertus cardinales.
A ce sujet il est permis de croire que Suavius en a complété
le nombre cité par divers et dont une seule est décrite ici, la
Force, \r 58, il reste à noter ;
98.
La Prudence *
99.
La Justice *
100.
La Tempérance *
Quant aux sybilles, les auteurs variant sur le nombre, il n'est
rien à prévoir encore sur les dénominations à rencontrer,
en outre des deux précitées, Lybique et Persique, v. n"» 29 et 30.
« Il fut aussi attribué au même, »
101.
Un Ëvangéliste *
Quant aux figures dites :
Statues de femme,
les sujets décrits au n°' 32 et 33, portent les chiffres 3 et 5,
3 1^2
il doit donc rester iiicoiiiius, au moins irois des ti"" précédant
ce dernier, nous les notons :
102*103* 104*
Mariette ciie encore les deux sujets suivants :
105.
«■ Trois figures grotesques, à ïiii rorps *
Représentant un vieillard qui offre sa bourse à une vieille
femme, dont l'aspect est des plus difformes, il y a apparence
que celte pièce est gravée par L. Suavius, quoique l'on n'y voye
pas son nom.
Cock, ex. Et deux vers flamands au bas ; 6" 9 haut 4", 9 tra-
vers. »
106.
Une tête de morl *
Elle paraît être gravée par E. Suavius, dit iVIarietle, lequel
ajoute :
« Pour celle qui suit et qui est plus petite, ce n'en est qu'une
copie non du même, quoiqu'elle lui soit attribuée par quelques
uns.
A la première, il n'y a aucune marque ni aucun nom, seule-
ment ces mots : Vigilale quia nescitis, etc., suivis de deux vers
tlamands; hauteur 4" 2', travers 2" 8'. »
Portraits.
107.
« Jules César*.
Petit médaillon, » Nagler 10 et Passavenl t. 3, faisant partie
de la suite décrite aux n-' 65 à 76, ainsi que les deux suivants,
cités par les mêmes auteurs.
— 813 -
108.
Claude Néron*.
101».
Lollia Paulina*.
110.
« t/n empereui' romain assis dans une niche*,
posé en hauteur, » catalogue Borluut de Noortdonck.
111.
(■(.Thomas Philologus Ravennas*,
an. 1260, iii 8", » idem.
112.
Michel Angélus Buonarottus* ,
nobilis florenlinus. aetatis LXXI in 8" idem. Cette célébrité
étant décédée en lo63, âgée de 90 ans, l'âge indiqué reporte la
gravure à 1545. Le suivant est d'un autre format.
113.
vBuonarotti {Michel Ange)*,
in 4", rare, très-belle épreuve » dit le n" 3'-{68 de la vente Didot
à Paris, 1877. Au nom de^ Suavius(Lambert Sulerman dit). «Au
n" 3371 il offre du même graveur :
114.
« Titien (Tiziano Vecello)*,
in 4". » Même catalogue.
- :)14 —
115.
« M . Perez* ,
médaillon de 1553, in 8". » Nagler et Passaveiu. Voir le ir 79
qui peut être le pendant de celui-ci.
il 6.
« Erasme Schetus*,
aetatis suœ, 61 A. D. t554 in 8" médaillon, » idem.
117.
« Anna Straelen Melchior, Schetus* conjux,
aetatis 31 A. D. 1554 in 8", médaillon » idem.
118.
« Melchior Schetus*
aetatis suœ 37 A. D. 1561 in 8°, médaillon » idem.
On voit que ces deux derniers portraits semblent être une
amplification de ceux des mêmes personnages décrits au n" 79,
sur lesquels ne sont indiqués ni l'âge ni la date. Le Balthasar
Schetus, n" 78, est de 1565 aussi, comme on a dit.
119.
« Rogerius le Strange et Dorothea* uxor ejus,
in 12". » Nagler et Passavent qui les citent encore, ne disent
pas s'ils se trouvent sur une même feuille.
« Le portrait de Lambertus Lombardus Leodiensis pictor et archi-
tectus. » Huber.
Le titre d'architecte n'existe pas sur les deux portraits mé-
daillons qui paraissent avoir été faits du vivant de Lombard,
316
celui de sa biographie, par Goltzius, et son ainplitication en
contre-épreuve. Mais il se trouve sur le portrait de ce peintre
ornant la biographie poétique de Domi nique Lampson: Pictorum
aliquot celebrium Germaniœ inferioris efjîgies etc. Antverpiœ.
Celte gravure est signée sur le fond, en haut à gauche, de la
marque W. I. avec titre apposé au bas, comme suit : Lamherto
Lombardo Leodiensi, pictori et arcliitecto.
C'est là très-probablement que Huber aura pris, en la corri-
geant, la dite citation.
Paysages.
120.
« Vue d'une partie du Cotisée de Rome*,
signé L. S. in 4°. » Catalogue Sternberg n* 247, et Passave.nt.
121.
« Vue du palais des Césars à Rome*,
avec l'inscription : Divus Augustus et Nero Claudius imp. Rom.
et au milieu inférieur : 1553 Suavius. » dit Passavent.
NOTE 1.
Prix atteints par des gravures de Suavius.
Le catalogue de la vente P. Wouters, faite à Bruxelles en
1787, dit :
ce Lambert Suavius, iv 686. Soixante-huit pièces dont le
316
Christ mis au Tombeau, 1348; la Résurrection du Lazare, 1544 ;
les autres consistent en portraits, médailles, statues, etc. »
Adjugés au prix de f. 5,15
Achetés par Bauer, selon l'annotation du catalogue que pos-
sède le cabinet des estampes à Bruxelles.
En ce prix, il s'agit probablement de florins Brabant, îifr. 1,21
Le même livret cite au « n" 683, treize pièces, dont la Cha-
rité, d'après Lombard, par Suavius, » que l'on a vue au 58 de
nos numéros.
A la vente de la collection du chevalier J. Camberlyn, k
Bruxelles, le dit cabinet acquit pour fr. 60,00 :
Les deux planches portraits de :
1" Ursule Lopes (80) ;
2" Melchior Schetz et sa femme (79).
Celte seconde pièce portant sur même feuille le médaillon
d'Hercule et Déjanire, avec marges.
Le cabinet des estampes, h Bruxelles, acquit le grand portrait
d'Antoine Perrenot {S'i pour fr. 80,00
Ces deux pièces sont d'une belle conservation et très-rares,
et firent exception extra comme prix.
NOTE 2.
Concernant le nom de Suavius.
Nul artiste ne vit diversilier l'orthographe et la teneur de
son nom, autant que notre graveur. Chaque biographe sembla
vouloir y apporter une tournure particulière; aussi le trouvons-
nous écrit de vingt-six manières, c'est-à-dire :
Schwabe. Schwave.
Soave. Suave.
Suavie. Suavio.
Suavius. Subterman.
Subtermans. Substermans.
— 317 -
Suptennan. Suster.
Susterman. Sustermanns.
Sustermans. Sulerman.
Sutermann. Sutermans.
Suttermann. Tedesco.
Zeustris. Zustres.
Zustris. Zustrus.
Zutman. Zoutman.
Sans compter Lambert, dit Lombarde. Noms accordés aussi
en partie à Lombard avec lequel on confondit si souvent Sua-
vius ; de même qu'avec Lambert Suster, dit Sustris, d'Amster-
dam, peintre de mérite et leur contemporain.
Vasari avait pourtant cité particulièrement nos deux illus-
trations dès 1S61.
Leurs deux noms se trouvent tracés comme inventeur et
graveur sur des planches de Suavius.
Néanmoins, Sandrart ayant publié en 1683 que Lambert
Lombard et Lambert Suavius n'étaient qu'un même person-
nage, cette erreur fut répétée par la généralité des biographes.
Quoiqu'en 1740 Mariette eût signalé encore leur dualité, la
dernière traduction de Vasari, Paris 1842, dit à la table du
tome 8 :
« Zustris ou Suterman ou Susterman ou Suster, Lambert dit
Lombarde ou Tedesco ou Suave ou Suavius. »
Le même travail ajoute h la note 26 :
« Lambert Sutermans signait ses gravures L. Suavius. »
La biographie des artistes de tous les temps et de tous les
puples, publiée naguère h Berlin, ajoute qu'il n'est pas établi
si Suavius est un même personnage avec Lombard, s'il a été
ou non son disciple et confondu avec lui, ou s'il n'est aucun
des deux.
318
De Villenfagne disant que la famille Zutmaii eut des repré-
sentants à Liège jusqu'au siècle dernier, il y a peut-être aifinilé
avec les suivants :
1" Pierre Zutman, mayeur de Lantremange, auteur du Recueil
de différents privilèges, records et anecdotes concernant les terres
et juridiction de Lantremange. 1 vol. in-f", 1617.
2- Un religieux dont le portrait, gravé, a pour lettre ces
mots: « Suavius Andri. Pred. zu Utrecht. Hustbaet 65 fol: S. V.
Lamseiverde fec. ad vivum 1648.
Table des planches datées de Suavius.
15 16 La résurrection du Lazare 1544
0 5 St Simon de la mite des apôtres 1S45
4 7 St Jude id. 1545
112 Portrait de Michel- Ange 1545
9 St Mathieu 1547
14 Le Christ d^ la suite des apôtres 1548
20 Le Christ mis au tombeau , • • 1848
24 St Pierre et St Paul conduits au supplice . . . 1553
23 bis La guérison du boiteux 1553
121 Vue du palais des Césars à Rome 1553
115 Portrait de M. Perez 1S53
79 Portraits de Melchior Sclietz et de sa femme sur
le même médaillon; imprimés sur la même
feuille avec les deux figures suivantes : . . 1554
25 Hercule et Dejanire sur un même médaillon . . 1554
116 Portrait d'Erasme Schetus 1554
117 Portrait d'Anna Stralen, femme de Melchior
Schetz, précités. Ici elle est seule. . . . 1554
82 i"'' portrait d'Antoine Perrenot 1554
iS Le Christ mort, déposé près du tombeau. . . . 1554
1 Buste de Jésus 1555
2 Buste de la Vierge 1555
81 Second portrait d'Antoine Perrenot, de Granvelle. 1556
63 Marius sur les ruines de Carthage. • . . . . 1^56
89 Christ en croix , . . . . 1557
97 Les deux philosophes 1558
78 Portrait de Baltha:ar Schetus 1561
118 Portrait de Melchior Schetus 1561
62 Allégorie héraldique 1562
18 Le Christ mort déposé près du tombeau . . . . 1567
Table des quatre-vingt et une gravures de Suavius
DÉCRITES DE VISL.
Sujets du Nouveau Testament.
1 Buste de Jésus.
2 Busle de la Vierge.
o Saint, Jacques le Majeur.
4 » Jude ou Thadée.
o » André.
6 )) Simon.
7 » Bailhelemi.
(S » Jacques le Mineur.
9 » Mathieu.
10 » ?
1 1 » Jean l'Evangéliste.
12 )) Paul.
13 » Pierre.
14 Le Christ.
1o Résurrection du Lazare.
16 Christ en croix, d'après Lombard.
17 Le Christ descendu de In croix, d'après Raphaël.
18 Le Christ mort, déposé près du tombeau, entouré d(^s saintes
femmes.
19 Même sujet en contre-épreuve.
20 Le Christ mis au tombeau.
21 L'apôli-e saint Paul.
22 Saint Pierre guérissant le boiteux.
- 321 —
23 Saint Pierre en prison.
24 Les saints Pierre et Paul conduits au supplice.
Sujets mythologiques
25 Hercule et Dejanire.
26 Junon et Psyché.
27 Vulcain.
28 Les Grâces.
29 La sibylle Libique.
30 La sibylle Persique.
Statues de femme, style antique.
31 Figure indiquant à gauche.
32 » au livre et chiffre 3.
33 » au chiffre 5.
34 ') au poing sur la hanche.
35 )) au manteau retenu sur la poitrine.
36 » à la draperie nouée sur le dos.
37 La liseuse.
38 Figure indiquant à droite.
39 » de dos, au monogramme L S.
soulevant son voile,
montrant son manteau,
à la tablette.
de dos, au tronc d'arbre et fond blanc,
à la niche coupée,
k la lampe sépulchrale.
à la couronne murale,
à la guirlande,
à la lyre.
49 Statue d'adolescent, d'après i'anliqu(\
50 L'homme à la hampe.
40
»
41
»
42
))
43
»
44
»
45
»
46
»
47
»
48
))
322
ol Statues de reine et roi Daces prisonniers.
52 Même sujet.
53 Statues d'une jeune fille et de sa nourrice, style antique.
Allégories.
54 La Foi.
55 L'Espérance.
56 La Charité.
57 La Charité, d'après L. Lombard.
58 La Force.
59 L'Abondance.
60 Un prince aveugle entouré de ses conseillers.
61 Les Bohémiens.
62 Allégorie du couronnement de l'empereur Maximilien,
Personnages Romains antiques.
63 Marius sur les ruines de Carthage.
64 Tibère.
65 Octavius, père de l'empereur Auguste.
66 Messaline, femme de l'empereur Claude.
67 Caïus Domitius, père de Néron.
68 Poppea, femme de Néron.
69 Vitellius.
70 Annius Verus, père de Marc-Aurèle.
71 Aurellia, mère de C. G. (Claudius Galenus ?)
72 Domicilia, fille de Vespasien.
73 Arricidia, femme de Titus.
74 Antonius, père d'Antonin-Ie-i'ieux.
75 Faustine, fille d'Antonin-le-Pieux.
76 Crispina, femme de l'empereur Commode.
— 323 —
Portraits modernes.
77 Lambert Lombard.
78 Portrait de Ballhazar Sclietz ou Schelus.
79 » de Melchior Schetz et de sa femme.
80 » d'Ursule Lopes, épouse de M. Ferez.
81 Deuxième portrait d'Antoine Perrenot de Granvelle.
Table des gravures de Suavius
INDIQUÉES PAR LES AUTEURS ET QUI NOUS SONT RESTÉES INCONNUES.
CELLES QUE NOUS CONSIDÉRONS COMME DOUTEUSES SONT MARQUÉES
d'un ASTÉRISQUE.
Sujets Bibliques.
82* Adam et Eve.
83 Le passage de la Mer Rouge.
84 Les Israélites ramassant la manne.
84* Esther devant Assuérus.
Sujets du Nouveau Testament
85 La Vierge et l'enfant Jésus.
86 Jésus ressuscitant le lils de !a veuve de Naïm,
87 Jésus k table chez Simon le pharisien.
87* Jésus prêchant le peuple en paraboles.
88 La femme adultère.
88* Jésus ressuscitant le Lazare.
89 Le Christ en croix.
89* Descente de croix.
90 Descente de croix.
90* Mise au tombeau, d'après Albert Durer,
91 Mise au tombeau.
92 Jésus marchant avec les deux disciples d'Emaus.
92* St Pierre écrivant sur une tablette.
92* St Pierre et St Paul à Alliènes.
92* La guérison du Paralytique.
- 325 —
93 Un apùlre debout, en une niche.
93* Une série d'apôtres et saints debout , avec leurs
attributs.
93* « Un évangéliste assis en une niche, écrivant sur une
tablette. »
94 Le couronnement de hi Vierge.
05 Ste Marguerite.
Sujets profanes et allégories.
96 Hommes et femmes allant à un sacrifice.
97 La Philosophie.
97* Trois philosophes antiques.
97* Deux statues de philosophes.
98 La Prudence.
99 La Justice.
100 La Tempérance.
101 Un Evangéliste.
102 Statues de femme.
103 » »
104 » «
lOo Trois figures grotesques, à mi-corps.
106 Une tête de mort
Portraits.
107 Jules César.
108 Claude Néron.
109 Lollia Paulina, femme de Galigula.
110 Un empereur romain assis dans une niche.
111 Thomas Philologus Ravennas.
112 Michel-Ange Buonaroltus.
113 Idem.
-► H26 —
114 Titien.
115 M. Perez.
116 Erasme Schetus.
117 Anna Straelen, femme de Melctiior Schetus.
118 Melchior Schetus.
119 Rogerius le Strange et Dorothée sa femme.
Paysages.
120 Vue d'une partie du colisée de Rome.
121 Vue du palais des Césars.
TRAITÉ DE PAIX
CONCLU ENTRE
Hugues, abbé de Slavelot et de Malmédy , et Jean , seigneur de Schleiden ,
le 18 juin 1S50.
M. Arsène de Noue, dans ses Études historiques sur l'ancien
pays de Stavelot et Malmédy , rappoiHe que l'abbé Hugues d'Au-
vergne (1343-1373) apaisa les diffisultés qui existaient depuis
longtemps entre l'église de Stavelot et Jean de Schleiden au
sujet des nominations aux places de la magistrature à Malmédy;
cette vieille querelle avait souvent été le prétexte de longues
guerres et même de l'incendie de la ville de Stavelot. Ayant eu
la bonne fortune de trouver à Aix-ia-Ghapelle, dans la collec-
tion de feu M. Ritz, que so i lits a bien voulu mettre à m;) dis-
position, l'original du traité conclu à ce sujet le 18 juin 1350,
par l'interméJiaire de l'évêque de Liège, Euglebert de La Maick,
je crois être agréable aux historiens liégeois en publiant ici le
texte littéral de ce document.
Les membres de la famille le< seigneurs de Schleiden men-
tionnés dans notre diplôme figurent dans les notices généalo-
giques que donne M. Bârsch dans son Eiilia illustrata, I, 2,
page 655 et suivantes.
Hlgo Loersch,
Professeur à l'Université de Buno.
3â8
A tous cheaiis qui chest présent chyrographe verionl ou orroni, Hues,
parle soffranche de Dieu, abbés do églises de Siavio et de Malmedie, des
dyoc.eses de Lyege et de Cologne, et Jehaiis, site délie Scleyde, cheva-
liers, salut en Dieu et conihsîinclie de veriteit. Sachent tuit que comme
discors, guerres el debas aient esteit entre nous, le dit abbeit et religieus
bornes les doijens et capitles des de'^us diites eglizcs et paijs de Slavlo et
de Miiimedio, «l'une part, ei nous, le signe ir del Scleyde cl nobles homes
Conrat délie Scleyde, prov<js de S;iint-Gyrion de Cdlogne, notre frère,
monsigueur Thiri. signeur de JûMcrod(% che\alier, Willeaume délie
Scleyde, canoine de Cologne, nos oncles, et Jehans de Lansvell, lilh
Thiri de Meiros, nos aidans et confortans, d'autre part ; et nos, li dis
abbés, por nos, nôtres eglizes et paijs, d'un costeil, et nos, li sires del
Scleyde, por nos, nos dis fi ère et oncles [et] Jehan de Lansvelt, el nos
aidans et conforlans, d'autre costeit. nos en lui-siens mis, de haut et de
bas, en le volonieit et en la disposition et ordinanche de révèrent père
en Nostre-Signeur Jhesu Crist notre très chier signeur monsignour
Engleliiert, par le grasce de Dieu eveske de Lyege, pour mettre le bien
de pais et l'ac.oit entre nous, les dittes parties, et nos aidans, à perpe-
tuiteil ;
Si sommes nous, li sires délie Scleyde, por noire dilte partie a che
consentit et acortleii parle coiiseilh, dit, traitiet, pronuiiciaiion et accor-
danche de noire dit révèrent peie, que bone pais etaccort doieni estre
et seront a Inus jourv mais des (îiiles guerres, discors et debas que nous
avons eus juscjucs au jour d'ui au dit abbeit. ses eglizes et son paijs, et
avons renun( hiet el renunchons dès maintenant a tout le droit et action
ke nous, nos dis frères, no oncle et Jehans de Lansvelt poriens et devriens
demandeir por nous, nos hoirs et successeurs et les hoirs et successeurs
de cascliun d'eausa le niayrie deiMalmedie el de sesappendiches,et aussi
a tout le droit el action que nos aviens et poijens avoir en une provende
Iciiuelle nos demandions a avoir sour l'eglize de Malmedie; el renunchons
aussi nous, li sires délie Scleyde, ses frères el si oncle desus dit, a tout
chu que nos poriens diiiiandeir pour le mort de Piètre de liulissen et a
tous les autres clains, demandiscs, occoisons et debas ki pueleni esire
avenus entre nous, les dis religieus et lor partie, et ke nos poriens faire
por les choses desus dites jusques au jour d'uy, et aussi a tous cous,
irais, despens et damages que nous, notre aidant el confortant avons
souslenut et eut a l'occoison des dis discors et debas. et pour le mairie,
1
— 329 —
provende et mort desusdittes, et pour toutes autres occoisons juskes au
jour d'uy; et quitons enlirement |)or nos, nos hoirs et successeurs, les
hoirs et successeurs de caschun des desusdis notre frère, oncles et
Jehan de Lansvelt, tout chu que nos poriens jamais dt^mandeir à la ditte
mairie. Et encors avons encouent nous, li sires délie Scleyde, (rabondant,
que nos ferons le dit Jehan de Lansvelt aleir pardevant le dit abbeit et
ses homes et quiteir en tesmoignage de ses homes tout le droit k'ilh et
si successeur poroient jamais clameir en le diite mairie de Malmedie; et
se chu ne fait li dis Jehan, et damages en avenist au dit abbeit, ses eglizes
et son paijs, nous, li sires délie Scleyde, en devrons et avons encovent en
bone foid de jetteir et desdamageir le dit abbeit, ses eglizes et son paijs.
Item nous, li sires délie Scleyde, avons renunchiet et renunchons pour
nous et le dit signeur de Joncrode, nofre oncle, nos hoirs et successeurs et
les siens et pour toute notre partie, a le deraandise ke nous et nos dis
oncles faisions a dit abbeit, ses eglizes et son paijs pour le chevauchie
que mesire Ponches de Margeri, provos délie Roche pour le temps, fist por
î'abie de Stavlo si qu'ilh disdit en le ville le dit signeur de Joncrode a
Meuringes, et avoek tout che a tous autres claius et calenges que nous et
li sires de.loncroide,nos oncles, por nos, nos hoirs et successeurs poriens
demandeir a dit abbeit, ses eglizes et paijs jusques au jour d'uy por les
chozes desusdites. Ei est a savoir que tout li prison ki pris sunta l'occoison
des dis debas sunt quites et les quitons entiremenf. mais ilh dolent gésir
et estre en le main mon signeur de Lyege desusdit jusques a tant que li
dit prison ou autres de par eans a lour cous, frais et despens, aront
impetreit de l'auctoriteit notre saint père le pape u de son peniianchier
une absolution por cheaus ki sunt u seroient excommenijes, entredis et
culpables de le prise des dis prisons; et nos, li sires délie Scleyde et
chilh ki seroient ciilpahle de fait, devons constitueir procureur en le court
de Rome ki aie pooir de chu a impetreir; et devront esfre ches absolutions
impeirees dedens le feste saint Rcmy proehainemenl venant; et s'elles ne
l'estoient, dont pomit noire dis père;- en Dieu li (■ve^kes de Lyege somonir
les prisons de rentreir en prison après le fieste saini Remy, !a u ilh li
plairoit. Et nos,li abbes desusdis, pour aeq leiie pais et concorde, et par-
mi l'acort et traiiiei fait j ar notre revereni père en Dieu desusdit, avons
encovent et prome; tons en bone foid et loialuient que por les renuncia-
tions, quitanches et autres choses chi deseure escriptes que li dis sires
délie Scleyde et sa partie ont fait a nous, nos eglizes et paijs, nous paierons
- 330 —
a dit signeur délie Scleyde,eii nom et a oes de lui et de sa ditle partie, V*^
et chinquante escus vies bons d'or et de pois, u monoie a l'avenant, a
termes chi desous nommeis ch'est a savoir : C et L escus dedens le fieste
saint Gilleet C et L dedens le fieste saint Remy, et le remanant dedens le
fieste (iel Toussains prochainement venans; et s'ensi estoit (que ja ne puist
avenir!) que nos, li abbes desusdis, fuissiens troveis en faute de paijer les
dittes sommes de florins az dis termes, dont volons nos et a chu nos
consentons que li dis sires délie Scleyde et si aidans por faute de caschun
paiement puist entreir et brisier le paijs de Stavlo et de Malmedie et
prendre et paneir sour le dit paijs, sens descompteir de le somme des
chinqcens et L escus desus dis, jusques a tant qu'ilh sera paijet entirement
de toute le dilîe somme; et de chu ne li devons contresteir ne nos justices
ne paijs, et en chu faisant ilh ne meft'eral (i) nient a nous ne n'i puel mef-
faire, car nos nos j obligons de notre lyege volonteil, sauf tant k'ilh, li dis
sires délie Scleyde ne si aidant ne devront riens nieffaire ens eglizes de
Stavlo ne de Malmedie, ne ne devra mettre le main ne faire mettre al abbeit
ne as persones des dittes eglizes. Et par tant que chis pais et acors soient
plus fermes et plus estables,ct en tesmoignage des chozes desusdittes, nous,
li abbes desusdis, avons appendul notre propre seal a ches présentes lettres
et prions et requérons amiablemenl a doyiens et capitles des dittes eglizes
de Stavlo et de Malmedie k'ilh lor plaise tenir et wardeir le pais et l'acort
desusdittes et gréer chu que nous en avons fait pour le mellour, et
appendre por chu a ches présentes lettres lor propres seauz avoek le
notre. Et nous, li doyen et capitle de Stavlo et de Malmedie, ki avons
encovent de tenir et wardeir le dilte pais et accort, avons appendus nos
propres seauz as dittes lettres. Et nous, li sires délie Scleyde desus dis,
Conrars ses frères, me sire Thiris sires de .Joncroide et Willeaumes délie
Scleyde si oncle, ki avons aussi encovent de maintenir et wardeir le pais
et accort desus dis pour nous et nos hoirs et successeurs après nous,
avons aussi fait appendre nos propres seaus a ches lettres. Et nous, Ij
abbes et li sires délie Scleyde desusdit, prions et supplions a notre très
chier signeur mon signeur l'evesque de Liège desusdit et a noble home et
poissant mon signeur de Falcomont chevalier k'ilh, por plus grant ferme-
teit et a fin qu'ilh aident que cheste présente pais soit maintenue etwardee,
lour plaise a mettre lor seauz a ches présentes lettres overtes avoekes les
M I t,(;s fierniorcs ii-.ltri'S sunl ondom iiiiigees par le pli.
331
nôtres. El nos, ii eveskes de Lyege et H sires de Falcomont desus dis, a le
proijere et supplication des dis abbeit et signeur délie Scleyde, qui avons
encovent d'aidier a wardeir le ditte pais et acort entirement, avons
appendus et fait appendre nos propres seauz a ches présentes lettres, ki
furent faites et données l'an de grasce mil ccc et l, xviii"^ jour del moys
de Jun.
(Sous le pli).. Adul. per.. dom.)
Sur le pli, l'indication des sceaux dans l'ordre suivant : adbas.
convenius Stabulensis. conventus Malmundariensis. dominus de
Scleda. Conradus de Scleda. dominus de Joncrode. WtUelmus
de Scleda. episcopus Leodieîisis. dominus de Falcomonte.
De tous les sceaux, celui de la communauté de Stavelot seul
est conservé entier, mais très-rogné; celui de la communauté
de Malmédy dans sa partie inférieure; celui de Conrad de Sleide
est brisé en deux; l'écusson avec lion droit marchant à droite,
est conservé; quelques débris restent de celui du seigneur de
Joncrode. Toutes les queues de parchemin sont à leurs places.
Charte sur parchemin de la collection de feu M. Ritz, à Aix-
la-Chapelle. Hauteur : 35 cent., largeur 50,5 cent. Belle écri-
ture, les marges larges; au haut de la charte se présente, à
l'envers, la moitié du mot chirographus.
Au dos de la feuille, plusieurs notes de diverses mains, qui
se suivent ainsi dans l'ordre chronologique :
Litera pacti inter ecclesias nostras et dominum de Scleda,
facta a. 13î)0.
Renunciation par ceulx de la maison de Scleda à la mairie et
biens de Malmedie, etc., parmy V"^ L escus.
Stabulaus. Hugo abbas. A. g. C. A. 36.
AGE DES VILLAS ET TUMULUS
DE LA HESBAYE ( ' ).
Bacon nous enseigne que la vérité se dégage plus facilement
de l'erreur que de la confusion.
Précisons donc avec netteté quelle est la véritable position
de la question à discuter ci-après.
Deux systèmes sont en présence :
D'après le premier, la Belgique, pendant toute la domination
romaine, aurait été absolument inculte et dépeuplée.
D'après le second, au contraire, la Belgique, à la même
époque, aurait fourmillé de villas opulentes, auprès desquelles
se seraient groupées des agglomérntions d'habitations, berceaux
de nos villages modernes.
La vérité, comme presque toujours, n'est ni dans l'une ni
dans l'autre des thèses extrêmes.
D'abord, dégageons la question de toute préoccupation étran-
gère à la science archéologique et ne nous faisons pas les parti-
sans systématiques de ceux qui, dès le premier siècle, allèguent
l'apostolat en Belgique d'un premier S. Materne, disciple de
S. Pierre, et au 11^ au 111% la présence de chrétiens dans les
légions romaines de la Gaule-Belgique (-). Mais n'adoptons pas
(•) Dans l'intérêt de la dignité de la discussion, imprimons à celle-ci une allure
qui ne soit pas celle de la polémique quotidienne des journaux : les questions
scientifiques sont au-dessus de la personnalité de ceux qui les discutent.
('-) Voir Actn SS du 17 oct., ViH, p. 31.
- 334 —
non plus, sans la contrôler de près, l'opinion contraire à celle
des Bullandisles, opinion dont la portée serait de reculer jus-
qu'au V'^ siècle l'époque de l'introduction en Belgique du chris-
tianisme, dont jamais aucune trace n'a été découverte dans le
tréfonds romain de nos villas.
A ceux qui demanderont à quoi bon rechercher la date où
les villas et tumulus ont cessé d'être en usage, on répondra
que rien n'est inutile en matière scientifique, et il est d'ailleurs
toujours important de fixer des jalons certains pour l'histoire.
N'est ce pas quelque chose, en effet, que de n'avoir plus 5
se demander, quand on lira nos historiens futurs, si « entre
» l'invasion de César et l'arrivée des Franks, des feuillets
» n'ont pas été égarés à l'imprimerie ou oubliés par le bro-
» cheur (') ? »
César (B. G., 1, 33, voy. ibid. 28, 3) considérait comme un
grand danger pour l'Empire que les Germains s'habituassent à
franchir le Rhin ; et en effet, comme l'a très-bien fait remarquer
Fauriel, les invasions des Germains datent de bien loin avant
les grandes invasions du commencement du V'^ siècle ; elles
n'ont pour ainsi dire jamais cessé, sinon dans une période dont
il sera parlé plus loin, où elles ont été momentanément com-
primées, mais pour reprendre bientôt leur essor.
Elles avaient commencé avant la conquête romaine; c'est à
elles que remonte l'arrivée en Belgique des Nerviens, des Ébu-
rons, et d'autres peuples d'origine germanique, qui refoulèrent
les Gaulois et les expulsèrent d'une partie du territoire de la
Belgique.
Ces poussées (-) des barbares qui transportèrent les Ména-
(*) Prospectus du IV^ vol. de Schayos, publiti en 1877 par M. Van Dessel.
(-) Ansibarii pulsi a Chaucis (Tacit., A?»?., XUI, 5S); Bnicteri pulsi a Charaavis
el Angrivariis (lu, .Vor. Germ., XXXIH); Marcomanni pulsi a superioribus bar-
baris (Cai'ITOl., in M. Ani. pliil- , XIV), etc., etc.
Aussi QuiCHElîAT, Bull, (le la Soc. det Aniiq. de France, 1875, p. 168, emploie-
t-il Ift mol piopre en parlant des poussées des barbares.
— 33b —
piens des bords du Rhin jusqu'à ceux de la mer, etc., etc., ne
furent pas absolument maîtrisées par César, car en l'an 26 de
l'ère chrétienne, sous Tibère, les Gaules, d'après Aurelius
Victor, furent ravagées par les nations voisines (a fînitimis gen-
libus Galliae direptae sunt) ; Suétone nous le dit formellement,
ces voisins gênants étaient les Germains (Gallias a Germanis
Tiberius vastari neglexit); c'est bien ainsi la Belgica qui dut
subir le principal effort de celte invasion.
Sous Claude (en l'an 47 ou 48), nous voyons les Barbares de
la Germanie, et nommément les Chauques, qui reparaîtront
plus loin, dévaster une partie de la Gaule-Belgique, portant le
nom de Germanie inférieure, partie à laquelle appartient notre
ville de Tongres (Tacit., Ami., XI, 18, 19).
A peine vingt autres années se passent-elles, que les inci-
dents de l'insurrection de Civilis en l'an 70, incidents dont
plusieurs eurent lieu au sein de nos contrées, dans les avia
Belgarum, près du pons Mosae, etc, ne permirent guère encore
aux habitants du pays de s'installer à la campagne dans des
villas luxueuses.
Mais alors s'ouvre une période très-longue de repos et de
tranquillité, que M. le chanoine Cajot croit également avoir
pris naissance avec la paix entre les Romains et les Germains
qui suivit l'insurrection de Civilis (').
Heureux les peuples qui n'ont pas d'histoire, a-t-on dit ; le
mot est applicable à la Belgique d'alors dont le nom, pas plus
que celui de la Gaule, n'est cité sous les successeurs de Vespa-
sien, jusqu'à Nerva, qui fut proclamé empereur chez les Séqua-
nais, peuple de la Belgica. et Trajan, qui avait été gouverneur
de la Germanie inférieure; ces princes avaient donc contribué à
maintenir la paix dans nos contrées, avant leur avènement à
l'Empire.
Quant aux grands règnes d'Hadrien et des deux premiers
i') Aiin. de la Snciélé archéol. de t\'nmiir, XIV, p. 97, note i.
:s36
Autoiiiiis, un auteui- a pu iiitilulor le chapitre qui en traite, de
celte rubrique éloquente : « Belgica pauca sub impp. Hadriano,
Antonino Pio, et iMarco Aurelio philosopho. »
C'est cette période qu'indiquent, sans exception, par les mon-
naies qui y ont été trouvées, toutes les villas de la route de
Cologne à Bavay jusqu'un peu au delà de Tongres, et tous les
tumulus de la Hesbaye (dépendances mortuaires de ces villas,
comme l'a prouvé la paire de petits trépieds découverts l'un
dans une villa à Pelit-Fresin, l'autre dans un tumulus à Grand-
Fresin),
Les monnaies impériales ont eu cours sous tout l'Empire,
soit! Mais quand l'induction tirée de la date des monnaies con-
corde avec une période de tout un siècle de calme et de tran-
quillité, serait-il interdit d'invoquer ces monnaies comme
un contrôle utile des faits historiques connus, et réciproque-
ment ?
D'une part, cent ans de paix; d'autre part, une série de villas
et de tumulus, tous datés des mêmes cent ans, ne donnent-ils
pas lieu de supposer que l'absence de monnaies postérieures
n'est pas un simple accident ?
M. le chanoine Gajot, dont l'autorité vient d'être invo-
quée, a produit une autre induction à laquelle on avait déjà
songé (') :
« Les données fournies par les monnaies d'un trésor, dit-il,
permettent d'assigner au dépôt non-seulement une antiquité
minima, mais sa date précise ; car on peut avancer en règle
générale que les monnaies les plus récentes d'un trésor enfoui,
au moins quand elles sont nombreuses et à fleur de coin,
désignent d'une manière presque certaine le règne, je dirais
volontiers Tannée, pendant lesquels le trésor a été caché. Cette
date une fois trouvée, on remarquera qu'elle coïncide presque
(') idill. des Comm. rotj. d'art et d'ajxhéol., V. p. 515), noie 2, où il est parié
du iresor de Mespelaere, cit«? ci-après.
- 387 —
toujours avec un bouleversement ou une invasion, doai la
crainte aura déterminé le propriétaire du trésor à le confier à
la terre... Dans leur langage muet, les monnaies nous désignent
les années où ces trésors ont été cachés, comme des années
d'inquiétude pour les colons; elles nous disent les agitations de
ces époques éloignées, les appréhensions et les craintes à
l'annonce d'un danger imminent... Quand on rencontre des
trésors nombreux de ces monnaies confiés à la terre à la même
date, on doit se dire : leur enfouissement a eu une cause com-
mune. »
M. le chanoine Cajot, outre le trésor de Mespelaere déjà cité,
en produit deux autres de Sweveghem et de Baudour qui, comme
celui-là, indiquent le règne de Marc-Aurèle : les monnaies de
Commode encore César (i) et même déjà Auguste (de 178 à 180),
o'esi-à-diie avant qu'il n'eût succédé à son père, ont eu cours
pendant plusieurs années du règne de celui-ci.
Un quatrième trésor important rentre dans la même caté-
gorie, c'est celui qui fut découvert en 1830 dans la commune de
Baerlo, près de Blerick (-) (Limbourg hollandais), et qui contenait
des pièces d'or et d'argeiit, vendues par finvenîeur pour plu-
sieurs milliers de florins: toutes ces monnaies étaient comprises
entre les règiics d'Auguste et d'Antonin.
(*) Tel ost certainement le cas pour l'abondant trésor de Mespelaere, comme on
peut le voir chez M. Galesloot, Le Brabant sous l'empire romain -. Commode avait
été dès l'âge de cinq ans décoré du nom de César, et il avait environ dix-neuf ans
quand il succéda à son père : « Puer Caesar appellatus est, » dit Lampride, c. 1.
EcKHEL et Cohen nous font connaître des monnaies portant le nom de Commode,
mises en circulation dès l'an 172 et 473, et il serait bien possible que ce ne fussent
pas les plus aiioiennes.
(*) Voir sur celte trouvaille, Publications de la Société d'archéoloqie dans le
duché de Limbourg, I, P.64, II, p. 247; l'Eclaireur de Maeslricht du 20 juin 1830,
Le Courrier de la Meuse du 23 du môme mois, n" 147; ScHAYis 111, p. 424, qui cite
Van der Chys, I, p. 349, s'occupe de la même trouvaille, ainsi que Gaedechens;
Das Medusenltaupt von Blariacum, p. 4.
— 338 —
II.
Un événement a donc, sous les premiers Antonins, provoqué
l'enfouissement de trésors, en des localités éloignées de la
Gaule-Belgique, trois sises dans le Hainaut et les deux Flandres,
qui faisaient alors partie de la Belgica proprement dite, et une
dans la Germania inferior.
Cet événement dont l'importance est assez généralement
admise, a cependant été considéré comme tout à fait insigni-
fiant par un auteur qui fait régner en Belgique la sécurité et la
prospérité la plus complète, bien au delà du règne de Marc-
Aurèle...
Il y a donc lieu d'étudier de près cette « prétendue invasion
des Chauques, si peu connue dans l'histoire, « comme on l'a
appelée.
« Dès le règne de Marc-Aurèle, dit Gibbon, presque tous les
Germains entrèrent dans une conspiration générale qui glaça
l'empire d'effroi, depuis l'embouchure du Rhin jusqu'à celle du
Danube ('). Une invasion si dangereuse excitait toute la fermeté
el toute la vigilarice de Marc-Aurèle. Il confia plusieurs postes
importants à d'habiles généraux. »
Pertinax et Didius Julien, depuis empereurs l'un et l'autre,
avaient été deux des généraux choisis par Marc-Aurèle, et
celui-ci, pour reconnaître leurs services, tant ceux-ci avaient
été considérables, le;, fit nommer consuls en l'an 478 (*).
Mais, dit-on, l'expédition des Chauques en Belgique, n'a
guère pénéiré dans ce pays; elle a été arrêtée tout court à la
Irontière par Didius Julietï. Donc toutes ces prétendues inquié-
tudes des habitants des villas rurales ne sont que chimères ; la
('-) Hisi. Aug., viii; Ammien Marcellin, XXXI, S ; Aurelius Vict. etc.
(*) D'après un mémoire pub i'- par l'Académie de Belgique, -1875, XLI, p. 41,
ce consulat daterait seulement du mois de Juillet 179. il est vrai que Borchesi le
place en 175 (C.I.L., VI, -r' 1401).
— 339 -
tranquillité la plus complète a continué à régner en Hesbaye....
Dans le texte de Spartien, tous mots portent; citons-les:
« Belgicam (Didius Julianus) sancte et diu rexit. Ibi Gauchis,
Germaniae populis, qui Aibim fluvium accolebant, erumpenti-
bus restitit, tumultuariis auxiliis provincialium: ob quae con-
sulatum meruit, testimonio imperatoris. »
Remarquons d'abord (bien que plus tard certains vers con-
nus de Claudien opposent les Chauques à tous Belges quel-
conques), qu'il s'agit ici de la Belgica, dans son sens le plus
strict, et non pas de la Gallia Bdgica en général : celle-ci à
l'époque où nous sommes, comprenait trois parties, la Belgica
(non encore divisée en Prima et Secundo), et les deux Ger-
maniae {Superior et Inferior) (').
Or, dans le passage cité, Belgica est opposée à Germania infe-
rior, avec emploi du môme mot rexit; Spartien continue en
effet : « Postea Germaniam inferiorem rexit. »
La même distinction est établie dans un cwsus honorum de
ce personnage, où il est dit qu'il fut successivement legatus
Augusti pro praetore de la Belgica, de la Dalmatia, puis de la
Germania inferior (^).
Les deux Germanies, on le sait, étaient sises sur la rive
gauche du Rhin, l'une en atnont, vers Mayence, l'autre en aval,
ayant Cologne et Tongres pour villes principales (■').
( * ) On discute même le point de savoir si la Germanie n'était pas une province
indépendante de la Gallia Belgica. [Voir dans ce sens L. Renier, nouv. édit. de
Spon, Recherches, etc., p. 141); l'illustre Mommsen, et d'autres savants, mais de
second ordre, sont d'une autre opinion : en tout cas , on n'admettra pas l'avis d'un
de ces derniers qui suppose que Didius Julien résista dans la Germania aux incur-
sions des Germains; ce ne peutêtre en aucun cas pendant qu'il était gouverneur
de la Germania inferior, puisque celle-ci était une province impériale consulaire,
et que Didius Julien ne fut nommé consul qu'après l'exploit en question.
(2) Corpus inscript, latin, VI, n" 1401.
(') On sait que l'inscription du musée de Liège, trouvée en même temps qu'une
autre du musée de Bruxelles dédiée aux Fines ou divinités des frontières, provient
de Brohl, près d'Andernach ; en cet endroit, coule un ruisseau nommé Finxibach
— 340 —
Les Chauques qui, comme on l'a vu plus haut, avaient déjà
une première fois pénétré dans la Germania inferior, la traver-
sèrent tout entière cette fois et s'avancèrent tout au moins
jusqu'aux frontières de la Belgica; or Tongres appartenait
à la Germania inferior ... .
Donc, même si les Chauques ont été arrêtés à la frontière de la
Belgica romaine, ils n'en avaient pas moins pénétré dans notre
Belgique actuelle et au-delà de Tongres. Cela est de toute évi-
dence, et cela suffît à la thèse ici soutenue.
Qu'est-il besoin, après cela, de discuter sur le temps qu'ont
incontestablement exigé des levées en masse, et des réquisi-
tions allant susciter le concours de tous les provinciaux depuis
l'Escaut jusqu'à la Seine et jusqu'à la Marne ? En supposant
même que l'armée de Didius Julien se soit trouvée tout équi-
pée à la frontière de la Belgica, quand les Chauques s'y sont
présentés, ceux-ci n'avaient pas moins dépassé Tongres, et par
conséquent ruiné ce qu'ils avaient rencontré sur leur route.
Soutenir, comme on l'a fait (*), que les Chauques sont allés au
moins jusque vers Waremme, ce n'est donc que rester dans la
plus stricte vraisemblance.
A en juger par la récompense impériale, il faut bien certai-
nement que l'exploit de Didius Julien ait été considérable;
c'est à ce critérium qu'il faut juger le danger qu'il réprima, et
la crainte ou au moins l'inquiétude que ce danger avait fait
naître. N'est-ce pas même cette crainte ou cette inquiétude qui
engagea l'empereur à contiei" à Didius Julien, après son con-
sulat, le gouvernement de cette Germania inferior que les
Chauques, avant d'arriver à la Belgica, avaient impunément tra-
(ruisseau àe& fines), qui passe pour avoir séparé la Germania superior de la Ger-
mania inferior.
Le Tertinius Severus de l'inscription du musée de Liège a, dans une inscription
de Lyon, un homonyme nommé Tertinius ...ssus, comme lui soldat de la Legio
VI 11 A u(/ lista.
(') Introduction du IVe volume de Schayes, publié par Van Dessel, p. XI.
;i4i
versée ? Ce gouverneineiil, qui ne se donnail qu'à des persou-
nages consulaires et à des hommes de guerre distingués ('), était
un nouveau témoignage de l'importance des exploits précédents
de Didius Julien.
Croit-on que l'empereur Marc-Aurèle se fût livré à des dé-
monstrations aussi exceptionnelles, s'il ne s'était pas passé en
Belgique un événement d'une grande portée ?
Et pour qu'il ne reste pas de doute sur la voie que les
Chauques avaient dû parcourir pour arriver à la frontière de la
Belgica, rappelons, en y renvoyant, tous les arguments que l'on a
fait valoir pour démontrer que c'était et que ce devait être la
route de Cologne à Tongres {-). C'était là d'ailleurs que les
Chauques, Germains et par conséquent peu disposés à oublier
une injure (Tacit., Mor, Germ., XXI), avaient à réprimer un
guet-apens dont leurs aieux avaient été l'objet de la pan des
Agrippiniensde Cologne (TAcrr.,^is/.,IV, 79); ceux-ci n'avaient
du reste cessé d'être mal vus des autres peuples de la Germa-
nie (Id., IV, 64,65; Caes. B. G., iV, 3).
A Cologne s'ouvrait, devant les Chauques, la route romaine
vers Tongres qui fut construite par Agrippa, ou qui, tout au
moins, existait déjà depuis longtemps à l'époque des Antonins,
ce qu'il est superflu de démontrer.
Ce qu'on ne contestera pas, en tout cas, c'est que les pro-
vinciaux à l'aide desquels Didius Julien résista aux Chauques,
furent les habitants de la Belgica, les Belges proprement diis;
ce fut là, à coup sûr, pour ces Belges des Flandres, du Hainaut,
etc., un appel assez sérieux à l'inquiétude et à la défiance. La
rencontre dut même être fatale à plusieurs d'entre eux qui ne
retournèrent pas chez eux, témoin les trésors qu'il ne leur fut
pas donné d'aller déterrer à la place où ils les avaient en-
fouis.
(*) Mémoires de l'Académie de Belgique, déjà cités, p. il.
(*) On peut los lire dans If liull. des Comm. roy. d'an f^t U'archéol., VI,
p. 298.
— ut
m.
Les discussions dont l'irruption des Chauques de l'an 176 ou
177 a été l'objet, sont la conséquence du système qui lend à
prolonger l'existence des villas belgo-romaines jusqu'au IV''
siècle et au V^
Mais tout ce qu'on a pu dire à ce sujet serait fondé, que la
thèse contraire serait encore insoutenable.
Faut-il, en effet, faire ici une concession toute gratuite,
faut-il considérer la conspiration générale des Barbares contre
l'empire sous Marc-Aurète, et l'irruption des Chauques en
Belgique, épisode de celte conspiration, comme n'ayant répandu
dans notre pays ni terreur, ni même simple défiance; admet-
tons par pure hypothèse que les villas, même de la Germania
inferiov, aux abords de Tongres, n'aient pas été désertées; que
l'on n'ait pas, dès ce moment, cherché des résidences, villes,
bourgs, camps ou postes fortifiés, où l'on pouvait se défendre
contre des coups de main
Toujours est-il que, tout au moins, le règne de Commode fut
une occasion d'inquiétude et de trouble.
Pendant ce règne, plusieurs provinces voulurent se sous-
traire au pouvoir de l'Empereur. Or, la province de Germania
— à laquelle, on le répète, appartenait Tongres — est citée tout
particulièrement comme ayant pris part au mouvement : « in
Germania imperium ejus recusanlibus provincialibus. » Et
apparemment que les Germains non romanisés d'Oulre-Rhin,
ne restèrent pas étrangers à ce mouvement de leurs congé-
nères ( ') implantés sur le sol romain.
Si les moiniaies au type de Commode, trouvées dans certains
trésors cités plus haut, sont de Commode déjà empereur, il y a
(') Voir ace sujel les diviniltis : Matronae Canirusteihiae, Uea Viradesthis, 6lc.
adoréi's aux bonis du Rhin el dans notre Belgique.
— M4H —
dans ces circuiistances d'insurrection, plus qu'il n'eu faut pour
justifier les craintes des possesseurs des trésors, comme le
pense M. Galesloot qui les croit enfouis sous Commode seule-
ment (M.
Or comment veut-on qu'avec de pareilles inquiétudes, les
campagnes et les villas aient pu être encore habitées avec con-
fiance et sécurité ?
Puis les événements se précipitent :
Sous Septime-Sévère (193 à 21 1) c'est la lutte de cet empe-
reur avec son compétiteur Albinus qui débarque de la Bhtamiia
dans la Belgica, perçoit dans celle-ci des tributs, avant de se
faire battre à Lyon.
Sous le règne d'Alexandre-Sévère, en l'année 234, ou selon
d'autres en 241 ou 242, les Franks font leur apparition dans
l'histoire : ce n'est pas à titre de colons venant s'établir chez
nous, plus ou moins du gré des populations ; c'est à titre de
conquérants : « Francos irruentes,quum vagarentur per totain
Galliam, » dit l'Histoire Auguste en parlant de l'empereur
Aurélien alors simple tribun de la VP légion. Non-seulement
ils avaient franchi la frontière romaine et le Rhin , mais ils
avaient attaqué les campements romains, envahi un grand nombre
de villes et de bourgs, en un mot ravagé toute la Gaule ( -i.
N'est-ce pas, dès lors, une erreur de soutenir que les Bar-
bares ont seulement au IV*" ou au V'^ siècle, fait réellement
invasion en nos contrées ?
Mais c'est loin d'être tout :1e mêmellPsiècle nous montre toute
une série d'événements de guerre, et nommément d'invasions
( ' ' Dans un trésor découvert vers 1834, près du village de Hornoy, en Pi-
cardie ('c'est-à-dire dans la Belgica), on a trouvé plus de cunt médailles d'or de
Commode. ,Voyez ce nom dans la Biographie Universelle, édit. de 1844.)
(') Cfr. Ai'RELius Victor et Hérodien ; celui-ci rapporte même que la nouvelle
était arrivée jusqu'en Syrie : o que les Germains avaient traversé ie Rhin, envahi
l'Empire , cerné les armées des rives, et fait des irruptions, eu troupes nom-
breuses, par les villes et bourgs. »
— 344 -
germaines, avec lesquelles l'existence des villas en pleine cam-
pagne est devenue tout h fait incompatible.
Postume, d'après Auielius Victor et Zonaras, avait été
préposé par Valérie n (253 à 259) au gouvernement des Gaules
et delà frontière romaine sur le Rhin ; il fut obligé d'en chasser
par la force un grand nombre de Germains qui avaient passé le
fleuve, « explosa Germanorum multitudine. »
Postume avait rétabli la paix dans les Gaules, repoussé toutes
les nations de la Germanie, et rendu pendant quelques années à la
Gaule la tranquillité dont elle avait joui auirefois« pristina secu-
ritas; «mais à peine Postume est-il mort que les Germains vien-
nent ravager la Gaule ei, après avoir dévasté et brûlé les châ-
teaux construits sur la frontière, font subir le même sort à
plusieurs villes de la Gaule, « plerasque Galliae civitates, nonnulla
etiam castra quae Postumus, per septem annos, in barbarico (*)
aedificaverat, quaeque subiia irruplione Germanorum direpta
luerani et incensa. »
Gallien lui-même, au témoignage d'Aurelius Victor et d'Eur
trope, eut aussi à lutter contre les Germains, et dut les chasser
de la Gaule qu'ils avaient ravagée « vaslaiis Galliis. » Et cette
invasion dut même être bien générale, f-ar c'est en Italie et en
Espagne que se réfugient les vaincus.
Les légendes ont parfois leur fond de vérité; c'est h la
même époque à peu près, sous Valérien et Gallien (2o3 à 268),
que Grégoire de Tours, mieux informé que les chroniqueurs
qui le suivirent, place l'histoire de ce Chrocus, roi desAlamans
(*) Ici Ton doit se séparer de M. F. i). (Ànn. Soc. arclieol. de Namur.) XIV, p.
104 , qui considère les casira qu'on rencontre disséminés dans notre pays, comme
iiyanl été établis par Postume et Probus. Tkebellius Poi.lion et Vopiscus parlent
formellement de /<?>7-iroj>e barbare « in barbarico, in solo barbarico; » il s'agit là,
non db territoire provincial occupé par des colons venant île l'étranger, mais de
fortificaiions établies sur les limites de l'Empire contre des agressions futures.
Le fait peut nt'anmoins être admis, car Probus, le constructeur de tant de villes
(urbesromana.s posuil),doit avoir songea défendre aussi les campagnes, notamment
celles ou il cantonna des colons germains. (Voyez ci-après.)
— 345 —
qui, dans le but d'illustrer son nom à la manière d'Érostrate,
ravagea les Gaules pour les ravager el y détruisit, pour les
détruire, une quantité de villes et d'éditices antiques ; la ville
de Metz, située dans la Belgica, est citée tout particulièrement
comme ayant été sur le passage des Alamans de Ghrocus.
Mais que sont ces événements à côté de ceux de l'an 254, où
l'on voit, comme le dit formellement Zosime, soixante villes
des Gaulestomber successivement dans les mains des Barbares?
Ce? soixante villes sont celles que, dans un travail récent ('),
l'on signale comme ayant été fortifiées par les Romains depuis
l'an 277, époque de leur reprise par Probus, jusqu'en l'an 306,
tin du gouvernement de Constance Chlore. Arlon est Tune de
ces villes, ce qui démontre que les motifs de défiance à l'égard
des Barbares s'appliquaient aussi bien à la Belgique actuelle
qu'au restant de h Gaule.
En attendant que la thèse de ce travail soit contestée et réfu-
tée, il sera bien permis de se servir des arguments qui y sont
présentés, et notamment du fait suivant : à la fin du IIl« siècle,
les villes avaient été si dépeuplées par la guerre et les violences,
que partout elles durent réduire leurs enceintes, pour pouvoir
se défendre contre les invasions de plus en plus rapprochées,
de plus en plus terribles. « Les habitants décimés, dit M. Buhot
de Kersers, rentrant dans les villes ravagées, ont consommé la
destruction de leurs monuments et ont reconstruit à la hâte des
fortifications restreintes, proportionnées à la condition misé-
rable que leur faisaient ces malheurs ! w
Comment Probus, lui-même, rend-il compte au Sénat du
triomphe qu'il a remporté, et, par la violence de sa réaction,
(*) Bull, des Comm- toy. d'art et d'archéoL, XVI, p. 482.
La fixation du dernier quart du \\\^ siècle aux fortifications des villes de Gaule
est confirmée par les inscriptions qui, sur les portes romaines de Grenoble, rap-
pelaient que les remparts, au travers desquels elles étaient ouvertes, furent cons-
truits par Dioctétien et Maximien (281) à 3051.
346
comment nous permet-il de juger de cequ'avaitdû être l'attaque
réprimée par lui ï
« Quarante mille ennemis, dit-il, ont été tués; seize mille pri-
sonniers ont été faits; soixante-dix villes ont été reprises sur
l'ennemi, et la Gaule entière a été délivrée. Toutes les villes de
la Gaule m'ont décerné des couronnes d'or. Tout le butin a été
repris. «
Et dans ces Gaules dévastées, pillées, et pendant plus de vingt
ans occupées par les Barbares, on auraitencore vu partout dans
nos campagnes, des villas habitées paisiblement par des proprié-
taires romains ! Yo'ûh ce qu'on ne croira pas...
Non ! il suffit de parcourir les récits des historiens pour ne
pas s'y tromper : MM. Bequet et Cajot qui, cl ils n'ont pas tort
peut-être, n'acoeptent pas l'invasion des Ch^tuques comme
ayant détruit les villas romaines de la province de Namur, ne
résistent pas aux preuves que leur livrent l'histoire et l'archéo-
logie pour le siècle suivant.
« Vers le milieu du IIP siècle, dit le premier ('), la faiblesse
des empereurs, l'éloignement des armées permirent aux Franks
de traverser le Rhin et de se jeter sur la Gaule qui leur offrait
une proie facile. Partagés en bandée peu nombreuses, ils portent
leurs ravages jusque dans nos contrées. A leur approche, les
populations fuient, les riches abandonnent leurs maisons et
leurs villas, pour se réfugier dans des endroits escarpés, dont
ils augmentent les défenses naturelles par des murailles élevées
à la hâte; tel fut, croyons-nous, l'origine dans cette province,
des camps de Furfooz, d'Éprave, de Montaigle, de la Roche-à-
l'Homme.
« La frontière du Rhin n'étant plus protégée, était franchie
par des troupes de Barbares qui venaient prendre leur part du
pillage des Gaules; ces désordres empêchèrent la sécurité de
(•) innnle^ ri^ln Sf>e. arrht'iil. ih Sniniir, XIV. pp. I I et l:î.
— :u'i —
renaître, dépeuplèrent les campagnes, et mirent le pays dans un
déplorable état de misère »
« C'était, dit le second ('), une triste époque pour les Gaules
que la dernière moitié du [II*"" siècle : alors commença cette
longue série d'invasions frankes qui ne devnient définitivement
cesser que deux siècles plus tard, parla conquête de la moitié
des Gaules. *
» Un auteur ancien rapporte que dès l'an 241, les Franks ayant
fait irruption dans l'empire, erraient par toute la Gaule; ils y
exerçaient les plus grandes dévastations, surtout dans les cam-
pagnes, restées sans défense. Malheureusement ces invasions
n'étaient pas passagères comme celle des Chauques, mais
presque continuelles ; chaque année, de nouveaux arrivants
s'efforçaient de prendre pied sur le territoire de l'empire, ou du
moins de s'y enrichir par le pillage.
» .... Telle est la cause probable de la ruine de la plupart des
établissements romains, de la destruction d'une bonne partie
de nos villas; telle est aussi l'origine de ces cas/m romains,
qui, dans un but de protection pourles habitants des campagnes,
s'élevèrent sur les hauteurs dans les parties du pays les plus
menacées. »
Nous possédons, au surplus, une preuve historique de la
dépopulation et de l'abandon de nos campagnes: Eumène.dans
un panégyrique en l'honneur de Maximien, dit que les champs
jadis labourés par les Trévires et les Nerviens, avaient été
abandonnés, et qu'il y avait eu nécessité de requérir le con-
cours des Barbares pour les remettre en culture : « Nerviorum
et Trevirorum arva jacentia Francus excoluit. »
Déjà Probus avait dit au Sénat dans son message déjà cité :
« Les champs de la Gaule sont maintenant cultivés par les
bœufs des Barbares ; les troupeaux de ces derniers paissent
(*) Ihid., p. \m.
348
maintenant pour noire subsistance; nos greniers regorgent de
leurs blés... »
Et Ton voudrait que des villas (mieux encore des villages !
berceaux de !ios villages modernes) eussent continué à exister
dans ces an'a naguère encore jacentia, désormais cultivés par
des prisonniers ou des colons étrangers!
Les préposés romains, chargés de sui^eiller ces agriculteurs
implantés forcément sur notre sol, ne songèrent certes plus h
s'établir dans des villas luxueuses, peu susceptibles de défense :
c'est du liant de leurs camps retranchés, et appuyés de forces
militaires sutïisantes, qu'ils durent songer à exécuter leur mis-
sion.
C'est à cette période, par exemple, que doit se rapporter le
camp qui protégeait le bourg romain d'Assche, récemment
décrit par M. Van Dessel ('), où l'on a trouvé des monnaies du
III"''" siècle et du IV""'; c'est aussi l'époque des castelets, cfiàte-
lets, chasselets^cheslins, etc., si nombreux dans toute la partie
montagneuse de la Belgique (-), de ceux de la province de
Namur déjà signalés, etc. etc.
L'influence de l'invasion des Chauques de l'an 176 a pu ne
s'exercer que dans un rayon restreint, rayon qui, en tout cas,
s'étendait au-delà de ïongres vers la Hesbaye; mais quant aux
invasions du milieu du III""' siècle, elles ont été générales et à
plus forte raison ont-elles compris la même contrée. Cette suc-
cession d'événements de guerre fit nécessairement déserter les
habitations paisibles des campagnes, et cela est si vrai qu'un
auteur est allé jusqu'à nier l'existence et la possibilité de l'exis-
(') mélanges archéologiques dont l'impression a été ordonnée dans les Annales
de l'Acitdcmie d'archéologie de licl<)i(iue,!H)\xs presse. L'auteur élimine par de bonnes
raisons, certaine monnaie d'Anastase, dont M. Galesloot et autres avaient fait
étal.
(*) Voir a cet égard un travail de M. Sulbout, curé à Strainchamps, qui paraîtra
prochainement dans les mêmes Annales-, dans le seul canton de l'auvillers, l'auteur
a trouvé uni' vingtaine de ces ra>^(ello.
349
tence de villas romaines, vers les bords du Rhin, parce qu'elles
y auraient été bien trop exposées aux irruptions des Barbares (').
Erreur due h une confusion des temps: quand l'Empire vécut
dans la paix et la tranquillité, de l'an 70 à l'an 176, la sécurité
fut aussi grande sur la rive gauche du Rhin que partout ailleurs;
quand les invasions germaines reprirent leur cours, toute la
Gaule partagea les mêmes dangers, et les villas les plus
éloignées du Rhin ne furent pas mieux protégées que celles des
bords de ce fleuve.
[V.
Probus ne procura à la province qu'une tranquillité momen-
tanée; il ne régna que six ans (276 h 282), et à peine était-il
mort que l'on vit de nouveau les Barbares traverser le Rhin.
Carus envoya en Gaule son fils Carinus,et l'empereur manifesta
même le regret de ne i)ouvoir déléguer nji homme plus ferme,
tant à ses yeux le gouvernement de cette partie de l'empire
b-xigeait de mesures d'une énergie toute particulière.
Quel fut le motif pour lequel Tacite fut en Tau 275 élevé au
trône impérial? Vopiscus nous le dit; un sénateui-, Velius Corni-
ficius Gordien, en pleine séance de la curie, invoque le fait que
les Germains ont de nouveau franchi le Rhin, se sont emparés
de plusieurs places fortes et de villes considérables, riches, puis-
santes : « limitem trans Rhenum Germani rupisse dicuntur,
occupasse urbes validas, nobiles, divites, potentes. » Et, dit un
historien moderne, « sans aucun rfouf^, parmi ces villes se trou-
vaient nos villes belges opposées les toutes premières aux
incursions des Barbares. »
En 284, s'agitèrent les Bagaudes, qui révolutionnèrent une
partie de la Gaule, dévastèrent toutes les campagnes et harce-
(*) Voir iJull. rfev Comm. rof). d'art et d'orcheol., VI, p. iOi.
:^50
lèreiit même les villes, au témoignage d'Aurelius Victor; si leui's
traces vers le Nord ne sont pas signalées plus haut qu'à Meaux
et sur les bords de la Marne, l'auleur moderne déjà cité n'en
émet pas moins l'avis que cette rébellion dut menacer la Bel-
gique indépendamment des irruptions continuelles des Barbares
d'Oulre-Rhin. « Il est évident, dit-il, qu'à cette époque l'aspect
de la Belgique était digne de pitié. »
A peine Maximien a-t-il comprimé la rébellion des Bagaudes,
voilà de nouveau les Barbares qui menacent la Gaule : « uni-
» versae Gnlliae minabantur et praecipiti impetu irrumpe-
» bant, » dit Mamertin. Aussi Maximien établit-il le siège de
l'Empire à Trêves, comme l'avaient déjà fait Telricus et
Postume', pour être mieux à même sans doute de défendre les
parties menacées dont notre Belgique... Maximien est cité par
un panégyriste comme ayantexterminé et réduit des milliers de
Franks qui avaient dévasté la contrée rhénane : « qui terras cis
Rhenum invaserant. »
Eutrope ajoute à cela les déprédations maritimes exercées par
les pirates barbares sur les côtes de cette partie de la Gaule,
« per traclum Belgicae, » et qui n'étaient pas faites pour ras-
surer nos populations.
Aussi le même historien moderne, déjà cité, ne se fait-il pas
faute do s'écrier: « Si dans ce siècle les Germains ou les Franks
ont si souvent franchi le Rhin et envahi la Gaule, combien n'a
pas dû souffrir notre Belgique! » Et plus loin : « C'est seule-
ment sous l*robus que, déchirée par tant d'incursions, la Bel-
gique ail pu quelque peu respirer . »
Inutile de citer à la même époque l'invasion des Bourguignons
et Vandales qui désolèrent la Gaule en 275, et celle des Bour-
guignons en l'an 286, qui traversèrent le Rhin et vinrentmourir
dans la Gaule de la faim et de la peste (M.
(M Dom BouoUET, Recueil drs Htsiunnn. MI. |). 40^. Note où il cite ZosiME et
Mamertin.
351
C'est à peine si, sous Constance Chlore, la Belgique jouit
encore de quelque quiétude, car nous voyons en l'an 296 ou 301
une quantité immense de Germains, « immanis mullitudo ex
diversis Germanorumpopulis, » traversant de nouveau le Rhin...
Mais nous voilà arrivés au IV™« siècle, où la question n'est plus
posée dans les mêmes termes.
Au IV® siècle, dit-on, auraient bien commencé les invasions
réelles des Barbares, invasions continuées par la grande inva-
sion de l'an 406, et ce serait à ces invasions seulement que
pourraient être attribués les incendies des villas , incendies
auxquels les habitants des villages voisins auraient pris part.
Ces villages n'ont pas cessé d'être peuplés, ni au IP siècle, ni
au IIF, ni au IV% etc.
Ni au III"' siècle ni au IV% ajoute-t-on. on n'a cessé d'ériger
des tumulus, de construire des villas...
Comme ce système ne méconnaît pas la destruction com-
plète des villas, tout en la reportant bien tard, il n'y aurait
guère d'intérêt à continuer ici l'étude des documents historiques
concernant le IV® siècle, si l'on n'avait introduit un élément
nouveau dans le débat, c'est-à-dire l'existence de villages pla-
cés à côté des villas, villages qui auraient contribué à la
destruction de celles-ci, et qui leur auraient survécu.
L'existence de ces villages n'est pas du tout, comme on le
dit, admise par l'opinion communément reçue; loin de là.
En efiet, lorsque Gibbon, les auteurs à la main, nous rap-
porte quelle fut la situation de la Gaule au IV« siècle, voici ses
propres paroles :
« Dans l'aveugle acharnement de la discorde civile, Con-
stance avait abandonné aux Barbares delà Germanie les contrées
do In Gaule qui obéissaient à son rival. Un nombreux essaim
352
de Frank:, et d'Alamans turent invités à passer le Rhin, par des
présents, des promesses, l'espoir du pillage et le don de toutes
les terres qu'ils pourraient envahir, (On peut trouver, dépeints
dans les ouvrages de Julien. d'Ammien Marcellin, de Libanius,
de Zosime, de Sozomène, les ravages des Germains et la
détresse des Gaules.)
« Indifférents h la qualification de révolte ou de loyauté, ces
voleurs indisciplinés traitaient comme leurs ennemis naturels,
tous les sujets de l'Empire dont ils convoitaient les possessions.
Quarante-cinq villes florissantes, Tongres, Cologne, Trêves,
Worms, Spire, Strasbourg, et un grand nombre d'autres villes
et villages, furent ravagées et la plupart réduites en cendres.
Les Barbares de la Germanie habitaient les bords des rivières
du Rhin, de la Meuse (') et de la Moselle. Des sources du Rhin
jusqu'à son embouchure, les conquêtes des Germains s'éten-
daient à quarante milles vers l'Occident de cette rivière; mais
les pays qu'ils avaient dévastes étaient trois fois plus étendus
que leurs conquêtes. Jusquà une distance beaucoup plus éloignée,
toutes les villes ouvertes des Gaules étaient désertes, et les habi-
tants, renfermés dans les villes fortes, tiE pouvaie.nt plus recueillir
DE GRAINS QUE SUR LES TERRES ENCLOSES DANS l'ENCEINTE DE LEURS
MURS »
Et l'on voudrait qu'en présence d'une pareille situation il
existât encore, non plus des villas (quoiqu'on les fasse persister
au moins en partie jusqu'au V*" siècle), mais des villages d'agri-
culteurs
On oublie sans doute la description de notre pa>s au com-
mencement du moyen âge, telle que nous l'ont laissée les
historiens, les clnoniqueurs et les hagiographes : C'est une
« regio ferox, terra int'ecunda, inculta,nemorosa, silva immanis
( *) Un épisode de la guerre soutenue contre les Franks par Julien se passe, en
effet, sur les bords de la Meus'-. où l'Empereur fit bàlir Irnis fortoresses. Ammien
MAHCti.liN, XVII, ii PI 9.
— 353 —
absque niisericordia veniaque, lerra nullis humaiù negotii
usibus apta, sed latronum scrobibus plena, solis lalroiium vel
praedonum spurcitiis,rapinis et homicidiis vacans.lerià invia,»
etc. etc. elc
El cependant, la chose est certaine, depuis les environs
d'Ostende et de Saint-Nicolas (Waes), jusqu'au fond des Ar-
dennes, depuis le Hainaut jusqu'au Limbourg, le sol de notre
pays a éié parsemé de constructions romaines.
Il faut donc bien que cet état brillant de la Belgique, toute
couverte de villas opulentes, exhumées depuis quelque vingt
ans dans toutes nos pro\i ices, ail cessé un jour: si on ne
veut pas accepter le IP siècle, voire même le 111% comme ayant
accompli celte dépopulation presque absolue , est-il permis de
résister aux preuves que fournit le IV"' siècle ?
Y avait-il encore place pour des villages dans cette désorga-
nisation ?
Oui, pour ceux qui voient dans la villa mérovingienne ou
carlovingieune la continuation de la villa romaine, quoiqu'il
ne faille pas les confondre ( *).
Oui, pour ceux qui perdant de vue les latifundia ou grandes
propriétés rurales qui, devaient être bientôt, d'après Pline, la
perte des provinces comme elles l'avaient été de l'Italie; pour
ceux qui oublient l'institution de l'esclavage (^), qui dispensait
du concours des bras d'hommes libres, les possesseurs des
villas placées au centre de l'exploitation de ces latifundia.
Oui, pour ceux qui ne peuvent se résoudre à ne pas voir dans
(') XXVIe Congrès archéol. de France, p. 67.
C) A côlé tles bàlimenls principaux d'une villa romaine découverte récemment
en France, à Saint Romain Tarn-el-Garonne), on a remarqué « de modestes réduits
où le travail devait s'exécuter par les mains de l'esclave qui remplissait toutes les
fonctions et exerçait tous les métiers. »
De même, dans une villa romaine de Belgique, M. Van Dessel a cru reconnaître
Vergastuluin, les menottes d'un esclave, et jusqu'à l'inscription de son nom sur sa
loge (Annales de l'Académie d'archéoloçiie, lU série, Vni. p. 188, et IX, p. 788.)
— 354 —
notre pays actuel l'image de ce qui cxislait, d'apj-ès eux, k
l'époque romaine.
Pour ceux-là, les villages n'ont pas cessé d'être peuplés ni
au 11^ siècle, ni au 111% ni au IV% etc. Où, en effet, se dit-on,
leurs habitants se seraient-ils retirés? Dans la seule cité de
Tongres, ou dans de petits camps retranchés.... ?
Eh bien ! ce qu'on se refuse h voir dans notre Belgique
romaine, cette absence d'habitants des campagnes, on peut
aller la constater dans l'Europe contemporaine !
Voici, en effet, ce qu'on lit dans un travail tout moderne sur
l'Espagne : (')
« Les indices d'un état de révolution et de guerre venant à
vous rappeler à la réalité au milieu de cet Éden, formaient un
contraste douloureux. Avant d'arriver h Cordoue, on traverse,
non de véritables villages, mais beaucoup de petites villes. En
Espagne, de même qu'en Sicile, on ne connaît ni le hameau,
ni la ferme, ni le manoir isolé. Les mêmes causes produisant les
mêmes effets,les fermiers se réfugient dans les villes, et de là vont
souvent à plusieurs lieues, ensemencer leurs terres et recueillir
leurs récoltes A[s apportent leurs produits et les entassent dans
les greniers des maisons. Comment pourraient-ils vivre dans
des heux solitaires et serrer leur blé dans des granges, en se
mettant, eux et leurs biens, à la merci des voleurs ? »
On a bien tenté d'atténuer le caractère agressif des invasions
germaines du II* siècle, du III'" et du IV«; on a représenté les
Fraiiks comme ayant été implantés chez nous par l'autorité
elle-même, ou comme s'étant bornés à se passer de la permis-
sion de celle-ci en venant s'établir chez nous spontanément
(praelicenter), et Ozanam, notamment, a essayé d'enlever aux
conquêtes des Franks, tout caractère de violence en disant que
ce peuple n'avait fait que répondre à l'appel des habitants de
nos contrées.
(*) LéoQUESNEL, L'Espagne. Revue politique et littéraire, ISIS; Journal de Liège ^
du i 3 septembre 1873.
— 355 -
Il esl vrai qu'Auguste, que Tibère, que Maximieii et Probus,
ont établi sur les terres belges des colons germains et franks :
mais il n'est pas moins vrai que, à côté de ceux-là, l'histoire
nous fait connaître l'existence de bandes envahissantes qui
depuis le H' siècle, et en tous cas pendant le III' et le IV% n'y
mirent aucun ménagement et s'implantèrent chez nous les
armes à la main. C'est ainsi que, au témoignage de Sulpice
Alexandre, cité par Grégoire de Tours ('), l'invasion des Franks,
conduits par Genebaude, Marcomir et Sunnon, en 388, et celle
qu'Arbogaste, allié des Romains, dut combattre, en 392 (pour ne
parler que de celles-là, les dernières du IV*' siècle), coûtèrent
bien du sang et, pour la première de ces invasions, le théâtre de
la lutte fut même la forêt Charbonnière (en pleine Belgique
actuelle), où un grand nombre de Franks furent massacrés.
Ce n'est ni au III^ siècle, ni au IV% c'est seulement beaucoup
plus lard, avec la décadence complète de l'Empire, qu'on peut
admettre l'opinion de Guizot, que les invasions des Franks
furent des événements partiels, locaux, momentanés, accomplis
par des bandes peu nombreuses, bien accueillies parles popula-
tions.
Cela fut vrai à l'époque de Clovis (VP siècle), dont Guizot
parle spécialement; cela ne l'était pas auparavant.
VI.
La vérité, on l'a déjà compris, est dans le système moyen ;
mais on va laisser à autrui le soin de préciser.
Voici Comment Gibbon débute, dans son Histoire de la déca-
dence de l'Empire romain :
« Dans le second siècle de l'ère chrétienne, Rome avait sou-
mis à son empire les plus belles contrées de la terre, et comptait
(M H, 9.
356
parmi ses sujets les peuples les plus civilisés. Lii courage, la
discipline, une réputation acquise par une longue suite de vic-
toires, assuraient la frontière de cette immense monarchie.
L'influence douce, mais puissante, des lois et des mœurs, avait
insensiblement cimenté l'union de toutes les provinces ; leurs
habitants jouissaient et abusaient, au sein de la paix, des avan-
tages du luxe et des richesses.
» Pendant plus de quatre-vingts ans, l'administration
publique fut dirigée par les talents et la venu de Trajan, d'Ha-
drien et des deux Antonins. État florissant de l'Empire dans
cette heureuse période, décadence et chute depuis la mort de
Marc-Aurèle, révolution h jamais mémorable et qui influe encore
maintenant sur toutes les nations du globe.... »
Lisons maintenant l'état de notre pays, tel que nous le décrit
en termes fort heureux et fort justes, M. Alf. Bequet ('), archéo-
logue qui a non-seulement beaucoup fouillé, mais beaucoup lu
et beaucoup comparé :
« La population de Namur se livrait paisiblement au com-
merce et à l'agriculture; nos ancêtres rendaient hommage à la
Fortune, et élevaient des autels à cette bonne déesse qui leur
prodiguait ses faveurs. Les riches élevaient sur les collines
voisines des villas dont on voit encore aujourd'hui les ruines ;
la quantité de constructions qui s'élevèrent dans nos campagnes
pendant les deux premiers siècles, est, nous senible-til, une
preuve de la prospérité du pays. Ces belles poteries samiennes,
ces vases avec bas-reliefs, rencontres dans notre sous-sol,
appartiennent aussi presque tous à cette époque du Haut-
Empire... La paix profonde dont jouissait la Belgique fut tout
à coup interrompue. La race germanique, fixée sur les bords
du Rliin, avait tenté en valu de franchir cette barrière pendant
les dernières années de la République et le commence-
ment de l'Empire. Ces invasions avaient été promptement
dispersées.... »
(• Ann. dt la Soc. archéol. de yamt)r,\\\. p. 9 et nolï 1.
— 357 —
M. Simon, président de la Société d'archéologie et d'iiisloire
de la Moselle, a, de son côté, parfaitement défini la situation
(Mémoires de cette Société, 1864, p. 79) :
(c Lorsque, après la conquête, le pays fut pacifié, lorsque
chaque habitant put jouir paisiblement de ce qu'il possédait,
on vit tous les habitants profiter des bienfaits d'une civilisation
avancée; les campagnes se peuplèrent de nombreuses habita-
tions, et l'agriculture prit un nouvel essor. Mais, après une
longue possession des bienfaits que procurait la sécurité
publique, on fut menacé d'invasion ; bientôt le pays éprouva
de vives inquiétudes; on ne pensa plus qu'à défendre son ter-
ritoire et h se retrancher dans des lieux plus ou moins sûrs.
Les hordes sauvages apparurent, qui brûlèrent et pillèrent tout
ce dont elles purent s'emparer. Dès lors, le pays tomba dans
un état de marasme et de langueur, causé par le malheur et le
découragement. Les populations des campagnes étant ruinées
et même détruites en grande partie, on ne releva plus les habi-
tations ; la terre fut en partie abandonnée; on vit les forêts
reconquérir leur empire, elles recouvrirent les terres arables,
les restes d'habitations et même les routes... {^) »
On connaît le reste d'après la revue des événements histo-
riques qui ont prouvé : Que, dès le IP siècle, un premier cri
d'alarme avait éveillé, sinon la défiance, au moins l'attention sur
les courses des Barbares. — Que, pendant le IIP siècle, ceux-ci
ravagèrent à différentes reprises les Gaules, et rendirent impos-
sible la culture des terres, à laquelle les empereurs durent em-
ployer les Barbares eux-mêmes. ~ Que, durant le IV'' siècle, la
dévastation devint générale, et qu'il n'y eut plus aucune espèce
de sécurité dans les campagnes. — Qu'au commencement du V^
siècle enfin, la Belgique si florissante au P' siècle, comme
(*) Qui veut voir avec quelle rapidité les buissons envahissent les habitations
désertées par l'homme, en trouvera un exemple frappant dans le Bulletin de ta
Société den antiquaires de France, 1874, p. 147.
— 358 --
l'avait été l'Empire romain tout entier, était devenue une vaste
solitude entrecoupée par de rares villes...
Schayes, M. Ars. de Noue, d'autres encore, soutiennent que
la Belgique, dès le commencement de la domination romaine,
fut ce qu'elle devint à la fin de cette domination....
Schayes et consorts ont tort, en ce qui concerne une grande
partie des deux premiers siècles, époque de bonheur et de
prospérité.
D'autres auteurs soutiennent que pendant le III* siècle et
le IV% les campagnes ont continué à être parsemées de villas,
voire même de villages...
Ici, Schayes et ses adhérents ont seuls raison.
Les deux premiers siècles : progrès, prospérité.
Les deux siècles suivants : décadence, ruine.
Telle est l'histoire de l'Empire romain ; telle est aussi
l'histoire de la Gaule, et spécialement de notre Belgique (^).
S.
Liège, 1^*^ novembre 1877.
(') On n'a pris ici à lâche de réfuter que Tune des nombreuses thèses soutenues
en des articles récents, publiés par l'Institut archéologique liégeois.
Qu'il suffise d'établir des réserves sur d'autres points d'archéologie, traités par
les mêmes articles et auxquels il est impossible à l'auteur de la présente notice
d'adhérer; il y reviendra peut-être.
DE LA NOUE OU BRAS-DE-FER
AU CHATEAU DE LIM.BOURG.
Parmi les capitaines les plus fameux qui se soient acquis
une renommée impérissable, ii en est peu à mettre en parallèle
avec François de la Noue, surnommé Bras-de-Fer. Le légen-
daire chevalier « sans peur et sans reproche » pourrait tout au
plus lui disputer la gloire.
Presque tous les biographes ont retracé la vie de ce vaillant
soldat, qui, par la part qu'il prit à nos luttes, appartient pres-
qu'autant à l'histoire des Pays-Bas, qu'à celle de France.
M. Kervyn de Volkaersbeke lui a consacré une notice très-
intéressante (i) à laquelle nous renvoyons ceux de nos lecteurs
qui s'intéressent particulièrement à cet éminent héros. Mais
il n'a pas tout dit sur le séjour de cet intrépide homme de guerre
en notre pays. Il n'a pas connu, notamment, les tentatives de
délivrance dont il avait été l'objet pendant sa captivité à Lim-
bourg.
Les archives de Spa nous ont fourni des détails sur une pré-
tendue manœuvre d'évasion de la part de ses amis. Ce sont ces
pièces que nous croyons utile de mettre aujourd'hui sous les
yeux des membres de l'Institut.
L'on nous permettra auparavant de rapporter en raccourci
(') Notice biographique sur François de la Noue, surnommé Bras-de-Fer, par
Ph. Kervyn de Volkaersbeke. Gand. Gyselynck, 1848, grand in-S" d8 31 p., un
autographe fac-similé et un tableau généalogique.
— 360 —
. les circonstances qui donnèrent à de la Noue la forteresse de
Limbourg pour prison. Nous n'aurons, à cet effet, qu'à puiser
dans l'œuvre de M. Kervyii, le résumé des événements qui mar-
quèrent la vie du célèbre Bras-de-Fer.
François de la Noue, né en Bretagne en 1531, porta les armes
dès l'enfance. Après s'éire signalé en Italie, il revint en France
où il embrassa le parti des Calvinistes. On le voit successive-
ment se distinguer à Saiiit-Quenliii en 1557, à Orléans en 1567,
à la bataille de Jarnac deux ans plus tard, puis s'emparer de
Fontenoi, d'Oiéron, de Marennes, de Soubise, de Brouage.
Atteint d'un coup d'arquebuse qui lui brisa Tes du bras gauche
à Fontenoi, on dut le lui couper et le remplacer par un bras
de fer dont il se servait fort adroitement pour manier son
cheval.
Envoyé une première fois dans les Pays-Bas en 1571, il prit
Valenciennes, puis s'enferma dans Mons, qui dut capituler. Il
retourna bientôt dans sa patrie, où il accomplit de nouveaux et
brillants faits d'armes.
Rappelé dans notre pays en 157s, avec le titre de maréchal-
de-camp, il éprouva des tiraillements sans nombre à la suite
desquels il manifesta l'intention de rentrer en France ; mais
les Etals-Généraux tirent tout pour le retenir. Partout, dès
lors, son passage fui marqué par des actions d'éclat. Il se cou-
vrit de gloire notamment à Werwick en 1579, h la prise de
Ninove en 1580, où il s'empara de la personne du comte d'Eg-
mont. Cependant, de la Noue vit pâlir son étoile. En cher-
chant à surprendre Lille, il lui écrasé par le nombre et fait
prisoiniier.
« Le premier soin du marquis de Roubaix, dit M. Kervyn,
» après ce brillant fait d'armes, fut d'envoyer son prisonnier
» au prince de Parme, qui se trouvait alors à Mons, et qui le
» tit conduire sous bonne escorte au château de Limbourg, où
» il fut confié à la garde de Gaspard de Robles, seigneur de
» Billv, gouverneur de celle forteresse. »
:m
Peu s'ea fallut, à ce que nous dii son biographe, que l'illustre
captif ne payât de sa tête, sa témérciire entreprise. On se con-
tenta de le laisser dans le château de Limbourg,
« Là, il fut relégué dans un lieu étroit et malsain, situé au
» haut d'une tour, où l'air et la pluie pénétraient cm même
» temps par une ouverture pratiquée dans le milieu du toit.
» Chaque jour on lui apportait, dans cette triste et humide
» prison, cloaque infect où la vermine et les crapaux avaient
» élu leur domicile, une misérable nourriture qu'on lui faisait
» payer fort cher. Cependant, il supportait ce traitement inhu-
» main avec un courage digne de son beau caractère...
» Vainement les Etats offrirent-ils au Roi (Philippe II) d'é-
» changer de la Noue contre les seigneurs de Selles, de Cham-
» pagni et d'Egmont. Philippe II ne voulut d'abord à aucun
» prix se dessaisir d'un général aussi estimé... Une fois, cepen-
» dant, il prêta l'oreille aux propositions, mais ce fut pour y
» ajouter la condition barbare que de la Noue se laisserait
» crever les yeux... De la Noue n'ayant pu consentir à une
» mutilation, universellement réprouvée, attendit patiemment
» que la mort vînt l'enlever aux tourments qu'il endurait dans
» son cachot.
» Plusieurs fois, le prince d'Orange entreprit de le délivrer,
» mais toutes ces tentatives échouèrent. »
Telle est la seule allusion que fasse M. Kervyn au fait qui est
l'objet du présent article.
A l'époque dont il s'agit, Spa, déjà connu depuis quarante à
cinquante ans comme ville d'eaux, fréquenté chaque été par
des personnes de marque, éloigné de trois lieues à peine de
Limbourg, offrait tous les avantages incontestables à ceux des
amis de De la Noue qui eussent voulu prêter les mains à une
évasion. C'est vraisemblablement ce qui fit suspecter plus d'un
étranger, venu tout simplement à Spa pour soigner sa santé, et
notamment le sieur de la Personne, qui, ainsi qu'on le verra par
— :^62 -
es pièces suivantes, lut soupçonné, et pour ce, retenu prison-
nier à Limbourg, en 1584.
M. Eugène Poswick, dont les recherches sur l'histoire du
Limbourg ont été des plus fructueuses, et qui a rassemblé une
foule de matériaux dont nous verrons bientôt la mise en œuvre,
a bien voulu nous fournir l'indication d'une autre tentative ana-
logue h celle que nous signalons.
Elle est mentionnée dans la Drossarderie de Limbourg, à la
Chambre des comptes. On y trouve au registre 13072, folio 370
(années 1580 à 1586):
« Sur l'avis donné au drossart du Duché de Limbourg,
» Louis d'Aranda, par le conseiller Cryp (probablement con-
» seiller fiscal du Conseil souverain de Brabant), il fît arrêter
» Etienne Pelser, accusé d'avoir des intelligences à Cologne
» avec quelques Français, amis du seigneur de la Noue,
» prisonnier à Limbourg. Après une enquête faite à Cologne,
» le dit Pelser fut relâché, sa culpabilité n'ayant pu être éta-
» blie. »
Albin Body.
A Monsieur de Linde, gouverneur pour le prince de Liège en ces Pays et
Marquisat de Franchimont.
Supplye humblement dame Marie de Marolles, femme du Signeurdela
Personne, remonstranl que pour Tlndisposition et maladye de gouttes et
gravelle dont le dit S^"" de la Personne son mary est extrêmement offensé,
Hz s'estoient acliemynez en ce lieu de Spa estant partis de Paris le xx*
jour de May et à ceste fin avoient loué ung coche pour les y conduire
n'aiantz aultre compagnie avec eulx que la damoiselle leur fille, et en leur
suictte une damoiselle et une fille de chambre, deulx serviteurs et ung
laquais el sans aultres armes que l'espée : de manière qu'ilz esloient
arrivez au dit lieu de Spa le xx* jour de Juing y ayant séjourné jusques k
présent; et combien que pendant leur séjour, le dit S^' de la Personne
s'éloit comporté doucement et en patience, sans avoir eu aultre subjecl
devant les yeulx que la recherche de sa disposition et sancté et qu'il ne
— 363 —
fust venu pour aultre effect, comme l'indispozition de sa personne faict
assez suffizante preuve combien il a besoin de remède pour sa sancté,
estant sy mal dispos qu'il ne poeuct faire ung seul pas à pied sans avoir
ung baston pour s'appuier, et ne se poeull monter à cheval sans ayde. De
sorte qu'il estoit contraint pour se conduyre jusques à la fontaine de Spa
d'emprunter l'ung des chevaulx de Madame de Montafifye n'aiant faict ame-
ner ung seul cheval avec luy en intention de séjourner en ce dit lieu jus-
que à ce qu'il eust recouvert sa disposition ou qu'il eust apperçeu quelque
amendement de son indisposition. Ce nonobstant et sans avoir esgardaulx
choses dessus, soub prétexte que le dit S^'^de la Personne s'estoit acheminé
lundi dernier à Lenbourg non pour aultre raison que pour faire compa-
gnie à Madame de Monlaffye, laquelle l'avoit induitte d'y aller, avoit esté
arresté prisonnier par le dit S"" gouverneur disant avoir reçeu commende-
ment pour cest effect de la part de son Altesse prince de Parme pour sus-
piction que l'on prétend avoir contre le dit S^'' de la Personne auquel on
voeult mettre sus qu'il auroit délibéré d'entreprendre et practicquer sinis-
trement la délivrance du S'" de la Noue prisonnier. Chose que se trouvera
sauf votre Révérence du tout éloignée de vérité et dont n'y a seuUement
aucune présomption ny apparence de suspiction. Ce considéré et attendu
que vous, Monsieur et tous les habitants de ce lieu avés certaine cognois-
sance quelz ont esté les desporîemens du dit Ss'' de la Personne pendant
son séjour en ce dit lieu de Spa et avec quel petit train et équipaige il est
arrivé, Il vous plaise pour la vérification de l'innocence du dit S»"" de la
Personne bailler votre attestation à la dite suppliante aux fins dessusdites
et dabondant en faire informer par telles personnes que vous adviserez
bien estre pour cognoistre et esclarcir toutes les actions et desportemens
du dit Se'' de la Personne en se negara (sic) afïin d'en faire apparoir à Son
Altesse ou au dit S^"" gouverneur de Lenbourg aultres qui vouldroit pour
en faire révocquer en doubte son innocence et probité.
Ayant veu la présente Requeste, désirant de donner adresse de justice
à tous, les Mayeurs et Eschevins de Spa prendront information et orront
des tesmoins sur l'arrivée, disposition, équipaige, vie et conversation du
sieur de la Personne mentionné au contenu de la présente requeste pen-
dant le temps qu'il a esté à Spau pour par après en pouvoir donner attes-
tation comme il appartient.
Faict à Spau le vingt sixiesme jour de Juillet 1584.
Robert de Lynden.
Exhibé en justice le vingte-septième jour de juillet an 1584.
— 364 —
Tesmoings produis en forme d'information pour honorable S?' Robert
de Lienden, hault-officier et gouverneur de Marquizai de Franchimont,
faisant partye pour Dame Marye deMarolles, femme du S'' de la Personne,
sur ce parla dite Dame requis, devant nous, la Court de Spau, le xxvi*
jour de Juillet an xvc octante quatre, présens maire Adolphe, Eschevins
Henrozet Lambert et Xherveau, sur le faict de la venue en Spau, mala-
dieze, gouvernement, hantieze de dit S"" plus amplement contenu par
certaine requeste par la dite Dame oultredonnées pour s'en servir ou
qu'il appartiendra.
Franckque délie Colevrine de Spau, témoin juré et adjourné, d'eaige
suffisanl, homme catholique, dist ne scavoir de temps de laryvement à
Spau de dit S"" de la Personne, dist ne scavoir de la maladieze de dit
S' synon qu'il at ouy dire qu'il estoil gotteux, à rest ne sçeit de la hantieze,
foid, ny gouvernement de dit S^
Ainsi subescript.
Franck delle Coullevrin.
Remade Xhrouet de Spau, prochain voisin du logis de dit S' de la
Personne, en Spau, deaige et foid que dessus, témoin juré et adjourné
dist avoir veu arryver le dit S"^ en Spau, ne se record proprement depuis
quelle temps et estoit l(»gy en la maison Jeroisme du dit Spau et pendant
le temps qu'il y at esté, lat veut aller aile Fontaine en coche avecq Madame
la comtesse de Montaffie, dist avoir ouy dire que le dit S'' estoit gotteux,
desort qu'il ne povoit bonnement cheminer. De surplus, dist ne scavoir
de quelle foid ny gouvernement de dit S'.
Ainsi subescript.
Hemacle Xhrowet.
Le S' Bernardin Esmyralle, italien, de la ville de Sienne, demourant à
Calais, présentement à Spau, y uzant des eawes de la Fontaine, deaige de
liij ans, homme catholicque, témoin juré et adjourné, dist ne cognoistre
le dit S"^ de la Personne, synon depuis son arryvement en Spau, enquelle
l'at veu venir dainsung coche, logy en la maison Jheroisme du dit Spau,
depuis environ le xx" jour de Jung dernier et de la maladieze du dit S'' ne
sceii proprement synon que k son veoir luy semble iceluy estre quausi
impotent de ses membres, bras et jambes, dist le dit déposant que le
charrioi ou qu(! le dit S"" estoit arrivé en Spau n'estoil point n luy ap[)ar-
tenanl, ains l'avait par louaige de sort que lendemain de son arryvement
36n
le dil chariot s'en retournai; pendant le temps que le dit S"^ al esté au dit
Spau rat aulcune fois veu aller à la Fontaine dains le coche de Madame de
Montaffie et aulcune fois sur ung cheval grision que l'on emprontoit de la
dite dame, pour cause que le dit S"" n'avait coche ny cheval en ce lieu. De
lafoid de dit S'' ne sceit synon dist avoir ouy dire qu'il estoil de la religion
hogunoitle, s'en rapport arest, ne sceit de dit S'' aultremenl l'avoir hanté
et le cognoit pour ung homme de bonne conversasion , et quant au
dil S"" dist et croit que depuis le temps qu'il al esté à Spau, que iceluy n'at
point esté à la Fontaine plus de xx fois pour cause de son indisposision
des gottes et aultres maladiezes, qu'il ne povoit bonnement cheminer à
pied ny à chevalle, en la compaingneit dequelle est arryvé au dit Spau la
femme de dit S^ ung sienne fil deaige de quelque environ de xiij à xiiij
ans, une fille de quelcque xvi a xvij ans, avecq deux filles de chambre,
deux serviteurs et deux petits lackaye.
Le S"" Jacque Save, italien, d'eaige environ Ixiij, de la ville de Sienne,
homme de la foid catholicque, témoin juré et adjourné, compagnon de
susdit Bei'nardin, dist et demeure de mot à autre eraprès la déposision de
susdit Bernardin.
Heluy espeuse à Jheroisme, horgois de Spau, eagé environ xxxij ans,
feme catholicque, témoin juré et adjourné. Elle dist et dépose ne
cognoisire le dit S' de la Personne, synon depuis sa venue en sa maison
à Spau depuis quelcque v sepmaine passé, en liquel arryvat dains ung
coche quil avoit par lowaige, estoit accompangneit de sa femme, ung
petit fil, une fille, deux filles de chambres, deux serviteurs et deux petits
lackaye, et estoil le dit S'' gotteux qausi impotent de ses membres, de sort
qu'il ne povoit qausi cheminer et pendant le temps qu'il at esté en sa
maison, elle dist que iceluy uzoit des eawes pour sa santé, allant aulcunes
fois à la Fontaine avecq le coche de Madame de Montaffie et aulcune fois
avecq les chevalz de la dite Dame, pour cause que le dit S"^ n'avoit point
de coche ni de cheval à lieu de dil Spau. De la foid de dit S'' ny sa famille,
elle dist ne scavoir synon qu'il se conduysent en sa maison corne bon Srs
et gens de bien et que des jours prohibé de uzer de chaire ne les at veu
uzer de chaire synon de poissons et viandes que les chresliens et gens
catholicques uzent ensdis jours.
Le xxvij<= jour de dit mois, présent Eschevins Henrozet et .lohan
Bastin.
Françeu Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ
366
xlviij ans, examiné sur le faict de dit S"" de la Personne, dist et atteste
avoir veu arryver le dit S' en ce lieu de Spau, logy en la maison Jheroisme
du dit lieu, ne se recorde proprement de temps de sa venue, luy estant
arrivé dains ung chariot que l'on dist qu'il avoit par lowaige, pour cause
qu'il n'avoil chevalz ny chariot à luy appartenant en ce lieu, dist ne luy
avoir veu manyé autres armes synon des potences ('), ou bastons pour
cause de son indispositions et maladieze des gottes, de sort qu'il ne peult
bonnement cheminer et avoit à sa suyctte sa femme, ung petit fil, une
fille, dist ne scavoir se le dit S"" at plus de ij serviteurs et une servante.
De la hantieze de dit S^ ne lat veu hanter avecq autres gens synon avecq
des seigneurs franchois et d'autres nations, tant en la maison de dit
depozant emprès Madame de Chambre, comme à logist de Melchior, son
frère, emprès Madame de Sainctge (Samtge?) et pendant le temps que le
dit S"' at esté au dit Spau ne luy at veu faire aulcune enlrepriese synon
comme ung homme de bien ; d'aller à la Fontaine ne sceit en quelle estât
il y alloit, mais sceit bien qu'il uzoit de l'eawe de la Fontaine pour cause
de son indispositions et maladieze. De surplus, ne sceit de Testât ny gou-
vernement de dit S^
Ainsi subescript.
Franck Y Le Leux.
Melchior Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ
xl ans, examiné que dessus, dist et attest avoir veu arryver Monsieur de la
Personne en la maison Jheroisme, à Spau, ne se record proprement de
quelle temps, luy estant dains ung coche, ne sceit sille estoità luy appar-
tenant ny les chevalz y atteliez, ne sceit quelle arme le dit S"" avoit lors, et
estoient à sa suycte sa feme, ung petit fil, une fille et plusieurs serviteurs
et servantes, et plusieurs fois vyeu cheminer le dit S'' avecq ung baston en
sa main, liquel cheminoit à bien grande paine pour cause de son maladize,
ne sceit quelle elle estoit synon dist avoir ouy dire quil avoit malle az
gambes, ne sceit pour ce quelle gens le dit S'' frequentoit synon quil at
ouy dire que pendant le temps quil se sont tenu en ce lieu se sont poi-
siblement conduyct, uzant de leawe de la Fontaine pour cause de son
indispositions et maladieze, ne sceit pour ce en quel estât il alloit à la
Fontaine, arest de Testât et gouvernement de dit S"" ne sceit aultrement
qu'il s'est dessus expediet.
Ainsi subescript.
Menchfor Le Leux,
(*) Béquilles.
— 367 —
Gielel fil Bastin Borguet d'Arbespine, témoin juré el adjourné, deaige
environ xxv ans, examiné sur le faict de dit S"" de la Personne, disl et
dépose ne les cognoistre luy ny sa famille, ne se record de l'avoir vyeu,
vraye est que depuis environ quelcque xv jours passé at faict une potence
de bois pour un S"' logy en la maison Jheroisme en Spau, ne sceit pour
ce le nom ny surnom de dit S', pour quy estoit la dite potence, de plus
ne sceit aparler de lestât ny gouvernement de dit S"" de la Personne.
Johan Bastin, de Spau, notre confrère, témoin juré et adjourné, deaige
environ xl ans, examiné sur le faict de dit S'' de la Personne, sur quoy
nous at dit et attesté ne avoir mémoire davoir vyeu ny congnu le dit S' de
la Personne, dist bien avoir ouy dire quil estoit logy en la maison
Jheroisme à lieu de Spau, arest ne sceit de lestât ny gouvernement de
dit S'.
Ainsy subescript.
JoH. Bastin.
Jheroisme Mor, demourant à Spau, témoin juré et adjourné, deaige-
xl ans, produys sur le faict de dit S"" de la Personne, dist et atteste que
depuis quelcque v sepmaines, et trois jours passé arryvat le dit en sa
maison, accompangneit de sa feme, ung petit fil, une flUe, deux servi-
teurs, ij petits lackaye et deux filles de chambre, là arryvarent tous dains
ung coche de Esden par lowai^e, de sort que l'on print le dit S"" de dit
chariot par le corps et lemporte en la maison pour cause quil ne povoit
bonnement cheminer, à liquel arryvement neat veut qu'il euisse espé ny
armes et que le dit S"" n'at à son logyst chevalz ny chariot, de sort que
pendant que le dit S'' sest tenu en sa maison, alloit à la fois à la Fontaine
sur ung cheval de Madame de Montaffie et que pendant telle temps le dit S"
uzoit de la Fontaine pour cause de son indispositions et maladieze des
gouttes et gravelle. De la hantieze de dit S% dist que le dit S"" conversolt
tous S" estant à Spau ou la plupart, et que ce pendant il et touttes sa
suyctes se sont si hoiinestement conduict quil est possible, corne gens de
biens et gens catholicques non uzant des viandes de chaire ens jours
défendu et que pendant que le dit S"" alloit chi et là n'avoil autz armes
synon ung baston à la main, et aulcune fois uzoit de potences araison
quil ne povoit comedit est bonnement cheminer, ne luy ayant veu faire ny
dire entreprieze aulcune ny parlumenter (?) aultrement que gens debiens
et que pendant qu'il sest tenu en sa maison ne luy at vyeu manyeraulcunes
368
armes ny munitions de guerre synon depuis quelcque xv jours que Ion
dist qui! avoit endroit de la Fontaine aulcuns volleurs, quoy entendant
le dit S' acheptat ung petrinalle, desort que le dit déposant dist luy avoir
preste deux charges de pouldre, lune pour esprover la dite petrinalle,
et l'aultre pour aller à la Fontaine avecq les autres pour cause de ce que
dist est, duquel s'en servoit le serviteur du dit S^
Ainsi subescript.
Jheroisme Mor.
Léonard Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ
Iv ans, homme catholicque, nous dist et attest n'avoir vyeu arryver le dit
S' de la Personne à Spau, mais sceit bien quil l'at veu par lespasse de
quelcques v sepniaines dernir logy en la maison Geroisme, à Spau, l'at
plussieurs fois vieu passer et rapasser devant sa maison dévissant avecq
autres gens ne se record de quelle nations, tenoit en ses mains une
potence pour ce qu'il ne povoit bonnement cheminer pour cause de sa
maladises comme apparoit, dist ne pour ce sçavoir quelle estoit sa dite
maladiese, dist quil at à sa suycte sa feme avecq quelques servans des-
quelz n'en sceit le nombre, et arest dist ne scavoir de lestât et gouverne-
ment de dit S'' pour ce qu'il ne le cognoit synon depuis sa venue quil at
ouy dire quil uzoit de l'eawe de la Fontaine pour son indispositions. De
plus dist ne sçavoir.
Ainsi subescript.
LiNAR [.I Lu.
Thomas Le Loup, de Spau, témoin juré et adjourné, home catholicque,
deaige environ liiij ans, i)roduys sur le faict de dit S'' nous at attesté
avoir vyeu venyr un S"^ franchoy nommé Mons' de la Personne dains ung
coche avecq sa feme, ung petit til, avecq plussrs serviteurs et servantes
desquelz n'en sceit le nombre, ne sceit ainsy le temps de sa venue, ny
quelles aimes iceulx conduisent, mais veyt que l'on print le dit S' lem-
portant en la maison ou estoit logy, dist ne sceit se le dit coche estoit à
luy ou non, mais at ouy dire quil at les goltes et la gravelle, de manir
quil l'at plussieurs foisveyu deviser avecq des S''^e( queiceluymarohissoit
à la potance à bien grande peine, l'at aulcunes fois vyeu aller à la Fon-
taine à cheval et dist avoir ouy dire quil uzoit des eawes de Spau pour
recoverer sa santé, de plus avant dist ne scavoir de lestât et gouverne-
ment de dit S"" pour ce quil ne l'at hanté.
Ainsi subescript.
Thomas Le Lour.
— 369 -
Le xxviij* jour du dit mois presens Eschevins Joh. Bastin et Xherveau.
Pierre Lulier, escuyr, S"' de Montengny, Sainct Felys de Lielle de
Franche, aage environ xxij ans, témoin juré et adjourné, examiné sur les
articles, sur le faict de M. de la Personne, nous dist n'avoir jamais cognois-
sauce de la personne de dit S'', synon luy estant arryvé à Esden (*) et eulx
parti de là pour s'acheminer à Spau, veit à chemin li coche de dit S-'de la
Personne ne l'ayant pour ce vyeu ny parlamenteràsa personne, synon eulx
estant à Boulhon trovit illec le dit S'' en son coche et qui de là l'at accom-
pangneit jusques à Bastongne ou que en dit chemin al veyu le dit S' en
très malvais estât pour la maladieze des gottes et gravelle , de sort que
eulx, le dit déposant extant partis de dit Bastongne y lassant illecq le dit
S'^ n'arryvat à Spau que environ quelcque deux à trois jours après pour
les séjournements quil flrent en chemin pour cause de l'indisposilions de
dit S''. Luy semble que le dit S"" vint à Spau le xxi« jour de juin dernir et
estoit à sa suycte sa feme, ung petit fil, une fille, une damoiselle, une
borgoisse, deux serviteurs et deux lacquaye. Des armes n'at vyeu quil
euissent aulcunes armes à feu et sceit bien que le coche ou astoit le dit
S' l'avoit par lowaige de cochi d'Esden. De la fréquentation de dit S'' en
ce lieu dist luy avoir vyeu fréquenter ung chacun, ne luy at vyeu pour ce
faire aulcune entrepriese, et que pendant le temps qu'il s'est tenu en ce
lieu luy at vyeu uzer de la Fontaine pour cause de son indispositions.
Ainsi subescript.
Pierre Luillier.
Maître Anthoine Blondeau, l'ung des appotticaires de Made de Boilhon,
estant en ce lieu de Spau, témoin juré et adjourné, deaige environ Iviij
ans, examiné sur le faict de Mons'' de la Personne, nous at dit et attesté
cognoistre le dit S'' passé xx ans et que le dit S'' est malade de la maladie
des gottes tant az pieds come az mains avecq la gravelle et que à cest
occasion le dit S'' est arryvé en ce lieu de Spau le xx^ jour de mois de jung
dernier dains ung coche appartenant à l'ung des cochiet de Esden, logiet
en la maison Jheroisrae, à Spau, accompangneit de sa feme, ung petit fil
aagé environ rv ans, une damoiselle fille de sa feme, ung damoiselle et
une autre filK^ de chambre, ij serviteurs et ij petits lackaye, et que en che-
min le dit S'^ luy dit que les gottes luy estoient prins, à quelle occasion il
(*) 11 faut certainement lire Sedain, Wachlendonck dans sa chronique écrit par-
tout Esden pour Sedain.
— 370 —
avoit séjourné quelcque jour, n'ayant vieu quil euissent luy ny sa suycie
aulcunes armes de guerres dont lendemain de l'arryvement du dit S"" fist
venir emprès soy le dit déposant pour luy administrer les médicaments
servant pour ses maladie, ce quil luy at conlynué jusque à son partement.
Oultre plus ce, disl que de commencement de son arryvement que le dit
S' at esté contynuellemenl l'espace de vi jours al lyct pour le débilité de
ses membres. De la hantieze de dit S"" dist ne luy avoir cause personne
veu hanté synon l'ai vieu quelquefois pormener à la place avecq ung bas-
ton en la main, de quoy se trouviat fort malle en quoy fust constrainct de
se retourner a liect. A rest ne sceit synon quil at vieu le dit S'' de temps
quil sesl tenu en ce lieu sest uzé de la Fontaine pour cause de ses maladie
et le plus sovent le prendoit à son logist à raison quil ne povoit bonne-
ment cheminer à la Fontaine pour cause de son impotence. De plus ne
sceit.
Ainsi signé.
A. Blondeau.
Là mesme à la requeste de dit S' gouverneur en telle nom quil précède
avons les présentes dépositions et informations publiée ouverte et copie
az parties accordé. Et affin que ce soit choese digne de crédit avons
icelle faict autenticquer par signateur de notre greffier sermenté ichi
mise.
TONGRES & HONTEM,
J'étais dernièrement à la bibliothèque publique de Nieuport,
lorsque, par hasard, mes regards tombèrent sur une brochure
portant ce titre : Nouvelles études sur la géographie ancienne de
la Belgique, par A. Wauters, archiviste de la ville de Bruxelles.
Cette brochure, qui est loin d'être récente, puisqu'elle porte la
date de 1867, était cependant une nouveauté pour moi. En effet,
par suite des nombreux changements de résidence que j'ai dû
subir, je n'ai plus guère été à même de me tenir au courant des
controverses archéologiques.
Aussi, ce fut avec un vif sentiment de curiosité, que j'em-
portai ce petit livre, désireux de renouer connaissance avec
des questions qui ont toujours eu le privilège de m'intéresser.
Est-ce aberration d'esprit ? Défaut de jugement ou du moins
de goût ? Je ne sais ; toujours est-il que malgré le charme et la
haute saveur des circulaires du Recueil administratif, je n'ai su
résister au désir de mordre encore une fois, et à la dérobée,
dans un fruit étranger.
Je n'ai pas la prétention de passer m extenso l'ouvrage en
revue, je ne veux m'occuper que du chapitre XII, intitulé
Aduatuca. Naturellement, ce chapitre est celui qui eut le plus
d'attrait pour moi, parce qu'il était consacré tout entier à
une que.- Lion que j'avais osé aborder autrefois quand j'habi-
tais un petit village des bords de la Meuse, et même discuter
longuement.
Je ne sais encore si je me trompe, mais il m'a paru que l'au-
teur, sans l'avouer, avait surtout en vue l'opinion que j'ai émise
— 372 -
dans mes « Promenades dans les environs de Visé, » non pas
toutelbis en abordant eaiTémeni cette opinion, sous ses laces
multiples et avec les raisoimements spéciaux qu'elle comporte,
mais en ne la combattant que sur des points accessoires.
Je me permettrai de rompre une lance courtoise en faveur
de mes anciennes convictions; elles ne se sont pas modifiées,
même après la lecture de l'ouvrage de M. Wauters, qui, natu-
rellement, continue à voir dans la ville de Tongres — Atuatuca
Tongrorum — le Atuatuca des Eburons.
J'ai toujours été d'avis qu'il y eut jadis deux Atuatuca bien
distincts: celui des Eburons, le premier en date, Atuatuca tout
court, puis ensuite celui des Tongriens, Atuatuca Tongrorum,
fondé sous Auguste, myis que l'on s obstine, je ne sais trop
pourquoi - probablement pour embrouiller une question, qui
sans cela serait trop simple — à confondre en un seul.
Tout le monde sait que le premier fut détruit de fond en
comble par César, lors de la dévastation qu'il lit de l'Eburonie;
dès lors, il ne figure plus dans l'histoire, il est mort ; le second
est bien la ville des Tongriens, Atuatuca Tongrorum.
Mais pourquoi ce nom bizarre et si longtemps incompréhen-
sible de Atuatuca, reparaît-il encore ici? Tout bonnement,
parce que ce mot, comme le démontre à l'évidence M. le cheva-
lier de Corswarem ('), n'est que le mot allemand Achterwacht,
arrière-garde, ou plutôt corps d'armée laissé à la garde des
bagages, latinisé ou prononcé — en élidant ses nombreuses
consonnes — comme un romain pouvait prononcer ce mot
guttural, impossible à articuler pour un gosior qui n'est ni
allemand ni flamand.
De ce qui précède, il s'ensuit que trois localités ont été
appelées de ce nom, parce que toutes les trois elles ont été
(*) Mémoire historique et élymologique sur les noms des anciens habi-
tants, territoires, communes et hameaux de la province de Limbourg. Tongres,
1863.
i:-i
fondées par une arrière-garde destinée à veiller aux impedi-
menta :
1» Atuatuca, celui qui nous occupe, lieu de stationnement
temporaire de cette arrière-garde de 6,000 hommes, laissée à la
garde des bagages par les Cimbres et les Teutons lorsqu'ils
envahirent l'Italie, et qui fut la souche des Atuatiques.
2° Oppidum Atuatucorum, la ville des Atuatiques, l'établis-
sement définitif de ces mêmes gens de l'arrière-garde, achter-
wncliter, fixés à demeure et constitués en corps de nation,
après les longues guerres qu'ils avaient dû soutenir contre les
Eburons avant de les reiidre leurs tributaires. Nous n'avons
point à nous en occuper ici (').
3" Atuatuca Tongrorum, le lieu de dépôt pour les bagages,
les femmes et les enfants des diverses peuplades qui vinrent
repeupler TEburonie et se mêler aux habitants primitifs, échap-
pés au massacre qu'en fit César. Ce lieu de dépôt, ce centre de
la nouvelle tribu, mis, comme toujours, à l'abri d'un coup de
main, est la ville qui figure sur l'iiinéraire d'Antonin. Quant
au premier Atuatuca, détruit de fond en comble, il n'exisie
plus depuis longtemps, il a disparu avec les malheureux
Eburons.
Je ne trouve donc,'lans la dissertation de M. Wauters, aucun
argument nouveau, aucune démonstration probante pour infir-
mer, ni même ébranler le système qui place le castellum des
Eburons à Hontem, près de Gronsfeld - et non à Houthem,
comme il le dit erronémenl. — Je sais que celte opinion fait
tout doucement son chemin.
Gomme je ne veux absolument aborder que les passages
(♦) On esl d'accord pour convenir que It; lieu du slalionneinent des Atuatiques
fut occupé par les Eburons, qui en firent leur plai-e de refuge. Sabinus et Colta.
quand ils vinrent pour hiverner dans l'Eburonie, trouvèrent donc un camp tout
fortifié. C'est le seul de tous les cantonnements de ses lieutenants, que Cc^-sar a pu
désigner par son nom propre. Les autres n'ont pu l'être, parce que les lieux où ils
étaient placés n'avaient, à cette époque, aucune dénomination appellalive.
374
soulignés par mon savant contradicteur, je vais me borner ^
les discuter dans l'ordre où ils se présentent à la lecture de son
ouvrage.
J'ai relevé, dans le cliapitre de mon livre qui a trait aux
Eburons, quelques appellations que portent encore certaines
parties de la grande vallée de Sainte-Gertrude, ou des lieux qui
l'avoisinent : gebrande grebbe, vallée brûlée, mortsgraef, fossé
des morts, hellegraaf, fossé de l'enfer, peut-être de Hellia,
Bombosch, bois des Romains. « Je ne vais pas plus loin, dit
M. Wauters, pour en épargner l'énuméralion au lecteur sé-
rieux.» Je ne puis que l'approuver. Mais alors, puisqu'il répudie
ce genre de preuve, je me permettrai de lui demander pour
quel motif il y a recours et vient à son tour, lorsqu'il en a
besoin, s'appuyer sur les noms que portent, de nos jours, cer-
tains lieux-dits (^). Est-ce aussi pour faire sourire le lecteur
sérieux? Ma foi! au risque de tranformer ce sourire en hilarité
prononcée, j'ajouterai encore, à ceux déjà cités plus haut,
quelques nouveaux noms de lieux que je dois à des recherches
postérieures sur le terrain : ainsi, la tranchée au débouché de
la vallée, se nomme hakkenbwep, colline creusée, certains
endroits sont désignés par les noms significatifs de Roemslag^
bataille des Romains, de Lutlenraderveld, champ de la lutte,
Heervout, trou de l'armée, Liebeck, dans l'idiome du pays, ruis-
seau de sang, l.e Mortsgraef touche au Tomveld, au Tommelweg,
au Tommelsgraef, champ, chemin et fossé des lombes. On y
trouve beaucoup o'ossements; en 1863, on a fait disparaître
une tombelle connue sous le nom de Tombe de la sorcière, j'ai
fouillé son emplacement et j'en ai encore retiré des os et
quelques débris informes de ferrailles ; un autre petit tumulus,
aujourd'hui sous la sauvegarde d'une croix, existe encore à un
carrefour de chemin. Dans la vallée même de Sainte-Gertrude
se dresse un demi-dolmen, en pierre de grès, d'une hauteur de
1 mètre 15 centimètres.
(*)
Voir, par exemple, dam Touvrage cité, les pageti 148, 149, 1S9, 153.
;:{7r>
Mais je vais plus loin : npn seulement je vois dans Hontem le
Atuatuca des Eburons et dans la vallée de Sainte-Gertrude le
lieu de la défaite de Sabinus et Cotta, mais je prétends retrou-
ver au milieu des bois qui couvrent encore les collines entre
Gronsfeld et Hontem, des vestiges de l'ancien culte germain.
Une clairière porte toujours le nom de Thor, dans un coude de
la vallée, nous trouvons la fontaine sacrée, lieilige fonleine (').
Une partie de bois se nomme lieL sans doute de Hellia, la
sœur de Tlior, à côté nous avons le Woodsboom, l'arbre de
Wooden ou à'Odin, plus loin les fermes de Venusiwf et de
Panhof. Tous ces noms étrangers ne nous agaçent-ils pas par
un je ne sais quoi de mystérieux qu'ils laissent entrevoir et que
l'on s'irrite de ne pouvoir éclaircir complètement? Près de là
(') Celle fontaine était devenue, sous le premier empire français, un lieu de
pèlerinage très-suivi ; en 1806, M. Zaeppel, évêque de Liège, jugea opportun de
faire cesser cet usage. Voici la lettre pastorale que ce prélat éclairé adressa, à ce
sujet, au clergé de son diocèse :
c Comperimus novum fontem, inilio mensis maii, nuperi fuisse animadversutn
in valle quadani dislrictus de Gronsfeld, cujus inexpectatus saltus locuni deJit
pluribus, prsesertim idiolis et mulierculis, existimandi fontem islum peltere aliquà
virtule supernaturale. Inde ruraor spargitur ubique, inde concursus sexus omnis
ex locis non solum circumvicinis^ sed el disserlis ;alii curiositatis causa, alii vero
gratià sanilatis obtinendse illuc se conferunt, tanquam ad piscinam probriticam aut
natatorium Siioë. Sanatione omnis gencris priedicantur, cœci vident, ciaudi ambu-
lant, paralytici curanlur.
n Verum, relalionibus Rde dignissimis nobis constat, cœcos islos non videre,
claudos non ambulare, paralyticos manere paralyticos : insuper banc aquam, expe-
rimentià physicorum, esse aquam communem, nec uUam se habere virtutem specia-
lem, multo minus supernaturalem.
» Quapropter, cum ofllcii noslri pasloralis sit irapendere taies abusos super-
stiosos et scandalosos, re sacra religio nostra vituperationi ac raalevolorurad icteriis
exponatur,serio hortamus vos, ut plebem vobis commissura illico desuper edoceatis,
illumque deterretis a fanaticis itàtis excessibus.
» Curent Pastores dare stalim suis succursalislis notitiam prsesentium.
» Leodii bac 17 octobris 1806.
• LlTTËKA AD CLËRUM. *
Celte fontaine se trouve sur le territoire de Gronsfeld; ce qui est remarquable,
c'est que son eau semble parfois se perdre. Après avoir lari pendant assez long,-
temps, elle coule de nouveau depuis quelques années.
— S76 —
sont les villages de Keer et de Ambi. Dans le premier, on a
trouvé une hache celtique en bronze, des fragments de poterie,
une urne remplie de cendres et d'ossements brûlés. Le second
nous fait rêver, parce qu'il nous donne, dans son ensemble, les
deux premières syllabes du grand ennemi des Romains, Am-
biorix, roi de Ambi.
Je passe à deux bouts de phrase de mon ouvrage et que
M. Wauters copie pour les réfuter: « de ce que les habitants
» du pays voisin de Fouron racontent qu'il y a bien longtemps,
» du temps des Romains ou des Sarrasins, il s'est livré une
» grande bataille dans la vallée et que le sang a coulé partout, »
en résulte-t-il qu'on doive, dit-il, chercher l'explication de cette
tradition 5 l'époque des Eburons ? N'a-t-on pas livré d'autres
batailles dans la vallée de la Meuse? Le 22 mars 1106, un com-
bat terrible se livra aux portes de Visé entre les troupes du
jeune roi Henri V et les partisans de son vieux père, l'empereur
Henri IV : n'est-ce pas là cette journée sanglante dont le souve-
nir est resté vivant au même endroit ? M. Caumartin décrit
longuement, « des travaux étranges, de longs boyaux, des
» restes d'anciens ouvrages, des tranchées, » où, d'après lui,
Ambiorix posta ses Eburons de manière à surprendre Sabinus
et Cotta. Tout ce système, appuyé sur des étymologies forcées,
résiste diflicilement à l'examen. » Voilà, me semble-l-il, ce
qu'avant tout il aurait fallu démontrer, et ce que M. Wauters
n'a pas fait. Il est par trop laconique.
Mais procédons par ordre.
Constatons d'abord que la défaite de Sabinus et Cotta a eu lieu
dans la vallée de Sainte-Gertrude qui,de Hontem-Atuatuca,yïeï\i
déboucher dans la vallée de la Meuse, cette dernière n'a donc
que faire ici ; elle reste complètement en dehors de la question.
Le fait est que le combat terrible, dont parle mon savant con-
tradicteur, tut livré aux portes de Visé, à très-peu de distance
des remparts de la ville, et non h Hontem qui en est éloigné de
plus (II- (l<M)\ lieues Pt, en outre, (]t\u< une autre direction;
ensuite , Hontem élani bien plus lappruclié de Maestricht
que de Visé — la distance est moindre de moitié — l'histoire
aurait dit, fut livré aux portes de Maastricht, ce qui e>t faux. Ce
combat - ce n'est, après tout, qu'un combat — eut lieu
dans les campagnes de Bombaye et de Berneau, mais sur-
tout sur le beau plateau qui s'étend entre ce village et Visé.
Je n'admets nullement que sans des travaux préparatoires qui
aient ouvert des voies caciiées et faciles, permettant aux Ebu-
rons de déboucher à l'aise et par plusieurs côtés à la fois dans
la vallée, il leur eût été possible de venir à bout de 9 k 10,000
légionnaires lomains. Ceux-ci n'ont pu sortir de cette terrible
vallée; preuve indubitable qu'elle était obstruée à son débouché,
puisqu'ils purent très-bien se retirer dans Atuatuca. Gésav nous
dit que les Eburons, embusqués sur les deux versants, étaient
cachés dans l'épaisseur des bois. D'accord, mais il leur fallait,
avant tout, sortir de ces bois en masses assez compactes pour
aborder de vaillants adversaires mieux armés et mieux disci-
plinés. Admettez-vous, par exemple, qu'un régiment d'infanterie
abrité dans un bois, puisse en sortir tout-ii-coup, à l'impro-
viste, pour en assaillir un autre qui chemine à quelques pas de
lui? Pas du tout. Les arbres de haute futaie d'abord, puis les
taillis épais, les ronces, les épines, seront un obstacle insur-
montable à une marche en corps, la sortie sera pénible et avant
tout très-lente. Les soldats émergeront de l'épaisseur des bois
comme ils le pourront, isolément, par groupes, gênés parleurs
armes, et, pour ainsi dire, sans défense, ou pour le moins aussi
en désarroi que ceux qu'ils viennent combattre. Pour avoir
chance de réussir ils devront, au préalable, reformer leuis rangs
et agir avec ensemble.
Voilà, Monsieur, la cause de ces tranchées, de ces longs
boyaux, de ces places d'armes si bien cachées, si traîtreuse-
ment dissimulées dans les versants des côies qui dominent et
enserrent le vallon de Sainte-Gertrude; elles ont permis à Am-
biorix de précipiter subito se^ Khnrons en corps épais, bien
- 378 -
préparés, et qui, n'étant arrêtés par aucun obstacle matériel,
tombaient, avec un élan irrésistible, au milieu des troupes
romaines, dont nul bruit suspect n'était venu éveiller les
soupçons.
Passons à une autre objection. « Dès l'instant où l'on rejette
Tongres, dit M. Wauters, on tombe dans l'incertitude, on ne
\ oit plus d'issue pour se tirer d'embarras, on ne fait qu'aug-
menter les difficultés résultant des distances données par
César. »
C'est possible pour beaucoup de localités, mais ce n'est cer-
tainement pas le cas pour Hontem, bien au contraire.
Tongres, dit le général Creuly, réalise la condition don-
née ('), étant à 98 kilomètres du Rhin en ligne droite, ou, en
mesure itinéraire, à 117 kilomètres, qui font, à peu de chose
près, deux marches de cavalerie. Ainsi donc, c'est parce que
Tongres se trouve, à peu de chose près, à deux marches de
cavalerie du Rhin, que vous lui attribuez l'honneur d'être le
Atuatuca des Eburons? Vous comptez sans doute pour rien la
Meuse qu'il faudra passer pour aller de Tongres au Rhin ? Eh
bien! je le demanderai hardiment à tout lecteur impartial,
Hontem lui, sur la rive droite de la Meuse, presque en regard
de Tongres et plus rapproché du Rhin, ne réalise-t-il pas beau-
coup mieux celte condition essentielle de distance? N'esi-il pas
évident que, lorsqu'un grand cours d'eau s'interpose entre un
corps d'armée et un point donné, elle ne peut jamais être cer-
taine de l'atteindre dans un temps rigoureusement fixé ? D'un
autre côté, M. Wauters n'admet pas non plus que si les troupes
romaines eussent été cantonnées à Aluatuca-Toiigres, la Meuse
qu'elles auraient eu à franchir — et pendant l'hiver! — eût été
un obstacle pour qu'elles puissent surveiller efficacement la
partie principale de l'Eburonie, la plus accidentée, la plus peu-
plée, celle comprise entre ce fleuve et le Rhin.
I*) Oeil»" rt'ètre a deux journé«'S (Je marche rlu Rhin.
— 379 —
« Or, dit-il, César a maintes fois passé la Meuse et ne la cite
» que très-accessoirement et dans d'autres occasions.
» Puis, voyez la différence: traverser un fleuve est une opé-
» ration très-difficile pour une armée considérable marchant
» avec tout son matériel. A-t-elle off'ert autant de difficultés à
» une troupe de hardis cavaliers, comme l'étaient les 2,000
» cavaliers Sicambres qui assaillirent Atuatuca-Tongres, en été,
» à l'époque des sécheresses? » D'abord, Monsieur, ce qui est
à noter précisément ici, c'est que César observe que ces cavaliers
Sicambres ont passé le Rhin sur des barques, mais soit,
auraient-ils dû franchir la Meuse, ils l'auraient fait très-facile-
ment en été, à Vépoque des sécheresses ; puis mon savant contra-
dicteur, croyant me battre par mes propres armes, ajoute
victorieusement : « la Meuse est facilement guéable près de
» Visé, c'est un défenseur de l'opinion contraire à la mienne
» qui nous l'apprend; il existe, dit M. Caumartin, en face du
» village de Lixhe, un gué de la Meuse, » et plus loin le même
auteur ajoute : « Le gué de Lixhe ou de Navagne est si facile
» que, avant la cession de la rive droite à la Hollande et l'éta-
» blissement des chemins de halage, les habitants de ce vil-
» lage traversaient la Meuse avec des charrettes pour voiturer
» les récoltes de la rive droite. C'est là que l'armée espagnole a
» passé en 1634, et Jean de Weert en 1636. » (')
En citant ces extraits de mon petit ouvrage, M. Wauters a
complètement perdu de vue un point capital, une chose essen-
tielle: c'est que ces divers passages de la Meuse ont toujours
été effectués pendant ou après les grandes chaleurs de l'été, à
l'époque de la récolte. Mais ici, ce n'est pas le cas. Un grand
cours d'eau n'est plus guéable à l'époque de la chute des
feuilles, du moins dans nos climats. Or, les troupes romaines
étant entrées dans leur cantonnement d'hiver pendant la pre-
mière quinzaine du mois d'octobre, précisément lorsque la
(*) Promenades dans les environs de Visé, pages 1T8 et 201.
880
Meuse a cessé, ou va cesser d'être guéable, je inaiiUiens qu'il
leur était impossible d'exercer, pendant l'hiver, la moindre
influence dans l'Eburonie transmosane, pays boisé et d'un
accès si difficile, dont elles étaient séparées par un fleuve
qu'elles ne pouvaient plus franchir, et qui, en outre, les eût
coupé complètement de leur base d'opération.
Il est une particularité sur laquelle j'ai déjà appelé l'atîen-
tion, je pense même être le premier qui l'ait signalée et qui en
ait tait ressortir l'importance; j'ai été étonné de ce que M. Wau-
ters n'ait pas jugé î^ propos de s'en occuper, car elle ne me
paraît pas devoir être dédaignée, la voici : les soldats romains,
en quittant leur cantonnement d'hiver de Atuatuca, se mettent
en marche dans l'intention de se retirer sur le camp de Cicéron
- ad proximam legionem, — battus dans la grande vallée —
magnam convallem — ils se réfugient derrière les remparts de
Mnaluca, mais dans l'impossibilité de résister, et, pour ne pas
tomber vivants entre les mains d'un ennemi implacable, ils
enterrent leur aigle et s'entretuent pendant la nuit, quelques
légionnaires, dit César, parvinrent isolément à gagner le camp de
Labienus.
Pourquoi donc les fuyards ne cherchent-ils plus leur refuge
dans le camp de Cicéron, mais bien dans celui de Labienus,
qui cependant (tait plus éloigné? La raison en est telle-
ment concluante que. seule, elle dispenserait de longues dis-
cussions.
C'est que, partis de Atuatuca-Uontem pour atteindre le camp
de Cicéron, il leur fallait inévitablement passer la Meuse d'a-
bord, puis cheminer dans l'Eburonie en armes, ce qu'ib ne
pouvaient plus même tenter de faire, tandis que pour gagner
celui de Labienus, ils n'avaient qu'à s'enfoncer dans les pro-
fondeurs de la forêt des Ardennes, qui devenait pour eux un
lieu de refuge assuré. Remarquez-le bien. Monsieur, dans votre
système de A tuatuca-Tongres, les Romains, battus et fugitifs,
sont forcés de passer la Meuse à gué devant un ennemi victo-
— 381 —
rieux qui, iieu doutez pas, faisait bonne garde, tandis que nous
savons qu'ils n'ont même pu sortir de la vallée. C'est radicale-
ment impossible.
Mais à quoi bon, après tout, ces longues dissertations pour
démontrer que les Romains pouvaient facilement passer la
Meuse? Elles sont inutiles, ou plutôt, elles vont à rencontre du
système de mon savant contradicteur, et me fournissent des
armes contre lui. Àtuatuca est Tongres, prétendez-vous? Eh
bien! dans ce cas, Sabinus et Cotta n'avaient que faire d'aller
passer la Meuse n'importe à quel endroit, ils atteignaient l'ob-
jectif de leur marche, le camp de Cicéron, sans s'approcher de
ce fleuve, mais, ce qui est plus fort, c'est que s'ils avaient été
assez malavisés pour la passer, ils se seraient trouvés dans
l'obligation de la franchir une seconde fois pour sortir de l'im-
passe où ils se seraient fourvoyés de gaieté de cœur. Mais à
Hontem, il en était tout autrement : ils ne pouvaient, dans
aucun cas, se dispenser de passer la Meuse au gué de Lixhe, le
3eul entre Maeslricht et Liège, et c'est pendant leur marche
vers ce gué qu'ils tombèrent dans les embuscades préparées
[)ar Anibiorix, qui savait très-bien que !a vallée de Sainte-Ger-
trude était la roule naturelle pour atteindre le gué, en venant
du haut pays. Existe-t-il même, entre Tongres et la Meuse,
une vallée assez spacieuse et en même temps assez encaissée
pour avoir été le théâtre du drame? J'en doute.
Je ne conçois pas comment ce changement dons l'itinéraire de
l'armée intacte et de l'armée battue, n'a pas attiré l'attention.
Là, selon moi, est la solution de la question qui nous occupe.
Depuis l'époque où M. Franquinet, de Maestricht, et moi,
nous fîmes à M. le commandant de Locquessye les honneurs
de la vallée de Sainte-Gertrude, je l'ai, ainsi que les lieux qui
l'avoisinent, explorée maintes fois et minutieusement ; et qui
sait, si les nouveaux renseignements que je serais à même de
fournir au commandant ne seraient pas de nature à modifier
le rappoit qu'il transmit autrefois à l'auteur de la Vie de César.
CAL'MART1^.
SAINT LAMBERT.
VIE EN VERS
Par HUCBAI^L» OS- Hi%.II%IX-AIIIA.IVn
ET
DOCOMENTS DU r SIÈCLE.
INTRODUCTION.
Les documents que nous nous proposons de reproduire, sont
extraits du recueil manuscrit 14,650-59 de la Bibliothèque
royale de Bruxelles. Ils ne constituent pas seulement un en-
semble de monuments curieux de la vieille liturgie liégeoise et
de l'état des lettres chez nos pères, à une période des moins
connues de leur histoire littéraire, au dixième siècle ; après la
biographie de saint Lambert, écrite par un de ses contempo-
rains, et remaniée pendant deux cents ans jusqu'à la rédaction
de l'évêque Etienne (902-920), ils nous fournissent les rensei-
gnements les plus anciens sur le patron de la patrie liégeoise ;
ils nous offrent, en outre, les premiers vers latins dans lesquels
il soit parlé de Liège; ils nous apportent enfin des lumières
précieuses pour l'éclaircissement de quelques-uns des pro-
blèmes les plus obscurs de nos traditions nationales. Voilà plus
qu'il n'en faut, sans doute, pour leur mériter une place dans les
Annales de YInstituI archéologique.
— 384 —
Un mot, d'abord, du recueil d'où nous allons les extraire.
Ce recueil, grand in-quarto de cent soixante-huit feuillets de
parchemin enserrés dans une vieille reliure appartenait, au
siècle dernier, au Musée des Bollandistes; antérieurement, en
l'an 1608, il était la propriété de Corneille Duyn, d'Amsterdam,
mais il ne se trouvait déjh plus intact, quand il arriva dans les
mains de ce propriétaire; du moins la pagination, qui semble
dater de ce temps, atteste-t-elle que, dès lors, plusieurs feuillets
avaient été arrachés de différentes pièces.
Quoi qu'il en soit, les Bollandistes ont fait et feront encore
bon usage de cette collection : elle comprend, en effet, les vies
de sept saints qui, tous, ont été particulièrement révérés dans
nos provinces, et qui, sauf un seul, ont tout au moins passé
dans le pays de Liège une partie de leur existence: S. Re-
macle, S. Lambert, S. Légei-, S. Amand, S. Hubert, S. Trond
et S. Euchère.
Ce choix ne permet-il pas d'induire que ce recueil a été
formé au pays de Liège, et probablement à Stavelot ou à Mal-
medy, puisque le premier rang y est donné à la biographie du
fondateur de ces deux cités monastiques, et qu'un manuscrit
romain, dont nous aurons à parier tout à l'heure, le manuscrit
8,565 de la Bibliothèque du Vatican, dans lequel toutes les
pièces relatives à S. Lambert sont rangées dans le même ordre
et reproduites, sauf un hymne, précisément dans le même texte
qu'ici, est de la main d'un certain Pierre, de Malmedy.
Pertz reconnaissait, dans les copies de ce Pierre, les carac-
tères de l'onzième siècle (i) ; le recueil de la Bibliothèque royale
est pour le moins aussi ancien.
A part ce qui concerne S. Lambert, toutes les vies, toutes les
relations de miracles insérées dans cette collection, sont de date
antérieure au dixième siècle.
La vie de S. Amand (t 679) est celle que nous a laissée
'i Àrchiv der (ieielUcha/i fin altère deutsche (rf^chichikunde, l. XU, 361.
— 385 —
Baudemond, le disciple du saint; la vie de S. Léger (t 678;,
celle qu'un contemporain adressait ù l'évêque Erminaire qui
remplaça sur le siège d'Autun, la victime d'Ebroin; toutes
deux appartiennent donc au VU""* siècle. Deux autres sont du
VIII""=: celle de S. Trond, l'œuvre bien connue du diacre Donat,
et celle de S. Euchère, rédaction d'un anonyme du même temps.
Les Vies les plus liégeoises, si l'on peut ainsi parler, sont rela-
tivement les moins anciennes: celle de S. Remacle, avec le
récit des plus anciens miracles de ce saint, nous vient du [X""* ;
de même celle de S. Hubert, complétée par la relation de divers
prodiges, dont le dernier peut être reporté vers l'an 840. Au
dixième siècle appartiennent seulement les pièces relatives
à S. Lambert. Ces pièces s'y présentent rangées dans l'ordre
suivant :
— Versus in laude Beati Lantberti (99 et verso), poëme de
cinquante-six vers.
~ incipit proemium in vita vel passione atque responsoriis
beati Lantberti martyris (100-101 verso), préface donnée par
l'évêque Etienne à sa rédaction nouvelle de la première Vie de
S. Lambert et à son office du saint.
— Incipit vita et passio beati Lantberti episcopi (102-106 verso),
texte de la biographie remaniée par Etienne.
— Unde supra antiphonœ et responsoria (117-119), antiennes
et répons de l'office composé par Etienne, avec leur notation
musicale.
— Incipiunt antiqua Dei miracula, in honore Lantberti mar-
tyris, nostris temporibus innovata (119-122), récit, avec com-
mentaires, de trois miracles arrivés sous les règnes de Francon
et d'Etienne, son successeur.
— In illo tempore... Texte des versets 32 à 44 du chap. XII
de l'Evangile de S. Luc (123).
Dominus ac redemptor... Homélie, commentaire de ce texte
évangélique, avec application finale à S. Lambert (123-126).
— Table des chapitres, puis texte d'une vie en vers de S.
- 386 -
Lambert, écrite sur l'ordre de l'évêque Etienne (127-140), et
enfin hymne en l'honneur du même saint.
Hormis, peut-être — mais nous n'oserions décider sur ce
détail, hormis l'Evangile et l'homélie, toutes ces pièces paraissent
être de la même main ; de plus experts que nous en ont
déterminé la date. M. de Reiffenberg croyait le recueil entier
du X'"'' siècle ('i) ; et le P. Suyskens, qui écrivit l'article de
S. Lambert, dans le tome V d'octobre des Acta Sanctorum,
avait déclaré, avant lui, que l'écriture accusait assez bien ce
même temps « cujus characteres a Stephani sœculo non abhor-
rent (2). »
L'avis de ces savants s'ajoute donc à la date d'origine des
divers travaux insérés dans cette collection , pour nous donner
la conviction que nous nous trouvons en présence d'un en-
semble de documents antérieurs aux biographies de S. Lam-
bert composées par le chanoine Nicolas et le chroniqueur
Sigebert, dans les débuts du douzième siècle, antérieurs même
au résumé que le chanoine Anselme donnait de cette vie, dans
son histoire de nos évêques, vers la première moitié de
l'onzième.
La vie de S. Lambert, rédigée par Etienne, est la plus con-
nue de ces pièces ; elle a été publiée par Chapeaville (1, 350-370)
dès les débuts du XVII™" siècle, par divers autres ensuite, par
les Bollandistes même d'après notre manuscrit de Bruxelles (3).
Ecrite, comme l'indiquait le rédacteur dans sa préface ou lettre
d'envoi à l'archevêque Heiiman de Cologne, écrite pour rem-
placer dans la liturgie de la Cathédrale de Liège, cette relation
première dont la révision de Godeschalc n'avait guère enlevé
tous les barbarismes, elle est divisée en neuf lecliones. Ces
divisions, négligées par les Bollandistes, ont été conservées
par Chapeaville avec beaucoup d'à propos, l'auteur épiscopal
(•j Annuaire de la Bibliothèque royale, •1847, p. 10.3.
•) Acia Sanciorum, l. V, octobris, p. 519. Acta Semctorum Belgii. VI, 24.
O AcU S. S. V octobris 581.
— 387 —
ayant établi un rapport spécial entre elles et l'office, dans lequel
elles entraient : « in quitus ordini lectionum, écrivait-il, séries
respondet tonorum, quatenus sibi œquando quitur numerus
horum. »
Moins heureux que ces lectiones, l'office même arrangé par
Etienne n'a pas été, que nous sachions, imprimé jusqu'à cette
heure. Nous eussions aimé le publier avec la reproduction de
la notation musicale d'Etienne ; cette notation nous a été con-
servée avec netteté parfaite dans le manuscrit de Bruxelles ;
elle ne comprend que cinq feuillets in-quarto; elle n'eût pas
manqué d'intéresser nos musicologues ; elle est l'œuvre d'un
évêque de Liège du X"* siècle, et ses accents ont été répétés
avec enthousiasme par vingt générations de Liégeois dans la
vieille basilique nationale.... On nous a dit toutefois que les
pages de musique de ce temps ne sont pas cho.se si rare, et
force nous est de nous contenter de reproduire ici le texte sans
notation.
Ce texte toutefois n'est original et nouveau que dans sa
plus petite partie : à part l'hymne d'introduction, les éléments
qu'Etienne mit en œuvre dans ces répons et ces antiennes sont
tirés mot pour mot, comme on le verra: — tantôt, de sa rédaction
de la vie de S. Lambert, et nous avons indiqué lâlectio à laquelle
est emprunté chaque passage; — tantôt du poème biographique
qu'on trouvera plus loin et auquel nous renvoyons le lecteur en
indiquant par un chiffre le vers cité.
Ainsi que l'annonçait Etienne, dans l'épître dédicatoire à
son métropolitain de Cologne, ces chants répètent, en l'abré-
geant la prose des lectiones :
Canlica qua propter museo compta lepore
Succinctim replicant ac eius gesta renarrant.
Ils ne constituent pas, d'ailleurs, bien qu'on l'ait parfois
affirmé, un office complet de S. Lambert ; ils n'en sont que la
partie nocturne et matinale; « canticum nocturnum » comme le
— 888 —
note ton bien Sigebert, en énuméraiil les œuvres d'Etieiiiie,
dans son catalogue des Ecrivains ecclésiastiques. (I, 125.)
C'était, comme on sait, l'usage de ce temps ~ et les canons
du concile de Latran de 1213, rappelaient encore le clergé à
cet usage — d'interrompre le repos de la nuit pour chanter les
louanges de Dieu : lorsqu'il s'agissait des grandes solennités de
l'Eglise ou du diocèse, la nuit qui les précédait éiait même con-
sacrée tout entière à cette veille pieuse ; le chœur des fidèles
venait alors renlorcer celui des clercs, et le chant nocturne de
S. Lambert, par exemple, devait être répété, il y a neuf siècles,
par la population liégeoise tout entière.
Ordonné comme on va le voir, l'office d'Etienne ne manquait
pas d'une poésie grandiose et saisissante ; partagé entre le
chant, la prière et la lecture des actes de S. Lambert, il rappelait
tour à tour les gloires du Très-Haut exallées dans les psaumes
du Roi-prophète, et les mérites du patron du pays tantôt dé-
taillés dans ces lectiones, tantôt résumés dans ces antiennes et
ces répons. La pieuse carrière du héros national se déroulait
de la sorte à mesure que s'avançait la nuit, et le récit de ses
vertus, de ses luttes se prolongeait, entre les chnnts et la prière,
dans le recueillement des ténèbres et devant l'autel élevé sur
sa tombe, de façon à rappeler, jour pour jour, heure pour
heure, dans le lieu où il avait péri, à l'aube anniversaire de
celle qui éclaira son martyre, le dénouement .sanglant de sa
glorieuse existence
UNDE SUPOi ÂNTIPHON^ ET RESPONSOBIA,
Respomorium ad vesperos
Consilium et opus suum semper ad dominum coiivertebat;
cor ejus et pedes direcli eraiu ad evangelisandam pacem.
V. Erat enim vere dignus beatus lantbertus et aspeciu amabilis,
colloquio affabilis. Cor ejus.
Antiphona ad magnificat.
Magna vox laude sonora
Te decet per omnia
Quo poli chorea gaudet
Aucia tali conpare
Terra plaudil et résultat
Digna tanto prœsule
0 sacer laïUberte martyr
Nostra vota suscipe
Antiphoîia ad invitatorium .
iElernum triiiumque Deum laudemus et uiium
Qui sibi lantberlum transvexit in ethera sanctum
Antiphonœ in primo nocturno.
A Orbita solaris presenlia gaudia coiifert
Praesulis eximii Lantberti gesta revolvens
Psal. Beatus vir.
Antiphona.
Hic fuit ad tempus Hildrici régis in aula (64)
Dilectus cunctis et vocis famine dulcis (65)
Psal. Quare fremuerunt
— ;wo -
Antipliona.
Sed post ut fidei dévolus dogmala sumpsit (66)
Doctrinae cumulos illi sapientia vexit (67)
Psal. Domine quid m.
Responsorium in primo nocl.
R. Gloriosus martyr lantbertus , et aeterno régi sacerdos
dilectissimus insigni ex prosapia treiectensi vice extitit oriundus
V. Puer quidem streunuus nilebalur totis viribus rteri vir per-
tectus. Insigni. (Lectio. I de la Vie d'Etienne).
R. Sanclus lantbertus parvi pendebat presentia veluli devo-
verat in pueritia estimans pro nichilo omnia prteter quod erat
aeternae salutis gratia. V. Gselestibus animo inhaerens sese in
holocaustum domino mactabat. Estimans pro nichilo omnia
praeter quod... (II)
R. Sanctum domiiii lantbertum, ditatuni honoribus sanctimo-
nise, illustratum commerciis parsimoniae, plebs treiectensium
pariter congregala episcopum sibi fieri acclamavit. V. Regalis
etiam celsitudo ac procerum multitude. Eplïï. (II, III.)
Antiphonœ in II noct.
A Is subjectus erat ferventi pectore Xro (257)
Moribus eximiis et vitae clarus in aclis. (225)
Psal Gum invocarem
Antipliona.
Dignus honore sacro doctrina lumine verbo (259)
lustitia? cupidus, recto non devius ulli. (262)
Psal Verba mea
Antiphona.
Fortis in adversis, humilis par prospéra pacis (261)
Nec terrore teri potuit nec munere frangi (263)
PI. Domine dominus nosler
— :^9l -
Hesponsoi inm iu II iiort.
R. Almitluus praesul domini Lantberlus culmeu religionis
perpétuée studuit pielatis augere opéra, qui ponlificali auctus
erat infula, Mactabat omni die holochaustum domino non ex
pectore alieno, sed ex corpore proprio. Studuil pietatis augere
opéra qui pontificali auct. (IV)
R. Lantbertus Xri athleta clementer ferens cuncta praesulatus
liquit sceptrum, commendans curam ovium ei qui lavit baptis-
male ac redemit sanguine. V. Cumque discederet vir mitissimus
omnis eum popuius lamentabatur. Praesulatus liquit sceptrum. (V)
R. Sacerdos dei mitissimus ardebat plane interius flamma
paraclyti spiritus. lecirco exterius frigoris contempsit cruciatus.
V. Cselum ejus patuit precibus et oratio ad supernos pervenit
auditus. V. Gloria patri et filio et s.piritui sancto. (VI)
Antiphou'B in III noct.
A SoUieitus plebis patrias lustravit et urbes (266)
Confirmando fidem trino de nomine natam (267)
Ut palris ac nati sancto cum tlamine numen (268)
Esse Deum credat tam quisquis amaverit unum (269)
Psal. Domine quis ha.
Antiphoua.
Hic indeficiens Domini sub lege manebat (227 )
Gujus nulla means suberat conlagio carni (228)
Ps. Domine, in virlute.
Aîitiphona.
Ultima namque dies astabat semper ocellis (293)
Illius unde bonum fecit certamine cursum. (294)
Ps. Domini est terra.
— 892 —
HeaponsDiium in III nuct.
Egregius praesul fratres benedixit et intit
0 Deus omnipotens ca3lestia liimine complens j
Hos exposco tuos benedic per ssecula servos ) (VU)
V, Protège ab insidiis serva virtuUbus almis \
R. Iste miles emeriius,vir pra3maxima tribulatione purgatus,
ovium suarum vocibiis altoUilur el in calliedra treiectensium
decenter relocatur. V. Iii corde illius sinceritas et legis pléni-
tude, in ore ipsius veril;is erat et pulchritudo. Ovium suarum
vocibus. (VIII, IX).
R. Pra^tiosus Domini sacerdos lanlbertus Iruilur gaudens et
exullaiis societate apostolorum, glorificatione prophelarum,
coiifes-sioiie miirtyrum, cohereditate confessorum, integritate
virginum obtiiietque pahnam perennis gloria^ el stolam jocun-
ditatis aeternae. (ÏX in fine)
V. Exanimes artus nec liquit cailica virtus. \
Moiistravil populis quantae f'uerit bonitatis. i
Obtinetque. V. Gloria palri et filio et splritui sancto
Antiphonœ in matutinis laudibus.
A. Gontigit ergo virum cselesli munere dignum (341)
Urbi vicinas extra secedere partes (342)
Venit et ad villam quœLedgia iiomine feriur (343)
Antiphona.
Quod cum praîscireiit pravi Dodouis amici (348)
Gomplicibus iunctis pergunl ad limera patris (352)
Antiphona.
Ecce propinquanles praîcingunt lecta domorum (354)
El tune landberii quo sunl. habilacula saiicti (355)
Supra conspiciunl crucis a'innrabile signum (356)
Antiphona.
Unus et ex illis scaiidens super aidua cella? (409 1
Hune lelo tigeiisauxit sibi vulnera eulpae (410)
Antiphona.
Sic animaui claris cœloi'um reddidit aslns (411)
Quam sacer angelicus deduxit adelliera coetus (4 H
Antiphona in evangelium.
Exin prsBclaris anglorum vocibus aimum (4i28)
Ecclesise templum reboabat dulce canorum (4!iJ9)
Solibus in primis mansit celebratio talis (440)
Sanctetuo landberte loco caelestibus ymnis. (441)
Le poëme biographique, dans leqiiel Etienne a puisé la plu-
part de ces antiennes et qui fait le principal objet de cette
étude n'a pas obtenu la même popularité que l'office qu'on vient,
de lire ou la vie en prose, de la composition de l'évéque
liégeois ; il l'eût méritée, cependant, car si comme la rédaction
d'Etienne, il traduit ou suit tidèlement la narration contempo-
raine de la carrière et de la mort de St-Lambert, il offre, sur
cette transcription en prose, l'avantage d'introduire dans le
récit quelques détails nouveaux empruntés aux traditions lo-
cales.
Par malheur, tandis que l'œuvre d'Etieinie était copiée de
toutes parts, celle du poète anonyme tombait tout-à-lait dans
l'oubli. Le Bollandiste Suyskens fut le premier à l'en tirer;
mais l'unique manuscrit qu'il connut était celui de Bruxelles, et
parmi les feuillets qu'une main inconnue avait arrachés du re-
cueil, avant 1608, figurait une des pages du poème: la fin du
chapitre 40, les chapitres 41 , 42 et 43 y manquaient. Cette lacune
avait décidé le docte jésuite à ne mêler à ses commentaires sur
l'existence de S. Lambert, que des extraits, assez longs, il est
- 394 -
vrai, (le cette poésie. M. de Keitîenberg trouva que la pièce
méritait mieux; il la reproduisit, d'après ce manuscrit toujours,
dans YAnnuaire de la Bibliothèque royale, année 1847, p. 108-
128, aussi intégralement qu'il le pouvait, c'est-à-dire sans com-
bler la lacune laissée par l'enlèvement des trois chapitres. On
ne connaissait pas alors d'autre copie de ce document.
Nous en avons retrouvé une seconde dans cette mine
inépuisable et trop peu explorée : la célèbre collection des
manuscrits du Vatican.
Grâce à l'intervention d'un prélat dont le diocèse de Liège
regrettera longtemps la perte Mgr de Moreau, et grâce h
l'intermédiaire obligeant de M. l'abbé Moreau, le R. P. Bollig,
réminent linguiste qui occupe avec tant de distinction la charge
de préfet de la Bibliothèque du Vatican, a bien voulu compa-
rer à notre intention la copie du manuscrit de notre Bibliothèque
royale, avec le texte du manuscrit 8565 de sa précieuse collec-
tion. Cette comparaison lui a permis de relever quelques me-
nues erreurs échappées au copiste de M. de Reiffenberg, et de
retrouver les passages qui complètent enfin le poème duX'^
siècle et vont permettre d'en donner ici, pour la première, une
reproduction intégrale.
Nous avons de nouveau collationné sur le manuscrit de la
Bibliothèque royale le texte révisé par le R. P. Bollig : ce tra-
vail a réduit à un nombre minime les variantes d'une version
avec l'autre; le nom du saint toujours écrit avec un t, dans la
version belge, et un d dans la version romaine Lantbertus au
Weu de Landber tus ; Ledgia, h BruxeWes; Legia, à Rome; une
ou deux interversions de mots ou de temps voilà, ou peu s'en
faut, à quoi se bornent ces variantes : aussi devant la concor-
dance parfaite des deux textes, il est tout au moins permis de
se demander si le manuscrit romain, œuvre du XI« siècle, au
jugement de Pertz, ne se trouve pas simplement la copie du
manuscrit belge, œuvre du siècle précédent d'après nos éru-
dits.
- 395 —
Quoi qu'il eu soit, nous avons pris soin de noter toutes les
différeaces des deux textes, de même que celles qu'a produites
l'inattention du copiste de M, de Reiffenberg. ÎNous tenons à
mettre cette poésie dans toute son originalité, dans toute sa
barbarie parfois, sous les yeux du lecteur avant d'essayer d'en
tirer quelques inductions, d'abord pour soulever un coin de ce
voile de l'anonymat, sous lequel s'est caché l'auteur, ensuite
pour y chercher des éléments de solutions à quelques pro-
blèmes de l'histoire liégeoise.
L'œuvre débute, sans titre, par cette table des chapitres :
Gap, I. De cultu paganorum in Deos
Cap. IL De spe gentilium
Cap. IIL De temporibus Xri
Cap. un. De nativitate sancti Landborii m
Gap. V. De qualitate eius
Cap. VL De electione eius
Cap. VIL De abiectioue eius.
Cap. VIII. Quando monasterium adiit
Gap. VIIIl. Gur passus est frigora
Gap. X. Qualiter ivit ad cruciatum
Gap. XL Quid passus est in cruciatu
Gap. XII. Quid cogitabai in pénis
Cap. XIIl. Ubi requiritur a fratribus
Gap. XIIIl. Ubi invenitur
Gap. XV. Ubi illum adorabatabbas et Iratro
Cap. XVt. Ubi rursus eligitur
Gap. XVII. Ubi de celia educitur
Gap. XVIII Ubi restituitur sedi prisline
Gap. XVIIII. Qualiter se agebat (2)
Cap. XX. Quahter aliis subveniebat
('> Le manuscril ilti Vatican poilo : Lnntb, ici et [lailutil ailleiii'.s. l'i Aielial.
iVal...
398
Gap. XXI. De eius liabilu vili
Cap. XXII. De eius prœdicatione
Cap. XXIII. Quid in texandria (U fecit
Cap. XXIIII. Quoinodo simulachra praecipilari t'ecit
Cap. XXV. De ieiuniis eius
Cap. XXVI. Ubi musaB predicitur luctus
Cap. XXVII. Ubi .sancto finis appropinquat
Cap. XXVIII. De impio dodone
Cap. XXVIIII. Ubi sanctus landbertus venit ad ledgiam
Cap. XXX. De sigrio crucis supra (2) domum sancli
Cap. XXXI. Ubi sanctus landbertus arma aocepit
Cap. XXXII. Ubi nepotes casligat
Cap. XXXIII. Ubi carnifices infringunt domum
Cap. XXXIIII. Ubi sanctus landbertus occiditur
Cap. XXXV. Ubi corpus eius evehitur
Cap. XXXVI. Ubi templum resonabat angelicis vocibus
Cap. XXXVII. Ubi dominus sanctum suum mirificai
Cap. XXXVIII. De fama piorum
Cap. XXXVIIII. Ubi se manifestavil
Cap. XL. De mandate dodoni misse
Cap. XLl. De morte dodonis
Cap. XLII. De morte sociorum dodonis
Cap. XLIII. De revelata sancti voluntate
Cap. XLIIII. De corporis translalione
Cap. XLV. De repositione corporis
CAP. I.
i Pagani ritus coluerunt templa deorum
Aller saturni, iovis aram protulit alter
Saturni, quod eo (h) gratus salurabitur annus
Et nunc, quod mentem dicunt agnomine greci
') TechaiidriM ? (Val.). (») Supor. Rcil.). (') Mvo (H.)
:m
5 Celsior ac reliquis subiectum circulet orbem
Inde iovis, iuvet ipse pater quod, iupiter iiide
Dicitur, a multis erat his narratio talis
Martis eo quod inesi maribus per prselia virtus
Atque marem cunctse cupiunt animalia terrae
10 Solis enim quia disponit sua lumina terris
In medio residens et habetur clarior astris
Nam veneris quod ea gestit sociatio carnis
Perque duos unus mire nascendo creatur
Mercurii quia cuncta suo sermone geruntur
lo Quae rjunl, si sermo deest operatio cessât
Hinclunae, quia partiturcum fratre vicissim
Officium quia vel noctes illuminai atras
CAP. II.
His etenim sepiem sperabant cuncta tueri
Hinc illis celsas statuebanl cultibus aras
:20 Vel quia septenis discurrunt saecla diebus
Sicut habent genesis divini dogmata libri
Vel quasi corporibus humana carne coactis
Esset ab his virtus qualis vel quanta fuisset
Nam sic volvebant ut eorum vocibus utar
28 Spiritus est a sole datus, nam corpora luna
Fabricat et martis procedit numine fervor
Est a mercurio pollens sapientia cunctis
A iove lemperies, veneri stat grata voluptas
Tarda siib his quse sunt saturni sydere dantur
;{0 Sic tune tallebat démens inventio multos ii)
Sunl ei adhuc alii quos alligat impius error
Qui dicunt ignem vel aquam debere vocari
(1 r.UIlCtllS Ri.
398
Rite deos, et ut agnoscanl incerta luturi
Auguriis mentem caecato pectore tenduni.
GAP. m.
35 Haec quoque preclaro priscorum canniio (i)vates
Extollutit scriptisque suis ad sydera mittunt
Hos igitur quibus est patris sapieiitia Christus
Eius servoium cur non cantare triumphos
Altis carminibus studeamus laudibus aptos
40 Aurea divini cum vernent tempora Ghristi
Messis et ad multam tlavescant stamina trugem
Sed spectat paucos terrena colonia serves
Vinea quis domini mustis clarescat in uvis
Ad cuius pleclas non tendit vinitor ulnas
40 Necsese exercet, nec ei (2) munimina prasbei
Idcirco multi quibus est custodia verbi
Terrentui' famuli pastorum nominedicti
Sicut ait plenus Domini spiramine vates
Vge qui se pascunt et oves non pascere querunt
oO Exprobrat his dominus dum dicit voce prophetap
Non ex adverso voluislis scandere murum
Ponentes vobis domini ad certamina belli.
CAP. IIIl.
Haec ita cum fuerint hildrici tempore régis
luxta cor proprium pastorem quaerere iustum
o5 Disposuit dominus plebis miserando labores
Urbe triectensi faciens hune corpore nasci
Germine sublimi quod nobilitate vigebat
('; .Nomme (VmI. . ») Knnii iH .
399
Quem lune felices puerum voluere parentes
Landbertum dici, presaga voce futuri
60 Dicimus(i) hoctactum patriae defensor ut essel,
Linguae barbaricae sat praesignante figura.
CAP. V.
Huic eral infaiiti species pulclierriraa visu
Sanctaque simplicifas morum probitate redundans
Hic fuit ad tempus praedicti régis in aula
65 Dilectus eunctis et vocis famine dulcis
Sed posl ut fidei devotus dogmata sumsit
Doctrinae cumulosilli sapienlia vexit
Hinc régi placuit regni primoribus atque
Hinc effulgebal pollens in flore iuventa?.
CAP. VI.
70 Sed eu m iam dicta piaîsul ledaidus (2) ab urbe
Decessit stimulis terebratus mortis iniquse
Orabant proceres constanter et ordo minorum
Ut sibi landbertum meruissent sumere sanctum {3)
Pastorem dignos domini qui pasceret agnos
75 Pontifîcalis eum quia susceptura nitebat
Cathedra divino coepit splendere coturno
Annuit his votis sublimis iussio régis
Landbertum sanctum repetitum terque quaterque
Gloria pontificis simnl et cathedra recepit
nO Quem rex prœ reliquis ut honoris munere dignum
Tempore quo vixit care ac veneranter amavil
Sed postquam tetigit mundanae débita carni
M hiioimiis iVal. . 2' 'lyiardus W . is Scciim Ki.
— il 10 —
Rex, tune primoiuiu labies exire coegit
PontiHcciu sanctuin propria de sede repuisum.
CAP. V[l.
85 Qui quaiilo populis piieseus in tempore maiisil
Lumina docU'iiuie quam l'urva per avia fudit
PraBcinctus lumbos manibus gestarelucernavS
Ardentes siuduit, cœlestia semina misil
Dans exempla bonis, feriens et prava raacheiis
00 Ille domum propriam prgeclarae luminis instar
Lumine lustrabat, sed non conventio lucis
Esse potest tenebris. Ideo muudana volantes
Eiecere sacrum ne possit pellerc pravum
GAP. VIII.
Hoc qui (1) patrarunt taramundum iiomine qu(.'ndani
95 Arripiunt et euni iam dicti in sede reponunt
Prœsulisalmifici, quo saiicte beatior esses
Nam dominus Cliristus niagis hos ait esse beaios
Propter iustitiam quos dat deiectio passos
Pi'sesul enim lune coenobiuin quod nomine dicunt
100 Stabolaum subiens monachoruin dogmala duxit
Annos per septem, sed eosdem qualiterœgil
Scripturis aliis lector sal scire valebis
Nam modo parva loquar metri ratione retentus
Pandens simplicitas vel quœ pacieniia niansil
105 Huic inter reliquos tralerni nominis actus(^2)
CAP. VIIII.
.Vccidit ergo vigil liyenialis lempore noclis
Cuin solitas domino vellel dependere laudes
' Outil ifi:. îi Vci'.- n ()iirlr |i,ir i rci>ui' ;jii ch:ipilr'' siiiv;uil. (iuiis Heil'.
401
Ut surgens caperet céleri conamine soccos
Uiius et elapsus fugeret lerranique feriret
MO Guius de sonitu vexatio Iratribus hsesit
Qua depulsa quies quosdam turbamine possit (i;
Atque loci patrem talem commovit in iram
Ut precepta daret dicens quicumque pergegii
Hoc opus ille foras pergat stans atque laborans
115 lam crucis ad stabulum uivis ac bruinalia tangal
Frigora patratse quae sint purgamina culpse
Haec pater ignorans sonituin quis fecerit inquii
GAP. X.
Hoc sacer aure traheiis per magna sileiUia gressum
Fixit et egrediens nudis incsedere plantis
120 Coepii apudque crucem gaudenii pectore mansit
Stansque canensque deo super haec (2) crucimina carnis
Cor ait attritum quod mitis factio cingit
Non deus hoc spernit sed secum lumine comit
Scilicet ut supplex domini vestigia GHristi
12o His imitaus paenisexemplum in corpore ferret
Eius quod patitur taies in (3) carne procellas
CAP. XI.
Inierea sanctus cruciatibus inditus altis
Stabat et ad laudes cordis laxabat habenas
Hinc angor quaiit, inde rigor, nix influit altis
130 Sediba.» adveniens, hyetnis quain cima sodalis
Aspera mollicies, invisa caloribus, atque
Crudelis candor, nudis ac mitibus algor
' l'ressit ,R^. (* Hîp H. . (») K (Vat.;.
— 40-i -
Cuius vestitus nullum porlare caloreiu
Novit, et ut vestit m) citius frigescit amictus
135 Insuper etboreas uiidisdabat aspera duris
Flamina saxosiim qui iam nutriverat imbrem
Sic turbatus erat, sic dendus (2) inhorruit aer
Quod sanctum domini pacientem (3) tanta videret
CAP. XII.
Haec quoque landbertus cum iam saiictissimus esset
140 Dicta supei" patiens psallebat famine dulci
Ut posset Christi solers imitator haberi
Intendebatenim doctae sub acumine mentis
Quod caro non possit digno sociamine iungi
Spiritui, ni trita prius vapulamine duro
445 Deserat illecebras pollutse veslis iniquas
Unde canit paulus nobis sat fldus amicus
Sanguineae carnis non est conscendere sursum
In coruptelam nec iam corruptio carpet
Hsec salis exponens prius hoc quod dixerat inquit
450 Taiiter instructus landberti praesulis actus
In bello fortis ne princeps aeris huius
Praevaleat propriam domitabat verbere carnem
Pro certo uoscens quod ni sit passio carni
Agminibus caeli nulla compage ligari
455 Haec valet ut oarpat paradysi gaudia veri
GAP. XIII.
Ut t'ratres i^itui' sacri solemnia ritus
Explevere quidem, cupientes pellere l'rigus
(*) Veptit (K.i. O Oensus (R.). (■') Patienter (R. .
403
Tune adeunt cellam qua mansio grata caloris
Esse solel quaeruntque simul quis frater abesset
160 Et quo detentus saeiis non esset in ymnis
Tune ait abbati quidam de fratribus astans
Te pater audivi nocle hac disponere quendam
Ut crucis ad stabulum pergat dimittere culpam
Tune alius dixit dominus landbertus habetur
165 Ante erueem eonstaiis, ymnis modulatur et orat
Nudatus plantas et opertus tegmine duro
Quem crudelis liyems adimet de nomine nostro
Ni cilo subvenlum iuerit de more paterno
CAl». XIIII.
Haec pater advertens coepit cum supplice voto
170 Mente pavoraïus quosdam disponere fratres
Ut subeant ipsumque rogent ad ovile reverti
Confeslim pergunt et ovantem pectore cernunl
Erectis (i) oculis manibusque ad syderatensis
Te dominum dicunt abbas fratresque precantur
17o Hinc ut eas clemens et eorum visibus astes
Qui rumpendo moras ad eorum limina (2) venit
Tune plus allacrimans illi prosternitur abbas
Atque simul fratres veniam de pectore poscunt
Sancte pater nobis noxam de corde remitte
180 Ignorando quidem quae gessimus acta fatemus (3)
Haec dixere illi, sanctus landbertus et illis
Hgeo vobis dominus clemens indulgeat inquit
Nam paulus dicit nudis et Irigore tactis
Servitium domini digno de corpore constat
•» Kt rectis (R.). !*) Lutnina (R.i. ») Fatemur (Vat.).
— 404 —
CAP. XV.
185 Continuo calidas ad aquaruni ducitur undas
Vestibus atque aliis indutum semper honorant
Perque manasiam perque pedes luiic oscula donaru
Huncque dei ceudiscipulum gaudenter adorant
Ac sic illorum pulsabant sydera voces
190 Heu .lunc mi frater quam heu IVatercule nobis
Nocte sub hac dominus cur nos cselavit ut essenl
Gara deo nimium nobis haec abdita facta
Nec sentira quidem fuimus nec cerneredigni
Elus ul ex meritis accrescat gloria maior
195 Et nos denigret diro stillamiue torpor
Mansimus expertes huius vexamine sa net i
CAP. XVI.
Explelis igitur septem féliciter annis
Ex quo coenobium iam dictum sanctus adivit
Rumor habens alas faramundura narrât abisse
200 Abieclumque foras, patria? acde limine pulsum
Tune plebs etcierus sustoUit ad ethera voces
Et clamore preces voliiare per alta videras
Nubila lector ibi tandem si forte fuisses
Deposcunt ovium balatus undique mites
205 Ut reddatur eis landberti gratia sancti
Pastoris prisci sub eorum vocibus apti
Ista per alta meai, per rura, per intima cursat
Vox penetrans omnes secreli flaminis aures
CAP. xvn.
Tune pippiiujs eral princeps regionibus illis
210 Ad quem lama viri céleri delapsa volatu
— 40o —
Intrat, et exponil tanti miracula sancti
Confestim princeps divino tactiis amore
Jussit ut ediuctum de cellae sedibus aptis
Pontificem sacrum plebis poscentibus odis
â15 Restituant sedisque suae perdebita reddant.
GAP. XVIII
Ad caulas et enim sanclus dum ducilur urbis
Grex illi proprius Claris exultai in yninis
Collaudans dominum qui perdita reddidil illis
Latae ditïusis pairiae per plana caiervis
220 Inde per exlernas (i) viciai regminis urbes
Maxima pregrandes dabat exultatio laudes
Sancta quod almitici pastoris cura revixii
El florens iterum verborum semina mittil (2)
CAP. XVIIII
Hinc igilur propria landberius sede receplus
225 Moribus eximiis et vitae clarus in actis
Vestiri studuit divinse tegmine vestis
Hic indeficiens domini sub lege rnanebat
Cuius nuila means suberat contagio carni
Hanc quia divino iungebant frena timori
280 Omnibus atque horis (3) illi custodia plebis
Stabat et ad morsus mitlebat lela lu pi nos
Cor oculosque sui divina luce repleri
Poscebat cunctis humili (4) sub peclore votis
Ut domini plebem recto sub (o) callp regendam
285 Eius sub manibus ducat sapientia mundam
(i) Extern«? (R i. (■:) Misit (Vat'. (î) Oris (Vat. (4) Hiimilis (R.i. (si Colle (R.
— 406 -
CAP. XX
Non apud hune viguit pravi persona poteriiis
Unde eliminium fuerat per tempora passus
Sed quemcumque bona cernebat degere vita
Huic solamen eral ducens ex mente paterna
240 nie quidem vivens sanclo sub flamine pauper
Paupei'ibus Chrisli tribuebat dona decenier
Cuinque monasteriis coepisset visore fraires
Dans elemosinam caeleslia prsedicat illis
Quicquid eis iribuit Ghristo est iribtiisse gavisus
245 Mente quidein tractans quod dixerit esse beatos
Chiislus eos qui sunt misero de corde vocali
Clémentes, pariter quos (i) sic clementia cinget
Ut (2) veniam carpant omnis pro labe reatus
CAP. XXI
nie volebat enim vili sub veste videri
250 Sed mens tecta fuit pretiosi staminé fili
Non pompare suum care decorando sedile
Quœsivit fulgens ornatu mentis honestae
Cumque daretur ei Culgenli veste venusias
Maxima (;".) quod siecli precellens quœrit honestas
255 Ssepe reiruncalam splendenli murice vestem
Induit elclarum mansuescere fecit honorem
Hic subieclus eral fervent! pectore Christo
Eiuset ad landem terreno munere praido (4)
Dignus honore sacro, doctrina, (s) lumine verbo (6)
260 Correclor scelerum, rectorum dulcis amator
Fortis in adversis, humulis per prospéra pacis
t») Quod (Vat). (8) llti (Val), (s) Miiximi (R.). ,*) Praeco (R). (5) Doclrinae (R).
^6) Sacro (R).
- 407 —
Jiistilise cupidus, recto Ç) non devins uili
Nec terrore teri potuit nec munere IVangi
Carnem quippe deo casto servavit honore
265 Atque gregem proprium condigno pavit amore
CAP. XXII.
Sollicitus plebis patrias lustravit et urbes
Gonfirmando fidetn trino de nomine natani
Ut patiis ac nati sancto cum flamine numen
Esse deum credat iam quisquis amaverit unum
270 Hic ubi manabat miseris gentilibus error
Obvius assistens firmabat pectora paslor
GAP. XXIII.
Post ubi paganis inerat vesania maior
In tellure quidem quîe fertlexandria noaien
Illuc intrepridus fidei fervore perunctus
2'î3 Ivit et inspiciens falsorum phana (2) deorum
Praedicat aeternis frangi debere ruinis
Ut nova divinus fiant habilacula sanctis
GAP. XXIIII.
Hinc quoqne sublato populis errore velusto
Iam simulachra malis olim constructa sub annis
280 Prsecipitata ruunt passim per rnra per urbes
Tune populi fremitus gentili voce redundans
Auditur multus, sed non perterritus aslas
Sancte Dei landberie potens, per verba per aclus
Nam quicumque prius succensi mente furoris
(*) Reetor(Val.). (;) Fana (Val
- 408 —
285 Adveiieie simul sancLuiii diSi't'i-pcM'L' vivum
Audilis tîdei verbis de munere trinse
Abscessere satis Christo de corde fidèles
Usus barbaricus sic est abiectus ab illis
CAP. XXV.
Sanctus eiiim quam saepe ferens ieiunia sancla
"290 liitulil in noctes lelris instantibus ( ' ) auris
.'^sepe suis cum visceribus, eonduceret escam
Glarens rorifluam prebebat luna iiicernam
Ullima liamque dies astabat (2) semper ocellis
Illius unde bonum tecit certamine cursum
CAP. XXVI.
29o Eheu musa canens causas canitura doloris
Quis tibi flalus habet claras inducere voces
Tnditus extensis efflans bine inde labellis
Stridula quae dulces effringet tibia cantus
Garrulitate cavas (s) muicens hinnitibus aures
1^00 Saltando coram quis et arridendo iocosus
Histrio gaunitus extoUet voce decoros
Unde prius calamis afflabas guttura plenis (4)
Spumanti t'aciaj mento vibrata subacto
Inde reduiidantes adduces tlaccida tletus
30o Emiltens tremulam Ujgenti peclore vocem
Altreclaro, necem cantu cum coeperis almain
Landberli sacri, (oïdiro iugulaniinecaesi.
CAP. XXVII.
Ergo propinquaiiti supremae fine diei
Cum sanctus domini deberelrite vocaii
(') liisistt;iiii))iis (Val.), j) Adsiabai (Val.i. (Ji C.ana^ (Val.), (i (Menas (Val.;.
(;;; Saricti iVal. .
- 40^1 —
310 Sacris pro mentis decorandus luce perenni
Ecce duo IVatres nain gallus et inde rioldiis
Nomine sunt dicti lorla de fsece liquati
Insurgunt pariter per villas atque per agros
Ecclesiae famulos prédis et verbere presses (\)
315 Addicunt morti, qui non tolerare queuntes
Dedecus id notum per amicos perque nepotes
Efficiunt late, landberli prœsulis almi
Qui nimis audaces tulit hoc cuin fama viritini
Accensi stimulis et cordis vulnere isesi
320 Atque irritali ceu crebra pericula passi
Non potuere pati taies inpune reverti
Sperantesiusto tune indignamine duci
Assurgunt citius contisi mente vel armis
Atque adversantes mortis misère tenebris
325 His etenim dictis sic deliquere coacti.
CAP. XXVIII.
Interea domui pippini principis auctor
Huius erat sceleris dictus de nomine dodo
In quo fidentes patriam vexasse putantur
lam dicti fratres eius de carne propinqui
330 Fertur enim trito (2) multis sermone quod esset
Prsesul landbei tus diris itivisus amicis
Pravi dodonis, pallens ob stupra sororis
Illius ad regem, quam rex cum coniuge viva
Ducebat pelicem proculcans iura pudoris
335 Hinc et dodo suum plus exaltabat honorem
Qui noscendo nec est (o) dictorum corpore tVatrum
Sat memor in dictis quae sunt de carne sororis
Praesulis exitium coepit disquerere sacrum
' l'assos (Vat . fj Telio (Val.,. '': Necet; (Val
illl
Explorando vias quibus hune occidere possel
o40 Atque illos pariier noxîTi quos lama dedisset
(;âi>. xxviiii.
Contigitergo viruin, caelesti muiiere dignum
Urbi vicinas exlrasecedere partes
Venit et ad villam quse ledgia d) nomine fertur
Igiioraiido dieni qu» vult adducere finem
345 Ultima supremum, cnelos quando esset iturus
Coi'poris et claras quod sit clausura fenestras
Eius et excelsis illum iuuctura catervis
Quod cum prescirenl pravi dodonis amici
Se subagerida parant insanse mentis et inde
3S0 Ipse suique simul laxantes corda furori.
Insurgunt auiinis per amara mente subactis
Complicibusiunctis perguiitad funera palris
Carnjlicem sa^vo se sic habet agmine dodo
CAP. XXX.
Ecce propinquanies precingunt lecla domorum
355 Et tune landberti quo sunt liabitacula sancli
Supra conspiciunt crueis admirabile signum
Auri ceu puii radiis fulgentibus instans
Ex his p^niluit quosdam post tempora quorum
Notiticata mauenl diclis ha3C signa decoris
360 Post igitur ru père moras tune dodo suique
Quod coepere doli peius peperere dolori
[iistanles (4) obiter valvas muniminis intraiit (;^)
Disruptis claustris sut iam i)er aperta meantes
Tune socii famuliqiie domus dietique nepoles
i'; Leij'ia (Val.» (') Inslaiiler V.) (s) Instans (V.;,
— 411 —
365 Arreptis gladiis forti virtute resislunt
Et sic exsuperaiit ut eos extra atria cogait
CAP. XXXI.
Tune domini satictus robuste pectore sumptis
Armis miliiigeceii pugnaturus adesse
Cœpit, et hinc secutn Christi mandata revolvens
370 Non décaisse virum sacris altaribus aptum
His ferramenlis ut se praecingat et armis
Nec iam terreri sub eis qui corpora coedunt
Qui nullis animam possunt occidere telis
Arma solo tribuit, se pœnituisse notavit
375 Hœcquia suscepit, Christi cum miles adesset
Hinc est (i) fama volans tensis sublimiter alis
Quod dixisset enim sanctus sub famine mentis
Annis se septem voluisse reducere paenis
Si vitalis ei terretur corpore tlatus
CAP. XXXIII.
380 Inde suis tribuit mandata nepolibus ista
Vos nolite manus (2) inducere telis
Sed potius factam per vos agnocile culpam
Sponte quidem dignam nunc vobis carpite penam
Est et (3) enim iustum carnem coniungere flagris
385 Ex qua probra ruunl Iaxis in corpore \en\s
Spiritus ut possit salvari lu ce perenni
Qui de cgelorum descendit sede nitenti
Quod deus hic punit iam bis non iudicat ipsum
Et peccata quidem nuUi sine verbere donat
390 Haec ait et cellam cunctos exire coegit
Et suamembra solo crucis in velamine pressit
{i) m (H. . (î) Manus veslras (R.). {'') Essel(K.).
41:2
Oraiis ul Cliiisluj cui se devovit habeiiclum
Se cilo pei'ducal païadysi ad gatidia letum
CAl». \XXIII.
Cariiifices l'ui'sus siabilito robore iuxtiin
)Wo CurreiUes obiter cuneata per agmiiia mixtim
Foï'lius irrumpuiit, posiesque ac limina (ranguni
Et quos inveniuiit coiitestim iiudibus (i) addunt
Expavit niiiiium telis volilantibus aura
Ac de conspicuis visa est iiudata lerislris (!2)
400 Sic et trisiis erat pailens iiebulateiius aer
Ut maie siccatis non flumina promeret arvis
Hoc est ommipotens tidei documenta malignis
Nulla daret quia salvendos non esse videbat
CAP. XXXIIII.
Cellam lune c^i adeunt orans (4) qua sanclus habebat
iOo ludita membra solo manihus sub sydera tensis
Dissolvi cupiens, claro et sociamine Christo
Coniungi melius pensabat pectore puro
Sicut paule tuis promuiitur verba loquelis
Unus et ex illis scandens super ardua cellae
i 10 Hune (.-;) telo iigens auxit sibi vulnera culpae
Sic an imam Claris caîlorum reddidit astris
Quam sacei- aiigelicus deduxit ad ;ethera coetus
CAP. XXXV.
(juius euim sacrum posi tania pericula corpus
Navicula positum paucis redeuiitibus inde
Uo Ducilur eveclum proprior; ad sedis honores
(•) Niihiliiis K. . -) Terrislre.- Vat. . ••"• Nunc (U.^. (*i Ovans (R). (*; Hiuc K
\\i]
Qui cum rite sinum coepisset pandere portus
Maximus (i) auditur per rura per oppida luctus
Ivit quod sic vir pretiosus ad ethera martyr
Gomplosis manibus dum ferlur clamor ad alla
420 Cauta timoris erat sonitum restringere causa
Hinc feretro ponuiit et id ad sublimia ducunt
Sedis ubi petrus suscepit apostolus illud
Tune clerus populusque sacris sic queslibus oraiit
Ut noctem vigiles divinis laudibus addant
425 Non id sunt ausi proprio decorare sepulcro
Cailentes patrio slatuerunt ponere tapho
TuMc plus ossa patris sacrantur ab ossibus istis
CAP. XXXVl.
Exin prœclaris anglorum vocibus alinum
Ecclesige templum reboobat dulce canorum
430 Ut sublilis erat dicti vox prœsulis aima
lllic vicini multo admiramime ducti
Sepius accedunt et quid sit noscere quserunt
Qui sini, quidque canaiU vel quse sint munera vocis
Sed tune interius proprios extendere visus
435 Dum eupiunt ea vox tenui snbdicitui' aura
Ut solet audiri cum vas coulingitur œris
Et sonus assurgens paulatim ducitur astris
Sed docte dum se retrahunt ut longius essent
Duleibus auditu resonabat vocibus aer
440 Solibus in primis maiisit eelebratio talis
Aime tuolandberte loco, caelestibus ymuis
GAP. XXXVII.
Hune igitur sanetum dominus clarescere multis
Decrevit signis, virtutibus inde notatis
l'i MyxiiUii (VhI.).
41
Postquam dicta super stilus (i) ascribendo periegil
445 Ostendeiis mitem sacro de prœsule tinem
Quas non nostra suis audet contiiigere plectris
Calliope ludens quia surit miracula summi
Pati'is ab excelso qui conspicit omnia gyro
Est et ei vilis stulti sapienlia mundi
450 Sed quod fama bonis ingesserat auribus olim
Illud enim pangampressis sub peclore fibris
GAP. XXXVIII.
Illa piam duceus per celsa, per infima vocem
Non reticere valet pretiosus corpore martyr
Illius ergo sacer coram cum finis adesset
45^ Et sumptis armis voluisset miles haberi
Hinc et pensasset (2) cordis libramine recti
A-biectis armis ut se prosterneret arvis
Quod se dixisset septem gestare per annos
Pœnituisse bonum carni si vita maneret
460 Cum se ferre deo sacris deberet in ymnis {'d)
Et non militice nimium crudelibus armis
CAP. XXXVIIII.
Unde per hos septem tacito sub tempore iussa
Nulla revelando de se facienda iubebat
Sed post expletos iam dicti temporis annos
465 Advenisse viro clarus narratur eidem
Qui lune clavigeras astab^t reddere curas
Eeclesiae sacr», sic tune coepere loquentes
Unde venit dominus multis non visus ab annis
nie quidem fuimus romam iam viseredixit.
MSlilus. (K). (-1 IV'iis^bui (Val. ) ixi Inermi;^ (R).
415
CAP. XL.
470 Sed nunc tempus adest et nos idcirco venimus
Dignae mercedis frater quo dodo suique
Praemia suscipiant, dominis et débita reddant
Se quibus addiderant studiis servire malignis
Nunc tu vade celer dodoni et talia defer
475 Audito princeps et hinc sermone vocantis
Ibis et ante deum rationis famina pones
Per te cur tetigit landbertus limina mortis
Nuncius advenit dodoni et talia promsit
Dodo furens voluit super hune efferre mucronem (i)
480 Ille sed evasit Domino salvante reduclus
CAP. XLI.
Tune tremuere nimis dire praecoidia mentis
Ilumor ab internis turpi maculamine traetus
Advolat atque ruber fluvialiter exiit imber
Disrupti iecorisbilis est exire coactus
485 Pecloreconcusso coepit sepellere tabo
Atque per os putridum miseri dodonis ab intus
Erupere foras fetentis turpia ventris
Hue illucque ruens insano fine peremptus
Sic que animam miser exhalans interna petivit
CAP. XLII.
490 Eius et ex soeiis plures insania pressit
Turpiter ac rapuit raptosque ad tartara misit
Exemptes alii gladiis sub cède vicissim
Ad priscos redeundo patres interna revisunt
Demoniis alios diro et clamore fragosos
495 Mors sibi succerisis et lineisindidit oris
Ille quidem qui non timuit configere lelo
Sacrum pontifieem, fraterno euspide fossis
(') /-Cï. vers 419 à olti sonl rnii>ruiités hii iiiHimscrit du ValicHi».
- 416 -
Heu sibi perpetuis maasurus igiiibus ardet
Dodoiii ssocii tali sunt fide perempti
CAP. XLIII.
500 Post alios igitur currentis temporis aniios
Praesul lantbertus noctis per somiiiavisus
Divinae fidei fidis constaiiter amicis
Sgepe revelavit proprium quod corpus haberi
Vellet ubi cœlis animam commiserat almam
505 Jussit et hoc fieri repetens expressius infit
Comperit hoc praesul Hucbertus nomine dictus
Almi pontificis rumor quia talis habelur
Cuius discipulus fuerat karissimus olim
Collectis populis et clarae civibus urbis
olO Praesulibusque sacris regno primoribus aplis
Pergunt ad tumbam pretiosi martyris illam
Quae reserata bonos flagrans sic sparsit odores
Plebs ad divinos magis ut se ferret amores
Tune vox apta sacris lunares concitat orbes
olo Clarus et astrigeris sic movil laudibus aer
Sydera demulcens lacrimis ut cuncta maderent
CAP.XLIIII.
Hiiic eteniin corpus solida cuui carne reperluui
Suscipiunt sacris alte volitantibus ymnis
Tune urbs mestitiam conectit laudibus atram
o20 Quod se conspiciat visu custodis abactam
Grex ovium luctus altis balatibus addit
Quod se deserlum pastoris cura relinquit
Goeptum ducit iler plebis veneratio mitis
Etcomitanlur idem crebris miracula signis
o25 Sic adiere locum sancto doruiire paraium
Garnis et illius roseo de rore peruncluni
— 417 —
CAP. XLV.
Illius inde loci plebs assurexit ovanter
Et sua largifluis ornare cubilia donis (i)
Maturai satagitque sacros ut spargat odores
530 Tune altos audire fuit per compita cantus
Dum tuba mugitus per dévia quœrere claros
Bombica temptaret ringentibus undique musis
Stridula carpsit iter resecare per alla canoras
Tibia rite vias tali landbertus honore
535 Martyr et eximius deductus ad intima (i) praesul
Carne quiescit ibi vitam quo reddidit astris
Qui terrae populus gemmis auroque nitentem
Egregiam struxisse domum signatur et aplam
Munera muneribus iungens et prsedia donis
540 Mausoleum comens et dans laquearia fulcris
Quam Domini Christi sic lux virtutis honorât
Ut sibi landbertum dilectum munere promat
Pontifici stephano sit laus et gloria sacro
Cuius precepto dicta haec sunt fulgida métro
545 Nominis et claram car pat de voce coronam
Les trois derniers vers qu'on vient de lire, indication de
l'origine et date indirecte du poème composé pour l'évêque
Etienne, n'ont été visibl nuent copiés, la différence d'encre en
tait foi sur le manuscrit de Bruxelles, que quelque temps après
le reste. Ils y précèdent immédiatement une hymne transcrite
avec la notation musicale du temps, et l'on aurait pu se de-
mander même s'ils ne se rapportaient pas à cette hymne :
l'absence de celle-ci, dans le manuscrit du Vatican, nous dis-
pense de discuter l'hypothèse en nous donnant la preuve que
' Doraus (Val. . (', Infima (Val. .
— 418 -
c'est bien au poème que le copiste du XI* siècle, Pierre de
Malmedy, attribuait la mention faite d'un ordre de l'évêque
Etienne
Cuius precepto dicta hsec sunt fulgida métro.
Voici l'hymne :
HYMNUS SANCTI LANTBERTI (')•
Fulges salvifico nomine martyr
Custos ecclesiae pastor et almae
Munis atque régis quam vice pétri
0 landberte gerens praelia Christi
Defensor patriam climatis huius
Compsisti rosei sanguinis undis
Hanc ut caeligenis iungere possis
Tempus cum fuerit currere caelis
Tu nos a viciis carne coactis
Ac vinclis pariter solve malignis
Deposcens dominum qui regat aptos
Nos et Isetificet pace petites.
Une autre poésie ouvre, dans le manuscrit de la Bibliothèque
Royale, la collection des documents relatifs à saint Lambert,
de cette même époque. Il convient , ce nous semble, d'en
publier également le texte, en notant les variantes qu'oftre la
copie du Vatican et les erreurs de transcription échappées à
M. de Reiffenberg :
VKRSUS IN LAVDE BEATI LANTBERTI.
Praesulis egregii laniberti laude perenni
Laetificus volitet cantus per secula mundi
( * ) Oq remarquera que dans ce litre , et dans le texte des pièces sui-
vantes, le manuscrit de Bruxelles comme celui de Home, porte LanT et non plus
LanDberli.
419
Exterior visus conducens intima cordis
Suffît (i) his levius quod vix captatur ab illis.
Quando vides stellas aliud sentisce per illas.
Sit tibi sol Christus ceteris dans lumina solus.
Ecclesise normam teneat lucina per auram
Vocis apostolicae, maiugena fabilis ore
Ignis mai tyrii martis meditelur ab igni
Saturnus subolem (2) delens det virginitatem
Ipsa venus poierit conventos reddere dignos.
^thera dum cernis veluti gemmarier istis.
Gelesiem solymam sic percole nostram.
Epias haec eadem qua connumerantur hesedem. (3)
Fluminis almifici propinat munialaudi
Hsec candelabra sunt septem quse stantia prosunt
Ante dei sedem. Grevil siramista iohannes
Fidus (4) sic animus teneat sic vernula verus
Respuat ac falsos errorum dogmate doctos
Qui sibi hos dominos malebant dicere divos.
Liba quod apposuit puro (3) de semine nostra
Hoc super almifluum prsetendit vertere nostrum.
Prsecluis ille pater lantbertus nomine noster
Syderibus totidem nostram stellaverat (6) sedem
Scilicet ecclesiam matrem quam credimus unam
Cuius germineam pertraxit serpere prolem
Slercore componens multo madore lenitans
Quotenus ad dominum ferretur solvere fructum
lussa sit emeritis arbor bona stare perennis (^)
Partes quas tetigit solis de lumine sanxit
Lunificans noctes tenebras disciecerat omnes
Instituens plèbes foecundos sparserat imbres.
Martyrio palmam semper quaesiverat aptam.
(*) Suficit(Vat.). (') Sobolem (Val.). (') Eaedem (R.). i*) Fisus (R.).f) Pura (Val.).
i«t Scellavcrat (R.). (') Per agrum (R.)-
— i-20 —
Necque \i) recusaret coiifessor sique (-ji inaneret
Perviguit castus pollens ceu flore pudicus
Fœdera coniugii liaud dampnans extitit uUi
Instar neinpe poli mundum redimiverat. arvi
Rursus ab (3) humanis cœlum pulchraverat ipsis
Arva soli cselum sic cselum fecerat arvum.
Namque fides valuil tantum qiiam pectore gessit
Omnia quod fecit quae mens puelle (4) poposcit.
Materies rerum vivax excepit agendum
lllius impei'ium du m noverat ore digressum.
In reliquis fandum potis est quid prodeie laudum.
Nec capitur sensu nec quitur (o)prendere dictu
Quantus tuncfuerat qualis per cuncta manebat,
Hsec tua haec tibi sunt o ledgia haec tibimet sunt
His super astra sedes, cseli super ardua splendes.
Et procul a terris absens exasse vocaris.
flanc tibi iam paradise dei solam meritasti
Nulla tibi compar nisi constal haec tibi compar
0 quam dulce solum quani dulcis gleba per arvum
Quas tibi quasque vales dignas tibi lîngito laudes
Tum sursum vocites lusumque iuvamina clames
Magniticent dominum quotecum cuncta per aevum
A quo tantus honos tibi cessit iure per annos !
Ces vers cités, à litre de curiosité littéraire et d'exemple
des obscurités qu'amenait alors le souci fréquenl de faire rimer
chacun d'eux avec une syllabe de sa première moitié, et aussi
avec la linale du suivant, revenons ;iu poème reproduit avant
eux.
Ce poème, on l'a vu, ollre un caractère assez étrange ; nous
nous trouvons en présence d'un auteur inconnu à qui ne font
(,') Haecque Nul), (-| Si qiia (H sicque Vat). a Ac(R. (*) Mees per ubilem (Ki.
15) Quœril 'I! I.
— 4-ii —
défaut ni l'abondance des mois, ni lesconnaissanceslitiéiaires,
ni l'image, ni parfois certaines tournures pittoresques, mais
dont l'œuvre est déparée par des fautes grossières contre les
règles de la prosodie ou l'agencement naturel de la phrase
latine. Ainsi versifierait un prosateur, homme de style, pour
qui le langage poétique consisterait à briser, n'importe de
quelle façon les mots, afin de les faire entrer dans le moule du
rythme hexaméirique.
Curieuse comme travail littéraire, sa biographie ne laisse
pas non plus que d'offrir quelque intérêt pour l'histoire : pour
n'être le plus souvent que ia traduction en vers quelconques de
la vie de S. Lambert écrite en prose par un des contemporains
du saint, elle n'ajoute pas moins quelques renseignements nou-
veaux à ceux donnés par son modèle :
D'abord l'explication étymologique du nom de Lambert;
L'affirmation ensuite que si Gall et Riold poursuivirent de
leurs violences le prélat et ses gens, c'est que non seulement
ils se fiaient sur leur parenté avec Dodon, mais encore qu'ils
savaient celui-ci en disposition de profiter de la première occa-
sion pour se défaire d'un évêque dont les plaintes sur les re-
lations de Pépin avec la sœur de Dodon, indignaient celui-ci;
Le fait encore qu'Amalgysile, chargé par S. Lambert d'annon-
cer au principal auteur du martyre le châtiment providentiel,
faillit périr sous les coups du perfide;
Le détail enfin, relatif au premier mouvement qu'éprouva
l'évêque à l'annonce de l'attaque de ses bourreaux : on sait
qu'il saisit une arme pour opposer la force à la force, mais qu'il
la rejeta aussitôt. D'après notre poète, le saint se promit alors,
s'il échappait à la mort, d'expier ce mouvement qu'il estimait
contran-e à l'obligation du prêtre de ne pomt verser le sang,
par une pénitence de sept ans, pénitence qu'il aurait accomplie,
même après le martyre, en s'abstenant durant sept années de
réclamer la translation de ses restes mortels aux lieux de sa
passion.
— 42-2 —
En dehors de ces quatre points, la version du poëte ne dif-
fère que par les ornements de style, du récit le plus ancien de
la vie et de la mort de S. Lambert, et n'est précieuse que pour
nous donner cette conviction : la biographie primitive du saint,
telle qu'on la connaissait au X""' siècle, a été, en somme, exacte-
ment reproduite duns les copies postérieures que nous en pos-
sédons, el dans celle publiée par Mabillon et les Bollandistes,
mieux encore que dans la transcription allongée du recueil de
Ghapeaville.
Par malheur, si le manuscrit de la Bibliothèque du Vatican
nous livrait enfin le texte complet d'une œuvre intéressante à
ces divers litres, il ne nous révélait pas plus que celui de
Bruxelles, le nom de l'auteur de cette œuvre.
Cet auteur osait des premiers donner pour cause au martyre
de son héros les amours adultères du maire du palais Pépin. A
quelle source avait-il puisé l'explication qu'il répandait avec
cette netteté hardie ? Etait-il d'un caractère, d'une intelligence,
d'une position à lui mériter créance ?
Autant de questions qu'il importait de résoudre pour arriver
à se rendre compte de la valeur historique de l'œuvre.
On pouvait se demander si l'auteur du poëme n'était pas
l'évoque Etienne lui-même.
Dans la lettre par laquelle il envoyé à son métropolitain sa
révision de la vieille vie et son office nouveau de S. Lambert,
Etienne, en effet, s'il ne se donne pas pour l'auteur de cet office
aussi bien que cette biographie, Etienne ne laisse pas entendre
qu'il aurait eu un collaborateur ; cependant, à part huit hexa-
mètres — les quatre premiers et le premier répons du troisième
nocturne — tous ceux qu'il a fait entrer dans son office sont
empruntés à notre poëme. Trois autres vers d'ailleurs, les der-
niers de ce poëme dans les deux textes que nous en possédons,
sont, dans la copie de Bruxelles, manilëstement écrits avec une
autre encre que les précédents : ne pourraient-ils, à la rigueur,
s'entendre comme une affirmation postérieure de la paternité
- 423 -
littéraire d'Etienne : cnjus precepto dicta su7it haec fiilgida métro?
Preceptum signifie ordre sans doute, mais ne pourrait-il pas
signifier aussi la règle prosodique qu'Etienne lui-même se serait
imposée dans sa composition ?
Quoi qu'il en soit du sens élastique du terme precepto, on ne
peut, en y réfléchissant, s'arrêter à l'hypothèse indiquée.
Si Etienne était l'auteur du poème, pourquoi les vers assez
nombreux qu'il intercale dans un autre travail, sa biographie
en prose, se trouveraient-ils n'être qu'une fois, sur douze,
empruntés au poëme ? Pourquoi se serait-il donné la peine
d'exprimer deux fois, en vers différents, les mêmes faits, les
mêmes sentiments? Pourquoi aussi, écrivant en prose, se
serait-il contenté de suivre pas à pas, sans jamais s'écarter de
son modèle, de traduire en phrases plus belles seulement la
plus ancienne Vie, tandis qu'envers il se serait livré aux écarts,
aurait ajouté les détails complémentaires que nous avons
signalés ?
Quant au fait d'un évêque se laissant prendre ainsi pour
l'auteur d'un office dont la moitié du texte était empruntée ?i un
autre auteur, il semblerait sans doute un plagiat de nos jours ;
il ne peut nous surprendre à l'époque d'Etienne. Un autre bio-
graphe de St-Lambert, le chanoine Nicolas ne présente-t-il pas
comme un travail original son histoire, composée pourtant en
majeure partie d'extraits d'autres écrivains? Les auteurs hagio-
graphiques du temps n'en usaient- ils pas tous de même ? Tous
les chroniqueurs de l'époque ne se copient-ils pas l'un l'autre ?
Ne font-ils pas consister leur originalité non danï? la nouveauté
de la rédaction, mais dans la juxtaposition plus complète et
mieux assortie des dires de leurs devanciers? A bien presser
d'ailleurs, le texte de la lettre d'envoi d'Etienne à l'archevêque
Heriman, il ressort sans doute que le prélat se donne pour
l'auteur de la révision de la Vie en prose du Saint ; il n'en res-
sort pas qu'il s'attribue exclusivement la paternité de l'oifice.
Une dernière remarque à ce propos et qui nous semble assez
424
concluante : il serait permis peut-être d'attribuer à Etienne
l'hymne ajoutée au poëme, dans le manuscrit de Bruxelles :
Fulges salvifico nomine martyr. Cette hymne nous vient de son
siècle, elle salue dans le Saint le défenseur de la patrie liégeoise:
Defensor patriam climalis Huius... Compsisti rosei sanguinis
undis Hanc.» Il serait permis aussi de rechercher si les Versus
in laude beati Lantberti ne sont pas également d'Etienne : un
auteur liégeois s'y révèle encore dans la façon de parler de notre
Saint: ille pater lantbertus nomine noster.
Dans le poëme biographique, au contraire, pas un mot, pas
une allusion de nature h indiquer la nationalité de l'auteur.
Quand l'écrivain, à propos du nom du Saint, parle du pays
liégeois, il s'abstient de le donner pour sien :
Ducimus hoc factum patriae defensor ut esset
Linguœ barbaricse sat prœsignantefutura.
Un liégeois eût-il traité de barbare la langue de ses frères ?
Eût-il parlé des diverses parties du diocèse, de la ville épisco-
pale, sans y joindre jamais un possessif :
In tellure quidem quae fert Taxandria) nomen...
Venit et ad villam quae Ledgia nomine fertur...
Comperii hoc prœsul Hucbertus nomine dictus...
Illius inde loci plebs assurexit ovanter.
Un liégeois eût-il évoqué ces souvenirs de martyre et de
gloire, l'origine, la fondation de Liège, sans rencontrer ni un
mot ni un pronom pour laisser percer sa fierté d'appartenir à ce
glorieux p;iys, d'avoir pour patron ce martyr ?
M. de Reiflenberg a visiblement fait erreur en donnant pour
rcilain ( i ) — sans même essayer de le prouver — que l'auteur
vivait à Liège. Il laut, au contraire, le chercher en dehors de
Liège, et cette conclusion surprendra d'autant moins que nos
(*) Annuairu do la Hibliôthèque royale, 1847, p. 104.
- 4i5 —
Annales n'ont gardé mémoire d'aucun poète qui eût vécu chez
nos pères au temps de l'évêque Etienne.
Le texte du poëme ne nous fournissant aucune indication
propre à nous mettre sur les traces de son rédacteur, il n'y avait
qu'un parti à prendre : s'efforcer de découvrir dans d'autres
œuvres poétiques du temps quelques traits de ressemblance
de nature à nous éclairer.
Nous nous sommes livrés à celte recherche et nous sommes
arrivés, de la sorte, à rencontrer Jean, moine û'Ebwiie ou de
Saint-Amand, monastère fondé par l'apôtre de ce nom au
diocèse de Tournay. Ce Jean est l'écrivain qui, sur l'ordre d'Er-
luin (évéque de Cambrai de 996 à 1011), rédigea ou plutôt tra-
duisit en vers (i) une vie de Ste-Rictrude, écrite en prose, au
commencement duX'"* siècle, par un de sespiuscélèbresdevan-
ciers dans la carrière littéraire à la même abbaye.
Jean d'EInone s'est manifestement inspiré du style de notre
poète de S. Lambert. II a fait siens des fragments de vers
(oo, o7, 164, etc.) voire même deux vers qu'il a peu déguisés
de notre biographie anonyme. Où celle-ci portait ;
Prœcinctus lumbos, manibus gestare lucernas
Ardentes sluduit...
Jean d'EInone a copié, avec ce léger changement :
Prœcinctus retinens lumbos, manibusque lucernas
Ardentes gestans...
Le plagiat est formel. Mais encore une fois, qui cet imitateur
prenait-il pour modèle ? Un seul de ses vers, nouveau plagiat,
va nous l'apprendre :
Carminé dulcisono et claris ornare camenis.
n Acta Sanc». Belgii, II 394, 408, IV, 483
— 426 -
C'est pj'esque mot pour mot le vers de refrain placé eu tête
de chacune des treize strophes d'une pièce célèbre du dixième
siècle, ré?;Iogue en l'honneur des chauves, œuvre précisément
du littérateur monastique dont Jean mit en vers la vie en prose
de S* Riclrude :
Carmina, clarisona3, calvis cantate camenae.
Cette fois nous avons rencontré un auteur bien connu ; Huc-
bald qui dédia à l'Empereur Charles le Chauve ce poëme étrange
•par son sujet, la calvitie, plus étrange encore par sa composi-
tion, car des 136 vers qui le remplissent, pas un dont tous les
mots ne commencent par la lettre C.
Hucbnld était l'un des modèles que suivait Jean d'Elnone :
pourquoi ne serait-il pas l'auteur de ce poëme sur Saint Lambert,
auquel Jean empruntait ces citations en même temps qu'à
l'églogue sur les Chauves ? La chose à première vue paraît
d'autant plus vraisemblable qu'Hucbald est mort nonagénaire
vers l'an 930; il écrivait donc au temps où notre poëme a vu
le jour; qu'il était poète lui-même, poète hagiographe et qu'il
s'est trouvé en relations intimes avec cet évêque Etienne
Cujus precepto dicta hœc sunt fulgida métro.
Poète, en effet, son poëme sur la calvitie en fait foi. Nous
lui devons d'autres vers encore, adressés au même empereur
Charles pour lui présenter un écrit sur la sobriété, de la plume
de Milon, le maître et l'oncle d'Hucbald ; nous avons de lui une
épilaphe, deux hymnes, et nous trouvons des vers de sa façon
intercalés dans sa vie de S» Aldegonde, comme à la fin de sa
préface de la vie de S« Rictrude : on le dit, en outre auteur
d'autres ouvrages malheureusement perdus.
(»y Histoire litt. de la Franco, VI, t>10-i>-21. - Jligne. Paliologic latine CXXXII.
(>l)cra Hucbaldt, SI."-10r.O.
— 4^7 —
Les travaux hagiographiques étaient d'autre part, une des
occupations traditionnelles des moines d'Ehione ; après Huc-
bald, nous y voyons la biographie en vers des saints, cultivée
par Jean, son imitateur, vers l'an mille, par Gilber et par
Gontier, autres moines poètes, vers 1095 et 1108; avant lui,
Milon, son maître, avait traduit dans la langue du rythme, la
plus ancienne vie en prose de S. Amand, précisément comme
nous soupçonnons Hucbald lui-même de l'avoir fait pour S.
Lambert.
Hucbald, en effet, n'était pas seulement un moine érudit pour
son temps, un philosophe renommé, un linguiste, un artiste
dont nous possédons encore les écrits sur la musique, les
leçons dialoguées, les essais de solfège, et qui le premier a
publié un traité de l'harmonie; c'était aussi et surtout un Bol-
landiste de son époque, un rédacteur de vies de Saints.
Deux cents ans après sa mort, Sigebert, de Gembloux, cons-
tatait encore la persistance de la réputation d'hagiographe
d'Hucbald ; après avoir noté que sa parfaite connaissance des
arts libéraux l'avait fait comparer aux philosophes les plus
célèbres, Sigebert signalait tout d'abord parmi ses titres litté-
raires « de nombreuses vies de Saints ( i ). »
L'épitaphe que ses frères placèrent sur son tombeau avait la
même portée; elle ne comprend que six vers, débute par rappe-
ler la simplicité, la modestie du défunt, sa régularité exemplaire
et finit en constatant qu'il a mis son couvent en possession des
restes précieux du bienheureux martyr Cyrice; elle ne dit mot du
poème sur la calvitie ni des traités de musique, mais elle
insiste, au-dessus de tout, sur les services rendus par lui à
l'hagiographie :
Hucbaldus famam cuius per climala mundi
Edita sanctorum modulamina gestaque clamant.
(') I>o scriploribiis ecclcsiasticis CVll.
- 4^i8 —
La composition de vies de saints et d'offices en leur honneur,
voilà donc aux yeux des frères d'Hucbald la plus importante
partie de son œuvre, celle qui l'a fait et le tait encore connaître
sous tous les cieux : (mnam clamant pcr climata mundi !
De tous les pays voisins, on s'adressait, en effet, au moine
d'Elnone pour obtenir de lui quelqu'une de ces biographies.
C'est ainsi qu'il a composé :
Vers 860 croit-on, et h la demande de l'évêque de Nevers soit
un office avec hymne et répons, soit une vie on vers de Sainle-
Célinie, mère de St-Remy ;
Un peu après, la relation du martyre de Ste-Cyr et de Ste-
Julitte ;
Plus tard, pour les moines de St-Thierry, à Rheims,un office
de la nuit en l'honneur de ce saint, avec hymne, répons,
antiennes, le tout tiré de la vie du saint et mis en musique par
Hucbald — travail complètement semblable à l'office de St-Lam-
berl arrangé par Etienne ;
Plus tard encore, vers 908 ce semble, et à l'intention des re-
ligieuses de Maubeuge une vie de la fondatrice de leur maison,
Sle-Aldegonde;
Vers le même temps sans doute, pour les Frères et Sœurs de
Marchiennes, et sous le tilre d'Exhortation, un discours dans
lequel entre l'histoire de St-Jonat, premier abbé de Marchiennes;
Après 918 pour l'évêque d'Utrecht, Baldric, une vie de Saint-
Lebwin, apôtre de ce pays, vie qu'on est unanime h recom-
mander comme le meilleur travail de l'auteur.
On lui attribue en outre — œuvres perdues ou inédites jus-
qu'à ce jour : une vie de Sle-Madelberte qui succéda, comme
on sait, à sa lante Ste-Aldegonde, dans la direction du monas-
tère de Maubeuge — une autre de Ste-Brigide — d'autres
encore avec monis de certitude — enfin cette vie de Sie-Ric-
trude, fondatrice de Marchiennes, vie composée, si pas sur la
demande expresse, du moins avec le concours, les conseils de
l'évêque de Liège Etienne.
429
Un moine de Marchiennes qui rédigeait, vers la fin du Xï"*
siècle, une chronique de sa maison, enregistre ce détail au
chapitre 17 de son livre I: «L'évêque de Liège, Etienne, homme
» de grand âge et d'une admirable piété, fit écrire par Hucbald,
» moine de St-Amand, la vie de la Sainte (Rictrude). » Le texte
même de la préface dédicatoire donnée par Hucbald à son tra-
vail ne marque point que ce fut sur l'ordre d'Etienne qu'il
écrivit ; il permet simplement de croire soit qu'Etienne avait
désigné aux religieuses de Marchiennes Hucbald pour l'homme
le plus capable de mener à bonne fin l'entreprise, soit qu'il
s'était interposé pour obtenir du moine qu'il acceptât cette
tâche. Toujours est-il que, sa rédaction terminée, Hucbald la
soumit à l'examen d'Etienne : celui-ci n'y trouva rien à
reprendre, et demanda simplement au biographe de dater et de
signer son travail. La réponse d'Hucbald à cette demande est
devenue la préface de la Vie de Ste-Rictrude, et fait connaître
l'intimité de l'évêque de Liège et du moine, avec quelques
traits dislinctifs du caractère de celui-ci.
Après avoir, suivant son habitude chaque fois qu'un nom
propre se présente, donné l'étymologie en grec, de celui du
prélat auquel il s'adresse : « Stephano, secundum nomen suum
apostolicœ reverentiœ signo ah hominibus quidem coronato » —
Hucbald rappelle que les clercs et les religieuses de la pieuse
congrégation de la bienheureuse Rictrude, lui ont demandé de
prendre la plume pour rédiiier une Vie nouvelle de cette Sainte
et de ses enfants. « J'ai longtemps et vivement refusé, dit-il, et
» parce que je jugeais mon pauvre petit savoir incapable de
» traiter une aussi grande matière, et parce que je n'avais
» recueilli ni écrits ni traditions de nature à m'éclairer avec
» certitude sur une existence qu'un si long espace de temps
» sépare de nous. Je craignais de donner pour certains des
» faits douteux, pour vraies des assertions fausses. Afin de
» triompher de mes résistances on m'a communiqué diverses
« histoires dont les allégations concordent entre elles, et plu-
- 430 -
» sieurs personnes de qui je ne saurais mépriser le témoignage
» m'ont rapporté d'autres détails, qu'elles m'affirmaient avoir
» été consignés autrefois par écrit, mais dont la relation a péri
» dans les dévastations de l'invasion normande. Conjuré enfin
» au nom redoutable de la Sainte-Trinité, j'ai dû me rendre et
» je me suis attaché, si point comme il l'eût fallu, comme je l'ai
» pu du moins, non pas à enfiler des mots brillants, mais à
» fournir un sujet d'édification à mes lecteurs ou à mes audi-
» teurs.
» Mon œuvre achevée, je l'ai communiquée à votre Excel-
» lence, ou plutôt soumise à votre examen, et vous avez jugé,
» dans votre sagesse, qu'elle manquait de quelques unes des
» indications réclamées d'habitude par les maîtres de l'art pour
n établir l'autorité d'un livre : le nom de l'auteur, le lieu et la
» date de l'écrit. Pour moi, il me semblait qu'un travail où sont
» rappelés les noms, les actes, le séjour de tant de person-
» nages illustres, pouvait parfaitement se passer d'indiquer
» le nom et l'habitation de l'auteur, de crainte que ce détail ne
» couvrît comme d'un voile de ténèbres la splendeur d'astres
» aussi brillants. Mais puisque votre piété a en jugé autrement,
» nous laisserons donc, à la suite de votre nom éclatant, venir
» à la lumière le mien si obscur soit-il, et dans une préface où
» il est parlé d'un prélat aussi célèbre qu'Etienne, il sera fait
» aussi mention de notre chétive personne.
» Quant au lieu que j'habite, ce n'est plus comme autrefois,
» vous le savez, quelque ville célèbre, et je me glorifierais plu-
» tôt de vivre à présent, tout indigne que j'en sois, parmi les
» moines du monastère de Saint Amand, glorieux confesseur
» du Christ et votre prédécesseur, si par un juste châtiment de
» mes péchés, la crainte des invasions barbares ne me forçait
» souvent à m'enfuir de cet asile. Que dire de ce temps, si ce
» n'est qu'il est doux encore en présence de ce qui nous me-
» nace : C'est le moment, en vérité, de se tourner vers Dieu
» poiii' lui dire avec le Psalmiste: «Nous étions heureux pendant
- 431 —
» les jours où vous nous avez humiliés, pendant les années qui
» ont vu nos souffrances. Jetez Seigneur un regard de pitié
» sur vos serviteurs et sur vos œuvres ! » C'est le moment de
» se conformer aux avis de l'apôtre en profitant du temps, puis-
» que les jours sont mauvais ! Pour ne point paraître cepen-
» dant manquer de déférence aux ordres de votre autorité, je
» note, omettant les noms de nos rois, que nous sommes en
)) l'an 907, à partir de la nativité du plus grand des rois Jésus-
» Christ, dixième année de l'indiction. «(Migne, CXXXII, 829.)
Sur quoi, Hucbald termine par quelques vers, dans lesquels
il recommande à Etienne de corriger les erreurs dont son tra-
vail pourrait être entaché, et de n'adresser qu'à Dieu des remer-
ciements s'il n'y rencontre plus de faute.
On voit par ce document combien les relations d'Hucbald
étaient intimes avec l'évéque Etienne. Les circonstances n'ont pas
dû manquer pour resserrer les liens de cette intimité : les deux
correspondants ont également laissé un grand renom de piété ;
unis dans l'amour de l'Eglise, ils ont fait également paraître
ce dévouement dans les mêmes dévotions : Etienne institua,
comme on sait, la fête de la S^ Trinité, telle que l'Eglise catho-
lique la célèbre encore aujourd'hui ; Hucbald ne manque jamais,
dans ses oeuvres, l'occasion de confesser ce dogme, et noire
poète anonyme agit en cela comme Hucbald (vers 267, 286).
Tous deux enrichirent de leurs œuvres le trésor de la liturgie
sacrée ; tous deux étaient écrivains, littérateurs ; tous deux cul-
tivaient la musique. L'Église a conservé diverses compositions
religieuses d'Etienne; nous en devons d'autres à Hucbald,
outre ses traités théoriques, et ce véritable solfège du X« siècle,
antérieur à l'invention de Guy d'Arezzo,
L'évéque et le moine entretenaient les mêmes hautes rela-
tions avec les hommes les plus distingués de leur temps;
l'évéque et le moine jouissaient auprès des princes d'un
même puissant crédit. Plusieurs diplômes par lesquels sont
garanties ou étendues les propriétés de l'Eglise de Liège, ont
— 432 —
été obtenus par Etienne; l'un de ces diplômes, délivré par
Charles le Simple, en 915, contient la mention que le don est
octroyé à la demande de son très-cher parent Etienne « inter-
ventu Stephani îiostri consanguinitatis affinis dilectissimi. » Huc-
bald n'a pas été moins bien vu de ses souverains : on en a la
preuve dans les vers qu'il adressait à Charles le Chauve, et plus
encore dans le diplôme accordé par le parent d'Etienne,
Charles le Simple, à Foulques, archevêque de Rheims et chance-
lier du royaume <s.medianle HucbaUlo monacho » sur les sollici-
tatum d'Hucbald.
Ces occasions de rencontre, cette communauté des relations,
des goûts artistiques ou religieux, des occupations pieusement
littéraires, cette haute estime qu'Etienne faisait du talent d'Huc-
bald, tout nous induit à penser que songeant à doter l'Église de
Liège d'un office de son patron, et d'un oftice qui pût enfin épar-
gner au clergé liégeois les moqueries des érudits dont se plai-
gnait Etienne, celui-ci n'a pu manquer de faire appel au con-
cours, à l'amitié d'Hucbald — et d'autre part que Hucbald, lié
comme il l'était avec Etienne, professant pour févêque la défé-
rence, l'obéissance attestées par la préface de la vie de S« Ric-
trude, n'a pu refuser ce concours, ce témoignage d'amitié.
Toutes ces inductions toutefois n'auront de valeur que pour
autant que le style de notre anonyme, ses procédés littéraires,
les traits caractéristiques de sa manière de composer et d'orner
sa composition se trouveront ressembler au style, aux pro-
cédés, à la manière d'Hucbald.
Comparons donc, sur quelques points essentiels, notre
poème aux œuvres connues du correspondant d'Etienne.
Parmi les pratiques d'Hucbald, il en est une à laquelle il
tenait spécialement : l'établissement de divisions nombreuses
dans ses écrits et leur strict respect par les copistes.
Son sermon biographique sur St-Jonat de Marchiennes est
divisé en /^c//oM<'.s nettement tranchées ; la Vie de St-Lebwin en
chapitres. Dans la Vie de Ste-Rictrude, la liste des chapitres
— 438 -
suivait la lettre d'envoi à l'évêque Etienne, et ces titres étaient
tellement abondants, ces cliapilres si courts, que trouvant ces
intitulés de dimension presque égale parfois au texte même de
chaque article, les Boliandistes ont cru inutile de les repro-
duire (i). La préface d'une autre Vie, pareillement découpée en
divisions assez nombreuses, la Vie de Sle-Aldegonde, marque
l'importance que l'auteur attachait à ce classement minutieux des
diverses parties d'un écrit : « Si vous trouvez bon, mande-t-il
aux religieuses de Maubeuge, de copier ce travail, prenez atten-
tion, je vous prie, à bien conserver la division des chapitres.
La préface traite de la Vie des saints en général... Ayez soin de
la bien placer avant l'index des chapitres. » Et de fait dans le
poëme d'Hucbald sur les chauves il serait souvent malaisé
sans l'intitulé explicatif de chacune des strophes, de démêler le
sens général attribué par l'auteur h chacune de ces divisions.
Par une coïncidence assez notable, le manuscrit romain
comme le manuscrit bruxellois de notre poëme biographique
nous offre la table de ses chapitres soigneusement placée en
tête de l'ouvrage, et le lecteur a pu constater combien ces cha-
pitres même sont nombreux et nettement divisés : les chapitres
4" et 34^ ne comptent chacun que neuf vers; les 5% 8« et 39*^
que 8; le 17« 7, et les 22% 23^ et 25"^ une demi-douzaine au plus.
Rien de plus conforme, on le voit, aux procédés d'Hucbald
que la vie en vers de S. Lambert.
Celle conformité entre le poëme anonyme et les œuvres
connues du moine d'Elnone, se retrouve dans le vocabulaire,
dans les tournures du style, dans l'ordonnance de la composi-
tion, dans la connaissance des auteurs classiques, voire du
grec, et de l'Ecriture Sainte, dans l'emploi aussi des termes em-
pruntés aux sciences que l'auteur cultivait de préférence, la
musique et les arts rattachés de son temps h la musique :
science du mouvement des nombres et du mouvement des
astres.
(1) Acta s. -s. Belgii IV 489 in fine.
- 434 -
Sans doute, parmi les œuvres poétiques de ce moine, les
unes sont fort courtes : ainsi les hymnes en l'honneur de S.
Thierry, ou i'épithaphe de Milon; d'autres datent de quarante
ans avant l'époque où Hucbald a pu écrire la vie en vers de S.
Lambert: ainsi la lettre d'envoi ii Charles le Chauve, en 876, du
poëme de Milon sur la sobriété; la principale enfin, joint au mal-
heur de la date, celui d'une nature à dérouter toute étude com-
parative : quel style personnel, quel dictionnaire particulier
pourrait-on reconnaître dans un poëme dont le mérite consiste
à ne renfermer que des mots commençant uniformément par
la lettre C, Ce tour de force indique seulement que l'auteur de-
vait posséder à sa disposition une riche provision d'expressions
et celte richesse n'est propre qu'à nous donner le change dans le
rapprochement à établir.
Un dernier embarras vient se joindre à ces difficultés :
« Rosweide, écrivent les auteurs de YHistoire littéraire delà
» France, (VI, 221), a voulu transporter à Hucbald, l'honneur
» d'avoir écrit la Légende de S" Eusebie, abbesse d'Amay, qu'on
» a en vers et en prose. Mais les Bollandistes, ses confrères,
» n'ont pas jugé son opinion assez bien fondée pour fadopter.
» Elle ne semble effectivement appuyée que sur ce qu'on y lit
» presque les mêmes choses qni se trouvent dans l'histoire de
» S^Rictrude. Et c'est, au contraire, ce qui doit faire conclure
» que celte Légende n'est point l'ouvrage d'Hucbald qui ne se
» copie point de la sorte. »
Hucbald ne se copiant pas, ne nous ayant pas laissé d'autre
biographie en vers qui soit reconnue dès à présent pour nous
venir de lui, et montrant dans ses œuvres diverses une grande
variété d'expressions, on nous pardonnera de ne pas entrer ici
dans l'examen détaillé de son dictionnaire; il nous suffira de
dire, pour nous en être minutieusement assurés à peu près pour
tous, qu'on y retrouve les termes que nous avons notés comme
les plus fréquemment répétés dans notre poëme de S. Lam-
bert :
435
AptuSy altuSy almus, almificus, carpere, confestim, dogmata,
decorare, famen, flamen, fulgere, habitaculum, induere^inducere,
instare, lumen, luctus, lucerna, lustrare, munimen, mundanus,
manere, munus, malignus, pollens, pallens, prœclarus, peremiis,
quœrere, redundare, rite, stamen, scandere, spargere, stridula,
succensus, tribuere, vicissim.
Une expression favorite de l'auteur du poëme de S. Lambert
est l'emploi depectus avec un qualificatif (vers 34, 120, 172,233,
257, 271, 305, 451, 485) peetore fido, pectore puro, robusto pec-
tore, cœcato pectore, lubeuli pectore, etc., nous la retrouvons :
prudenti pectore pollens, dans les quelques vers de l'envoi à
Charles le Chauve. Une des chevilles les plus fréquentes de
notre poëte est caro, carne ou corpus, corpore; nous la retrou-
vons à peu près à chaque dizain de l'églogue sur la calvitie. Un
autre mot mérite attention. Alors que pour désigner la ville ou
l'habitant de Liège, on écrivait le plus souvent Leodium,
comme le Pape Jean X dans une lettre de 921, à Charles le
Simple — et leodiensis, comme le porte la signature de Ri-
chaire, successeur d'Etienne, au bas de l'acte pontifical qui
confirme la fondation du monastère de Brogne, Hucbald, au con-
traire, dans la lettre d'envoi de la vie de S« Rictrude à Etienne,
nomme ce\{xi-ci legiensium episcopus, et l'auteur du poëme em-
ploie précieusement la même forme : ledgia (343).
On pourrait noter la ressemblance des tournures, parfois des
fautes de quantité, des comparaisons surtout, car si Hucbald
partage avec les hagiographes de son époque, le défaut de la
sécheresse et le tort de s'imaginer que la prosodie suffit à faire
le poëte, parfois cependant des éclairs sortent de cette obscu-
rité et font reconnnaître que cet homme d'étude a vécu avec les
livres des maîtres du bel art.
Le début de notre poëme est assez bizarre pour être remar-
qué : il part d'une énuméralion des divinités et des supersti-
tions payennes, afin d'arriver à S.Lambert. C'est précisément le
système suivi par Hucbald, dans toutes ses biographies : il
-- 436 -
ouvre celle de S* Aldegonde, par des considérations générales
sur les saints, et nous l'ait descendre des hauteurs du paradis
terrestre, et de l'ancien testament b. la naissance de son hé-
roïne; des considérations du même genre préludent à l'histoire
du martyre de S. Cyr, histoire qu'il n'aborde qu'après un
voyage d'Auguste à l'empereur Alexandre Sévère. La biographie
de S'^ Rictrude remonte plus haut : elle prend les Francs à leur
départ fabuleux de la Phrygie et de Troie, pour nous mener à la
conversion de leurs rois, et à la conquête par ceux-ci du pays
des Vascons, puis nous conte l'origine des Vascons, parmi
lesquels Rictrude était née. La ressemblance apparaît plus
frappante encore entre le premier chapitre de l'histoire de S.
Lebwin et le premier de notre poëme. Des deux côtés, le
début est le désir de Dieu de sauver les hommes, et des deux
côtés c'est à l'astronomie qu'on emprunte la première com-
paraison, puis par l'étymologie du nom du héros qu'on entre
dans le vif du sujet.
On sait qu'entre tous les beaux-arts, Hucbald cultiva particu-
lièrement la musique. Comment ne pas reconnaître la langue,
les goûts, les préoccupations d'un musicien dans maints pas-
sages de notre poëme, dans le soin avec lequel il note la part de
la musique aux incidents qu'il rapporte : — appels à la muse
ou souvenirs des chants payens (v. 35, 295-306) chants d'allé-
gresse (38, 217) chants des saints offices (160, 165, 217) chants
de deuil (417-422) chapitres entiers consacrés à nous faire en-
tendre, soit les hymnes des anges, gardiens invisibles du corps
sacré (chap. XXXVI) soit les harmonies qui accompagnèrent
l'ouverture du tombeau de Maestricht (514 etc.) ou la déposition
des reliques dans l'église de Liège (530, etc.) Dans les solen-
nités de l'Eglise, la musique est manifestement ce qui séduit
avant tout noire auteur : comment ne pas soupçonner l'auteur
d'être un poète doublé d'un musicien ?
La musique était considérée au temps d'Hucbald comme une
branche de la science générale des nombres. Le moine d'Elnone
- 437 -
lui-même, dans son dialogue Scholia Enchiriadù, (i) rattache
également à cette science l'arithmétique, la géométrie, la mu-
sique et l'astronomie : « La musique, écrivait un contempo-
» rain d'Hucbald, Reginon, (2) est naturelle ou artificielle.... La
» musique naturelle est celle qui sans l'emploi d'aucun instru-
» ment, sans l'assistance des doigts, sans nul attouchement,
» nulle impulsion de l'homme, mais par l'effet d'une organisa-
» lion divine, et suivant les lois de la nature, module harmo-
» nieusement ses mouvements. C'est ce qui a lieu, soit dans le
» son de la voix humaine, soit dans les mouvements du ciel. »
Chez Hucbald, comme chez Reginon, l'amateur d'astronomie se
coniondail avec le musicien, et c'est une présomption de plus
pour lui attribuer la paternité de ce poëme, dans lequel, à
maintes reprises, il est parlé d'astres, de lumières (86,292,411,
536), de soleil, de lune, d'étoiles surtout : ad sydera mittunt (36),
ad sydera tensis (173), pulsabant sydera voces (189), sut sydera
tensis (405), sydera demulcens (516), et dont le second chapitre
est presque entièrement consacré à nous expliquer les effets
que le paganisme greco-latin attribuait aux planètes.
Le lecteur aura remarqué, d'ailleurs, l'amour de l'auteur du
poëme pour les observations numérales; il s'arrête avec com-
plaisance h raisonner sur le chiffre astronomique, hebdomadaire
et mythologique sept, chiffre des jours de la semaine, des pla-
nètes, des Dieux, des années de pénitence que S. Lambert se
serait proposé de s'infliger, et de celles pendant lesquelles il
différa de réclamer la translation de ses reliques.
Le savant allemand qui a publié le texte de Sigebert de
Gembloux dans la collection célèbre des Monumenta Germaniœ,
a remarqué que le grec était connu, cultivé, avant Sigebert,
dans certaines de nos écoles monastiques : il a trouvé des cita-
tions, des pages >!,nlières de grec, dans les manuscrits de Gem-
(') Livre 11, de symphoriiis. {■) Epistola de harmonica instflutiono, § 4. Palrol.
latine, CXXXH, p. 487.
- 438 —
bloux, de S. Laurent de Liège et tout d'abord d'EInone, ou
Saint-Amand. Hucbald, de fait, en maints passages de ses
écrits, laisse percer quelque teinture de cette langue. Il intro-
duit le mot navdîxTeç dans ses vers d'envoi h Charles le Chauve,
il parle de symmystae et philocliristi au chap. VII de la vie de S*
Aldegonde ; s'occupe de celte partie de la philosophie quae grece
ethica dicitur, au même chapitre ; à'elopliorio au chapitre IX,
explique -/.l-ripoc, (IV) et a-noçrolo^ (VI) dans la vie de S. Lebwin;
explique de même dans son Traité de ï Harmonie les termes
grecs employés dans la musique (*) : dicti autem phtongi
a-KQ Toueyy£o-^at,etc. N'est-il pas curieux de relever dans l'auteur
de notre poëme des indices analogues d'une fréquentation de
la langue d'Homère? Le latin y offre des exemples de ce que
nos maîtres de grammaire qualifiaient accusatif grec : nudatiis
plantas et divers mots trahissent certaine teinture de l'hellé-
nisme ;
Quod menlem dicunt agnomine^mec/ (4)
Palrio statuerunt ponere tapho... (426)
Ponlifici Stéphane... (Iretpav/î, couronne)
Nominis et claram carpat de voce coronam (fin).
Il y a plus d'un témoignage aussi de rapports entretenus
avec les classiques latins, dans celte façon, par exemple, de
nommer ville, par excellence, m; ôs, la capitale du pays; (70) dans
telle imuge empruntée au ihéàlre antique : splendere coturno,
dans ces détails mythologiques surtout : énumération répétée
des grands Dieux aux deux premiers chapitres, évocation
ailleurs des augures (34), de Borée (135), de Galliope (447) ou
du Tartare (491).
Odilon, moine de S. Médard à Soissons, à qui Hucbald, son
ami, avait envoyé la vie de S. Lebwin pour qu'il l'examinât, de
(') Page 91-1.
- 439 -
même qu'autrefois l'évêque Etienne avait revu l'histoire de S'
Rictrude, Odilon répondait de la sorte à son ami : « J'ai lu celte
» œuvre écrite avec sagesse, enrichie de tous les ornements
» du style, et qui reçoit une force particulière de l'application
» que vous y faites de toutes les parties de la philosophie; je
» l'ai lue et n'y ai rien trouvé h reprendre, mais au contraire
» maintes choses dont chacun pourra tirer enseignement et bon
» exemple. La puissance de votre talent est grande, en vérité;
» vous possédez une provision infinie de mots Mais ce qui
» m'émerveille plus encore, c'est que vous vous adressiez pour
» faire juger ces fleurs d'éloquence à moi qui n'ai ni talent, ni
» mérite, ni valeur.... « Plus lu es élevé, dit l'Ecriture, plus il
» faut savoir t'humilier. » Voilà ce que vous avez fait, non par
» nécessité, mais de vous-même, dans l'esprit de notre saint
» état et par affection pour moi. »
Voilà dans quels termes les (Contemporains d'Hucbald appré-
ciaient son savoir philosophique, la variété de sa langue et la
modestie de sa vertu ; on lui faisait, en outre, et non sans
raison, un mérite d'avoir « siî placer grand nombre de passages
de l'Ecriture avec tant d'art, que bien loin d'affaiblir sa diction,
ils en sont un ornement ('). »
L'examen, le plus superficiel, du poëme de S. Lambert y fait
reconnaître les mêmes traits dislinclifs. La main du philosophe
chrétien s'aperçoit sous plus d'un vers (15) dans ces passages
qui exaltent, soit en général la sagesse (67, 235), soit plus par-
ticulièrement la philosophie chrétienne (37, 46, 449). Quant à
l'Ecriture sainte, elle a fourni à l'auteur la plupart de ses
images. La moisson évangélique (41), la vendange apostolique
(43), le mur de l'édifice sacré (51), les reins ceints et les lumières
ardentes (87), la maison éclairée (9l),Satan, prince de l'air (151),
le vêtement de la vérité divine (226), les traits réservés aux
loups ravisseurs (231), le bon combat ii soutenir (294) sont
(') Hist. liit., VI, 220.
— 440 —
nulaiit dexpressioiis empruniées aux livres saints, l'auteur ne
va pas non plus chercher ailleurs les formules de ses principes
de morale et de foi : ainsi l'eutendons-nous tour à tour rappeler
les malédictions réservées au pasteur infidèle (49), les encoura-
gements aux bons pasteurs (74, 265), la piiié dont le Seigneur
fait montre pour son peuple, en lui choisissant un guide selon
son cœur (54), l'impossibilité d'allier les ténèbres à la lumière
(92), les béatitudes promises à ceux qui souffrent pour la justice
(97) ou aux miséricordieux (245), le pardon garanti aux fautes
d'involontaire ignorance (180) et surtout au cœur contrit (122),
l'obligation de plier la chair h la loi de l'esprit (143), la rédemp-
tion du péché par la charité (247), le soin de la justice divine
de ne point châtier deux fois la faute unique, mais de n'en laisser
aucune impunie (382-89), le souvenir constant h garder du der-
nier jour (293), enfin le devoir de ne pas craindre ceux qui tuent
le corps et ne peuvent atteindre l'âme (372). Saint Paul est plus
particulièrement et nommément cité par notre auteur (146,183,
406-408). Qu'on lise les œuvres d'Hucbald, on y trouvera, dans
les ciiations faites, la même préférence pour le célèbre apôtre.
L'anonymat lui-même, lorsqu'il s'agit du moine d'Elnone, est
une présomption de paternité. Les critiques n'ont pas établi
sans peine qu'il était l'auteur d'ouvrages qu'on lui attribue
maintenant sans conteste : ainsi l'épitaphe de son oncle, l'ex-
horlalion biographique sur S. Jonat, un commentaire inédit
sur la règle de S. Benoît. — Et rien de surprenant dans cette
indécision. La préface dédicatoire de sa Vie de S"" Rictrude
aite.ste que si l'évêque Klieinie ne le lui avait conseillé, enjoint
presque « aucloritalem jussionis, » Hucbald n'aurait ni daté, ni
signé ce travail. Une autre préface, sous ce rapport, caractérise
encore mieux sa modestie : c'est celle de sa Vie de S'^ Alde-
gonde. Hucbald termine la lettre par laquelle il adresse l'œuvre
aux religieuses de iMaubeuge par celte recommandation : « Quod
cumque ucciderit, per amicitiam rogu ne nostnnn nomen in hoc
opère senlialur. Quoiqu'il arrive de ce livre, je vous en conjure,
_ 441 —
au nom de l'amitié, que jamais mon nom ne vienne an jour à
son sujet, (') ! »
Les témoignages de l'humilité d'Hucbald, sont, au reste, aussi
nombreux que ses écrits; aucun parmi ceux-ci où il ne parle
de son insuffisance: il ne se décide à prendre la plume que pour
répondre aux vœux pressants de ses augustes amis; à preuve,
la lettre d'envoi de l'office nocturne de S. Thierry aux moines
de ce nom dont il sollicite une rémunération en prières; celle
de la Vie de S" Rictrude à Etienne, ù qui nous l'avons entendu
soumettre pleinement son œuvre; la biographie de S. Lebwin
qu'il fait examiner à la lois par Pierre, archidiacre de C;inibrai,
et par Odilon, de S. Médard à Soissons; celle de S*" Aldegonde,
qu'il envoie aux religieuses ses filles, en leur écrivant : « Si ce
récit ne vous plaisait pas, ou ne plaisait pas aux docteurs aux-
quels vous pourriez le soumettre, périsse entre vos mains ce
misérable et vain parchemin, ellacez-en le texte ou le jetez au
léu! »
Doté de cette modestie et de cette passion de l'anonymat,
Hucbald ne pouvait-il pas écrire, sans le signer, notre poëme de
S. Lambert et se prêter même à rédiger pour l'évoque Etienne
une biographie dont il aurait su que celui-ci se contenterait de
détacher les meilleurs vers pour les noter et les insérer dans
l'office du Saint?
Une autre qualité paraît l'apanage constant de ce moine instruit
et pieux : c'est la prudence, le tact critique qu'il déploie dans
ses narrations. Les auteurs de VlHstoire Wtéraire lui font un
mérite d'avoir, dans sa relation des miracles de S. Cyr et de S*"
Julette, apporté ses soins pour en exclure les fables qui se lisaient
(latis la légende originale. On a vu par sa lettre à Etienne que les
règles élémentaires de la critique historique lui étaient bien
connues : l'auteur, la date, le lieu d'édition d'un livre sont les
premières choses dont les maîtres s'enquièrcnl pour en (léter-
(•) Pal. 1,11., C.XXXII, p. 860.
— 41-2 -
miner la valeur. On a vu par la même épître qu'il s'était long-
temps refusé à rédiger Tliisloire de S" Rictrude, parce que les
documents lui manquaient. On peut s'assurer que dans la Vie
de S"' Aldegonde, il n'a suivi qu'avec trop d'exactitude les récits
interpolés qu'il avait sous les yeux; les auteurs de l'/Zis/oir^
littéraire ne doutent pas qu'il a dû écrire sur de bons mémoires
la vie de S. Lebwin, et, d'autre part, les corrections qu'il appela
lui-même sur ce travail attestent sa réserve. Le poème de S.
Lambert déparerait-il cette galerie? On y retrouve, au contraire,
la prudence caractéristique d'Hucbald : k peu près partout il
s'aliache à traduire en vers, avec plus d'exactitude que de poésie
la vieille version qu'Etienne corrigeait d'autre part en prose. Il
s'en écarte, il est vrai, quatre fois, entre autres pour relater que
Dodon voulut tuer le messager qui vint de la part du saint lui
annoncer le châtiment providentiel. Hors ce détail, d'assez peu
d'importance et qui pourrait bien, d'ailleurs, avoir figuré sur la
vie en prose qu'Hucbald mettait en rimes, les trois autres écarts
sont autant de traits propres à faire reconnaître la main du
moine d'Elnone.
Le souci des mœurs s'affirme en maints endroits de ses écrits;
tandis que d'autres s'efforcent de cacher dans leurs histoires
certains désordres princiers, il consacre lui, dans sa Vie de S*
Rictrude, deux chapitres spéciaux, le troisième et le quatrième,
véritable hors-d'œuvre, à nous relater les protestations, la lutte
et le triomphe de S. Amand contre l'oubli que témoignait, des
devoirs conjugaux, Dagobert, devancier du maire de palais de
Hersial. N'est-ce pas une présomption de plus pour attribuer à
noire auteur le poème dans lequel Tinconduitc de ce Pépin est
donnée pour la cause première du martyre de S. Lambert?
Nous avons déjà indiqué le goût d'Hucbald pour les explica-
tions que nous pourrions nommer numérales ; il faudrait
signaler également le plaisir qu'il prend à donner le sens mys-
tique des choses de l'Eglise, par exemple, de la tonsure, des
vêtements sacerdotaux ou du voile des vierges, dont il est traité
- 443 —
soit à propos de S. Lebwin, soil ù propos des SS" A.ldegoiide
et Rictrude : comment ne pas reconnaître ces goûts d'Hucbald
dans son explication des sept années de silence qu'il prête à S.
Lambert, h partir du jour du martyre ?
L'interprétation du nom même du patron des Liégeois est le
dernier détail ajouté parle poëme à la vie en prose. Or Hucbald
est précisément un gourmet en élymologie; de même que notie
poëme accuse ce goût chez son auteur, dès l'introduction de la
pièce, par cette dissertation sur le nom des principales divinités
païennes (1-34), de même Hucbald, dès le début des vers
adressés à Charles le Chauve, joue sur le nom du prince :
A proavis nomen retinens pariier quoque numen.
De même, au cours de la vie de S« Rictrude, il explique par
rétymologie, au chap. l'^', le nom des Francs ; au 2'r-% celui des
Vascons ; il note, au 4'"'", que S. Sigebertfut por'.é au baptême
« Jam naturalis amissurus nominis etymologiam; » au 6"'%
l'helléniste nous peint S*" Eusebie i<. bona Dei cullrix secundum
interpretationem sui nominis. » Dans la vie de S. Lebwin, il ne
manque pas d'expliquer (chap. VIII) le nom de S. Bonif'ace; il
nomme (XI) en langue saxonne les nobles, hommes libres et
serfs; il indique dl) l'origine de rap|)ellation de la Bretagne, et
tout d'abord il se livre, au sujet du nom de son héros, à une
dissertation complète sur la multiplicité des noms providen-
tiellement donnés, comme présages de sainteté: « Feriiir enim a
suœ peritis liuguœ quod Lebunjn palriotice sit vocatus quod Roma-
nis sonat cHARUs amicis. »
Un trait qui révèle une fois de plus tout ensemble l'helléniste
et l'étymologiste, prend h nos yeux, dans ce poème, la valeur
presque d'une signature authentique. Dans l'épitaphe de son
maître Milon, Hucbald, rappelant le travail biograpliiqui; d(>
ce Milon sur 8. Âmand. avait écrit :
Tanii pontiiïcis palmam capitatque coronam.
kXk
Le iiièine souhait lei mine le poëme sur Saiiil Lambcil :
Ponlifici Slepliaiio sil laus...
Nominis el elaraiii carpat de voce coroiiam.
« Louange et gloire au pontiCe Etienne, sur l'ordre duquel ces
» nobles choses ont été écrites en vers : puisse-t-il obtenir
» un jour la couronne signitiée par son nom : ^Lrecav//. »
Ce vœu, par une coïncidence frappante, est la répétition for-
melle de celui que nous trouvons exprimé dans l'adresse même
de la lettre dont Hucbald accompagna l'envoi au même Etienne
de la biographie de S" Rictrude : honiino praesuii stephano
SECUNDUM NOMEN SUUM apostolicae reverentiae sigiio ah
hamimbus quidem coronato, sed demum ob meritorum insignia
cum eis quorum vices exsequitur a Deo coronatido. Ou nous nous
trompons fort ou Hucbald, à moins de signer son œuvre de son
nom, ne pouvait mieux nous montrer que par cette répétition
qu'il est l'auteur du poëme, jusqu'à ce jour réputé anonyme, sur
notre S. Lambert.
S'il fallait une dernière induction pour établir celte paternité,
elle nous serait fournie par ce passage signiticalif d'un de
nos historiens liégeois les plus anciens et les plus ?uto-
risés, d'où il ressort qu'autrefois nos traditions nationales
attribuaient au moine de S. Amand d'autres rapports artistiques
et littéraires avec l'évèque Etienne. C'est ce passage du chapitre
que dans l'histoire de nos anciens pontifes, Anselme consacre
à cet Etienne :
« Il fut aussi, dit-il, l'auteur des répons que l'on chante en
l'honneur de la Sainte Tiinité, ce (jue nous ignorions, croyant,
comine le rapportait la tradition, que je ne sais quel Hucbald
en éiait l'auteur : nedenles (juod fama habebat netrio quem
llubaldum ipsorum fuisse compusilorem. Mais, poursuit Anselme,
il n'y a pas dix ans. comme on remuait dans une armoire
(|nclqucs vi(Uix documents, un d'eux se rencontra qui se trouvait
— 445 —
l'œuvre de Richaire,le successeui" même du vénérable Etienne,
et nous ne croyons pas inutile de le reproduire ici {i). »
Celte pièce est une fondation testamentaire dont le passage
essentiel pour nous atteste qu'Etienne a pris soin d'instituer —
stabilire curavil — en l'honneur de la T. S. Trinité, certains
répons avec antiennes, pour la nuit ou les matines avec les
vêpres, de façon à former un office complet, dans un chant
d'une extrême harmonie.
Anselme et tous les auteurs qui l'ont répété ou commenté —
ainsi les bénédictins de Y Histoire liltéraire — ont conclu de ce
p;issagedu testament de Richairequ'il fallait enlever à Hucbald
la paternité de cet office pour la reporter sur Etienne : nous
croyons qu'il n'y a lieu, au contraire, que de la partager entre
les deux amis, le moine poète et l'évêque musicien. Le testa-
ment ainsi entendu ne détruit pas, il complète, il éclaire la tra-
dition. Celle-ci affirmait avec précision qu'Hucbald était le
compositeur de l'office de la Trinité; celui-là déclarait seulement
qu'Etienne avait pris soin d'établir cet office: les deux versions,
loin de s'exclure, s'allient et se confirment à merveille.
En voyant que l'office de Saint-Lambert, auquel Etienne a
laissé son nom, ne doit au prélat que sa notation musicale et
se compose de vers empruntés à la biographie rythmée réputée
jusqu'à présent anonyme, comment se refuser à croire qu'Etienne
est également lauteur de la musique de l'office de la Trinité
attribué à Hucbald par la tradition liégeoise jusqu'au temps
d'Anselme; — comment ne pas conclure surtout que la vie
rimée, les antiennes et répons de l'office de S. Lambert écrits
à l'intenlion d'Etienne ont pour auteur cet Hucbald qui avait
déjà rédigé pour le même prélat la vie de S'' Rictrude et l'office
de la Trinité ?
De ces détails, des rapprochements que nous avons établis
entre les caractères de l'œuvre présumée du moine d'EInone et
(') Anselme ; L»e Stepltano el exemplar tcitnmenii.
- 446 —
ceux de ses ouvrages les plus auihenliques, résulte donc pour
nous la conviction que la seconde biographie de S. Lambert est
sortie de la plume d'Hucbald dans les vingt premières années
du X""' siècle.
La remarque en a déjà été faite : la Vie en vers de S. Lam-
bert par Hucbald n'ajoute que sur quatre points des détails
nouveaux h la biographie primitive : le moment est venu d'exa-
miner la valeur historique de chacun de ces points.
Le premier est l'explication étymologique du nom donné au
saint: Land hertus, soutien, illustration du pays. Signaler cette
interprétation sufïit, d'autant plus qu'elle s'accorde avec la
langue nationale du martyr; assez intéressante pour la linguis-
tique, elle n'offre pour l'histoire que l'avantage d'apporter une
certaine confirmation à celte indication du premier biographe :
que Lambert appartenait à une vieille famille de la Hesbaye
thioise : oppido trejedense ex parentibus locupletibiis, secundum
sœculi dignitatem inter prœsides venerandis, et longa prosapia
Christianis ( ').
Un deuxième détail ne nous arrêtera guère plus : c'est l'affir-
mation qu'Âmalgysile (479-480) revut du saint, non-seulement,
comme le porte la version primitive, l'avis que le Ciel allait
punir Dodon, mais encore la mission d'avertir de ce châtiment
Dodon qui voulut, ajoute Hucbald, immoler le porteur de ce
sinistre message.
Notre poème est, entre les biographies du saint, la seule à
produire ce détail. La première rapporte la vision, mais non
pas qu'Amalgysile dût en faire part à Dodon : la version d'Etienne
ne va pas plus loin (jue les funérailles du saint; de même celle
de Nicolas, écrite au XII"^^' siècle pour remplacer le texte
d'Etienne dans les oftices de la cathédrale liégeoise, comme
(M Chcsqnièrcs, i, 131 ; version de Mabillon, revue p^r tes Bollandisles.
447
celui d'Etienne avait remplacé, au X"", la révision de Godeschalc.
Ce Nicolas nous avait bien promis une second livre sur la
translation, les miracles du saint et les châtiments dont ses
bourreaux furent frappés (i) ; mais soit que Nicolas n'ait pas
donné suite à ce projet, soit qu'on ait perdu la copie de cet
ouvrage ou qu'elle repose ignorée dans les manuscrits de
quelque lointaine bibliothèque, toujours est-il qu'elle n'est pas
arrivée jusqu'à nous. Anselme et Sigebert de Gembloux avant
Nicolas; après lui, Gilles d'Orval et Jean d'Outremeuse, le grand
collectionneur de légendes liégeoises au XR"^ siècle, ne rap-
portent rien non plus, ni de la mission confiée à Amalgysile, ni
de la tentative meurtrière de Dodon : le détail était assez pitto-
resque pour n'être point laissé de côté par ces chroniqueurs,
s'ils l'avaient connu : son omission dans leurs récits, comme
celle de l'explication étymologique du nom de Lambert, et celle
d'une troisième ajoute d'Hucbalddont nous allons avoir à parler,
attestent que tous ces auteurs ne connaissaient point notre
poëme et que, par conséquent, c'est d'une autre source qu'ils
devaient tenir ce qu'ils ont raconté, d'accord avec lui à leur
insu, des causes du martyre de l'apôtre.
Le troisième point met Hucbald en contradiction complète
avec les biographes, ses devanciers : c'est l'histoire de la
promesse que le saint aurait faite d'expier par sept ans de péni-
tence, s'il échappait au massacre, la vivacité trop grande,
croyail-il, avec laquelle il avait d'abord saisi des armes pour
opposer la force à la force, promesse qu'il aurait tenue même
dans la vie éternelle, en attendant sept ans pour châtier ses
bourreaux et révéler le destin de ses glorieuses dépouilles.
Le premier biographe fait connaître le mouvement de vivacité
du saint, ajoute aussitôt que Lambert ne larda pas à revenir à
lui : rien d'un vœu, rien d'une pénitence (2). Des écrivains
postérieurs, Sigebert est le seul à noter qu'après ce mouvement
(*') Chapeav., I, 407. (-) Ghesqu., VI, 138, i^ 18,
448
séante Uei oculos congrucnti addixit pénitent iae ,mn\s ce mol peut
s'entendre d'une vogue répentance et se rapporter aux regrets
que le chroniqueur fait exprimer directement par le saint dans
la phrase suivante : Te, inquit, bone Jesu ([)...
Tout au plus pourrait-on conclure de ces mois que Sigebert,
bien que ne connaissant pas, comme nous l'avons dit, le
poëme d'Hucbald, avait recueilli néanmoins quelque écho de
la même tradition.
Quoi qu'il en soit, ce que noire auteur rapporte de la péni-
tence septennale que se serait imposée S. Lambert n'est raconté
que par lui; ce qu'il ajoute de la manière du saint, d'observer
cette pénitence, même dans l'autre vie, est une erreur mani-
feste.
Le plus ancien biographe assure, en effet, qu'un an s'étanl
écoulé après la date du martyre, le saint apparut à ce irésoiier
Amalgysile, autrefois juge du tribunal épiscopal : « nous avons
été visiter Kome, lui dit-il, et maintenant que nous voici de
retour, on nous presse de nous occuper de noire ami Dodon el
de ses compagnons; le moment est venu pour eux de payer
leur dette et de recevoir le châtiment du mal que leur impiété
nous a causé. »
Les faits suivirent aussitôt les meiiaces, continue le biographe,
el il retrace la mort affreuse de Dodon el de ses complices :
« l'année écoulée, il n'en survivait quebien peu: tous les autres
» enlevés par une mort terrible et honteuse, avaient lini leur
» misérable existence {-2). »
D'après ce texte, l'annonci! du chàtinieni s'est lait atUMidre
un an et sa réalisation a pris une année encore; Anselme, Sige-
bert et les auteurs postérieurs abrègent le terme de moitié :
« Dodo... anle eapletum annum vita privalus, écrit Anselme, I,
7. » Infra anni ipsms spatium vix aliquis evasit, dit Sigebert
(vila prior, V, J5 06).
!') Sigcl). Vil^ prior S. l,;mih., cli;!!!. IV .s; -i!) ledit. ilo> IWilUunlisles). -1 Glu'sq..
VI, lli, §?: 27. !28.
— 449 —
Au total, Sigeberl seul fait peut-être allusion à l'incidenl
d'une pénitence de S. Lambert; mais hors cet auteur et pour
ce détail unique, tous les autres ne nous rapportent rien d'un
vœu du martyr, rien de la réalisation dont parle Hncbald; ils
attestent, au contraire, qu'après un an ou deux, justice était
tirée des meurtriers.
L'erreur d'Hucbald, il faut se hâter de le dire à sa décharge,
peut être atténuée par une triple explication :
— le goût de l'écrivain pour les interprétations numérales ;
— le sens obscur du pèlerinage posthume de S. Lambert à
Rome ;
— les circonstances du temps où notre poète tenait la
l)kîme.
Nous avons déjà signalé la manie de notre auteur de trouver
à toutes choses un sens mystique, symbolique, et de multiplier
les jeux d'une sorte d'arithmétique sacrée; il aime surtout le
nombre sept; le début de ce poème, où il traite tour à tour des
sept Dieux païens, des sept planètes et des sept jours de la
semaine, ne nous prèpare-t-il pas à voir ce chiffre de sept ans
admis, à la légère, comme terme de la pénitence que se serait
imposée le saint; d'autant plus que ce terme était véritablement
avec celui de trois, dont il est parlé dans la vie de S. Hubert (i)
par un contemporain, fort en usage alors?
La vague rumeur accueillie par Hucbald devait lui plaire à un
autre titre: elle pouvait servir à expliquer le sens véritablement
peu clair de ces paroles que la version primitive place sur les
lèvres de S. Lambert dans le récit de la vision d'Amalgysile :
« Nous revenons d'avoir été visiter Rome! »
Sans doute visiter Rome fut dès les premiers siècles catho-
liques l'accoutumance des évoques les plus zélés, et nous
(,') Kleine denkraaier aus der Merov.ngerzeit, herausgegebjn von Wilheni Arndt,
p. 5o. — La Vie de S. [\ubert écrite par un auteur contemporain, piiblif'e par le P.
Ch. de Sraedt, p. 19.
- 450 -
voyons par l'histoire de nos premiers apôtres qu'ils se firent à
peu près tous un devoir d'accomplir ce pèlerinage ; mais le
respect de cette coutume ne leur était pas imposé dès lors avec
une rigueur telle qu'on put imaginer, qu'ils avaient à s'y con-
former morts, s'ils ne l'avaient pratiquée vivants: le règlement
pris un demi-siècle après le martyre de S. Lambert par le pape
Zacharie, ne prescrit la visite ad limina apostolorum, qu'aux
seuls prélats de l'Italie ou de l'ordination du Souverain-
Pontife (1).
Il est possible encore que la plus ancienne relation de la
vision doive s'entendre en ce sens que Saiiii Lambert aurait
été demander à Rome, au prince des apôtres, cette justice que
Pépin ne lui avait pas rendue en laissant le crime impuni, en
ne vengeant pas le martyr de la défense des enseignemenis
apostoliques. Hucbald a préféré, ce nous semble, interpréter
d'une autre façon les paroles mystérieuses de l'apparition.
Un pèlerinage à Rome était dès son temps le couronnement
fréquent des pénitences publiques : c'était au Pape que les
évêques eux-mêmes envoyaient les grands coupables exprimer
leur repentir, et demander, soit de constater que ces pénitents
avaient accompli leur peine, soit de leur accorder quittance
anticipée de leur dette d'expiation. Au douzième siècle encore,
nous voyons des évêques se consulter sur le point de savoir si
un prêtre, suspendu pendant sept ans pour avoir tué d'un coup
de pierre un voleur qui allait l'égorger, pouvait, ce terme échu,
rentrer dans l'exercice des fonctions sacerdotales; une lettre
de Hildebert, évêque du Mans [■>), nous atteste qu'au sens
de ce prélat, le cas aurait dû être renvoyé au Pape, afin que le
souverain Pontife en décidât et pût donner h l'homicide invo-
lontaire une rémission définitive.
(') Thomassin. Ancienne el i ouvelle discipline de l'Eglise, 2' partie, liv. III,
chap. 40. (-) Thomassin. Ane. discipl. de l'Eglise, i"-' partie, liv. 11, chap. 43,
VH.
— 4ol —
La version d'Hucbald, d'ailleurs, ne répondait pas seulement
au besoin d'expliquer le pèlerinage posthume du saint, et aux
goûts d'arithméticien de l'auteur, elle répondait plus encore à
un souci du temps où il écrivait.
Une des règles de la discipline ecclésiastique que l'Eglise eut
le plus de peine à faire triompher des passions humaines, tut
l'interdiction intimée à ses prêtres, de verser le sang et de
porter les armes. Unissant pour la plupart des prérogatives
civiles à leurs fonctions religieuses, les évêques des siècles de
S. Lambert et d'Hucbald devaient, à ce titre, satisfaire à des
charges militaires envers leurs souverains temporels ; aussi
maints d'entre eux, introduits d'ailleurs dans le sanctuaire par
les rois plutôt que par l'Eglise, oublièrent-ils trop souvent pour
payer ce tribut civil leur mission apostolique, échangeant la
mitre contre le casque, la crosse contre l'épée. Peu de temps
après la mort de S. Lambert, S. Boniface se plaignait, dans ses
lettres au pape Zacharie, de voir certains prélats de Gaule et
de Germanie monter h l'autel, couverts encore du sang versé
sur les champs de bataille. Sous l'influence du grand apôtre, le
concile de Leptines renouvela les défenses faites à tous les pas-
teurs de se trouver à l'armée, à moins que pour administre)' les
sacrements : l'abus diminua, mais ne disparut pas ; il résista aux
mesures énergiques par lesquelles Charlemagne (i), sévère exé-
cuteur des décrets de l'Eglise, ordonna de dégrader et de priver
de toutes fonctions l'évêque, le prêtre, le diacre ou le sous-
diacre qui s'en rendrait coupable; il reprit même une force
nouvelle sous les faibles successeurs du grand législateur, et
lorsque les invasions normandes se i épandirent sur nos pro-
vinces, on put voir --triste nécessité peut-être — marcher tour
à tour à la tête des armée^ impériales envoyées contre les bar-
bares, deux archevêques de iMayence, Sunderolde et, avant lui,
Suitberg, abbé de Malmedy, et à la tête des Liégeois qui tinrent
iM Thomassin, > partie, liv. 111, chap. U, 11; — 4.-i, VII.
- 432 —
campagne contre eux, Francon. évêque de Liège, le prédéces-
seur d'Etienne.
Francon toutefois, s'il Inal en croire Folcuin de Lobbes et
Anselme (i), comprit ce qu'avait d'irrégulier celle conduite, et
résolut de l'expier à la façon dont Hucbald prétend que l'avait
voulu faire Saint-Lambert: par une sorlede pénitence publique:
il conserva le titre et les prérogatives de l'épiscopat — on en a
donné les preuves dans un travail récent, (2) et h ces preuves,
il faut ajouter que ce prélat siégea comme évêque, en 895, au
concile de Francfort. Par contre, il jugea que ses mains souil-
lées de sang dans tant de combats n'étaient plus assez pures
pour offrir la victime sans tache ; il cessa, dit-on, de célébrer
la messe.
Hucbald, on s'en souvient, était déjà un écrivain de renom
au temps de Francon ; il avait d'autant mieux dû connaître la
conduite guerrière, puis pénitente du prélat que ses écrits, sa
préface notamment de la Vie de S'' Rictrude adressée à l'évéque
Etienne, témoignent des craintes que lui inspiraient toujours les
Normands. Quoi d'étonnant si dans ces circonstances, il a trop
facilement accueilli cette version De (ama piorum, ei si charmé
d'évoquer un souvenir agréable aux évèques de IJége, en pré-
sentant S. Lambert comme le prédécesseur de Francon dans un
repentir de cette sorte, il a saisi cette occasion de rappeler du
même coup, par ce noble exemple, le clergé de son temps au
respect des règles de la discipline sacrée?
Nous arrivons au dernier et au plus important des détails
ajoutés par Hucbald à la version primitive de la mort du saint:
il s'agit de la cause même de ce trépas.
Le poète raconte que les deux frères Gallus et Riold s'étant
mis à ravager les biens et h tourmenter, en toute occasion, les
gens de legliso de M;iestriclit, finirent par exaspérer les neveux
(*) Ans f)e Fiancnw ppiscopo. ii) !,. I.ali.iye. I.cs Normands an pays île I.i(*gp.
p. 22.
453
de l'évêque et par recevoir de ceux-ci la mort, cliûtimenl mérilti
de leurs violences. Cela dit, voici comme il poursuit :
« Le premier auteur de ces crimes était attaché à la maison
» du prince Pépin ; il avait nom Dodon ei c'était en se fiant sur
» lui que les deux frères susmentionnés, ses parents, avaient
» pris l'audace de troubler le pays. On rapporte et beaucoup ont
» répété ce bruil sinistre que le pontife Lambert s'était rendu
« odieux aux amis du pervers Dodon, en montrant son indi-
» gnation contre l'inconduite de la sœur de ce Dodon, que le
» prince, en violation des lois de l'iionnêtelé, avait prise pour
» maîtresse, du vivant même de son épouse. De là s'était accru
» l'orgueil de Dodon: aussi, dès qu'il apprit le meurtre des deux
» frères, se souvenant assez du reste de ce qui avait été dit de
» sa sœur, il se mit à tramer la moit du pontife, îi chercher les
» voies t\ suivre pour le tuer et tuer avec lui ceux que la
» rumeur publique avait signalés à sa vengeance. » (326-340.)
Cette explication du meurtre tire, abstraction faite de toute
autre considération, une valeur particulière de ce fait qu'elle
nous est présentée par Hucbald.
Hucbald, nous ne l'avons point caché, peut se laisser entraîner
parfois à trop aisément accepter des anecdotes dont le sens
répond à ses goûts personnels, mais en général il est digne d'ins-
pirer confiance. Nous l'avons prouvé par ses œuvres, il possé-
dait les éléments de la critique historique ; il savait passer les
traditions à ce crible ; de là, ses corrections, ses atténuations
apportées, par exemple, à la légende de S. Cyr et de S'« Julitte;
de là, ses hésitations à prendre la plume, ses refus d'écrire sans
avoir au préalable analysé, épuisé les sources. Il tenait compte
même de l'importance qu'un seul mot peut avoir dans un récit ;
de là, ses recommandations aux copistes de ne rien changer à
un texte dont il ne voulait tirer d'ailleurs aucune gloire, puis-
qu'il recommandait de n'en point désigner l'auteur.
Comment donc ne pas ajouter foi à ses dires lorsqu'il nous
donne l'adultère de Pépin comme la cause originelle du martyre
(ie s. Lambert? Il avait pu recueillir sur ce sujet plus d'in-
formations que sur aucun ; il avait, en outre, plus de motifs de
se taire, que de parler avec cette franchise.
On a vu qu'il était en relations suivies avec l'évêque Etienne ;
son poëme atteste qu'il a, pour majeure partie, travaillé
d'après le même texte primitif qu'Etienne corrigeait d'autre
part : s'en serait-il écarté sans de sérieuses raisons ? Les
moyens de s'éclairer devaient d'autant moins lui manquer,
d'ailleurs, que son écrit retraçait la vie d'un personnage plus
célèbre ; qu'il n'écrivait plus cette fois pour un seul couvent
comme celui de Maubeuge ou celui de Marchiennes, mais pour
un diocèse entier et qu'il était avisé sans doute de l'usage
qu'Etienne voulait faire de ses vers : en tirer un nouvel
office.
On s'est plu à reconnaître les preuves de prudence qu'il a don-
nées dans la composition d'œuvres de moindre importance :
cette prudence l'aurait-elle abandonné dans cette circonstance,
à propos de ces incidents délicats, sur lesquels il lui aurait été
plus aisé, plus avantageux môme, de garder le silence?
Son couvent d'Elnone avait eu pour chef un abbé de la des-
cendance de la malheureuse dont il rappelait l'inconduite, sans
la nommer toutefois.
Lui-même, — ses envois de poésie à Charles-le-Chauve et les
diplômes octroyés sur sa demande par le prince en font foi —
lui-même avait entretenu les relations les plus amicales avec
les souverains descendus d'Alpaîde ; l'évêque auquel il adres-
sait son poëme était de leurs parents, critique capable d'ail-
leurs, lilléraieur instruit, au courant des choses de l'histoire,
ot dont Hucbald se fil un devoir de prendre l'avis, et jugea sage
de suivre les conseils, h propos d'autres œuvres.
Dans ces conditions, c'eût été, l'on en conviendra, de la part
(l'un écrivain aussi réservé, aussi renommé que Hucbald un
singulier mépris de sa propre réputation et une rare impru-
dence ; c'eût été de la part d'un poète aussi bien en cour, une
458
maladresse étrange ; c'eût été de la part d'un protégé des rois
et d'un ami d'Etienne un acte d'ingratitude et d'indélicatesse que
de consigner dans sa biographie de S. Lambert, une tradition
aussi désagréable à ses puissants amis, aussi contraire de prime
abord à la version officiellement admise jusque là dans l'Église
de Liège — si celte tradition ne jouissait d'avance d'une auto-
rité bien établie, si elle n'était déjà passée, auprès du public,
en force de chose jugée.
On a cependant élevé contre la véracité d'Hucbald en ce qui
louche ce point, un ensemble d'objections que dos maîtres de
la critique ont considéré comme fort sérieuses.
Abordons-les de front , et indiquons de quelle façon nous
croyons pouvoir passer outre.
1° On a dit que les lois et les usages du temps autorisaient
Pépin à substituer Alpaïde à Piectrude: S. Lambert ne pouvait
donc que laisser faire. — Nous ne contestons ni ces lois ni ces
usages fâcheux, mais nous répondons que rien dans l'histoire
de Pépin, de Piectrude et d'Alpaïde ne prouve qu'ils se soient
trouvés dans un des cas prévus par ces coutumes ; — que ces
lois et ces usages étaient d'ailleurs, en ce temps même, abso-
lument condamnés par l'Église, par l'enseignement unanime de
ses conciles et de ses docteurs, comme par la conduite de tous
ceux de ses saints pontifes qui se sont trouvés dans le cas de
Lambert en face de l'adullère de Pépin ; qu'enfin le caractère,
l'instruction, la piété, la position de S. Lambert ne lui ont pas
permis d'agir autrement que ses maîtres.
2° On a dit ensuite que, d'après la meilleure chronologie el
les monuments diplomatiques, Pépin et Piectrude étaient récon-
ciliés, à la date généralement admise comme celle du martyre :
Lambert n'a donc pu être frappé par son opposition à des rela-
tions qui avaient pris tin. — Nous répondons qu'à supposer
vrais ces calculs, Lambert aurait pu périr victime d'un devoir
antérieurement accompli, sous les coups de la vengeance de
Dodon; qu'au reste, l'époque où, suivant nous, fut perpétré le
— 456 -
meurtre, correspond précisément à la date de celte séparation
de Pépin et de Pleclrude dont on prétend déterminer la durée
d'après les diplômes du temps.
3° On a dit enfin qu'avant l'auteur du poëme personne n'avait
expliqué comme lui le meurtre du saint; que le premier bio-
gTa|)he en doimait une autre cause et que celle-ci était d'autant
plus acceptable que l'Église de Liège elle-même l'a tenue pour
la vraie jusqu'au douzième siècle. — Nous répondons que cet
autre cause — la défense du patrimoine ecclésiastique n'a pas
été étrangère au martyre, mais n'est pas la principale ; que
le silence du premier biographe s'explique par d'assez bonnes
raisons, qu'on explique de même la conservation prolongée
de son récit comme version officielle de l'Église de Liège
que sa réserve, d'ailleurs, n'est pas si complète qu'elle ne per-
mette de discerner la vérité sous les voiles dont l'enveloppe sa
narration; — qu'au total nulle des allégations élevées contre
l'exposé d'Hucbald des causes du martyre n'échappe à la réfu-
tation, et qu'en conséquence il y a tout lieu de tenir cet exposé
pour le plus fidèle.
Et d'abord quelles étaient les lois, quelles étaient les mœurs
du temps de S. Lambert ?
L'inviolabilité du mariage est l'un des principes que l'Église
eut le plus de peine l\ faire triompher du paganisme, à faire
respecter des peuples devenus chrétiens, des puissants et des
princes sui'louf.
A l'arbitraire de l'époux, au servilisme delà femme, à l'insta-
bilité de la fiimille, h la tolérance même dont la loi juive avait
cru devoir user pour « la dureté de cœur » des fils d'Israël,
le Christ avait substitué un principe nouveau : « L'homme ne
séparera pas ce que Dieu a uni. » Il avait ainsi relevé la femme
au rang de compagne soumise mais égale de son époux, assuré
la mère une part imprescriptible dans la royauté du foyer
domestique, aux eiit'auls celle proleciiou sure el tendre que
seule peut leur donner celle ({ui leur doinia la vie, à la famille
entière l'honneur et la force dans la stabilité.
Autant celte réforme sociale était nécessaire pour empêcher
le monde de périr étouffé dans les fanges d'un sensualisme bru-
tal, autant les passions dont le principe de l'irréfragabilité
d'une première union allait arrêter les ravages, devaient lui
opposer de résistance et, vaincues, essayer fréquemmer.t de
reconquérir leur prépondérance passée. La lutte fut donc longue,
semée de péripéties diverses, et si Rome n'avait toujours el sans
concession défendu le principe mis en cause, à de certains
momeiits la conduite de certains prélats eût permis de dire,
en vérité, que cette lutte divisait jusqu'à l'Église. Ces prélats
toutefois n'ont jamais figuré parmi nos saints, ni ces temps
coïncidé avec i'époque de S. Lambert.
Tacite (') le constatait dès le premier siècle de notre ère : si
la plupart des Germains, à la différence des autres nalions bar-
bares dont la dépravation plus grande rendit les triomphes plus
éphémères — si la plupart des Germains se contentaient
d'une femme, les chefs, sous le prétexte que leur alliance était
un honneur plus recherché, en entretenaient plusieurs. Les
Francs importèrent ces coutumes dans nos régions el les
mœurs de leur aristocratie se ressentirent, longtemps après
leur conversion au christianisme, de ces pratiques payennes.
Elles autorisaient, par exemple, le mari à substituer une
épouse nouvelles fépouse adultère. Ce cas toutefois ne pouvait
être celui de Pépin. Si le moindre reproche avait [:U être lancé
contre Plectrude, les historiens courtisans des descendants de
sa rivale n'eussent pas manqué de nous les rapporter. Il a été
impossible, au contraire, de découvrir une pièce, un texte, un
mot, findication du moindre fait de nature h entacher l'honneur
de Plectrude; l'annaliste le plus rapproché de ce temps, et le
{') Germania, 18.
',r.s
[i!us liivorable aux descendants d'Alpaïde, à riiilenlion desquels
on le soupçonne d'avoir pris la plume, le deuxième conti-
nuateur de Frédégaire, n'a lui-même que des éloges pour
l'épouse abandonnée par Pépin : « nobilis et prudentissima ( i )
notle et d'une sagesse parlaite ! » Inutile dès lors de discuter
les licences laissées [ku* les lois franques à l'époux victime
d'un adultère.
La loi salique en consacra d'autres ; elle n'admit plus la
polygamie par accumulation, elle l'admit par succession : elle
toléra le divorce par consentement mutuel. La coUeclion
de formules d'un contemporain de S. Lambert, d'un moine
liélas! Marculphe, (-) nous offre plusieurs modèles de ces
contrats étranges. Sans doute, ils s'appliquaient parfois à des
lujitiucs de lianrailles : ainsi voyons-nous S. Ansbert, pour se
donner ;i Dieu, rompre avec une fiancée qui devint elle-même
une vierge glorieuse et authentiquer cette rupture par le
liqellns dissociabilis {■'). On n'appliqua pas qu'aux fiançailles
ces sortes de contrats, mais encore une fois, pour Plectrude,
il n'est fait mention d'aucune pièce de ce genre.
Quelque soit le jugement porté sur cette princesse, il est une
faiblesse et une qualité qu'on ne saurait lui contester : l'ambi-
!ion et l'énergie. Elle les montra tout ensemble, h coup sûr,
lorsqu'à la mort de Pépin elle entreprit de garder les rênes du
^'ouvernemeiu, et peut-être ces rênes lie lui auraient-elles
j.'.mais été ravies, si son adversaire ne s'était appelé Charles
>lartel. Quelle apparence qu'avec ce caractère, elle se lût prêtée
à descendre du pouvoir, à céder volontairement la place à une
i ivale?Et si elle s'était démeiiiie à ce point, comment les histo-
riens de l'époque n'auiaient-ils rien su de ce contrai; comment
l( s descendants d'Alpaïde n'auraient-ils rien laissé venir au jour
(riiii acte qui eût revêtu du moins d'un semblant delégalité l'er-
1 \ l'alru!. ial. de Mignc, LX\I,<)71. [i) Id. LXXXVII,74G; Formula; Sii'tuondica;
MX. . 787 cl rorntuki' Andoiravcnses LVI, p. 854. ^3) .^cla S. S. Bclgii, V. loi.
- 459 —
reui" de leur aïeule t Arrière donc la loi salique, le divorce par
consentement mutuel et les formules de Marculplie : tout cela
n'a que faire ici !
Reste l'hypothèse d'un renvoi pur et simple, sans accord et
sans faute de l'épouse qui put l'expliquer. L'exemple des rois
mérovingiens nous atteste que l'idole des répudiations fut une
des dernières h garder des adorateurs à leur cour. Mais encore-
un coup, qu'on nous cite l'historien qui aurait prononcé le mot
de répudiation au sujet de Plectrude. La plupart de ceux qui
touchent aux relations de Pépin avec Alpaïde, dénoncent u\\
scandale dans ces rapports ; les plus favorables au maire de
palais, ainsi ce continuateur de Frédégaire qu'on dit avoir écrit
à la demande de Childebrand, le second fils d'Alpaïde, n'essaie
pas plus que les autres d'excuser le caprice de Pépin ; il ne se
sépare des autres annalistes que pour donner le nom û'épouse à
la mère de son Mécène : aliam duxil uxorem iiobUem et elegantem ;
il prit une autre épouse aussi noble que distinguée ('). Pas un mot
pour justifier la conduite du maire depalais ou le titre que l'au-
teur donne généreusement à la concubine. Au reste, nous ne
voyons nulle part que Pépin lui-même ait jamais fait agréer
publiquement Alpaïde pour son épouse ; divers écrits du temps
nous montrent en des circonstances solennelles Plectrude aux
côtés de son époux ; sa signature se lit h la suite de celle de son
mari sur plusieurs diplômes antérieurs ou postérieurs à l'inci-
dent d'Alpaïde (^) : aucune relation, aucun acte public n'associe
Alpaïde à son amant ; hormis son )iom et la naissance de
Charles Martel d'abord, de Childebrand ensuite, on ne connaît
rien d'elle que par la biographie de S. Lambert, tant il est mani-
feste que pour ses contemporains, pour l'histoire, pour Pépin
même, loin d'avoir eu le rang d'épouse, elle n'a jamais été qu'une
maîtresse du prince.
(') Palrol. lai, LXXI, p. 67:2. (s^ Alph. Wiuiierâ. Tuble chronologique dos chîirles,
années 691, 701, 706, 715, 7-20, etc.
— i'M) —
Tuu:> les érudits entin, quel (lue soit, le parli qu'ils aieiil
embrassé dans cette discussion, se retrouvent d'accord sur ce
point : Pépin finit par renvoyer Alpaïde, et tandis qu'aux der-
nières années de ce prince, Pleclrude, la légitime épouse, repa-
raît auprès de lui triomphante et respectée, on ne sait pas avec
cerlitude ce que devint sa compagne des jours d'égarement.
Cieux-ln même, dont l'imagination défend la légalité de son
union adultère, sont forcés de s'en rapporter aux traditions
liégeoises sur le dénouement de son aventure, et d'admettre, h
!a suite de notre chroniqueur du XW"'" siècle, Jean d'Outre-
meuse, (') qu'elle finit ses jours dans la retraite du monastère
d'Orp-le-Grand.
Ilest incontestable qu'elle disparut complètement de lascène
du monde. Lors donc que Plectrude revient partager les géné-
rosités publiques, quelque cbose même du pouvoir de Pépin,
lors donc que nous la verrons, après la mort de son époux, dis-
poser quelque temps de son héritage, pourquoi Alpaïde s'elTace-
t-elle soudain, pourquoi ne sera-t-il même plus question d'elle
après les triomphes de son fils Charles Martel? Pourquoi his-
toriens, amis, ses fils même, éviteront-ils d'attirer l'attention sur
sa vie? C'est qu'évidemment rappeler celte femme, eût été rap-
peler l'irrégularité originelle de ses descendants ; c'est que la
retraite d'Alpaïde était l'aveu de ses erreurs, l'aveu peut-être
d'une participation à un crime sanglant.
Au témoignage d'écrivains sérieux, (-) le tombeau d'Alpaïde
aurait été retrouvé en 1618 devant l'autel de la vierge de l'église
d'Orp-le-Grand. Un incendie détruisit cette église en 1674 ; un
siècle et demi après, en 1828, le gouvernement hollandais fil
•"xécuter des fouilles pour l'endre au jour ce tombeau curieux :
vaines recherches! La pierre avait péri avec son inscription :
Mpaïs comitissa, couthoialis Pippini ditcis. A supposer antique et
' < ) Gliroiiii}ue dv. .leaii des l'nis, lonic il. ;'.78, oSî-î. ( ' ) Turlier ol Wauters : I,es
i-Dmmuncs 'lu Br^bîinl : Orplc Grnnd, p. 2S"2.
- m —
.'l'ilhentique cette épilaphe dans laquelle le terme comitissa
apparaîtrait pour la première fois dans Thistoire, car le glossaire
de Ducange n'en signale l'emploi qu'il partir de la fin dii VHP
siècle, ce nom de comtesse conservé à celle qu'on prétend avoir
été l'épouse du duc Pépin, et cette expression é?,alement appli-
cable à la femme légitime et à l'autre, cette qualification
équivoque du co?i//;ora//s— littéralement : concubine, n'auraient-
ils pas été sur la tombe même de la pénitente si pas le témoi-
gnage de repentir d'une complice de l'assassinat de S. Lambert,
fi coup sûr, la reconnaissance de l'irrégularité du lien qui l'avait
unie au maire de palais et la justilication de la réprobation
énergique du pontife martyr ?
Oublions néanmoins, si vous le voulez, qu'Âlpaïde n'a jamais
ét<^ que le honteux caprice d'un prince; décorons-la. contre
toute vérité, du titre d'épouse légale. Eh bien, pour apprécier en
ce cas la conduite d'un évêque à son égard, ce ne sont ni des
lois, ni des usages d'une société restée payenne par plus d'un
côté qu'il faudra s'enquérir : S. Lambert n'a pu se guider que
d'après les règles de l'Église, d'après les lois et la morale évan-
géliques telles qu'on les entendait de son temps. Interrogeons
sur cette interprétation tous les pays, tous les synodes, tous
les docteurs chrétiens qui ont eu à se prononcer sur la question
soit du vivant du Saint, soit aussitôt après sa mort : tous nous
rendront la même réponse, fidèles échos de ce pape dont on
pourrait dire comme de Charlemagne, que la grandeur a
pénétré son nom, le Pape Grégoire-le-Grand, dont l'enseigne-
ment est formel : le devoir des chrétiens est de mettre au-
dessus des lois humaines assez aveuglées pour autoriser le
divorce, le commandement divin de l'indissolubilité de l'union
conjugale, (i)
En Afrique, un des recueils de canotis les plus connus est
celui de Cresconius, mort, croit-on, vers 699, l'an même du
(») Liv. XI, e|). 9o.
— 'iG-2 —
martyr de tiolre Saint. 11 se contente de copier le 48""^ canon
des apôtres ; « Si un laïc renvoie sa femme et en épouse une
autre, fût-elle renvoyée par son mari, qu'il soit privé de la com-
munion de l'Église. » (i)
En Angleterre, le concile de Heorutfort avait rappelé, en 673,
que « nul ne peut quitter sa femme, si ce n'est pour cause de
» fornication : en ce cas, celui qui aura renvoyé sa femme légi-
» lime, ne peut en épouser une autre s'il veut véritablement
» rester chrétien : il doit garder le célibat ou se réconcilier
» avec sa femme. » {^i)En 697, un autre concile, tenu à Bergam-
stade, ne fit qu'appliquer cette doctrine, en ordonnant dans la
troisième de ses résolutions, promulguées comme loi du pays,
de mettre en pénitence les adultères et de les séparer de la
communion des fidèles. (^)
(( Plein de sollicitude, écrivait le roi saxon Ina en tète de son
code, publié en 693, pour le salut des âmes et le bonheur de
mes peuples, j'ai résolu d'y pourvoir et d'assurer la stabilité de
mes institutions, par de justes lois sur le fondement de légitimes
mariages. »Et par ces mariages légitimes, Ina entendait ceux-là
seulement que l'Église approuvait. Même doctrine dans le péni-
tentiel qu'Ecbert, archevêque d'York, promulguait quelques
années plus lard : « L'homme qui délaisse son épouse pour en
prendre une autre, est adultère ; de même la femme qui aban-
donne son époux pour un autre : que le prêtre ne leur accorde
ni l'Eucharistie, ni aucun des droits attachés h la qualité de
chrétiens et s'il arrive qu'ils meurent, qu'on ne les enterre
pas non plus avec les chrétiens. { 4)
Les conciles et les lois de l'Espagne chrétienne répondent à
ceux de la chrétienne Angleterre : le XII'"" de ces conciles de
Tolède qui fixèrent à lu fois la législation civile et religieuse de
la Péninsule défend en 681, et dans les mêmes conditions aux
I '} Mi^jne. ['atrol. latine LXXXVlil 88!2. ( ■: ) Histoire ecclëbiastique, par Henrion
fjiigiio , XVII. (i. bfi'i. r,; Id id. id. p. 98"2. ( i^ l>;ilrol. lat. LXXXIX,4I7.
ïm
maris de se séparer de leur femme, sauf le cas de foniicalion,^
et menace de les retrancher de la société des tîdèles comme de
la communion de l'Eglise, s'ils ne retournent vivre avec elles (i ).
Cette doctrine, si âpre qu'elle paraisse, el si contraire qu'elle
soit aux usages les plus constants du paganisme, est cependant
celle que l'Église ordonne de prêcher dès l'abord aux infidèles :
le 5 mars 71H, le Pape Grégoire II met par écrit les instructions
destinées aux légals qu'il envoie évangéliser la Bavière ; il leur
prescrit spécialement d'expliquer que si la continence est
louable, le mariage est licite, mais celui-là seulement qui ne
s'appuie point sur un divorce et ne se prête point h h poly-
gamie : « nec reputandum est recle conjugiuui quod duorum
excesserit numerum. » (2) Grégoire III ordonne également de
refuser les sacrements, fût-ce au lit de mort, aux adultères qui
ne se convertissent pas (3).
Les questions de mariage ligurent au premier rang de celles
dont la correspondance de S. Boniface entretient les Papes de
ce temps ; toutes les solutions données sont conformes à celles
que nous avons déjà rapportées ; une seule concession — et
encore n'en est-ce pas une dans l'espèce — est faite alors
comme aujourd'hui : Rome déconseille, mais permet à l'époux
(le prendre non pas une nouvelle, mais une véritable épouse,
si la première n'a pu réyliser le mariage. (26 nov. 726.)
Point de dissidence, en cette matière, entre l'Orient et l'Oc-
cident ; l'année 692 vit les Grecs poser à Constantinople, dans
leur grand conciliabule in Trullo, le pi'incipe du schisme qui
devait les séparer de Piome, et entamer la loi catholique du
célibat des prêtres. Ce fut alors, qu'en dépit du Pape et tout en
maintenant l'interdiction faite à ces prêtres de se marier après
l'ordination, ils prétendirent les autoriser, si les noces avaient
devancé l'ordre, à vivre à la fois dans le sacerdoce et l'union
conjugale.
I ') Hist. ecTlésiasl. de Henrion, XVH, 808. (')Patroi. lat. LXXXIX,§33. (s) Id,
— 464 -
Il lailait (Jonc que la loi de l'indissolubilité du mariage lui bien
établie alors pour que cette assemblée, répudiée par l'Église et
d'une morale si accommodante, se lit néanmoins un devoir de ^
maintenir cette loi de la façon la plus rigide, de llétrir du nom
d'adultère (can. 87) toute substitution d'une épouse à une autre,
de condamner même la conduite des femmes qui, sans avoir la
certitude absolue de la mort d'un mari dis}taru dans une guerre
en acceptaient un autre (93), de pousser la rigueur enfin jusqu'à
interdire h un homme d'épouser la fiancée d'un autre, aussi
longtemps que celui-ci resterait envie ? (*)
Est-il besoin de dire que l'Église n'avait concédé rien de
plus aux passions des Francs qu'à celle des Saxons, des Visi-
goths, des Africains ou des Orientaux ?
Des conciles tenus dans les royaumes francs, le dernier qui
se soit occupé avant le martyre de S. Lambert, des questions
de mariage, fut celui de Nantes en 650 ; le premier qui en ait
traité après, celui de Leptines, en 743.
Tous les évéques des Gaules — et sans doute à leur tête
S. Amand, évêque de Maestricîit, prirent part à l'assemblée de
Nantes : voici la douzième de leurs décisions : « Un homme
» peut se séparer de sa femme, pour adultère public, mais sans
>) pouvoir en épouser une autre du vivant de la première : la
» femme fera sept ans de pénitence, et s'il veut la reprendre, il
» s'associera à la pénitence. La femme poarra en user de même
» h l'égard du mari adultère, » (2)
Le concile de Leptines réuni, celui-ci, d;ins notre propre pays,
ne fut pas moins explicite; « Que chaque prêtre,- porte le
» 3o* canon, enseigne publiquement aux fidèles à s'abstenir de
« toute union illicite, et leur apprenne que suivant l'ordre
» même de Dieu, une union légitime ne peut être rompue en
« aucune occasion, excepté le cas de fornication, si ce n'est
» par consentement mutuel, mais cela pour le service de
» Dieu. »{■■)
I') Hi?t. ecclés. XVII, 96-2. 'jld, id., «10. (*i Palrol. I^l. Migtif .l,\XXIX, 82."..
\
',t»''
â
— 465 —
Et pour ne laisser aucun doute sur le sens de ces paroles,
l'an suivant les pères du concile de Soissons donnèrent à cette
doctrine une formule plus nette, que Pépin, le petit-fils
d'Alpaïde, enregistra, promulgua lui-même dans le neuvième
article du décret de publication de ce concile : « De même
» avons-nous statué que nul ne prenne pour épouse soit sa
» parente, soit une femme dont le mari serait encore en vie, et
» que nulle femme n'épouse un autre homme du vivant de son
» mari. » (*)
Les évêques du temps ne laissaient point ces doctrines dans
le domaine des abstractions théoriques ; ils les prêchaient, en
termes exprès, à leurs peuples ; ils en condamnaient les vio-
lateurs, si haut placés qu'ils fussent; ils bravaient toutes les
persécutions, la mort même, pour les faire triompher de l'in-
conduite des princes.
Un contemporain de Lambert. S. Ouen, nous a conservé le
texte de quelques sermons de son ami, Saint Eloy : « Que per-
» sonne, disait Eloy (2), ne songe à quitter son épouse légitime
« en quelque occasion que ce soit. Il vous est défendu d'avoir
» des concubines soit avant le mariage, soit après... Que chacun
» observe à l'égard de sa femme, la foi qu'il attend d'elle...
« Tout ce qui n'est pas permis aux femmes dans le droit de
» mariage, ne l'est pas non plus aux hommes. »
— « Garde, écrivait un autre évêque au roi Clovis II, sous
lequel vécut S. Lambert, garde, ô prince la chasteté d'une seule
union. » (3)
Saint Gedde, évêque en ce temps des Saxons orientaux, avait
frappé d'excommunication un seigneur coupable de s'être uni,
malgré les prohibitions de l'Église à une de ses parentes ; il
avait mêm,: interdit aux fidèles d'entretenir aucun rapport avec
ces pécheurs publics. Le roi Sigebert méconnut celte défense,
(») Patrol. lat. LXXXIX, 826. (') Vie de S. Eloi, liv. II, 15. ('; Migne. Patrol.
lat. LXXXVII. 608.
466
puis l'encontraiit l'évêque, implora son pardon : « Prince, lui
répondit le saint, vous mourrez dans la maison de cet excom-
munié. » Peu de temps après, ajoute la légende, Sigebert péris-
sait, dans celte maison même égorgé par ce même ami. (i)
Un autre contemporain de Lambert, S. Corbinien, mort en
739, premier évêque de Frésingue, évangélisait la Bavière ; le
duc du pays, Grimoald, lui offrit l'hospiialilé : l'apôtre, dit son
biographe le plus ancien « ne voulut point paraître devant lui,
» parce qu'il avait épousé une femme contre les lois de l'Évan-
» gile, et aima mieux s'exposer à la mort que de communiquer
» avec des personnes dans la disgrâce du fils de Dieu. » La
fermeté de Corbinien finit par l'emporter, mais l'épouse con-
gédiée ne lui pardonna point ; elle complota la mort du mis-
sionnaire et sans l'avertissement d'un ami, il tombait aussi sous
les coups de gens envoyés du palais. (2)
A la môme époque Kilian paya de sa vie sa fidélité à la même
cause : Kilian avait conquis la Franconie au christianisme ; le
prince du pays, Gosbert, se disposait à imiter son peuple ;
Kilian ne lui laissa pas ignorer que le mariage contracté par
lui avec la veuve de son fi'ère était contraire aux règles de
l'Évangile ; Gosbert céda, mais la nouvelle Hérodiade, aigrie
par un humiliant renvoi, ne tarda pas à se venger : elle profita
de la première absence du prince pour faire égorger le nouveau
Jean-Baptiste. (3)
Et quand des pontifes risquaient ainsi leur vie pour faire
respecter les empêchements mis par la discipline de l'Église
aux mariages entre parents, d'autres auraient reculé dans la
défense du principe bien plus strict de l'indissolubilité du lien
conjugal ?
Dans les Gaules seules que d'exemples devaient s'offrir au
souvenir de S. Lambert ! S. Gaudin venait d'occuper la chaire
de Soissons ; il avait eu le courage de reprocher la licence de
}) Hist. ecclésiast. de Henrion, XVII. 704. (*) Id., id.. 1082. 'i Id., id. 929.
— 467 —
leurs mœurs à certains des plus redoutables de ses diocésains:
ces gens l'attendirent SLir un chemin public, se jetèrent sur
lui et le précipitèrent dans un puits d'où l'on ne retira que le
cadavre du martyr (i).
Les devanciers, les propres maîtres de S. Lambert avaient-
ils montré moins de zèle à repousser les écarts des puissants,
des princes et des rois ?
Au rapport de Grégoire de Tours, S. Germain des Prés, en
576, avait excommunié le roi Gharibert pour son mépris des
lois du mariage chrétien (2).
Vers le même temps, S. Nicet, l'évéque de Trêves, refusait
de poursuivre l'office sacré devant le roi Théodebert, jusqu'à
ce que la compagnie d'adultères excommuniés dont ce prince
était escorté se fût retirée du temple (3).
Du vivant de S. Lambert, les reproches qu'un autre évêque,
S. Léger, faisait au roi Childeric sur son mariage avec Bile-
childe, fille de l'oncle du monarque, fournirent aux ennemis du
saint d'Autun l'occasion de le perdre dans l'esprit du prince
dont il était le ministre (*). Avant S. Léger un autre pontife,
comme lui premier ministre d'un roi franc, S. Arnould de
Metz, avait abandonné le gouvernement et la cour de Dagobert,
qnand ce prince jusque là vertueux et sage, rompit, malgré ses
conseillers épiscopaux, avec la reine Gomatrude, pour s'allier
à une chanteuse. Mais il faut entendre un comtemporain, un
diocésain de S. Lambert, le religieux, auteur de cette première
vie de Ste Gertrude qu'on sait avoir été écrite avant l'an
707, nous dire à la fois les désordres du prince, l'indignation
des fidèles et l'attitude d'un autre Pépin, l'aiëul de celui
de Hersial, en face de cette conduite : « Outre ses concu-
» bines d >iU le nombre était considérable, dit-il, — Dagobert ~
» au mépris de la loi canonique et de la dignité royale, abusa
(*) Hist. ecclésiast de Henrion, XVII, d041. (*j Grég. de Tours, Patr. lat.,LXXI,
290. {=) Id. 1080. (♦) Histoire de S. Léger, par Dom Pilra, p. 280.
468
» des embrassements de trois épouses. De quoi Pépin, ému de
» douleur, le réprimandait avec une grande liberté de langage,
» lui reprochant son ingratitude aux grands bienfaits de Dieu.»
A en croire cet historien, un moment serait même venu où
Dagoberf, devancier de Dodon, aurait songé ii se défaire par
un meurtre de ce ministre trop fidèle (').
Si Pépin de Landen fut épargné, il n'en fut pas de même pour
un des prédécesseurs de S. Lambert sur le trône épiscopal de
Maestricht, pour l'évêque S. Amand. Fidèle écho d'une tradi-
tion plus ancienne (2) notre Hucbald n'a pas manqué de consi-
gner ce souvenir dans son histoire de Ste Rictrude : « Trop
» livré à l'amour des femmes, le roi Dagobert, écrit-il, quitta
» parce qu'elle semblait devoir rester stérile, l'épouse à laquelle
» il s'était uni, en prit une autre en mariage et prélendit en
» faire une reine. Les évêques lui reprochèrent ce crime,
» S. Amand plus vivement qu'aucun autre; aussi le prince saisi
» d'indignation et n'écoutant qu'un orgueil trop ordinaire aux
» rois, fit-il ignominieusement expulser de son royaume le
» vénérable pontife. (3)
Au début du même siècle, en 608, Didier, archevêque de
Vienne en Gaule, avait subi un châùment plus cruel. Coupable
d'avoir ramené le roi Thierry que sa mère, la trop fameuse
Brunehault, voulait à la fois maintenir dans la corruption et le
servilisme, à chasser ses concubines, à les remplacer par une
épouse légitime, il avait péri martyr des vengeances de cette
reine altière. « Oui martyr, écrit Adon l'un des successeurs du
pontife viennois, car quoique ses persécuteurs ne lui aient pas
dit : Sacrifie aux idoles, ils lui ont dit : Consens à un péché et
tais la vérité! ( '■) »
S. Columban, enfin n'avait-il pas eu à braver la colère de
la même Brunehault, à repousser avec un égal dédain ses
(•; Acta s. S. Belgii, II, 366. c. Vie de Saint Amand par Baudemond, son dis-
ciple. AclaS. s. Belgii, IV, 251. (^) Acta S. S. Belgii, IV. 491. (*) Hist. eccl.
de HenriOD XVII, 2%.
469
menaces et ses présents insidieux, à supporter aussi les arres-
îations, les violences, l'exil, pouîr s'être refusé ù reconnaître
dans les fils d'une concubine de ce Thierry des princes royaux
et des enfants légitimes? Ne l'avait-on pas vu, par sa parole tant
qu'il put aborder le prince, par ses lettres, quand le bannisse-
ment l'eut éloigné lui, « reprocher au Roi de se livrer aux adul-
tères du concubinage, au lieu de jouir de la société d'une épouse
légitime. (^) »
Voilà, puisque l'on a prétendu atténuer la faute de Pépin, et
contester la conduite qu'elle imposait ti son évêque en alléguant
les mœurs, les usages du temps, voilà quelles étaient pour les
catholiques, pour les évoques surtout, les pratiques, les ti'adi-
tions et les lois de l'époque. Si Pépin a pu se laisser entraîner à
les méconnaître, Lambert n'a pu faillir au devoir de les rappeler
à Pépin.
Elève du prêtre romain Landoald, imbu par lui des doctrines
romaines, disciple ensuite de cette école du palais dans laquelle
enseignaient les pontifes les plus éclairés, il ne pouvait ignorer
ni les décrets de tant de saints conciles ni les instructio'is de
tant de saints pontifes; compagnon particulièrement chéri et
soigné d'un évêque instruit, Théodnrd, il avait encore étendu
par son application à la lecture (2) les connaissances reçues de
ces maîtres d'une stricte orthodoxie; il avait vu le respect pour
la discipline ecclésiastique empêcher ce Théodard de le choisir,
de son vivant, pour successeur (3). Lui-même à Stavelot avait
poussé la pratique de ces règles (4) jusqu'à se soumettre sans
hésiter aux ordres irréfléchis de l'abbé, qui par une nuit d'hiver
l'envoya prier à la croix du préau ; au moment du martyre il
portera ce zèle scrupuleux à ce point excessif de rejeter loin
de lui l'arme d'abi)rd saisie pour opposer à ses assassins une
défense légitime (s). Comment admettre que devant l'adultère de
(*) Hist. ceci, de Henrion. 296. Patr. lat. LXXXVII, p. 1029, etc. (^ Acta S. S.
Belgii, Yl, 132. (') Id., id., id. {i] Id., id., 133. ('j Id., id. 138.
- 470 -
PepiiK Lambert si parfaiieinent instruit des préceptes de
l'Église et si empressé d'y coiuoriner les moindres actes de sa
vie, Lambert se serait tu !
C'eût été de sa part méconnaître l'enseignement, répudier les
titres de gloire de tous les saints qu'il avait dû vénérer le
plus: Eloi,dont il avait pu entendre Ouen rappeler les leçons
k la cour du prince ; Colomban sous la règle et parmi les fils
duquel il avait vécu sept ans à Stavelot;Tliéodard, son devancier
immédiat dans la carrière épiscopale et dans la voie du martyr-
Amand son indomptable prédécesseur; tous ces évêques ses
contemporains ou ses modèles qu'il avait vus avant lui, autour de
lui, opposer d'énergiques résistances à l'immoralité des princes,
affronter tous les tourments, donner leur vie enfin plutôt que
de rien sacrifier aux passions adultères des souverains les plus
redoutables. El comme eux, il n'aurait pas poussé jusqu'aux
extrémités les plus sanglantes la fidélité aux lois de l'Eglise, la
défense de l'indissolubilité du mariage chrétien!
Ah ! sans doute il avait la faculté, le devoir même de se sou-
venir des sentiments religieux dont le cœur du maire de Hers-
tal resta pénétré au milieu des plus grands écarts de conduite;
du concours que Pépin prêtait à l'édification des églises et
des monastères; de l'appui qu'il donnait partout autour de lui
au clergé, aux missionnaires; du secours que Lambert lui-même
en avait reçu lorsque la main du puissant ministre ramena
l'exilé de Stavelot au trône épiscopal.
Mais ce passé glorieux, ce caractère de prolecteur de l'Eglise
dont Pépin se montrait fier, — loin d'étouffer le scandale, le
rendait plus dangereux pour les populations et commandait plus
impérieusement à l'évêque de blâmer ce scandale et de le faire
cesser si possible.
Les Dagobert, les Thierry, les Childéric avaient aussi
comblé les églises de leurs largesses : leur inconduite n'en
avait pas été moins hautement réprouvée — au contraire, — par
les Léger, les Colomban, les Didier, les Arnould et les Amand!
— 471 —
En ce temps de pénitences publiques, d'excommunications et d'in-
terdit, on ne s'accommodait guère d'avis secrets, de prédications
intimes, de réprobations cachées ; mais à supposer même que
S. Lambert se fût contenté de reprendre Pépin à l'écart, n'était-
ce pas assez pour provoquer la vengeance d'Alpaïde et de son
frère, pour les exciter à se débarrasser d'un censeur redou-
table? L'évêque aurait-il pu retenir une protestation publique
si quelque incident, comme la très-vraisemblable aventure de
Jupille, l'avait mis en demeure ou d'éclater devant tous ou de
ratifier le scandale par un coupable silence, par une forfaiture
au devoir ?
Dans le cas d'ailleurs, où Lambert aurait voulu soit, par une
honteuse faiblesse, fermer les yeux sur l'inconduite de Pepiti,
soit, par prudence ou gratitude, ne la lui reprocher que dans
l'intimité, sans prendre publiquement la défense de l'épouse
abandonnée, celle-ci ne rencontrait-elle pas, dans la législation
du temps, des moyens de contraindre l'évêque à sortir de cette
réserve ?
Le premier empereur chrétien, Constantin, avait par uiie
constitution adressée vers l'an 331 au préfet du prétoire, Ablavius,
attribué officiellement aux évéques un pouvoir judiciaire que
leur avaient librement confié depuis longtemps déjà les usages
des premiers siècles chrétiens : «que les sentences des évéques,
sans distinction de matière, doivent être tenues pour inviola-
bles... Tout demandeur donc ou tout défendeur qui, soit au
commencement du procès, soit pendant l'instance, soit au mo-
ment de la sentence veut s'en référer au jugement de son évéque,
qu'il soit renvoyé à l'évêque, même si l'autre partie s'y refuse. (') »
Cette loi dont on ne conteste la paternité h Constantin que pour
la conférer à l'un ou l'autre de ses successeurs, ce qui importe
peu dans le cas présent, avait été moditiée, et avait fini par
(*J L'Église et lerapire romain au IV--' siècle par Albert de Broglie, 1" partie 11,
265.
— 472 —
tomber v'i; désuélude en Orient; il semble, au cuniraire, que les
provinces sepleiUrioualei fie l'empire n'o:!t pas eessé de l'ob-
server; toujours est-il que Haëiiel el Periz en ont découvert des
copies fiiites aux premières années du VIII" siècle ou aux der-
nières du VIP, c'est h dire du temps de Sl-Lamberl— et dont se
servaient les évéques de ce siècle. {\) O.i sait aussi que les
Francs permirent aux peuples qu'ils avaient vaincus, de con-
server leur ancienne législation el qu'un décret de Clotaire de
560 notamment, proclama que l'église, le clergé et les anciens
habiianis des Gaules restaient régis par la même législation —
la législation romaine dans laquelle avait pris place la constitu-
tion de 331. Clotaire étendit même ces attributions judiciaires
de l'épiscopat; il accorda aux évêques une véritable suprématie
sur toute la magistrature civile, en leur conférant la mission de
réprimer en l'absence du roi, les juges qui auraient mal jugé et
de réformer leurs sentences, f-)
Ce thésaurarius qui olim judex fiierat suus, Amalgysile li qui
S. Lambert, d'après sa plus ancienne biographie, a prédit en
vision le châtiment de Dodon, était-il un des juges que le prélat
avait chargé de le représenter pour siéger soit au civil, d'après
la vieille législation romaine, soil dans le tribunal des affaires
ecclésiastiques de l'épiscopat ? Nous n'oserions en décider : la
qualité de trésorier que lui attribue l'histoire permet tout à la
foio d'entendre ce mot de judex, dans le sens d'administrateur
du temporel d'une église (3) ou dans le sens de magistrat.
Mais quelque traduction que l'on donne h ce terme, il est per-
mis aussi de se demander si dès lors, les affaires de mariage ou
de divorce ne relevaient pas uniquement de la juridiction ecclé-
siastique, el si nos aïeux chrétiens n'étaient pas déjà régis par les
pratiques consacrées dans les capitulaires de 803 et 7G9 puis
dans ces Assises de Jéiusalem, œuvre de notre Godelioid de
(') Railvem, Discours de rentrée 48u2, p. 14. (') Id. p. 21, et l'homassin. 4nc.
discipl. de l'Église, 2'' partie, liv. 111, chap. 104. ') Ducange, Verbo Judex.
— 473 -
Bouillon, où s'affirme si net,tem?.nl le principe : « Nulle cour ne
sedoitentremeitre des faits de mariage, si ce n'est sainte Église.»
Pleclrude n'aurait-elle pu, devancière des reines abandonnées,
qui dans lemoyea-âgene manquèrent point de confier leur cause
à ces tribunaux sacrés, saisir la juridiction ecclésiastique de ses
démêlés avec Pepin?N'aurait-elle pu même, en qualité de gallo-
romaine, invoquer les lois de son pays, porter sa plainte au
tribunal civil de l'évêque, pour le contraindre h lui faire rendre
justice? — Il serait bien malaisé, ce nous semble, de répandre
par une dénégation formelle h ces questions; d'autant que dé-
vouée h l'Église, gardant l'auréole des saints jusque dans la
pierre sépulcrale de Cologne sur laquelle elle apparaît calme
et fière, tenant entre ses mains l'attestation du bien qu'elle fit
aux sanctuaires : Dilexl decorem domiis tuœ, — énergique, am-
bitieuse même comme elle le fit voir dans la suite, 9>ant enfin
le droit pour elle, l'épouse légitime de Pépin n'était pas femme
à craindre d'appeler l'épiscopat h prononcer sur sa cause.
Impossible, en tout cas, d'admettre qu'eu face de l'irrégularité
constatée dans la conduite de Pépin, Lambert a pu laisser
passer, s'abstenir : il a dû agir, et n'a pu le faire qu'en
évêque.
Passons aux objections tirées de la chronologie.
On s'est livré aux dissertations les plus savantes et les plus
variées pour démontrer, par cette chronologie, l'inexactitude de
l'explication rapportée par Hucbald de la mort de S. Lambert :
tout ce déploiement de science visait à établir que Pépin, h
l'époque du martyre, avait dû renvoyer Alpaule, puisqu'il vivait
officiellement en bonne intelligence avec Plectiude, et l'on
concluait de là que les relations coupables du prince avec la
concubine n'avaient pu exercer nulle influence sur la conduite
des assassins.
A supposer les prémisses de celte argumentation parfaitement
justifiées, c'était manquer de logique qu'en tirer ces con^é
quences.
174
Acceptons comme prouvé lo renvoi de la concubine avant
l'époque du martyre : au lieu de poursuivre le dessein d'empê-
cher l.ambert de faire chasser Alpaïde, le crime ne pouvait-il
— comme l'admet, d'ailleurs, Thys, un des collaborateurs du
bollandiste Ghesquieres, dans les Acta Sanctorum Belgii (') —
avoir pour but la vengeance, le désir de punir Lambert d'avoir
réussi dans sa tâche évangélique ! Qu'on se rappelle les mœurs
du temps, la façon violente dont chacun se faisait alors l'exécu"
leur des condamnations portées par sa seule passion, le carac-
tère de vengeance individuelle dont la législalion pénale était
alors pénétrée : la plupart des pages de l'histoire politique des
mérovingiens ne sont-elles pas ensanglantées par des traits de
ce féroce besoin de satisfaction personnelle ? Maints évêques
n ont-ils pas péri martyrs de la même cause que Lambert»
immolés pour l'avoir gagnée auprès de tel ou tel prince: S. Didier
par Brunehault, pour avoir amené Thierry, le fils de cette reine
ambitieuse, à renvoyer ses concubines; S. Ghilian par l'épouse
irrégulière qu'il avait réussi à faire répudier du duc Gosbert de
Franconie ?
Alpaïde, bien que renvoyée, n'en restait pas moins la mère
du fils de Pépin ; n'aurait-elle pu, même en face de Plectrude
triomphante, conserver l'espoir de reprendre la place qu'elle
nvait occupée au palais ? Un mobile intéressé se serait, dans ce
cas, mêlé au motif de vengeance pour déterminer Dodon et les
siens à renverser, en abattant le prélat, ce qui pouvait leur
paraître le principal obstacle à la rentrée de cette femme au
foyer de Pépin, et par \h au pouvoir suprême.
Ainsi, même après la réconciliation du maire du priais et de
Plectrude, la vengeance et l'intérêt eussent encore expliqué le
crime de Dodon.
D'autres (Critiques se sont évertués à démontrer qu'au temps
de l'attentat. Pépin se trouvait absent de Herstal et guerroyait
(«) Acta S. S. Kelgii, VI. p 6H8.
- 475 -
au loin : leurs calculs ont le premier tort de reposer sur des
données très-prohlématiques, sur des inductions contestables ;
mais à suppose:- exact et prouvé ce fait de l'absence du maire
du palais, bien loin de rendre inadmissible la participation
d'Alpaïde au meurtre de l'apôlre, il lui donnerait au contraire,
un surcroit de vraisemblance : réloignement de Pépin offrait
une occasion propice pour tenter ce coup hardi et pour en
assurer le bénéfice soit à la concubine seule, soit à elle et au
prince à la fois, sans en faire trop visiblement retomber la res-
ponsabilité sur celui-ci, et sans le mettre immédiatement en
demeure de punir les coupables.
Tous les arguments évoqués pour établir qu'à tel moment
précis Pépin vivait en bonne intelligence avec Plectrude, et avait
rompu avec sa concubine, consistent au surplus en deux sortes
de faits : certaines pièces publiques nous attestent que les
époux ont ensemble apposé leur signature à divers documents
officiels : certains récits nous les montrent accomplissant en-
semble où à peu près ensemble des actes de libéralité chré-
tienne. Est ce assez pour établir que dès Inrs l'épouse légitime
avait absolument triomphé de l'autre ?
A ce compte, il faudrait malgré toutes les naissances irrégu-
lières ou tous les faits immoraux que l'on sait, nier la persiî-
tance des relations coupables de Louis XIV avec la Montespan,
de Louis XV avec la Pompadour. de cent antres rois hélas^! avec
cent autres Alpaïdes — puisque les cérémonies et les pièces
officielles du temps ont continué d'associer aux actes de ces
souverains, les souveraines légitimes. A ce compte, il faudrait
commencer par nier, par exemple, qu'un autre Pépin, le roi,
petit-fils du maire de Herslal, songeait à se séparerde Bertrade,
la mère de Charlemagne, au moment de la venue en France du
pape Etienne II, puisqu'on le voit se porter, avec cette reine,
au devant du Pontife. On sait pourtant assez bien que l'inter-
vention de celui-ci fut nécessaire pour réconcilier les époux et
arracher le premier monarque caiolingien aux chaînes hon-
teuses d'une étrangère !
476
De toutes les difficultés cliionologiques alléguées contre la
tradition liégeoise des causes du martyre, aucune ne peut donc
l'entamer : que Pépin au moment du crime ait été absent ou
piésent, reconcilié avec Plectrude ou séparé d'elle, retenu
encore dans les liens d'Alpaïde ou délivré de cet esclavage —
il n'importe : la date du crime peut être, suivant les circon-
stances, reportée ou plus tôt ou plus tard : on n'en gardera pas
moins la faculté d'expliquer l'aitenlat par la faute du maire du
palais et par la fidélité de l'apôtre à défendre l'Évangile.
Cela posé, hàtons-nous d'ajouter que pour nous l'époque du
mariyre a dû précisément se trouver celle où les chartes du
temps cessent de nous montrer l'un à côté de l'autre, Plectrude
et Pépin.
On ne connaît pas la date du mariage de ces époux ; on sait
seulement que Plectrude était du midi de la France, et la charte
de fondation d'Echtcrnach en 706 nous alteste que son père
poitait le nom d'Hubert — d'où il est permis de se demander en
tenant compte de l'usage du temps de conserver les mêmes
noms dans les familles : ainsi Pépin, Grimoald ou Charles
dans la descendance du maire de Landen, ainsi Thierry,
Chilpéric, nombre d'autres dans la génération de Glovis — si
Plectrude n'était pas le lien de parenté qui unissait h Pépin, un
Hubeit plus célèbre — son neveu peut-être — l'évêque fonda-
teur de Liège. Quoi qu'il en soit, deux fils au moins, Drogon et
Grimoald, naquirent du mariage de Pépin avec la fille d'Hubert,
et comme l'on voit l'un d'eux devenir père en 60o, on peut
reporter leur propre naissance jusqu'en l'an 675. D'après
un chroniqueur en position d'être bien informé, car il écrivait
dans la piemière moitié du .^iècle suivant et peut-être sur l'ordre
de Childebrand, l'un des fils d'Alpaïde, d'après ce continuateur
(leFrédégaire, les relations ne devinrent publiques entre Pépin
et Alpaïdeque vingt ans plus tard, entre l'an 695 et l'an 700 (*)
(«) Palrol. lat. LXXl, p. 672.
477
et si la participation commune à un acte officiel peut être invo-
quée comme le signe du maintien ou du réiablissement de l'ac-
cord dans le ménnge régulier du maire de Herstal, les chartes
contemporaines non seulement confirment les indications du
continuateur de Frédégaire mais limitent aux premiers jours
de l'an 701 les infidélités de Pépin : nous voyons en effet, le 20
février 691, celui-ci et Piectrude Mve ensemble des largesses à
l'église des SS. Apôtres à Melz ; puis dix ans s'écouler sans
qu'aucun acte public mentionne la princesse; celle-ci ne repa-
raît aux côtés de son mari que le 20 janvier 701, pour échanger
certaines de leurs propriétés communes contre des biens de
l'église de Verdun ; le 13 mai 706, pour doter le monastère
d'Eplernach; en 708 pour élever celui de Fontenuile ; en 714,
peu avant la mort de Grimoald et celle de Pépin, pour donner
Susteren h S. Willebrord.
Voilù pour les chartes. Quant à l'histoire, le Ven. Bède nous
apprend que son contemporain, S. Svvidbert, un des apôtres de
la Hollande, fut sacré évéque en 692, se transporta aussitôt en
Frise, en l'ut chassé, et se trouva dès son arrivée en nos pays
l'objet de la bienveillance de Pépin et de Piectrude :(') est-il
besoin de faire remarquer que ces éévnements ont pu se passer
en moins de trois ans, avant 695 , et que les deux époux ont pu,
d'ailleurs, réserver chacun l\ part ce bon accueil h l'apôtre?
Le premier historien de S. Trond nous raconte de son côté
que les miracles du saint amenèrent, neu après sa mort,
Plecirude et Pépin à son tombeau et valurent à l'église où
re|)0sait l'apôtre les générosité.'^ de ces princes. (2) Le biographe
il est vrai, n'indique pas avec précision si les deux époux
accomplirent ensemble ie pèlerinage; il rapporte successivement
leurs largesses; Pépin donna des terres, Piectrude un autel
et il ne paraît pas qu'un accord quelconque ait présidé h ces
offrandes. Encore est-il que suivant les Bollandisies, la mort
(». Acta s. s. Belgii VI, 160. (»,/ J<J., V, 16,43.
- 478 -
de S, Trond peut être reportée à l'an 692, et que si la visite fut
molivé 1 par le renom croissant du pouvoir du saint,on ne peut
la placer ni tout de suite ni longtemps après cette mort : quoique
Mabillon incline pour 698, on peut aussi bien admettre encore
694 ou 695.
Il est, ce semble, d'autant moins interdit de faire partir de
l'époque déterminée par ces inductions et par le continuateur
de Frédegaire, les relations de Pépin et d'Alpaïde, qu'elle
coïnciderait avec une date possible de la naissance du plus
célèbre enfant sorti de ces relations, Charles Martel.
Venu au monde en 695, Charles aurait eu de la sorte 19 ans
à la mort de son père en 714 et cet âge expliquerait h la fois et
que Plectrude ait pu tenir quelque temps le jeune homme en
son pouvoir et que celui-ci ait eu à faire ses preuves pour être
accepté comme chef des Fi-ancs, héritier du pouvour paternel.
On affirme, nous le savons, que Charles Marte), mort en
741, était âgé de 50 ans ; il faudrait reporter en ce cas sa nais-
sance vers cet an 691, après lequel on ne rencontre plus pendant
dix ans de pièces signées h la fois du maire du palais et de
Plectrude, mais il suivrait de ]h seulement que ce serait après
la naissance de ses fils adultérins, pour la légitimer en quelque
sorte aux yeux des Francs que Pépin aurait prétendu élever leur
mère au rang d'épouse, et lui faire prendre publiquement la
place de Plectrude qu'elle occupait déjk en secret au foyer du
maire du palais. Ici encore des exemples de cette faiblesse ne
s'offrent héla» ! que trop fréquemment dans l'histoire des
princes et de leurs erreurs.
Tout nous ramène donc â placer dans les deinièies années
du septième siècle i'inconduite de Pt'pin, et â croire que
s'il est possible de déterminer le moment où elle a pris
fin, c'est avec la fin de ce siècle.
Cette dernière année, ou la précédente est précisément celle
aussi du martyre de Lambert.
La première biographie du saiul, pas plus que celle d'Huc-
— 479 —
bald ne nous a ni marqué la date de l'attentat, ni fourni aucune
donnée chronologique de nature h nous permettre de la décou-
vrir; mais en déterminant l'époque de l'arrivée de S, Hubert au
trône épiscopal on s'approchera de beaucoup à coup sûr de
celle de la mort de son prédécesseur.
Dans uneéludeconsacréeau fondateur deLiégcC) nous avions
fait observer que deux chartes, dont on n'avait pas jusqu'alors
assez remarqué les signatures, obligeaient de placer le sacre du
successeur de S. Lambert entre les années 698 et 706: à la pre-
mière de ces dates, nous voyons en effet, un Hugoberlus pres-
byter , vraisemblablement notre S. Hubert, signer en se
donnant cette simple qualification de prélre la charte de fonda-
tion d'Epternach par l'abbesse Irmine, et !o 14 mai 706, la
même signature reparaître, avec la mention évêque cette fois
Hugoberlus episcopus à la suite de l'acte des donations faites par
Pépin et Plectrude à ce même monastère.
Nous avons eu la bonne fortune de voir depuis que l'étude
des documents avait conduit à la même conclusion le savant
occupé en ce moment de préparer la Vie de S. Hubert pour
la collection des Acla Sqnctorum, le R. P. Ch. de Smedt; sa
Note criliquesur l'année de la mort de S. Lambert signale le rang
d'honneur donné dans le second de ces diplômes h la signature
de l'évêque Hubert, après celles des princes, avant celles des
autres prélats, désignation significative de l'évêque du diocèse :
elle rapproche ce détail de la tradition liégeoise qui en attri-
buant le sacre de S.Hubert au Pape Sergius ne permet pas de le
reculer plus loin que le 8 octobre701,date de la mort de ce Pape;
elle a soin de noter enfin que les plus anciennes chroniques où
la date du martyre se trouve renseignée, concordent à leur insu
ave3 la charte de 701 ; les Annales leodienses écrites dans l'on-
zième siècle portent 701; Sigeberl de Gembloux mentionne
698; la Chronique d'Ekkehard mort en 1129, abbéd'Aurach dans
(', Saint- Hubert, sa légende et son histoirt!, p. 19.
— 480 —
le diocèse de Bambergf, donne 700; vers la même époque, le
chanoine Nicolas la fixe sous le pontificat de Sergius, d'après
une vie de S. Hubert fort connue de son temps; les Notce aureœ-
vallenses de la fin du XII" siècle indiquent 699 ou 700, et les
Gesta Abbatiim trudonensium du XIV'', l'année G98.
Pour trouver une voix discordante, il faut l'aller chercher en
Autriche, au monastère de Melk, où un annaliste du début du
XIV^' siècle fixe i\ l'an 706 l'époque du martyre, avec une igno-
rance telle qu'il prétend du même coup que S. Lambert a été
immolé par Ebroin sous le pontifient de Léon III et le règne
du roi Pépin! Celte efflorescence d'erreurs suffît sans doute
pour enlever toute valeur à ce témoignage unique.
Les érudils qui prétendent reporter l'attentat h l'an 708 ou
709, pouvaient cependant se prévaloir d'un rapprochement qui
de prime abord paraissait concluant.
Une charte relative h Stavelot, atteste que, à la date de sep-
tembre 667, S. Théodard occupait encore le siège épiscopal de
Tongrcs; or, la biographie de S. Hubert, œuvre d'un disciple
de l'apôtre, affirme que l'épi.scopat de S. Lamltert avait duré
XL ans; dès lors, impossible de ne pas l'étendre de l'année 668
à l'année 708.
L'objection pour catégorique qu'elle semble, touche peu leR.
P. Ch. de Smcdt; il déclare nettement que !e biographe de S.
Hubert s'c.st iroinpé en ce point, qu'une voix aussi isolt'C ne
peut faire argument en préstMice du concert unanime de nos
chroniqueurs les plus anciens, et que cette voix d'ailleurs
manque d'autorité sur ce point :
« Il n'est pas dilTicile, dit- il du liiographe de Saint Hubert, de s'aper-
cevoir que non-seulement il manie fort péniblement la langue latine, mais
encore que saufla sincérité, il n'a prescpie aucun des mérites que nous
sommes habitués à priser chez un historien. Il ne sait rien de tout ce qui
a précédé la translation du corps de Saint Lambert et du siège épiscopal
de Maestiicht à Liège, la treizième année de l'épiscopat de Saint Hubert.
— 481 —
Tout ce qu'il dit relativement aux douze années qui ont précédé, se ré-
duit à un éloge qui ne doit ceititinement pas être restreint à cette période
particulière.
Il ne nous apprend pas davantage des grands actes épiscopaux de
Saint llubeit, des statuts ou règlements qu'il a promulgués, des synodes
qu'il a convoqués ou auxquels il a assisté, de ses rapports avec Pépin
ou avec d'autres grands personnages de l'époque. Tout se borne au récit
de quelques miracles du Saint, à la mention de ses travaux apostoliques
dans les Ardennes, dans laTaxandrie et dans le Brabant et enfin à la
relation de sa dernière maladie, de sa mort, de la translation de son corps
à Liège et de l'élévation solennelle de ce corps seize ans plus lard.
Il y a dans tout cela bien des détails curieux sans doute, mais rien
qui suppose la moindre recherche, la moindre connaissance historique.
On (lirait d'une espèce de valet de chambre, entré au service de Saint
Hubert peu de temps après l'arrivée de celui-ci à Liège, ayant suivi
partout son maître jusqu'à la mort, et qui, doué par la nature, de quelque
talent liitéraiie, a voulu ensuite faire partager à ses contemporains et à la
postérité sa vénération pour le grand évêque, en mettant par écrit ce
qu'il savait de ses vertus, des prodiges opérés par lui, des honneurs
qu'on lui avait rendus après sa mort; mais tout cela sans consulter
d'autres sources que ses souvenirs personnels et ceux des gens de sa
condition. Un tel homme, on le conçoit, ne doit pas inspirer une grande
confiance par rapport aux dates que ce genre de sources ne pouvait lui
fournir, et c'est pour avoir trop aveuglément suivi son témoignage que
tant de vrais historiens ont été induits en erreur sur le point qui fait
l'objet de nos recherches (p. 12).
Rien ne paraît mieux fondé, plus justement observé que ces
remarques ; on ne saurait différer d'avis avec le critique que
sur un point peut-être — point Irès-accessoire d'ailleurs : au
lieu d'une sorte de valet de chambre, le biographe du saint ne
pourrait-il pas aussi bien passer pour un clerc d'un ordre infé-
rieur attaché moins au prélat qu'à une de ses églises, — moins
mêlé à sa vie iniime qu'aux céi^émonies pontificales. Nous ne
voyons pas, en effet, que le saint lui ait jamais adressé une
parole particulière ; les miracles même qu'il rapporte de son
- 482 —
maître se sont produits dans des cérémonies publiques : pro-
cessions, issue d'offices, ou tout au moins devant de nombreux
témoins ; h pnrt la mort de l'apôire, à laquelle il assiste parce
que la maladie surprend Hubert, dans l'accomplissement
solennel des fonctions épiscopales, de quel événement i«?/me de
la vie de son héros a-t-il été le témoin privilégié ? Je viens de
constater dans son travail maintes ressemblances frappantes
— reproductions textuelles — avec celui d'une Vie de S.
Arnould, évêque de Metz, adressée par un anonyme à S. Cloud,
fils et successeur de cet Arnould, Vie que la plupart des cri-
tiques croient avoir été écrite par un contemporain vers l'an
652 (*). Noire biographe aurait donc pris celui de S. Arnould
pour modèle : présomption de plus pour conclure qu'il était
étranger au pays liégeois, dans lequel on n'a jamais révéré
particulièrement cet Arnould; qu'il sortait sans doute des écoles
de Metz, et n'aurait quitté celte ville que dans les dernières
années de l'épiscopat de S. Hubert. Quoi qu'il en soit, valet de
chambre ou — comme nous sommes plus lenlé de le croire
d'après ce qu'il dit notamment de ses compagnons dans son
introduction — clerc inférieur d'une des églises établies à Liège
par S. Hubert, ce biographe étranger n'a pas l'autorité suf-
fisante pour devoir être cru seul, en face de contradicteurs aussi
nombreux.
On a fait trop bon marché, d'autre part, d'une objection
qu'opposait dès 1670,1e chanoine René de Sluse (*) aux adver-
saires de la tradition liégeoise, sur le choix de l'année 709
comme date du martyre. Le second continuateur de Frédégaire,
rapporte dans sa chronique des événements dont il était le con-
temporain, qu'en 714, Grimoald venant rendre visite à son
père Pépin, malade alors h Jui)ille, fut assassiné dans la basi-
lique de S. Lambert : « cum ad oralionem in basiiica sancti Lant-
(*) Hist. lilt. de la France, III, o76. C) De Tempore et causa martyrii B. Larri'
berti, p. 2S.
i
— 483 -
berti martyris processisset . » Or, on sait, par le témoignage de
deux autres conlemporaiiis, les premiers historiens de S. Lam-
bert et de S. Hubert, que ce dernier ne reporta que dans la trei-
zième année de son pontificat, les restes de son prédécesseur
de Maestricht à Liège, ce qui équivaudrait à l'an 722, s'il fallait
reculer jusqu'à 709 le trépas de Lambert. Comment, en ce cas,
Grimoald aurait-il pu prier, en 714, « dans la basilique de S.
Lambert ? »
On riposte, il est vrai, en invoquant plusieurs textes, très-
nets d'ailleurs, de la première biographie du martyr, qu'avant
la translation liégeoise, les habitants du village de la Légia,
émerveillés des miracles de leur nouveau patron, avaient élevé
une basilique {^) sur l'emplacement où il avait été égorgé. Cet ora-
toire toutefois ne devait être qu'une construction bien peu con-
sidérable, puisque S. Hubert dut larenouveler avant d'y déposer,
dix ans plus tard, les restes de l'apùtre. Pouvait-elle mériter le
nom de basilique, pour ce continuateur de Frédégaire qui, à la
différence de nos hagiographes, applique seulement ce nom aux
temples les plus vastes ? Tandis qu'il désigne sous le nom d'ec-
clesiœ, les églises ordinaires : « ecclesiis igné concrematis, »
dit-il, cl propos de l'invasion des Sarrasins, il appelle basilique
à Metz, le temple de S. Arnould : « Drocus sepulîus est in basi-
lica Arnulfi confessoris Mettis urbe ; » à Poitiers, celui de
S. Hilaire : « basilica Sancti Hilarii igné concremata. » Et de
même fait le S™" continuateur, qu'il n'y a pas lieu peut-être de
distinguer du second ; le nom de basilique ne se présente aussi
sous sa plume que trois fois,(^) et toujours à propos de la célèbre
église de S. Denis, près Paris. Comment après cela ne pas se
demander avec quelque raison si, chez lui, la désignation du lieu
de l'assassinat de Grimoald peut s'entendre d'une autre basi-
hque que lâprœgraiidis ecclesia('^ )évigée par S. Hubert, et si son
(1) Ghesqu. VI. 143-144. — (2) Patrol. lai. LXX, pp. 680, 681. (') Ghesq. VI.
145. et Vie de S Hubert; édition de Sraedt, pp. 18 et 29.
-484 -
témoignage n'est pas une preuve nouvelle dès lors que la date
du martyr ne peut être placée plus tard qu'à la fin du Vlh'
siècle.
Autre induction : les Notae aureœvallenses, fragments d'une
chronique assez sérieuse, arrêtée à l'an 119:2 et qui se faisait
en cela sans doate l'éclio de traditions antérieures, attribuent
une trentaine d'années d'épiscopat à S. Hubert et le font mourir
« circa annum 730. » (') On sait d'autre part, que le saint est
mort en 727, puisqu'un témoin oculaire de l'élévation de ses
reliques raconte qu'elle eut lieu 16 ans après son trépas, l'an 3
du gouvernement de Carloman, c'est-à-dire en 743 ou 744. Dès
lors, pour avoir occupé le siège pontifical pendant la trentaine
indiquée, il fallait qu'il y fût monté, non en 709 mais sur la fin
du Vil" siècle.
Dernière observation : Une charte du 12 décembre 721 f) nous
atteste que Herelaef, fils de Badegard, céda sous cette date
diverses propriétés sises en cet endroit, et sur les territoires
de Deurne ou Vlierden — « à la basilique qu'il avait construite
à Baclaos (Bukel) en l'honneur des S. S. Pierre, Paul et Lam-
bert. » Etait-il possible qu'on érigeât des autels à S. Lambert,
avant que la sainteté de l'apôire n'eût été reconnue par la ca-
nonisation du temps : l'élévation de ses reliques ? C'est cepen-
dant ce qu'il faudrait admettre, si en accueillant la date de 709
pour celle du martyre, on reculait jusqu'à 722 celle de cette
canonisalion.
En résumé, les chartes et l'histoire ne nous fournissent donc
aucune preuve du maintien des bonnes relations entre Pépin et
Plectrude de 69o an commencement de 701 ; les chroniques les
plus autorisées ne nous signaient guère avant cette même année
69o, les relations coupables du maire de palais et d'Alpnïde; le
successeur de Lambert se qualifie encore prêtre en 698; les
(*) Edit. des bibliophiles lidgeois, p. 1 '»8. (2) Wauters. Table chronologique, I,
66.
- 485 -
plus anciens de nos écrivains nationaux varient seulement à
fixer le martyre de Lambert et le sacre de son successeur entre
ces dates, 698 et 701 ; nous savons que le 17 septembre est le jour
anniversaire de l'attentat : comment ne pas s'arrêter entre les
trois dernières années du septième siècle, pour déterminer la
date sur laquelle on a tant disputé, et comment ne pas recon-
naître du même coup qu'en ce temps rien n'indique que Pépin
lût réconcilié avec Plectrude, rien n'indique qu'il eût rompu
avec Alpaïde, et rien, par suite, ne permet de rendre celle-ci
étrangère au nom de la chronologie, à l'immolation du saint
évêque.
Ayant de la sorte déblayé le terrain, des objections de ceux
qui s'imaginent que les usages ou les lois du temps auraient soit
dispensé, soit empêché Lambert de s'élever contre l'inconduite
de Pépin et de ces autres d'après lesquels, à la date du martyre,
la rupture des relations coupables du maire de palais avec Al-
païde mettait celle-ci hors cause, abordons le problème en lui-
même et voyons quelle sorte de créance peut mériter notre Huc-
bald quand, le premier parmi les biographes dont les écrits sont
arrivés jusqu'à nous, il dénonce dans l'adultère du prince la
cause principale de l'immolation de l'évêque.
Un travail récent nous facilitera notablement la solution de
la question ; c'est Y Etude critique sur S. Lambert et son premier
biographe par M. Kurth, professeur à l'Université de Liège,
mémoire couronné le 20 avril i876 par l'Académie d'archéologie
de Belgique.
La valeur de cette étude nous dispensera d'insister sur cer-
tains points qu'elle met parfaitement en lumière ; elle nous obli-
gera d'autre part à nous justifier avec plus de soin, quand nous
croirons pouvoir apporter quelque confirmation à ses arguments
ou quai^d nous aurons la mauvaise fortune de ne pas partager
l'avis de cet érudit sur quelques détails, heureusement pour
nous peu nombreux.
— 486 -
M. Kurth ne donne à l'attentat de Dodon qu'un mobile : le
désir des assassins de faciliter l'inconduite de Pépin; nous
estimons avec notre poëte, que c'est lo pi-incipal, mais non le
seul ; que S. Lambert a payé de sa vie et le courage avec lequel
il a défendu la morale de l'Evangile, et celui aussi avec lequel
il avait défendu le patrimoine de son Eglise.
M. Kurth, ainsi que l'indique le titre de sa Dissertation, s'at-
tache surtout k l'étude du premier biographe connu de S.
Lambert: notre point de départ sera plus général.
Il convient, en effet, de le constater dès l'abord : les sources
directes de l'histoire de S. Lambert, ses biographies les plus
anciennes, peuvent être divisées en deux catégories très-dis-
tinctes: la catégorie des écrits sans caractère officiel — et la
catégorie des monuments liturgiques.
Les deux relations que Sigebert de Gembloux a composées de
l'existence et de la mort de l'Apôtre appartiennent, par exemple,
à la première catégorie, celle des œuvres strictement person-
nelles — et le malheur veut que nous ne possédions plus le
texte complet d'aucune histoire de celte sorte, composée
avant celles de Sigebert.
Les pièces de la 2* catégorie, les compositions ofTicielles
sont toutes, au contraire, arrivées jusqu'à nous, la première
avec plus ou moins d'intégrité, il est vrai; celle-ci est la version
primitive des offices de l'Eglise de Liège, écrite, ce semble, du
temps de S. Hubert, citée déjà dans la vie de ce saint par le
lémoin oculaire dont nous avons parlé, éditée entre autres par
Mabillon et par les Bollandistes. Une rédaction nouvelle lui fut
donnée, croit-on, par le diacre liégeois Godeschalc, sous l'épis-
copat d'Agilfrid vers 780, au commencement peut-être du
règne de Charlemagne. Elle a été remise à neuf derechef dans
sa forme, mais non dans son fond, par l'ami d'Hucbald,
révêque Etienne (902-920) et la composition d'Etienne, n'aperdu
son autorité, à son tour, que devant l'œuvre, toute nouvelle
celle-là, du chanoine Nicolas (11 24-1147), au moment où partout
— 487 -
triomphait entiii l'explication qu'Hucbald avait accueillie deux
siècles plutôt des causes du martyre.
Par une exception singulière, le travail même d'Hucbald tient
le milieu entre ces deux genres de vies; il appartient par cer-
tains côtés à la catégorie officielle : du moins Etienne en a-t-il
extrait la plupart des répons de son office ; par d'autres, il
revêt le caractère plus personnel des écrits dont les auteurs
racontant les événements en toute liberté, n'ont pas craint de
s'écarter des données de la première relation.
Mais à quelle source Hucbald a-t-il puisé la principale des
variantes par lesquelles son récit s'écarte des versions offi-
cielles?
M. Kurth estime que la tradition qui faisait retomber sur
l'adultère de Pépin la responsabilité du martyre était proba-
blement écrite dès le IX"" siècle « consignée sans doute dans
un ouvrage général plutôt que dans un travail spécial de la vie
du saint. » ( • )
Et pourquoi pas avant ce IX"« siècle, pourquoi pas dans
un travail spécial ?
M. Kurth lui-même a fait ressortir l'excellence du texte d'An-
selme conservé dans l'abbaye d'Averbode, et que dom Pilra
avait recommandé à l'attention des érudits. Ce manuscrit nous
montre que les diverses copies d'Anselme précédemment con-
nues, offraient toutes, dans le chapitre consacré au martyre de
S. Lambert, une lacune, d'après laquelle on aurait pu accuser
l'écrivain liégeois d'avoir faussé le texte du chroniqueur Regi-
non, en prêtant à celui-ci un récit de l'attentat, qu'on ne retrou-
vait dans aucun de ses manuscrits. De fait, Anselme après avoir
cité fidèlement Réginon, passait — (et cette transition avait été
omise par un malheureux copiste dont tous les suivants ont
reproduit l'erreur) — à une seconde citation, celle d'un auteur
liégeois dont l'ouvrage a péri.
(♦) Etude critique, p. 89-90.
- 488 —
Reginoii a iiieritionué les reproches adressés par Lambert h la
maison royale, « Quel était, reprend Anselme après cette citation,
' quel était V objet de ces reproches adressés à la tnaison royale?
Voici ce que 7ioiis en apprend la relation d'un antre écrit que nous
ont laissé nos devanciers» sur quoi Anselme, détachait de cet
écrit le récit suivant ;
Le roi Pépin qui gouvernait alors le royaume avait quitté son épouse
pour prendre comme concubine la sœur de ce Dodon, et par les sugges-
tions du diable proférer les amours coupables aux affections légitimes.
Pour ce fait, Lambert seul, en acquit de son devoir de prêtre, ne redoutait
pas de reprocher publiquement au prince son adultère, et tantôt le mena-
çant des jugements redoutables de la divine justice, tantôt lui peignant
l'honnêteté de l'union légitime, ou la honte des liaisons adultères, il était
arrivé à triompher de cette âme rebelle au point de le détacher chaque
jour davantage de sa criminelle folie. Mais dès que la misérable eut com-
mencé à s'en apercevoir, brûlant comme autrefois Jezabel contre Elle ou
Hérodiade contre Jean-Baptiste, des feux delà colère et de la passion, elle
court gémissante trouver son frère, lui conte l'injure de l'évèque, lui dit
que par les suggestions de Lambert le cœur du prince va se détourner
d'elle, qu'elle préférerait la mort à la honte d'être désormais repoussée
ignominieusement : il faut que ce prêtre périsse ; lui mort, plus rien n'em-
pêchera la sœur de Dodon de régner en maîtresse au foyer royal ! Dodon
avale le poison que distillait la langue de cette vipère; il arme aussitôt
pour l'assassinat de l'évèque les soldats auxiliaires du service de la maison
royale, et se précipite pour immoler le prélat, ignorant qu'il va du même
coup s'assurer à lui-même une mort éternelle, et procurer au martyr la lin
de ses travaux, et leur couronnement.
Qu'on rapproche cette explication de celle que notre poète
donne des mêmes incidents, on .sera frappé de la ressemblance :
elle se retrouve jusque dans les termes ; Pallens ob stupra
sororis illius {Dodonis) ad reyem, dit notre poète de
S. Lambert. — Pro qua re, hic solus principem publiée adulterii
arguere non reformidabat avait écrit le prosateur... Le Procul-
cans jura pudoris d'Hucbald ne traduit-il pas également le
— 489 -
licitos amores illicitis pcstposiierat de l'inconnu? La phrase du
poëte encore : Pravi Dodonis sororem qiiam rex cum conjuge
viva ducebat pellicem, ne rappelle-t-elle pas plus encore le
sororem memorati Dodonis legitimœ conjugi pellicem induxerat
du vieil auteur cité par Anselme ?
Sans doute, ce texte dans lequel on donne le titre de roi à
Pépin d'Herstal, ne peut pas être contemporain de S. Lambert,
ni remonter bien avant dans le VIII* siècle, puisque le petit fils
de ce Pépin ne prit la qualification de roi qu'en l'an 752. Il faut
convenir aussi que le récit reproduit par Anselme est empreint
d'une allure littéraire, d'une couleur qu'on ne connaissait pas
chez nous au temps où parurent les premiers travaux hagio-
graphiques de notre histoire? Mais qui ne se souvient des révi-
sions par lesquelles passèrent ces travaux; la vie officielle de
S. Lambert, celle de S. Hubert, la plupart ûe-^ autres, ont
été remaniées à plusieurs reprises. Comme la révision de
Godeschalc revisée elle-même par Etienne, comme la rédaction
du disciple de S. Hubert, amendée par Jonas, pourquoi la
biographie antique à laquelle Anselme a fait cet emprunt, n'au-
rait-elle pas aussi changé plusieurs fois de vêtement littéraire?
Anselme écrivait en 1048, il la donne comme une antiquité :
relicta majoribus. Ce qui nous paraît incontestable, c'est que
190 ans avant Anselme, un écrivain du IX'' siècle, Adon l'avait
eue sous les yeux quand vers 858 il consacra dans son marty-
rologe cette note à S. Lambert :
'( Tungrensi diocaesi, in Leodio, villa publica, natalis sancti
» Lamberti episcopi, qui dum regiam domum zelo reli-
» gionis accensus increpasset, cum rediens orationi incum-
» béret, ab iniquissimis viris de palatio missis, improvise
» conclusus, iiitra domum ecclesia? ncciditur. — Au diocèse de
» Tongres, à Liège villa publica, anniversaire de S. Lambert,
» évêque qui, revenant d'avoir, dans l'ardeur de son zèle de
« la religion, adressé des reproches à la maison royale, et
» se livrant h l'oraison, fut soudain bloqué par des scélérats
- 490 —
» envoyés du palais et mis à mort dans la maison de l'église. »
Impossible de faire concorder ce texte d'Adon avec la
version qui prétend nous montrer dans les luttes suscitées pour
la possession des terres de l'église, la cause unique du martyre,
est-ce que jamais on a reproché à Pépin, bienfaiteur de tant
de maisons religieuses, d'en avoir dépouillé aucune? Est-ce
que, d'autre part, les assassins auraient été expédiés de la mai-
son royale, s'il ne s'était agi d'une querelle intéressant le maître
de cette maison? Est-ce que ce terme même d'Adon: domus regia
ne reproduit pas la qualification royale donnée à Pépin dans la
citation d'Anselme : n'est-ce pas un euphémisme destiné à dési-
gner le prince en personne? Mais il eût été impossible, ce semble,
de résumer l'auteur inconnu cité par Anselme mieux que ne le
fait dans cette note le martyrologe d'Adon.
Accensus zeli religmiis, porte ce martyrologe , c'est bien le
Lambert dont l'anonyme nous détaille l'énergique ardeur en
cette affaire; cmn domum regiam mcrepasset, c'est bien la con-
duite que le narrateur prête au prélat en écrivant: aucloritate
sacerdotali principem publiée aduUerii arguere non reformidabat
nunc mini tando...nunc honestatem commendando . . . . turpitudi-
nem delestando. Comment aussi ne pas reconnaître dans le « ab
iniquissimis viris de palatio missis » d'Adon, ces indications de
l'anonyme : milites auxiliarios ex domesticis regi^ domus — la
propre expression d'Adon : domum regiam !
Anselme ne pousse pas sa citation jusqu'aux incidents qu'Adon
résume par les mots ciim vediens orationi incumberet... impro-
vise conclusus; mais le contexte indique assez que ce fut aussitôt
après quelque effort suprême tenté sur Pépin par Lambert, après
le départ de celui-ci, qu'Ai paide entraîna son frère à armer sou-
dain ses gens: armât statim, et que cette troupe partit de façon
à surprendre le martyr: crudeliter grassalur.
Adon pouvait d'autant mieux connaître la relation invoquée
deux siècles après lui par Anselme, qu'il avait habité sur nos
frontières ce monastère de Prum dont plusieurs abbés devinrent
- 491 —
évéques de notre diocèse, qu'il était au courant de notre histoire;
que le Pape l'entretenait à cette même époque du second et
très-irrégulier mariage de l'empereur Lothaire, union fort sem-
blable à celle de Pépin et d'Alpaïde(i); et que le mélange de pré-
cision et de retenue de la note de son martyrologe consacrée à
S. Lambert, atteste une connaissance de sources assez abon-
dantes.
Quoi qu'il en soit, cette note établit que la version dont
Hucbald s'est fait l'écho était bien connue avant notre poète et
vraisemblablement se trouvait consignée par écrit avant lui.
Certes, l'expression d'Hucbald ne marque pas clairement s'il
emprunte ce qu'il rapporte des suites de l'adultère de Pépin, à
une relation écrite ou à un bruit en cours : vfertur enim trito (ou
telro) multis sermone.n II faut noter toutefois que le poète emploie
des expressions analogues pour raconter ce qu'il a puisé à des
sources écrites : ainsi à propos de cette apparition de S.Lambert
au trésorier Amalgysile — incident relaté dès la première bio-
graphie officielle : Advenisse viro clarus narratur eidem qui...
etc. (vers 465). Il faut noter que le terme sermo dans son lan-
gage poétique, ne signifie pas nécessairement plutôt parole
qu'écriture; — que d'autre part lorsqu'il veut marquer qu'il
emprunte son récit à une tradition orale, il sait le dire avec
plus de précision, en usant notamment de l'expression « fama,
bruit public. » Hinc, ut vxmxvolans, écrit-il, (vers 376) à propos
de l'histoire controuvée de la pénitence septennale que le saint
se serait imposée pour se punir d'avoir songé à se défendre.
De FAMA piorum est le titre du chapitre où il revient sur cet
incident, après avoir annoncé dans le chapitre précédent qu'il
allait signaler: vquod fama bonis ingesserat auribus. »
Ce fertur introductif de l'histoire d'Alpaïde peut donc parfai-
tement s'interpréter comme un renvoi à un écrit antérieur — et
ce sens paraîtd'autantplus admissible qu'un autre passage, trop
'*) Histoire littéraire de la France, V. 463
- 492 —
peu remarqué du poëme, signale netlemenl un écrit de cette
sorte tout différent de ceux dont nous possédons le texte. Huc-
bald nous raconte longuement, en effet — et ce récit n'occupe
pas moins de sept de ses chapitres — tout ce que la biographie
liturgique avait relaté avant lui du séjour du saint à Stavelot, et
de la pénitence volontairement accomplie par une nuit d'hiver
devant la croix du couvent. Rien n'est omis des détails consi-
gnés dans les diverses relations de ce séjour, et cependant Huc-
bald avait débuté par nous dire qu'il n'allait rapporter qu'une
petite part de ce qu'on pourrait trouver dans d'autres écrits :
Annos per septem, sed eosdem qualiter egit
Scripturis aWs. lector, sat scire valebis
Nam modo parva loqiiar, metri ralione relentus
« Gagnant Stavelot, il y vécut de la vie des moines, pendant
» sept ans, mais comment passa-t-il ces sept années, c'est ce que
» tu pourras voir par d'autres écrits; je n'en dirai, moi, que peu
» de chose, obligé que je suis d'abréger par cette forme mé-
« trique. »
I.es autres écrits conservés jusqu'à ce jour, ne nous appre-
nant rien de plus que le poôme, impossible dès lors de ne pas
conclure de ce passage qu'il existait dès cette époque une bio-
gr?phie plus détaillée du saint — et pourquoi ne pas admettre
que c'est celle même citée par Anselme, — antérieure à Adon
aussi bien qu'antérieure à Hucbald !
M. Kurth se montre très convaincu que la première version {*]
!') M. Kurth la donne pour l'œuvre d'un écrivain étranger à Liège parce qu'elle
ne parle de cette cité qu'en disant: •■ la ville appelée Liège. » Elle dit bien, quoi-
qu'il la croie écrite à Stavelot : « le monastère appelé Stavelot : monanterium quod
vocatur Stabulaus. « Ce quod vocatur est employé par les auteurs du temps, même
en parlant du lieu où ils tenaient la iilume : « i<iUa qiiac vocatur Fleon, dit Anson
dans la vie de son prédécesseur Ursmer, abbé à Lobbes (Gheq. VI, :245) mona.tte-
''ium quod vocatur Malhodium fid. 248) qui propric voratiir Sawbra ('349) — wo-
nasterium quod vocatur Laubacum. (id).
— 493 —
officielle de la vie du saint nous vient de Stavelot. Destinée aux
offices de l'Église de Liège, elle nous semble plutôt sortie de
cette Église même ; mais à Stavelot par contre pourrait bien
avoir été rédigée cette relation privée dont Adon et Huc-
bald paraissent avoir conservé quelques détails et dont le
seul Anselme nous livre un passage textuel. L'auteur de la pre-
mière biographie officielle, cite, en effet, parmi ses sources
d'information un certain Théoduin, compagnon de l'exil du
saint en Ardenneetqui se plaisait à raconter maints traits de
l'existence de son maître : « qui multum nobis devita et opéra
ejus solitus est enarrare. » Quelque moine de Stavelot, auditeur
de ces récits, n'aurait-il pu les fixer sur le parchemin et du
même coup y marquer ces explications sur les causes du mar-
tyre que ne nous off'rent pas les premières versions liturgiques?
Les découvertes de l'avenir donneront peut-être une solution
précise à cette question. Pour le présent, il nous suffît d'avoir
constaté que la version dont Hucbald s'est fait l'écho était
connue un siècle avant lui, et vraisemblablement enregistrée
dans un écrit spécial, depuis le siècle même qui suivit la mort
de S. Lambert.
Reste à savoir s'il suffît pour la faire repousser par l'histoire,
d'argumenter soit des divergences, imaginaires ou réelles
qu'elle offre avec la vieille version officielle — ■ soit du silence
de cette dernière sur le principal incident de la cause.
Nous espérons justifier Hucbald, au contraire, en rappelant le
but spécial de ces relations officielles qu'on prétend lui oppo-
ser ; — les détails les plus significatifs de ces relations mêmes ;
- la cause enfin du silence qu'eUes gardent sur les points
qui nous intéressent.
Les biographes officiels n'ont pas écrit dans un but d'his-
toire, mais d'édification ; bien moins pour satisfaire la curiosité
que pour exciter le sentiment religieux ; prédicateurs, mora-
listes et non pas chioniqueurs. Le premier rédacteur, Godes-
— 494 —
chalc, Etienne plus encore, entremêleni à leurs récils les ré-
flexions pieuses et les textes bibliques; leur panégyrique tourne
souvent à l'homélie. Les conversations fréquentes du premier
auteur de leur version avec Théoduin le serviteur du saint, avec
les nombreux contemporains de Lambert avaient dû lui appren-
dre maints détails qu'il n'a pas songé à nous transmettre sur
les parents de l'apôtre, son éducation, sa jeunesse, ses voyages
à la recherche du corps de S. Théodard, ses missions en
Taxandrie ou ailleurs, ses relations avec les saints ou saintes
de son temps: Landoald, Landrade, Remacle, Willebrod. De
tout cela on ne nous rapporte rien, parce que l'auteur — lui-
même le marque en divers endroits — ne s'est jamais proposé
de nous communiquer tout ce qu'il savait, mais seulement un
certain nombre de détails choisis : « pauca vero de vita et vir-
tutibus...... aliquid ad œditicationem » quelques bons exemples
propres à porter au bien (i) : l'incident de l'adultère, on en con-
viendra, eût peu répondu à ce but.
On n'en a pas fait la remarque jusqu'à cette heure, et ce détail
avtiil pourtant son importance: la vie officielle a été composée,
non pour des lecteurs, mais pour des auditeurs. Dix passages
au moins trahissent cette destination toute oratoire et nous cer-
tifient que nous ne nous trouvons pas en présence d'un écrivain
faisant œuvre d'histoire, mais d'un prédicateur liturgiste (2).
Lui-même constate que son travail est destiné à entrer dans
l'office de la fête patronale de Lambert (3). Et le plus célèbre de
ses réviseurs, l'évêque Etienne, le déclare plus nettement encore
dans la préface de sa réédition, adressée à l'archevêque Heri-
man : s'il a remis à neul la légende primitive, c'est pour couper
(*) Etude critique pp. 58-60. {'^) Cur taceamus — enarrare lenlabo — licet in-
cullo sermone — ferre conabor in pubiico. — Longum est enarrare — non sufllcil
evolvere lingua — omnibus auditoribus fidem prsslare debent, etc. ('j Quolies-
cumque sanctorum solemnia curricuio annivcrsario cclebramus, ex eorura geslis
aliquid ad jedificalionem convenienlibus Christianis in Domiiii laudibus debeamus
recitare.... vilara exordiri procuro. (Prologue du liv I.)
— 495 -
court aux moqueries qu'excitait l'incorrection de cette version
quand on en faisait publiquement lecture à la fête du Saint (i).
Sa rédaction, comme celles qui l'avaient précédée, formait donc
l'ensemble des leçons d'un office public, destinées à être répé-
tées solennellement chaque année à la cathédrale du diocèse
dans la veille religieuse qui précédait la fête de l'apôtre, au
milieu des psaumes et des hymnes que nous signalions au début
de cette étude (2) et le dernier de ces chapitres, comprenant
le récit même de la passion de Lambert, était lu peut-être,
suivant la coutume que nous signale Grégoire de Tours (3) im-
médiatement avant l'épître, dans la messe du jour. Signaler ce
détail, c'est rappeler du même coup que plusieurs des descen-
dants d'Alpaïde, habitant tantôt Liège et tantôt le voisinage, ont
dû plus d'une fois entendre cette lecture. Si la première rédaction
de ce récit ne date pas de l'époque même du transfert des reli-
ques de Maestrichl à Liège, c'est-à-dire du propre temps de
Pépin, elle appartient pour le moins au temps de Charles Martel,
du fils de la concubine. N'est-ce pas plus qu'il n'en faut pour
expliquer le silence de ce récit liturgique sur la participation de
l'aïeule des Carolingiens à l'assassinat de Lambert et l'explica-
tion n'est-elle pas d'autant plus admissible que toutes les narra-
tions connues exemptes du caractère officiel de lecture publique
lui attribuent, elles, une part du crime de l'adultère?
Il est un dernier caractère de la version liturgique dont il
importe de tenir compte : l'auleur primitif se fiait peu — et il
n'avait point tort — à ses connaissances Httéraires, à son style,
h sa grammaire: aussi, afin de rendre son travail moins indigne
de son héros, il a le plus souvent j)Ossible recherché, pour
exprimer sa pensée, des formules toutes rédigées. Nous avions
(*) A quibusdam nobiscum agenlibus festum sancti Lamberti, qui litteraria vide-
bantur sibimet scientia prœditi non minimum sumus despecluosis risuum injuriis
laoessiti, quandoquideui priscorum haud quoquam cato eloquio édita legebatur apud
nos praefati pairis vita etpassio. (*) p. 388. (') Domini Ruinarl, praefalio in novam
editionem sancti Gregorii episcopi Turoaensis,§ 42.
— 496 —
signalé la fréquence des empiunls faits par lui h la meilleure
biographie de ce temps, à celle que S. Oueri a donnée de la vie
de son ami, S. Eloi : M. Kurlli a relevé avec soin bon nombre de
phrases, de réflexions, d'appréciations qui ont ainsi passé tex-
tuellement de récrit de S. Ouen dans celui du premier biographe
de S. Lambert (i). Et le procédé n'a rien de surprenant; c'est
celui de toutes les littératures naissantes; il ne caractérisait pas
en ce temps, d'ailleurs, que le seul art du style: tous les actes pu-
blics de la vie civile étaient alors rédigés d'après des modèles
uniformes, dont Marculphe nous a conservé tant et de si curieux
spécimens; comme les lettres, l'architecture vivait d'emprunts;
ainsi voyons-nous employer les colonnes et les débris des
temples romains à soutenir ou à décorer les nouveaux sanc-
tuaires du christianisme ; ainsi recueillons-nous dans nos
vieilles châsses, les reliques des saints de cette époque, enve-
loppées des plus beaux restes d'étoffes ornées de figurines pay-
ennes.
Quoi qu'il en soit, l'emploi de ce procédé n'est pas de nature à
vnloir aux écrivains qui en ont usé un surcroit de confiance;
il témoigne, au contraire, de leur indécision, de leurs hésita-
lions, de la crainte qu'ils avaient de mal dire; il enlève à leur
récit une partie de son autorité.
Qu'arrive-t-il cependant ? Encore, que le but de la version
liturgique fut un but d'édification et non d'histoire, encore
qu'elle fût destinée h faire partie d'un ofiice public, son texte
laisse échapper à travers les voiles prudents dont la vérité y
est entourée, bien des éclats de son flambeau. Nous pourrions
déjà noter ce qu'elle rapporte du caractère de Lambert in
corrigendo vehemens, non respiciebat adpersonas potentium sed
potius ad morum ekgantiam, énergique dans la correction... il
tenait moins compte du rang élevé des puissants que de la ré-
gularité de leurs mœurs >> mais ce passage est précisément un
('; Etude critique : appenilicf> p. fOl.
— 497 —
de ceux que le biographe a littéralement empruntés à la vie de
Saint Eloi.
Rappelons, du moins, les détails les plus significatifs du texte
de la version officielle. On n'y voit pas clairement pour quel
motif, les parents de Dodon, se portent h ravager les biens de
l'Église et à poursuivre l'évêque de leurs tracasseries ; on s'ex-
plique moins encore qu'à la suite de ces tracasseries de plus en
plus violentes, Pierre et Andolet, le neveu du saint, soient ré-
duits à tuer en légitime défense Gall et Riold, deux de ces
parents; puis, que Dodon lui-même massacre l'évêque, toute une
communauté religieuse, sans que Pépin intervienne ni avant, ni
pendant, ni après. Pépin cependant séjournait ou revenait d'un
instant à l'autre à Herstal, tout près du théâtre de ces querelles
et de ces meurtres. Fils d'une sainte, parent d'une légion de
saints, il s'était montré en vingt rencontres le protecteur des
évêques: lui-même avait chassé l'intrus de Maestricht pour
rétablir Lambert sur le trône épiscopal! Il laisse néanmoins les
choses aller à l'extrémité sous ses yeux; il n'empêche ni ne
venge la mort du martyr, et si le ciel n'était intervenu pour
punir Dodon, celui-ci n'aurait eu, ce semble, qu'à se féliciter de
ses attentats. Comment dans de telles circonstances ne pas
prendre cette attitude pour celle d'un complice?
Il y a plus : Lambert appartenait à une famille influente du
pays ; il y comptait de nombreux amis. Pas un n'ose se lever
pour demander justice au prince : tous restent, au contraire,
accablés sous le coup. Les disciples qui relèvent le corps du
martyr, au lieu d'aller dénoncer les coupables au maire du
palais, au voisin du théâtre du meurtre, n'ont qu'un souci :
s'éloigner au plutôt de Liège et de Herstal. Couvert seulement
d'un vil manteau, le corps est emporté sur une petite barque à
Maestricht : là tout le monde s'épouvante : in pavorem conversa
est umversa regio... les plus puissants, remplis à la fois de
crainte et de douleur, pleurent en silence ; ils jugent plus sage
d'étouffer leurs sanglots que de les laisser retentir, et plus ils
498 —
songenl au crime, plus grandit leur effroi : on n'ose porter les
saintes dépouilles dans la principale église; on pense un
instant à des funérailles solennelles : on renonce à les célébrer
avec quelque apparat ; on renonce à préparer au saint une
tombe digne de lui, et c'est à la hâte, au contraire, qu'on « le
dépose avec épouvante dans le sépulchre de son père. » Quel
pouvoir autre que celui du maire de palais était donc assez
redoutable dans le pays de sa résidence pour inspirer cette lei-
reur, ce silence, aux plus puissants, aux plus fidèles, à l'affec-
tion, à l'indignation de tout un peuple?
Plus tard enfin, pourquoi faut-il tant de miracles, <-es guéri-
sons et ces apparitions répétées, cette succession d'avis du
ciel, et outre cela, ces prières, ces jeûnes, ces précautions
préparatoires avant que S. Hubert ose se décider à transférer de
Maeslricht à Liège les reliques de son ami, de son maître, du
père spirituel, dont il ambitionnait d'imiter les vertus et souf-
frait de n'avoir point partagé le trépas? N'est-ce pas que la glo-
rification de l'apôtre égorgé risquait de froisser cruellement,
non plus les assassins — ils avaient péri depuis dix ans au
moins — mais la maison royale, dont leur attentat avait pré-
tendu servir les plus honteux intérêts?
Phénomène étrange et significatif! En dehors de la version
officielle où nous signalons ces détails, inexphcables pour
quiconque se refuse à faire retomber sur Pépin une part de la
responsabilité du crime, pas un auteur ancien, pas un, ne
donne la défense du patrimoine temporel de l'Eglise comme la
cause du martyre. Aucune chronique liégeoise, aucune biogra-
phie liégeoise de Lambert ou de n'importe quel autre saint ne
confirme l'explication embrouillée du liturgiste successivement
recopié parGodeschalc et par Etienne. Aucun auteur étranger à
notre diocèse ne nous offre non plus la moindre confirmation de
cette version : les martyrologes les plus antiques, quand ils ne
nous donnent pas l'interprétation d'Hucbald, se tiennent dans
le vague, comme s'ils redoutaient de dégager le trépas du saint
d'une ombre mystérieuse, de l'entourer de trop de lumière.
— 499 —
Bède, le contemporain de Lambert, se contente de le
nommer; Florus, continuateur de Bède, de noter qu'il « a
conquis la palme du martyre en défendant la justice; » Wandel-
bert (vers 848) n'en dit pas même autant; Rliaban Maur (t 836)
s'arrête à détailler ses vertus, mais il ajoute seulement que
« Dodon, attaché à la maison de Pépin le fit assassiner par une
machination cruelle. » Voilà pour les martyrologes antérieurs
à celui d'Adon. Les biographes ne nous en apprennent pas plus.
Celui de S. Theodard, ne nous raconte que la façon dont Lam-
bert s'en vint recueillir les restes de son maître; celui de
S. Hubert semble visiblement redouter de donner la moindre
explication sur la mort du prédécesseur de son héros. (') Encore
un coup, les assassins ayant péri, quelle considération aurait
pu empêcher ces écrivains de parler plus librement, si leur
langage n'eiît risqué d'offenser d'autres intéressés ?
Qu'on veuille le remarquer cependanl : l'Eglise catholique
n'honore pas moins que Jean-Baptiste, Thomas Becket frappé
pour avoir défendu les biens de son Eglise ou le diacre
Laurent martyrisé pour n'avoir pas livré à César la fortune des
pauvres de Rome; les écrivains religieux des débuts du moyen-
âge ne manquaient point surtout de signaler tout ce qui pou-
vait inspirer aux populations plus de respect pour la propriété
ecclésiastique ; il est bien peu de recueils des miracles de n'im-
porte quel saint qui ne mentionnent un ou plusieurs exemples
du soin jaloux avec lequel ces divins patrons punissaient tout
vol fait à leur sanctuaire ou aux patrimoines des monastères
dans lequel on vénérait leur tombe ; on n'a pour s'en con-
[') Beatissimus Lantbertus , triumphum sui certaminis martyrii palmam
adeplus, martyrura collegio sociatus, exultât in perpetuum. Posl cujus sacro
martyrio Dominus, qui pro suis ovibus aniraam posuit, gregem suum lacerare
luporum morsibus venensitis non paciens suscitavit eis pastorem... De eius mar-
tyrio, quod nuper acciderat satis intrinsecus dolendo ingerebat suspiria... ama-
rissimo animo dicendo : non fui dignus ego miser ut ipso interremptus fuissent.
(La vie de S. Hubert, écrite par un auteur contemporain, publiée par le P. Charles
deSmedt, pp. IS-n.)
— 500 —
vaincre qu'à parcourir les divers recueils de ces prodiges rédi-
gés à Slavelot, à St-Trond, h Lobbes, à Saint-Hubert. Si donc
ils avaient trouvé dans l'histoire de Lambert une occasion
d'accroître la révérence des peuples pour le patrimoine de
l'Eglise, ni les écrivains étrangers, ni les hagiographes ou les
chroniqueurs de nos couvents ne l'eussent laissé échapper : il
y avait pour eux, dans notre pays surtout, un intérêt plus im-
médiat à faire vénérer dans Lambert le défenseur du temporel
du culte plutôt que le champion de l'indissolubilité du mariage
chrétien ; s'ils ne l'ont pas fait, leur silence même n'est-il pas
un argument de plus pour la thèse que nous défendons?
Nous l'avons dit toutefois et c'est le lieu de justifier cette
opinion : pour établir que Lambert est mort victime de son
ardeur apostoHque h défendre l'honnêteté des mœurs, il n'est
nullement nécessaire de lui refuser l'honneur d'avoir, en résis-
tant aux violences de larrons sacrilèges, sauvegardé, dans les
biens de l'Eglise, ce qui constituait alors le budget de l'instruc-
tion, de la bienfaisance, de la propagande civilisatrice, la dota-
tion de l'Evangile.
M. Kurth déclare « contester tout d'abord la connexité de
cause que la biographie anonyme (première version officielle)
prétend établir entre ces faits (la mort de Gall et de Riold) et la
mort de S. Lambert. » (')
Nous pouvons, nous devons admettre que ce biographe n'a
pas tout dit : nous nous refusons à croire qu'il ait dit ce qui
n'était pas. Les circonstances, la peur, l'amitié; le caractère,
la destination de son écrit tout concorde à expliquer qu'il se
soit tu sur certains points, qu'il ait été volontairement incom-
plet : rien ne permet de l'accuser d'avoir menti. Pareil men-
songe répugne à la gravité, à la bonne foi générale de son récit,
à la sûreté de ses informations, et l'Eglise de Liège qui avait
fait entrer cette narration dans sa liturgie, douze ans peut-être
(*) Etude critique p. 73.
— 301
après la mort du saint ne doit pas être accusée non-seulement
de fausseté, mais d'ineptie, car c'eût été de sa part tenter l'im-
possible, affronter l'absurde que préîendm imposer aux con-
temporains, aux témoins du martyre, une explication absolu-
ment dénuée de vérité.
Saint Lambert a-t-il pu jouir et disposer en paix de tous les
biens acquis depuis plusieurs siècles par l'Église de son diocèse?
Il eût été plus heureux eu ce cas que tous les prélaîs du temps
auxquels nous voyons partout des avides ou des puissants
disputer quelques propriétés; plus heureux que les établisse-
ments religieux de celte époque que nous voyons à î'envi
réclamer, obtenir, ou faire renouveler les chartes royales des-
tinées à proléger leurs biens contre ces revendications; plus
heureux surtout que son prédécesseur, S. Théodard : celui-ci
était tombé sous les coups des assassins, comme il allait porter
au Roi ses plaintes contre les spoliateurs de son église. L'a-t-on
remarqué jusqu'à présent? toujours est-il que le dernier acte
public dans lequel mention soit faite de ce Théodard est pré-
cisément une décision royale prise pour régler, ce semble, un
Htige de cette sorte : c'est la charte du 6 septembre 667 par
laquelle Childéric II confirme les donations faites à l'abbaye de
Stavelot, mais les réduit de moitié et confie le mesurage des
lois ainsi déterminés, à révoque Théodard et à un noble de sa
maison, ayant rang d'illustre, à un domeslicus dans lequel il
semble tout naturel de reconnaître Dodon, le futur assassin
de S. Lambert : « Jussimus patri noslro Theodnrdoepiscopovel
illustri viro Ouoni noMESïico, cum foteslnriis nostris ipsa loca
mensurare ('). »
Ce mesurage n'a-t-ii fait naître aucune difliculté?
Ces difficultés sont-elles restées complètement élrangères au
voyage entrepris par Théodard pour se plaindre des spoliations
dont souffrait l'Église, au martyre dans lequel a péri cetévêque?
( *) Recueil des ordonnances de la principauté de Stavelot, p. 3.
502
Dodon n'a-t-il pas trempé peut-être dans ce premier assassinat?
Saint-Lambert, de son côlé, a-t-il pu abandonner les revendi-
cations de son prédécesseur? N'est-ce peut-être pas à sa
fidélité à remplir le même devoir qu'il a dû cette dépossession
et cet exil de sept ans auquel mit tin l'arrivée définitive de
Pe|»in au pouvoir? Nous aurons l'occasion d'examiner ces
quesiions dans un ;iutre travail : il suffit a de constater ici
que dès ce temps, et dans le diocèse même du saint, les libéra-
liiés territoriales, recueillies par l'Eglise lui suscitaient bien
des embarriis, lui attiraitMit bien des querelles. Rien d'étonnant
dès lors si ces querelles avaient fouini h Dodon l'occasion de
ses Pi emières aggressions contre l'apôtre dans lequel il pour-
suivait au fond bien plus le défenseur de la morale que le gar-
dien du patrimoine ecclésiastique.
Suivant ce sens, tout s'explique, tout concorde à merveille
dans l'exposé substantiel d'Hucbald:Gall et Riold ont bien per-
pétré, comme le rapportait la première version officielle, des
violences criminelles, des envahissements sacrilèges sur les
gens et les biens de l'Eglise ; les neveux du saint, ont bien
fini par tuer ces deux bandits, mais l'audace de ceux-ci leur
venait de leur parenté avec Dodon : « In qiio fidentes patriam
vexasse putautur » et Dodon lui-même tirait son influence de la
posiiion lionieuse de sa sœur auprès de Pépin : « Hinc et Dodo
suiim plus exaUabal honorem. »
Il devait donc encourager ces déprédations ; peut-être avait-
il njême poussé leurs auteurs à les commettre, irrité qu'il était
des censures du pontife contre les adultères : « Sat memor in
dictis quœ sunt de carne soruris. »
Dans ces dispositions il ne pouvait manquer de saisir le
premier prétexte de se débarrasser d'un prélat importun : la
mort de ses parents lui fournit ce prétexte; — les reproches
adressés par Lambert à la maison royale - soit qu'ils eussent
éiésur le point défaire chasser la concubine, comme le relate
le vieil anonyme cité par Anselme, soit qu'ils eussent éclaté
- 503 —
dans la publicité de ce festin de Jupille auquel rien n'interdit
de croire — au contraire -auraient achevé en ce cas, en provo-
quant la crise suprême d'indiquer au frère d'Alpaïde, le mo-
ment le plus opportun pour agir avec impunité : et le martyr
aurait été frappé, dans la nuit de son arrivée à Liège, comme
l'indiquent à la fois la première relation officielle et ce poëme
d'Hucbald.
Combinés de la sorte, les renseignements des deux versions
offrent-iis rien de contradictoire? Ils se complètent et se
confirment , au contraire, sans nous obliger d'accuser de falsi-
fication aucun des deux auteurs.
Et qu'on n'objecte point (i) le texte de la Vie de S. Hubert,
écrite par son disciple : ses expressions vagues peuvent cadrer
indifféremment avec l'une ou l'autre des causes du martyre
ou avec toutes deux ! Qu'on n'allègue point non plus que Lam-
bert lui-même demande à ses neveux, au moment où on les
attaque, de subir la mort, en retour de celle qu'ils ont donnée
à d'autres. Les biographes de ce temps ne se faisaient nul
scrupule de prêter k leurs héros quelques discours édifiants;
ce texte même, à le supposer historique, n'indique point for-
mellement qu'aux yeux du saint, la mort de GalletRiold tués
par Pierre et Andolet soit la cause et surtout la cause unique
de l'agression de Dodon ; on peut en tout temps recommander
l'acceptation du martyre comme une expiation ; et si Pierre
et Andolet, comme il est permis de le croire en les voyant
partager la vie, les voyages et l'habitation de révê((ue leur oncle,
se trouvaient engagés dans la cléricature, il devient tout naturel
qu'un prélat, scrupuleux observateur des saints canons, leur ait
reproché d'avoir versé le sang.
Faut-il dire un mot, ù notre tour, des motifs qui ont déter-
miné l'auteur et les réviseurs de la version officielle à laisser
en dehors de leur récit tout nom , tout incident qui auraient
'* ; Etude critique sur S. Lambert, p. 77.
504
révélé la part indirecte prise par Pépin au crime de Dodon?
De toutes les questions qui se raitcicbent à ce débat, celle-lh
peut-êire, a été le mieux et le plus ampU-ment traitée; dès le
XI" siècle Anselme en donnait la solution péremploire, après
avoir cité le texte de cet anonyme qui attribuait nettement
l'attentat h l'inlerveniion d'Alpaïde: « Je pense, écrivait-il, que
le premier biograpbe du saint a omis de parler de cette cause
pour ne pas blesser, (comme il arrive d'ordinaire) ceux-là dont
les ancêtres s'étaient souillés d'un crime inràme(i). » Tous nos
annalistes qui se sont, après Anselme, mêlés h cette discussion
n'ont fait que le répéter; tous les critiques de la même opinion,
que justifier ses dires.
Les gouvernements de nos jours laissent circuler à plaisir,
quand eux-mêmes ne les répandent pas, les nouvelles les plus
fausses, dès qu'elles peuvent les servir. Au VIII'"'' siècle, on se
contentait de taire les détails de nature h desservir. La plupart
des écrits de ce siècle revêlent ce caractère de prudence extrême:
la vie de S. Théodard atténue singulièrement le crime de ses
meurtriers et prend soin de ne les point laisser connaître ;
celles de S. Willebrord et de S. Boniface taisent les difiicullés
dont Pépin entrava les missions de ces apôtres. Impossible à
peu près de rien connaître des l;iutes et des crimes des maîtres
de ce temps, des usurpations deGrimoald ou des rapines sacri-
lèges de Cbarles-iMarlel. Les rois francs avaient eu leurs bio-
graphes otïiciels ; les maires de palais eurent les leurs aussi, et
quand surtout leur dignité héréditaire se fut tranformée en
monarchie, la crainte, l'amitié, la reconnaissance ou le désir
de s'attirer les bonnes giâces du pouvoir, tout engagea les écri-
vains à préférer le silence aux moindres détails compromettants
pour ces princes (2).
Un exeniple, h joindre à tous ceux qu'on a signalés déjà,
donnera li mesure de la réserve des relations, écrites de ce
(') Anselme, Gexta, liber sccundu$,^S. — (•) Etude critique, pp. 62-70.
- 505 -
temps, même sans le caractère officiel de la biographie de
S. Lambeit, ot beaucoup plus loin du séjour ordinaire des
maires de palais et des rois carolingiens : il nous est fourni par
le moine Aigrade, un contemporain du saint, dont il écrit la vie,
Saint-Ansbert de Rouen. On y voit que si Pépin avait rappelé
S. Lambert de l'exil de Stavelot au siège épiscopal de Maes-
tricht, il ne s'est point gêné pour arracher Ansbert à son siège
de Rouen et l'envoyer dans l'exil deHautmont ; on y voit surtout
qu'alors même que Pépin se conduit en persécuteur, les hagio-
graphes monastiques ne trouvent pas un mot pour le blâmer,
n'osent s'arrêter sur ses torts, les cachent le plus possible, le
qualifient encore, en les racontant, des épilhètes les plus lauda-
tivps. Dans l'histoire d'Ansbert, c'est le diable qui fait tout le
mal, en égarant Pépin ; les conseillers anonymes de celui-ci
sont seuls associés au démon dans la responsabilité de finjuste
déposition du prélat (i).
Le diable ne s'en tient pas là : il veut pousser Pépin à des
mesures plus sévères : Ansbert est obligé, dit son historien,
« d'envoyer au très-excellent prince le vénérable Halidulphe,
pour lui donner les plus humbles satisfactions, et lui rappeler
que ce n'est pas même \oIontairement que l'exilé avait accepté
jadis les honneurs de l'épiscopat (2). » L'envoyé s'en fut donc
« vers le généreux prince, »ef fliistorien qui vient de proclamer
la pai faite innocence d'Ansbert se prête à enregistrer néanmoins
que Pépin « voulut bien couvrir de sa clémence tout ce qu'on
(*j Callidus humsni g^neris hoslis malignorum contra Dei famulum saevire fecit
invidiara, qui Pippino principi Herslallensi fraudulenler suggérèrent praefatura
virum sanclu ri adversus eura traclare consilia. Accusatus, jussu ejusdem exilio
deporlatus in Altum-monlem. nntio extanie crimine humiliterexilii snbiit aerumnas »
(Acla. S. Be.igii, v. 141). — (-) Qua propler venerahilem patrem Halidulphum. ac-
(îersiens idem prœclarus pastor ad pcaedictum excellentissimum principem direxit,
salisfaciens iiumiliter ejus animi volunlati, adjiciens etiam se non sua sponte
episcopatus suscepisse gradum... Quapropter perg^ns prœdictus cœnobii pater
(Halidulphus) ad eum inclytum principem, superno juvamine fretiis. petita concite
impeirare meruil... (J., v. 142'.
— o06 —
avait fait contre lui u).» Il y a plus: Ansbert, mourant, n'ose pas
se choisir un tombeau sans l'assentiment de son persécuteur :
il envoyé une députation nouvelle «à ce prince religieux, «pour
solliciter humblement la liberté de sa sépulture: «misit iterum
ad predictum religioswn principem, Pepinum htimillimam peti-
tionem » et l'exilé étant mort avant le retour de ces envoyés, les
moines de Hautmont attendent dix-sept jou:'s pour disposer de
ses dépouilles,jusqu'à ce que la licence sollicitée leur soit enfin
parvenue (2).
En voyant des moines aussi éloignés du séjour de Pépin
aprocul a Jove, procul a fulmine» agir avec cette réserve, écrire
avec ces réticences, y a-t-il lieu de s'étonner de la prudence et
des omissions d'un récit rédigé presque sous les yeux de ce
prince, ou sous ceux du fils de son adultère,à l'usage du diocèse
où ils avaient leur résidence habituelle, pour des offices aux-
quels ils pouvaient assister?
Une dernière objection qu'on n'a point abordée jusqu'à cette
heure, nous reste à rencontrer : pourquoi, si la cause du mar-
tyre a été l'inconduite de Pépin, pourquoi les offices de l'Église
liégeoise se sont-ils si longtemps abstenus de la mentionner ;
pourquoi la version accueillie par Hucbald ne vient-elle se placer
auprès de la première version officielle qu'après deux siècles
de désaccord?
Pour les mêmes raisons qui avaient empêché tout d'abord le
premier rédacteur de l'office de s'exprimer en toute liberté— ou
pour d'autres aussi sérieuses.
L'Église catholique ne modifie jamais qu'après de longues in-
formations, avec une prudence extrême, les récits une fois
admis dans sa liturgie. Aujourd'hui encore le Martyrologe romain
continue, après mille ans, à reproduire sur notre saint, la noie
du martyrologe d'Adon.
('j Quœcunaque perperam gesla luerant clemenler induisit fid., id.). — *)ld..
id.,143).
S07
Puis, quoi d'étonnant si, sous le gouvernement de Charles
Marlel, fils d'Alpaïde, si sous ses yeux en quelque sorte, cartel
diplôme du !•"■ janvier de 722 (i) atteste que lui aussi prit à Herstal
ses quartiers d'automne — l'Église de Liège évita de rappeler les
hontes de l'origine de ce prince aussi violent que souvent peu
religieux.
Fulcaire,évéque de Liège, après Floribert, le fils et le succes-
seur d'Hubert, avait probablement d'ailleurs, pris part au concile
provincial de Verberie en 753; son nom figure au bas des actes
du Concile deMetz,de 756,et ces deux assemblées avaient laissé
entamer le principe de l'indissolubilité de l'union conjugale.
Fulcaire eiît-il pu sans s'infliger un cruel démenti proclamer
qu'un demi-siècle auparavant, Lambert avait péri, lui, pour la
défense du principe que sacrifiait la faiblesse de son succes-
seur? Héritier de Charles Martel. Pépin le roi eût d'autant moins
goûté qu'on rappelât ainsi devant lui les fautes de son aïeul
que lui-même brûla quelque temps d'une flamme adultère pour
une Alpaïde anglaise; que le PapeZacliarie avait dû lui rappeler
en 748 l'excommunication dont l'Église frappe l'époux volon-
tairement divorcé et qu'il avait fi\llu l'intervention du pape
Etienne pour ramener au devoir l'oublieux mari de Bertrade
comme pour rappeler, par les réponses données en 754 aux
moines de Breiigny, — les prélats trop accommodants de son
époque à l'austérité de la rè,::le évangélique, en matière de
mariage.
Les princes sortis du sang d'Alpaïde continuaient au surplus,
à résider dans notre diocèse, aux portes mêmes de Liège: Hers-
tal était en 752 le séjour du roi Pépin ; le pieux Carloman son
fils devait habiter quelqu'une des villas royales dont notre ville
était entourée: Chèvremont, Angleur, Herstal ou Jupille. C'est
du moins ce qui ressort de la relation donnée par uncontempo-
(*) La date de ce diplôme et de ceux cités plus loin est donnée, sauf ndication
contraire, d'après la Table chronologique de M. Wouters.
— 508 -
rain de l'ouverture du tombeau de S. Hubert et de l'élévation
des reliques de ce saint (i). Charlem;3giie,qui ne le sait, ne resta
pas moins attaché à notre territoire. C'est sous le début de son
règne qu'on place la révision faite parGodeschalc, à la demande
de l'évéque Agilfrid, du texte primitif de la version liturgique.
N'eût-ce pas été crunulé, ingraiiiude et folle bravade de re-
toucher devant d'aussi généreux bienfaiteurs de l'Eglise, cette
vieille version dans un sens plus hostile aux maîtres du jour?
Et si Godeschalc en avait eu l'envie, Agilfrid, que des liens de
parenté uuissîtient h Cliarlemagne, Agilfrid qui obtint du prince,
au rapport de Gilles d'Oi'val, des chartes favorables à l'Eglise
de Liège, et à qui le grand empereur confiait la garde de son
captif le plus important Didier, roi des l>ombards, lui aurait-il
permis de suivre ce dessein (2) ?
Gerbald, le successeur d'Agilfrid, ne se trouva pas dans une
position plus indépendante des circonstances ; sorti des con-
seils du prince pour monter à l'épiscopat, il essuya les observa-
tions de son souverain pour avoir parmi les fidèles de son
diocèse des chrétiens qui ne savaient pas les prières les plus
élémentaires.
L'on n'ignore pas non plus le soin avec lequel Gharlemagne,
grand amateur d'offices sacrés, remplissait parfois lui-même
les fonctions d'index, fijisait lire devant lui les passions des
martyrs, ou prenait plaisir à diriger, au chœur, les cérémonies
saintes et les chants ecclésiastiques. Eh bien, se représente-
t-on U' plus illustre des protecteurs de l'Eglise asireint à
constater devant tous, aux pieds de l'autel, l'infamie de son aïeul.
Au retour de ses innombrables expéditions, c'était pourtant
bien dans notre diocèse qu'il passait le plus souvent l'hiver,
revenant ici vers l'automne, c'est-à-dire vers la léte de
Saint-Lambert, pour ne reprt-ndre la vie des camps qu'après
^*) La vie de S. Ifuben, elo., piir le P. Ch. de Smedt. p. 44. — ('i Chapea-
viilc, r, U9.
— 509 -
les solennités de Pâques; en 770 ce fut à Liège même, à Saint-
Lambert « apud sanctum Lantbeitum, » écrit Eginhard, qu'il
s'établit pour célébrer la grande fête chrétienne; il ne séjourna
pas moins d'une dizaine d'hivers à Herstal ; nous avons des
actes signés de lui, dans cette localité en mars 770, octobre
772, septembre 774, janvier 777, janvier 778, mars 779, octobre
781, septembre 802, et nous savons qu'il passa dix-neiif hivers
bien comptés h Aix, qui faisait alors partie aussi du diocèse de
Liège (i).
Walcand se trouva en face de son impérial ami, Louis le
Débonnaire, dont on garde aussi des diplômes datés de Herstal
823 et 831, dans la même situation que ses p" 'iécesseurs, en
face de Charlemagne : il se tint naturellement dans la même
abstention. Après l'évêque Hircaire qui reçut à Liège en 8o3
et 854 les rois Charles et Lolhaire, l'évêque Francon se trouva
dans une po-îition pire : il n'eut pas seulement à défendre son
diocèse contre les incursions normandes, à songer à sauver
les trésors de ses églises au lieu d'en modifier les offices ; il
eut à se prononcer sur un renouvellement de la vieille histoire
de Pépin : le cas de son ami et commensal l'empereur Lotliaire
qui voulut comme on sait répudier Theulberge pour épouser
Waldrade. Francon ne se souciait pas assez de Lambert : dans
une réunion d'évêques tenue à Metz en 863, il commit la faute
de se ranger parmi les prélats plus courtisans que pontifes, dont
la décision incorrecte prétendit légitimer la substitution d'une
seconde épouse à la première encore vivante.
Réprimandé à ce sujet par le pape Nicolas L, il s'excusa de
son erreur et sans doute, comme le Souverain Pontife le lui
demandait, employa ses efforts à retirer Lothaire d'une union
irrégulière : Lothaire reconnut sa faute, mais nul ne sera sur-
pris que sous pareil empereur et sous pareil évêque on n'ait
rien modifié à la version officielle du martyre de S. Lambert.
I*) VetauU. Histoire de Charemagne, p. 376.
510
Les souvenirs de l'erreur de Francon et de l'égarement de
Loihaire étaient vivaces encore quand Etienne recueillit en
902 la succession épiscopale du premier. Ces souvenirs fâcheux,
ce fait que les princes sous lesquels régnait Etienne, étaient
les derniers descendants de l'adulière, suffisent à nous faire
comprendre que ce prélat ait préféré s'en tenir h la version
primitive; ail évité de refaire, de compléter comme il l'aurait
pu sans doute sous bien des rapports, la biographie liluri^ique;
se soit borné à révulser le texte de Godeschalc, ait pris soin
même — soin significatif! — d'arréier sa rédaction nouvelle
au récit des funérailles du Saint, sans plus aborder la question
du châtiment de Dodon, ni d'aucun des bouireaux— prudence,
réserve d'autant moins surprenantes de la part d'Etienne que
ce prélat était apparenté lui-même aux rois dont la sœur
de Dodon avait été la souche, qu'il en obtint mnintes faveurs,
les reçut dans sa ville, et vit, par exemple, l'empereui' Charles
séjourner à Herstal en 916, 919 et septembre 920.
C'est pourtant sous le pontificat d'Etienne, que la véritable
explication de l'assassinat de Lambert ose enfin se produire à
rencontre du silence intéressé des uns, des obscurités craintives
de la narration des autres. Mais en vérité, pour qu'Hucbald
n'ait pas hésité à la présenter à l'évêque Etienne, en vue de la
faire entrer dans l'office liégeois, ne fallait-il pas qu'elle fût dès
lors bien répandue et bien accréditée, consignée qu'elle était
déjà sans doute, comme nous l'avons dit, dans tetécrit aujour-
d'hui perdu, dont Hucbaid semble s'être inspiré avant qu'An-
selme n'en vienne plus tard à le citer textuellement?
Ne peut-on pas se demander même si un de ses échos n'avait
pas pénétré dès ce temps dans l'ofTice du saint. Nous avons dit
quel évangile on lisait alors au jour anniversaire de la mort du
martyr : « Nolite timere pusillus grev, ne craignez rien, petit
troupeau etc. »
Ce texte sàcré était on usage du temps d'Hucbald car il lui a
fourni plusieurs des images de sou poème : les reins ceint^, les
— 511 -
laïuernes allumées, la mort impromptue, etc. ; mais en somme
éloge vague et général des vertus apostoliques, il cadrait bien
avec la prudence et la réserve de la première biographie
officielle. Faui-il croire que l'homélie explicaiive qui suit ce
texte dans le manuscrit de Bruxelles, et dont l'écriture ne
semble pas antérieure au XIP siècle, était entrée en même
temps que cet évangile dans l'office du saint. Si oui, c'est la
reconnaissance indirecte mais officielle aussi qu'on savait dès
ce temps que Lambert avait péri pour la même cause que Jean-
Baptiste.
L'homélie se termine, en effet, en évoquant le souvenir du
Précurseur du Christ; en rappelant qu'on n'a psj appris qu'il ait
fait des miracles mais qu'il s'est mortifié et surtout qu'il a donné
sa vie pour la défense de la vérité lorsqu'il osa déclarer ù
Hérode : « il ne Cest pas permis de garder celle femme ï »
« Et le bienheureux Lambert, conclut l'homélie, ayant pi'o-
» nonce aussi cette même parole, au service de ce Christ qui a
» dit : Je suis la voie, la véiilé, la vie, a obtenu la même
» couronne du marlyre et a été glorieusement élevé à la posses-
» sion suprême de tous les biens du Seigneur son Dieu. »
Mais le texte mérite d'être intégralement cité ici :
De Johanne Dominas dixit quod nemo inter natos mulierum maior eo
surr3xit, non quia eum palriarchis omnibus et propheiis pretuleril, sed
maioribus coaequavit.
Qui tamen miraculum nullum legitur fecisse, sed nuditate et inedla
corpus macérasse, ad ultimum pro veritatis assertione capite diminutus
esse.
Quid tandem dixit? Non licet tïbi eam habcre!
Et bealus Landbertus eamdem pro Christo qui dixit : ego sum via,
Veritas etvila vocem imilatus, similem est martirii coronam indeptus, et
super omnia domini dei sui bona féliciter exaltalus.
N'est-ce pas un curioux indice, un précieux aveu que ce
rapprochement? Et poui terminer de la sorte l'explication d'un
SI 2
évangile d'une portée aussi peu précise dans l'espèce, ne fallait-
il pas que dès les temps les plus anciens l'Église de Liège en
connût beaucoup plus qu'elle ne voulait le dire officiellement,
sur les causes du martyre?
Résumons donc et concluons :
A notre avis, aussitôt après la mort du saint, deux versions de
son trépas ont dû se trouver mises parallèlement en circulation:
la version liturgique, version prudente, craintive, incomplète,
mais trahissant son insuffisance par son obscurité même : elle
se contentait de rapporter que Dodon avait voulu vengpr par la
mort du saint deux déprédateurs tombés sous les coups des gens
du pontife; —la version libre, plus franche, plus sincère, ajou-
tant que le blâme déversé par le Pontife sur l'adultère de Pépin,
avait bien plus que la mort de ses parents poussé Dodon au
crime. Cette version n'a pas dû tarder non plus à être consignée
par écrit,nolamment dans cet ouvrage anonyme dont nous ne con-
naissons qu'un extrait conservé par Anselme, mais qu'ont dû
connaître Adon devienne un demi-siècle avant Hucbald et notre
Hucbald lui-même. Encombinantlesdeuxversions, Hucbald nous
a donc donné le premier l'explication la plus complète et la plus
vraie des causes de l'immolation du martyr : explication que ne
peut contredire la chronologie, que confirme l'étude des lois
de l'Église et de l'histoire de ses évêques en ce siècle comme
l'examen des devoirs et du caractère de Lambert en face de
l'incontestable inconduite de Pépin; explication avec laquelle
concordent à la fois, le but d'édification et la destination litur-
gique de la version officielle; le texte, les obscurités, l'insuffi-
sance, les demi-révélations de cette version : l'elïroi général
causé par le crime; l'impunité dont Pépin laissa jouir les cou-
pables; les pratiques de prudence et de réserve extrême des
écrivains du temps; la peur enfin qu'on dut avoir, au lendemain
du meurtre et qu'on conserva durant deux siècles d'offenser par
des narrations trop nettes les princes, causes de l'attentat, leurs
descendants, bienfaiteurs de l'Eglise ou les prélats infidèles aux
exemples du n)artyr.
- 513 ~
Sans douie, il reste trop d'obscurités encore dans l'histoire
des siècles dont nous avons eu à parler pour qu'aucune thèse à
leur sujet puisse s'impos(3r à la croyance de tous avec une in-
conieslable évidence; nous n'oserions donc nous flatter d'avoir
résolu toutes les questions relatives à la cause de l'immolation
de S. Lambert. Avons-nous, du moins, sur quelques points dis-
sipé quelques brouillards, fait lever un jour plus ou moins lumi-
neux? Nous le souhaitons et nous aurons atteint notre but si
nous avons pu, par cette étude, faire reconnaître dans l'auteur
jusqu'à présent i épuié anonyme de la Vie en vers de S. Lambert,
une des figures les plus intéressantes d'entre les littérateurs du
IX« et du X" siècle, et parcelle dissertation rendu au patron du
pays liégeois quelques rayons de cette auréole qu'on lui a si
vivement disputée: l'auréole du martyre glorieusement subi pour
la défense des mœurs chrétiennes et de la chasteté conjugale.
Joseph DEMARTEAU.
Le manuscrit de la Bibliothèque royale auquel nous avons
emprunté le poème qui vient de faire l'objet de ceite étude,
outre les poé.-ies et l'ofîice reproduits avant ce poëme, nous
offre, à la suiie de cet office, la relation de trois miracles
obtenus de D.eu, par l'inlercession de S. Lambert, << nostris
lemporibus » à la même époque où fut composé le poëme. Le
premier de ces prodiges s'est accompli, du temps de l'évéque
Fraiicon, aussitôt après l'invasion des Normands ; des témoins
oculaires pouvaient encore, dit le narrateur, en attester la
vérité quand il a pns la plume. Le second paraît dater aussi de
l'épisctipat de Francon; le troisième a eu lieu sous celui
d'Etienne, successeur de Francon et rien dans le texte — au
contraire! — n'interdit de croire que ce dernier récit, assez
circonstancié, et le plus pittoresque de tous — aurait été mis
— 514 —
par écrit du vivant même de ce prélat, soit en 920 au plus lard.
En tout cas, Francon étant mort en l'an 903, le narrateur de ces
miracles, pour attester que des contemporains de cet évêque
pouvaient rendre témoignage i\ l'exactitude de ses dires, a dû
rédiger son travail dans la première moitié du dixième siècle.
Les Normands avaient incendié, en 882, la basilique de
S. Lambert ; après leur départ, et le retour en ville de la popu-
lation bégeoise, lacbâsse du Saint fut sans doute déposée dans
l'église avant qu'on eût pu achever de réparer, ni même de
recouvrir cette église; une nuit la neige tomba et pénétra
partout dans la basilique : elle ne toucba pas toutefois aux voiles
(sandalia) qui formaient le seul abri de la châsse. Tel est le
premier prodige. Le second consiste dans la guérison de sept
infirmes délivrés soud tin de leurs maux. pendant qu'on célébrait
la nuit l'office anniversaire du Saint. Le troisième nous montre
une mère de famille, aveugle de naissance, avertie en songe de
se rendre au temple de Lambert et d'y boire d'un breuvage,
composé sans doute d'eau bénite sur son tombeau : l'aveugle
obéit, arrive h Liège, boit le breuvage, retrouve la vue et ne
sait, toute surprise, ni reconnaître son mari et ses fils, ni se
faire une idée de la distance h laquelle se trouvent d'elle les
objets dont elle est entourée.
L'antiquité de cette triple relation, l'avantage qu'elle a de nous
présenter un spécimen littéraire curieux, d'une époque dont il
nous reste si peu d'œuvres liégeoises ; son rythme assez
caractéristique, les fautes mêmes qui déparent cette composition,
les commentaires mathématiques ajoutés à l'exposé du deuxième
miracle, les héllénismes qui émaillent ce récit (somaie, rimate,
agaJmate, thamia) tout lui donne un cachet original, et lui
mérite d'être reproduit, autrement que par extraits comme
l'ont fait les Bollandisles du siècle dernier. Le voici tout
entier.
— 845 —
INCIPIUNT ANTIQUA DEI MIRACULA IN HONORE LANTBERTI MARTYRIS NOSTRIS
TEMPORIBUS INNOVATA.
I. — Ralum ducilur affore subnexum, in raarginoso priscorum calce
signorum, quod nostris in œvis supera pietas dignanter maluit actum,
uti nulle tempère deficientibus demini beneficiis, munia gratiarum
rependere, sanctumque suum quem novis fréquenter revisit honoribus,
semper nevi cenaminis siudie maturemus amare. Fideliter itaque
sollertiam antestitii régente, deo digne ut crediiur episcopo Francone,
quam plura nobis visa sunl miraculorum insignia, meritis almifici patris
lantberii, a cunclipetente laudabiliter data. Qiue quidem si emnia paginis
ingesia singillatim scriplui mandarentur, nimiae lengiturnitaiis spatio
vacaiilia, fasiidium irregare haberentur. Merum est tamen solitum
variamen, haud diu in ununi defigere mentes acumen. Que circa sit
satis audieniiura votis, terna dumlaxat edici, ad indisparandae gleriam
trinitaiis. Erge dum trucl peste nortmaiinica quaquaversum quodcunque
populande bachata, in creraata prorsus qua semate quiescit suse sedis
aula, necdumque saltem mediestinae reparaiienis acceieratu demum
structa de locis ad quae fugerat relatum sui custodes perneclarent vigili
cura, nivium enormis exuberaniia, preut tetum erat palulum fenestiis.
afîluens, nihll penetralium,nisi tantum ejus sandalia dimisit innperiens
Atqui neque per quippiam sursum, neque quantum medieias palmae capil
laterersum, his venerabiliiatem servans, exlitit accedere audens. Qued e
vestigio mane palam plebela muliitudine sriium, mactae mirabilitatis
extollentia ubique sonuit inaltaium. Cuiusque tune temperis visores,
adhuc nobiscum degenies, merantur narratercs. En rationis capaces,
dum creaturas nalura iirationabiles, famulitio sanclerum attendiiis ac
si rationabiles; perpendiie vos circum circa caventes quin quod illse supra
se mutaniur in polius, subter vos ipsi labando mutemini in pejus.
Convertibilem ex adverse fieri naturam certuni e.st omnino admenitionem
fore divinam. Quin eii^m aniicipamen sequeniium crealurarum cemmone-
facit no desi^tamus iniiium esse aliquod earum. Si qnidem id déficientes
desistimus necessario capitis honore prœsiiium, quasad ruborem nostris,
velimùs nolimus sequimur ceu servi. Verum hoc quippe, verum hoc vir
iste, nulla in se adniisit ratione. Idée presenli et absenii in carne
obsecundant ei ut famulœ. Jam olim cum vivente luclatae sunt eo et
victae cessere subponentes colla ei, imperio modo hui : suimet pros-
516
tratae palestrœ memorantes pavitando perpétue decorare festinani eura
servilio. Ypodamatis occasio ei imflixum iiivium oriiciamina, ypodamaUs
veneratio el usquequaque spargit viiliituîi) odoiamina. Slanii propter
crucem nix trigoris impegit asperitatem : slanti juxia crucifix! régis
claiilaiem nix exsamusim confert ipsam nobis praedicans lenitatem. Nunc.
nunc coiiverso ordine addiscimus gm quidem velut per quœ peccaverif
quis per haec et torquebiiur. ita et per quae benefecerit el glorificandum
erit.
II. — Alio deniqiie per multorum temporum in excursu mémorandum
universis se(ailorum succursibus taie commun! visu spectantes crevimus.
Nocte etenim Naîalis eius, dum vigiliarum canlisonus actitabatur cultus,
iamque octavi responsorii aile personabal melos ymnidicus, uno in
puncto, unoque momento, contractorum nec non pariter ca;corum officia,
virtule membrorum caelitus per dudum suetos poros refusa, septeno
iaetantia numéro spiiant reparata. Quo in fado aliquid laudium addere,
magis est profecio decerpere quum nemo nostrum tanto fonte facun-
diae valet exundare qui non superalus dispareat eius pelagl abrupta
voragine.Sed quia juxta psalmographi suasumnarraboomnia mirabilia tua
fatum si quantum scitur tantum edicitur, totum expletum consummatur
affectantes persolvere integrum debiti pro ut quimus loquamur in agalmate
tanli patroni immo qui in eodem operatur dei. Septem videlicei annorum
curriculis malorum impeligine abstractus apice ut priefalur extorris
praesulatus striciim vixit inter monachos conversatus ; consequens astat
vellere creantis toi idem merilorum eum honestare donis et anliqua
probra modernis inter lita rcddere venustameniis. Et ut dicamus de
singulis numerorum ascensibus quibus scandens ut pote gradibus ad
summum est perleciionis exoiitus : in monade cujus linea insecabilisac sine
ulla exleuditur scissura lalitudiiiis, [tede fidei introilum capiens, unam dei-
talis esseniiam semper insecabilem semperque exislentem credidil colens.
In diade vero prima forma parilaiis, duobus îequis gaudente pariter
ponderatis, cpia; socielas vinculi quo média nectuntur habetur uirimque
comniuiiis, prinium fratcriiae diiectionis mensuraliiati adhaerens iusta lance
semet proximunKjue libiavit viscera carilatis cuicumque impertiens dein
ad unum deum volatim ultra supraque se digressus absque sui trulina
eum in diligendo laboravit fidus. In triade quidem, calculo scilicet prin-
— 517 —
cipe imparium atque perfecto inconfundendam trinitateni personarum
fideliter venerans in deo principe vero sine pari ac sine alterius indiga-
mine perfecto cogitatione, loculione, operis exliibiiione, ipsi percuncla
sede subdat tricario. Atneminem animo turbalum moveat,utquid aliusione
diadis inler unitatem trinitatemque deitalis ralio ponendam censuerat
caritatem amoris. Nam quod esse semet dixit hoc intra se nullatenus deas
inserendum contempnit. Deus caritasest Johannes inquil. Porro in telra-
da uua inest soliditatiscerta perfectio numéro equidem longiludine ac pro-
func^itale composito quo gradatim plicilo, omnium numerorum integratur
mulUtudo, prudenlia, juslitia, forlitudine siraulque temperantia, a quibus
abesse nulla novit bonorum aclio, sed ab eis émanât omnis eorum duc-
tio •■ huic sane quadrige insidens nunquam vacillavit in invio, invicto régi
perfecte miiitavil suo. In pentade etenim quinque corporis sensus, offi-
cioso sudamine in se prius exercens, exinde ejusdem imitatu computatio-
nis, ipsos viris et mulieribus explendo pr^dicavit distribuens, constat
namque ex utriusque sexus numéro Tryas sane viriiis est, dyas fœmineus
exislimatur. In senario denique diiferentiarum totidem motus, sive prior-
sum sive retrorsum, sive dextrorsum sive sinistrorsum sive sursum
sive deorsum versu;s, nequaquam vafris raundi usibus, sed caeli contri-
buebat utilitatibus. In eplade quoque septem corporis partes homineni
perficientes decenter flectens redigebatad conditorem famulatu repedantes.
Et quod bis maius erat sigilio septiformis spiritus sancti graliae haec cunc-
ta signata muniebat; iccirco ab omni jure, lutatis claustris et seris salva
custodiebat. His septem servitutum mancipatibus indefesse suis insu-
dans semet ancillabatur diebus; nunc quia penitus servili mundo exemp-
tus tempore potitur inrefragandae libertatis et inter fllios in secretis
sortem adeptus participatur inmarcescendae hereditaiis quatinus adhuc
vernaculi eum extra se suscipiant sui contubernio carentem ordinis sep-
tiplicibus foris expectantibus eis mandatur signorum vocibus.
111. — Tenente de cetero statim successum episcopii viro sanctitatis
atque generositalis iliustri, Slephano pontifice insigni, solius Filii Dei
prodigium in praelibati Patris celsitale perspeximus gestum, quod
nunquam dealtero nec visu, nec relatu percepimus notum. Quaedam cieca
nata, et quoienus plures proliura genuit, sic muiiata, in hune modum per
somnium audire meruit a voce dominica, ter in singulis noctibus ita ad se
— 518 —
exoi'sa : Quid diu in nativa durans mânes caecitate? Surge pernix, limina
lantberti martyris adi : inibi tibi dabitur polio gustus salutigeti, qua
hausla percipies visum lui, quo scia illius gloria in te dcmonstranda
aclenus cassata caïuisii. Dumque id lerlio aurium officio excepil, tinitiinls
que iuxtlm posilis crebro rimale exposilum edidit, omnium iiorlamine
coacta, habilaculum liquil et in Leodiciim usque itiner tendens venit.
Tum eadem valvarum foribus gressu propinquans extiniplo ac si Ihanata
solo cecidit palpitans. Quam mullis qui assistebant, susiinenter prœsto-
lantibus, et quidnam fors eventuum fini daret, nosse cupientibus, felici
auspioio illa post multura sensim respirans, et sessu paululum se erigere
nitens, biberem se porrigendum clamoribus increpuit, horrendum sonans.
Quem cum procul haud quaquam remoratum funditus epotavit, ipsis suis
manibus, tamquam squamas ab ocoulis vellere cœpil, ac nisi si ab aliis
striciim tenia conlrairetur, ultra opus ab ipsa fricati, radicilus stirpa-
reniur. Sic videscens, nec mariium, nec filios erat cognoscens ; sed velut
quos nondum habueral, qui essent, eis importunantibus, nescia interro-
gabat. Crealurarum subtantias quas ante nisi solis agnoscebat vocabulis,
admodum stupida mirans, iota sequetiti ebdomada earum discere hebe-
tando quaerebat distantias ; ita ut palam cunctis facultas daretur advertendi.
quod numquam usa fuisset lumine sui. A pluribus tamen iam scientibus
omni iuraniine testabatur, sic ortam extitisse parentibus. Jam quid super
isto dictura feremus? Specialitatis suae proprio Christus eum ditavit,
forsan prae ceteris sibi specialem ascivit. Majora suis minoribus miraculis
egerunt sui quem admodum spoponderat discipulis. Iste uni ex majoribus
praeferens istud maius suocrealoti adh^erere quitur credi propius. Ecce
bonus agonizalor. Ecce bonus remunerator, Fidelis fideli credidit :
proper ea falli non potuit. Simul in cœlis coram laetantur angelis, et qui
alias in terris non conspicimur signis gratulari monendo condiscimus.
Invlsibiles apud superos illi adduntur honores qui eliam apud infimos ne
deficiant cessantes sedulo exciiati amamur per miraculorum voces. 0
inspector interne, o arbiter aequissime, o retributor largissime qui ea
etiam in pnesentiarum sanctis tuis incessando retribuis per quae lui
amore vigendo fortunatetuis inhyesere precepiis.Undecumque iam cuniec-
lum verificatur quod tibi parendo omne fortunium procuratur. Utinam
ergoquicquidem surgens leveturquumnichil est quid ambigetur nisi quod
omnium concinenii voce deus laudetur. Dicat c;elum, resonet solum,
succinat atque infelix baratrum ac simul omne creatum illi benedicens
519
amen respondeat verum. Nos quoque cum ill jiinoti uniamur pro viribus
et tam voce clamorib quam aclionis ipsum in sanciis extollere satagamus.
Quandoquidem ipse prestat ut fiai, ipse facit ut rétribuât, ipse tribuil ui
se glorificandum reddat, Jésus Christus seniper et ubique benediclus,
quera cum pâtre et spirilu sancto deum regnantem novimus in seculis
seculorum omnibus.
SOMMAIRE.
Le manuscrit 146oO-S9 de la Bibliothèque royale de Bruxelles (l^) et le ma-
nuscrit 8365 de la Bibliothèque du Vatican (384). Texte de l'Office de Saint-Lsm-
bert, par Etienne, évêque de Liège (389) du poème biographique écrit pour Eiienne
(393) d'une hymne, d'une poésie (4-18) et d'une relation di; miracles, (51 4j du Xot"
siècle. L'auteur du poème ne peut être ni Etienne, ni un écrivain liégeois (42!2 .
U faut le chercher au monastère d'Elnone où de Saint- 4mand (425) et les travaux
hagiographiques d'Hucbald, moine de cette abbaye ;426i ?es relations avec l'évoque
Etienne (429), l'examen comparatif de ses procédés littéraires (432), permettent
de lui attribuer la paternité du poème. Ce poème ne complète les biographies anté-
rieures que sur quatre points : l'étymologie du nom du saint, le message que Lambert
fait tenir à Dodon (446), la pénitence septennale qu'il se serait imposée (447) et
les causes du martyre (452^ Ces causes sont la défense du patrimoine de l'Eglise.
(433 et 499; et surtout la condamnation par S. Lambert des relations de Pépin et
delà sœur de Dodon (455). Alpaide n'a jamais été que la concubine du prince (458).
Les lois ecclésiastiques (46t),la conduite des évêques du temps et d£s saints (465),
l'éducation et le caractère de Lambert (469; attestent qu'il a dû réprouver ce concu-
binage, si même l'épouse abandonnée n'en a point porté plainte au tribunal oii :1
siégeait comme juge (471). Les chartes et les vies de saints contemporaines
(473), les chroniques les plus autorisées et l'époque de l'avènement de .S.
Hubert au trône épiscopal, font concorder la date de l'assassinat avec celle de l'a-
dultère de Pépin (479^. Les biographies de S. Lambert se divisent en deux catégo-
ries : les versions liturgiques, venues toutes jusqu'à nous (486) et les récits sans
caractère officiel, dont le plus ancien est perdu, mais, cité par Anselme, semble
avoir été connu d'Adon de Vienne (489) et d'Hucbald (491). La relation de celui-ci
complète donc la version liturgique (493) en éclaire les obscurités (497), et la
crainte d'offenser soit les princes issus de l'adultère, soit des t vêques infidèles à
l'exemple de S. Lambert (505) explique qu'elle n'ait remplacé l'autre qu'après deux
siècles, encore qu'elle se trouvât confirmée par le texte de l'homélie sur l'Evangile
le plus ancien de la fête du saint (SU).
TROISIÈME SUPPLÉMENT
AUX
RECHERCHES SUR LES CARTES DE LA PRINCIPAUTÉ DE LIÈGE
ET SUR LES PLANS DE LA VILLE.
PRÉFACE.
Dans l'introduction de mes listes de cartes et de plans,
publiées à Anvers et à Gand, j'ai émis quelques considérations
sur l'opportunité de ces publications et sur les principes qui
m'ont guidé dans le choix des matériaux qui m'ont servi. Je
crois qu'il ne sera pas inutile de reproduire ici ces considé-
rations, pour répondre d'avance aux observations que l'on
pourrait me faire.
Une énumération de tout ce qui existe en fait de cartes d'un
certain pays peut d'abord être utile pour l'histoire de ce pays,
puisque ces cartes en représentent la configuration à l'époque
où elles ont été dressées, avec les villes qui s'y trouvaient alors
et l'orthographe de leurs noms, qui a été changée plusieurs fois
depuis, jusqu'à l'époque moderne.
Il en est de même pour les plans de villes, car ces plans ne
donnent que les rues existantes à l'époque de la confection du
plan, les noms de ces rues avec leur orthographe, les édifices
qui y étaient construits, etc.
— 522 —
(Julie que la connaissance de ces objets peut élucider des
questions d'histoire, elle peut aussi aider à décider des points
litigieux. 11 est, en effet, arrivé plus d'une fois que les magis-
trats d'une commune, les tribunaux même, ont dû recourir à
ces anciens documents pour décider des questions de propriété,
de limite, etc. Si on ne le fait pas plus souvent, ce n'est que
parce que l'on ignore l'existence des plans qui donnent les
indications nécessaires.
Une semblable énumération peut aussi sauver de l'oubli
les anciennes productions, qui souvent sont dédaignées et
mises au rebut par cela même qu'elles sont anciennes. Gom-
ment, en effet, expliquer le fait qu'il n'existe plus qu'un
seul exemplaire connu de quelques plans et de quelques
vues remarquables par leur étendue, telles que la vue de
Liège de 1618, en quatre feuilles, qui se trouve à la biblio-
thèque de Leyde, le plan d'Anvers de 1565, en vingt feuilles,
de la collection Plantin, et la vue de la même ville de 1515,
en douze feuilles, dont les archives d'Anvers sont dépo-
sitaires, le plan de Gand de 1637, en huit feuilles, que l'on
rencontre à la bibliothèque nationale, à Paris, le plan de Paris
de 1552, en huit feuilles, de la bibliothèque de Bàle, etc., etc.
Gomment tous les autres exemplaires de ces productions remar-
quables ont-ils pu être détruits, si ce n'est par l'incurie de leurs
propriétaires.
Quant aux principes qui m'ont servi de guides dans le choix
des matériaux, les voici : je me suis efforcé de rendre mon
travail le plus complet possible ; j'ai tâché de ne rien omettre,
de sorte que j'ai dû citer même des pièces paraissant peu
importantes; si elles ne le sont pas pour une personne, elles
peuvent l'être pour une autre; si elles ne le sont pas mainte-
nant, elles peuvent le devenir plus tard. Elles peuvent toujours
être intéressantes sous un cert;iin point de vue et la limite à
assigner entre ce qu'il faudrait cilei' et ce qu'il faudrait rejeter
diffère d'après le point de vue auquel on se place. J'ai donc
— 523 —
préféré tout citer atiii que Ton ne puisse pas me reprocher des
oublis.
Je rappellerai que je comprends dans les cartes généralement
tout ce qui est au-dessous de l'échelle de 1 à 20,000 et dans les
plans tout ce qui est à cette échelle et au-dessus.
Gomme je le disais dans mon premier travail sur Liège, j'ai
admis dans les cartes, les cartes partielles, les plans de
bataille, les cartes donnant les environs des villes, etc. Il y en
a aussi qui s'étendent hors de la province, mais cependant
dont la province de Liège fait le principal objet.
Les plans sont tous à l'échelle de 1 à 20,000 ou au-dessus : il
n'y a que quelques petits plans oa quelques vues qui sont à
une échelle plus petite et que malgré cela je n'ai pas pu com-
prendre dans les cartes parce que les environs de la ville ne
s'y trouvaient pas.
J'ai dû aussi admettre les plans ou les vues partielles de
l'intérieur de la ville, lorsqu'ils comprennent une assez grande
agglomération de maisons et forment un quartier.
INTRODUCTION.
Ce troisième supplément comprend la description de 101
cartes et de 283 plans. Ce ne sont pas cependant toutes nouvelles
découvertes. Il faut d'abord en défalquer 23 cartes et 24 plans
faisant partie du premier supplément. J'ai cru convenable de
les comprendre dans celui-ci parce que ce supplément étant
épuisé il devenait impossible aux amateurs de se procurer mon
travail en entier. J'ai profité de cette occasion pour compléter
les descriptions de ce supplément. J'ai également complété la
description de 6 cartes et de 26 plans ou vues de mon premier
travail et du second supplément, de sorte qu'en réalité il n'y a
que 72 cartes nouvelles et 233 plans. C'est déjà un assez beau
contingent. Il se compose des cartes et plans parus depuis la
publication de mon deuxième supplément, daté de 1868, et
d'autres que j'ai rencontrés dans les bibliothèques publiques et
chez les particuliers, parmi lesquels je dois principalement
citer M. le chanoine Henrotte et M. Léonce Digneffe, amateurs
;'i Liège, dont les magnifiques collections ont été mises à ma
disposition avec la plus grande complaisance. Je leur en
adresse ici tous mes reraercîments.
J'ai ajouté à ce troisième supplément une table générale qui
fera comprendre toute l'importance de mes listes. Elle renvoie
aux pages de mon premier travail ainsi qu'à celles du second et
— 526 —
du troisième supplément. J'y ai introduit un nouveau numé-
rotage qui fait voir que le nombre de cartes s'élève à 255 et
celui des plans et vues à 404.
Il y a certainement encore des vides, mais ils tendent à se
combler et je compte pour cela sur l'appui des personnes qui
s'intéressent à ces sortes d'études.
Liège, le 26 septembre 1877.
PREMIÈRE PARTIE.
CARTES GRAVEES
CHAPITRE I*^
EvÊcHÉ ET Principauté de Liège.
1500?
W 1 . Carte du pays de Liège sans titre, gravée sur bois, écri-
ture du IS" siècle.
Le nord est placé à gauche de la carte et le sud à droite.
Le milieu de cette carte est occupé par la ville de St-Trond .
fS. Truyen.J
De ce point comme centre sont tracées des circonférences de
cercle, dont l'espacement devient de plus en plus petit à mesure
qu'on se rapproche du cadre. Le n" 0 étant au centre, les cer-
cles sont numérotés jusqu'à 19 dans la largeur de la carte et
jusqu'à 15 dans la hauteur, (les numéros sont reportés sur le
cadre rectangulaire au moyen de tangentes fictives aux cercles,
parallèles aux côtés de ce cadre.
Sur les limites de cette carte on voit les villes de Limbourg,
Aix-la-Chapelle, Venloo, Grave, Ravenstein, Calmptout, Lou-
vain. Nivelles, Rochefort, etc.. La ville de Liège est intitulée
Luyck.
Aux quatre coins de la carte sont des ligures qui représentent
les quatre vents. On a laissé une place en blanc pour le titre.
Larg. OnS, haut. 0™40.
Kait partie de la colleclion de M. de Theux, de Montjardin,
qui l'a acquise de M. Lavalleye.
528
1570.
N"l his. (^) Carte intitulée : Leodiensis diœcesis typus. Theo-
dorus Galle excudit Antverpiœ. Cum gratia et privilegio
decennali, A. Ort.
Avec trois échelles.
Le nord est placé à gauche.
Larg. 0'n47, haut. 0°>56.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Theatrum. orbis terrarum,
par Abraham Ortehus. Anvers, 1570, n''37.
L'édition espagnole a pour titre :
Theatro d'el orbe de la tierra de Abraham Ortello. El qua-
lantes il estretno dia de su vida por la postrera rez ha emen-
dado, y con ttuevas tablas y comment ario s augm,entado y
esclarescido. En Anveres, se vende en la libreria Plantiniana.
1619. Un vol. in-folio. Pag. 42.
1589.
N" 'i bis. Carte intitulée; Leodiensis diœcesis. {Hors du cadre.)
Le nord est à gauche : il est mal indiqué sur la carte. Avec
une échelle.
Cette carte s'étend jusqu'à Ruremonde au nord, Bouillon au
sud, Marienbourg à l'ouest et Aix-la-Chapelle à l'est. Elle com-
prend donc les provinces de Liège, Limbourg, Luxembourg.
Namur et Brabant.
Larg. 0"'10. haut. 0'"07.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Epitome iheatri Ortelia>ii
prœcipxiarum Orbis Regio7ium delineatioxes, etc. : Anvers.
P. Galle et C. Plantin. 1589. Un vol. in-12° oblong. Page 34.
1603.
N" 0. Carte intitulée (*) : Liniburgensis ducatus tabula xova
C) Celle desciiptioii doil remplacer celle du n" 1 de mon premier travail
(") Celte description doit remplacer celle donnée dans le premier travail.
— 529 —
excusa sumptihus Joan. Baptistce Vrints, œmuli studii gêogra-
phiœ D. Ah. Ortelii. P. M. cosmographi regii, etc. :
Les armoiries de l'ancien duché de Limbourg sont au-dessus
du titre.
Avec une notice conçue ainsi : lllustrissimo doctissimoque
domino D. Gastoni Spinolœ comiti Bruacensi, etc., etc., hanc
tabulam geographicani novissimis dimensionibus a se ad
exactissimam reductam perfectioneni Aegidius Martini Ant-
verpiensis in utroque jure licenciatus et mathematicus fecit
et dedicavit. Anno 1603.
Les armoiries de Spinola sont au-dessous de cette dédi-
cace. Il y a trois échelles.
Larg. 0™465, haut. 0™575.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Theatro d'el orbe de la
t.ierra de Abraham Ortello, etc. Anvers, 1612. Un vol. in-folio.
Page 44.
Et dans l'édition latine qui a pour titre : Theatrum orbis ter-
i-arum Abrahami Orteli Antwerp. geographi regii. Antverpiœ,
extat in officina Plantiniana. 1612. Un vol. in-folio. Page 45.
Ainsi que dans un recueil sans titre de cartes dues à Ber-
tius et autres, catalogué sous le n" 29 à la Bibliothèque de
Gand.
1616.
N" 8. Carte hitituiée {^) : Limburgensis ducatus nova des-
criptio auctore JEgidio Martini. Anno 1616. P. Kœrius excud.
1616. O
Avec les armoiries de l'ancien duché de Limbourg, une
petite vue de Limborck, une échelle et deux personnages en
costume du lemps avec l'inscription : Limburgenses.
Larg. 0"'47. haut. O^ôSS.
(*) Cette description doit retnpiacer celle donnée dans le premier travail.
{*) Une autre édition porte : Visscher excudit. 4625.
530
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Gerardi Mercatoris, etc.,
1607.
Ainsi que dans celui intitulé : Theatriim urhium et civitatum
orhis terrarum, par Georgius Braun et Franciscus Hohenber-
gius. Cologne 1572 à 1616. Six volumes in-folio. Le deuxième
volume dans lequel se trouve cette carte a pour titre : De prœ-
cipuis totius universi urbibus, liber secundus. 1574.
Elle se trouve également dans l'ouvrage intitulé : Pétri Kœrii
Germania inferior, id est XVII provinciaruni ejus novœ et
exactœ tabulée geographicœ, cum luculentis singularum des-
criptionibus additis a Petro Montano. Amstelodatrii impensis
Pet. Kœrii. 1622. Un vol. in-folio.
Enfin elle se trouve aussi dans : Belgium, sive Germania
inferior continens provincias singulares septem decim juxta
artem geographicam perfectissime descripta variisq. regionum
partibus distinctis tabulis aucta, per N. J . Piscatoreni. 1634.
Un volume in-folio.
1616.
8 ter. Carte intitulée : Limburguni.
Le nord est en haut.
Larg. O'^IS, haut. O-^OH.
Se trouve dans les mêmes ouvrages que la précédente, pages
348 et 290.
1617.
N° 10 ter. Carte intitulée : Carte du Limbourg. Amst. ap. Pet.
V. d. Keere ou Kœrius. 1617.
Larg. 0'", haut. 0™.
Fait partie de la collection de M. Bodel van Nyenhuis, léguée
à la bibliothèque de l'Université de Leyde.
Larg. O-^ST. haut. 0n>335 sans le titre et 0™56 avec le titre.
1627.
N"iOquater. Carte intitulée : Leodiensis diœcesis typus. iG'il.
Avec trois échelles. Le nord est à gauche.
— 531 —
Autour de cette carte se trouvent les vues des villes de Bouil-
lon, Couvin, Thuin, Visé, Waremme, Fosses, Looz, Tongres,
St-Trond, Hasselt, Maestricht, Liège, Huy, Dinant, Maeseyck,
Bilsen, Beeringen, Ciney, Brée, Stockhem, Herck, Peer et
Hamont, ainsi que les armoiries de ces 23 villes. Les vues
occupent le haut du cadre ainsi que la droite et la gauche, et
les armoiries le bas du cadre. Liège est au milieu.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Theatrum urhium etcivitor
tum Orhis terrarum, par Georgius Braun et Franciscus Hohen-
bergius. Cologne 1572-1616. 6 vol. in-folio. Le 2""' volume dans
lequel se trouve cette carte, a pour titre : De prœcipuis, toHus
universi urhihus, liber secundus. 1574.
1649.
N" 14 bis. Carte sans titre des environs de la ville de Liège.
Avec deux échelles et une rose des vents.
Cette carte s'étend depuis Aigrement et Ramet en amont,
jusqu'à Visé en aval de Liège, et comprend aussi Dalhem, Looz,
Colonster et Esch à sa limite. On voit un combat à Jupille et un
autre à Fléron.
Il y a des chiffres de 1 à 28 renvoyant à une légende.
Larg. 0™15, haut. 0™145.
Sur la même feuille que le plan de la ville de Liège de 1649,
n° 9 bis.
Ce plan se trouve aux archives de l'État, à Bruxelles.
1650.
N° 14 quater. Carte intitulée : Ducatus Limburgum auctore
^gidio Martini. Amsterdami apud Guiljelïnwm et Joannem
Blaeu.
Avec deux échelles. Le nord est en haut.
Le titre est surmonté des armoiries du Duché de Limbourg.
Larg. 0™475, haut. 0"»56.
Se trouve dans le même ouvrage que le précèdent. Page 15.
Et dans l'édition latine du même ouvrage, tome IV, l'^*' partie,
page 21 ,
— 532 —
Ainsi que dans l'édition française, tome IV, page 35.
1652.
N» 15 bis. Carte intitulée : Limburg ducatus.
Avec une échelle. Le nord est à droite.
Les bords du cadre à droite et à gauche sont en demi-cercle.
Larg. 0™155, haut. 0™10.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Caert en Stede-boexken van
Nederlandt, vertoonende de XVII Proviniien in't geheel en
besonder, als oock derselver principaele Steden, soo ah die
hedensdaechs in haer Fortificatien gesienworden. Amsterdam
.Tan Janssen Brouwer, 1652. Un volume in-12, oblong.
1674.
N° 26 bis. Carte intitulée : Carte des camps de Hologne et
de Neuville sur Méhaigne le 26 et 27 de May 1674. Corrigée
et augmentée par le Ch. de Beaurain. Géographe ordinaire
du Roy. N^n. Page 30.
Avec une échelle, une rose des vents.
Au nord Wamont, Waremme, au sud Asche, Longchamp, à
l'ouest Jodoigne, Glimes , Aluan et à l'est Bleret , Chapon-
Seraing, Beaussart.
Larg. 0^6, haut. O'"305.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Histoire de la Campagne
de M. le Prince de Condé, en Flandre en 1674 ; etc., par le
chevalier de Beaurain. (Texte par d'Aguesseau.) Paris 1774.
1 vol, in-folio. Page 30.
1692.
N° 29 bis. Carte intitulée : Limburgi ducatus et comitatus
Valckenburgi nova descriptio per J. Peters. J. Peeters, ex.
J. Harrewyn fecit.
Avec deux échelles et une rose des vents.
Le titre est gravé sur une fontaine dans les eaux de laquelle
sont des baigneurs, à gauche on voit des buveurs et à droite
Diane chasseresse. Les armes de Limbourg sont dans le coin
inférieur à droite.
— 533 -
Cette carte s'étend jusqu'à Liège, Maestricht, Susteren,
Sittard, Aix-la-Chapelle, Limbourg et Verviers.
Elle comprend donc la partie nord-est de la province de
Liège et la partie sud du Limbourg hollandais.
Larg. 0"M8, haut. (\"'lUi.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: L'atlas en abreyé, ou nou-
velle description du monde, tirée des meilleurs auteurs de
ce siècle, par Jaques Peeters. A Anvers, chez Vauleur, tax
quatre parties du monde. 1692. l vol. in-12. Page 31.
1692.
N» 29 f«r. Carte intitulée : (') Le Limbourg, oii sont le duchà
de Limbourg, le comté de Dalem ; les seigneuries de Fauque-
m.ont et de Roldue dressé sur les mémoires les pP récents
par le S' Sanson géographe ord" du Roy. A Paris, chez
H. Jaillot joignant les Grands Augustiiis aux i? Globes.
Avec privilège du Roy. 1692 (*).
A.vec cinq échelles, une rose des vents et une légende.
Cette carte est limitée au nord à Glabeck, S^-Grevenbich!
Heinsberg, au sud à Bornai, Malmedy; à l'ouest à Hasselt.
Gomme et à l'est à Juliers.
A été reproduite en 1695 ? (N" 37 bis).
Larg. O'"54o, haut. 0"'41.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; Atlas Nouveau contenanl
Toutes les po/rties du Monde où sont exactement remarques
les Em,pires, Monarchies, Royaumes, Estais, Républiques ri
Peuples qui s'y trouvent à présent. Par le S'' SansonGéographe
ordinaire du Roy .Présenté h Mofiseigneur le Dauphin par
son très-humble, très-obéissant et irèi-fidèlf serviteur Hubert
(') Remplace le n* '■29 sepiem du 2- supplénient.
(*) D'autres exemplaires portent la rlate fie i69'^>.
534
Jaillot Géographe du Roy. A Paris, chez Hubert Jaillot, joi-
gnant les Grands Augustins, aux deux Globes. Avec privilège
dit Roy. 1692. 1 vol. grand in-folio, n° 68.
1692.
N" 29 quater. Carte intitulée : Estât et seigneurie de l'Evesclté
de Lyége ou sont les comtés de Hasbain, de Lootz et de Horn,
le marquisat de Franchimont et le pays de Condroz. Tiré des
Mémoires les plus Nouveaux Par le S'^ Sa)isoti Géographe
Ordinaire du Roy. A Paris chez H. J aillot : joignant les grands
Augustins, aux deux Globes. Avec Privilège du Roy. 1692.
Avec quatre échelles et une légende.
S'étend au nord au-delà de Ruremonde, au sud jusqu'à Roche-
fort, à l'ouest jusqu'à Aerschot et Namur, et à l'est jusqu'à Lim-
bourg et Malmedy,
C'est une reproduction du n° 26 de 1672 : elle a encore été
reproduite en 1700 (n" 37).
Larg. O^^OS, haut. 0"'54.
Se trouve dans le même ouvrage que la précédente, n" 76.
1695 ?
N" 35 ter. (^arte intitulée : Carte du duché de Limbourg .
Avec une échelle. Le nord est à droite.
(^ette carte est limitée au nord à Stockhem, Nieuwstadt,
Randerath ; au sud à \'erviers, Limbourg ; à l'ouest à Liège et
à l'est à Geilenkirchen et Corneli-Munster, en Prusse.
Larg. O-'IS, haut 0'"105.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les plans et profils des
principales villes et lieux considérables du duché de Lim-
bourg. At'cc la carte générale et les particulières de chaque
gouverna. V-dv\Q chevalier de Beaulieu. Un vol. in-8, oblong.
(C'est le titre d'une partie des cartes qui se trouvent dans un
recueil sans titre général.)
— 535 —
1697.
N° 36 bis. Carte intitulée : Le diocèse de Lyege. 1697.
Avec une âfhelle. Le nord est placé à gauche.
Larg. 0™255, haut. Oî^^IÔd.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; Le théâtre de la guerre
dans les Pays-Bas ou représentation des principales villes
qui sont en Flandre, etc., par De Fer. Paris, 1696. Deux vol.
in-i".
1703 ?
N°37 bis. Carte intitulée ; Huy mit der geyend auff ^1 <ta,i-
den. Gabriel Bodenehv fec.lt et excudit. Cxmi gr, pr. sac. crps.
itiaj.
Lai'K. 0"'21, ham. 0'"I4.
Se trouve dans rouvraL',e intitulé : Atla> curieux oder neuer
und compendienser atlas. Gabriel Bodenehr kuppfersteclier lit
Aiigspurg. Un volume in-8, n" 91.
1709.
N" 39 bis. Carte intitulée : L'évôcké de Liège suloant le.-i
nouvelles observations de Messieurs de l' Académie royale des
sciences, etc., augmentées de nouveau à Amsterdam chez
Covens et Mortier.
Avec deux échelles.
C'est la même carte que la précédente, moins le cadre large
et chargé d'ornements.
Larg. 0,28, haut. 0,21o.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nourel niht< Irès-exaci
et fort commode, etc. Tome L
1720 ?
N<* 40 6J6\ Carte intitulée : /.es environs de Mastrlclil,
Liège, Huy, Vlset, Tongrcs, Borkloen, (Looz), Warem et
Sf-Tron. A Paris e//^r .Jar. F . Beuard gendre de X. de Fer
— 536 —
géogr. de sa Majest. Cathol. Quay de l'Horloge du Palais à la
Sphère Royale.
Le nord est en haut.
(jette carte est limitée au nord à Looz et Tongres ; à l'ouest
à St-Trond et Héron ; au sud à Huy et à l'est à Maestricht et
Fléron. Elle comprend donc une grande partie de la province de
Liège et une partie de celle de Limbourg.
Larg. 0'"39. haut, O-^SOS.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège, et pro-
vient de la collei-tion de M. Ulysse Capitaine.
1725.
.\° 40 ter. Carte intitulée : Galliœ Uhristianœ Germania
Secunda Provincia Ecclesiastica Coloniensis cis Rhenum
Continens Diœce.ses dolonienseni et Leodiensem. Descripta a
J.-B. Nolin géographo.
Avec quatre échelles et une légende pour les annotations
ecclésiastiques.
Cette carte s'étend au nord jusqu'à Nimègue, au sud jusqu'à
Mézières, à 1 ouest jusqu'à Valenciennes et Cambrai et à l'est
jusqu'à Cologne et Bonn. Tout le diocèse de Liège s'y trouve.
Larg. 0,405, haut. 0,54.
Se trouve dans Touvrage intitulé : Gallia Christiana, iu
provincias ecclesiasiicas distribula; qua. séries et historia
archieniscorum,ej)iscoporuni et abbatum, etc. Par D. Sammar-
thani. Paris IT'io. Trois volumes in-folio. Tome III, p. 620.
1746.
xN"47 quinque. Carte intitulée: Bataille de Rocoux le \\
Octobre 1746. Kryl se.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Relation de la campagne
en Brabant et en Flandres de l'an 1746. Lahaye. Frédéric
Henri Scheurleer, 1748. Un volume in-12.
A
I
- 537 —
1746.
N" 47 sex. Carte intitulée : Plmi van de actie tusschen de
Geallieerden en Franse voorgevallen op <len il october 1746.
Tn's Gravenhage gedi'ukt by Pieter Seroaas.
Avec une rose des vents et deux légendes, une pour les
localités et l'autre pour la position des armées.
Donne la partie de la province comprise entre Liège, Maes-
tricht, Bilsen, Tongres et Grausa (au sud de Liers).
Larg. O^Si, haut. O'^ll.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège.
1747.
N" 50 bis. Carte intitulée : Plan de la Bataille de Laivfeld
donnée le 2 juillet 1747. F. H. Scheurleer excudit. J. Potier
Fecit.E. L. Creite Sculp.
Avec une échelle.
Cette carte est limitée au nord à Munster-Bilsen et Maes-
tricht,au sud à Tongres et Visé, à l'ouest à Bilsen et Tongres,
et à l'est à la Meuse. La position des armées y est indiquée.
Larg. 0,23, haut. 0,19.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Relation de la cavipagne
en Brabant et en Flandres de l'an 1747, Lahaye. Frédéric
Henri Scheurleer, 1747. Un volume in-l^, page 92.
1747.
N" 50 ter. Carte intitulée : Bataille gagnée par le Roy à
Laveldt le 2 Juillet 1747. A Paris chez Le Rouge rue des
Augustins.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende.
Larg. 0,46, haut. 0,505.
Fait partie de la collection de M. L. DignefTe, à Liège.
1756.
^° 5b 1er. Carte intitulée : Ca rit t; des enolrons de Spo. A
Liège chez J. F. Desoer. Libraire et fmprimeur.
Avec une échelle.
— 538 —
Cette carte est limitée au iioixl à Maestricht, au sud à Dur-
liuy. ;i l"ouesl à Huy, et à Test à Aix-la-Chapelle et Malmedy.
Larg. 0,i9o, haut. O'"17o.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Traité des eaux minérale.'^
de Spa, par Jean Philippes de Limbourg. 2* édit. Liège, Desoer.
1750.
1758.
N" 50 hls. (larte intitulée : Erivlrons. de Liège et de Cologne.
N» III.
Avec deux échelles.
S'étend au nord jusqu'à lîu remonde et Dusseldorf ; au sud
jusqu'à Marche et Ulmen, en Allemagne ; à l'ouest jusqu'à Huy
et Hasselt, et à l'est jusqu'à Cologne et Bonn.
Larg. O^liô, haut. 0"'11i.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Théâtre de la guerre
présente en Allemagne, par A. C. Paris, Duchesne, 1758. vol.
iii-8, tome 1, page
1777.
\" 00 bis. Carte intitulée : Carte Relative an, Mémoire sur
L'histoire ^^aturelle d'une Partie du Pays Belgique. Tome l,
pa,ge 219.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende pour le.'^
plaines, précipices, gouffres, sources, etc., à côté de la carte.
En-dessous est une coupe du nord au sud passant pai' Mazures,
Juslenville et Rahaimont.
Cette carte comprend la majeure partie de l'ancienne commu-
nauté de Theux.
Larg. U.-iô, liaut. 0,20.
Se trouve dans TuLivrage intitulé: Mémoires de l'Aeadémic
i)npérial('. et royale des sciences et belles lettres de Br)ixclles.
Bru.\elle.<. 1777. In vol. in-4. Tom. l, pag. 210.
— 539 —
1786.
N" 63 bis. Carte intitulée : Kaartje van t'Graafschap Lim-
burg Volgens de Nieuwste Waarneminge XXVIII.
Avec une échelle.
Cette carte s'étend de Reckem au nord, Spa au sud, Huy à
l'ouest et Juliers à l'est.
Larg. O'^aaS, haut. 0™165.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé :...
1793.
N" 69. Carte intitulée : (') Bataille de Neeroinden. Gravé par
Adam. Traité de tactique, livre II, cliap. VIII, art. III, tome
II, page 4;^%. PI. XI.
Echelle de 1 à 60,000.
Cette carte est limitée au nord à Léau, au sud à Landen, à
l'ouest àTirlemont, et à l'est à Duras et Gingelom.
Larg. O^ai.haut. 0"*50.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Traité de tactique, par
feu le colonel marquis de Ternay ; revu, corrigé, augmenté
par Fréd. Koch. Paris, 1832. 2 vol. in-8, avec atlas.
1793.
N" 69 bis. Carte intitulée : Bataille de Neervinden. Traité de
tactique, livre II, chap. VIII, page Mi. PI. XL
Echelle de 1 à 60,000.
C'est la même carte que celle décrite au numéro précédent.
Larg 0"'29, haut O^âO.a.
Se trouve dans la ... . édition de l'ouvrage cité au inmiéru
|irécédent.
M Cette (lescriplioli doit remplycer celle donnée dan< le premier travail.
— 5i(J —
CHAPITRE II.
DOMINATION FR.ViNÇAISE.
1804.
N" 74 bis. Carte intitulée : Nouvelle carte du dépaHement de
l'Ourthe, divisée en trois arrondissemeiis de sous-préfecture
et arroiidissetnens de justice de paix; dressée d'après des
renseigriertients exacts. Dessinée et gravée par Ph. J. \fai1lari
'•I s'/'t//\ An 1^2 de la Rcpnhlique Française.
Eciielle de 1 à 180,000.
Avec deux échelles et un indicateui-.
En deux feuilles.
A été reproduite en 1814 (n" 77 bis).
Larg. 0'"695. haut. 0"'40d.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin.
1814?
N" 77 bis. Carte intitulée : Nouvelle carte de la province de
Liège divisée en trois arrondissemens de sous-préfecture et
arrondissemens de justice de paix ; dressée d'après des rensei-
gnement exacts. Dessinée et gravée par Ph. J. MaiUart. Vil-
corde.
Echelle de 1 ;i 180,000.
Avec deux échelle^; et un indicateur.
En deux feuilles.
'/est la mêinc^ carte «(ue le n" 74 bis. Le titre seul est changé.
Larij. 0"'t)9o, liant. 0"40.5.
Kait partie de 1» collection de M. Jules Vaust, à Liège.
1814?
.\" 77 ter. Carte intitulée : ( Uirte de la province de Liège
'hors du cadre). Carie du di'-pnrleuienl dr rOurthe.eXc. La suite
(îomnie ;iii n" 7<) <]<• 1X10.
— 541 -
C'est la même carte que celle de 1810, à l'exception que les
noms des provinces ont remplacé les noms des arrondissements.
On l'a aussi fait paraître sans le titre ni la liste des arron-
dissements qui se trouve à gauche, hors du cadre.
Larg. O-^SO, haut. O'HSb.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège.
CHAPITRE III.
DOMINATION HOLLANDAISE (1814-1830).
1830.
N" 82 bis. Carte intitulée : Carte des routes de l'ancien pays
de Liège et leur étal en 1830.
Echelle de 1 à 300,000.
Les routes seules sont indiquées sur cette carte, ainsi que les
villes et villages qui se trouvent sur ces routes.
La cai'te est divisée en carrés.
Larg. 0'"26d, haut. 0™20.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : De l'état des routes dans
le paijs de Liège depuis les temps les phis reculés jusqu'à nos
jours, par R. Malherbe. Liège, L. de Thier, 1870. Un vol. in-8.
A d'abord paru dans les Mémoires de la Société libre d'Emu-
l'jlion de Liège. Tome IV, 1872.
CHAPITRE IV.
GOUVEliNEMEXT BELGE (1830-1877).
1832 ■!
S" 84 bis. Carte inlitulée : Carte de i'i Province de Liège.
Etablissement Géogra.jhique de Bruxelles. Fondé par Ph.
Vander)uaeleii .
Lîirg. 0"'10. haut 0"'07.
— 542 —
Derrière cette carte se trouve le catalogue des principaux
ouvrages publiés par rétablissement géographique.
1833.
N" 84 quinque. Carte sans titre de la partie de la province
comprise entre Tirlemont et Waremme, parcourue par le che-
min de fer.
Echelle de 1 à 40,000.
Cette carte comprend les villages de Wanghe, Laer, Neer-
winden, Overwinden, Neerlanden, Attenhove, Landen, Rosoux,
Berloz, etc., dans la province de Liège.
Le tracé a été exécuté tel qu'il se trouve ici en projet: ce
chemin de fer a été mis en exploitation le 2 avril 1838. En
dessous est le profil de la route à la même échelle pour les
longueurs et à l'échelle de 1 à 2,000 pour les hauteurs.
Larg. 0™f)9, haut. O-^IS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Description de la route eu
fer à établir d'' Anvers à Cologne, en traversant Duffel, Matines,
Louvain, Tirlemotit, Waremme, Liège, etc., Mémoire à V ap-
pui du projet d^un chemin à ornières de fer, ci établir entre
Anvers, Bruxelles^ Liège et Veruiers, destiné à former la 1"®
sectio)i delà nouvelle route d'Anvers à Cologne. Rédigé d'après
les ordres du ministre de l'intérieur, par Simo7is et De Ridder,
ingénieurs des ponts et chaussées. Bruxelles, Lejeune, 1833.
Un volume in-S". N" 5.
1833.
N" 84 sex. Carte sans titre de la partie de la province com-
prise entre Waremme et Liège, parcourue par le chemin de fer.
Echelle de 1 à 40,000.
Cette carte comprend les villages de Oleye, Lantremange,
Hodeige, Fexhe-le-Haut-Glocher, A.wans, Ans, Glain, etc.
Le tracé a été exécuté tei qu'il se trouve ici en projet, excepté
la partie enti'e Loncin et la Meuse : -x' chemin de fer ;i été mis
en exploilatiun le 2 avril 1838.
_ 543 -
En-dessous est le profil de la route à la même échelle pour
les longueurs et à l'échelle de 1 à 2,000 pour les hauteurs.
Larg. O^eS, haut. 0'"12.
Se trouve dans le même ouvrage que la carte précédente.
1833.
N" 84 septern. Carte sans titre de la partie de la province
comprise entre Liège et Verviers, parcourue par le chemin de
fer.
Echelle de 1 à 40,000.
Cette carte comprend les villages de Seraing, Ghênée, Ensi-
val, etc.
Le tracé a été exécuté à peu près tel qu'il se trouve ici en pro-
jet. Il fait moins de sinuosités ; mais aussi le nombre de tunnels
qui n'était que de trois dans le projet a été porté à dix.
On a aussi fait à la station de Verviers un rebroussement ; ce
chemin de fer a été mis en exploitation le 18 juillet 1839.
En-dessous est le profl de la route à la même échelle pour
les longueurs et à l'échelle de 1 à 2,000 pour les hauteurs.
Larg. 0"^65, haut. 0'"I8.
Se trouve dans le môme ouvrage que les deux cartes précé-
dentes. N" 7.
1836.
N" 86 b'ia. Carte intitulée : Liège.
Cette carte est très-petite et ne donne que les villes pi'in-
cipales de la province.
Larg. 0"'Û6, haut. 0'"065.
Se trouve da)is l'ouvrage intitulé : Géotjraijh'e de la Belgique
ou description topographique et Iiislorique dit royaume belge ;
ornée de dix cartes coloriée:^-. Malineif et Bruxelles. P. ,/.
Hanicn et C'^ éditeurs, 1836. 1vol. in- 12. Page 173.
544
1840.
N° 86 quater. Carte intitulée : Carte de la province de Liège,
indiquant les routes construites, celles qni sont en construc-
tion et celles qui ne sont qu'en projet. Dressée par l'ingénieur
en chef. Dessinée par ses employés. Lithographiée et publiée
en 1840 à l'établissement géographique de Bruxelles.
Echelle de d à 100,000.
Avec une échelle et une légende.
Larg. 0™71 ?haut.0'"60?
Est encore dans le commerce.
1840.
N" 86 sexto. Carte intitulée : Section de Waremme à Liège.
Etablissement géograp. de Brux.
Echelle de 1 à 80,000.
Cette carte représente le pays parcouru par le chemin de fer
entre Waremme et Liège, inauguré le 2 avril 1838, avec l'indi-
cation des lieux jusqu'à une certaine distance des deux côtés.
Elle est entourée de vues.
Larg. 0n4, haut. 0"Mf.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Atlas pittoresque des
chemins de fer de la Belgique., etc., par Alph. Wauters.
Bruxelles. Vandermaelen. 1840.1 vol. in-l'iî oblong.N" 13. Une
seconde édition de cet ouvrage a paru en 1842 et une troisième
en 1844, mais avec d'autres planches. (Voyez n" 92*, 92^ 92*).
1840.
N" >HS sepleiti . Carte iiilituh'O : Plan dressé d'après les docu-
ments du cadastre.
Pour copie conforme :
Liège, le il mars IH40.
L'inspecteur du cadastre,
(Signé) T. R. Bayet.
Lith. des frères Halin à Veroiers.
Kchelle de 1 à 50,000.
-Vvec une échelle.
— 545 —
Cette carte comprend les localités circonscrites par Verviers,
Lambermont, Wegnez, Gornesse, Theux, Hestroumont (com-
mune de la Reid), Marteau, la Fontaine de la Géronster (Spa),
Francorchamps, Hokay, le chemin de la Vecquée, le chemin de
Verviers à Malmedy depuis Jalhay, enfin Stembert. Elle se rap-
porte au projet de route de Verviers à Francorchamps, exécuté
depuis lors. Il y a une remarque sur la distance de Verviers à
Francorchamps : 1" par Theux et Spa, 2° par Polleur,qui est ce
nouveau tracé.
Larg. 0'"46. haut. 0"^27.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé ; L'administration et les
électeurs de la commune de Spa à Messieurs les m,em,bres de
la Députation permanente du conseil provincial de Liège.
1840. Une brochure in-4».
1843.
N" 89 bis. Garte intitulée : Kaart van de provincie Luik.
H. Reding Del. J. E. Schoevers. Az. Sculp. Ged* en Uitg" bij
A. P. van Langenhuysen te s^Hage. België. Album voor de
Aardrijkskunde. '2^^ Série S^^ Aflevering.
Avec une échelle, les armoiries de la province et une légende
pour les trois arrondissements.
Larg. O'nâo, haut. 0"il95.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Album ooor de aardrijks-
kunde, door P. J. Mendel. Atlas van het koningrijk België,
door H. Reding. Lahaye. Van Langenhuysen. 1843. Un volume
in 4° oblong. Page 219.
1843?
N" 89 ter. Carte intitulée : Panorama dn chemin de fer de
la Vesdre. Liège à Aix-la-Chapelle. Dessiné d^ après nature par
F. Stroobant.
Donne tout le parcours du chemin de fer avec les tunnels, et
la vue en perspective des villes et villages le long du parcours.
Larg. l'"96, haut. 0'"165.
546
Fait partie de la collection de M. L. DigneiTe, à Liège.
1843.
N» 89 quater. Carte sans titre de la partie de la province
comprise entre la route de Liège à Terwagne et l'Ourthe.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une légende pour les divers projets de route et une
Explication importante.
Cette carte donne un projet de route entre Meuse et Ourthe,
teinté en rouge, partant du Rivage-en-Pot et passant par Lise
(près Seraing), Plainevaux, Houte-si-Plou, Hody, etc. C'est le
projet du gouvernement appuyé par le pétitionnaire. Elle donne
aussi un tracé teinté en bleu s'écartant du premier et passant
par Piotheux et Baugnée pour aboutir à Hody. Le tracé qui a été
suivi est intermédiaire à ces deux là : il part de Houte-si-Plou,
passe par Xavier et aboutit à Hody .
Lai'g. 0"'5C, liaul. 0'"42.
Accompagne une lettre adressée : A Messieurs les président
elrnembres du Conseil provincial, par M. le baron L. de Waha,
datée de Plainevaux, le 5 juillet 1843. Une brochure petit
in-4°.
1843.
N° 92 bis. Carte intitulée : Bassin de VOurthe. PL I. J. H.
Blasseau sculp. Imp. H. Borremans et c'" à Brux. Annales des
trav. publ. Tom. 5, Paye 97.
Echelle de 1 à 375,000.
Cette carte comprend tout le pays arrosé par l'Ourthe, J"Ani-
blève et la Vesdre ainsi que par les petits ruisseaux qui s'y
jettent.
Sur cette carte se trouve le plan des Embouchures de VOurthe.
( N" 59 bis des plans.)
Larti. 0"'ô7j.';. haut. 0'"-24.
547
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Rivières. UOurthe, par
H. Guillery. Octobre 1843.
Imprimé dans les : Annales des travaux publics de Belgique.
Documents scientifiques, etc. Bruxelles. Vandooren. 1847. T. 5,
page 97.
1843.
N° 92 ter. Carte intitulée: Carte de l'évêcké de Liège, dédiée
à Monseigneur Corn. Rich. Ant. van Bornmel. 100* évêque de
Liège, par P. F. Geirnaert, bourgmestre de la commune d'E-
oergeni. Gravé par J. Ongers, la lettre par Ch. E s''Wolfs.
Etablissement géographique de Bruxelles, fondé par Ph. Van
der Maelen.
Echelle de 1 à 180,000.
Avec trois échelles et l'indication des signes conventionnels.
Le nombre des prêtres et la population de chaque commune
sont inscrits sur la carte. Projection de Flamsteed. Graduation
sexagésimale.
Larg 0"'46?haut. O-'TO ?
Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas ecclésiastique de la
Belgique, dédié à S. E. Rêvé rendis si me Monseigneur Engle-
bert Sterckx, cardinal-archevêque de Malines ; et chaque
diocèse dédié séparément à Messeigneurs les Evêques ; par
P. R. Geirnaert, bourgmestre de la cotnmune d'Evergem.
Composé de 6 feuilles (1 par diocèse). Bruxelles 1841 à 1843.
1844.
N" 92 quater. Carte sans titre représentant le pays parcouru
par le chemin de fer entre Waremme et Liège avec l'indication
des lieu.x: jusqu'à une certaine distance des deux côtés. Elle est
entourée de vues. L'inauguration de cette partie a eu lieu le 2
avril 1838 jusqu'à Ans et le juillet 1842 jusqu'à Liège.
Larg. 0™i75, haut. 0"062.
Se trouve dans les petites cartes qui entourent la carte
- 548
intitulée: Carte pittoresque des chemins de fer de la Belgiqiie.
Bruxelles, Van derMaelen, 1844.
Et dans l'ouvrage intitulé: Atlas pittoresque des chemins de
fer de la Belgique, etc., par A. Wauters, 3^ édition. Bruxelles,
Van der Maelen, 1842 ('). Un vol. in-^i oblong. PI. 14.
4844.
N°92 qwmqwe. Carte sans titre représentant le pays parcouru
par le chemin de fer entre Liège et Verviers, inauguré le 18
juillet 1839, avec l'indication des lieux jusqu'à une certaine
distance des deux côtés. Elle est entourée de vues.
Larg. 0^175. haut. 0"'062.
Se trouve sur la même carte et dans le même ouvrage que la
carte précédente , n" 15.
1844.
N" 92 sex. Carte sans titre représentant le pays parcouru
par le chemin de fer entre Verviers et la frontière de Prusse,
inauguré le 15 octobre 1843, avec l'indication des lieux jusqu'à
une certaine distance des deux côtés. Elle est entourée de vues.
Larg. 0'"175, haut. 0'"062.
Se trouve sur la même carte et dans le même ouvrage qu£'
les précédentes, n" 16.
1845.
N* 92 duodecim. Carte intitulée : Liège. Etablisfiement de
D. Raes, rue de la Fourclte, \M), Bruxelles.
Avec les armoiries de la province, une échelle et une légende
pour l'explication des signes employés.
Larg. O-^a?. haut. 0™20.
Se trouve dans l'atlas intitulé : Atlas de la Belgique, diaprés
le.-i meilleurs géographes modernes, à Pusage des établissements
(') La date de 1844 doil tVre substiluée u celle de 184'J.
— 549 —
(Vinsti'uction, des collèges et des athénées; dédié à LL. AA.
RR. le duc de Brabant et le cotnte de Flandre, par Désiré
Raes. Bruxelles, 1845. Un volume in-4, oblong.
Et dans la 2» édition de cet atlas : Bruxelles, Renier, 1854.
Un volume in-4, oblong.
1846.
N» 92 tredecim. Carte intitulée : Géologie. Terrains des
environs de Stavelot. PL X.
J. B. Blasseau sculp. Imp. H. Borremans et C» à Brux.
Annales des travaux publ. Tom. 6. Page 209.
Echelle de 1 à 90,909.
Avec une légende pour les différents terrains.
Cette carte comprend Spa, Malmedy, Stavelot et les pays
environnants.
Larg. 0™35o, haut. 0'"24.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Géologie. Rapport adressé
à M. le Ministre des travaux publics, sur des recherches et des
expériences faites dans le but d'amender, au moyen de la
chaux, une partie du sol de VArdenne; par Guillaume Lam-
bert, aspirant des mines. Février 1846. Imprimé dans les :
Annales des travaux publics de Belgique. Documents scienti-
fiques, etc. Bruxelles, Vandooren. 1848. Tome 6. Page 209.
1847.
N" 93. Carte intitulée : Ministère des travaux publics. Ponts
et chaussées. Plan général de la partie du cours de la Meuse,
comprise entre les villages de Chokier et Herstal, dressé pour
servir à V intelligence du projet destiné :
1°. A préserver Liège de IHnvasion des eaux de la Meuse et
à prévenir les désastres auxquels cette ville est exposée par
les crues.
2°. A améliorer la navigation de cette rivière, à partir de
Vembouchure du canal latéral, en aval de la fonderie de
canons, jusqu'à Vextrémité du bassin houiller, en amont du
village de Chokier.
550
Fnit et dressé par ringénieur des Ponts et Chaussées sous-
signé.
Liège, le 17 octobre IH47 .
J.-G.-J. HOUBOTTE.
Présenté par VIngénieur en chef eu service spécial.
Hocht, le i8 octobre 1847.
KUMMER.
Lith. J.-B. Blasseau, Brux*.
Echelle de 1 à 20,000.
Cette carte ne donne que les parties côtoyant le fleuve.
En-dessous se trouve un profil donnant le niveau des hautes
eaux, le plan projeté de flottaison, Tétiage, le plafond et le
thalweg.
En deux feuilles.
Larg. 0'"83, haut. 0"'50.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ministère des travaux
publics. Projet d'' amélioration du régime de la Meuse, depuis
l'embouchure du canal de jonction de la Meuse à l'Escaut
jusqu'à Chokier. Bruxelles. Em. Devroye et G'^ 1848. Un ^
volume in-4. m
1847. ^
N" 04. Carte sans titre de la partie de la province limitée
par de.ix lignes partant de Hannut et aboutissant l'une à ïirle-
mont et l'autre à St-Trond.
Echelle de 1 à 40,000.
Avec une légende pour les divers projets de route.
Cette carte donne divers projets de route allant de Hannut à
St-Trond et passant soit pnr Landen, soit par Gingelom. On a
construit une route directe de Hannut à Landen et un embran-
cliement partant de Houtain-rEvêque va à St-Trond par Gin-
gelom.
Larg. O'"3io, haut. O""!!.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Appel à la législature, ou
résuiiié des rapports, avis et pétitions adressés au gouverne-
I
— 551 —
ment, en faveur du projet de route directe de Hannut à Si-
Trond et examen comparatif de ce projet avec les autres
directions proposées, par Gh. V. Hennequin, propriétaire.
Liège, Gollardin, 1847. Un vol. in-4.
1851 .
N* 95. Carte intitulée : Liège.
I.,es armoiries de la province à la partie inférieure à droite.
Echelle de 1 à 700,000.
Avec une indication de la population et de la superlicie.
Larg. 0,16o, haut. O^ISS.
Se trouve dans Tatlas intitulé : Atlas populaire contenant la
mappemonde, l'Europe, la carte générale du royaume de
Belgique et celles des neuf provinces divisées en arrondisse-
ments. A l'usage des écoles prini'rires. Bruxelles. B. Landrien.
Un vol. in-12, oblong.
1853
N°96. Carte intitulée : Chemin de fer de Pepinster à Spa.
Avec une légende pour les terrains, les établissements indus-
triels, les routes, etc.
Cette carte s'étend de Frai pont, Hodimont et Andrimont à
Stavelot et Malmedy.
Larg. 0'M95. haut. 0"'H8.
Se trouve dans Touvrage intitulé : Société anonyme du che-
min de fer de Pepinster à Spa. Statuts. Convention. fJahier
des charges. Bruxelles. Deltombe. 1859. Une brochure in-8.
1854.
N" 99 hls. Carte intitulée : Carte géologique du bassin de
Theux. Joint au rapport du 16 septembre 185-^/, n" 65S.
Le sous-ingénieur des mines.
(Signé) A. Geoffroy.
Lith. de X. Van Marche, vindve-d'Ile, à Liège.
Echelle de 1 à 20,000.
552
Avec une légende poui- les terrains.
Cette carte comprend Tlieux, PoUeur, VVessay, Hodbomont,etc.
Larg 0"'59, haut 0'"2Gd.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Mémoire pour la Société
anonyme des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain en
réponse à celui de la Société d'Oneux. Liège. Desoer. 1854.
Une brochure in-4.
1855.
N" 09 (jfHa^er. Carte intitulée: Extrait d'une carte géologique
du bassin de Theux jointe par M. le sous-ingénieur des mines
A. Geoffroy à son rapport du 14 T"'' 1854. PL IL
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une légende pour les terrains.
Cette carte comprend Theux, Hodbomont et Oneux.
Larg. 0"'48, haut. 0"'25.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Mémoire pour la Société
d'Oneux, demanderesse en coiicession de mines de zinc, plotnb
et autres substances concessibles gisant sous le territoire
des commîmes de Theux et Polleur, en réponse aux rapports
de MM. Wellekens, ingénieur en chef des mines; Mueseler,
ingénieur du 6" district; Geoffroy, sous ingénieur, et aux
Mémoires de la Société de Dolhain, de la Société du Rocheux,
de M. d' A)idrimont , demandeurs e)i concurrence. Liège. Desoer.
1855. Une brochure in-4.
1855.
N» 99 quitique. Carte intitulée : Extrait de la feuille en date
du 3i Mai i853.
Joint au rapport du 10 Mai 1855, N" 656, comme preuve
de V incertitude des cartes géologiques à une petite échelle.
Le Sous Ingénieur des Mines,
(Signé) A. Geoffroy.
Etab^ géographique de Bruxelles foiidé par Pli. Vandcr
Maelen.
— 553 -
Echelle de 1 à 10,000.
Le nord est en haut.
Cette carte comprend Dolhain, Limbourg, Goé, Bilstain,
Hèvremont, etc. Elle est coloriée géologiquement.
Larg. 0"'55, haut. 0"50.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Réponse de la Société
anonyme des hauts-fourneaux et fonderies de Dolhain au
dernier factutn de la Société dite d'Oneux du 12 avril i855.
Liège. Desoer.1855. Une brochure in-4.
1855.
N" 99 sex. Carte intitulée : Bassin de llieux.
Joint au rapport du 10 mai 1855, n" 656.
Le Sous- Ingénieur des Mixtes,
(Signé) A. Geoffroy.
Etablissement Géographique de Bruxelles.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une légende pour les teintes géologiques.
Le nord est en haut.
Cette carte comprend Theux, Oneux et Rocheux. Elle est
coloriée géologiquement.
l/àvg. O'"5o5, haut. 0'^255.
Se trouve dans le même ouvrage que la précédente.
1855.
N''99se/)tem.Garte intitulée: Extrait de la Carte Géologique
de Spa, Theux et Peplnster, par A. Duniont.
Etablissement Géographique de Bruxelles.
Echelle de 1 à 20,000.
Avec une échelle, une légende pour les teintes géologiques et
une coupe.
Cette carte comprend Theux et Oneux, Elle est coloriée
géologiquement.
— 554 —
Larg, 0"'24, haut. 0'"1G.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédentes.
1855.
N" 100 bis. Carte intitulée : Spa et ses etivirons.
Dressé par A. H. Dufour. Gravé par M"* M. Diifour. Ecrit
par Langevin. Spa et ses eiwirons par Ad. Joanne. L. Hachette
et C'^ Paris.
Avec une échelle.
Echelle de 1 à 125,000.
Cette carte s'étend au nord jusqu'à Pepinster; au sud jusqu'à
Ferrières et Stavelot ; à l'ouest jusqu'à Tilf et Comblain-au-
Pont, et à l'est jusqu'à Sart et Stavelot.
Dans les premières éditions, le chemin de fer qui part de Pe-
pinster ne va que jusqu'à Spa. Dans la dernière, il est prolongé
jusque Luxembourg; le chemin de fer de l'Ourthe y est aussi
indiqué.
Larg. 0,20, haut. 0,145.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Spa et ses environs. Itiné-
raire descriptif et historique, par Ad. Joanne. Paris. Hachette.
1855. Un volume in-12. Pag. 114.
Et dans celui intitulé : Collection des guides-Joanne. Itiné-
raire descriptif, historique, artistique et industriel de la Bel-
gique, par A. J. Du Pays. Paris. Hachette. 1863. Un volume
in-12. Page 394.
Ainsi que dans celui intitulé : Coltedion des guides Joanne.
Guides diamant. Belgique, par A. J. Du Pays. 1" éd. Paris.
Hachette. 186 . '!'> éd. 187 . 3" éd. 1877. Un volume in-18.
Page 246.
1855 ?
N" 100 quater. Carte intitulée : Chemin de fer de Liège à
Maestricht par la rioe droite de la Meuse. Section de Liège à
la frontière néerlandaise.
./. Peelers, soilp.
— 555 —
Echelle de 1 à 20,000.
Cette carte s'étend de Liège à Visé sur la Meuse et comprend
les villages situés sur les deux rives avec leur population.
En deux feuilles (').
Larg. Om88o, haut. 0™50.
1856.
N° 101. Carte intitulée (*) : Plan général du Tracé du Chemin
de fer des jJÏateaux de Heroe, de la Vesdre à la Meuse, et de
Liège à Aix-la-Chapelle .
Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph.
Vander Maelen. 609.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une légende pour les chemins de fer.
Cette carte est limitée au nord et à l'est aux confins de la
province, à l'ouest à Othée et au sud à Tilf, Fraipont, etc. Elle
donne donc la partie nord-est de la province.
Ce projet comprend deux sections à peu près perpendiculaires,
dont l'une va de Lixhe à Verviers et l'autre de Liège à Aix-la-
Chapelle : leur point de rencontre est au hameau de Ghaineux.
Larg. 0n7, haut. 0'"37.
Est jointe au mémoire intitulé : Chemin de fer agricole et
industriel des plateaux de Hervé, de la Vesdre à la Meuse et
de Liège vers Aix-la-Chapelle. Mémoire à l'appui du projet.
Par Fr. Capitaine, S'-Paul de Sinçay et Forgeur. Liège. Car-
manne, 1856. Une brochure in-4.
1858.
N" 102 bis. Carte sans titre de la province de Liège.
Cette carte est entourée des diverses productions de la pro-
(*) Une autre carte aussi en deux feuilles comprend la Section de la frontière
néerlandaise à Maesiricht.
(') Cette description remplace celle du premier travail.
— 556 —
vince : la liste de ses hommes célèbres se trouve à côté. Elle est
assez petite, les chemins de fer n'y sont pas indiqués.
Larjç. 0'"l\, haut. 0'"06.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Analyse géographique des
provinces de la Belgique. 1858. Cet ouvrage est autographié :
il a été composé et exécuté par le major du génie Demarteau.
1859 ?
N° 103. Carte intitulée : Carte des environs de Spa.
Le /)■' Jules Lezaack. Exécutée chez C. Callewaert frères à
Bruxelles.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle et un indicateur. Le nord est en haut.
Cette carte est limitée au nord à Dison et Limbourg, à l'ouest
à Chênée et Ferrière, au sud à Basse-Bodeux et Wanne, et à
Test à Malmedy. Elle comprend donc la partie sud-est de la
province.
Larg. 0,35, haut. 0,26.
Est encore dans le commerce.
1859.
N° 103 bis. Carte intitulée : Province de Liège.
Etah^ géographique, L. Mols-Marchal, rue St-Jean, 48, à
Bruxelles.
Avec les armoiries de la province, trois échelles et une expli-
cation des signes conventionnels.
Larg. O-^dOo, haut. 0'"225.
Se trouve dans un atlas sans titre. A été reproduite plusieurs
fois depuis avec les changements survenus.
1859.
N° 103 ter. Carte intitulée : Liège.
Etab^ géographique de L. Mols-Marchal, rue St-Jean, 48.
Déposé.
557
Avec les armoiries de la province de Liège, une échelle et
une explication des signes conventionnels.
Larg. 0"M8, haut. 0"'14.
Se trouve dans l'atlas intitulé: Atlas de poche de la Belgiqtu-
divisée en provinces, arrondissements, etc., etc., dressé d'après
les documents les plus officiels par Louis Mols-Marchal. Bru
xelles. Un volume in-42.
Et dans celui intitulé : Nouvel atlas géographique de la Bel-
gique àl'usage de l'enseignement. Etc. Dressé d'après les docu-
ments les plus récents par L. Mols-Marchal, géographe. Bru-
xelles. Un volume in-12, oblong.
1859.
N" 103 quater. Carte intitulée : Liège. 9.
Lith. de C. Callewaert frères. Bruxelles. Déposée.
Avec les armoiries de la province de Liège, une échelle, une
explication des signes conventionnels et une note des produits
de la province.
Larg. 0'"15, haut. 0"'H5.
Se trouve dans l'atlas intitulé : Guide des voyageurs sur tous
les chemins de fer de la Belgique : avec le même titre en
anglais et en allemand et un second titre : Nouvel atlas de Ui
Belgique dédié à S. A. B. la princesse CJiarlotte. Bruxelles.
Callewaert. Un volume in-12. C'est une seconde édition du n"
99 de 1853.
1859.
N" 103 quinque. Carte sans titre de la commune d'Aubel.
Inip. et Chromolith. L. Severeyns à Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une rose des vents.
Cette carte ne comprend absolument que la commune d'Aubel.
Un trait bleu indique la séparation entre les villages dont les
noms sont wallons et ceux dont les noms sont flamands, et un
trait rouge indique la séparation entre ceux où on parle wallon
et ceux où on parle flamand.
— 558 ~
Larg. 0"'45, haut. 0">205.
Accompagne une lettre de M. J.-L.-J. Nicolaï, bourgmestre
d'Aubel, en réponse à la demande faite par la Société liégeoise
de littérature wallonne, concernant la démarcation entre les
pays flamands et wallons. {Bulletin de la Société liégeoise de
littérature wallonne. Liège, Garmanne, 1864, tome VII, p. 1.)
1859.
N" 103 sex. Carte intitulée : Chemin de fer de Bilsen à
Tongres. Novembre i859.
Lith. deJ. Coune à Liège.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle.
Comprend le pays situé entre Liège, Landen, Hasselt et
Maestricht.
Larg. O^iS, haut. O-nSe.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer de Bilsen à
Tongres, première section de la ligne Liégeoise-Limhourgeoise.
Pétition adressée à la Chambre des représentants par les
habitants de Tongres, sous le patronage du Conseil communal.
23 novembre i859. Tongres, Demarteau-Thys. Une brochure
in-8.
1862.
N" 225. Carte intitulée : Jonction Belge-Grand-Ducale. Carte
du Grand-Duché de Luxembourg et des pays voisins avec
l'iiidication des principales usines. i8(j2.
Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph.
Mander Maelen.
Echelle de 1 à 333,333.
Avec une échelle.
Cette carte comprend toute la province de Liège et celle de
Luxembourg.
Larg. O-^eO, haut. O^TôS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Jonction Belge-Grand-
_ 559 -
Ducale. Chemin de fer destiné à relier les arrondissements de
Liège et de Verviers au Grand-Duché de Luxembourg 'par
Spa, Staielot et Ettelbruck. Rapport communiqué à la Chambre
de commerce de Verviers par Lucien Renard, ingénieur.
Liège, F. Renard, éditeur, 1862. Un volume grand in-8. La
carte a aussi été publiée séparément.
1863.
N° 226. Carte intitulée : Pian général du Tracé du Chemin de
fer des plateaux de Hervé, de la Vesdre à la Meuse, et de Liège
à Aix-la-Chapelle .
Imp. et Lith. de L. de Thier et F. Lovinfosse à Liège.
Echelle de 1 à 160,000.
Avec une légende et une liste des noms des charbonnages.
au nombre de 25. Le nord est en haut.
Cette carte est limitée au nord à Maestricht, à l'ouest à
Tongres, au sud à l'Ourthe et à l'Est à Aix-la-Chapelle et Eupen
en Prusse. Elle comprend donc la partie nord-est de la province
de Liège.
C'est le même projet que celui du n° 101 de 1856.
Larg. O-^STS, haut. 0'"225.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer des plateaux
de Hervé. Mémoire sur la concession accordée le 12 août
i862. Liège, De Thier et Lovinfosse, 1863. Une brochure in-4.
1863.
N" 227. Carte intitulée : Carte des concessions houillères de
la province de Liège et de la partieEst de la province de Namur.
Dressée à Vèchelle de 1 à 100,000 par Ph. Vander Maelen
Fondateur de l'Etablissement Géographique de Bruxelles. i05i.
En vente à la librairie de Decq, successeur de Gouchon, à
Liège. Déposée.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle, un tableau indicatif donnant l'étendue des
concessions en hectares, et une légende géographique.
560
Cette carte est limitée au nord à Tongres; au sud à Giney et
Malmedy; à l'ouest à Namur et à l'est à Eupen.
Sur cette carte, chaque concession se distingue par un coloris
spécial : on y trouve la limite du bassin houiller.
Un petit carton à l'échelle de 1 à 600,000 indique Vensemble
des mines métalliques concédées en Belgique.
Une seconde carte pour le Hainaut et la partie ouest de la
province de Namur s'assemble avec celle-ci.
Larg. 0"'88, haut. 0"'5G5
Est encore dans le commerce.
1865.
N" 228. Carte intitulée : Plan géologique de la concessio)t
calaminaire Vieille-Montagne indiquant la direction des
failles métallifères, la situation et nati'.re des gites reconnus
et exploités par la société de la Vieille-Montagne. Planche I.
Etab. Lith. et Chrom. de L. Severeyns et A. Faust à Liège.
Echelle de 1 à 20,000.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende pour les
teintes.
Cette carte est limitée pour la Belgique aux villes de Baelen,
Dolhain, Henri-Chapelle et Bleyberg et pour la Prusse à celle
de Gemereth et aux villages de Walhorn, Geulbach, Ghampel-
heide et Biidehen. Le territoire neutre y est aussi compris.
Larg 0"'67, haut. On?.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Second mémoire adressé
à MM. les président et membres de la Députation permanente
du Conseil provincial de Liège par la société de la Vieille-
Montagne à l'appui de sa demande en extension de concession
des mines de blende, plomb et pyrite gisantes sous un péri-
mètre de 2,514 hectares compris dans la partie belge de sa
concession calaminaire. Et en réponse aux demandes en
concurrence de M. le baron de la Rousselière et de la société
de Hont hem- Levant. Liège, Desoer, 1865. Un volume in-folio.
Planche L
— 561 —
1866.
N" 229. Carte intitulée : Société anonyme de Bleyberg ès-
Montzen. Demande d' extension de concession en date du 11
Août 1862.
Lith. de L. de Thier et F. Lovinfosse, à Liège.
Echelle de 1 à 20,000.
Avec une rose des vents et une légende pour les teintes, etc.
Cette carte a à peu près les mêmes limites que la précédente.
Larg. 0'"95, haut. On85.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Société du Bleyherg à
Messieurs les président et membres du conseil des mines, à
Bruxelles .Liège. Be Thier et Lovinfosse. 1866. Un volume in-8.
1866.
N" 230. Carte intitulée : Carte itinéraire des environs de Spa.
Publiée par Engel. Dressée par E. Cerveaux. 1866.
Lith. Anst. v. J. G. Bach, Leipzig.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle.
Elle ne comprend que la commune de Spa et des languettes
des communes limitrophes.
Le plan de Spa à l'échelle de là 5, 000 se trouve sur cette carte.
Larg. 0'"70, haut. O'"o0.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Spa, ses fontaines miné-
rales, ses promenades, ses monwnents, ses plaisirs et ses envi-
rons, Liège, Verviers et leurs grandes industries, par J. Goffin.
Bruxelles, Lacroix-Verboeckhoven et C'", 1867. Un vol. in-18.
1867.
N° 231. Carte intitulée : Spa et ses environs.
Dressée par les soins du D"" Lambert Lezaack, hxspecteur des
Eaux-Minérales de Spa.
Lith. de Thiry-Vanbuggenhout. rue de VOrangerie, 22,
Bruxelles.
562
Bniclt Maréchal, Lib. Editeur, Spa.
Echelle de 1 à 70,000.
Avec une échelle.
Cette carte est limitée au Nord à Nessonvaux et à Limbourg;
au Sud à Chevron, Rahier et Troisponts ; à l'Ouest à Fraipont
et Aywaille et à l'Est à Malmedy, Elle comprend donc la partie
sud-est de la province.
Larg. 0,38, haut. 0,395.
Se trouve dans Touvrage intitulé : Guide aux eaux et aux
jeux de Spa. Spa. Bruch-Maréchal 1867. Un vol. in-12 (i).
Et dans l'édition dont le titre est : Guide pratique aux eaux
de Spcf, avec des analyses comparées des eaux et une carte de
Spa et de ses environs. Spa. Bruch-Maréchal. 1873. Un vol.
in-12.
1868.
N" 232. Carte intitulée : Projet de chemin de fer central du
bassin houiller et du pays de Hervé et de jonction du Luxem-
bourg aux Lim,hourgs belge et néerlandais, et de ceinture de la
ville de Liège. Demande en concession de M. J. Borguet du 11
Avril 1868.
Etablissem,ent géographique de Bruxelles fondé par Ph,
vander Maelen. 242.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle, une légende et une liste des concessions
sur la rive droite de la Meuse avec leur étendue.
Cette carte s'étend jusqu'à Lixhe, près de Visé, au nord;
Harzé et Xhoris au sud; Chokier et Ramet à l'ouest et Aix-la-
Chapelle et Eupen à l'est. Elle comprend donc tout l'est de la
province de Liège.
Le projet de chemin de fer va d'Argenteau à Pepinster en
décrivant une S, et passe par Hervé.
(') Ce guide parait chaque année.
— 563
Larg. 0™49, haut. O^ôSo.
1868.
N" 233. Carte sans titre d'un projet de route avec tunnel.
Etah. Lithog. de Ch. Claesen, Liège.
Echelle de 1 à 20,000.
Cette carte comprend toute la rive gauche de la Meuse depuis
Seraing jusque Liège. Elle indique un tracé de route partant
de Tilleur et aboutissant en droite ligne au jardin botanique,
en passant sous la montagne de St-Gilles par un tunnel. Un
embranchement part du pont d'Ougrée et vient aboutir à l'en-
trée du tunnel du côté de Tilleur.
Sur la même feuille, il y a une coupe du parcours de la route
à la même échelle, et une coupe du tunnel (transversale) à une
échelle plus grande.
Larg. 0™34o, haut. 0™255.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Le tunnel Cockenll.
Projet de communication directe entre les Bassins de Liège et
de Seraing, par Simon Deltour-Rosius. Liège. De Thier et
Lovinfosse. 1868. Une brochure in-4.
1868-69.
N" 234. Carte intitulée : Province de Liège.
Dictionnaire encyclopédique de géographie historique du
royaume de Belgique.
Etablissement géographique de L. Mols-Marchal, rue St-
Jean, 48. Bruxelles.
Echelle de 1 à 312,500.
Avec trois échelles, une légende et les armoiries de la ville
de Liège. Le titre est en dehors du cadre.
Larg. 0"'504, haut. 0™223.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Dictionnaire encyclopé-
dique de géographie historique du royaume de Belgique ou
— 564 -
description de sen neuf provinces et de ses 2558 communes,
etc., etc., par Aug. Jourdain. Bruxelles, F. Vromant, 1868-69.
Un volume in-8, Page 524
1869.
N''235. Carte intitulée : Province de Liège.
Avec une légende de 1 à 4 pour les rivières et de A à 1 pour
les villes.
C'est une carte muette où les cours d'eau et l'emplacement
des villes sont seuls indiqués.
Larg. 0"'105, haut. 0'"08.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : C'oïiecfion, etc. Géographie
élémentaire de la Belgique, par M.*** Mons. Hector Manceaux,
1869. Un volume in-12. Page 68,
1869.
N" 236. Carte intitulée ; Spécimen d'une carte de la produc-
tion, de la Consommation et de la Circulation des Charbons
belges en i869, etc., par Max Gœbel, Directeur-Gérant d'une
Société anonym,e charbonnière.
Dessinée par Joseph Vossen, Ingénieur civil.
Etabl. Lith. de Ch. Claessen, Éditeur à Liège.
Avec une Échelle pour la Consommation et le Transport, et
une pour la Production; une Légende et une Explication.
Cette carte s'étend jusqu'à Maestricht, Aix-la-Chapelle et
Malmedy. On n'y a indiqué que les voies de communication qui
sont entourées de bandes en couleur dont la largeur indique
l'importance des transports, et quelques villes entourées de
cercles ou de carrés indiquant l'importance de la consommation
et de la production.
Dans un coin de cette carte en est une autre plus petite,
intitulée : Etendue géographique d'une carte, etc.
Larg. 0'"465, haut. C^STS.
Kst encore dans le commerce.
565
1869.
N" 237. Carte intitulée : Association des ingénieurs sortis de
V école de Liège. Extrait de la Carte géologique de A. Dumont,
avec un tracé des gisements de minerais de fer de la province
de Liège, par F. Franquoy, sous-itigénieur au corps des mines.
Carte jointe au Mémoire couronné au concours de 1868.
Etablissement géographique de Bruxelles, fondé par Ph.
oander Maelen. Déposée. 886.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle et une légende pour les teintes des couches
de terrain.
C'est la carte de la province publiée en 1853 (n" 96) (') un
peu rognée sur les bords, et donnant les nouvelles routes cons-
truites depuis et les teintes géologiques.
Larg. 0>"755, haut. O-^^eS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Etude sur les minerais
de fer de la province de Liège, par M. Franquoy, sous-ingé-
nieur au corps des mines, f Annuaire de VAssociation des
ingénieurs sortis de Vécole de Liège. Tome XI. Premier cahier.)
Liège. Desoer. 1869.
1870.
N" 238. Carte intitulée : Carte de la voirie au pays de Liège
par Renier Malherbe, Ingénieur. [Mémoire couronné par la
Société d'Emulation.)
Lith. Léon de Thier, r. du Pot-d'Or, 41 , Liège.
Echelle de 1 à 125,000.
A-vec une légende.
Toutes les routes, chemins de fer, etc. y sont parfaitement
indiqués. Il y a des côtes de niveau sur un grand nombre de
routes. Une seconde édition a paru en 1877. (N° 253.)
(i) Dans la table, c'est le n» 99* de i8S5.
566
Larg 0'"67, haut. O^SOS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : De Vétat des routes dans
le pays de Liège, etc., par R. Malherbe. Liège, L. de Thier,
1870. Un volume in-8. (Voir N" 82 bis, page 25.)
1870?
N" 239. Carte intitulée : Province de Liège. Cartographie
élémentaire des écoles.
Dressé et Dessiné par Ch. Périgot. Ch. Delagrave et O'
Lib. Editeurs. J. Sédille, Gr. Lith., R. Montmartre, 78.
Avec une échelle et une liste des signes conventionnels.
Larg. 0"'19, haut, 0'"I4.
Fait partie de l'ouvrage intitulé : Atlas élémentaire de la
Belgique à Vusage de toutes les écoles belges, d'' après les mé-
thodes les plus nouvelles, par Ch. Périgot et L. Pire. Paris,
Ch. Delagrave et G'^ Bruxelles. 1 vol. in-4'' avec texte.
1870?
N" 240, Carte intitulée : Liège.
Étab^ Géographique de G. Callewaert, frères, Bruxelles.
Déposée.
Avec une échelle, une légende des signes conventionnels,
une liste des produits et des industries, et les armoiries de la
province.
Larg. 0'"105, haut. 0'»08L
Fait partie de l'ouvrage intitulé : Atlas diamant. Petit atlas
théorique et pratique de la Belgique, contenant en 24 planches
la géographie complète du royaume avec les leçons en
regard des cartes, par C. Callewaert. 9" édition. Bruxelles,1870.
Un vol. in-12 oblong.
1870?
N" 241. Carte intitulée : Carte itinéraire des environs de
Spa, extrait de la gravide carte topographique de la Belgique
de Ph. Vandermaelen. Dressée à l'échelle de i à 80,000.
Publiée par Engel, à Spa.
567
Établissement Géographique de Bruxelles, fondé par Ph.
Vander Maelen, n''422.
Avec une échelle.
Cette carte est limitée au nord à Verviers, etc.; au sud a
La Roche, Wibrin, Gherain; à l'ouest, à Angleur, au chemin
de fer de l'Ourthe jusqu'à Gomblain-la-Tour et à la Roche, et
à l'est à la frontière de Prusse. Elle comprend donc aussi
une partie de la province de Luxembourg.
C'est comme son titre l'indique, avec les pierres de la carte
de Relgique au 1/80,000 que celle-ci a été gravée.
Elle a encore été reproduite plus tard en 1873? avec le n° 578
et sans indication de : Élahlissement géographique, etc.
Larg. 0n9, haut. 0™61 .
Est encore dans le commerce.
1871.
N" 242. Carte intitulée : Spéclmeti d'une carte des chemins
de fer de la Belgique et des pays limitrophes. Publié par Jos.
Vossen, Ingénieur-Géographe.
Gravé par F. Bêcher.
Établissement Géographique A.-J. Vossen, Liège.
Échelle de 1 à 500,000.
Avec des tableaux, une légende^ un prospectus et un Rulletin
de souscription.
Cette carte s'étend jusqu'à Hasselt et Sittard au nord;
Marche, au sud; Saint-Trond et Huy à l'ouest, et Duren à l'est.
Le chemin de fer des plateaux de Hervé y est indiqué d'après
le projet qui a été exécuté.
Larg. 0'"19, haut. 0°'164.
Est encore dans le commerce. Elle a été reproduite au verso
du Nouveau plan de la ville de Liège de 1875. N° 344.
568
1872?
N" 243. Carte intitulée: Carte des mines et usines des Bassins
houillers de la Belgique, du Nord de la France et de la West-
phalie. Dressée d'après des documents officiels par Vossen,
Ingénieur civil. Liège. Librairie Universelle de M. Juhr-
Henne, Editeur.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Editeur, à Liège.
Echelle de 1 à 120,000.
Avec une légende.
Outre une grande partie de la province de Liège, cette carte
s'étend en Allemagne jusqu'à Diiren.
Sur la même feuille il y a une carte des environs d'Essen, et
une de la Westphalie.
Larg. O-^GOo, haut. 0'"U.
Est encore dans le commerce,
1873.
>'" 244. Carte intitulée : Liège. G. V.D. H.
Librairie Universelle de J. Rozez, Editeur, Rue de la Made-
leine, 87, Bruxelles. Déposé.
Atlas de la Belgique, illustré, 10 Cartes. Prix fr.
Chaque Carte séparément : Centimes.
Avec une échelle, une liste des signes conventionnels et les
armoiries de la province.
Cette carte est entourée de 22 petites vues des villes et des
monuments de la province, copiées en grande partie sur les
gravures de la Belgique monumentale.
Larg. (]'"125haut. 0'"097.
Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas de la Belgique illustré
de plus de 200 vignettes. Bruxelles, J. Rozez, 1873. Un vol.
in-4° oblong.
1873.
N" 245, Carte intitulée : Carte du district industriel de Liège.
— 569 —
Mapofthe industrial région of Liège. Lith. Fv. Becker, Rue
du Pont, 39, Liège.
Avec une légende.
Les indications sont en français et en anglais.
Cette carte comprend les environs de la ville de Liège jusqu'à
VVandre au nord, Tilff au sud, Flémalle à l'ouest et Micheroux
à l'est.
Larg. 0™50, haut. 0'"18.
A été publiée à l'occasion du congrès de l'Institut du fer et de
Tacier.
Se trouve aussi dans le : Guide de l'étranger à Liège et dans
ses environs, par Ph. de Bruyne. Dans cet ouvrage, la légende
se trouve en français seul. Liège, 1873. Un vol. in-1'2. Page 46.
Elle se trouve également au verso du Nouveau plan de la
ville de Liège, de 1875, n" 344. Seulement il ne s'étend à l'est
que jusqu'à Wandre et Beyne.
1875.
N" 246. Carte sans titre des environs de la ville de Liège.
Ne donne que le tracé des chemins de fer jusqu'à Ans, Jemeppe,
Seraing, Chènée, etc.
Un chemin de fer de ceinture entoure presque toute la ville
depuis la station de Vivegnis jusqu'à la voie vers Maestricht.
La station de Longdoz entre dans l'intérieur de la ville et est à
rebroussement.
Larg. 0™125, haut. 0">l9o.
Se trouve sur la carte intitulée : Carte générale des chemins
de fer belges. Adoptée par V administration des chemins de
fer, postes-télégraphes et marine de Vétat.
Editée par A. Boudart, attaché au département des travaux
publics [service de V exploitation) .
Lith. Herman et Marchant, Rue du Boulet, 9, Bruxelles.
Déposé. 2" édition. Janvier 18/5.
A cette carte est joint un livret ayant pour titre : Chemins
- 570 -
de fer belges. Nomenclature des stations, haltes, etc. et rensei-
gnements administratifs complétant la carte générale, etc.
par A. Boudart, 2" édition. Bruxelles, Glosson.1875. Une bro-
chure in- 12.
Sur la même carte sont encore les plans des environs des
villes de Bruxelles, couchant de Mons, Charleroi et Gand.
1875.
N*'247. Carte intitulée : VOurte et l'Amblève.
Cette carte s'étend de Liège au nord, à Houffalize au sud,
Marche à l'ouest et Pepinster à l'est.
Larg. 0"'085, haut. O'^U.
Se trouve au verso du plan intitulé: Nouveau plan de la
ville de Liège, etc. Liège. Decq. 1875. (N» 344 des plans.)
1875
N" 248. Carte intitulée : La Meuse de Namur à Liège.
Cette carte s'étend de Waremme au nord, à Durbuy au sud,
Namur à l'ouest et Liège à l'est.
Larg. 0"'U, haut. O-^OSB.
Se trouve au verso du plan cité ci-dessus.
1875.
N^ 249. Carte intitulée : Spa et ses environs.
Cette carte s'étend de Pepinster au nord, à Stavelot au sud,
La Reid à l'ouest et Francorchamps à l'est.
Larg. O^OSS, haut. 0'"14.
Se trouve au verso du plan cité ci-dessus.
1876.
N° 250. Carte intitulée : Carte pratique de Spa et de ses
Environs. Annexe du nouveau guide des Etrangers. Proprié-
taire J. Goffin fils, 4S, Avenue du Marteau.
Gravé par Fr. Becker, Liège. Imp. J. Goffin fds, 48, Avenue
du Marteau, Spa.
- 571 -
Avec une légende.
Cette carte est limitée au nord à Verviers ; au sud, à Trois
Ponts; à l'ouest à Ghaudfontaine et Aywaille et à Test à Jalhay,
Francorchamps et Stavelot. On n'y a renseigné que les villages
principaux. Les routes pour voitures, les chemins pour pié-
tons, les bois sont coloriés.
Larg. O^âlS, haut. 0™50o.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nouveau guide des étran-
gers à Spa contenant : tous les renseignements utiles ; Vitiné-
raire des rues de la ville et numéros des maisons garnies qui
portent enseigne ; Vadresse de tous les commerçants et une
carte pratique de Spa et des e7ivii'ons. Spa. J. Goftin, 1876.
Un vol. in-18.
1876.
N" 251 . Carte sans titre des environs de Seraing.
Echelle de 1 à 20,000.
Comprend le cours de la Meuse depuis Ougrée jusqu'à Flé-
malle-Grande ; c'est un extrait de la carte de Vandermaelen à
laquelle on a ajouté le tracé des failles, etc., à 200" sous la
Meuse, le tracé de l'allure des couches, et la position des prin-
cipaux puits.
Larg. O-nlSS, haut. O^^IST.
C'est un spécimen joint au prospectus de la carte géologique
du bassin houiller de Liège par M. Julien de Macar.
1877.
N°252. Carte intitulée: Province de Liège.
Gravé par A. Verwest Brux\
Propriété de V Indicateur Général Illustré de V Industrie et
du Commerce. En vente au bureau, 24, rue de Parnasse, à
Br^(,xelles. Etc.
Avec une échelle et une légende.
Larg. 0™52. haut. 0"'235.
572
Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas des neuf provinces de la
Belgique à l'usage de l'enseignement primaire et moyen. G.
Lechein et G'*. Ixelles, 1877. Un volume in-folio.
1877.
N° 253. Carte intitulée : Carte de la voirie au pays de Liège
par Renier Malherbe, Ingénieur. (Mémoire couronné par la
Société d'' Emulation), 2""' édition.
Lith. Léon de Ihier, rue du Pot-d^Or,41, Liège.
Echelle de 1 à 125,000.
Avec une légende.
C'est la même carte que le n" 238 de 1870: on y a ajouté le
chemin de fer de Huy à Modave, ainsi que tous les châteaux de
la province et quelques noms de lieux.
Larg. 0™67. haut. 0"'505.
Est encore dans le commerce.
1877.
N» 254. Carte intitulée : Nouvelle carte topograpliique et
m,inéralogique de Spa.
LitJi. de Bourdoux-Sody à Spa.
Echelle de 1 à 100,000.
Avec une échelle et un Indicateur pour la manière dont sont
représentées les villes, etc. : ainsi que les mines, carrières,
etc.
Cette carte est limitée au Nord à Verviers; au sud à Vielsalm;
à l'ouest à Chaudfontaine et Harre et à Test à Malmedy et
St-Vith.
Larg. 0"'38, haut. 0n2.
Derrière cette carte, pliée pour former huit compartiments,
on trouve dans le premier le titre : Nouvelle Carte des Environs
de Spa. Augmentée de renseignements utiles. Spa, Bourdoux-
Sody, libraire.
— 573 -
Dans le second compartiment est un plan intitulé: Itinéraire
des Rues et promenades de Spa. Les six autres compartiments
sont occupés par une notice sur la ville de Spa.
•1877.
N° 255. Carte intitulée : Province de Liège.
J. Bartholomeiv, Edimbourg. Mous. Hector Manceaitx.
Propriété.
Echelle de 1 à 555,555.
Avec une échelle et une explication des signes employés.
Cette carte est limitée au nord à Bilsen, Alaestricht; au sud
à Houffalize ; à l'ouest à Tirlemont, Namur, Dinant et à l'est à
Eschweiler et Montjoie en Prusse.
Larg. 0"'19, haut. 0™lo.
Fait partie de l'atlas intitulé : Atlas spécial de la Belgique
dressé par M. John Bartholomew dhiprès la carte de l'état-
major belge, avec le concours de MM. Cornet, Malaise, etc.,
et mis en rapport avec la géographie élémentaire de la
Belgique par M***. Mons. H. Manceaux. Un volume petit in-4.
1878.
N° 256. Carte intitulée : Carte des environs de Verviers.
J. Belen.
Echelle de 1 à 160,000.
Avec une légende.
Limitée au nord à Julémont, Henri-Chapelle ; au sud à Spri-
mont, Spa; à l'ouest, à Herstal, Beaufays et à l'est à la frontière
de Prusse.
Larg. 0™20, haut. 0"1d.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Le barrage de la Gileppe.
Guide du touriste, par Ernest Gilon. Verviers. E. Gilon. 1878.
Un volume in 12. Page 230.
1878.
N° 257. Carte intitulée : Spa et ses environs.
— 574 —
Echelle de 1 à 160,000.
Avec une légende.
Limitée au nord à Verviers, au sud à Trois-Ponts, à l'ouest à
(Jomblain-au-Pont et à l'est à Jalhay et Francorchamps.
l.arg. O'"18o, haut. 0"^15d.
Se trouve dans le même ouvrage que la carte précédente,
page 198.
1878.
N" 258. Carte intitulée : Carte de Vabbaie de Val-Dieu et de
ses environs.
Echelle de i à 20,000.
Avec une légende.
Limitée au nord aux hameaux de St-Jean-Sart et Kreft; au
sud à ceux de Cerfonlaine, Houleux; à l'ouest à ceux de Her-
wière, Asser et Hiervache et à l'est à celui de Gathie faisant
partie des communes d'Aubel et de Charneux. Le chemin de
fer projeté de Liège à Bleyberg y est indiqué.
Larg. O-^SO, haut. 0"'14.
Se trouve dans le même ouvrage que les deux cartes précé-
dentes, page 214.
1878.
N°259. Carte intitulée : Plan à vol d'oiseau du Barrage delà
Giieppe,du Lac, des appareils de la prise d'eau et du Barrage
de la Borchène, avec i)idication de Vancien lit de la Gileppe.
Echelle de 1 à 20,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Comprend la partie de la forêt de Hertogenwald où se trouve
le cours de la Gileppe jusqu à l'embouc'uire de cette rivière
dans la Vesdre. Le lac de la Gileppe y est représenté.
Larg. 0""20d, haut. 0"'i55.
Se trouve dans le même ouvrage que les trois cartes précé-
dentes, p. 102.
— 575 —
1878.
N° 260. Carte intitulée: Chemin de jer demandé de Visé à
Michuroux.
Liège, H. Vaillant-Carmanne .
C'est un croquis qui ne représente que le parcours des che-
mins de fer partant de Liège et allant jusqu'à Maestricht d'une
part et jusqu'à Verviers de l'autre. Le tracé proposé partant de
Visé et aboutissant à Micheroux, sur le chemin de fer des
plateaux de Hervé, est indiqué en rouge et porte quelques côtes
de niveau .
Larg. 0"^32, haut. 0"'38.
Jointe à la brochure intitulée: Comité des charhonniera et
industriels du pays de Hervé. Cheynin de fer Visé-Micheroux .
Documents. Liège, Vaillant-Carmanne , 1878. Une brochure
in-8^
I
DEUXIÈME PARTIE
oï*:c
PLANS GRAVES.
1572.
N" i bis. Vue intitulée; Liegi.
Fr'"' Valegio.
Avec les armoiries de Févêque (G. de Groesbeck) et celles
de la ville.
C'est une vue prise des hauteurs de St-Gilles.
Larg. 0'"I2, haut. O-^OS.
Se trouve dans un atlas en italien de 126 planches, dont elle
est la 45^
D'autres planches portent l'indication : Martinus Rota Sibe-
lùcensis forniis, ou fecït. i572.
1577.
N" 2 ter. Vue intitulée: Liège, i5.
Anno Dnj MDLXXVII im January.
En dessous sont inscrits douze vers en allemand, donnant
l'explication de Faction qui se passe au premier plan. On y voit
en effet un corps de troupes écossaises au service des états de
Brabant depuis 1576 {Die Schotten) qui repousse une partie
de coureurs espagnols {Hispanigsche Singoren) près de Ju-
pille.
On découvre à droite le village de Jupille et dans le fond la
ville de Liège, où l'on distingue particulièrement le Pont-des-
Arches auquel on n'a pas donné moins de quinze arches.
Larg. 0™27, haut. 0"'18.
Se trouve dans Fouvrage intitulé: Ilistoria vM.nd ah coniro-
— 578 —
feyfung fùrnemlich der Niderlendischer geschichten und
krlegshendelen mit hôchstem fleisz beshriehen diirch Merten
vo?î Mancuel, 1593. Un volume in-4.
4577.
N° 2 quater. Vue intitulée : Liège, 72.
Avec quatre vers en latin en dessous. C'est une réduction de
la vue précédente.
Larg. O'MoS, haut. 0"'l-25.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les guerres de Nassau
destiiptes par Guillaume Baudart de Deinse en Flandre.
Amsterdam. Michel Colin, 1616. Un volume in-8 oblong. Page
225.
Et dans l'édition hollandaise : Nassauwe oorloghen, etc.
1580.
N° 2 quinque. Vue intitulée : Waare beschreibung und ah
confrafehlung der bischostichen statt Luttich {hors du cadre).
Avec les armoiries de l'évoque Gérard de Groesbeck,à gauche;
celles de l'empire, au milieu et celles de la ville de Liège, avec
le mot Liège, à droite.
Vue à vol d'oiseau de la ville prise des hauteurs de St-Gilles.
Gravure sur bois.
Larg. 0'"155, haut. 0"'l'2o.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Niderlands beschreibung
in welcher aller darinn begriffnen Landeschaff'ten, Fûrstens-
chiimben, etc., par L. Guichardin. Bàle, Sébastien Henricpe-
tri, 1580. Un volume in-folio. Page 319.
1615.
iN" 5 bis. \'ue de la ville de Liège assez insignifiante et don-
uant peu de détails.
Larg. 0"'20, haut. 0'"12.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Le Petit. Nederlandsche
rrpubhjcki'. Amsterdam, 1615. Un volume in-4, oblong.
1
— 579 -
1615.
N" 5 ter. Vue intitulée : Pourtrait de la Ville de Liège.
P. D. Huvges P (pinxit). Mat'cette aq. fort. 1872. fol. 46.
Cette vue est prise des hauteurs de la Chartreuse : au premier
plan ce sont les vignes, et à gauche sur une hauteur une église,
probablement celle du couvent de la Chartreuse.
Tout le quartier d'Outre-Meuse est entouré d'une fortification
bastionnée avec une tour au milieu des courtines. On voit une
quantité d'églises dans ce quartier ; mais elles sont très-
inexactement représentées.
Le pont des Arches est vu dans sa longueur : (*) il ny a rien
dessus : la chapelle Ste-Barbe devrait s'y trouver : il n'en est
pas même question dans le texte.
La porte Maie Governe s'élève au commencement du pont
sur la rive droite.
Sur l'autre rive du fleuve (J/osa (lumen) on voit encore une
masse d'églises impossible à reconnaître, excepté la cathédrale
de St-Lambert.
Sur le quai de la Batte on distingue particulièrement la
maison du Poids de la ville. Le mur d'enceinte de cette partie
de la ville est garni de tours surmontées de toits pointus.
La citadelle n'existe plus.
Lariï. ()'"22, haut. 0'"2G.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Voyage de Philippe de
Hurges à Liège et à Maestrict en i615 publié par H. Miche-
lant. Liège, Grandmont-Donders. 1872. Un volume in-8.
Page 220.
1618.
N" 5 quater. Vue intitulée ; Liège. Leuck.
Aegidius Marischal pictor Leodii deliniaoit. A". i618. Johan
veenen fec : Gerrardus Alzenhach exc{f) :
(M Le pont dont il est ici question avait été construit de 14:22 à 1446. il a été
détruit en 1643.
[■) D'après M. Bodel ce plan a paru à Strasbourg où Aizenbach avait une boutir4iic.
580
A la partie supérieure, c'i gauche, sont les armoiries de Ferd.
de Bavière avec la devise : Avita fide, et à droite les armoiries
de la ville de Liéye.
Cette vue est prise des hauteurs au dessus de Saint-Maur, ce
qui est indiqué par l'inscription suivante qui se trouve à la
partie inférieure : S, Maure là ou on a eu prospect de la cité.
On y voit un grand nombre de monuments de la ville des-
sinés dans tous leurs détails : les noms de quelques-uns se
trouvent au-dessus ; ce sont : Templum S. Laurentij. Teni-
plum S. Martini. S. Walburgis. Porta S. Walburgis. Teni-
pliim S Lamherti. Bouillon (*) Argenté. (Argenteau). Herstal.
Il y a en outre des numéros de 1 à 96 qui renvoient à une
légende qui ne se trouve pas sur le plan (^).
Le pont des Arches est celui qui a été renversé par les eaux
en 1643 ; il est couvert de constructions des deux côtés, avec
la chapelle Sainte-Barbe et la salle de la compagnie des arbalé-
triers au milieu.
Le pont d'Avroy y est représenté avec la façade de la
porte.
Les bâtiments de Tabbaye St-Laurent sont encore ceux cons-
truits par Reginard en l'an 1030. On voit cependant à l'extré-
mité gauche le pignon des écuries qui furent construites en
1618, l'an même de la confection du plan. Les autres bâtiments
ne furent reconstruits qu'en 1727 et 1758.
La façade de l'église Saint-Jacques présente deux tours
carrées.
(') Au dessus dos ()00 degrtSs. Sur le i>lan de !t>4'J c'esl Payenporlc ou Bolton-
porte.
;*) 11 est probable (jue celle vue aura clé gravée pour être annexée à l'ouvrage
attribué à Vandenberg, intitulé : Abràjù de t'Esial tant sacré que civii de la très
fumeuse cité de Liège en IGl^. En efTet l'ordre dans lequel les nionumenlf, etc.,
sont décrits dans cet ouvrage, esl le même que celui des n^s gravés sur la vue.
Le manuscrit du travail de Vandenberg a ^-lA publié par Lavalieye sous le titre :
Le vieux Liège, ncî monumeuis religieux et civils, etc. : d'abord en feuilleton dans
ht Gazette de Liège, et ensuite on une brocluiro imprimée chez Dcmarteau en I8?)7.
— 581 —
La flèche de l'église St-Paul n'est pas édifiée. L'église St-
Pierre existe encore. L'église St-Lambert aussi.
Le collège des Jésuites anglais était achevé depuis deux ans
seulement.
En quatre feuilles.
Lai g. -2'"05, haut. 0'"40.
Cette vue faisait partie de la collection de M. Bodel Nyen-
huis, à Leide : après sa mort elle passa à la bibliothèque de
cette ville. Je l'ai décrite d'après une copie très-exacte que
M. le chanoine Henrotte en a fait prendre.
1625.
N" 5 qulnque. Vue intitulée : Veiie de dessun le petit pont
de la ville de Liège.
Le Meunier ad vivum deiin. et sculp.
Cette vue est prise du petit pont, endroit qui porte actuelle-
ment le nom de pied di( pont d'île. Le bras de la Meuse qui
passe sous le pont paraît avoir une largeur exagérée ; il est
couvert de bateaux. A droite est la place aux chevaux, sur
laquelle est situé le séminaire de la Chaîne ; au-delà, la Haute-
Sauvenière et l'église Ste-Croix. Puis les anciennes maisons à
façades en pignon à gauche de l'entrée de la rue Basse-Sauve-
nière. Le long de l'eau, on voit ensuite le derrière des maisons
de cette dernière rue, ainsi que les maisons avec jardins en
terrasse de la rue Mont-St-Martin. L'église St-Martin est à
l'extrémité gauche de la planche.
Sur l'autre rive du fleuve on ne voit que quelques maisons.
Larg. 0"498, haut. O"' 112.
Fait partie de la collection de M. Henri Duval, à Liège et se
trouve à l'Université de Leide (collection Bodel-Nyenhuis).
1625.
N''5 sex. (') Vue intitulée : Lûttich. D. 97. (-)
(*) Remplace le n» ll^iis du deuxi'^rae supplément.
(-) D'autres planches ont les armoiries de la ville dans le coin supérieur à
droite.
— 582 —
Au premier plan de la gravure est une allégorie représentant
une tour surmontée d'une déesse ; en avant est un roi regar-
dant des fleurs; à droite, un enfant joue avec des bulles de
savon.
Cette allégorie est expliquée par la phrase suivante, qui se
trouve inscrite au-dessus de la gravure, en dehors du cadre :
Quod cito fit, clto périt ; et par les vers suivants, en latin et
en allemand inscrits en-dessous de la gravure :
Quod cito sit cito forte péril: cito dives, egenus
Fit cito : perpetuum fert mora justa bonum
Was schnell geschicht, vergeht schnell iviedr
Was bald aufsteigt, fàllt wiedr hald niedr
Die redite zeit, verstehe mich,
Bringt das hestendig gut mich sicli.
Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles.
On distingue particulièrement le mur des 600 degrés, la rue
Pierreuse, le couvent des Jésuites anglais, les églises de Saint-
Martin et de St-Paul,
Larg. Qn'US, haut. 0"'07.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Emblemata, seu mora-
lia politica, figuris artificiosis inventa, versibus quoqae la-
thiis ac rhythmis teutonicis conscripla et publico juri tradita,
per Danielem Meisneruni Commotlioriensem (kommotau)
BoJiemum, P. L. C. accessit diversaruni regionum, inclyta-
runi, urbium et civitatum, necnon aniœnissimorum locorum
viva delinealio. ï'rancfort. p]berhardt. 1625 à 1627. Un volume
in-12" oblong.
Et dans une autre édition en allemand dont le titre est :
Daniel Meissners, P. L. C.Sciagraphia cosmica, oder : Eigent-
liche Abbildung achthundert der mehrentheils vornehmsten
Stddte, Bestungen und Schlosser, so allenihalben in allen
Theilen der Welt beruhmt si7id. Nuremberg, Paul Furstens.
1678. Un vol. in-12'' oblong. 4" partie n" 07.
I
— 583 —
1649.
N° 9 bis. Plan intitulé : Leodium nobilisshna inferiovis Ger-
maniae Ebui'onwm et totius eeleberrima civitas.
Andréas Zeldler cap. leut, delineavit. Lôffler fecit.
Avec une description en allemand du siège de la ville en 1649
par Ferdinand de Bavière, sous les ordres de comte de Spaar.
A la partie supérieure sont les armoiries de Liège, Bouillon,
Bavière, Franchimont et Looz, et à la partie inférieure, au-des-
sus de la notice, celles du comte de Spaar.
Il y a en outre une vue du palais et une carte des environs de
la ville.
La ville est attaquée de tous les côtés, excepté vers la cita-
delle. Le faubourg Ste-Marguerite est incendié, ainsi que le fau-
bourg St-Laurent. Les assiégeants sont postés sur les hauteurs
de St-Gilles : une bombe tombe sur Tabbaye de St-Laurent, une
autre dans la rue Sur-la-Fontaine; il y a aussi combat dans la
rue Ste-Véronique. Le faubourg d'Amercœur est en feu. La
Chartreuse est occupée par les assiégeants. On tire de la porte
St-Léonard.
Le pont des Arches est tombé : il y a un pont de bateau.x vis-
à-vis de la rue St-Jean.
Des chiflres renvoient à une légende.
En deux feuilles.
Larg. 0"8I, haut. 0'"38.
Ce plan se trouve aux archives de l'Etat, à Bruxelles.
1658.
N° Il bis. Vue intitulée : Die stadt LûtticJi.
C'est une vue à vol d'oiseau qui paraît prise des hauteurs de
St-Gilles. On voit le pont d'Avroy au premier plan. Dans le
fond le pont des Arches, etc. A gauche St-Laurent.
Larg. 0™095, haut. 0"07.
— 584 -
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Abraham Saiirii Stdtte-
Buch ode)' Aussfûhrliche iind aussvielen hewehrten alten und
neuen scrihenten suzammen in ein Corjjus gehrachte hesch-
reihung der fûhrnehmsten Stàtte, Platz und Bestungen meis-
tens in Europa, anch theih in andern Theilen ger ganszen
Welt, etc.
Francfort-sur-le-Mein. Johann. Bayeni;, J. W. Ammon et "W".
Seiiin. 1658. Un vol. petit in-4, page 117.
1685 ?
N^ 14 bis {'). Vue intitulée : Lûttich.
Prise des hauteurs de St-Gilles.
On y voit le pont des Arches, le pont d'Avroi avec un élar-
gissement au milieu, le pont de Torrent et le pont des Jésuites.
La citadelle est encore incomplète, quoiqu'elle ait été recons-
truite en 1650.
Larg. O'"!!, haut. 0"'06.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1685.
N" 14/er. Vue intitulée : Liïttich.
Prise des hauteurs de St-Gilles.
On y voit le pont des Arches, le pont d'Avroi, le pont de
Torrent et le pont des Jésuites. La citadelle est encore incom-
plète, quoiqu'elle ait été reconstruite en 1650.
Larg. 0'"115, haut. ()"'0o7.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ausfukrliclie loid Grun-
drlchtlge Beschreibung des ganzen Rheinstroms, darlnnen
klârlicJi ciiihaUen, loo, ivie, und welcher Gesliill selbiger
entspriiige^ etc.
Nuremberg, GhristolT Riegels et Andréas Kuorzen. 1685. Un
vol. in-18, page 916.
' Lus iitimtVoK 14'' et I '•'"'■ du '2- sii|ipli'mciit deviennent 14'* et W.
- 585 -
1689?
N" 14 quater. Vue intitulée : Lyége, Ville de la Seigneurie et
de VEvêché de m&yne nom, qui est du Cercle de Westphalie en
Allemagne. Fait par Aveline, Rue St-Jaque$, Avec Privilège
du Roy.
Avec une légende de 36 numéros.
Cette vue est prise sur la hauteur entre les églises St-Ghris-
tophe et Ste- Véronique.
Larg. 0^51, haut. 0™195.
Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège.
1694.
N''156ts.Plan intitulé: Liège, Ville forte et Considérable, Ca-
pitale de VEvêché et Seigneurie de Liège. Enclavée dans les
Pais-Bas et du Cercle de Westphalie. Située sur la Meuse
entre Mastric et Namur, à 50 degrez 41 min. de Latitude, et
21 degrez de Longetude.
A Paris, Chez le S' de Fer dans Vlsle du Palais sur le Quay
de VOrloge à la Sphère Royalle.
Avec Privilège du Roy. 1694 .
H, van Loon fecit.
Avec une rose des vents.
Ce plan est le premier plan géométrique qui ait été fait de la
ville de Liège, aussi est-il peu exact. Il se rapproche un peu
des vues à vol d'oiseau : les proportions y sont très-mal gar-
dées. Voir au reste pour la description de ce plan, celle du
n" 15, qui doit devenir le n" 26 bis, par suite du changement de
date.
Larg. 0"^245, haut. 0'M8.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les forces de VEurope,
etc., par de Fer. Un volume in-4*' oblong.
(*) Aveline iFronçois), dessinateur et graveur au burin et éditeur, né à Paris
vers 1660, fut peut-être élève de Perelle. II mourut vers 1712. (C. Le Blanc.
Manuel de l'amateur d'estampes. Tome I, p. 409.)
5 86
Et dans l'édition dont la table a pour titre : l'able des forces
de VEurope, avec un Introduction à la Fortification, com-
pose de i94 Plans des Villes les plus Considérables du Monde,
Augmenté de Onze Plans depuis Vannée 1720 jusqu'îi il 23.
Divisés selon VOrdre qu'on a jugé le plus Convenable. Par
N. de Fer, Géographe de Sa Majesté Catholique. A Paris,
chez J.-F. Benar Gendre de VAuteur dans Vlsle du Palais
sur le Quay de VOrloge à la Sphère Royale 1723. Un \olume
in-4° oblong. PI. 08.
1694.
N° 15 ter. Plan intitulé : Plan de la Ville et Citadelle de
Liège, Capitale de l'Evesché et Principauté de ce nom, sur la
Rivière de Meuse avec ses Nouvelles Fortifications et son
Profil Nouvellement desseigné sur les lieux.
A Paris, Chez la Veuve du S" du Val, Géographe Ordinaire
de sa Majesté, sur le Quay de VOrloge, au Grand Louis d'Or.
Avec Privilège du Roy.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende de 16
numéros.
La ville est entourée de fortifications qui n'ont jamais existé.
Le cours de la Meuse est très-défectueux.
En-dessous est une coupe du réduit ou château neuf construit
sur la hauteur de la Chartreuse, avec ouvrage à couronne et
enceinte en avant, s'appuyant par ses deux extrémités à la
Meuse.
Larg. 0"'4(>, haut. 0'n255.
Fait partie de la collection de M. L. Digneflfe, à Liège.
1697.
N"21. Plan intitulé : La ville de Liège. Harreityn fecit.
Avecles armoiries de la ville.
C'est une copie du n" 15 et suivants assez réduite.
Larg. 0'"I4, haut. 0"M2.^.
I
— 587 —
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les délices des Pais-Pas,
ou description générale de ses dix-sept provinces, etc., 2™®
édition (*). Bruxelles, F. Foppens, 1697. Un volume in-12".
Pag. 447.
Ainsi que dans : Les délices des Pais-Bas, ou description
générale de ses dix-sept provinces, etc., troisième édition.
Bruxelles, François B'oppens. 1700. Un volume in-12''. Page
480.
1700?
22 bis. Vue intitulée: Leodiurn.
Avec les armes de la ville dans le coin supérieur à droite.
Prise des hauteurs de St-Maur. C'est une copie réduite des
n°' 8 et 9 de 1649. La citadelle n'est pas encore reconstruite.
Larg. 0™135, haut. 0™H.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1701.
22 ter. Vue intitulée: Die Eroberung Luttich.
G. P. liugendas del.
P. Decker Archit : Inv : et del.
Jer : Wol/f excud : aug : vind : Johann August Corvinus
sculpsit.
Cum gratia et Privilegio Sac. Cœs. Mayestat.
Une longue inscription en allemand donne la composition de
l'armée des alliés, etc.
Au premier plan on voit l'armée du duc de Marlborough.
Dans le fond est une vue de la ville prise des hauteurs de
Saint-Gilles et où on voit le Pont d'Avroy, le Pont-des-Arches et
le Pont d'Amercœur.
(•) La première édition n'a pas de plans.
— 588 —
Larg. O^ââ, haut. 0™16^.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Reprœsentatio Belli, ob
successionem in Regno Hispanico auspiciis THum Potentisti.
Invictiss. et Gloriodss. Ccesarum LeopolcU I , Josephi I et
Caroli VI intra 14 Annos victoriosis armis et ijrogressihus
usq. ad pacem Badensein, etc : Cura atqiie su^ntihiis Jeremiœ
Wolffii h. m. Hœredtim, Augustœ Vindelicorum.
Avec le même titre en allemand. Un volume grand in-folio
imprimé vers 1720, comprenant 56 planches.
1701.
N° 22 quater. A la partie supérieure du n" précédent, dans le
cadre même, composé de toutes sortes de trophées, est un plan
de la ville copié de celui des Délices des Pays-Bas.
Larg. O-^IO, haut. O^SS.
1701.
N" 22 quinque. Vue intitulée : In terran Leodiens. Galli
imniissi. Ganiz Lûttich man ivegfischet, 10 d. 22 Dec.
Se trouve sur une même planche avec neuf autres vignettes
et ayant au milieu la liste des grands hommes nés ou morts en
l'année 1701 : le titre en est:
Memorahilia A" MDCCI.Gedenck : nnïrdigkeiten des 1701 '«"
Jahres.
On voit au premier plan des cavaliers de l'armée du duc de
Mariborough. Au-delà la ville inexactement représentée. Dans
le fond des montagnes.
Larg. 0™053, haut. O^OÔS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Faits mémorables de
guerre et de paix pendant le XVIll'^ siècle après la naissance
de notre S. J.Ch. par des annales en taille douce traduittes du
latin en français par C. Faudras. Nuremberg. Ghristophle
Weiguel, 1722. Un volume in-4.
1
— :)8<» —
1700.
N" -2ù 1er. Plan i/il,itiilé: Luttich.
Ce plan porte des lettres de A à S sur les édifices ; mais la
légende ne s'y trouve pas.
C'est une copie du n" 25 bis de 1709.
Lai'g. 0'"i85, haut. 0'»l-45.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1741.
N"25 quater. Plan intitulé: La ville de Liège.
Harrewyn fecit.
C'est la même planche que le n" 21 de 1697 à laquelle on a
ajouté, hors de la ville, des maisons, des champs et des ani-
maux.
Larg. 0"14, haut. O^^lâS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Les délices des Pais-Bas,
contenant une Description générale des XVII provinces, etc.
Quatrième édition, Brusselle, François Foppens, 1711. Trois
volumes in-12. Tome III. Page 249.
1720.
N° 25 quinque. Plan intitulé: Liège.
Harrewyn fecit.
Avec une rose des vents et une légende de A à P.
C'est une copie des n"" 15 et suivants.
Larg. 0"'18, haut. 0"'U.
Se trouve dans les trois éditions suivantes :
1" Histoire générale des Pais-Eas, contenant la description
des XVI f proymces,etc. Cinquième édition. Brusselle, François
Foppens, 1720. Quatre volumes in-12. Tome III. Page 241.
2° Histoire générale des Pais-Bas, contenant la Description
des, XVII provinces. Etc: Sixième édition. Brusselle, Veuve
Foppens, 1743. Quatre volumes in-12. Tome III. Page 239.
— 590 —
3° Les délices des Pays-Bas, ou description géographique et
historique des XVII provi^ices helgiques. Sifième édition (').
etc: Liège. J. F. Bassompierre/1769. Cinq volumes in-12. Tome
IV. Page 110.
1725?
N" 26 bis (*). \ne intitulée : Liïttich, au/f' Nidcrl : Luyck, zu
l.atein Leodiuvi v : au/f Franz: Liège, geheisseu. 55.
(}. Bodenehr fec. et exe. A. Y.
Avec les armes de Tévêque G. de Groesbeck dans le coin su-
périeur à gauche et celles de la ville de Liège dans le coin su-
périeur à droite, et une légende de 288 numéros. Les n"* 289 à
295se trouvent sur la planche, mais ne sont pas reproduits dans
la légende.
C'est une copie réduite des n°' 8 et 9 de 1649 : la légende est
aussi la même. La citadelle a été reconstruite depuis, en 1650,
et s'y trouve représentée avec ses bastions et ses demi-lunes.
En deux feuilles.
Larg. O'dSS, haut. Oi'ieS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Force d'Europe oder die
Merckwûrdigst und Fûhrnehniste, nieisientheils auch ihrer
fortification wegen herûhmteste statte, etc. Augsbourg, G.
Bodenehr. Un volume in-4 oblong. N° 55.
1738 ?
N° 30 bis. Vue intitulée: La résidence du prince et évêque à
Liège.
Die Fiirst und Bischôffliche Residenz in Lûttich, etc.
La résidence du prince et évêque à Liège comme elle fui
renouveillée en il31 , du Prince et Evêque George Louis.
Collection des Prospects.
Gravé par Bergmûller.
Se vend à Augsbourg au Négoce commun de V Académie
(') C'est réellement la septième édition.
('I Le numéro ^C'i^ du !2i"e supplément devient 2G''"''.
— 591 —
Impériale d'Empire des Arts libéreaux acec Privilège de Sa
Majesté Impériale et avec défense iri d'en faire, ni de vendre
les Copies.
Cette vue est prise en avant de l'angle formé par les deux
façades du palais ; la façade de gauche qui est représentée ici
n'a jamais été exécutée. Dans le prolongement, on voit les
bâtiments des Anglais. Au-dessus du palais, on aperçoit la
citadelle.
Enfin au premier plan à droite se trouve l'entrée de la cathé-
drale de St-Lambert avec les deux tours.
Larg. 0'"59, haut. O'"2oo.
Fait partie d'une collection de vues pour optique.
1738?
N° 30 ter. Vue intitulée : Uahbaye S'' Jaques à Liège.
Die Kostbalire Abhtey St Jacob, etc.
L' abbaye très prétieuse du St Jaques de VOrdre du St Benoit
à Liège.
Collection des Prospects.
Gravé par Bergmiiller.
Se vend, etc. :
Cette vue est prise du coin de la rue du Verdbois, Dans le
prolongement de la façade de l'église, il y a une rangée de
maisons qui forment une rue jusqu'à la Meuse et qui est ter-
minée par une tour carrée. Sur l'autre rive de la Meuse, on voit
le quai d'Avroy et des clochers d'églises.
A gauche on distingue le clocher de l'église des Pré-
montrés.
Larg. 0"'59, haut. 0™25o.
Fait partie de la même collection que la précédente.
1738 ?
N» 30 quater. Vue intitulée : Vue de la grande église
Lambert à lÂége.
— 50t> —
Proàpect der y russe n St Lambert i Ku'cJiett in Làttlch.
Vue de la grande Eglise de S' Lambert '( Liège.
Collection des Prospects.
Gravé par Bergmïdler.
Se vend à Augsbourg, etc.
Cette vue est prise de la sortie de la rue des 11,000 vierges :
on voit à droite la dernière maison de cette rue et à gauche
l'église St-Lambert : c'est ce qu'on appelait alors le Vieux
Marché. Au-delà on a les maisons de Fabry-Beckers, etc. sur la
place St-Lambert. Au-dessus s'aperçoivent les clochers de
Saint-Pierre, le couvent des Jésuites anglais et les remparts
d'Hocheporte.
Larg. 0^395, haut. OmâOo.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1738?
N° 30 quinque. Vue intitulée : Vue de la Maison de ville
de Liège, du marché et des fontaines.
Prospect des Rath-Hausses, etc.
Vue de la Maison de ville, de Liège, du Marché et des
fontaines.
Collection des Prospects.
Joseph Xhrouuet delin. Gravé par Nabholz.
Se vend à Augsbourg, etc.
Cette vue est prise du coin de la rue Royale. Au premier
plan on voit les excavations où passe la Légia, au-delà la pre-
mière des fontaines, qui a été déplacée depuis, et les deux
autres fontaines ; à droite la rue de la Violette dans sa lon-
gueur et dans le fond l'entrée de la rue Féronstrée.
Larg. O^SOS, haut. 0'"29d.
Fait pai'tie de la même collection que les précédentes.
— 593 —
1738.
N" 30 sex. Vue intitulée: Vue de la Maison de ollle, de Liège,
du Marché, et des Fontaines.
Joseph Xhrouuet fecit.
Prise des escaliers qui se trouvaient dans l'alignement de la
face du Marché du côté de la place St-Lambert. On voit sur le
marché les trois fontaines et les ouvertures au-dessus du cours
de la Légia. Toute la face du Marché dans l'alignement de
l'Hôtel de ville est en entier jusqu'à la rue Féronstrée.
Réduction du précédent.
Larg. 0"'21, haut. OmiâS.
1746.
N° 33 bis. Vue intitulée : Lûttich.
Au premier plan sont deux emblèmes : l'un à gauche repré-
sentant Gérés et l'autre à droite figurant les trois grâces.
Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles : on voit le pont
d'Avroy en avant, et à droite le pont des Arches et le pont
d'Amercœur : la longueur de ces ponts est outrée.
La citadelle est au-dessus.
Larg. 0"M6, liaut.0'"l5.
Se trouve dans Touvrage intitulé : Schau Plusz von drey
undneunszig heruhniten Stadten, so wold in Holland, Flan-
dern und Brahnnt, als auch in Ober iind Nieder-Sachsen, und
dem Reich, imgleichen ein hundert und dreizig pguren oais
der Heydnischen Gotfer Historié, etc.
Leipzig. Wolfïgang, 1746. Ln vol. in-8" oblong. Page 53.
1750?
N°346t>>. Vue intitulée : Ancienne cathédrale de iSt-Lainberi
fi Liège.
Liih. de Palante frères, à Liège.
Avec les armes de l'évêché et principauté de Liège entourées
de celles du Duché de Bouillon, des comtés de Loo/;, de Moha
ut de Horne et du marquisat de Franchimont.
— 594 —
1. !Sé)ninai)'e épiscopal. "l. Palais du Prince-Évêque.
Gete vue représente tout le pâté de maisons compris entre la
place Verte, la place du Théâtre, la rue de l'Official, la rue
Derrière-le-Palais, le Marché, la rue Sous la Tour, etc.
La façade du palais est celle qui a été reconstruite en 1740.
Le séminaire a été transféré aux Jésuites en 1787.
Larg. OmSl, haut. O^ISS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Essai historique sur l'an-
cienne cathédrale de St-Lamhert à Liège et swr son chapitre
de chanoines tréfonciers, par X. Van den Steen de .lehay. Liège,
Dessain. 1846. Un vol. in-8.
1753.
N" 35 ter. Plan intitulé : Luik.
Avec une rose des vents.
Il n'y a rien d'exact dans ce plan.
D'un côté de la Meuse on voit sur une hauteur la Citadella,
de l'autre la Chartreuse. Les deux rives sont occupées par des
habitations.
Sur la même planche sont les plans de Gelder, Stevenswaart
et Roermond.
Larg. 0"'H5, haut. O'^Ol.
Se trouve dans Pouvrage intitulé : Kleyne en beknopte atlas,
of tooncel des oorlogs in Europa, etc.
Amsterdam, David Weege. 1753. Un volume in-8 oblong.
PI. 172.
1785.
N" 38 bis. Plan intitiih' : hiége.
Avec une rose des vejits et une légende de A à P.
C est une copie du n** 25 quintiue de 1720.
Larg. 0'"18, haut. 0"'16.
Se trouve dans les deux éditions suivantes :
1" llel schoinvburg dcr Nederlanden of te gcographische en
bislorischi; bi'st:hr>joiiirir. dcr A VII nederUuid^che provintien.
— 595 —
Huitième édition. Anvers, C. M.Spanoghe, 1785. Cinq volumes
in-12".Tome IV. Pag. 109.
2'' Les délices des Pays-Bas, ou description géographique et
Jùstorique des XVII provinces helgiques. Septième édition (')
etc. : Paris. Anver.s. Spanoghe, 1786. Cinf[ volumes in- 12".
Tome IV. Pag. 96.
1822.
N° 42 bis. Plan intitulé : Plan d'une partie de la ville de
Liège indiquant les Projets des Rues à ouvrir.
Fait et dressé par nous Architecte de la ville et de l'Univer-
sité de Liège. An 5:2. (signé) Chevron.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende.
Ce plan s'étend entre la Meuse, les quais d'Avroi et de la
Sauvenière, les rues Agimont, St-Servais, Derrière le palais,
Hors-Château, Velbruck et St- Jean-Baptiste.
Les nouvelles rues à ouvrir sont: une rue à travers la troisième
cour du palais, une seconde dans le prolongement du pont des
Arches aboutissant à FHôtel de ville, une troisième, qui est la
rue de la Régence, une quatrième la rue de l'Université, et une
cinquième de la Meuse à la place St-Paul, parallèle à celle que
l'on a percée plus tard dans le prolongement de la rue du Dra-
gon-d'Or, et qui est la rue de la Cathédrale.
Larg. 0'"545, haut. 0'"48.
Se trouve à la Bibliothèque de l'Université de Liège, et dans
la collection de M. Léonce Digneffe.
1825.
N''4;2 quater. Vue intitulée : Salle de spectacle de la ville de
Liège. 70.
Madou. Le Gr' Howen del. Lith. de Jobard.
Cette vue est prise de la Place Verte.
On voit au premier plan les maisons formant le coin avec la
(') C'est réellement la !•'"- édilioii.
- 59t) —
place du théâtre : la Jiiaison Terwangiie ù gauche et la maison
Lamarchc à droite.
Larg. 0"±{, haut. 0"' 155.
Se trouve daii.s le inèiiie ouvrage que la vue précédente,
u" 70.
18'25 à 1830.
.\"'436is. Vue intitulée : Vue du grand marché de Liège.
F. Faiiton. Lith. Creniettl, Editeur.
Prise le long des maisons de la face vers la place S^-Lambert.
A gauche au-dessus des maisons on voit le dôme de S'-André :
à droite riiôtel de Ville et les trois fontaines, La place est
couverte de monde.
Larj*. 0'"5G, liaui. 0"'2G.
Fait partie de la collection de M. L. Dignelïe, à Liège et de
celle de M. le capitaine Dejardin.
1825 à 1830.
N" 43 ler. Vue intitulée : Vue de la place du, Spectacle à
Liège.
F. Fa}ito}i. Lith. de C.remetti, Editeur.
Prise le long des maisons à gauche de la place Verte. A
gauche la rue de l'Harmonie dont les deux maisons du coin
sont seules construites, à droite la rue Hamal et au-dessus des
maisons les clochers de S'-Jean (le café Vénitien n'est pas en-
core installé au coin du boulevard de la Sauvenière). L'église
S'-Martin sur la hauteur.
Larj;. U"'555, haut. O-'^iO.
Fait partie de la collection de M. L. Dignell'e, à Liège.
18-25 à 1830.
N" 4'.> quater. Vue intitulée : Vue du Mont S'-Martin à Liège.
I\ h' (ml on. LU II. de Cremetti, Editeur.
Prise ihi l'diil (CAvroy. Il y a deux rangées d'arbres sur la
l»roineiia(lr dr la Sauvenièi'e. A droite il n'v a encore aucune
— 597 —
maison construite. Sur la hauteur on voit l'église S'-Martin
et à droite S'-Jean.
Larg 0'"555, haut. 0'"2(j.
Fait partie de la collection de M. Digneffe, à Liège.
1825 à 1830.
"S" 43 quinqiie . Vue intitulée : Vue de la cathédrale de S* -
Paul, à Liège.
F. FantoK. Litli. de Crenietti, Editeur.
Prise de la rue Vinàve-d'lle. A gauche la maison De Laminne,
etc., puis la rue S'-Paul. A droite la maison du coin de la rue
du Pont d'Avroy, occupée alors par la librairiL Polain. La fon-
taine de la Vierge est entourée d'un grillage. La place est
plantée d'arbres.
Larg. O^Se, haut. O^âôS.
Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège.
1829.
N" 46 6i«.Vue intitulée : Hôtel de Ville et le Perron de Liège.
111.
Cette vue représente la place du Marché,où s'élève la fontaine
avec le perron et l'autre fontaine à droite, aujourd'hui rem-
placée par celle en fonte placée un peu plus loin. Dans le fond
on voit IHôtel de Ville avec la rue du Perron à gauche. A
droite sont les rues sous la Petite Tour et sous la Grande Tour
et au-delà une porte de l'ancienne cathédrale de S*-Lambert.
Larg. 0,21, haut. 0,145.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Châteaux et monicmens
des Pays-Bas. Faisant suite au Voyage pittoresque, dédié à
S. A. R. la prïn*'^ d'Orange, rédigé par M. De Cloet.TomelL
Bruxelles. A la lithographie Royale de Johard frères éditeurs,
plaine S^^-Ciudule, N" 1^19. Un volume in-4", oblong, n" 111.
(87).
- 598
1829.
N" 46 fer. Vue intitulée : Université de Liège, i'24.
J.S. Lith. de Jobard.
Cette vue est prise de la place de l'Université. Au centre est
la salle académique précédée d'un grillage. A droite sont les
bâtiments tels qu'ils existent encore actuellement. A gauche le
bâtiment actuel n'était pas construit, de sorte qu'on aperçoit
dans le lointain le Pont des Arches.
Larg. 0'"21, haut. 0"'14.5.
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente,
n" 124 (88.)
1830.
N°47&i^\ Vue intitulée : Vue de la ville de Liège prise de
la porte de Tongres. iV 20.
de Peellaert del. Sturtn lith.
Cette vue est prise de la montagne de Hocheporte vers la
houillère de la Plomterie. On voit la route avec les remparts à
gauche et le fond Pirette à droite. En avant s'élève l'église de
S'-Martin.
Larg. 0™205, haut. 0'»15.
Se trouve dans l'album intitulé : All'um pittoresque des
Pays-Bas, pour faire suite au voyage pittoresque dédié à
S. A. R. la prin"" d'Orange, rédigé par M. De Cloet. Tome
L Bruxelles. A la litliographie Royale de Jobard, etc. Un
volume in-4". oblong, N" 20 ( ').
1830.
N"47 ter. Vue intitulée: Liège. Le 2S !'"''■' à 9 heures du matin
le Ch'^ Deletnme arbore le Drapeau sur la Fontaine.
C'est une vue du marché avec la fontaine du Perron, et celle
(') Ce troisième ouvrage de De Cloet est composé de 38 planches, sans texte.
Il est devenu trcs-rarr. .le dois la chance d'en avoir eu connaissance à M. L.
Dii^neffe qui le possède.
- 599 —
vers la place S^-LamberL On y voit l'Hôtel de Ville avec la rue
à gauche, et à droite une ancienne porte de S*-Lambert.
Larg. 0"'21,l]aul. 0"M4.
B'ait partie de la collection de M. L. Dignefîe, à Liège.
1830 ?
^° 41 quater. Plan intitulé: Plan de Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une liste de Renvois de 198 numéros.
Le canal de la Sauvenière n'est pas encore comblé ; la rue de
l'Université et la rue de la Cathédrale sont en projet.
Larg. O^S?, haut. O-nôOS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte et de
celle de M. le capitaine Dejardin, à Liège.
1832?
N° 48bis. Vue intitulée : Vue du Marché et de VHôtel de
Ville à Liège.
Lïth. de Cremetti, rue Pont-d'Ile, N° 34, à Liège.
Prise de l'entrée de la rue Royale, vers le Marché. On y voit
ce dernier, couvert de monde, la fontaine du Perron et celle en
avant. A droite, l'Hôtel de Ville et les ruines de la cathédrale de
S'-Lambert.
Larg. 0'"22, haut. 0'"I6.
Se trouve dans la collection de M. Léonce Digneffe, à Liège.
1832 •?
N° 48 <e/'. Vue intitulée : Place du Spectacle à Liège.
Lith. de Cremetti, rue Pont-d'Ile, N* 2, à Liège.
Prise de l'ancienne place aux Chevaux. A gauche est la salle
de Spectacle, puis la rue Haraal au-dessus des maisons de
laquelle on voit l'église S*-Jean. A droite le quai de la Sauve-
nière, et l'église S*-Maitin sur la hauteur. La place du Théâtre
est couverte de monde.
600
Larg. O'"21o, haut. 0'"l(j.
Se trouve dans la collection de M. L. Digneffe, à Liège.
1833 ?
N^ 4Sqiiater. Vue intitulée : Vue du Pont des Ai'ches à
Liège.
F. Renardy del.et litli. Lith. de C.remetti, rue Vinave-d'Ue,
N" 00 S, à Liège.
Prise du bord du fleuve, à la Goffe. A gauche on voit quel-
ques maisons du quai Sur Meuse, puis celles de la Goffe et du
quai de la Batte et au dessus la Citadelle. En avant le Pont des
Arches, au-delà duquel s'élèvent les flèches de S'-Barthélemi.
Sur la rive droite on ne voit que quelques maisons.
Larg. O^SiS, hauf. O^ieS.
Se trouve dans la collection de M. L. Dignefl"e, à Liège.
1833 ?
}i" ASquinque. Vue intitulée: Vue du Séminaire à Liège.
F. Renardy. Lith. de (h-emetti, rue Vinave-d'Ile,N" 003, à
Liège.
Prise du bord du fleuve au passage d'eau de la tour en Bêche.
La rive droite est à l'état de campagne. Sur la rive gauche, au
premier plan, on voit des ouvriers, l'arveau du séminaire,
puis le Séminaire, la sortie du canal, l'église des Augustins,
etc. Le clocher de S'-Gilles se dessine sur la hauteur.
Larg. 0"'2ô, haut. 0'"17.
Se trouve dans la collection de M. L. Dignefle, à Liège.
1835 ?
N" 49 ^is. Vue intitulée : Liège. PI. /.
Hôtel de ville. — The town hall.
Ghèmar, del. et lith. Lith. de P. Degobert, à Bruxelles,
('.liez D. Aoanzo et G", Editeurs. Déposé.
Prise de Centrée de la rue S'^-lJrsuIe vers le ManhO. On v
- 601 -
voit le Marché, la fontaine du Perron, et celle en avant qui a
été enlevée plus tard et remplacée par une en fonte. On voit
aussi l'Hôtel de Ville et la rue de la Violette à sa droite.
Larg. 0"'218, haut. 0™155.
Fait partie d'une collection de vues de la province de Liège
dont le titre est en français et en anglais.
1835 ?
N" 49 ter. Vue intitulée : Liège.
Salle de Spectacle. — The play house.
Ghémar del et lith. lÂth. de P. Degohert, à Bruxelles.
Chez D. Avanzo et C'% Editeurs. Déposé.
Prise du pied de la Sauvenière. On voit une grande partie de
la place du Théâtre, ainsi que les rues de l'Harmonie et Hamal,
avec l'hôtel d'Angleterre au fond.
Larg. 0™217, haut. O^ISS.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835 ?
N" 49 quater. Vue intitulée : Liège. PI. iS.
Place de Spectacle et église S^^-Croix. — Play house square
and St-Crosse''s church.
del et lith. Lith. de P. Degobert à Bruxelles.
Chez D. Avanzo et C'^, Editeurs. Déposé.
Prise du point de rencontre des rues de l'Université et de la
Régence. Au premier plan à gauche sont les maisons du pied
du Pont-d'Ile , plus loin on voit le commencement du boule-
vard de la Sauvenière, puis le pied de la Haute-Sauvenière et les
bâtiments de l'Official. Sur la place Aux Chevaux se trouve
encore la fontaine qui a été démolie en
Larg. 0"'217, haut. 0'"I55.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835?
^^"49 quinque. Vue intitulée : Liège. iS.
60ii
Vue du Séminaire et de VÉvêché. — Vieio of the Seminary
and the hishop'splace,
H. Borremans del. et lith. Lith. de P. Degobert, à Bruxelles.
Chez D. Avanzo et C'". Editeurs. Déposé.
Prise du pont de la Boverie. On ne voit que des arbres sur
la rive droite; mais sur la rive gauche, on rencontre d'abord
l'arveau qui a été démoli depuis pour ouvrir la rue des Pré-
montrés, puis le Séminaire et l'Évèché ; plus loin l'église des
Augustins et un grand nombre de maisons sur la même rive.
Sur la hauteur, l'église Saint-Gilles et des houillères.
Larg. O-^Sâ, haut. 0'M5.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835 ?
N° 49 sex. Vue intitulée : Liège.
Vue du pont des ArcJies et de la Citadelle. — View of the
pont des Arches and the citadel.
H. Borremans del. et lith. Lith. de Degobert à Bruxelles.
ChezD. Avayizo et C'". Editeurs. Déposé.
Cette vue est prise du quai entre l'ancien collège et l'Uni-
versité. Ce quai est occupé par des tailleurs de pierre. Sur la
rive droite on voit l'abattoir et l'église St-Pholien. Au dessus du
pont des Arches, la citadelle.
Larg. 0'»22, haut. 0™155.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835 ?
N" 49 septem. Vue intitulée : Liège.
Vue du Mont S^-Martin et promenade de la Sauvenière.
— View of S'-Martin Mountand the Sauvenière promenade.
H. Borrem,ans del. et lith. Lith. de P. Degobert, à Bru-
xelles.
Chez D. Avanzo et r;'% Edileurs. Déposé.
Prise du pont d'Avroi. II y a deux rangées d'arbres sur la
603
promenade. On voit à gauche sur la hauteur l'église Saint-
Martin et à droite celle de St-Jean.
Larg. 0'"22, haut. 0'"155.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835?
N" 49 octo. Vue intitulée : Liège.
Caserne St-Laurent. — The St-Laurenfs carracks.
Ghemar del. et lith. Lith. de P. Degobert, à Bruxelles.
Chez D. Avanzo et C'", Editeurs. Déposé.
Cette vue est prise d'une maison du faubourg St-Gilles. Au
premier plan on voit des toits de maisons. Dans le fond, à gauche
la caserne St-Laurent et l'hôpital militaire, des cheminées de
houillère, l'église St-Martin, etc.
Larg. O-^aS, haut. 0"4^.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835 ?
N° 49 novem. Vue intitulée : Liège.
Palais de justice et place St-Lambert. — 2he guildhall and
the Si-Lambert s'' square.
H. Borremans del. et lith. Lith. de P.Degobert, à Bruxelles.
ChezD. Avanzo et C'", Editeurs. Déposé.
Prise de l'extrémité de la place vis-à-vis du palais. La
rue Notger n'est pas percée. Il y a une rangée d'arbres et des
bancs à gauche.
Larg. 0"'218, haut. O'^lSâ.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835?
N" 49 decem. Vue intitulée : Liège. 22.
Pont de la Boverie, sur la Meuse. — Boverle bridge, upon
Maese.
J. A. Gérardot de Sermoise, Ingénieur.
H. Borremans del. Lith. de H. Borrem,ans et O' à Bru-
xelles.
- 604 —
Chez D. Avanzo et O*, Editeurs. Déposé.
Prise de la rive droite de la Meuse dans le prolongement de
la rue de l'Université. A gauche la fabrique Vanderstraten et à
droite l'hôtel de Belle vue.
Larg. 0™24, liaul. O^ISS.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835?
N''49 undecim. Vue intitulée : Liège.
Vue du quai de la Batte. — Vieuw ofthe quay de la Batte.
Ghémar, del. et lith. Lith. de P. Degohert, à Bruxelles.
Chez D. Avanzo et G'*, Editeurs. Déposé.
On voit à travers la première arche du pont des Arches, le
quai de la Goffe, le quai de la Batte, le Mont de piété et la
fabrique linière.
Larg. 0™225, haut. 0"'145.
Fait partie de la même collection que les précédentes.
1835. ^
N" 49 duodecim. Vue sans titre du pont des Arches.
C'est une copie du n" 48 quater de 1833?
Larg. O^iiS, haut. O""!!.
Fait partie de la collection de M. Léonce Digneffe, ù Liège.
1836?
N» 51 bis. Plan intitulé : Liège.
Avec une liste de renvois de 15 numéros.
Echelle de 1 à 20,000.
Larg. 0"'17,haut. 0"M9 et 0">10.
Se trouve sur la carte intitulée : Nouvelle carie générale de
la Belgique à Véchelle dei k 200,000.
Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph.
Vandermaelen (4).
(') OeUe carte a eu des (éditions subséquentes avec les modiftcalions nécessitc^es
par les changements survenus.
— 605 ^
1836?
N" 51 ter. Vue intitulée: Vue du Marche et de VHôiel-cle-
Ville à Liège.
M. Motizen, fec. Lit. de M. Cremetti rue de V Université à
Liège.
C'est une copie réduite du n" 43^ de 1827 à 1830.
Urg. O^US, haut. O^'IOS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1836?
N° 51 qualer. Vue intitulée : Vue de la Place du Spectacle à
Liège.
Lith. de Cremetti rue de V Université à Liège.
C'est une copie réduite du n" 43' de 1827 à 1830.
Larg. 0"'I45, haut. 0">!0?).
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1836 ?
N" 51 quinque. Vue intitulée: Vue du Mont-St-Martin à
Liège.
M. Monzen. Lith. de Cremetti rue de l'Université à Liège.
C'est une copie réduite du n" 43* de 1827 à 1830.
Larg. O-^M^B, haut. 0™i05.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1836 ?
N" 51 sex. Vue intitulée : Vue de la Cadèdrale S^-Paul à
Liège.
M, Monzen fec. Lit. de M. Cremetti rue de VUniversité.
C'est une copie réduite du n» 43' de 1827 à 1830.
Larg. 0'^445, haut. O^IOS
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte,
Liège.
606
1836 •/
N° 51 septem. Vue intitulée: Vue du pont des arches à
Liège.
Lith. de Cremetti rue de V Université à Liège.
Prise du quai derrière l'Université. A gauche le quai sur
Meuse, au-dessus la citadelle. Au-delà du pont le (juai de la
Batte et au-dessus les clochers des deux tours deSt-Barthélemi.
A droite quelques maisons.
Larg. 0"'145, haut. O^IOS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1836 ?
51 octo. Vue intitulée: Panorama de la ville de Liège. Pris
de la tour appartenant ci-devant au comte de Méan.
P. Monzen. Lith. de Cremetti^ rue de V Université à Liège.
C'est une copie réduite de moitié du n° 50 de 1836.
Larg. 0'"45, haut. 0"405.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1838.
N" 53 his. Vue intitulée : Liège. Gezigt op Luik.
W. H. Bartleit. A. H. Payne. London; Geo. Virtue.36. Ivy
Lane.
Cette vue est prise du haut de la rue Pierreuse, près de la
citadelle. On distingue les églises St-Paul, Ste-Croix, St-Jean,
St-Martin, le théâtre, etc.
Gravure sur acier,
Larg. 0™15, haut. 0'°10.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Vues de la Hollande et
de la Belgique, dessinées par W. h. Bartleit, esq. et accom-
pagnées d^ observations historiques et topographiques par le
professeur N. G. Van Kampen, d'Amsterdam. Londres, Geo.
Virtue. Un volume in-8°, page 186.
607
1839?
N° 53 quater. Vue intitulée : Liège. Lûttich.
Fussell del. A. Cruse scuip. London. Black et Armatrong.
Prise du quai d'Avroy vers la chapelle du Paradis.
Au premier plan on voit des ouvriers, bateliers, etc. Une
rangée d'arbres à gauche.
Gravure sur acier.
Larg. Omis, haut. OmlO.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège.
1840.
N" 54 his. Plan intitulé : Plan of Liège.
Puhlished by Eug. Landoy, Longue rue Neuve, 67, Brus-
sels. Indispensable guide for travellers.
Avec une légende de ^ à Z et de aa à ee pour les monuments
et établissements publics et une de 63 numéros pour les rues et
places, en français.
C'est une copie du plan précédent : les légendes sont les
mêmes .
Larg. 0"'-25, haut. 0™I75.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ihe indispensable guide
for travellers on the railroads of Helgium, etc., par Duplessis
et Eug. Landoy. Bruxelles, Un volume in-l'i. Page
1840.
N° 54 ter. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège. 1840.
Guide Pittoresque et Artistique du voyageur en Belgique, à
Bruxelles chez Hauman et C" Libraire, Rue du Nord, iV" S.
C'est une copie du précédent : le nouveau pont y est indiqué.
Larg. OmlSS, haut. 0'"155.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Belgique. Guide pitto-
resque et artistique du voyageur, par A. Ferrier, 4* édition.
Bruxelles. Hauman. 1842. Un volume in-i2. Page 253.
— 608 —
1840?
N" 55 6is. Vue intitulée: Liège. Eglise St-Paul.
Représente une partie de la rue Vinâve-d'Ile, la fontaine de
la Vierge et la rue St-Paul.
Larg. 0"'185, haut. 0"455.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte,
à Liège.
1840?
N° 55 ter. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Jacqiies.
Lith. liindeli, à Liège. Déposé.
On y voit toute la place St-Jacques et l'hôtel Whetnall,
à gauche.
Larg. 0"'18o, haut. O-^lôS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte,
à Liège.
1840?
N° 55 quater. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Martin.
A gauche le Trixhay.
Larg. 0"'18, haut. O^Iô.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte,
à Liège.
1840?
N" 55 quinque. Vue intitulée : Liège. Eglise St-Antoine.
Lith. Bindels-Huck. Pont-d'Ile, 39, Liège. Déposé.
A gauche la rue Moray, à droite la rue Hors-Château.
Larg. O^IS, haut. O-^IS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte,
à Liège.
1840?
N" 55 sex. Vue intitulée: Chapelle de Paradis.
Lith. Bindeis-IIuck. Rue Pont-cVlle, 34, à Liège. Déposé.
/i gauche le quai de Fragnée : à droite la route de
Namur.
i
— 609 —
Larg. OnMS, haut. O^ISS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1840 ?
N" 55 septem. Vue intitulée : Quai de la Batte, à Liège.
A. Numans sculp. Imp. de Bizolier. Emile Flatau, éditeur,
à Bruxelles.
On voit à travers la première arche du pont des Arches le
quai de la Goffe, le quai de la Batte, le Mont-de-Piété et la
fabrique linière : sur la rive droite les maisons de la rue des
Ecoliers.
Gravure sur acier.
Larg. C"M44, haut. 0"'097.
Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège.
1840.
N" 55 octo. Vue intitulée: Vue de Liège.
Cette vue est prise des Prés St-Denis. On voit à gauche
l'église des Augustins, puis celles de St-Nicolas, de St-Denis,
de St-Pholien, la chapelle de Ste-Barbe, puis les bords de la
Meuse.
Fait partie des vues qui entourent la carte du chemin de fer.
(Section de Waremme à Liège) (N" 86® des cartes).
Larg. 0'"H, haut. 0'"03.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Atlas pittoresque des
chemins de fer de la Belgique, etc. par Alph. Wauters.
Bruxelles. Vandermaelen, 1840. Un volume in-12, oblong.
Carte n" 13. Une seconde édition a paru en 1842 et une troisième
en 1844, mais avec d'autres planches.
1840.
bbnooem. Vue intitulée : Rives de la Meuse, N" 16.
Liège (Belgique). Heintz lith. Lith, de Cremetti à Liège.
Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. On voit à
— 610 —
gauche l'église St-Martin et les remparts de Hocheporte; au
centre la salle de Spectacle et derrière le dôme de St-André ; à
droite l'église St-Paul, et au premier plan les bâtiments d'une
houillère.
Larg. 0'"25, haut. 0'"16.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université de Liège et dans
la collection de M. le chanoine Henrotte.
1841.
N" 55 decem. Plan intitulé : Spécimen, du plan géométrique
parcellaire de la ville de Liège. Dressé en i84i par M. Bayet,
Inspecteur du cadastre. A Véchelle de 1 à 2,500 Mètres.
Gravé par Michel Palante. Lithographie par Palante frères
à Liège.
Avec une rose des vents.
Ce plan comprend la place Verte, la place St-Lambert, le
Marché et le Palais.
Larg. 0'"195, haut. 0"'2().
C'est le spécimen du n° 58.
1841.
N" 55 undecim. Vue du quai de la Batte, sans titre.
Borremans . H. Lesestre.
Montre le quai de la Batte jusqu'au delà de la fabrique de la
Société linière, à travers de la première arche du pont des
Arches.
C'est une copie du n° 49'* de 1835.
Laig. O-^OS, haut. 0'"04.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: La Belgique en i84i.
Bruxelles, Hauman, 1841. Un volume in-8. Page 109. Sert de
cul de lampe à l'article : Liège moderne.
Se trouve aussi dans : Guide illustré du voyageur en Belgique.
Bruxelles. Hauman 1845? Un volume in-12. Vignette placée en
des.sous du titre.
I
- 611 —
Ainsi que dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer belge-
rhénan. Vallé"- de la Vesdre, par Victor Joly. Bruxelles. Hau-
man. 1843. Un vol. in-18. Page 16 {').
Et dans la seconde édition de cet ouvrage. Bruxelles. Hau-
man. 1845. Un volume in-18. Page 22.
1841.
N" 55 duodecim. Plan intitulé : Lûttich.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende de quatre
numéros.
Ce plan, quoique très-petit, est cependant exact et presque
toutes les rues y sont indiquées.
Le chemin de fer ne s'y trouve pas encore quoiqu'il ait été
construit en 1838.
Larg. 0nj058, haut. O^OiS.
Se trouve sur la carte intitulée : Belgien und Luxemburg.
1841.
Entu\ u. gez. v. Pr. Lin. Renner.
Stahlstich (Direction v. Kleinknecht) ans der Schweinfurter
Geographischen Graviranstalt des Bibliographischen Instituts
zu Hildburghausen, Amsterdam, u. Philadelphia.
Cette carte fait partie d'un atlas sans titre en allemand. Un
vol. in-S" oblong.
Sur la même feuille se trouvent les plans de Bruxelles, Gand
et Anvers.
1841?
N» 55 tredecim. Plan intitulé : Plan de Liège.
Avec une légende de numéros.
Les coins du cadre sont coupés.
Larg. 0"41, haut. 0™08.
Se trouve sur une carte de la Belgique, entourée de huit
plans de villes et de dix vues de monuments.
(': Dans cet ouvrage la vue a pour titre : Léguai du Nord, à Liège,
612
1842 ?
N° 57 bis. Vue intitulée : Liège.
Buttura del. Couché sculp.
C'est une vue du Marché, prise vers la rue Féronstrée. On
voit à gauche la façade de l'Hôtel de ville et au milieu la fon-
taine du Perron, et la troisième fontaine.
Larg. 0'"11, haut. 0™085.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1842?
N"57 ter. Vue intitulée : Liège. (Belgique). Grande place.
Hôtel du Pavillon Anglais, tenu par M' M. Mathioll-Custers .
(Guide du voyageur en Europe, par M. Louis Clerc.
Bureau rue de la Santé, N" il .)
Lith. Desportes Pont neuf i5.
Avec une notice sur l'hôtel.
On voit à gauche un coin de la place Verte : dans le fond la
façade du Palais.
Larg. 0"'1M, haut. 0'"083.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide du voyageur en
Europe.
1842 ?
N" 57 quater. Vue intitulée : Liège. (Belgique) . Hôtel de
V Angleterre tenu par M. Cluck.
(Guide du voyageur en Europe, par M. Louis Clerc. Bureau
rue de la Santé, N" il).
Pignatel f . Lith. Pignatel et Fayard r. de VArhre-sec. i5.
Avec une notice sur l'hôtel.
On voit à gauche le théâtre et à di'oite les maisons bâties par
M. Latour vers 1830.
Larg. 0"'144, haut. 0'"08').
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente.
- 613
1843.
N" 59 ter. Plan intitulé : Embouchureu de l'Ourthe.
Echelle de 1 à 37,500,
Ce plan ne donne que la rive droite de la Meuse depuis le
pont du Val-Benoît jusqu'au Barbou, avec toutes les branches
de l'Ourthe.
Larg. O""!!, haut. O^O?.
Se trouve sur la carte intitulée : Bassin de VOurthe. (N° 92
bis) jointe au mémoire de H. Guillery, intitulé: Rivières.
VOurthe, imprimé dans les : Annales des travaux publics de
Helgique, etc. Bruxelles, 1847. Tom. 5. Pag. 97.
1843.
N" 59 guaté!)*. Vue intitulée: Promenade de la Sativenière
[LiégeJ. La Renaissance. N° 7. fd" année. J
Prise du pont d'Avroy. Il n'y a qu'une rangée d'arbres à
gauche. A droite, les jardins sont clôturés par les anciens
remparts.
On voit à gauche, sur la hauteur, l'église St-Martin et adroite
l'église St-Jean.
Larg. 0'"23a, liaiil. 0'"17.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La renaissance, chronique
des arts et de la littérature. Publié par V Association nationale
pour favoriser les arts en Belgique. Bruxelles. Imprimerie de
la société des beaux-arts. 5" vol. 1843-1844. In-folio. Page 57.
1843.
N" 59 quinque. Vue intitulée: Gezigtop Luik.
Album voor de Aardrijkskunde. Tweede Série. N" 8.
Prise du milieu de la Meuse d'un point difficile à préciser.
On voit sur les deux rives du fleuve des cheminées de fa-
briques et de houillères et un château avec deux tours.
Se trouve sur une mi;me planche avec trois autres vues, une
de Verviers et deux de Liège.
614
Larg. 0"105, haut. 0-n07.N.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Alhuni voor de Aardrijks-
kunde door P. J. Mendel Atlas van het koningrijk Belgie,
door H. Reding. Lahaye. Van Langenhuysen. 1843. Un volume
in-4" oblong. Page 228.
1843.
N" 59 sex. Vue intitulée: Luik.
Alhum, etc.
Prise de la rive gauche de la Meuse près de la chapelle du
Paradis. On y voit Tile d'Avroy et les quais : sur la hauteur les
bâtiments de l'ancienne abbaye de St-Laurent.
Larg. O-^HS, haut. 0"'075.
Se trouve sur la même planche que la vue précédente.
1843.
N° 59 septem. Vue intitulée: Luik.
Album, etc.
Prise du commencement du quai de laSauvenièrevers Avroy:
le canal existe encore : la promenade est plantée d'une rangée
d'arbres. Dans le fond sur la hauteur on voit l'église St-Martin.
Larg. 0"'105, haut. 0'"075.
Se trouve sur la même planche que les deux vues précé-
dentes.
1843 ?
N" 59 ocio. Vue intitulée : Papeterie de la station de Jos.
Stelling Werff et C'" à lÂége. (Belgique industrielle.)
Toooey del. et liih. Ttnp. Shnonau et Toovey. Bruxelles.
Geruzet éditeur.
Cette vue est prise du viaduc du chemin de fer près de la
rue Hemricourt : on voit cette rue à gauche ainsi que l'église
S**- Véronique.
Larg. 0n05, haut 0n>28.
Se trouve dans l'ouvrage intitulée :
L'i Hflgiqup indu.'itrielle, etc.
— 615 —
1844.
N° 59 )ioveni. Vue de la ville de Liège, sans titre.
L. Ghemar.
Cette vue est prise d'un point sur le plan incliné du chemin de
fer, vers le faubourg St-Gilles. On y voit St-Laurent, St-Martin,
St-Jean et la houillère de Bellevue, ainsi que la citadelle.
Larg. 0"'125, haut. 0^165.
Sert de cul de lampe à l'entête de l'article sur Liège dans
l'ouvrage intitulé : La Belgique monumentale, historique et
pittoiresque, par Moke, V. Joly, etc., etc. Bruxelles. A. Jamar
et Gh. Hen. 1844. Deux volumes in-8. Tome IL Page 143.
1844.
N<* 59 decem. Vue sans titre du pont des Arches.
Strohant del. Vermorcken.
On voit à gauche le quai de l'Université, puis le quai Sur
Meuse. Dans le fond, l'église St-Barthèlemi et la citadelle. A
droite, l'église St-Pholien.
Larg. O-^'llS, haut. 0"'10.
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente.
Tome IL Page 167.
1844.
N° 59 uyidecim. Vue intitulée : Rue Pierreuse, Liège. {Bel-
gique com,munale.)
Fourmois del. et lith. Imp. de Simonau et Toooey.
Cette vue est prise du haut de la rue Pierreuse. Dans la
percée, on distingue l'église St-Paul.
Larg. 0™265, haut. 0'"19.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Belgique communale,
revue des intérêts communaux. Publiée sous le patronage et
avec le concours de MM. Etc. Bruxelles. Devos éditeur. Briard.
1844. In-folio.
— 616 ~
1844.
N'^59 duodecim. Vue intitulée : Liège.
Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles. Au premier plan
on voit le chemin de fer (plan incliné), puis au-delà les églises
St-Jean, St-Paul, St-Ghristophe, St-Barthélemi, St-Denis, Ste-
Foi, les Augustins, etc.
Larg. O^lôS, haut. On-OS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les délices de la Belgique,
ou description historique, pittoresque et inonumentoAe de ce
royaume. Par Alphonse Wauters. Bruxelles. Froment. 1844.
Un volume in-8. Page 302.
1844.
N"59 tredecim. Vue intitulée : Le pont des arches à Liège.
Cette vue est prise du quai Sur Meuse, qui y figure sur toute
sa longueur. Au-delà du pont des Arches, on voit l'église St-
Barthélemi, et sur la hauteur la citadelle.
Larg. O-^ISS, haut. O-^OS.
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente.
Page 303.
1844.
N° 59 quatuordecim. Vue intitulée : Promenade de la Sauve-
nière à Liège.
Cette vue est prise du pont d'Avroy. On voit à droite l'église
St-Jean et sur la hauteur l'église St-Martin.
Larg. 0'M5, haut. 0i^08.
Se trouve dans le même ouvrage que les deux vues précé-
dentes. Page 316.
Kt dans l'ouvrage intitulé : Le guide i^idis pensable du voya-
geur sur les chemins de fer de la Belgique, par Duplessis et
Landoy. 8" année. IS*" édition. Edition royale. Bruxelles. Eug.
Lsndov. 1844-1845. Un vol. in-12. Page 182.
i
— 617 —
1844.
N° 59 gujîîdecim. Vue intitulée : Pf ace de la comédie à Liège.
Cette vue est prise de la place Verte. On voit à gauche la rue
de THarmonie et à droite la rue Hamal, Téglise St-Jean, puis
l'entrée du boulevard de la Sauvenière et l'église St-Martin.
Larg. O-nlSS, haut. 0^085.
Se trouve dans le même ouvrage que les trois vues précé-
dentes. Page 320.
1844.
N°59 sedecim. Vue intitulée : Vue de Liège.
Cette vue est prise du pont de la Boverie. On voit les quais,
le pont des Arches, etc., et à gauche l'église du Séminaire.
Fait partie des vues qui entourent la carte n° 92 quater.
Larg. O^O?, haut. 0m025.
Se trouve sur la carte intitulée : Carte pittoresque des chemins
de fer de la Belgique. Bruxelles. Vandermaelen. 1844.
Et dans l'ouvrage intitulé : Atlas pittoresque des chemins de
fer de la Belgique, etc., par A. Wauters. 3* édition. Bruxelles.
Vandermaelen. 1842 ('). Un volume in-12 oblong. PI. 14.
La plupart des vues sont copiées sur celles de l'édition del840.
1845?
N» 61 bis. Plan intitulé : Plan de Liège.
Echelle de 1 à 6,000.
C'est une copie du plan de 1827 (n° 45) avec les changements
survenus : le pont de la Boverie est construit; la rue Grétry est
percée; les quais d'Avroy et de la Sauvenière sont comblés; Té-
tablissemen' du gaz est construit; la rue de la Casquette est
prolongée; les rues de l'Université, de la Régence et de la
Cathédrale sont percées; la place Delcour et les rues aboutis-
santes sont en projet.
(*) La date de 1844 doit être substituée à celle de 1843.
— 618 -
Larg. 0">40, haul. U"'i9.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université, h Liège.
1845?
N° 61 ter. Vue intitulée : Liège. Marché et hôtel de ville.
Chez BindeU-Huck. Lithogr. Rue Pont d'ile, 34, à Liège.
Prise de la sortie de la rue Ste-Ursule. On voit le Marché,
deux fontaines, l'Hôtel de ville et la rue de la Violette à droite
de l'Hôtel de ville.
Larg. 0-^22, haut. O-^l-iS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845 ?
N°61 quater. Vue intitulée : Liège. Quai des Augustins.
Lith. Bindels-Huck, Bue du Pont d'ile, 34, à Liège. Déposé.
Prise du quai d'Avroi vis-à-vis la maison Begasse. La Meuse
est couverte de bateaux. Il y a une rangée d'arbres sur le quai.
On voit dans le lointain les églises St-Paul et St-Jacques, la
maison Donnéa, le Séminaire, etc.
Larg. 0'"225, haut. 0™145.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845 ?
N° 61 quinque. Vue intitulée : Liège. Salle de spectacle.
Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont d'Ile, 34, à Liège. Déposé.
Prise de l'entrée de la place Verte : on a à gauche la rue de
l'Harmonie et à droite le commencement du boulevard de la
Sauvenière.
Larg. 0'"225, haut. 0"'U5.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, k
Liège.
1845 ?
N" 61 sex.Yue intitulée: Liège. Boulevard de la Sauvenière.
Chez Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège.
619
Prise de la place du théâtre. Le boulevard est planté de deux
rangées d'arbres. Sur la hauteur on voit l'église St-Martin et le
clocher de
Larg. 0""2ib, haut. 0"M45.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845 '?
N" 61 septem. Vue intitulée : Liège. Vue du pont des arches.
Chez Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège.
Cette vue est prise du quai de la Goffe : elle présente à gauche
le quai des Tanneurs et l'église St-Pholien et à droite le quai
Sur Meuse.
Larg. 0"'22, haut. 0'"U^.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845?
N" 61 octo. Vue intitulée : Liège. Vue du pont neuf.
Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont dHle, 34, à Liège. Déposé.
Prise de la rive droite en amont. A travers les arches du pont
on voit le pont des Arches et l'école de natation. Sur la hauteur,
la citadelle.
Larg. O'^U, haut. O^IS.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845?
N° 61 nooem. Vue intitulée : Liège. Pont des arches, quai de
la Batte et citadelle.
Lith. Bindels-Huck, Rue du Pont d'Ile, 34, à Liège. Déposé.
Prise du quai des Tanneurs. On voit à gauche le pont des
Arches dans sa longueur. Sur la rive gauche de la Meuse on
aperçoit les clochers de St-Denis, St-Jean, Ste-Groix, Ste-
Catherine, St-André, etc. Au dessus la côte de la montagne
avec les jardins du Péry.
620
Larg. O^SS, haut. 0"i5.
Fait partie de la collection de M. le chanoine Henrotte, à
Liège.
1845.
N°6l decem. Plan intitulé : Liège. Lûttich.
Grav. u. gedr. i. d. lith. geogr. Inst. v. Wagner u. Kohi
i. Darmstadt.
Avec une légende de 50 numéros.
L'hôtel du Gouvernement est encore indiqué rue Table de
pierre : il a été incendié le 34 mars 1845. Le Collège est mal
placé : il était entre le pont de la Boverie et la rue de
l'Université.
Larg. 0"'n2, haut. 0"085.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Belgien. Handbûchlein
fur reisende, etc. 3'' édit. Coblence, Karl Badeker. 1845. Un
volume in-18. Pag. 14.
Et dans la 4*' édit. Coblence. K. Badeker. 1850. Pag. 14.
Et dans celui intitulé : Le voyageur en Belgique et sur les
bords du Rhin. Nouveau guide, etc. Anvers et Ostende. Max
Kornicker. 1847. Un vol. in-12. Pag. 244.
Au même texte on a donné le titre suivant : Le voyageur en
Belgique. Nouveau guide, etc. Anvers. Max Kornicker. 1850.
1845 ?
N*» 61 undecim. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège.
Guide illuatrè du voyageur en Belgique, à Brux. Hauman
et C'« Rue de Nord.
C'est une copie du n" 53 de 1838.
Larg. 0"M85, haut. 0"'i.55.
Se trouve dans Vo\ivrQ,ge\ni\\M\è: Guide illustré du voyageur
en Belgique (Ferrier). Bruxelles, Hauman. 1845? Un volume
in-12. Page 206.
— &2i —
1845 ?
N° 61 duodecim. Vue intitulée : Le Pont des Arches, à Liège.
A gauche l'église des Jésuites, en face le pont des Arches et
sur la hauteur la Citadelle; à droite le quai des Pêcheurs.
C'est une copie réduite du n° 42 ter de 1825.
Larg 0'"075, haut. 0"'05.
Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent,
page 210.
Et dans celui intitulé : Chemin de fer helge-rhénan. Vallée
de la Vesdre, par Victor Joly. 2'^ éd. Bruxelles. Hauman. 1845.
Un volume in-18. Page 18.
1845 1
N" 61 tredecim. Plan intitulé : Liège. LiUtïch.
Avec une légende de 50 numéros.
C'est une copie du n" 61 decem de 1845.
Larg. 0'"ll-2, haut. ^""{iU.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Manuel du ooyageur en
Belgique, itinéraire artistique, industriel et manufacturier;
etc., par Boyce et Richard. 6" édition. Paris, L. Maison. 1845?
Un volume in-12. Pag. 396.
1846.
N° 62 bis. Vue intitulée : Luik.
Steendr. v. Mensing en Last.
Cette vue est prise des hauteurs de St-Gilles.
C'est une copie amplifiée du n° 59 duodecim de 1844.
Larg. 0'M65, haut. O-^IO.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Belgie sedert de omiven-
teling in 1830, par Ignace Kuranda. Amsterdam, Hendrik
Frijlink. 1846. 2 vol. in-8. Tome I. Pag. 24.
1846.
N* 62 fer. Vue intitulée : De Pont des arrhes le Luik.
Steendr. v. Mensing en Last.
«22
Cette vue est prise du quai sur Meuse, qui figure dans toute
sa longueur. Au-delà du pont des Arches on voit l'église St-
Barthélemi, et sur la hauteur la Citadelle.
C'est une copie amplifiée du n" 59 tredecim de 1844.
Larg. 0"'165, haut. O^'IO.
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente.
Tom I. Pag. 1.
1846.
N"* 62 quater. Plan intitulé : Liège.
Avec une légende de 50 n'^*.
C'est une copie du n° 61 decem de 1845. On y a ajouté le
fardin botanique et la statue de Grétry.
LarK. 0"'H, liam. O-^OS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Nouveau guide indispen-
sable du voyageur sur les chemins de fer de la Belgique, etc.,
par J. Duplessy et Eug. Landoy. 15" édition. Bruxelles. 1846.
Un vol. in-12. Page 209.
1846.
N" 62 quinque. Vue intitulée : Place de la Comédie, à Liège.
C'est une copie réduite du n° 59 quindecim de 1844.
Larg. 0"'061, haut. 0'"0ô8.
Se trouve dans le même ouvrage que le pian précédent,
page 215.
1846.
N° 62 sex. Vue intitulée : Le Pont des arches, à Liège.
C'est une copie réduite du w 59 tredecim de 1844.
Larg. 0,065, haut. 0,04.
Se trouve dans le même ouvrage que la vue précédente,
page 216.
1846.
N^ 62 septem. Vue intitulée : Promenade de la Sauvenière,
à Liège.
&1-4
C'est Uïie copie réduite du n" 59 quatuordcriin de 1846.
Larg. ^"OBô, haut. 0"'0-4.
Se trouve dans le même ouvrage que les vues précédentes,
page 216.
1846.
N° 62 octo. Vue intitulée : St-Paul, à Liège.
Cette vue est prise de la rue Vinâve-d'Ile. On voit au premier
plan la fontaine de la Vierge, puis la place de la Cathédrale et
l'église St-Paul : à gauche la rue St-Paul.
C'est une copie du n" 55 his de 1840?
Larg. O-nOe, haut. 0'»Oil.
Se trouve dans le même ouvrage que les vues précédentes,
page 213.
1847?
N° Q'-lquatuordecim. Plan intitulé : Plan d'Alignement et de
Nivellement des abords du Palais de justice de Liège, Destiné
à guider les artistes prenant part au Concours institué pour
Vappropriation de ce palais aux cours de Justice, au gouver-
nement provincial et à V administration de V enregistrement,
timbre et domaines.
Mesuré et dressé par F. Van Der Rit, Archif.
Echelle de 1 à 1,250.
Avec trois échelles et une note pour les concurrents.
Ce plan comprend la Place St-Lambert, la Place Verte, la rue
Haute Sauvenière, les rues Volière, Pierreuse, Derrière le palais
et le Grand Marché. En dessous est un profil.
Deux autres feuilles représentant des façades du palais sont
jointes à ce plan.
Larg. 0"'U, hauL 0'"55
1847.
N" 62 quindecim. Plan intitulé : Ministère des travaux
publics. Ponts et Chaussées. Plan d'assemblage des travaux à
exécuter dans la traverse de Liège.
- &u —
Fait et dressé par C Ingénieur des Ponts et Chaussées
soussigné.
Liège, le il octobre 1817.
J. G. J. HOUBOTTE.
Présenté par Vlngénieur en Chef en service spécial.
Hocht, le 18 octobre 1847.
KUMMER.
Lith. .1 .-B. lUassean, Brux*.
Echelle de 1 à 4,000.
Ce plan comprend le fleuve dans son parcours entre le pont
du Val-Benoit et la Fonderie de canons, et les travaux de dériva-
tion et d'amélioration à y exécuter. C'est à peu près ce qui a été
fait. Sous le plan il y a un Nivellement en longueur de la
dérivation de la Meuse et du redressement du fleuve en regard
d'^Avroy.
En deux feuilles.
Laig. 1"'15, haut. 0"'o4.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ministère des travaux
publics. Projet d^aniélio ration du régime de la Meuse depuis
Pembouchure du canal de jonction de la Meuse à VEscaut
jusqu'à Chokier. Bruxelles. Em. Devroye et C'«. 1848. Un
volume in -4.
1848.
N»62 sedecf»*. Plan intitulé : Esquisse d^un projet d^amélio-
ration du cours de la Meuse.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une légende de A à E.
Ce plan ne donne que le cours de la Meuse depuis le pont du
Val-Benoit jusqu'à la Fonderie de canons et le cours de l'Ourthe
à partir des Grosses Battes.
Les travaux projetés consistent dans le creusement d'un
canal de dérivation de la Meuse prenant naissance à la pointe
de Tile des Cochons, traversant lepréMativa et venant rejoindre
625
le bras de l'Ourthe près de File Lulay. Cette île elle-même est
supprimée ainsi que l'île Wérihet. Du pont de Longdoz au pont
d'Amercœur l'Ourthe est élargie, et au-delà de ce pont il y a
un canal de dérivation à travers les prés St-Denis, qui va
rejoindre la Meuse derrière l'île Sur le Dos, à la Fourchette. Ce
projet a été exécuté en 1854 par M. Kummer. Une partie du
bras de l'Ourthe, dit Fourchu Fossé, passant contre l'île des
Aguesses et l'île des Cochons est supprimée et remplacée par
une branche plus directe qui va se jeter dans la dérivation.
Le bras dit Gollette et un autre qui entourent les prés St-Denis
sont également supprimés. L'étranglement de la Meuse vis-à-
vis du pré Mativa est élargi.
Enfin il y a en amont du pont de la Boverie un canal de jonc-
tion entre les deux bras de la Meuse, avec bassin.
Une station intérieure avec entrepôt est établie rue Grétry à
droite du pont de Longdoz : elle communique avec le chemin de
fer vers l'Allemagne par une ligne construite sur la berge de la
dérivation.
Il n'est pas question de rectification.
Larg. 0'"40, haut. 0'"â7.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Esquisse d'un projet
d'amélioration du cours de la Meuse, par P. G. D***(Dandelin).
Officier Supérieur du Génie. Liège, Fassin. 1848. Une broch.
in-4.
1848.
N" 62 septemdecim. Vue intitulée : Liège.
Cette vue est prise des hauteurs de S* Gilles : elle est petite et
insignifiante. C'est une copie réduite du w^ddxiodecnn de 1844.
Larg. 0"'075, haut. 0'"025.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Itinéraire du chemin de
fer de Paris à Cologne. Bruxelles, Meline, Cans et G'". 1848.
Un volume in-12. Page 45,
Dans l'elui ci-dessous : r>c Pari.<: à Cologne, Guide dp
— «2(5 —
Vétvanger en Belgique, etc. Bruxelles. Meline, Gans et G'".
1848. Un volume in-12. Page 47.
F]t dans celui intitulé : Guide Ph. Hcn. La Belgique. Guide
pittoresque, monumental, artistique, historique, géographique,
politique et commercial. Etc. Bruxelles. Ph. Hen, éditeur.
1856. Un volume in-12. Page 47.
1850?
N" 63 bis. Vue intitulée : Pont des arches.
On voit à gauche le quai Sur Meuse et à droite le quai des
Pécheurs. Dans le lointain les montagnes et la Citadelle.
Larg, 0"'055, haut. 0'»016.
Se trouve avec des vues d'édifices sur une carte d'adresse.
Lithographie de P. Bindels graveur lithographe, Liège. Rue
du Pont-d'Ile, 34.
1850 ?
N" 63 ter. Vue intitulée : Der Marktplatz in Lûtticïi. A. T.
Prise de l'entrée delà rue de Bex. On voit les trois fontaines
en pierre du Marché et à gauche le portail de l'église St-André.
Les coins supérieurs du cadre sont arrondis.
Larg. 0>"125, haut. 0'"17.
Fait partie de la collection de M. Léonce Digneffe, à Liège.
1852?
N"69 6ts. Vue intitulée : Promenade de la SauDonère et
l^église Sl-Mariin, à Liège.
Canelle del. et iith. hnp. Simonau et l'oovey.
Prise du Pont d'Avroy. Il n'y a qu'une rangée d'arbres à
gauche : à droite les jardins .sont clôturés par les anciens rem-
parts. On voit à gauche sur la huuleur l'église St-Martin et à
droite l'église St-Jean.
Cette vue a beaucoup d'analogie avec le n" ~)'i)<iuater de 1843.
Larji. 0"''24. haut. 0""lfi.
— 627 —
Fait partie d'une collection de vues de Belgique dessinées et
lithographiées par Canelle ou Stroobant et imprimées par
Simonau et Toovey.
1852.
N" 69 ter. Plan intitulé : Liège.
Gravé par Avril p^\ L. Maiso?i Editeur. Paris. Lilh.
Lemercier, Paris (l). Librairie de L. Hachette et O" à Paris.
Avec une rose des vents et une légende de 32 numéros. Le
plan est partagé en carrés avec des lettres correspondantes
dans la légende.
Larg. 0"'2i5, haut. 0'"17.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide pittoresque du
voyageur e)c Belgique. Itinéraire artistique, industriel et ma-
nufacturier, etc., par Richard. 1" édition. Paris. 1852 (2). Un
volume in-12. Pag. 413.
1854.
N° 72 bis. Plan intitulé : Chemin de fer de Liège à Utrecht.
Plan de la traverse et de la Station intérieure de Liège.
EtahP de E. Noblet, Éditeur à Liège.
Echelle de 1 à 5,000.
Ce plan ne comprend que la partie de la ville qui serait par-
courue par ce chemin de fer, qui irait d'abord de la station des
Guillemins à la caserne St-Laurent, en-dessous de laquelle il y
aurait un tunnel; puis de là à la porte Ste-Marguerite, aux
Anglais et aux Frères Gellites ; il passerait ensuite en-dessous
de Pierreuse par un tunnel et puis derrière St -Antoine, les
Rédemptoristes et les Carmélites, où serait la station; enfin il
continuerait à gauche dufaubourgVivegnis jusqu'à la commune
de Vottem.
Larg. 0"'94o, liaul. O'H-l.
{*) Dans les exemplaires de 4854, il y a : Imp. Kaeppelin, Quai Voltaire , il. Paris.
(*) D'aiitros pxem plaire? porlenl la date de IS.Sl.
- 6128 -
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer hollando-
belge de Liège à Utrecht parMaestricht et Bois-le-Duc. Section
de Liège à M aestrlcht Demandée en Concession. Mémoire. Daté
crAmay, Décembre 1853. Signé : L. Rome. Liège. Desoer.
1854. Une brochure in-4.
1854.
N" 74 quater. Plan intitulé : Plan annexé au Rapport de la
Commission spéciale des Égouis.
Echelle de 1 à '2,500.
Avec une légende.
Ce plan comprend la partie de la rive gauche de la Meuse
limitée à St- Jacques, St-Jean, la Salle de Spectacle, le Palais
et la Halle. Les édifices y sont seuls indiqués, ainsi que les
égouts existants et ceux à construire.
Larg. 0'«38, haut. O-^SO.
Se trouve dans Touvrage intitulé : Ville de Liège. Rapport
fait au conseil communal par la commission spéciale insti-
tuée pour Vexamen du Travail de M. V Architecte Remont,
sur les égouts de la ville de Liège. Liège. Redouté. 1854. Une
brochure in-8.
1855.
N" 77 bis. Vue intitulée : Liège.
Cette vue est prise de la Citadelle, comme le n° 69, dont elle
paraît être une copie.
Larg. 0'"105, haut. 0"'06.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide sur les bords du
Rhin. Paris. i855. Un volume in-l'i. Pag. 61.
Et dans le suivant, qui fait partie de la même collection :
(luide de la ligne du Nord. Londres. Cologne, Aix-la-Chapelle,
raris. IS.j.'j. Un volume in-1t2. Pag. 79.
1855.
N'^ 78 his. JM.'ui intitulé : Projet d'embarcadère couvert.
629
pour les immondices de la Ville de Liège, au portdeChéravoye.
Liège, le 5 juin 1855.
J.-P. SCHMIT.
Echelle de 1 à 500.
Avec une échelle.
Ce plan est limité à la Meuse, aux bâtiments de l'Université
et aux maisons de la rue sur Meuse à l'eau .
C'est une autographie.
Larg. 0™47, haut. 0"'25.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Rapport au collège des
bourgmestre et échevins de la ville de Liège, sur l'exploitation
en régie des services combinés du balayage public et de l'en-
lèvement des itnniondices pendant Vexercice 1854, par le
Directeur de ces Services. (J.-P. Schmit.) Liège. N. Redouté.
1855. Un volume in-8.
1856.
N" 78 ter. Pian intitulé : Ville de Liège. Plan N" , annexé
au rapport de M. l'Architecte de la Ville du 12 Mars 1856.
Annexe B.
Echelle de 1 à 2,500.
.\vec une échelle.
Comprend la partie de la ville située entre le faubourg Vivegnis,
la rue des Bayards, la Meuse et la prison. Les égouts existants
et Fégout latéral proposé y sont représentés. Donne un grand
nombre de cotes pour le niveau du sol et celui des égouts, ainsi
que la pente de ceux-ci. Deux courbes de niveau indiquent
['Intersection du plan de flottaison du bassin de laMeuse avec
les égouts et V Intersection du plan à 1"'25 plus haut que le
bassin de la Meuse.
Larg. 0™54, haul. 0"'56.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. 2« rapport
de la commission spéciale concernant l'i'gout latéral. Liège.
N. Redouté. 1856. Une brochure in-8.
- 630 —
1856.
N" 78 quater. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan N" ,
annexé à la note de M. V Architecte de la Ville, lue en séance
du ! 7 juin i856.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une légende pour la désignation des canaux et des
égouts existants.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai
d'Avroy,les boulevards d'Avroy et de la Sauvenière et la Meuse.
Il y a un grand nombre de cotes pour le niveau du radier
actuel des égouts et celui projeté si l'on relève les radiers.
Larg. 0'"48, haut. 0"'44.
Se trouve dans le même ouvrage que le précédent.
1856.
N" 78 quinque. Vue intitulée : Vne de Liège. F. Stroohant.
Cette vue paraît être prise du pied de la montagne de la
Chartreuse. On voit à l'extrême gauche l'église St-.Iacques,
derrière laquelle se montre une partie du dôme des Augustins.
En avançant vers la droite, on voit des cheminées de houillère
(Belle- Vue, etc.), puis les bâtiments de St-Laurent, l'église
St-Martin, et à l'extrême droite, plus rapprochée, l'église St-
Nicolas.
Larg, O^lâ, liaul. 0"42.
Sert de cul de lampe à l'article intitulé : Une excursion if
Spa, par 0. Squarr, qui se trouve dans le : Journal des dûmes
et des demoiselles. Bruxelles. Bruylant Christophe. 1855-1856.
Un volume in-8. Page 235.
1856.
N° 79(*). Vue intitulée : Liège. Vue générale.
Cette vue est prise de la citadelle et est assez exacte.
(') Cpltfi desciiption remplace celle du premier travail.
631
C'est une réduction du n" 69 de 1852 ? Lithographie à deux
teintes comme elle.
Larg. 0"'15, haut. O^OTS.
Fait partie d'une collection de 16 vues représentant les mo-
numents, places publiques, etc. de la ville de Liège, dessinés
et gravés par Bindels à une échelle moitié moindre que celle
dont le n" 69 fait partie. Elle a aussi été placée dans l'ouvrage
intitulé : Guide datis Liège. Liège. Renard. 1859. 1 vol. in-12.
1856.
N" 79 bis. Vue intitulée : Liège. Hôtel de ville.
C'est une copie du n" 61 ter de 1845?
Larg. 0"'i5, haut. O^OTS.
Fait partie de la même collection que la précédente.
1856.
N" 79 ter. Vue intitulée : Liège. Palais.
On y voit toute la place St-Lambert : le pont Notger, au-
dessus de la rue Notger, existe encore.
Larg. 0"il5, haut. 0">078.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N" 79 quater. Vue intitulée : Liège. Université.
On y voit la place de l'Université avec la statue de Grétry : à
gauche le quai Sur Meuse.
Larg. 0'"15, haut. 0'»078.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N" 79 quinque. Vue intitulée : Liège. Place dit Théâtre.
Prise du pied du Pont d'Ile : on y voit l'ancienne place Aux
Chevaux, l'entrée du boulevard de la Sauvenière, etc.
L;irg. 0"13. haut, 0™078.
- 632 —
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N°79 sex. Vue intitulée : Liège. Théâtre.
C'est une copie du n" 61 quinque de 1845? Elle a été repro-
duite en 1868 avec quelques changements. (N" 299.)
Larg. O-^IS, haut. 0'"078.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N° 79 septem. Vue intitulée : Liège. Eglise St Paul.
C'est une copie du n" 55 his de 1840?
Larg. O"! 5, haut. 0'"077.
Fait partie de la même collection que les précédentes, et se
trouve dans le : Guide dans Liège, page 61 .
1856.
N" 79 octo. Vue intitulée : Liège. Eglise St Jacques.
C'est une copie du n'' 55 ter de 1840?
Larg. 0™13, haut. O^OTg.
Fait partie de la même collection (jue les vues précédentes.
1856.
N" 79 nou'jm. Vue intitulée : Liège. Roulecard de la Sauve-
nière.
C'est une copie du n'^ 61 sex de 1845?
Larg. (rio, haut. 0"'078.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N" 79 decem. Vue intitulée : Liège. Mont St Martin.
C'est une vue prise du boulevard de la Sauvenière à la hau-
teur de la rue de la Casquette, où on voit l'église St-Martin et
le derrière des maisons du Mont-St-Martin.
Larg. (riô-2. haïU. (r079.
633
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N° 79 undecim. Vue intitulée : Liège. Pont des arches.
Cette vue est prise du quai de l'Université : elle présente à
gauche le quai Sur Meuse et à droite le quai des Pêcheurs et
l'église St-Pholien; au loin l'église St-Barthélemi, le Mont de
piété, et sur la hauteur la Citadelle.
Elle a été reproduite en 1859 avec la date : i859.
Larg. O-^lô, haut. O-^OTS.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes,
et se trouve dans le : Guide dans Liège, page 102.
1856.
N° 79 duodecim. Vue intitulée : Liège. Pont de la Boverie.
C'est une copie du n" 61 octo de 1845?
Larg. O-^lô, haut. 0"'078.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1856.
N" 79 tredecim. Vue intitulée : Liège. Quai de la Batte.
C'est une copie du n° 61 novem de 1845?
Larg. 0'"15, haut. O-^OTS.
Fait partie de la même collection que les vues précédentes.
1857.
N" 84 bis. Plan intitulé : Ville de Liège. Etablissement
de la station centrale. Raccordement des diverses Stations
entr'elles, et indication du tracé pour la traversée de la Ville,
du projet de chemin de fer liégeois-lim,bourgeois et hollando-
belge.
Etablissement géographique de Bruxelles.
Echelle du plan terrier 1 à 10,000 /'un centimètre pour iOO
mètres) . Echelles des profils : O^'Oi pour iOO mètres pour les
Longueurs ; 0,01 id. 20 mètres id. Hauteurs.
- 6H4 -
Ce plan va de la station des Guillemins à l'église de Herstal :
il ne donne que les rues voisines du chemin de fer projeté. Ce
chemin part des deux extrémités de la station des Guillemins
par deux courbes qui se réunissent près de la rue du Paradis,
vers le quai d'Avroy : il traverse l'Ile de Commerce dans sa lon-
gueur, et là se trouve une station centrale. Il va ensuite à la sta-
tion de Longdoz ; de celle-ci il passe au pied de la montagne de
la Chartreuse et vient traverser la dérivation de la Meuse, le
Barbou et la Meuse elle-même au-delà du pont Maghin,puis vient
passer derrière l'usine de la Vieille-Montagne, où il y a une
deuxième station. Il traverse ensuite la commune de Vottem et
la commune de Herstal, et une troisième station est projetée
près de la place, derrière le château de Henstal.
Ce plan est accompagné de profils.
Larg. O^S?, haut. O-^âS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Rapport de la commission
spéciale pour l'examen des projets de chemin de fer aboutis-
sant à Liège et des projets de station inférieure. Liège. Ledoux.
1857. Un volume in-8.
1857.
N" 84 ter. Vue intitulée : Liège.
Rouargue frères del. et se. Imp. F. Chardon aîné, 30, r.
Haute-Feuille. Paris.
Cette vue est prise du saillant du glacis vis à vis du bastion 5
de la Citadelle. On distingue particulièrement le dôme de St-
André, l'église St-Paul, la Salle de Spectacle.
Gravure sur acier.
Larg. 0"'165, haut. O^HS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Voyage pittoresque en
Hollande et en Belgique par Edmond Texier. Paris. Morizot.
1857. Un volume in-8. Page 382.
1858.
N° 88 (*). Plan intitulé : Liège.
{*) Celte description remplace celle du premier travail.
635
Atelier de Lith. de J . Coune. Liège. F. Renard, Editeur.
Avec une légende de 27 numéros pour les Edifices Publics,
etc. sur le côté du plan.
C'est une copie du n*» 61 decemde 1845 avec les changements
survenus depuis.
Larg. O""!!, haut. 0'"085.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : La Meuse belge. Histoire,
Légendes. Sites et Monumens. Etc., par le docteur Fremder
(Morel). Liège. Renard. 1858. Un volume in-12. Page 160.
Et dans celui intitulé : Guide dans Liège. Liège. Renard.
1859. Un volume in-12. Page 7.
. 1859.
N" 90 bis. Plan intitulé : Liège. To face p. 394.
Avec une légende de 4 numéros en français. Toutes les indi-
cations du plan sont en français.
Larg. O-^IS, haut. O'^U.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Weale^s handbooks for
tourists. Belgium, Aix-la-Chapelle and Cologne. Etc., par W.
H. James Weale. London. Dawson et fils. 1859. Un volume
in-12. Page 294.
1859.
N° 94 bis. Plan intitulé : Plan des abords du pont des arches
et des améliorations projetées dans le quartier de la Magde-
laine. Liège.
Echelle de 1 à 500.
Avec une échelle et une légende.
Ce plan es', le même que les deux plans précédents. 11 donne
les projets deM. Houbotte, celui arrêté par le Roi, celui examiné
par la commission, celui présenté par M. Jamar, et celui arrêté
par le conseil.
Larg. O^TIS, haut. O^S?.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège.
- 636
1859.
N*^ 94 ter. Plan intitulé : Ville de Liège. Théâtre royal
Plan indiquant les abords du Théâtre Royal.
Etabli de E. Noblet, Editeur.
Echelle de 1 à 500.
Avec une échelle et l'indication du noi'd vrai et du nord
magnétique.
Ce plan ne donne que la place du Théâtre et l'entrée des rues
qui y aboutissent.
Larg. 0'"-45. haut. 0"'5'2.
Fait partie d'une collection de 10 feuilles de dessin publiées
à l'occasion de la demande de projet d'agrandissement de ce
théâtre.
1860.
N° 98 bis. Plan intitulé : Liège.
Dressé par A. H. Dufour. Gravé par F. Lefévre. Écrit par
Langevin. Itinéraire de la Belgique par A. J. Du Pays. L.
Hachette et C^^. Editeurs. Paris.
Avec une rose des vents et une légende de 24 numéros et a et
b, à gauche du cadre. Le plan est partagé en carrés avec des
lettres correspondantes dans la légende.
Ce plan est assez étendu : il comprend la Chartreuse, la Fon-
derie de canons, la Citadelle, les bâtiments de St-Laurent, etc.
Gravure sur acier.
Larg. 0"'15o, haut. 0"'14.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Collection des Guides-
Joanne. Itinéraire descriptif, historique, artistique et indus-
triel de la Belgique par A. J. Du Pays. Paris, Hachette. 1860.
Un volume in-12. Page 355.
L'édition qui porte la date de 1863 est la même.
1860.
N» 99 bis. Plan intitulé : Chemin de fer Liégeois-Limbour-
geois et Hollando~Belge,(:oncession demandée le 7 juin 1S5S.
L. Stevens Ingénieur.
— 637 —
Etablissement géographique de Bruxelles fondé par Ph.
Vander Maelen.
Echelle de 1 à 20,000.
Avec une échelle et une légende.
Ce plan contient aussi les environs de la ville jusqu'à Mille-
morte, Liers, Voroux et Rocour, au nord ; Seraing, Angleur,
Chênée, au sud; Alleur, Loncin, Gràce-Berleur, à l'ouest; et
Herstal et Jupille, à Test. Il indique des projets de chemins de
fer vers la Hollande.
Le tronçon principal part sans plans inclinés de la station
des Guillemins, passe au-dessus du faubourg St-Laurent sur
un viaduc, au-dessus du faubourg Ste- Marguerite à l'aide
d'arcades pour aboutir à Hocheporte, où il y a une station cen-
trale qui occupe les terrains jusqu'à la place Ste-Claire. De
cette station centrale, la ligne se poursuit en passant au-dessus
de la rue Pierreuse, se dirige vers la cour des Mineurs, où elle
se bifurque. C'est à peu près le tracé du chemin de fer de cein-
ture qui a été exécuté ; mais à un niveau plus bas.
La ligne à droite se dirige vers le faubourg Vivegnis, puis
continue vers Herstal avec un embranchement pour le bassin
de Goronmeuse ; ensuite la ligne va jusqu'à Visé, où elle se
raccorde au chemin de fer de la rive droite, en projet,
La ligne à gauche se dirige vers les Bayards, puis suit la côte
du Vallon de Préaile à Herstal, et se dirige vers le plateau de
Vottem. De ce point part un embranchement allant à Ans. La
ligne principale se dirige par Millemorte, etc. jusqu'à Tongres,
puis va se raccorder à la ligne de Maestricht à Hasselt.
Il y a une variante à ce tracé, ainsi qu'un contre-projet pour
la ligne partant des Bayards, passant par Millemorte et Liers,
avec un embranchement sur Ans, qui est à peu près ce qui a
été exécuté.
Ce plan est un extrait des cartes n°* 14*, ÎA^, 15' et 15^ de la
grande carte de la Belgique au 4/20,000 de Vander Maelen.
Larg. 0"'.'i2, haut. 0^95.
- 638 _
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Chemin de fer liégeois-
îinihourgeois-hoUando-belge. Liège à Moerdyk et Gorcum, par
Herstal, Glons, Tongres, Bilsen, Ilasselt, etc. Demande en
concession, formée le 7 juin 1853, par L. Stevens. Liège.
Lardinois. 1860. Une brochure in-8.
1860.
N" 100. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Egout latéral. Plan indiquant la nouvelle direction à donner
à l'égout latéral aux abords du canal de Liège à Maestricht
ainsi que le syphon à établir sous ce canal pour faire débou-
cher Végout latéral dans la Meuse.
Annexé au rapport du soussigné en date de ce jour.
Liège, le 8 Décembre 1800.
L' Ingénieur-Directeur ,
G. BloiNDEN.
Etabl* de E. Noblet, Editeur.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une échelle,
Ce plan donne la partie de la ville depuis la Fonderie de
canons jusqu'au-delà de l'écluse de garde. On y a indiqué la
direction de Tégout d'après le projet du 30 juin 1858, et la nou-
velle direction proposée, ainsi que le siphon.
Larg. 0"'52, haut. 0™335.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux
publics. Egout latéral. Rapport de M. Blonden, ingénieur-
directeur des travaux de la ville, Concernant le projet d'un
siphon à établir sous le Canal de Liège à Maestricht, en aval
de fècluse de garde, près de la Fonderie de Canons. Liège.
Redouté. 1861. Une brochure in-8.
1860.
N° 101. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics. Plan
indiquant : 1° Les emplacements proposés pour le pont que
MM. Chies et Flechet demandent n construire sur la Meuse à
~ 639 —
St~Léonard. 2° Vemplacement du pont sur le Barbou. S° Le
projet de quai de la rive droite de la Meuse depuis le pont des
Arches jusqu^à Vextrémité aval de Vile dit Dos Fanchon.
4» Le projet de quai le long du Barhou sur Vile du Dos. 5° Le
projet de coninfunications dans les Prés St Denis.
Joint aux divers rapports du soussigné sur les projets sus-
mentionnés.
Liège., Décembre iS60.
L Ingénieur-Directeur,
G. Blonden.
Lith. deJ. (Joune. Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le pont des
Arches, les quais de la rive gauche depuis ce pont jusque vis-
à-vis du Champ de manœuvre , le Champ de manœuvre, le
Barbou et le canal de dérivation jusqu'au pont d'Amercœur, la
rue Entre-deux-Ponts, la rue Puits-en-Sock et la Ghaussée-des-
Prés jusqu'au pont des Arches.
Larg. 0"'695, haut. On-Sl.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux
publics. Pont sur la Meuse en face de ^ancienne porte Sl-
Lèonard. — Pont sur le Barbou à Vextrémité aval du Dos-Fan-
chon. — Quai de la rive droite de la Meuse depuis le Poni-des-
Arches jusqiVà la même limite duDos-Fanchon. — Communi-
cation dans les Prés St-Denis.
Projet. — Délibérations. — Observations. — Oppositions.
Rapports et plan de M. Blonden, ingénieur-directeur des
travaux de la ville. Liège. Redouté. 1861. Une brochure in-8.
1861.
N^lOSbîs. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Dégagement de Vllôtel provincial . T^rojet approuvé par arrêté
royal du i6 Mai 1860.
640
Etabl' de E. Nohlet. Editeu,-.
Echelle de 1 à 200.
Ce plan comprend la rue Notger, les Degrés St-Pierre, et une
partie de la place St-Pierre et de la rue Neuve derrière le
Palais. 11 est accompagné de 3 profils longitudinaux. Le talus
entre la rue Notger et la rue St-Pierre est franchi au moyen d'un
escalier double aboutissant à une petite place de niveau avec la
rue St-Pierre. Des bâtiments auraient été construits aux deux
côtés de l'escalier et une rue en pente aurait conduit de la rue
Derrière le palais à la rue St-Pierre. Ce projet a été abandonné,
parce que l'Hôtel du Gouvernement n'était pas assez dégagé.
Larg. 0m73, haut. 0i"64,
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux
publics. Nouveau projet pour le dégageinent de Vhôiel pro-
oincial vers In rue Notger. Liège. Redouté. 1861. Un vol. in-8.
1861.
N" 103 ter. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Dégageinent de Vhôtel provincial. Nouveau projet.
Dressé par le soussigné le 20 Mai i861. Annexé à bOn
rapport du SO Juin suivant.
fj Ingénieur-Directeur ,
G. Blonden.
EtnbP de E. Noblet, Editeur.
Echelle de 1 à 200.
Ce plan a la même étendue que le précédent. Il est aussi
accompagné de trois profils longitudinaux. Le talus entre la rue
Notger et la rue St-Pierre est occupé par un petit square, A
gauche est un escalier remplaçant les Degrés St-Pierre et à
droite une rue en pente conduit de la rue Derrière le palais à la
rue St-Pierre.
Larg. 0"'79, haut. 0"'62.
Se trouve dans le même ouvrage que le précédent.
— 641 —
1861.
N" 103 quater. Plan intitulé : Projet d'une grande place avec
fontaine et amphithéâtre aux abords de l'Hôtel provincial.
Echelle de 1 à 400.
Avec une échelle et une légende, signée :
Liège, 5 Juin 186i.
Le membre correspondant de la cotnniissioh
royale des monuments,
Dewandre.
Ce plan comprend une partie du Palais, la rue des Degrés-
St-Pierre et la rue Neuve derrière le palais.
Le talus entre la place St-Pierre et la rue Notger est formé en
amphithéâtre avec terrasses étagées, en hémicycle. Une rampe
contourne cet amphithéâtre et aboutit à la place St-Pierre : sa
pente est de 0,066 pour 1 mètre.
Larg. 0"'34, haut. O'^ii.
Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège.
1862 ?
Mo -104 i)[s^ Plan sans titre de la ville de Liège.
Échelle de 1 à 20,000.
Ce plan est dressé à l'appui d'un projet de station intérieure
sur l'île Franck. Cette station est reliée à la station de Longdoz
au moyen d'un pont sur la Dérivation, et à celle des Guillemins
par une voie traversant la Meuse, en face de l'Evêché, ainsi que
l'Ile de Commerce, où il y aurait une station, et le chenal du
bassin, près de la chapelle du Paradis.
Sur ce plan est également indiqué un raccordement entre la
station de Longdoz et celle de Vivegnis, partant du pied du
Thier de la Chartreuse et nécessitant la construction de trois
ponts.
Il indique aussi le point de départ du chemin de fer du plateau
de Hervé, et une rectification du chemin de fer de l'Ourthe.
<J4t>
Laij;. U"'-2-2o, haul. 0""28.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin.
1862?
N" lui ter. Plan sans titre d'une partie du plan précédent.
Echelle de 1 à 2,500.
Ce plan comprend la station de Longdoz et le projet de
station sur l'Ile Franck.
Larg. 0'"255, haut. 0"'5I5.
Sur la même feuille que le plan précédent.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin.
•1862 ?
iN" 104 quater. Vue intitulée : Pensionnai des filles de la
Croix, à Liège.
Lith. J. Crernetti, r. Lulay, 14, Liège.
Dessiné et gravé par C. Lallemenl.
C'est une vue à vol d'oiseau du couvent et des jardins qui
s'étendent jusqu'à la citadelle.
Larg. 0'"185, haut. 0"'25.
Se ti'ouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège.
1862 1
y>" iOA quinquc. Plan intitulé: Plan du l'arc ou Jardin
public à établir à la Boverie, à Liège.
Le plan de Comparaison du nivellement, etc.
Echelle de 1 à 1,000.
Donne la partie de la ville comprise entre la Meuse et la
Dérivation jus(|u"au ]'uut suspendu projeté. La rue Kenoz est
projetée.
L'emplacement du parc est en blanc.
En trois lèuilles.
Laii; l"'i5, haul. 0"'55.
— 643 —
Se trouve à la bibliothèque de l'Université, à Liège.
1862 ?
N" 104 sex. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Plan des
parcelles à aliéner dans les nouvelles rues du Béguiiiage St
Christophe.
N. B. Adresser les offres, etc.
Echelle de 1 à 450.
Ce plan offre la partie de la ville comprise entre les rues
Jonfosse, Sur la Fontaine et St-Ghristophe et le Collège des
Jésuites.
Larg. 0""625, haut. O'Hô.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Uejardin.
1863.
N" 104 septein. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux
publics. Projet de Squares et de Voies spéciales pour les Cava-
liers et les Voitures suspendues, adopté par le Conseil Com-
munal dans sa Séance du 12 Juin 1863.
Dressé par le Soussigné et annexé au Cahier des Charges
pour Vexécution de ce projet.
Liège, le 17 Jiàn 1863.
L' Ingénieur-Directeur ,
G. Blonden.
Etab. Lith. et Chrom. de L. Severeyns-Michel, Liège.
Echelle de 1 à 1,000.
Ce plan ne donne que le boulevard de la Sauvenière^ le bou-
levard et le quai d'Avroy jusqu'à la chapelle du Paradis. Le
square vis-à-vis de la rue Darchis et celui le long du bassin de
Commerce a été exécuté ; la chaussée macadamisée pour les
cavaliers et les voitures suspendues qui coupait la promenade
en deux depuis le pont d'Avroy jusqu'à la rue Ste-Véronique,
ne l'a pas été.
Larg. î2a,02o, haut. 0'"595.
HVt
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux
publics. Projet de ooies spéciales pour les cavaliers et les
voitures, le long des boulevards de la Sauvenière et d''Avroy.
Liège. Ledoux. 1863. Une brochure in-8.
1863.
i\o 104 octu. Plan intitulé : Société royale d'horticulture de
Liège. Projet d^unjardiu d'horticulture et d'' acclimatation , à
exécuter à la Boverie, à Liège.
Etablissement Lithographique et Chrom,ûlithograpJnque de
L. Severeyns-Michel , rue Sœurs-de-Hasque, ii, Liège.
Echelle de 1 à 3,000.
Avec une rose des vents.
Donne la partie de la ville comprise entre la Meuse, la Déri-
vation et la rue du Parc, avec un projet de parc sur cette pointe
de terre.
En six teintes.
1863.
N" 104 novem. Sur la même feuille est le plan de la partie du
parc qu'on propose d'enclore pour y créei' un jardin d'acclima-
tation, à une échelle plus grande.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une rose des vents et une légende de 42 numéros.
En six teintes.
Ces deux plans sont dus à l'architecte Remont. père.
Larg. 0'"575, haut. 0'"585.
Se trouvent dans l'ouvrage intitulé :8ocié<t' royale d'horticul-
I lire de Liège. Projet de créer un jardin d^ acclimatation et d'ex-
pcrimenloAlo)! de plantes et d'iDiimaux utiles au parc de la
Booeri,e, à Liège. Liège. De Thicr et Lovinfosse. 1863. Une
brochure in-8.
1866 ■!
.\"'29L l'I.iti inliluii' : Xouvcau quartier ii créer n Liège.
— 645 —
MeiUeui' moyen d'utlUser Vile de Coimnerce. (Projet présenté
par M. Inel.J
Lith. V^ Kirsch, à Liège.
Echelle de 1 à 2,500.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai
d'Avroy, le Parc et le Jardin d'acclimatation. L'île de Com-
merce est couverte de bâtisses traversées par des rues allant
d'un pont à l'autre.
Larg. OnO, haut. 0"^24.
Ce plan doit être joint à un mémoire.
1866.
N" 292. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet de quartier sur
tes terrains de Vile de Commerce dressé et proposé par le
Géomètre N. Mulkay.
Juillet 1866.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents.
Ce plan comprend la partie de la ville limitée aux Bénédic-
tines et au pont de la Boverie, au nord; les environs de la station
des Guillemins, au sud; le Jardin d'acclimatation, à l'est, et les
rues Beckman, Fabry, etc. à l'ouest.
Le bassin de Commerce est comblé et un bassin de refuge
est creusé en amont du pont de Commerce. Ce pont est pro-
longé du côté de la ville au-dessus de l'écluse du bassin. Une
seconde écluse contre les fermettes sert à la navigation sur le
fleuve.
Un boulevard de d, 750™ de longueur dans le prolongement
de la rue des Guillemins, va jusqu'à la place de l'Université.
On trouve à l'emplacement du bassin comblé et de l'île une
surface de terrains à bâtir de 80,000 mètres carrés.
Larg. 0™645. haut. 0'"il.
Est encore dans le commerce.
- «46 —
1866.
N» 293. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet, etc.
C'est le même plan que le précédent, modifié.
Le bassin de Commerce est comblé et n'est pas remplacé. La
surface de terrain à bâtir est de 113,600 mètres carrés.
Larg. 0"'645, haut. O^ii.
Est encore dans le commerce.
1867.
N° 294. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Projet pour l'appropriation des Terrains de Vile dite de com-
'merce. Litta A.
Dressé par le soussigné Ingénieur Directeur.
Liège, le 14 Février IS67.
G. Blonden.
Etablissement Lithographique de Ch. Claesen, à Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la rue
Darchis et le pont de la Boverie,au nord; le parc public,au sud;
les quais Orban et Mativa, à l'est, et le quai d'Avroy, à l'ouest.
Le bassin reste : les terrains à bâtir sur l'île de Commerce
ont une surface de 65,825 mètres carrés.
Larg. 0'"76, haut. 0"'69.
Se trouve joint au mémoire intitulé: Ville de Liège. Travaux
publics. Projet d^ appropriation des terrains de Vile de Com-
merce. Avril 1867. Liège. De Thier et Lovinfosse. 1867. Une
brochure in-8.
1867.
N" 295. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Projet pour V appropriation des Terrains de Vile et du Bassin
dits de commerce. Litt" B.
Dressé, etc.
Ce plan a les mêmes limites que le plan précédent.
— 647 —
Le bassin de Commerce est comblé et reporté contre la
Meuse : il est partagé en deux. Le pont vis-à-vis de la rue de
Fragnée reste : l'écluse près de l'Evêché est déplacée. Il y a un
pont fixe entre les deux bassins dans le prolongement du pont
sur la Meuse. Les squares sont agrandis et la surface des ter-
rains à bâtir est de 67,025 mètres carrés.
Larg. 0'"76, haut. 0"'i9.
Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent.
1867.
N" 296. Plan intitulé : Ville de Liège. Etc. Varianle Litt" a
du Projet Litt" B.
Dressé, etc.
Ce plan a les mêmes limites que les précédents.
Le bassin d'amont du plan précédent est supprimé et rem-
placé par un chenal : le pont vis-à-vis de la rue de Fragnée
est déplacé. La surface des terrains à bâtir est de 72,250 mètres
carrés.
Larg. 0"'76, haut, 0'"49.
Se trouve dans le même ouvrage que les deux plans précédents.
1867.
N" 297. Plan intitulé : Ville de Liège. Etc. Variante Litt" b
du Projet Litt" B.
Dressé, etc.
Ce plan a les mêmes limites que les précédents.
Le chenal du plan présent a son point de départ plus en aval ,
de sorte que la surface des terrains à bâtir est portée à 79,900
mètres carrés.
Larg. O'^Te, haut. 0™49.
Se trouvedansle même ouvrageque lestroisplans précédents.
1867.
N^ 298. Plan intitulé : Ville de Liège. Etc. Litf C.
Dressé, etc.
— 648 —
Ce plan a les iiiènies limites que les précédents.
Le bassin de Commerce est supprimé et n'est pas remplacé.
Le barrage d'aval est reporté en amont et à côté est construite
une double écluse. La surface des terrains à bâtir est donc plus
grande : elle est de 98,350 mètres carrés.
Larg. 0'"76, haut. OnQ.
Se trouve dans le môme ouvrage que les quatre plans précédents .
1867.
N" "299. Plan intitulé : Ville de Liège. Etc. Variante du
Projet Litt" C.
Dressé, etc.
Ce plan a les mêmes limites que les précédents.
Il n'y a de différence avec le plan précédent que dans la
division des terrains à bâtir dont la surface e.st portée à 103,050
mètres carrés.
Larg. 0"'7t>. haut. 0'"49.
Se trouve dans le même ouvrage que les cinq plans précédents.
1867.
.\" 300. Plan intitulé : Ville de Liège. Ile de Commerce.
Projets d' approp riation proposés par le géomètre N. Mulkay.
Echelle de 1 à 6,250.
Ce plan s'étend depuis la place St-Lambert et le pont des
Arches au nord, jusqu'à la chapelle du Paradis et la station des
Guillemins au sud ; il est limité à la Meuse à l'est et au faubourg
St-Gilles et la rue Louvrex à l'ouest.
Le bassin de Commerce est comblé. Un boulevard de 1,750
mètres de longueur dans le prolongement de la rue des Guille-
mins va jusqu'à la place de l'Université. De là part une rue qui
aboutit à la place St-Lambert. Une autre rue part du quai
Cockerill pour aboutir à la rue du Pont d'Avroy en empruntant
la rue du Moulin. Le bassin de Commerce est reporté contre la
.Meuse en ainonl du pont de Conmiercc. La surface de terrain
649
à bâtir sur l'emplacement de l'île et du bassin est de 78,000
mètres carrés.
Larg. OnOS, haut. 0'"22.
Se trouve joint au mémoire intitulé : Ville de Liège. Appro-
priation des terrains de Vile de Commerce. Plan et rapport
Adressés à Messieurs les Président et Mem.bres du Conseil
communal de la ville de Liège. Par N. Mulkay, Géomètre.
Liège. A. Faust, 1867. Une brochure in-8
1867.
N^SOl. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Avant-projet
de reconstruction de VHôpital de Bavière. Plan litt" A.
Dressé par V Architecte soussigné.
Liège le '2i Juin 1867.
E. Halkin.
Etab: Lith: de Ch. Claesen, Faub. St Laurent 61 , Liège.
- Echelle de là 1,000.
Avec une échelle et une rose des vents. La légende se trouve
dans le texte.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la Meuse,
les rues Ghaussée-des-Prés et Puits-en-Sock, la rue des Ré-
collets, la rue En-Châtre, etc.
On y a indiqué le tracé d'un nouvel hôpital sur les terrains
de l'hôpital de Bavière actuel, ainsi que divers projets de rues.
Larg. 0'"42, haut. 0"'29.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Hospices civils de Liège.
Rapport de la commission spéciale instituée pour Vexam,en
des Plany. d' Agrandissement et d' Amélioration de l'hôpital de
Bavière. 21 Juin 1867 . Liège. De Thier et Lovinfosse. 1867.
Un volume in-12.
1867.
N° 302. Plan intitulé : Hospices civils de Liège. Avant-projet
de reconstruction de VHôpital de Bavière. Plan litt" B.
— 650 —
Dressé par ^Architecte soussigné.
Liège le ^21 Juin 1867.
G. Umé.
Etab: Lith: de Ch. Claesen, Faub. St Laurent 67, Liège.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une échelle et une rose des vents.
Ce plan est fait dans les mêmes limites que le plan urécédent.
Le tracé de l'hôpital, ainsi que celui des rues nouvelles est
autre que dans le premier plan,
Larg. 0™29, haut. 0'»42.
Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent.
1867.
N°303. Plan intitulé : Avant-Projet d'Emplacement d'une
Station de Marchandises avec Bassin de Conimeree, Entrepôt,
etc., etc. Comprenant la suppression du Fourchu-Fossé et ren-
dant Navigable la Dérivation de la Meuse à Liège.
Liège le i3 Septembre 1867.
N. MuLKAY, G. Umé.
géomètre. architecte.
Etabl. Photolithographique de Ch. Claesen à Liège.
Echelle de 1 à 7,400.
Avec une échelle.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la station
des Guillemins, celle deLongdoz et l'entrée du canal de l'Ourthe
dans la Meuse. Le bras de l'Ourthe dit Fourchu-Fossé est sup-
primé et les eaux de cette rivière se rendent dans la Dérivation
de la Meuse, en aval du pont suspendu, par le bras qui longe les
îles Jodry, Bernimolin et aux Ecorces, qui est élargi. Un
bassin est creusé sur l'île des Cochons, communiquant avec le
canal de l'Ourthe et avec la Dérivation. A côté sont des entrepôts.
Sur nie des Aguesses est une station pour les marchandises.
Larg. 0"'r)15, haut,0"'255.
— 651 —
Se trouve joint au mémoire intitulé : Avant-projet d'empla-
cement dune station générale de marchandises avec bassin de
commerce, entrepôt, etc., comprenant la suppression du
Fourchu-Fossé et rendant navigable la dérivation de la
Meuse à Liège, par Mulkay et Umé. Liège. De Thier et Lovin-
fosse. 1867. Une brochure in-8.
1867.
N° 304. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'appropria-
tion des terrains de Vile du Comm,erce par M. E. Halkin,
architecte.
Supplément au journal Le Foyer.
Echelle de 1 à 4,000.
Ce plan s'étend depuis le pont de la Boverie jusqu'au chemin
de 1er de la houillère du Paradis.
Le bassin de Commerce est comblé et remplacé par un petit
bassin situé à la pointe sud de l'île de Commerce. Un autre
bassin avec entrepôt et chemin de fer communiquant avec la
station est creusé à la pointe nord de l'île. II y a 6 lots
de terrain à bâtir, d'une contenance de 79,314 mètres carrés.
Larg 0'".^65, haut. O'^S^.
Est encore dans le commerce.
1868.
N" 305. Vue intitulée : Liège. Théâtre.
Prise de l'entrée de la place Verte.
C'est une reproduction du n° 79 sex avec la statue de Grétry
au centre du square qui a été établi sur la place.
Larg. O-^IS, haut. D'ILOTS.
Fait partie de la collection de 16 vues mentionnées aux n"*
79 à 79 tredecim.
1869.
N» 306. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet pour Vappro-
priation des Terrains de Vile et du Bassin dits de commerce.
x>7 Mai 1869.
— 65i2 —
Etabl. Ijth. de C.h. Claesen, Ri(e Jardin Botanique N" 26 à
Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan a les mêmes limites que les n"» 294 à 299 de 1867. Il
est dû à M. Orban-Lamarche.
Le bassin de Commerce est comblé et reporté contre la Meuse
en amont du pont de Commerce. Le pont vis-à-vis de la rue de
Fragnée reste ; l'écluse près de l'Evêché est déplacée et rem-
placée par deux autres : l'une pour les bateaux à vapeur com-
muniquant directement avec la Meuse en amont et en aval, au
moyen du déplacement du barrage, et l'autre communiquant
avec le bassin par un chenal passant sous le pont de Commerce
prolongé.
Les squares sont agrandis et la surface des terrains à bâtir
est de 99,000 mètres carrés.
Larg. O-^Te, haut. Oq49.
Se trouve joint à un mémoire manuscrit.
1869.
N"307. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège.
Propriété L. Severeyns, Imprimeur de V Administration
Provinciale. Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
C'est le même plan que celui de 1866, n° 108; mais la légende
n'y est pas. On a prolongé quelques parties en dehors du cadre,
pour comprendre, au nord, la station de Vivegnis ; à l'est, le
Champ de manœuvre et le Tir communal ; au sud, le prolonge-
ment de la station des Guillemins, et à Touest, l'établissement
de Fontainebleau.
Larg. 0"'ôO, haut. 0'"25.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Grand tir international
et fêtes liégeoises organisés Sous le patronage de V Administra-
tion communale, par la garde civique et les habitants de Liège
♦)5:
avec le concours de la cille de iSpa El des gardes cioiques d<:.
Verviers et de Huy. Carnet-guide contenant le programme
officiel des fêtes et du tir international de Liège et de Spa; les
indications nécessaires à Messieurs les étrangers; le plan de
la ville de Liège, etc., etc., etc. Liège. N. Redouté, imprimeur
du Comité des fêtes. 1869. Une brochure in-18.
1869.
N" 308. Plan intitulé : Ville de Liège. Chemin de fer améri-
cain. Plan général du parcours des voies.
Liège, le 15 Novembre 1869.
P.-J. MARMONT.
Le mandataire,
F. DE Grandvoir.
Lithographie de H. Dessain Imprimeur Libf.
N" i. S* tirage.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une échelle.
Ce plan donne toute la partie de la ville parcourue par le
chemin de fer américain, depuis la station des Guillemins, en
passant par la rue de la Station, le quai et le boulevard d'Avroy,
le boulevard de la Sauvenière, la place St-Lambert, la rue
Féronstrée, le faubourg St-Léonard, jusqu'à la Fonderie de
canons, avec une annexe jusqu'à Coronmeuse. Un embranche-
ment part de la place du Théâtre et va jusqu'à la station de
Longdoz. Cet embranchement est encore relié à la ligne prin-
cipale le long de tout le quai Gockerill ; mais cette ligne n'a pas
été maintenue. Il y a en outre des raccordements ultérieurs à
travers l'île de Commerce.
L'appropriation de l'île de Commerce est indiquée avec un
jardin public, une partie bâtie, un bassin en amont du pont de
Commerce et deux écluses en aval, l'une pour les bateaux
ordinaires et l'autre pour les bateaux à vapeur, avec déplace-
ment du barrage.
En trois feuilles.
654
Larg. (""f-O, haut. O^TO.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin.
1869.
N° 309. Vue intitulée : Liège.
Cette vue est prise du quai de l'Université. On voit les bâti-
ments de l'Université au premier plan à gauche, et en avant
l'ancien pont des Arches, quoique le nouveau soit construit
depuis 1860.
Larg. O^Ofii, haut. 0'"026.
Se trouve sur la carte intitulée : Nouvelle Carte Illustrée de
la Belgique, in(li(jU'int les Chemins de fer, Hautes, Canaux et
Rivières, Publiée à la librairie Universelle de J .Rozez, Editeur,
N" 87, Rue de la Madeleine, Bruxelles. 1869.
1870.
N^SIO. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège. 1870.
Lith. de J. Coune à Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une légende donnant les surfaces de la
Ville ancienne, teintée en noir sur le plan, de la Ville nouvelle,
teintée en jaune, et de la Ville en construction, teintée en rouge.
Ce plan ne donne que les rues principales. Il indique un
projet de rue allant de la station des Guillemins à la chapelle
du Paradis en ligne droite; là il y aurait un pont sur la Meuse
et puis une autre rue en ligne droite irait jusqu'à la rue Crétry,
traversant le Jardin d'acclimatation, passant sur le pont sus-
pendu, puis remplaçant la rue d'Harscamp.
Une autre voie, intitulée : Boulevard Extérieur, partirait
également de la station des Guillemins, aboutirait en ligne
droite à la rue de Fragnée à l'endroit de la rue St-Maur : de là,
au moyen d'un coude, elle arriverait à angle droit sur la Meuse,
qu'elle traverserait sur un pont placé à l'extrémité du déversoir
et puis par une troisième ligne droite aboutirait au Beau mur
(ancien casino).
ri55
Entin l'île du Commerce serait translormée en Parc et 1 on
pourrait bâtir à l'emplacement du Jardin d'acclimatation et du
Parc public, qui bien entendu devrait avoir accès sur le deu-
xième pont.
Larg. 0"'o.45. haut. O^ÔO.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Sur V appropriation de
Vile du Commerce, par Marcellis. Liège. J. Desoer. 1870. Un
volume in-8.
1870.
N° 311. Plan intitulé : Plan des abords des Bains St Michel.
Imp: Lith: Ed: Protin, Liège.
Echelle de 1 à 2 500.
Ce plan comprend la partie de la ville située entre les rues des
Dominicains, du Pont-d'Ile, la p'ace St-Lambert et la place
St-Michel. Tous les hôtels y sont indiqués.
Larg. 0"MO,haul. O^ISS.
Se trouve joint à l'avis annonçant l'ouverture des bains St-
Michel pour le 12 juillet 1870.
1870.
N° 312. Plan intitulé: Ville de Liège. Administration des hos-
pices cioils. Plan annexé au programme du concours ouvert
pour la présentation des plans d'unnouvelHàpital à construire
sur les terrains dits des Capucins, situes Rue volière.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen Editeur à Liège.
Echelle de 1 à 500.
Avec une rose des vents et une Note.
Ce plan est limité aux rues Pierreuse, Volière, St-Servais,
Ste-Glaire et à la route de Ste-VValburge.
En deux feuilles.
Larg. 0'"79, haut. O^ôO.
Se trouve joint à la brochure intitulée : Ville de Liège.
Administration des hospices civils. Programme du Concours
656
/jour la présentation des plans relatifs à Vérection d'un hôpi-
tal à Liège, sur les terrains dits : des Capucins et situés ru
Volière. Liège. Gh. Ledoux. 1870. Une brochure in-8.
1871.
N" '.M'a. Plan intitulé : Plan d'ensemble du charbonnage du
Paradis d''Avroy et Boverie. Ce plan, ainsi que les 4 coupes
A, B, C, D /Planches J 'a IV) étaient joints au rapport de Juin
1870 de M. l'Ingénieur Pi^incipal Hatnal. Planche I.
Liège. Etablissement Géographique J. Vossen.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une échelle, une rose des vents et une légende pour les
travaux des houillères.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre les rues
Darchis, Fusch, Courtois, le Chemin de fer, la rue du Plan-
Incliné et la Meuse.
Larg. 0''445, haut. 0"'74.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Exposé de la défense des
charbonnages liégeois adressé à M. le Ministre des travaux
publics par la Société anonyme de Charbonnages du Paradis-
d''Avroy et Boverie. Causes véritables des lézardes et des
affaissements du sol. Liège. De Thier. 1871. Un volume in-4.
1871.
N" 314. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège, des
faubourgs et des environs d'après les documents officiels.
Librairie générale et universelle de Charles Gnusé à Liège,
Place du théâtre 15 bis et 21. 1871.
Gravé par G. Roux. Imp. par F. Van Dam.
Etablissement Géographique de Bruxelles fondé en 1830
par Ph. Vandermaelen.
Propriété de Charles Gnusé [libraire. Editeur à Liège. Déposé
Avec une légende pour les édifices publics, monuments, etc.,
les rues et les places, hors du cadre, ainsi que des annonces.
— 657 —
Larg. 0"'47, liaul. 0"'39.
Est encore dans le commerce.
1871.
N" 315. Plan intitulé : Plan de la ville de Liège avec indica-
tion de la position des principales couches de houille à '200'"
de profondeur sous la Meuse. Planche I.
Liège. Etahlissement Géographique J. Vossen.
Echelle de 1 à 5,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Ce plan s'étend d'un côté jusqu'au chemin de fer, de la gare
des Guillemins à celle du Haut-Pré, et de l'autre jusqu'à la
Dérivation et la rue Basse-Wez. Il a à sa limite les bures du
Rosier, de FAumônier, de Ste Marguerite, de la Plomterie, du
Baneux, et du Paradis, la fabrique d'armes de l'Etat, l'église
St-Remacle, le casino du Beau-Mur, etc. Il indique la limite de
toutes les concessions, ainsi que celle du terrain non concédé
sous le centre de la ville.
Larg. O'^SS, haut. 0'"67.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Des affaissements du sol
produits par l'exploitation houillère. Mémoire adressé à
V administration communale de Liège par Gustave Dumont,
ingénieur des mines. Liège. L. De Thier. 1871. Un vol. in-4 et
un vol. de planches. Planche I.
1871.
N° 316. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Fig. I.
Planche IV.
Echelle de 1 à ^2,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne la partie du faubourg St-Laurent depuis la porte St-
Martin jusqu'au-delà de la caserne.
Larg. O-^li, liaul. 0'"50.
Se trouve dans !e m^me ouvr?igequp le plan préiv-rleiit. PI. IV .
658
1871.
N" 317. Plan intitulé : Houillère de Belle Vue. Fig. 2.
Planche IV.
Echelle de 1 à '2,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne la même partie que le plan précèdent.
Larg. 0"' 14, haut. O-^SS.
Sur la même feuille que le précédent.
Se trouve dans le même ouvrage que les deux plans précé-
dents. PI. IV.
1871.
N" 318. Plan intitulé : Houillère de Belle Vue. Fig. 3.
Planche IV.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Donne la même partie que les deux plans précédents.
Larg. 0"' 14, haut. 0'"-25.
Sur la même feuille que les deux précédents.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. IV.
1871.
N''319.Plan intitulé: Houillère du Baneux. Plan des travaux
dans la couche 5 Pieds. Planche V.
Liège. Etablissement Géographique de A.J. Vossen.
Echelle de 1 à 2,000.
Donne une partie du faubourg Vivegnis.
Larg 0"'12, haut. O'MO.
Sur la môme planche il y a une coupe.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. V.
1871.
N»320. Plan intituié. Houillère delà Chartreuse. Planche VI.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une légende et une rose des ventg.
659
Donne une partie de la rue Basse-Wez.
Lart?. O^lô, haul.0'"18.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. VI.
1871.
N"321.Plan intitulé: Cliarhonnage d'Aoroy et Boverie. Plan.
Planche VIL
Liège. Etablissement Géographique deA.J. Vossen,
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une légende et une rose des vents.
Donne la Meuse, le quai de Fragnée, la rue de Fragnée et
celle du Paradis.
Larg. 0'"13, haut. 0">I8.
Sur la même feuille il y a une coupe.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. Vil.
1871.
N" 322. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Planche
y/7/. Planche IX.
Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende en caractères rouges, une en caractères
noirs et une rose des vents.
Ce plan comprend la partie du faubourg Ste-Marguerite entre
le commencement du chemin du Bas-Rhieux jusque vers l'em-
branchement de la rue Basse-Chaussée et de la chauss^'e de
Glain. A droite il s'étend jusqu'à la houillère Ste-Marguerite et
les moulins Streel, Roumieux, Watrin et VVéry.
Larg. 0i>i28, haut O-^Ii.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. YIII
(rouge). PI. IX (noir).
1871,
N" 323. Plan intitulé : Houillère de la Chartreuse. Plan des
Travaux. Planche X.
— (ÎHO —
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan représente les environs du carrefour formé par les
rues Sous-l'Eau, Queue-d'Oignon, la ruelle de Bressoux et la rue
Laid-Fossé.
Larg. 0™15, haut. OmlO.
Sur la même feuille il y a une coupe.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. X.
1871.
N" 324. Plan intitulé : Chai'bonnacje de La Hayi. Planche
X.I. Fig. I.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Donne la partie du faubourg St-Laurent entre les maisons de
Lantremange et Godenne.
A été reproduit en 1875 (N» 355). PI. XI.
Larg. 0"il4, haïU. O'"lo.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PL XI.
1871.
N" 325. Plan intitulé : Charbonnage de la Belle- Vue.
Planche XL Fig. 2.
Liège. Etablissement Géographique de A. ./. Vossen.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Représente la partie du faubourg St-Gilles comprise entre la
rue Louvrex et la rue Bassenge ; il donne donc la rue Henkart,
la rue Renier et le commencement de la rue Louvrex.
A été reproduit en 1875 (N» 357). PL XIV.
Larg. 0"" 19, haut. 0"'H.
Sur la môme feuille que le précédent.
Setronvp dans Ip même onvrag»^ que les précédents. PI. XL
- 661 —
1871.
N" 326. Plan intitulé : Houillère du Baneux. Planche XIII.
Liège. Etahlissement Géographique de A.J, Vossen.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Présente la prison St-Léonard et le connnencement du
faubourg Vivegnis.
Larg. O^Sô, haut. 0'"16.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XIII.
1871.
N» 327. Plan intitulé: Charbonnage d'Avmy-BoveHe.Pl.XV.
Lith, de H. Dessain, à Liège.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une légende.
Ce plan est limité à la rue de Sluse, au Jardin botanique, à la
rue des Augustins, au quai Gockerill, aux établissements Mar-
cellis, au quai Orban jusqu'au moulin à tan, à la ruelle Fran-
cotte, au chemin de fer et à la houillère de Paradis et au
chemin de fer de l'Etat.
Larg. O^iS, haut. OmSo.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XV.
1871.
N** 328. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Planche
XVIII.
Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Limité aux rues Bassenge, Fuscli, Louvrex, des Anges, du
Laveu et le chemin de fer de l'Etat.
I,ars. O^^O, haut. 0'"24..
— 6 ;2 —
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PL XVIIl.
1871.
N**329. Plan intitulé ; Charbonnage du Val Benoit. Planche
XX.
Liège, Etablissement-Géographique A . J. Vossen.
Echelle de 1 à 3,000.
Avec une rose des vents.
Donne lé pont du Val-Benoît et la rive gauche de la Meuse
depuis l'ancien couvent du Val-Benoît jusqu'au-delà de la rue
Neuf-Pavé.
Larg. 0"'2i,haui. O^âO.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XX,
1871.
N^ 330. Plan intitulé ; Houillère de la Plomterie. Planche
XXI. Planche XXII.
Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une légende en caractères rouges et une en caractères
noirs, et une rose des vents.
Donne la partie du faubourg Ste-Walburge s'étendant en
deçà de la rue VieilIe-Voie-de-Tongres et au-delà de l'église.
A été reproduite en 1875 (N" 360).
Larg. 0'"-25, haut. O'-'âS.
Se trouve dans le môme ouvrage que les précédents. PL XXI
(rouge). PI XXII (noir).
1871.
N" 331. Plan intitulé : Houillère de Laumonier. Planche
XXI V.
Liège. Etablissement Géographique de A. J. Vossen.
Echelle de 1 à 1,250.
Avec une légende et une rose de.s vents.
663
Donne la rue de l'Ouest, la rue Got'fin et une partie du fau-
bourg Ste-Marguerite.
A été reproduit en 1875 (N" 361).
Larg. O-^â?, haut. 0'"'20.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XXIV.
1871.
N° 332. Plan intitulé .Houillère de Belle Vue. Planche XXV.
Lith. de H. Dessain, à Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Donne la partie de la ville comprise entre l'église St -Chris-
tophe, la place du Béguinage, la rue Jonfosse, la rue Louvrex,
la rue des Augustins et le boulevard d'Avroy.
Larg. 0"'56, haut. O-^SS.
Se trouve dans le même ouvrage que les précédents. PI. XXV.
1872.
N° 333. Vue intitulée : Le pont des Arches à Liège. {Dessin
original. J A. Doms. H. V.
Cette vue est prise du quai de l'Université avant que les
murs de quai ne soient construits. On voit au-dessus du pont
les tours de St-Barthélemi et le Mont-de-Piété. A droite s'étend
le quai des Pêcheurs, au-dessus des maisons duquel s'élève la
tour de St-Pholien.
Larg. 0™21, haut. O-^IG.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé; L'illustralion européenne.
Deuxième année. iS71-i87S. Bruxelles. In-folio. Page 65.
Et dans le : Guide-album du voyageur , bystème de publicité
breveté en Belgique et à V étranger. S. G. D. G.. Deuxième
édition. Bruxelles, L. Jourdain, éditeur. E. Guyot. 1877. Un
vol. in-4. Page 126 (•).
(^) \,p titre dans re dernier ouvrage est : Vue (tu Pont (tes Arches, à l.iép» .
— 664 —
1872 •!
N" 334. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan général du
Parcours des voies du Chemin de fer américain. Indication
des haltes et tarif des péages liour voyageurs et marchandises .
Etablissement Géographique A. J. Vosse^i, Liège.
Imp. Lithog. L. Severeyns, Liège. Déposé.
Echelle de 1 à 10,000.
Avec une échelle et une légende.
C'est une copie réduite du plan de 1869, N" 308.
Larg. O-^SS, haut. O-^aô.
Sur la même feuille est le Tableau des distances et le tarif
pour les voyageurs et les marchandises, ainsi que la Carte des
chemins de fer des environs de Liège publiée en 1871. (N" 242.)
Est encore dans le commerce.
1872.
N" 335. Plan intitulé : Nouveau plan linéaire de la ville de
Liège. Nouveau plan linéaire instantané de la ville de Liège.
4872. Septembre. Propriété.
Lith. de P. Hahn à Liège.
Avec une légende et une liste des rues et édifices, hors du
cadre, correspondant à des carrés numérotés de A à Jet de 1 à 4.
Dans ce plan les rues sont indiquées par une seule ligne.
Larg. 0"H3, haut. 0'"M.
Est encore dans le commerce.
Se trouve aussi dans le : Guide de l'étranger à Liège et dans
ses environs, par Ph. de Bruyne. Liège. Léon De Thier. 1873.
Un volume in-12.
1872 V
N" 336. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège,
Edité par L. Severeyns, Imprimeur.
Im.p. LitJi. L. Severeyns, Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
- 665 -
Avec une légende dans le cadre, et hors du cadre une liste
des rues, impasses, avenues, boulevards, faubourgs, quais,
places, édifices publics et monuments, par ordre alphabétique
et avec indication de leur position sur le plan. Il y a de plus
des annonces dans les quatre angles.
Ce plan est divisé en carrés de 0,05 de côté.
Larg. 0™o05, haut. O^iG.
Est encore dans le commerce.
1873.
N" 337. Plan intitulé : Plan d'ensemble de la Cité du Haut-
Pré. 36 Maisons. PL I.
Liège. H. Vaillant-Carmanne et C'".
Echelle de 1 à 400.
Donne la partie de la ville comprise entre les rues de
l'Ouest, du Haut-Pré et des propriétés particulières. Les maisons
ouvrières sont situées des deux côtés des rues de Waremme et
de Fexhe.
Larg. 0'"44, haut. 0n2.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Société anonyme liégeoise
des maisons ouvrières fondée à Liège, Belgique, le 2i Sep-
tembre iS67. Notice sur les travaux de la société. Plans,
devis, cahier des charges. Liège. Vaillant-Carmanne. 1873. Un
volume in-8.
1873.
N^ 338. Plan intitulé : Plan d'ensemble des SI maisons de la
cité de la rue Kinet, à Grivegnée. PI. IL
Liège. H. Vaillant-Carmanne et C'".
Echelle de 1 à 500.
Avec une légende.
Donne la partie de la ville comprise entre la rue Basse-Wez,
la ruelle Henvard et les propriétés particulières. Les maisons
ouvrières sont bâties des deux côtés de la rue Kinet.
H66
Larg. 0"44. haut. O^IS.
Se trouve dans le même ouvrage que le plan précédent.
1873.
N» 339. Plan intitulé : Plan d'ensemble des 27 maisons de
la cité de la rue de Meuse. Nord.
Echelle de 1 à 500.
Avec une légende.
Donne la partie de la ville comprise entre le faubourg St-
Léonard et la rue Morinval. Les maisons ouvrières sont bâties
d'un côté de la rue de Meuse.
Larg on*, haut. 0"'155.
Sur la même feuille que le plan précédent.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
1873.
N" 340. Plan intitulé : Plan d''ensemble des 25 maisons de la
cité de Loigdoz.
Echelle de 1 à 500.
.\vec une légende.
Donne la partie de la ville comprise entre la rue Basse-Wez,
la rue Ansiaux et les propriétés particulières. Les maisons sont
bâties des deux côtés de la rue de Mulhouse.
Larg. 0n4, haut. 0"' 135.
Sur la même feuille que les deux précédents.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
1873.
N" 341. Plan intitulé : Plan d'ensemble des Maisons à cons-
truire Rue du Ras-Lnveu. 132 habitations. PI. Uf.
Liège. H. Vaillant- Car manne et O".
Echelle de 1 à 500.
Donne la partie de la ville comprise entrela rue du Bas-
667
Laveu, la rue Ambiorix et les propriétés particulières. Les
maisons ouvrières sont situées des deux côtés de la rue Jacob-
Makoy, de la rue des Wallons, de deux rues sans nom et d'un
côté de la rue du Bas- Laveu et de la rue Ambiorix.
Larg. Om, haut. 0H±
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
1873.
N" 342. Plan intitu'é : Liège. Luik. Lûttich.
Uitgave van P. Plantenga Hzn. te Zutfen.
Avec une rose des vents et une légende de 30 numéros pour
les édifices remarquables. Le plan est partagé en carrés avec
des lettres et des chiffres correspondants dans la légende.
C'est une copie du n-9Q de 1859 et du n" 105 de 1864.
Larg. 0"18, haut. 0"'13o.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Relgie met de reizen tôt
Parys. Handboek voor reizigers met relskaarten en platte-
gronde)!. 3^ édition. Zutphen. Plantenga. 1873. Un volume
in-12. Page 136.
1873.
N" 343. Vue intitulée : Liège.
Prise du bois de Kinkempois au-dessus de l'embranchement
des deux chemins de fer. On y voit le pont du Val-Benoît, le
parcours du chemin de fer qui passe sur ce pont et l'embran-
chement qui va à Longdoz : la ville e.st dans le fond.
Larg 0"'055et0'"0.54, haut. 0"'017.
Est comprise dans la série de vues formant l'encadrement de
la carte du royaume et de celle de la province de Liège dans
l'ouvrage mi\lu\ô: Atlas de la Belgique illustré de plus de 200
vignettes. Bruxelles. J. Rozez. 1873. Un volume in-4 oblong.
1873 ?
N° 344. Vue intitulée : Hôtel de ViUe et place du Marché.
Liège.
— «6« —
Dessiné et Grave p H. Hasserz.
Prise de l'entrée de la rue Ste- Ursule. On y voit presque tout
le Marché, avec la fontaine du perron et celle en fer, ainsi que
la rue du Perron à droite de l'Hôtel de ville.
Larg. C'ûQ, haut. 0"255.
Fait partie de la collection de M. L. Digneffe, à Liège.
1874.
N" 345. Plan sans titre d'une partie de la ville.
Echelle de i à 200.
Donne le plan du bras de l'Ourthe compris entre la Meuse et
le pont St-Nicolas, avec les rues qui y aboutissent. Ce cours
d'eau est aujourd'hui comblé et est devenu le boulevard de
Saulcy.
Larg. O^ee, haut. 0"'42.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Ville de Liège. Travaux
du quartier de VEst. Rapport de MM. les Professeurs Chan-
delon et de Koninck sur V analyse des terres recueillies dans
le principal biez d'Outre-Meuse. Liège. Pirard frères. 1874.
Une brochure in-8.
1874.
N° 346. Plan intitulé : A^ottueaw plan guide de la ville de
Liège et de ses environs indiquant tous les édifices, monu-
ments et places publiques et tous les nouveaux projets de rues,
places et stations limitrophes à la ville.
Dressé et publié par Dosseray, Rue de Prusse 10, à Cure-
ghem-lez- Bruxelles, le 1 Mai 1874.
Lith. Léon Mertens, Brux*.
Dépôt chez M. Dosseray, rue Grétry à Liège.
Avec une légende.
Les angles sont occupés par quatre vues. 1° La station des
Guillemins. 2° L'hôtel du gouverneur et le palais de justice.
3" La statue de Charlemagne, et 4° la statue de Grétry.
- 669 -
Ce plan s étend jusqu'à Ans, Jupille et Angleur.
Il manque d'exaotitude.
Larg. 0"'675, haut. 0"'585.
Est encore dans le commerce.
1874.
N''347. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet ^oar l'appro-
priation des Terrai)is de Vile et du Bassin de Commerce avec
les Modifications admises par le Département des Travaux
publics.
Dressé le Janvier 1874 par le soussigné.
L"" Ingénieur Directeur,
G. Blonden.
Diaprés la Convention intervenue entre le Gouvernement et
la Ville, le Bassin doit être raccordé à la Station des Guille-
m,i7is par une voie ferrée.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N° 26 à
Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan a les mêmes limites que les n"* 294 à 299 de 1867 et
que le n° 306 de 1869.
Le bassin de Commerce est comblé et reporté contre la Meuse
en amont du pont de Commerce. Le pont vis-à-vis de la rue de
Fragnée est déplacé, ainsi que l'écluse vis-à-vis de TEvèché.
Celle-ci est remplacée par deux autres comme dans le plan de
1869, n" 306. Un embranchement de chemin de ier partant de
la voie allant actuellement à la Meuse vient jusqu'au nouveau
bassin en suivant la rue de Fragnée.
Les squares sont agrandis et la surface des terrains à bâtir
est de 78,500 mètres carrés.
Larg. 0"'76d, haut. 0"'49.
Est encore dans le commerce.
— 670 —
1874.
N° 348. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Plan pour r Etablissement d'un Parc sur Vile de Commerce.
Dressé par le soussigné conformément à la délibératioti du
Conseil Communal en date du 33 Octobre 1874.
Liège, le 31 Décembre iS74.
L Ingénieur Directeur,
G. Blonden.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N" 26 à
Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan a les mômes limites que le plan précédent.
Le bassin de Commerce est conservé : deux passerelles sont
établies aux deux extrémités du chenal longeant le quai d'Avroy.
Toute l'île est convertie en parc entouré d'un macadam pour
les voitures et les chevaux de luxe et traversé par des voies
charretières. Un pont fixe est établi entre les deux ponts tour-
nants du quai Cockerill.
On construit aussi une écluse contre la Meuse en aval de l'île
et on prolonge le déversoir.
Larg. 0"'765, haut. 0n9.
Est encore dans le commerce.
1875.
N** 349. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet a,vec parc,
adressé le 31 janvier i875 et avec bassin au parc de la
Boverie le 3 février suivant, par Lambert D. (Demany),
Architecte.
Appropriation de Vile de commerce. Plan du 3i Janvier
i875.
Liège. Lith. Léon de ïhier.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une note de la contenance des cinq lots à vendre.
671
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai
d'Avroy, le quai de Fragnée, la Dérivation de la Meuse et le
quai Gockerill.
Ce projet consiste à remblayer le bassin de Commerce et à
faire un boulevard de 32"' de largeur allant de la rue Ste-Marie
au pont de Commerce. A droite de ce boulevard est un parc de
40 i/2 hectares, et à gauche cinq pâtés de terrains à bâtir. Le
barrage est reporté en aval du pont, et une ou deux écluses
sont à côté. Il y a un bassin à l'endroit du parc public et un
pont sur la Meuse vis-à-vis de la chapelle du Paradis.
Larg. 0"'!% haut. 0"'oO.
Fait partie de la collection de M. le capitaine Dejardin.
1875.
N° 350. Plan intitulé : Plan d'ensemble di< 3 février 1H75.
Echelle de 1 à 10,000.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le chemin
de fer de raccordement de la station des Guillemins à celle de
Longdoz. On indique une nouvelle ligne de raccordement avec
le bassin projeté.
Larg. O-^ôO, haut. O^aâ.
Sur la même feuille que le plan précédent.
1875.
N" 351. Plan sans titre de la ville de Liège.
Avec une légende dans le cadre et une liste des ponts, mo-
numents, édifices et hôtels de la ville hors du cadre.
Le nord est en haut. Il est divisé en carrés.
Larg. 0"'425, haut. O'^i^b.
Se trouve sur une feuille ayant au verso des cartes de géo-
graphie des environs de Liège et la liste alphabétique des rues
de Liège, ayant pour titre : Nouveau plan de la Ville de
Liège avec les nouveaux changements de Vile de Commerce,
— G72 —
rue Léopold, etc., etc., accompagné d'une Carte avec les Houil-
lères, Ilauts-Foumeaux, Fonderies de fer et de Cuivre, Stations
des Bateaux à Vapeur, d'une Carte des chemins de fer, des
environs de Liège, etc. Liège. E. Decq.
1875.
N° 352. Plan intitulé : Houillère de Belle-Vue. Fig. i. Zone
normale influencée par Vexploitation de la couche Quatre-
Pieds en 1867.
Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère.
Planche X.
Imp. Lith. Fr. Becker, Liège.
Echelle de là 2,000.
Avec une rose des vents.
Ce plan ne donne que la partie de la ville comprise entre le
faubourg St-Laurent et le puits d'extraction de Belle-Vue. La
caserne St-Laurent et l'hôpital militaire y sont en entier. Les
parties lézardées de ces bâtiments sont indiquées.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Des affaissements du sol
attribués à Vexploitation houillère. Réponse de VUnion des
charbonnages , mines et usines métallurgiques de la province
de Liège au mémoire de M. Gustave Dumont intitulé : Des
Affaissements du Sol produits par VExploitation houillère.
Liège. Léon De Thier. 1875. Un volume in-4 de texte et un de
planches. PI. X.
1875.
N" 353. Sur la même feuille: Fig. 3. Zone normale influencée
par Vexploitation de la couche Cinq-Pieds en 1858-59.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents.
Ce plan a les mêmes limites que le précédent.
1875.
N" 354. Sur la même feuille: Fig. 3. Zone normale influencée
par Vexploitation de la couche Blanche- Veine.
- 673 -
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents.
Ce plan est le même que les deux précédents; mais il s'étend
jusqu'à l'hospice Ste- Agathe.
Sur la même feuille se trouve une 4* figure de coupe.
Dimensions de la feuille :
Larg. Om, haut. O^aS.
1875.
N" 355. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Affaisse-
ment de la propriété Godenne. Fig. 1. Plan.
Des affaissements du sol attribués à ^exploitation Jiouillère.
Planche XI.
Imp. Lith. Fr. Decker, Rue du Pont 39 Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne la partie du faubourg St-Laurent entre les propriétés
Lantremange et Godenne.
Copie du n" 324 de 1871.
Sur la même feuille il y a une coupe.
Larg. 0'"27, liant. O'":20.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents . PI . XI .
1875.
N" 356. Plan intitulé : Houillère Ste Marguerite. Plan des
Travaux exécutés sous la Rue du Bas-PJdeux et le Faubourg
Ste Marguerite.
Des affaissements du sol attribués à Vexploitatio)i houillère.
Planche XII.
Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont 39 Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents et une légende.
— 674 -
Donne la partie du faubourg Ste-Marguerite comprise entre
le chemin du Bas-Rhieux et la rue Basse-Chaussée. Il s'étend
à droite jusqu'au chemin du Bas-Rhieux.
Larg. Ol'il.haut. 0'"275.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PL XII.
1875.
N"* 357. Plan intitulé : Charbonnage de Belle-Vue. Fig. 2.
Plan des Travaux exécutés sous le Faubourg Saint-Gilles.
Des affaissements du sol attribués à l'exploitation houillère.
Planche XIV.
Imp. Lith. Fr. Bêcher, Rue du Pont 39 Liège.
Échelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Représente la partie du faubourg St-Gilles comprise entre la
rue Louvrex et la rue Bassenge, avec les terrains à droite et à
gauche.
Sur la même feuille il y a une coupe.
Copie du n» 325 de 1871.
Larg. 0'"273, haut. O^âO.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PL XIV.
1875.
N° 358. Plan intitulé : Fig. 3. Plan des travaux de Ste
Marguerite et de Bellevue dans le Voisinage de l'esponte.
Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère.
Planche XV.
Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont, 39, Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une rose des vents.
Comprend la partie du faubourg St-Laurent environnant
l'hospice Ste- Agathe.
— 675 —
Sur la même feuille il y a trois coupes.
Dimensions de la feuille entière :
Larg. 0™585, haut. 0"'4I5.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. XV.
1875.
N° 359. Plan intitulé : Houillère du Bàneux.
Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère.
Planche XVI.
Imp. Lith. Fr. Becker Liège.
Echelle de 1 à 1 ,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne la partie du faubourg Vivegnis comprise entre la rue
Mathieu-Laensberg et la rue des ï'ranchimontois, avec une
grande partie du terrain à droite de ce faubourg.
Larg. 0'«50, haut. 0'"54.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. XVI.
1875.
N^SôO. Plan intitulé : Houillère de la Plomterie. Fig. i.
Plan des travaux exécutés dans les couches Maret et 4 Pieds.
Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère.
Planche XVII.
Imp. Lith. Fr. Becker Liège.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne la partie du faubourg Ste-W^alburge s'étendanten-deça
de la rue Vieille- Voie-de-ïongres et au-delà de l'église.
Sur la même feuille il y a une coupe.
Copie du n» 330 de 1871.
Larg. 0'H3, haut 0"50
fivrs
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI XVII.
1875.
N" 361. Plan intitulé: /iouiiière de l'Aumoniei'. Affaissement
de la rue de l'Ouest.
Des affaissements du sol attribués à Vexploilation houillère.
Planche XV lU.
Imp. Lith. Fr. Decker, Liège.
Echelle de 1 à 1,250.
Avec une rose des vents et une légende.
Donne une partie du faubourg Ste-Marguerite avec la rue de
rOuest et la rue Goffin.
Copie d un" 331 de 1871.
Larg. On'285, liaul. C^^io.
ï^e trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. XVIII.
1875.
N" 362. Plan intitulé : Charbonnage d'Aoroy-Boverie. Fig.
1. Plan des travaux du dressant Nord de la couche St
Lambert diaprés M . G. Dumont.
Des affaissements du sol attribués à Vexploilation houillère.
Platœhe XIX.
ittip. Lith. Fr. liecker, Rue du Pont 39, Liège.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une légende.
Donne la partie de la ville comprise entre les rues du Plan-
Incliné, de Chestret, de la Paix, la Dérivation, les rues des
Vingt-Deux et Sohet.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PL XIX.
1875.
N" 363. Sur la môme feuille : Fig. '2. Plan des travaux du
dressant Nord de St Lambert d'après les plans du Char-
honnage.
677 -^
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une légende.
Donne la même partie de la ville que le plan précédent.
Dimensions de la feuille entière :
Larg. 0'"55, haut. 0'"4i.
1875.
N" 364. Plan intitulé : Charbonnage de la Haye. Affaisse-
ments des rues Nysten, Courtois et du Jardin Botanique.
Des affaissements du sol attribués à V exploitation houillère.
Planche XX.
Imp. Lilh. Fr. Becker, Rue du Pont 39, Liège.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une légende et une rose des vents.
Comprend la partie de la ville entre les rues des Anges, du
Laveu, le chemin de fer, les rues Bassenge, Fusch et Louvrex,
Larg. 0"'54, haut. 0'"-i05.
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. XX.
1875.
N" 365. Plan intitulé : Charbonnage de Belle-vue. Fig, i.
Plan de la Concession de Belle-vue.
Des affaissements du sol attribués à Vexploitation houillère.
Planche XXII.
Imp. Lith. Fr. Becker Rue du Pont 39, Liège.
Echelle de 1 à 5,000.
Comprend la partie de la ville entre le chemin de fer, les rues
des Anges, du Jardin-Botanique, les églises St- Jacques et St-
Paul, le boulevard de la Sauvenière, Téglise St-Martin, le fau -
bourg Ste-Marguerite, la rue Goffin, etc.
Sur la môme planche il y a une coupe.
Lsrg. O'"ol5, haul. O^SO.
— 678 —
Se trouve dans le même ouvrage que les plans précédents.
PI. XXII.
1875.
N" 366. Plan intitulé : Plan pour V Appropriation des Ter-
rains de Vile et Bassin du Commerce et la Création d'un Parc.
Etahl. Lith. de Ch. Claesen, Rue Jardin Botanique N° 26 à
Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Ce plan a les mêmes limites que les n°* 294 à 299 de 18 '37, le
n» 306 de 1869 et les n»» 347 et 348 de 1874.
Le bassin de Commerce est comblé : les squares actueis sont
conservés et dans leur prolongement est créée une promenade
de 50™ de largeur qui va presque jusqu'à la rue des Vingt-Deux.
Le terrain contre la Meuse est réservé pour une promenade ou
un parc : la surface en est de onze hectares. Entre les deux
promenades, sur l'emplacement du bassin, il y a trois pâtés de
terrains à bâtir d'une surface totale de 48,330 mètres carrés.
Le déversoir est reporté en aval du pont de Commerce et une
écluse est établie contre la Meuse.
Ce plan est de M. Demoor, conseiller communal.
Larg. O-^TOS, haut. onOo.
1875.
N" 367. Plan intitulé : Ville de Liège. Amélioration et assai-
nissement du quartier du Chafour.
Demande en concession en date du 4 et 14 Mars 1815 par
J. Borguet; accusé de réception les 2 et 13 Avril 1875.
Les Parties hachurées en rouge sont à exproprier. Celles en
bleu sont affectées aux Halles.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan est limité à la place du Conservatoire, aux rues de
la Régence, de la Cathédrale, Sur Meuse et Nagelmackers, et à
la Meuse.
679
Toutes les bâtisses comprises entre les rues Ghéravoie, de la
Cathédrale, de la Régence et la place du Conservatoire sont
démolies, excepté celles ayant façade à la rue de la Cathédrale
et à la rue de la Régence, et on perce deux rues partant du
carrefour de la rue Chéravoie et de la rue de la Cathédrale, et
aboutissant l'une à la rue de la Régence et l'autre à la place du
Conservatoire.
Larg 0"^38, haut. O^^iSo.
1875
N" 368. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège,
revu et corrigé. Edité par E. Severeyns, Imprimeur.
Imp. Lith. L. Severeyns, Liège. Déposé.
Echelle de 1 à 10,000.
C'est la reproduction du plan de 1872? N" 336. Il y a en plus
sur celui-ci l'appropriation de l'Ile de Commerce, etc. On a in-
diqué les nouveaux noms donnés à im grand nombre de rues.
Les cités ouvrières s'y trouvent aussi.
Larg. O^SOS, haut. C^ioo.
Est encore dans le commerce.
1875.
N** 369. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux publics.
Projet pour le percement de laRueLéopold et V assainissement
du quartier de la Madeleine.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la rue
Souverain-Pont, la rue de Rex, le Marché, la rue du Pont, la
Ribuée et le quai Sur-Meuse.
Il indique le tracé de la rue Léopold dans Taxe du Pont-des-
Arches, aboutissant place St-Lambert à l'angle de la rue Sou-
verain-Pont et de la rue Grande-Tour. De cette rue partent à
droite et à gauche d'autri s rues qui établissent une communi-
cation avec les parties des anciennes rues que l'on conserve.
— 680 —
D'abord à droite par une rue qui vient retrouver la rue Sainte-
Catherine, vers le milieu de sa longueur. La partie de cette rue
que l'on conserve, jusqu'à la rue du Stalon, est élargie du côté
gauche.
A gauche la partie de la rue des Tourneurs conservée est
élargie, et forme avec la rue de Gueldre et la rue Jamin-St-
Rock élargie, une rue en ligne droite qui va jusqu'à la rue
Souverain-Pont.
La rue de l'Hôtel-de-Ville est presqu'entièrement supprimée:
on ne conserve que la partie qui se rend derrière l'Hôtel-de-
Ville.
Après cela la rueLéopold coupela rue de la Madeleine sous un
angle très-aigu. Vis-à-vis de cette intersection est un embranche-
ment qui arrive obliquement sur FHôtel-de-Ville.
En outre les rues du Stokis, de la Cloche et Ma-tante-Sara
sont supprimées. La rue Grande-Tour est élargie.
Larg. 0'"51,hau!. 0"'503.
1875.
N" 370. Plan intitulé : Ville de Liège. Quartier de la Made-
leine. Terrains à vendre.
S'adresser à M. Pierquin 3 Place Verte.
Echelle de 1 à 200.
A les mêmes limites que le plan précédent. Il ne donne plus
que les nouvelles rues avec la division du terrain par lots, pour
la revente.
Larg. l"'O0, haut. 0'"10.
1875.
N» 371. Plan intitulé : Pla)i de lotissement des terrains à
vendre de M" Marcellis e4 Vaparl.
Dressé à VEchelle de i à i,000, par le Géomètre soussigné
à Liège.
N. MULKAY.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen à Liège.
- 681 —
Avec un tableau indicatif des lots teintés en vert, apparte-
nant à M. Marcellis et un des lots teintés en jaune, appartenant
à M. Vapart.
Ce plan est limité au Quai Gockerill, aux ponts de la Boverie
et de Longdoz, au quai Orban, et aux ponts Orban et du Com-
merce.
Il donne le tracé d'une rue partant de la place de l'Acclimata-
tion et aboutissant à l'intersection des quais de l'Industrie et de
la Boverie, et d'une autre coupant celle-ci vers le milieu . Il y a
en outre un quai le long de la Meuse. Sur l'autre rive du fleuve,
on a indiqué les travaux à exécuter pour remplacer le bassin
de Commerce.
Larg. 0'"77, haut. O-^Se.
1876.
N° 372. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'Expropriation
Coinprenant Couverture dune voie réunissant le Fau^ Vive-
gnis au centre de la ville l'Etablissement de Halles Ce)itrales,
ouverture d^une Rue partant de VHôtel de Ville et aboutissant
au quai de Maestricht et la création des abords.
Premier Projet déposé le 3i cc*^' 1875.
Echelle de 1 à 2,500.
Ce plan est limité au nord à la rue Hors-Chàteau, au sud à la
Meuse, à l'ouest aux rues Nagelmackers et de l'Hôtel-de-Ville et
à l'est à la rue Mathieu-Laensberg.
Dans ce projet, une rue formant le prolongement de la rue de
la Cité aboutit au commencement du faubourg Vivegnis ; une
autre rue part de derrière l'Hôtel-de-VilIe et remplace les rues
de l'Epée, ùa Carré, de la Boucherie, Pécluse et sur les Foulons
en traversant les bâtiments de l'Académie. Une partie de la rue
Féronstrée est rectifiée. Enfin il y a plusieurs petites rues
transversales, l'une remplaçant les rues de la Rose et Potiérue,
une autre partant vis-à-vis de l'église Notre-Dame et aboutis-
sant au quai de Maestricht.
682
Les Halles proposées sont situées quai de la Batte et occupent
l'emplacement de la rue Barbe-d'Or et de la moitié de la rue
sur les Foulons.
Larg. 0'"34, haut. O^ISS.
1876.
N^STS. Plan intitulé: Ville de Liège. Projet d^ Expropriation,
/Déposé le 2 Mai i816) comprenant Vouverture d'une voie
réunissant le faubourg de Vivegnis au centre de la Ville ;
V établissement de quatre Pavillons pour Halles Centrales ;
Vouverture dhine voie partant de VHôtel-de- Ville et aboutis-
sant au Quai de Maestricht ; la Création des Abords.
Echelle de 1 à 1,000.
Avec une échelle, une rose des vents, les armoiries de la ville
de Liège dans le titre et une légende.
Ce plan est limité au nord à la rue Hors-Château, au sud à la
Meuse, à l'ouest à la rue Souverain-Pont et à l'est à la rue
Mathieu-Laensbergh.
Les rues en projet sont à peu de chose près les mêmes que
dans le plan précédent; seulement ici les Halles forment
quatre pavillons à l'intersection des deux grandes rues, occu-
pant tout l'espace entre le quai de la Batte, les rues Féronstrée,
St-Jean-Baptiste et Sur-le-Mont.
Larg. O^QSS, haut. O-^SOS.
Ces deux plans se trouvent sur la même feuille et ont pour
titre commun : Plans déposés le 3i x^' i815 par MM. G.
Garvin et 0. Brixhe^Stelnbach.
Id. le 2 Mai 'Î876 (avec variante) par id. id.
1876.
N° 374. Plan intitulé : Société Liégeoise des Maisons Ouvrières.
Plan des Cités de la Société. i876.
Cité du Haut-Pré, Quartier de l'Ouest. 38 maiso7is.
Echelle de là 1,000.
683
C'est une copie réduite du n" 337 de 1873, avec deux maisons
en plus,
Larg. C^IOS, haut. O^ISS.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé: Société anonyme liégeoise
des maisons ouvrières. Notice sur les travaux de la Société.
Liège. J. Desoer. 1876. Une brochure in-8.
1876.
N" 375. Plan intitulé : Cité de la rue Kinet à Grivegnée. 37
maisons.
Echelle de 1 à 1,000.
C'est une copie réduite du n" 338 de 1873.
Larg. 0'"185, haut. O-^lSl.
Sur la même feuille que le plan précédent.
1876.
N** 376. Plan intitulé : Cité de la rue de Meuse, Quartier du
Nord. 28 maisons.
Echelle de 1 à 1,000.
C'est une copie réduite du n° 339 de 1873, avec une maison
en plus.
Larg. O-^IQS, haut. 0^121.
Sur la même feuille que les plans précédents.
1876.
N° 377. Plan intitulé : Cité de la rue de Mulhouse, Quartier
de VEst, 25 m,aisons.
Echelle de 1 à 1,000.
C'est une copie réduite du n" 340 de 1873,
Larg. 0"'185, haut. O-^ISS.
Sur la même feuille que les plans précédents.
1876.
N^ 378. Plan intitulé : Cité du Laveu, Quartier du Sud. 58
m^aisons construites. 6 maisons en constructioti. ii 4 maisons
à construireo
- 684 -
Echelle de 1 à -1,000.
C'est une copie réduite du n° 341 de 1873, avec 46 maisons
en plus.
Larg. 0'd21, haut. 0'n245.
Sur la même feuille que les plans précédents.
1876.
N° 379. Plan intitulé : Cité de Cornillon, Quartier de VEst.
208 maisons dont 6i construites, 52 en construction.
Echelle de 1 à 1,000.
Donne la partie de la ville comprise entre la route de Liège à
Jupille, le chemin de fer de Liège à Maestricht et la rue de
Visé, à partir du faubourg d'Amercœur.
Les maisons ouvrières sont situées des deux côtés d'une rue
qui coupe le terrain en deux dans sa longueur, ainsi que le long
de la route de Liège à Jupille et le long d'un chemin longeant
le chemin de fer. Ces trois rues sont reliées entr'elles par trois
rues transversales.
Larg. 0"'59, haut. 0'"123.
Sur la même feuille que les plans précédents.
1876.
N" 380. Plan intitulé : Cité de Bas-Rhieux^ Quartier de
l'Ouest. Projet pour la construction de 199 maisons.
Echelle de là 1,000.
Donne la partie de la ville comprise entre la rue de Hesbaye,
la rue Naniot et les propriétés particulières.
Les maisons sont situées le long de la rue Naniot, d'une rue
sans nom et des deux côtés des nouvelles rues à créer.
Larg. 0"'59, haut. O-'^liô.
Sur la même feuille que les plans précédents.
1876.
N»381. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux
> — 685 —
communaux. Projet d'appropriation des terraina de file at
du bassin de commerce.
Approuvé par le Conseil Communal dans sa séance du 19
Mai 1876.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue du Jardin Botanique N^
?() à Liège.
Echelle de 1 à 2,000.
Avec une échelle.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre le quai
Cockerill et le pont de la Boverie au Nord; le Parc public et la
Chapelle du Paradis au Sud ; le quai Orban et la Dérivation à
l'Est, et le quai d'Avroy à l'Ouest.
Le projet adopté est une combinaison des plans Litt' B avec
ses variantes de 1867 et du plan de 1869 (n»» 295, 296, 297 et
306).
Le bassin du Commerce est comblé et n'est pas remplacé. La
navigation se fait par un chenal longeant la rive gauche,
prenant naissance vis-à-vis de la Chapelle du Paradis, et
passant sous le pont de Commerce prolongé. Le pont vis-à-vis
de la rue de Fragnée est supprimé ; Técluse vis-à-vis de
l'Evêché est déplacée et remplacée par deux autres : Tune pour
les bateaux à vapeur, communiquant directement avec la Meuse
en amont et en aval au moyen du prolongement du barrage
et l'autre communiquant avec le chenal.
Les squares sont agrandis et la .surface des terrains ù bâtir
est de 47,000 mètres carrés environ.
C'est ce projet qui a été exécuté.
Larg. 0'"7I, haut. O'"505.
Est encore dans le commerce.
1876.
N" 382. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux
communaux. Projet d'appropriation des terrains de Vile et du
bassin de commerce.
— 686 —
Dressé à la demayide de l'Administration Communale par
le Soussigné, en congé y à Aix-la-Chapelle , le 20 Juillet
i875 (i).
L'Ingénieur Directeur,
Blonden.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen, Rue du Jardin Botanique N"
26 à Liège.
Echelle de 4 à 2000.
Avec une légende de 4 à D et aaa.
C'est le même plan que le précédent sur lequel un projet de
tracé pour le Parc a été ajouté : il consiste en un cercle auquel
on a accolé deux ellipses.
Larg. O"»?!, haut. O'"o05.
1876.
N° 383. Vue intitulée : Place du Théâtre, le Théâtre, statue
Grétry, les boulevards et église S* Martin.
Prise du milieu de l'ancienne Place aux chevaux.
Larg. 0"'092, liaut. OmOSS.
Fait partie d'un album intitulé : Souvenir du Liège, composé
de 18 planches. Sur la dernière se trouve lindication :
6'. Straus, Liège, 4 Rue Pont d'Ile.
Imprimerie Lith. Kaiser. Leipsic.
Est encore dans le commerce,
1876.
N" 384. Vue intitulée : La Meuse et le pont Léopold.
Prise du quai de halage en dessous du pont de la Boverie.
On voit à gauche le quai de l'Université, en avant le pont des
Arches et les quais de la Balte et de Maestricht, puis l'église
St-Barthélemi, et à droite le quai des Pécheurs et l'église
St-Phulien.
Larg. 0"'092, haut. 0'"057.
Se trouve dans le même album que la vue précédente.
(*) Ce doit èlre 1S76.
— 687 - -
1876.
N° 385. Vue intitulée : Panorama.
Prise du derrière d'une des maisons du Trihay, près de
l'église St-Marlin.
Représente une partie du quartier du Sud. A gauche le
manège, l'église St-Ghristophe dont on ne voit que la partie
antérieure, l'église St-Jacques, les Bénédictines, puis le cours
de la Meuse dans le lointain, pour se terminer h droite à l'église
des Augustins et au collège des Jésuites.
Larg. 0"'095, haut. 0"'055.
Se trouve dans le même album que les deux vues précé-
dentes.
1876.
N° 386. Vue intitulée : Panorama de Liège.
Prise de la rue du Péry en-dessous de la citadelle.
Au premier plan on voit le toit de l'église St-Antoine. A
gauche la Halle à la viande, la Halle des Drapiers, l'église
St-Pholien et le pont des Arches, puis tout le quai des Pêcheurs
jusqu'au pont de la Boverie, que l'on ne voit pas. Plus près
l'église Ste-Catherine et une partie du dôme de St-André, tout-
à-fait sur la droite.
Larg. O^OQS, haut. 0'"055.
Se trouve dans le même album que les vues précédentes.
1876.
N° 387. Vue intitulée : Boulevard de la Sauvenière et église
St Martin.
Prise du milieu du boulevard vis-à-vis de la rue de la Cas-
quette.
Le boulevard a deux rangées d'arbres. L'église St-Martin se
voit au-dessus des maisons.
I.arg;. 0"'092, haut. O'^OSe.
Se trouve dans le même album que les vues précédentes.
- 688 —
1876.
N" 388. Vue intitulée : Place du Grand Marché et VHàtel de
Ville.
Prise du débouché de la rue Royale. On voit la fontaine en
fer et celle du Perron, ainsi que tout le côté droit du Marché.
Larg. 0"'095, haut. 0"0o5.
Se trouve dans le même album que les vues précédentes.
1876.
N" 389. Vue intitulée : Le jardin d''Accli7natation et le pano-
rama de la ville.
Prise de la butte au-dessus de la fosse aux ours. On voit au
premier plan le jardin d'Acclimatation dont le restaurant se
trouve à gauche. Derrière se déroulent les quais d'Avroy et
Cûckerill. La caserne st-Laurent est dans le lointain et l'église
St-Jacques tout-à-fait à droite.
Larg. O-^OaS, haut. 0"'0.">5.
Se trouve dans le m'me album que les vues précédentes.
1876.
N" 390. Vue intitulée : La Meuse et le Mont de Piété.
Prise du quai de la Batte près de l'escalier qui se trouve vis-
à-vis de la rue St-Jean-Baptiste. On voit les maisons du quai de
Maestrichtà partir de la rue Hongrée,le Mont-de-Piété, puis le
quai St-Léonard jusqu'à la filature de lin. Le pont St-Léonard
n'y ligure pas quoique construit depuis 1869.
Larg. 0"'0d% haut. 0"'055.
Se trouve dans le même album que les vues précédentes.
1876.
N" 391. Vue intitulée : La Meuse et le pont du Commerce.
Prise du bord de Teau près de l'entrée du jardin d'Acclima-
tation. On voit le pont du '.Commerce et une partie du barrage.
A gauche dans le lointain le quai d'Avroy.
689
Larg. 0™092, haut. O^OBS.
Se trouve dans le même album que les vues précédentes.
1876.
N" 392. Pian intitulé : ijuide Album du Voyageur. Plan de
la ville de Liège.
N.-B. Les exemplaires sur papier blanc ne s-î trouvent pas
dans le commerce.
Le nord est en haut.
C'est une reproduction des carrés w" 23 à 28, 33 à 38, 43 à
48, 53 à 58 et 63 à 68 du plande 1875,(n°368). Seulement ici ils
sont devenus des rectangles qui ont 0'"04sur0'"0435 et l'échelle
est moindre que dans le plan de 1875.
Larg. 0'"190, haut. O^SG.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guide-album du voyageur.
Système de publicité breveté en Belgique et à l'étranger. S.
G. D. G. Bruxelles. L. Jourdain, éditeur. E. Guyot. 1876. Un
volume in-4".
Il y a une édition sur papier blanc qui n'est pas dans le com-
merce, et une édition sur papier jaune spéciale pour le com-
merce.
Et dans la seconde édition de cet ouvrage, 1877 (i).
1876.
N° 393. Vue intitulée : Liège.
Prise du chemin de fer de Namur, sur la rive droite, à Kin-
kempois. On voit la branche du chemin de fer qui traverse le
ponldu Val Benoit et celle qui se dirige ^ ers la station de Long-
doz. On voit également le chemin de fer sur la rive gauche, et
à mi-côte les plans inclinés. Parmi les édifices de la ville on
distingue St-Laurent, St-Martin, St-Jacques et St-Paul.
Larg. 0"M5, haut. 0'»06.
Se trouve dans le même ouvrage que le précédent, l"^* édition
page 80 ; 2« édition page 124.
(•) Sur le plan cie cette édition il y a la mention : Liik. E.Guyoi
— 690 -
1877.
N" 394. Plan intitulé : Ville de Liège. Travaux du Quartier
de la Madeleine. Terrains à vendre, s^adresser aux Bureaux
3, Place verte, tous les jours de 9 h. à 5 h. Le lotissement n''est
fait qu'à titre de renseignement et peut être tnodifié au gré
des acquéreurs.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne la partie de la ville comprise entre la rue
Souverain-Pont, la rue de Bex, la rue du Perron, la rue Ste-
Catherine, le quai Sur Meuse et la rue de la Madeleine.
C'est le même projet que celui du n" 369 de 1875 à l'exception
que le bloc de maisons entre la rue de Bex et la rue Grande-
Tour est élargi pour avoir une maison avec large façade sur la
place St-Lambert, et que la rue allant de la rue Léopold à la
place derrière l'Hôtel de ville a une autre direction dans la
prévision de l'agrandissement de celle-ci.
Lar|^^ 0'"52, haut. O'^iO.
1877.
N° 395. Plan intitulé : Nouveau plan de la ville de Liège
indiquant par ordre alphabétique les Edifices publics, les
Monuments, etc., et donnant la liste complète des rues, im-
passes, boulevards, places, quais, etc. Avec indication de leur
position sur ce Plan. Déposé.
E. Severeyns, imprimeur-éditeur, rue de V Université, 32,
à Liège.
Echelle de 1 à 10,000.
Le nord est à droite.
Avec une légende pour \es.Edipces publics, Monuments, etc.,
une pour les Rues et Iiupasses,dCaiUtves pour les Bains publics,
Boulevards, Cités ouvrières. Cloîtres, Cours, Degrés ou Esca-
liers, Houillères, Marchés, Monts ou Montagnes, Parc, Pas-
sage, Places, Quais, Squares, Stations, 2 hier, et une des
Diverses localités de la ville et des environs.
— 691 —
Le titre et les légendes soî:c imprimés autour du plan, comme
sur celui de 1866. (n» 108).
Ce plan est partagé en carrés numérotés de 1 à 30 ; les
articles des diverses légendes renvoient à ces numéros.
C'est une reproduction des carrés n'"'23 à 28,33 à 38,43 à 48,
53 à 58,63 à 68, du plan de 1875, (n" 368), avec les changements
survenus depuis, entr'autres le percement de la rue Léopold.
Larg. 0"'50, haut. O^âS.
Est encore dans le commerce.
1877.
N° 396. Plan intitulé : Liège.
Dressé par A. H.Dufour. Etc.. (Comme au n" OShis de 1860.)
Avec une rose des vents et une légende pour les églises, etc.
de 24 numéros et a et b, plus A et le signe pour les tramways,
à gauche du cadre.
C'est le même plan que le w 98 bis avec les changements
survenus depuis 1860, entr'autres le chemin de fer de ceinture,
le chemin de fer vers Maestricht, les nouveaux boulevards de
l'Est, le pont Maghin, le jardin d'Acclimatation, la transforma-
tion de l'ile de Commerce et les nouvelles écluses. La rue
Léopold n'y est encore qu'en projet, quoiqu'elle soit déjà exé-
cutée.
Le parcours des tramways y est indiqué.
Larg, 0'"155, haut. O'^li.
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Collection des guides
Jeanne. — Guides diamant. — Belgique, par A. J. Du Pays.
3« édition. Paris. Hachette. 1877. Un volume in-18. Page 224.
1877.
N" 397. Plan sans titre de la ville de Liège.
Avec une rose des vents.
A ce plan est annexée une Table alphabétique des rues,
imprimée à part. Il y a en outre pour chaque rue une liste de ses
habitants, et on doit tracer cette rue en jaune sur le plan.
— 692 —
Le plan est divisé en carrés numérotés et la table des rues
renvoie aux numéros.
Les modifications apportées à Tîle de Commerce y sont indi-
quées : le tracé de la rue Léopold ne Test pas.
Larg. O^ôô, haut. 0"'28.
Ce plan est destiné à être affiché en ville au coin de chaque
rue importante, pour servir de guide aux étrangers.
1877.
N" 398. Plan intitulé: Ville de Liège. Ile de Commerce.
Plan du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En
66 annuités à 4 Ij^ "/o. Amort^ Compris./ Feuille N" i.
Légende. Ce lotissement peut être modifié au gré des ama-
Echelle de 1 à 1,000.
Ce plan comprend la partie de Pile de Commerce située entre
la Meuse, le quai Cockeri]l,le nouveau Parc, et la rue formant le
prolongement du pont de Commerce. Les deux pâtés réservés
pour la bâtisse sont partagés en lots de 1 à 80 avec la conte-
nance de chacun, s'élevant en somme à 25,000 mètres carrés.
Larg. 0"^55, haut. O^ôT.
Ce plan et les suivants sont annexés à une brochure ayant
pour titre: Ville de Liège. Cahier des charges pour la vente des
t-irrains appartenant ' la ville. Liège. Vaillant-Carmanne.
1877. Une brochure in-8.
1877.
N° 399. PUtn intitulé : Ville de Liège. Ile de Commerce. Plaii
du lotissement des terrains à voidre par Anniùtés. (En 66 an-
nuités à 4 H'-2 "/o. Amorl^ Cotnpris./ Feuille iV" 2 ('). Légende.
Ce lotissemetit peut être modifié au gré des amateurs.
Echelle de 1 ù 1,000.
Ce plan comprend la partie de l'île de Commerce située entre
• Les feuilles n»» i et 2 peuvent s'a.ssembler.
693
laMeuse,le boulevard d'Avroy, le nouveau Parc et la rue formant
le prolongement du Pont de Commerce. Les deux pâtés réser-
vés pour la bâtisse sont partagés en lots de 81 à 159, avec la
contenance de chacun, s'élevant en tout à 20,000 mètres carrés.
Larg. O^oO, haut. 0""56.
Annexé à la môme brochure que le précédent.
1877.
N" 400. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissement
des terrains à vendre rue Latour (Est). Feuille N° 3.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne les terrains compris entre les rues Dothée,
d'Harscamp, les établissements de l'Espérance et rOurthe,près
de la station de Longdoz. La ville a formé là 9 lots dont une
partie est déjà vendue.
Larg. O^dI, haut. 0"'52.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 401. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de V Est. Plan
du lotissement des terrains à vendre par Annuités. {En 66 an-
nuités à 4 i/5 %. Amort*^ Compris.) Feuille N" 4.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne le terrain compris entre la rue de Bavière,
THôpital de Bavière, la rue Chaussée-desPras, la rue Capitaine
et le quai des Pêcheurs. Les terrains à vendre sont situés bou-
levards du Saucy et de la Constitution et rue St-Eloi, et parta-
gés en lots de 1 à 40 et 101 à 103.
Larg. 0"\=.2, hau!. 0"^56.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N°402. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de l'Est. Plan
du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En 66
annuités à 4 //2 "/o. Amo'^t*^ Compris./ Feuille N" 5.
- 694 ~
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne le terrain compris entre la rue Capitaine, la
rue St-Nicolas, l'Hôpital de Bavière, la rue St-Pholien et le quai
des Pêcheurs. Les terrains à vendre sont situés quai des Pê-
cheurs, boulevard de la Constitution, rue St-Pholien et rue St-
Eloi, et partagés en lots de 2 bis à 4 bis, 37 à 61,112 à 114,118,
A à F et S à Y.
Larg. O^oô, haut. 0'"36.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 403. Plan intitulé: Ville de Liège. Quartier de VEst.Plan
du lotissement des terrains à vendre par Annuités. (En 66
annuités à 4 i/3 "/«. Aniort^ Compris./ Feuille N" 6 (').
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne le terrain compris entre le boulevard de la
Constitution, la rue St-Pholien ert la rue des Ecoliers, jusqu'à la
caserne des Ecoliers. Les terrains à vendre sont situés rue St-
Pholien, rue du Paquier, rue du Moulin et boulevard de la
Constitution, et partagés en lots de 56 à 67, 76 à 100, 124 à 128
et A à R.
Larg. 0">39, haut 0"'54.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 404. Plan intitulé: Ville de Liège. Plan du lotissement
des terrains à vendre. Fond Plrette (Ouest). Feuille N° 7.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan comprend les terrains situés entre la rue Montagne-
Ste-Walburge et la rue Fond-Pirette rectifiée et élargie. Les
terrains à vendre sont situés à droite de cette dernière rue et
comprennent les lots 32 et 38 à 47.
(•) Les feuilles n"» 4, 5 et ^^ peuvent s'assembler.
Larg. O^Si, haui. 0"56.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 405. Plan intitulé: Rues des Champs et de Mulhouse. Est.
2" Sect".
Sur la même feuille que le précédent.
Echelle de 1 à 500.
Ce plan donne les terrains à l'intersection des rues des
Champs, GnHry et de Mulhouse. Les lots A à F à vendre sont
situés rue des Champs et de Mulhouse.
I.arg. O-^ôG, haut. 0'"18.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 406. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissemetit
des terrains à vendre rue Hullos (Ouest). Feuille N" 8.
Echelle de 1 à 500. *
Ce plan renferme les terrains compris entre les rues Eracle,
Goftin, Ste-Marguerite et Hullos, près de l'église Ste-Margue-
rite. Les terrains à vendre sont situés à droite de la rue Hullos
et comprennent les lots IG et 21 à 32.
Larg. 0"'58, haut. O^ST.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N** 407. Plan intitulé : Ville de Liège. Plan du lotissement
des terrains à vendre Rue Firket (Ouest) , et Quai des Pêcheurs
(Est). Feuille N" 9.
Echelle de 1 à 500.
Sur cette feuille se trouvent deux plans.
Le premier représentant le quai des Pêcheurs avec le com-
mencement du boulevard de Saucy et de la rue de Pitteurs. Il
n'y a là qu'un lot à vendre : il est situé à l'angle de la rue de
Pitteurs et du quai des Pêcheurs.
— 696 -
Larg. O-^SO, haut. O^ôO
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N» 408.
Le second plan qui se trouve sur cette feuille comprend le
terrain entre la rue Hocheporte, la rue Firquot et le commen-
cement des rues Goqraimont et des Cloutiers, qui abou-
tissent à la rue St-Séverin. II n'y a que deux lots à vendre (7 et
8) : ils sont situés à gauche dans la rue Firquet. Il y a de plus
dans cette rue quelques parcelles à rétrocéder se trouvant vis-
à-vis de maisons qui ne sont pas sur l'alignement.
Larg. 0"'21, haut. 0"'21l.
Annexé à la même brochure que les précédents.
1877.
N" 409. Plan intitulé : Ville de Liège. Projet d'Assainiss^.-
meni des Quartier -i de la Boucherie et des Foulons, et Création
d'un Marché d'Approvisionnement.
Dressé par V Architecte Soussigné.
G. Garvin.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une rose des vents et une légende pour les teintes.
Ce projet est analogue à celui du même auteur déposé le 31
décembre 1875 (n" 37-2). Le tracé des deux rues principales est
à peu près le môme; quant aux petites rues transversales,
le projet est différent : les rues Potiérue, St-Jean-Baptiste,
St-Georges, de la Poule, Hongrée, des Brasseurs et St Barthé-
lemi, sont élargies : les rues de la Goffe, de la Halle, de la
Clef, Sur-le-Mont et Barbe-d'Or, sont supprimées, ainsi que le
Marché aux fruits, la Halle à la viande et l'Académie.
Les nouvelles halles occupent l'emplacement de la rue Sur-
les-Foulons et sont au nombre de trois.
Larg. (►'"54, haut. 0">19.
697 —
Se trouve joint à une brochure intitulée : Ville de Liège.
Assainissement desQuarliers de la Boucherie et des F'oulons.
Demande en Concession faite par G. Garoin, Architecte, le 5
Décembre 1877. Mémoire. Une brochure in-folio autographiée.
1878.
N" 410. Plan sans titre du pâté de maisons compris entre les
rues Léopold, de la Madeleine et de Gueldre.
Echelle de 1 à 200.
Le terrain est divisé par lots pour la vente.
Larg. O^Sd, hnut. 0'"22.
Ce plan se trouve derrière l'affiche de la mise en vente par
la ville de Liège de sept lots de terrains à bâtir situés rue de la
Madeleine.
1878.
N"'411. Plan intitulé : Ville de Liégi. Quartier de l'Est.
Boverie. Plan de lotissement de parcelles de terrains à vendre
avec grande facilité de paiement.
N. B. Ce lotissement, etc.
Par N. Mulkay, Géomètre, 1S78.
Echelle de 1 à 500.
Avec une rose des vents.
Ce plan donne les terrains compris entre la Dérivation, la rue
des Vennes, la rue de P^étinne et les terrains au-delà de la rue
Hock.
Les terrains à vendre sont divisés en 30 lots.
Larg. 0"62, haut. 0"^4o.
Ce plar; a été publié par M. Aug. Hock, à qui appartiennent
les terrains à vendre.
1878.
N° 412. Plan intitulé : Ville de Liège. Direction des travaux
communaux. Plan indiquant les emplacements desponts pro-
jetés pour relier les quartiers de Fetinne et des Vennes au
quartier de Longdoz.
— 698 -
Annexé au rapport du Soussigné en date du i2 Mars i878.
L' Ingénieur-Directeur ,
G. Blonden.
Etabl. Lith. de Ch. Claesen Editeur à Liège.
Echelle de 1 à 2,500.
Avec une note concernant les divers projets.
Ce plan donne la partie de la ville située entre la Meuse, le
Parc public, le jardin d'Acclimatation, le quai de la Boverie, la
rue Grétry, le cours du bras de l'Ourthe passant à la Bonne-
Femme et aux Grosses-Battes et le chemin de fer de Verviers.
Il comprend donc aussi une partie des communes de Grivegnée
et d'Angleur.
Il représente divers projets de voies de communication et de
ponts : Tune dans le prolongement de la rue Dothée aboutit au
pont suspendu ; la seconde dans le prolongement de la rue
Natalis aboutit à la rue de Fétinne, et la troisième partant de
l'extrémité de la rue Grétry aboutit à la rue des Venues près
du viaduc du chemin de fer de Namur. Ce sont les deux der-
nières qui ont la préférence. On admet aussi l'élargissement du
bras de l'Ourthe aboutissant près des établissements de l'Espé-
rance et la suppression des autres bras ainsi que des moulins à
tan, Waroux et Despa.
En deux feuilles.
Larg. I^OO, haut. 0"'66.
Se trouve joint à la brochure intitulée : Ville de Liège.
Direction des travaux coinmunaux. Projet de construction de
ponts aux quartiers des Vernies et de Fétinne. Rapports de
M. Vingénieur-direoieur des Iraoavx cotnmunaux. Liège.
L. De Thier. 1878. L ne brochure in-8».
TABLE GENERALE.
Première partie. — Cartes gravées.
CHAPITRE I. — ÉVÊCHÉ ET PRINCIPAUTÉ DE LIEGE.
t.lV t.VUI t. XIII
i i 15e siècle Pays de Lidge B27
2 Ibis 4570 EvêchédeLii'ge.ORTEiJUS. Ed. de 1570, 1371,4587,
1592, 1596, 1603, 1612, 1612,
in-folio 528
3 2 1682 Id, GDiCHARDiN.Ed.de 1582,1588,1612,
1613, 1623, 1646, in-folio . . 213
Id. ORTEUUs.Ed.del5«9.in-12,oblong S28
Id. M.QvAVVM. Fascicutus geofiraphicus 214
Id. Bebtius. Ed. de 1600 (en 4 livres),
in-12, oblong 306
Id. Ortelius. Ed.del601,in-12,oblong 214
Duché de Liinbourg.ORTELitJS.Eil.de 1612,16 12,in-fol. 528
Id. Mercator. Ed. de 1607, in folio. 215
Evôché de Liège. Id. Ed. de 1607, in-4. obi. 308
Id. Id. Ed. de 1607, in- folio. 215
Id. Ortelius. Ed. de 1609, in-12, obi. 307
Duché de Limbourg. Id Id 307
Pays de Liège. Guichardin. Ed. de 1613, 1613 et
1617, in-4, oblong 307
15 8 1616 Duché de Limbourg. Mercator. Ed. de 1607, in-folio.
— Braun et UouENBERG, t. IL— KoERius, Germaiiia
inferior, et PiSCATOR, Belgium sive Germania. . Ki9
4
^bis
1589
5
3
1592
6
3 bis
1600
7
4
1601
8
6
1603
9
7
id.
10
7 Lis
16û:
11
9
id.
12
9U15
1609
13
9"^=-
id.
14
lOl^'s
1613
700 —
t.iv t.Via t.XlIl
46 S^»'' 1616 Evêché de Liège. Bertil's, Ed. de 1616 (en 7 livres),
in 1^, oblong. — Guichardin. Ed. de 1635, in-12. 307
17 8'^'' id. Duché de Limbourg. id. Id. Id. . 53C
48 401" 1617 Id. KoERius . 53C
49 40' 1627 Evôché de Liège. Buaun el Hohenberg, toni. il. . 53C
20 40» 1630 Id. MKRCATOR.Ed.de463ùetl632,in 4,
oblong. — Van Vii aesbehg, Nieuwe en beknopte, eic. 308
2140» 1632 Duché de Lirabourg. Id. Ed. de4632. id. Id. . 309
22 10'(') 1633 Evêché de Liëge. Mercator. Ed. de 1633 el 1638,
io-fol.,el Le nouveau ihéaire du monde. 309
23 41 1634 Id. Id. Ed. de 163'*, in-4, oblong 216
2* 1 1 'j''^ (*) 1636 h\xc.\iéA& L\mhQnTg. L'ardanie eijlatnboijaute colonne
et Kle.jne en beknople allas, etc., in-12, oblongs. 310
25 11 ter vî) id. Comté de Dalhem. Id. l.t. 310
26 41* (*) 4638 Duché de Liinbourg. Mercator. Ed. de 4638, in-fdio,
ei Le nouveau lliéàlre du inonde 311
27 42 4639 Principaulii de Liège et Comté de Looz. Mantelius. 216
28 44iji» 4649 Euviioiii de Liège. A. Zeidler. Sur un plan de
Liège, .n" 81'=-.) 531
29 14'«' C) Jd. Evôché de Liège. Blaeu, 2'ooH«fie/(ie5aerd;/jcx, etc.,
in-folio 311
30 44* 1630 Duché de Limbourg. Id. Id. . 534
31 44* 1652 Id. P. Verbist. .'Voj;hs /a/)«/(/>Hm, etc.
in 12, oblong 311
32 15 id. Evôeliè de Liège. Guichardin. Ed. de 1632, in-12 . 217
33 15'''=* id. Duché de Limbourg C(ie;7 e;/ S/c(/e-Z'oej;/.fH, elc . . 632
34 15'^'' 1636 Id. Martin ZtlLl.ER, ï'o/;oyyY/;;/;;a . 312
33 16 1637 Evôché de Liège. Partie septentrionale. N. Sanson . 217
36 17 id. Id. Partie méridionale. Id. . 217
37 48 4660 Id. 217
38 23 4662 Duché de Limbourg. F. de WiT 219
39 23 4670? Evêché de Liège. Id. ...... 218
40 24 id. ? Id. T. Danckerts 248
44 26 0 1672 Id. Sanson 219
42 26'''' 1674 Partie de la province au nord-ouest. De Beaurain,
Campagne du prince de Condé .'i32
43 27 4675 Duché de Lirabourg. Evêché de Liège. Duval . . . 249
44 291''- 1692 Id. J. Peeters. LV/(/a.$ en aèré^é, etc. 532
45 29ter id. Id. Sanson. Allas nouveau .... 333
46 29* id. Evôché de Liège. Id. Id. .... 334
(*) C'est le II" 13 du premier travail. — (*) C'est le n* 21 du premier travail. — (') C'e.-;t
le n" 22 du premier travail. — (*) C'est le n" 14 du premier travail. — (') C'est le n" 49 du
premier travail. — 'j Les u»* 28 et 29 doivent se rapporter k celte carte.
— 701 —
47 29» (•)
48 29*
49 29'
50 29*
r;i 29«
32 30
58 31
54 31 i'''^
55 31 tel-
56 31*
57 31»
58 31*
59 31'
«0 31*
61 31»
62 31"
63 31"
64 31'»
65 31"
66 32
67 33
68 34
69 35
70 SSi'is
71 35ter
72 37 Ws
,73 36
74 36L'i3
75 37
76 37ier
77 38
78 39
1692
1693
i(l.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
id.
1694
id.
id.
id.
1693-96
1695
id.
id.
id.
id.
id.?
1696
1697
1700
1703?
1709?
id.
Partie de la prov. à l'ouest. De Beaurain. Hist. mil. de
Flandre
Id. au nord-ouest. Id. Id.
Id. à l'ouest. Id. Id.
Id. id. Id. Id.
Id au nord-ouest. Id. Id.
Id. Bataille de Neei'winden. De Fer. Les forces
de l'Europe. — Le théâtre de la guerre dan
les P. B. — La galerie agréable du monde
îd. Carte en allemand ....
M. Hist. abrégée des prov. unies
l'ÉRF, Placide
De Beaurain. Risi. mil. de Ft
t.tV t.VUI t.XIII
312
313
313
314
314
Id.
Id.
Id.
Id.
!d.
Id.
Id.
Id.
!d.
Id.
Id.
Id.
Id. au nord-ouest
Id. à l'ouest
Id. au nord ouest
Id. au nord
Id. à l'ouest
Id. id.
Evêchi; de Liège.
Id.
Id.
Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
Id. Id.
De Fer
N. VisscHER. Dans difft^rents allas
Partie septentrionale. Id. Id.
Partie médiane. Id. Id.
Duché de Limbourg. Id. Allas minor, etc . .
Id. . . Î)E Bekvlizv. Les plans et profils, elc
Id. Sanson. Ma'jnum theatrum belli, etc
Evèché de Liège. Theatrum Belgii fœderati, etc .
Id. De Fkr. Le théâtre de la guerre dans
les P. B., etc
Id. Sanson
Partie de la province au sud-ouest. G. Bodenehr
Atlas curieux, etc
Evêché de Liège. Allard. La galerie agréable du
monde, etc
Id Van der Aa. Id. Gueudeville
Le nouveau théâtre du monde, etc., et
A. Dubois. La géographie mod., etc.
220
220
220
315
315
315
315
316
316
316
317
317
317
318
318
318
320
320
320
321
221
221
222
321
(•) Les nos 29» à 29* sont les n"" 29''i=> à 29* du deu.xième supplément.
79
39l^K^
80 40
81
40 l'i-^
82
40'"-
— 702 —
® ~ - f 5
UV t.VUl t.Xllt
1T09 Evêché de Liège. Covens el Mortiek. Nouvel allas
très-exact, etc 535
id. Duché de Limbourg.VAN der Aa. La galerie agréable
du motule,elc. — Gueudeville. Le nouveau théâtre
du monde, elc, et A. Dubois, ia géog. mod., etc. 322
1720? Parlio de la province au nord-ouest. F. Benard. . S35
1725 Evéché de Liège. NOLiN. Sammartini. Gallia chrix-
liana, elc 536
83 40* («) 4729 Id. D. DE LA Fei'ille. Les tablettes
guerrières et Kleyne en heknopie atlas, etc . . 322
84 4) 4740? Principauté de Liège. N. Le Clerc 223
85 41 bi^ 1744? Id. M. Seutter. .ir/as noi;«s, etc . . 323
86 42 id. Id. T.C. LotJEn. A lias g eograpfiicus,e\c 224
87 43 id. Id. E. H. Fricx 224
88 44 1740 Bataille de Ror.our. F. Harrewïn 225
89 45 id. Id. Journal hist. de la dernière campagne, eic 226
90 46 id. Id. Ly^VkOVGF.. Recueil contenant des car tes, &\.c "l'i^
91 47 id. Id. G. Demf.use 227
92 47l"s id. id. (en hollandais) 323
93 47^* id. Id. Kleyne en beknopte atlas, etc ... . 324
94 47* id. Id. Le Rouge 324
98 47^ id. id. Kr\t. Relation de la camp, en Brabant,elc 536
96 47» id. Id. (en hollandais). P. Servaas 537
91 48 id. Id. Ckumm. Itinéraire ou le guide liégeois,elii 227
98 481^'^ id. Id. h'Espagnxc. Hisi. du maréchal de Sa.ve,elc 324
99 49 id. Id. Fk\è. Hist. et lactique des trois armes,elc 'i'il
100 49 1^:" id. Id. De Beaurain 324
401 49"" id. Id. Brouard 324
•102 50 1747 Bataille de Lawfeldt. F. H Everard Kints . . .227
403 50'''- id. Id. PoiiEH.CnEyiE. Rel" de la camp, en Braù., eic 537
404 50t«> id. Id. Le Rouge 537
405 51 id. !d. Id. Recueil contenant des caries, elc. 228
406 51 i'''^ id. Id. De Beaurain 325
107 54 1«' id. Id. Brouard 325
408 62 (') id. Id. Potier. Campagne de l'armée du roi, etc . 228
109 53 (') id. Id. CxhRQ^iT. Itinéraire ou le guide liégeois, etc. 228
140 54 (*) !748 Cours de la Meuse. Le l'ouGE. /îec.co»i««de.s car/e.f.etc 228
144 55 1748-4763 Principauté de Liège. N. Le Cleic 229
112 Sol»" 4754 Evéché de Liège et duché de Limbourg. Robert.
Atlas universel, etc 325
(') C'est le n" 20 du premier travail. — (*) C'est le n" 53 du preniier travail.
(») C'est le D» 54 id, — [i) C'est le n" 62 id.
703
f.iv t. vin (xui
17S6 Partie de la province à l'Est.. De Limbodrg. Traité
des eaux m'mérales 537
1758 Evéché de Liège. Expu.ly 229
id. Partie de la province à l'Est. Théâtre de la guerre
présente en Allemagne ,');-{8
■1763 Id. Id. De LiMBOURG. ]Vo«('. a/nM.se/«e7/rs,etc 230
i7fi8 Cours de la Meuse. Morand. .■lrfrf'e.r/)/r/^« )/j)«es-,etc 230
id. Id. Id. Id. . 230
177,-) Priiicipaiitd de Liège. Serriès. Hist. ccclésiasc, etc. 23i
1777 Partie de la prov. à l'Est. Mém.de l'acad.imp. eiroy. ?,?)S.
178'2 Marquisat de Franchiniont. H. Godin. De Limbourg.
Les amiisoiicnts de Spa 231
iii. Evêché de Lfégc. Delà Fosse 231
178S Id. Dezaijche 231
178t) Duché de Limbourg 339
1788 Prne. de Liège. Hénaux. Mist. du pays de Liége^e\c 23i
1789 hl. Id, Id. . 233
1790 Id. DessAIX 233
id. Iii. CAiHHoyi. liinér. ou le guide liég.,elc. 233
id. Id. GûssEFELO 234
1791 Id. Von Kully. Schauplaiz, elc . . . 32.S
id. Id. (partie sud) Id. Id. . . 326
id. Id. (partie médiane) Id. Id. . . 326
id. Id. (partie nord) Id. Id. . . 326
Id. Duché de Limbourg. id. Id. . . 327
1793 Bataille de Neerwinden. De ÏERNAV.Ï'mi/<;(/cfrt67.,etc 339
id. Id. Id. Id. . 33ft
id. Id. Vxwi.Hist. et tncltq. dm trois armes,elc 234
id. Id. JoMiNl. Hist. critique et militaire, etc. 234
139 72 1793-4794 Partie de la province à TEii. Id. Id. . ->3o
CHAPITRE IL — DOMINATION FRANÇAISE (l79o-lSl4).
Dép. de rOurlhe.WOLFF. Le guiile (/es curieux, etc. 236
Id. ^Ri.TOV.Voyage dans la ci-devant Bet'j., cl(^ 236
Id. Waillart 54(»
Id. WOLFF 237
Id. Desoer. Almanach du départ, de l'Ourtlie 237
Id. Tardieu. Allas national de France. . . 23T
Id. Maillakt o*"
Id. Dk.sokb S'iO
113
^Oter
114
56
113
S6bi<
116
57
117
38
lis
59
119
60
120
601^^
121
61
122
62
123
63
124
63l>i:^
12.')
64
126
65
127
66
128
67
129
68
130
es!*:-
131
68'-'-
1.32
68*
133
68"
134
68''
135
69
136
69 l'i"
137
70
138
71
440 73
1801
141 74
1802
142 741'i«
1804
143 73
1807
144 76
1810
143 77
1812?
146 77lji>
1814?
147 77'er
id.
— 704 —
CHAPITRE m. — DOMINATION HOr, LANDAISE ( 1814-1830).
t. IV t.VIH t.XIIf
i'tS 78 i816 I*ai'lie de 1h province à l'est (t'2 numéros). Wolff.
Itinéraire curieux d<is environs de Spa, etc. . . '238
M9 78b>^ 1818? Prov. fleLiége.VAN BA.ARSEL. /l(/as du royaume des
Pays-Bas, etc. 327
ISO 79 -ISl'O Id. HoFFMKisTRR 239
if)l 80 4824 Id Castf.p.man. Lecocq. Nouvelle géogr., eic. 239
452 81 -1828 Id. Firket 239
i.'iS 82 id. Partie de la pr. Env. de Linge. Avanzo. (PI. de Liège) 240
154 82ti's -(830 Prov Ae Liège. R. ^IXLUERBE. De l'étal des rouCes,&lc 541
CHAPITRE ÏV. — GOUVERNEMENT BELGE (^1830-1878).
Pi'ûv. de Liège. Vandermaelen. Allas de ta Belgique
pour l'iii SI motion 243
Id. JUUENNE 327
Id. Vakdermaelen 240
Id. A. DuMONT.iUt'm.siO' la constit. géologique 241
kl. Vandermaelen 541
Partie de la province à Touen. Roulez. Mémoire sur
les campagnes de César 327
Province de Liège. Charles. Atlas de la Belg., etc. 328
Partie de la pr. au nord ouest. Simons et Deridder.
Desc. de la route enj'er,e[e 542
Id. au nord. Id. Id. . 84a
Id. a l'est. Id. Id. . 543
Prov. de Liég«. Blaisot. Petit atlas national, etc. 241
Id. Vandermaelen. Atlas de la Belg. en 10 feuil. 243
Id. La Belgiifue pittoresque 241
Id. Géographie de la Belgique 543
Id. Vandermaelen. Nouvel atlas de la Belgique. 243
Id. Id. " . . 544
Id. Id. Havard. Dictionnaire géngraphiq. 328
Partie de la pr. au nord.VVAUTERs. Atlas pittor., etc. 544
Id. à l'est. Hayet. Vadm, et les électeurs, etc 544
(*) C'est le n" 93 du premier travail. — (2) C'est le n" 83 l'i» du premier travaiL
(••) C'est le n" 8'f l'i^ id. — (*) C'est le n» 84' ■•• id.
(") C'est le n" 04 id. — ^•) C'est le n" 'Jr. id.
(') C'est le n" 8G* du deuxième supplément.
155 83i'i-(')
1831
156 «Sier (-)
id.
157 83
1832
158 84
id.
159 84l'i«
id.'/
IbO 84ter (=>)
1833
itil 84*(*)
id.
162 84"
id.
163 84«
id.
164 84'
id.
Wô 85
1834
166 85bi»0
id.
167 86
id.
168 86i'i-^
1836
169 86tef n
1838
170 86*
1840
171 8(1" Cj
id.
172 86»
id.
173 86'
id.
— 705 —
7; r: — a.
a » >. 3 3
Q — a m 'n
t.iv t.vui t. .vin
1842 Province de Litige. Raks 242
id. Partie de la province à l'est. Dérive 24Si
id. Id. Id 242
1843 Province de Liège. Rkding. Mendél. Album voor de
aardrijkskiinde, etc 545
id. Couis de la Vesdre. (Chemin de ter). Stroobant. . 845
id. Partie de la pr au sud. De\Vaha..4 Hl M. les présida, elc 546
id. Id. à l'est. IIahn 242
id. Id. id. Id 242
id. Cours do la Vesdre. (Chemin de fer). Vandermaelen 243
id. Partie de la province au sud-est. H. Guillery.
liirières. L'Oirlhe 546
id. Evêché de Liège. r,EiRNAERT.^?/as ecilév'asiique,elc. 547
-1844 Partie de la pr.de Waremrae à Liège. Wauters. Allas
pittoresque, elc 547
id. fd, de Liège à Verviers. Id. Id. . 548
id. Id. de Vervicrs à la frontière. Id. Id. . 548
id. Id. de Tirlemoni à Waremme. Vandermaelen.
Allas des cliemms de fer 329
id. Id. rie Waremme a Liège. Id. Id. . 330
id. Id. de Lii^ge à Verviers. Id. Id. . 330
id. Id. de Verviers à la frontière. Id. Id. . 330
I 1845 Prov. de Lii'gH. M EKKTS. D/cn'o«. f/éof/rap/i/fji/e, etc. 329
id. Id. Raes. Allas de la Belgique, etc. . 548
1846 Partie de la province à l'est. G. Lambert. Géologie.
Rapport, etc 549
1846-1847 Prov. de Liège. Marc Elgé. Histoire et géogr., etc. 329
1847 Cours de la Meuse. HouBOTTE. Pro/e<c('a»ié//or., etc. 549
id. Partie de la province au nord-ouest. Henneqcin.
Appel à la législature, etc S50
1851 Province de Liège. Landrien. ^f/as poj9!</a»-e, etc . o51
1853 Partie de la pr. à l'est. Soc. anonyme du ch. de fer de
Pepinster à Spa S51
id. Id. au nord. C//e;/î(H de/i?)' /)é(/eo2«-/^mft., etc 244
id. Id. Envir. de Chaudfontaine. Grandgagnage.
Chaudfoniaine 244
202 99 id. Province de Liège. Coppens. Atlas, elc ... . 245
(') C'est le n" 92'' du premier travail. — (*) C'est le n" 92^ du premier travail. —
(') Le n° 93 du premier travail est duv.'mi le n" 83^1. — (*) Le n" 94 du premier travail
est devenu le n» 80'"'. — {^^) Le n» 95 du premier travail est devenu le n" 86'. — (*) Le
a" 96 du premier travail est devenu le n" 99*.
174
87
175
88
176 89
177
89l'i-
178
89tti-
179
89*
180
90
181
91
182
92
183
92 l^i^
184
92ler
185
92'
186
92=^
187
96'=
188
92'
189
92»
190
92"
191
92'»
192
92" ('
193
92"
194
92*5
195
92" («
196
93(3)
197
94(*)
198
95 0
199
96 0
200
97
201
98
706 —
Papes
203 99 bis
1854
204 99te''
(*) 1855
-205 99*
id.
206 99'
id.
207 99«
id.
208 99'
id.
209 99» (*)
id.
210 100
id.
211 lOOl'i-^
id.
212 lOOter (
') id.
213 100*
id.?
214 104
1856
215 -102
id.
216 1021^'^
1858
217 i03O
1859
218 ■lOSl'i"
id.
219 403te''
id.
220 103*
id.
221 103''
id.
222 103«
id.
223 104
1860
225
1862
226
1863
227
id.
228
1865
229
1866
230
id.
231
1867
232
1868
233
id.
234
1868-1869
Partie de la pr.à l'est. Environs de Theux. Geoffroy
Mémoire, etc
Id. Id. A. DuMONT. . . .
Id. Id. Geoffroy. Mémoire, etc
Id. Env. de Limbourg Id. Répo7ise, etc
Id. Environs de Tlieux. Id. Id.
Id. Id. A. DuMONT. Id.
Proviiice de Liège. Vandermaelen. Atlas hydro-
graphique, routier, elc
Partie de la pr. au .'<ud-est. Collin
Id. id. JoANNE. Spa et ses environs
Province de Litige. Avanzo
Partie de la pr. Cours de la Meuse. J. Peetehs .
Id. au nord-est. Vandbrmaei. EN. C/i.rfe/e/- agric. etc
Id. id. J. HoDSON. Projet de ch. de fer, etc
Province de Li(!ge. Demarteau. Analyse géograph
Partie de la province au sud-esl. J, Lezaack .
Province de Liège. Mots Marchal ....
Id. Id, Allas de poche, etc. e
Nouvel atlas géographique .
Id. Callewaert. Guide des voyageurs, etc
Partie de la pr. Commune d'Aube!. NiCOLAi.Le/oe,etc
Id. aunord.CouNE.C/2.(/e/. de Bilsenà Tongres,elC
Id. i(i. Clals et Flechet. Id. d'Ans à Tongres
Pr.de Liège. L. Renard. Johc^ Belge (iiand-Ducale
Partie de la province au nord-est. Chemin de fe
des plateaux de Hervé
Province de Liège. (Concessions houillères.) .
Partie de la pr. a l'est. Sevekeyns et Faust. Soc
de la Vieille-Montagne
Id. id. L. DE Thiek. Société du Dleyberg .
Id. Env.de Spa. E.ngel.Goffin. Spa, ses font., elc
Id. à l'est. L. Lezaack. Guide aux eaux et aux
jeux de Spa
Id. id BtiRGVtVl:. Projet de chemin de fer . .
Id. Env. de Li('gc. Deltour — Rosius. Le tunnel
Cockerill
Pr. de Liège. Jourdain. Dtct. encyclopédique, etc.
t.IV t.VIII t.XIII
551
328
244
245
246
246
246
552
552
553
553
554
554
555
555
556
556
556
557
557
S58
558
559
S59
560
561
561
561
S62
563
563
(*) C'est le n''86'ordu premier travail. — (») C'est le n" 96 du premier travail. —
(") C'est le n" 103 du premier travail. — (^) Le n" 103 du premier travail est devenu le
D» I00i>;'.
235
1869
236
id.
237
id.
238
1870
239
id.?
240
id.?
241
id.?
242
1871
243
1872?
244
1873
245
id.
246
1875
247
id.
248
id.
249
id.
260
1876
251
id.
252
1877
253
id.
254
id.
258
id.
266
1878
257
id.
258
id.
259
id.
260
id.
707 —
t.XIII
Pr. de Liège. (jéographie élémentaire de ta Belyiq. 564
Id. Max Goebel. (Cliarbons.) 564
Id. Franquoy. Etude sur les minerais de fer . 666
id. R. Malherbe. De l'état des routes dans
le pays de Liège 565
Id. PÉRIGOT et Pire. Atlas élémentaire, etc . 566
Id. Cali.ewaert. Atlas diamant, etc. . . 566
Partie de la province à l'est. Engel 666
Province de Liège. Vossen. (Chemins de fer.) . . 567
id Id. Mines.} ..... 568
Id. ïiOSEl. Atlas de la B'ilgique. . 668
Partie de la pr. Env. de Liège. Becker. Clndnstrle ) 568
Id. Id. BOVUXRT. Carte générale des cli.de fer. 569
Id.an sud. Decq. Nouv. plan de lu ville de Liège. 570
Id. à l'ouest. Id. Id 570
Id. Environs de Spa. Id. Id 570
Id. Id GoFFlN. Nouveau guide des étrangers. 570
Id. Env. de Seraing. J. de J>ïkC\R. Carte géolog. 571
Pr. de Liëge. Lechein. Atlas des neufpr. de la Belg. 571
Id. R. Malherbe. De l'état des routes dans
te pays de Liège 672
Partie de la prov.En, irons de Spa. Bourdoux-Sody. 572
Pr.de Litige. BARTnOLOMEW..l//ass/7écia/ de laBelg. 573
Partie de la prov. au nord-est. Gilon. Le barrage
de ta Gileppe 573
Id. au sud-est. Id. Jd. . 573
Id. Commune de Cliarneux.Id. Id. . 574
Id. Cours de la Gileppe. Id. id. . 574
Id. a[inorà-est. Cil. de fer Visé-3IicheroHx . 575
Deuxième partie. - Pians gravés.
>rt
.- a a. eu
t.iv t.vn[ t.xiM
Vue prise du pont Maghin.GuiOHARUiN.Ecl.de 1867 et 1368. 23-1
Vue prise deSt-Gilles. F. Vai.egio. .Ulas en italien . . 577
Id. Braun et HOGENBERG. 3'/(ea/rHî?« !<rZ)non. 251
Iii. Copie du précédent 331
Vue prise de la Cliartrcusc. Mehten von Mancuel. His-
toria, etc. 577
[d. Baudaut. Les (juerrcs, de Nassau. 578
Vue prise de St-Gilles. Guigiiahdin. Editiorj de 1S80 . . 578
Id. Iil. Ed. de 1581, lf;82, lo88, 1612,1613,
1624, 1625, 1646, 1648. 252
Id. Copie du précédent 253
Id. Adi'.ikn lîOMAlN. Parvinn ihealrum, etc. . 331
Id 331
Id 332
Id. GuiCHAHDiN. Edilion.s de 1613, 1616,1617. 253
Id. Le Petit. Nedcrlavdsclie republi/ckc . . 578
Vue prise de la Chartreuse. Ph. de Hurges. Voyage, etc. 579
Vue prise de St-Maur. G. Marischal. J. Veenen. G.
Alzenbach 579
Vue prise du pied du Pont-d'Ilc. Le Meunier .... 581
Vue prise de St-Gilles. D. Meissner. Emblemaia seu
moralia, etc 581
Id. G.Rraun et F. H0HENBF;KG.77?(?a«j!U)i urbiitm,elc. 253
Vue prise de St-Maur. G. Alzenbacfi 254
Id. tîr.AEU. Novran ac luagiinm ihcatrnm, etc. 2.')4
Id. W.IIOLI.AR. La galerie arp-éobte du monde. 255
Vue prise de St-Gilles (siège). A. Zeidler 583
Id. ^M.nw^.Topograpbia Wcstphaliœ. . . 256
Id. Id. Id 256
Id. Abraham Sauhu. .S/iïHc-/jHcft, etc . . 583
id. G. ai.tz!;nrach 256
(') Le n" lll's' du deuxième supplément est devenu lo n" 5®.
1
1
1567
2
4l.is
i:i72
3
2
1574
4
21>i^
id.
5
2ter
1577
t
2*
id.
7
2'
1580
8
J5
1581
9
4
1582
10
4l,l.s
1595
11
4fer
1 600?
12
4*
id.?
13
5
1613
14
gbis
1615
13
5e;
id.
16
5*
1618
17
J'5
1623
18
5»
id.
19
6
1627
20
7
1 640?
21
8
1649
22
9
id.
23
gi.is
id.
24
10
1 650?
25
11
id.?
2u
\\hi,
(')1658
27
12
1663
70^>
t.iv t.vnrt.xni
1676 Plan de l'areui; de lïi Cité. M. uk Ghati. fJt.scours de
droit moral 257
id. Id. de Gierson-Fonlaine. M. Id. . 258
1685? Vue prise de St Gilles . Îi84
id. Id. Ausfïikrliche und Grundrichtine Brschreibung o84
1689 Id. AvELixK 585
1693 Id. Perelle. OEuvre de Beaulieu ,332
1694 l'Ian complet. De Beauiuin. ^/.«. miUt. de Flandre. .333
id. Id. De Ker. Les forces de l'Europe. Ed. de 1690
et 172:2 585
id. Id. Veuve du Val ,186
1695 Id. De I'er. l.cn forces de l'Karopc. Editions de
\m?,, IGltn, 1695, 169(3 259
1697 Id 259
id.? Id. E. II. Fricx. Cane du duché de Brabant . 260
id. Id. Harrewyn, Délices des Pat/s-Bas. Editions
de 1697 et 1700 386
1700 Vue prise de St-Maur -''.87
1701 Vue prise de St-GiUes {s'iôge). i AVoLfF. Reprcesentatio
betli, etc 587
id. Plan complet (id ) Id. Id. . 588
id. Vue prisede.. (id.) Fauûras. Faits mém. de yuerre,etc. 588
1702 Plan compl.(id.) C.Allard. Lagaler. agr. du monde. 261
id. Vue prise de St-Gilles. (id.). Médaille 262
id. Pians de la Citadelle et de la Chartreuse (id.\ Pelet.
Collection de documents 262
1709 Plan complet. P. ScHENK. JAeatrMm 6e/pjcum, etc. . 333
id. Id ,589
1711 M. E\ïiKï:\\\». Délices des Pays Bas. Eâ.àe m \. 589
1720 Id. Id. Id. Ed. de 1720,1743 et 1769. .589
1721 l'hin du cours de la Legia. Louvrkx. Recueil con-
tenant tes édits, etc ^63
1725 Vue prise de St-Maur. ti. Bode>ehr. Force d'Europe. 590
1729 Plan complet. Les ra6/e«fe.s guerrières et Kleyne en
beknoptc atlas 334
55 28 1730 M. L. Thonus 264
['j C'est le r'i" 'l\^"- du premier travail. — (-) C'est le n" 14i'''' du premier travail. —
(■"') l/C n° 13 du premier travail est devenu le n" 26'"'*. — (') Le n" 17 du premier travail
HSi devenu le n" 35"- du deuxième supplément. — ("! Le niJ 20 du premier travail est,
devenu le n« 26'»'' du deuxième supplément. — ■*) Le n" 22 du premier travail est deve
II' 11'' 2.'i-'. — (') C'est le u" 22 du promifr tr:ivnii. — (*) C'est le n" 15 du premier trav.'
— /"j i^est le n" 90 th-, premier iravHi!.
enu
M.
710 —
f ' r: a- o.
.c ia 2 " "
t.iv t.vm t.xiK
îS() ti7 1738 Vue prise de St-Gilles.F. DESTAIN.i4/m.</e4 <re/bncier«. 263
>>7 29 17,^7 Id. R. LE Loup Les délices du pays de Ltége. 265
58 30 id. Id. (Copie du précédent.) 0. Henrotte. . . 265
»9 30bi- 1738r Vue delà pi. dev. le Palais. Bergmùller. Vues p'optiq. 590
60 30'e' id.? Vue de la place Sl-Jacques. Id. Id. . 891
61 3'i* id.? Vue du Vieux-Marché. Id. Id. 591
62 30» id.? Vue du Marché. Xhrouukt. Id. . 592
63 30' id.? Id. Id 593
64 32 1740? nmcompl. Le P>0VGE. liée, coni^ des caries nouvelles. 266
65 31 1746 Id. CBmsiOPHE Mmhe. Carte de la princ.de Liège. 266
66 33 1744-1763 Vue prise de Si Gilles. B. Andkez 266
67 33l>i'^ 1746 Id. Schaii Plasz ion 9?, beruhmten Stadcen, etc. 698
68 34 1748 Vue prise de Cointe. J. Dr. Beïer. C. Schulz . . .267
69 341'!- 17on? Vue des env.de St-Lamb. Van denStcen. Essai Aist.,etc. 593
70 3S id.? Vue prise de Si- Gilles. Werner. Prorst 267
71 33'' t7o3 Plan complet. /iC/e^ne en ^e^nopfé a(/as, etc . . . 334
72 35t" id. Id. Id o94
73 36 1781 Plan du quartier de l'Ile. Renoz. Notes relatives au
plan d'embellissement 268
74 37 178:i Vue prise de Sl-Gilles. A Leloup. De Limbourg. Les
amusements de Spa 268
75 38 1783 Vue prise du pont des Arches. Fayn 268
76 38!'i^ 1785 Pian complet. Dé/, de.s Pflj/.s Bas.Ed.de 1783 et 1786. 594
77 39 1789 Plan de la citadelle,etc. BovY. P/-ome?mdes /»sfor., etc. 269
78 40 1802 Vue pr. de Sl-G;lles. Breton. Foy.dans /a ci-tiey.Ce/yr. 269
79 41 l804 Vuedu pontd'Amercœur.JEHOTTE.JVapo/éoH/Jonapar/c.
(portrait) 269
80 42 1822 Plan du quartier de l'Ile. Devvandre. Procès-verbal
de la Société d'Emulation . 270
81 42l>is id. Plan du quartier du Centre. Chevron 595
82 42tcr(«) 1825 Vue du pont des Arches. De Cloet. Foj/agfe pi«or., etc 334
83 42* id. Vue de la place du Théâtre. Id. Id. . 598
84 43 1827 ? Vue du pont d'Araercœur. F. FANTON.ro/n/». deGrétry. 270
85 43'"' 1827 à 1830 Vue du ^rand Marché. Id 696
86 43101 id. Vue de la placeduThé.'.tre. Id 596
87 43* id. ■ Vue du Mont-St-Marlin. Id 596
88 43* id. Vue de la place St-Paul. Id 597
89 44 1827 Plan complet. Bayet 271
90 4o id. Id. JoBAim . 271
91 46 1828 Id. Avanzo 271
(') C'est le n' 42i'!5 du deuxième supplément.
— 711
^ y a m
a •" ■•
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t.IV t.VIl! l.Xlll
Vue du Marché. De CLotx.ChiUeaux et »Ron«m., etc. 597
Vue de la place de l'Université. Id. Id. . r>98
Plan complet. Boyens. Collon 27â
Vue prise de la route de Tongres, De Peeixaert 398
Vue du Marché. lUévolulion) S98
Plan complet 599
Id. Vandermaelen. Atlas de Ferraris. . . 212
Vue du Marché. Crejietti 599
Vue de la place du Théâtre. Cbemetti 599
Vue du pont des Arches. Renardy. Cremetti. . . 600
Vue de la rive g. de la Meuse derr. St-Jacq. Id. Id. 600
Plan complet avec les env. H. Beaulieu. M. Franck. 338
Plan des quart.de l'tst et du Nord avec les environs.
Vbeurick 273
Vue du Marché. Ghémar. Degoberï 600
Vue de la place du Théâtre. Id. Id 601
Id. Id. Id. . . . . 601
Vue de la rive g.de la Meuse d' ^ St-Jacq. Borremans. Id. 60<
Vue du pont des Arches. Id. Id. . 60i*
Vue du boulevard delà Sauvenière.ld. Id. . 602
Vue prise du faubourg St-Gilles. Ghéuar. Id. . 60o
Vue de la place St-Lambert. Borremans. Id. . 608
Vue du pont de la Boverie. GEt ardot de Serhoise.
Borremans 60iî
Vue du quai de la Balte. Ghémar. Degobert . . . 604
Vue du pont des Arches 604
Vue prise de la tour de Méan. Ch. Mozin. Martens . 273
Plan couplet. M. Franck . 273
Id. Vandermaelen. Nouvelle carte gén. de la Belg. 604
Vue du Mouché. Mokzen. Cremetti 605
Vue de la plare du Théâtre. Id 605
Vue du Mont-St-Martin. Monzen. Id 605
Vue de la place St-Paul. Id. Id 608
Vue du pont des Al ches. Id 606
Vue prise de la tour de Méan. Mokzen. Id. . . 606
Plan du quariier de l'Est. Avanzo 336
Plan complet. Id 274
Id. FEBRiER.G'wîde pittoresque du voyageur
en Belgique. Editions de 1838, 1839, 1840, etc. 274
Vue prise de Pierreuse. Bartlett, Vues de la
Hollande et de la Belgique 606
(') C'est le n* 48bi9 du deuxième supplément. — («) C'est le n' 5lWsdu deuxième suppi".
92 46biB
1829
93 46'ei
id.
94 47
1830?
95 47bi*
id.?
96 47tei
id.?
97 47»
id.?
98 48
1831
99 iS^i^
1832?
100 48tor
1832?
101 48»
1833?
102 48"
id.?
103 48*(«)
id.
104 49
1835
105 491>'R
id.?
106 49tef
id.?
107 49»
id.?
i08 49»
id.?
109 49*
id.?
140 49^
id.?
m 49»
id.?
112 49»
id.?
113 49"
id.?
H4 49"
id.?
115 49"»
id.?
116 50
1836
117 61
id.
!18 61 bis
id.
119 51ter
id.?
120 51*
id.?
121 51"
id.?
122 51«
id.?
123 51'
id.?
124 51»
id.?
125 51» O
1837
126 52
1838
127 53
id.
128 53bi5
id.
712 —
P»C«K
t.tV t.VIII t.XIU
o3iKi'(i) 1839 Vue du poiU des Arches. Lacïkhs. Van Hasselt.
Voyage aux bords de la Même 336
Vue prise du quoi d'Avroy. Fussell. A. Crusk . . g607
Plan complet. Dcples&is. Landois. Guidt indispens.
duvoyageur. Ed. de 1840, 1841, 1844, 184a . 275
Id. Id. Id. Tlie indispensable ijuide, etc. 607
Id. Yzwmï-^.Gitide pilt. cl art, du voy.YA. de 1842, 607
Plan du quartier des Aiiguslins ....... 275
Vue de la place Je la Cathédrjil.e. P.indels, . . . 608
Id, .St-Jacques. Id. ... 608
Id. devant Sl-M;irtiij. Id 608
Id, devant St-Antoine. Id 608
Vue de la rue et duquai deFragni-f. Id 608
Vue du quai de la Balte. A. Numans. E. Flatau . . 60f)
Vue prise des Prés St-Uenis.WAUTEKS. Allas piiioi . 60y
Vue prise de St-Gilles. Heintz. CiîMinn .... 609
Plan partiel. Bavet, Palante 610
Vue du quaide!;i Batte. BoRnEM.\Ns. La Uelg.en 1841. 610
IMan complet. PiENNER, Bclgien and l.uxenibnnrg . 611
Id, Carte de Belgique 61 1
Id. \}u.sKV\. Guide dans i lige . . . 275
l'ian du cours de la Meuse. Dubois. Mottahd et DE
Bassompieure. Exposé, etc 275
Vue du Marché. BuTTUiiA . 6iii
Vue de la pl.St-Lamb. L.CLKRcGuidc du voy. en Eur. 612
Vue de la rue tiaraal. Id. Id. . . . 612
Pian complet parcellaiie. Bâyet 276
Plan du cours de la Meuse. Léonard 276
Plan du cours de la Meuse et de rOurtho. Guillery.
Rivières. LOiirthe 6lo
Vue du boulevard de la Sauveniére. La Renaissance. 61 ;>
Vue prise d'un point indéterminé. Mendel. Beding.
Atlas van het kon. Relgic 6i-^<
Vue prise de la Chapelle du Paradis. Id. Id. Id. 614
Vue du boulevard de la Sauvenière, Id. IJ. Id. 614
Vue de la rue Hemricourl.ToovEY. Belgique industr. 614
Vue prise du plan incliné. Ghemak. La Belg. monum. 615
Vue du pont des Arches. Stroorast. Id. 615
Vue prise de Pierreuse. Foi;rsiois. La Belg. commun. 615
Vue prise du plan inclini<.W.\! TF,K?.A.r,', iWl.deln Belg. 6I'i
Vue '!i! [jont des Arrhes. hi. Id. . tilti
(*) C'est le n" 5;'. fin dcuxièuie suppl-'incnt.
130 53*
id.?
131 84
1840
132 54b i'^
id.
133 54t«'-
id.
134 55
1840?
135 53^i^
id.?
136 55*6'-
id.?
137 55*
id,?
138 55-'
id,?
139 55"
id.?
140 55'
id.?
141 58»
id.
'42 55»
id.?
143 55'»
1841
144 55"
id.
145 55'-
id.
146 85«'
id.?
147 56
1842
148 57
id.
149 57 1"-
id.;^
150 57>-"'
id.?
151 57*
id,?
152 58
1843
15:5 59
id.
155 59!'-'
id.
156 59*
id.
157 .50''
id.
1.^8 59*
id.
159 59'
id.
160 59»
id.
161 59"
1844
162 ri9'»
id.
163 59»'
id.
164 59"
id.
165 59«"
• id.
713 —
Pages
166 59"
1844
167 89"
id
168 59'»
id
169 62
id
170 60
1845?
171 61
id.
172 eiL'i-
id.?
173 61'e'
id.?
174 61*
id.?
175 61"
id.?
176 61'
id.?
177 61'
id.?
178 61»
id.?
179 61'
id.?
180 61"
id.
181 61"
id.?
182 61"
id.?
183 61«î
id.?
184 62bis
1846
185 62te.
id.
186 62'
id.
187 62'
id.
188 62»
id.
189 62'
id.
190 62»
id.
191 62''(«)
1847
192 62'» (')
id.
193 62««(')
id.
194 62" (»)
id.
193 62" 0
id.
196 62"
id.?
197 62*'
id.
198 62»«
1848
199 62»'
id.
200 62»» >'"•:
id.
201 62>»;'.i
id.
Vue du boulevard de la Sauvenière. Wauters. Les
délices de la Belgique.
Vue de la place du Théâtre. Id. Id
Vue pr. du pont de la Boverie. Carie pitt. des ch. def.
Plan complet avec les environs. Mohren. (Conces
sions de mines de houille.)
Plan du cours de la Meuse. Franck. De la dérivation
de la Meuse
Plan complet. Id. Id
Id
Vue du Marché. Bindels ....
Vue du quai d'.Wroy. Id. . . .
Vue de la place du Théâtre. Id. .
Vue du boulevard de la Sauvenière. Id
Vue du pont des Arches. Id. .
Vue du pont de la Boverie. Id. .
Vue du pont des Arches. Id. . .
Plan complet. BAËDEKER.Be/jî'e», Handbuchlein,ete
Id. FERHlER.Gw/de ///. du voyaçieur en Belgique
Vue du pont des Arches. Id. Id.
Plancompl.BoYCE et Richard. Man.du voy.en Belg
Vue pr. du plan incliné. Ignace KuRANDA.Be/<72e,etc
Vue du pont des Arrhes. Id. Id.
PI. complet. DuPLESSY et Landoy. Nouv. guide indisp
Vue de la place du Théâtre. Id. Id. .
Vue du pont des Arches. Id. Id. .
Vue du boulevard de la Sauvenière. Id. Id.
Vue de la place de la Cathédrale. Id. Id.
Plan complet. Rubens. Handbuch fur reisende
Vue de la place du Théâtre. Id. Id.
Vue du pont des Arches. Id. Id.
Vue du boulev. delà Sauvenière. Id. Id.
Vue de la place St-Paul. Id. Id.
Plan des environs du Palais. Van Der Rit, .
Plan du cours de la Meuse. IIouBOTTE.Pco/etd'amé/jor
Id. Dandelin, Esquisse d'un projet d'amélior
Vue pr. du plan incl.Gfude de t'éir. — hEy.Guide pit
Vue du boulevard de la Sauvenière. Id. IJ. Id
Vue de la place du Théâtre. Id. Id. Id
(.IV t.viii t.xm
616
617
617
278
277
277
617
618
618
618
618
619
619
619
620
620
621
621
621
621
622
622
622
622
623
336
337
337
337
337
623
623
624
626
338
339
(') C'est len» ti2i<'»du deux!(!nie supplément. — (*) C'est le n" 62'ti' d,, deuxième suppl'
(') C'est le n" 62' id. — (*) C'est le n" 62'' id.
C) C'est !e n» 62" id. — (*) C'est le n" 79''>^^'- id.
(') C'est le n" 79* id.
20a 63"^"^
id.?
•204 63te>
id.?
•208 64
i851
714 —
^ ^ ë. ^
t.IV t.VIIt t.XIII
•20!2 63 IS.HO Plan complet. Renier. Guillkaime. Nouveau guide
dans ta ville de Liège 278
Vue du pont des Arches. Bindlls. (Carte d'adresse.) 626
Vue du Marché. A. F 626
Plan complet. Vandermaelen. Mémoire sur ta station
de Lon^doz, elc 278
'206 65 id. Plan du cours de la Meuse. Rorguet. Des moyens
les ptus éco?iomiq lies, elc 279
-07 66 id. Plan complet. Gai.opin. Notes pnbl. à l'occasion, e'c. 279
208 67 1852 Id. Avanzo. (Dérivation.) 280
-09 68 id. Vue prise du pont du Val-Benoit. Elien Wardy.
Guide du voyageur 280
"2i0 69 id.? Vue prise de la Citadelle. r.ANELLB 280
211 69W» id.? Vue du boulevard delà Sauvenière. Id. . . . 626
:î)2 69t<'' id. PI. complet. R\CHki\D.Guidepiti.du voyag. en Belg. 627
213 70 1853 Id. Avanzo .281
214 71 id. Id. avec les environs. Vandermaelen. Grande
carte topographique de la Belgique 281
"215 72 id. Id. id. F. de Bruyne . . .281
:il6 72l'i> 1854 Plan du chemin de fer de ceinture. Rome, Chemin
de fer hollando-belge 627
^17 73 id. Plan du cours de la Meuse. Egout latéral. Bapport
de la Commission 281
'218 74 id. Plan des environs du pont d'Amercœur. ifecoMsirwc-
tion du pont d'Amercœur 282
219 74'''- id. Plan des faubourgs Si-Léonard et Vivegnis. Mémoire
de la Société de la Vieille-Montagne 337
"220 74'"» id. Plan d'une partie du faubourg Si-Léonard. Id. . 338
221 74* id. Plan du quartier de l'Ile. Egouts. Bapport, etc. . 628
222 75 1855 PI. du cours de la Meuse.GRASs. i>/od//ic.pro/>05.,etc. 282
î!23 76 id. Id. Id. Id. . . . 283
•224 77 id. Id. Id. Id. . . . 283
•225 771"- id. Vue prise de la Citadelle. Cjorfe sur /es /;ori/s du R/i!w. 628
226 78 id. PI. compl. avec les eav.SPLiNGARD.. Wém. S!»- j<Mp/o;. 284
227 78''i" id. Plan du port de Cheravoie. Schmit. Bapport sur
l'exploitation en régie, etc • 628
228 78t«' 1856 Plan du faubourg St-Léonard. 2« rapport de la
Commission. (Egout latéral. j 629
•229 78* id. Plan du quartier de l'Ile. Id 630
■230 78" id. Vue prise de la Chartreuse. Stroobanï, Journal de»
dames et des demoiselles 630
1*3» 79 id. Vue prj.se df: la Citadelle. Bindels 630
— 715 ~
Paze«
UV t.VIlt t.XIIf
Vue du Marché. Bindels 634
Vue de la place St- Lambert. Id 634
Id. de l'Université. Id 634
Id. du Théâtre. Id 634
Id. id. Id 632
Id. de la Cathédrale. Id 632
Id. St-JHcques. Id 632
Vue du boulevard de la Sauveniëre. Id. . . . 632
Id. Id. . . , 632
Vue du pon( des Arches. Id 633
Vue du pont de la Boverie. Id 633
Vue du quai de la Batte. Id 633
Plan de la rive gauche avec les environs. G. Dumont.
Des eaux alimentaires 284
Plan complet avec les environs. Id. Id. 285
Plan du quartier de la Madeleine. Remont. Recons-
truction du pont des Arches 285
Plan des abords du pont des Ar.bes. Id. Id. 285
Id. Id. Id. 286
Plan du chemin de fer des Guillemins à Herstal.
Rapport de la Commission spéciale 633
Vue prise de la Citadelle. E. Texier. Voyage pittor.
en Hollande et en Rel'jique 634
Plan du quartier de la Madeleine 286
Id. HOUBOTTE. . . 286
Plan de la rive gauche de la Meuse. (Egouts.) Blonden.
Rapport fait au Collège 287
Pian complet. Morel. La Meuse belge 634
Id. ÂVANZO. (Dérivation.) .... 28T
Id. Id 288
Id. Weale 's handbooks .... 635
Plan de l'île de Commerce. Blonden. Rapport sur le
projet de station centrale 288
259 92 id. Plan du quartier du Nord avec les environs. G. Du-
mont. Rapport sur les eaux alimentaires . . . 288
260 93 id. Plan du quartier de la Madeleine. Neuville. (Abords
du pont des Arches.) 289
Id. Id 289
Id. Houbotte. Id 635
Plan de la place du Théâtre. E. Noblet .... 636
Plan complet. J. Coune. V. Renard. ..... 289
Id. BaedëKër. La Belgique et la Hollande. 290
^32 79')''*
4856
233 79t«'
id.
■234 79*
id.
235 79»
id.
236 79»
id.
237 79'
id.
238 79'
id.
239 79»
id.
240 79"'
id.
241 79'»
id.
242 79«'
id.
243 79"
id.
244 80
id.
245 84
id.
246 82
id.
247 83
id.
248 84
id.
249 84bi^
1857
250 84ter
id.
251 85
4858
252 86
id.
253 87
id.
254 88
id.
255 89
id.
256 90
id.
257 goi^it
4859
258 91
id.
26 i 94
id.
262 94i''s
id.
263 94ter
id.
264 95
id
265 96
id.
— 716 —
t.TV t.VUI t.XIII
266 97 1860 ï>\an comp\cl. Dossï:hky.Nou v. carte de la Belgique. i9Q
267 98 id. Vue pr.du quai des Tanneurs. DELHAXHE.(Carled'adr.) 290
268 98'"^ id. Plan complet. Du Pays. Itinéraire descriptif . . . 636
269 99 id. Id. parcellaire. Blonden 290
270 99^'^ id. Id. Stevens.C/î. de f. liég.-limbour.-holl. -belge. 636
271 dOO id. Plan des environs de l'écluse de la Fonderie de
canons. Blonden 638
272 lOt id. Plan du quartier des près St-Denis, etc. Blonden.
Pont sur la Meuse, etc 638
Plan complet parcellaire. Blonden 339
Id. id. cadastral 340
PI. des env. de la pi. Noiger. Dégag. de l'hôtel prov. 639
Id. Blonden. id. . . . 640
Id. Dewandre. Id. . . . 641
Plan des terrains de l'hospice des aliénés. Mélotte.
Création d'un nouveau quartier 340
Croquis de la ville. (Station intérieure) 641
Plan des en virous de la station de Longdoz. (Id.) 642
Vue du couvent des Filles de la Croix. Lallement.
CriEMtTTi 642
Plan du parc de la Boverie 642
Plan des terrains du béguinage Sl-Christophe . 643
Plan des boulevards et du quai d'Avroy. Blonden.
Projet de voies spéciales 643
285 104* id. Plan du parc de la Boverie. PiEMONT. Projet de créer
un jardin d'acciimatalion,elc 644
Id. Id. Id. . 644
Plan complet. E. d'Auriac. Nouv. guide général,elc. 341
Douze plans de rues. (Expropriations.) Blonden.
(Kapporl de Clochereux.) 341
Plan complet. Ch. Wigny 342
Id. Severeyns 343
Plan de l'île de Commerce. Inel. (Projet.). . . . 644
Id. MuLKAY. (Id.) 646
Id. Id. (Id.) 646
Id. Blonden. Projet d'appropr. des terrains. 646
Id. Id. Id 646
Id. Id. Id 647
Id. Id. Id 647
Id. Id. Id 647
Id. Id. Id 648
Plan du quartier d'Avroy et du Centre. (Ile de Com-
merce.) MuLKAY. Appropriation des ter<ains . . (j48
273 102
1861
274 103
id.
275 103bis
id.
276 103ter
id.
277 d03*
id.
278 104
■1862
279 104bi''
id.?
280 104'"
id.?
281 104*
id.?
282 104"
id.?
283 lOi"
id.?
284 104'
1863
286
104»
id.
287
105
1864
288
106
1865
289
107
id.
290
108
1866
291
id.?
292
id.
293
id.
294
1867
295
Id.
296
id.
2&7
id.
298
" id.
299
• -id.
300
id.
— 717 —
Page^
304
1867
302
id.
303
id.
304
id.
305
1868
306
1869
307
id.
308
id.
309
id.
310
1870
311
312
id.
313
1871
314
id.
31S
id.
316
id.
317
id.
318
id.
319
id.
320
id.
321
id.
322
id.
323
id.
324
id.
32S
id.
326
id.
327
id.
328
id.
329
id.
330
id.
331
id.
332
id.
333
1872
334
id.?
335
id.
336
id.?
337
)873
Plan des environs de l'hôpital de Bavière. Ualkin
Rapport de la Commission spéciale ....
Id. Umé. id.
Plan du quartier des Vennes. Mulkav et Umé. Avatu
projet d'emplacement, elc
Plan de l'île de Commerce. Halkin
Vue de la place du Théâtre. Bindels ....
Plan de l'île de Commerce. Orban-Lauarche. .
Plan complet. Srvereyns
Croquis de la ville. (Ch. de fer américain.) Marmont
Vuepr. du quai de l'Université. ROZEZ. Nouv. carte ill
Croquis de la ville. Marcellis. Sur t appropriation
de l'île du Commerce
Plan des environs de la place du Théâtre. Protin
Ouverture des bains St-Michel
Pl.des ter. de l'hosp. des aliénés. Prof^d^^concoMr5, elc
Plan du quartier d'Avroy. Hamal. Exposé de la
défense des charbonnages, etc
Plan complet. Gnusé. Vanderm\elen
Id. G. DUMONT. Des affaissements du sot
Id.
id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
id.
Id. Id
Id. Id
Id. Id
Plan du faubourg St-Laurent
Id.
Id.
Plan du faubourg Vivegnis.
Plan de la rue Basse-Wez
Plan du quartier de Fragnée
Plan du faubourg Ste-Marguerite. Id.
Plan des environs de Bressoux. Id.
Plan d'une partie du faubourg St-Laurent.
Id. St-Gilles.
Plan des environs de la prison.
Plan des quartiers d'Avroy et de la Boverie.
Plan des environs du Jardin botanique.
Plan des environs du pont du Val-Benoit.
Plan du faubourg Ste-Walburge.
Plan des environs de la rue de l'Ouesi.
Plan des environs du faubourg St-Gilles.
Vue du pont des Arches. Doms. L'illustr. européenne
Plan partiel. (Chemin de fer américain.) Vossen ,
Plan linéaire. Hahn
Plan complet. Severeyns
Plan des environs de la rue de Waremme. Société
anonyme liégeoise des maisons ouvrières
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
665
718
H«Kes
338
1873
339
id.
340
id.
34i
id.
342
id.
343
id.
344
id.?
345
1874
346
id.
347
id.
348
id.
349
1875
3S0
id.
3S1
id.
332
id.
3S3
id.
3S4
id.
3S5
id.
356
id.
357
id.
358
id.
359
id.
360
id.
36 i
id.
362
id.
363
id.
364
id.
365
id.
366
id.
367
id.
368
id.
369
id.
370
id.
371
1876
372
373
i'-.
374
id.
375
id.
Plan de 1» rue Kinet. .Sue. an, tiêy. des maisons ouvr.
Plan de la rue de Meuse. Id. . . . .
Plan de la rue de Mulhouse . Id
Plan du quartier du Bas-Laveu . Id
PI. compl. Plantenga. Belgie tntl de reizen lot Parys.
Vue prise de Kinkempois. RozEZ. Atlas de la Belgiq.
Vue du Marche. Hasserz
Plan du boui. de Saulcy. Chandelon et De Koninck.
Rapport, etc. .
Plan complet. DosiERAY
Plan de l'île de Commerce. Blonden
Id. Id
Id. Lambert Demany . . .
Plan de la partie sud de la ville. Id
Plan complet. Oecq
Plan des environs de la caserne St-Laurent. Union
des charbonnages. Réponse
Id Id.
Id. Id.
Plan d une partie du faubourg St-Laurenl. Id.
Plan des environs du faubourg Sle-Marguerite. Id.
Plan d'une partie du faubourg St- Gilles. Id.
Id. St-Laurent. Id.
Id. Vivegnis et environs. Id.
Plan du faubourg Ste-Walburge. Id.
Plan des environs de la rue de l'Ouest. Id.
Plan du quartier d'Avroy. W.
Id. Id.
Plan des environs du Jardin botanique. Id.
PI. des f. St-Gilles, St-Laurent, Slt;-Marguorite,etc. Id.
Plan de l'île de Commerce. De Moor
Plan du quartier du Chafour. Borguet
Plan complet. Severeyns
Plan des environs de la rue Léopold
Id.
Plan des terrains entre les quai.s de l'Industrie et de
la Boverie. Mulkay
Plan des environs de la rue Féronstrf'c. G. Garvin
et 0. Brixhe-Steinbach
Id. Id. Id.
Plan des environs de la rue de Waremme. Société
anonyme liigeoise des maisons ouvrières
Plan de la rue Kinei. Id
t. XIII
665
666
666
666
667
667
667
668
m
670
671
671
672
672
673
673
674
674
676
'67S
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1878
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Plan de la rue de Meuse. Soc. an. liég. des mais, ouvr
Plan de la me de Mulhouse. Id.
Plan du quartier du Bas-Laveu. Id.
Plan de la cilé de Cornillon. Id.
Plan de la cité de Bas-Rhieux. Id.
Plan de l'île de Commerce. Claesen. . .
Id. Blonden. Claesen
Vue de la place du Théâtre. Straus. Souvenir de Liège
Vue du pont des Arches. Id.
Vue de la ville prise de Sl-Martio.
Id. prise de la Citadelle.
Vue du boulevard de la Sauvenière
Vue du Marché.
Vue du Jardin d'acclimatation.
Vue du quai de la Batte.
Vue du pont de Commerce.
Plan complet. Jourdain. Guide-album du voyageur
Vue de la ville prise de Kinkempois. Id. Id
Plan de la rue Léopold et envir. (Terrains à vendre.
Plan complet. Severeyns
Id. Du Pays. Guides-Diamant. Belgique
Id. (Plan à aflicher.) . .....
Plan de l'île de Commerce. Cahier des charges poui
la vente des terrai7u
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
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Id.
Id.
Plan de la rue Latour.
Plan des boulev. du Saucv et de la Coristitiition
id.
id.
Plan de la rue Fond-Pirelte.
Plan de la rue des Champs.
Plan de la rue Hullos.
Plan du quai des Pêcheurs.
Plan de la rue Firket.
Plan de la rue Féronstrée et environs. G
Assainissement, etc
Plan de la rue Léopold et envir. (Terrains à vendre.
Plan d'une partie de la Boverie. Mulkay . . .
Plan des quartiers des Vennes et de Fétinne. Blonden
Projet de construction de ponts, etc.
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Garvin
'tr-'SZr i-
ADDITIONS ET CORRECTIONS.
Page525. Dans cette page, les ii- 101, 283, 26, 72, 233, 255 et
404 doivent être respectivement remplacés par les
n- 108, 290, 5, 79, 261, 260 et 412.
» 530. La 4" ligne en remontant doit être placée la dernière.
» 536. Ligne 4 en remontant : Intercaler les mots :
Larg. O-^ôS, haut. 0"'\9.
I) 539. n S. Xiouter: Compleete zakratlas van de Zeven-
tien Nederlandsche provinciën^ etc. Ams-
terdam. Elwe et Langeveld. 1786. Un
volume in 8°. N° 28.
» 558. T> 23. N" 225. Ajouter en note : Ce numéro et les
suivants sont ceux dunumérotagegénéral.
» 586. » 4 en remontant. Ajouter en note : Cette des-
cription remplace celle du premier travail.
» 589. » 21. Ajouter en note : Cest le n° 22 du premier
travail.
» 644. » dernière. N° 29J . Ajouter en note : Ce numéro
et les suivants sont ceux du numérotage général.
T> 709. Ajouter: 53*". 56""". 1725. Plan compte/. Bodenehr.
Force d'Europe, en allemand. Page r)4 di.i premier travail.
(La note 8 se rapporte à ce n".)
Le n''26**^'' devient 26*.
TABLE DES MATIERES
DU XIII* VOLUME.
Statuts constitutifs v
Tableau des membres xi
J. DE Chestret. Jean de Wilde i
J.-G. ScHOONBROOD. Miscellanées 21
N. Henrotte. Ancien plan et vue de la ville de Liège 85
Ph. de Limbourg. Fouilles de Juslenville, cinquième rapport 89
N. Henrotte. Pierres sépulcrales de JenefFe 118
A. Kempenekrs. La torabede Blehen 422
D. Van de Casteele. Fonts baptismaux à Huy, à Seraing et à Esneux. . . 195
D. Van DE Casteele. Sur l'Orphée aux enfers de Gérard Lairesse .... 215
Jules Helbig. Les châsses de Saint Domitian et de Saint Mengold à Huy. . '221
•l.-S. Renier. Lambert Suavius, de Liège, graveur en taille douce, typographe-
éditeur, peintre, poète et architecte 245
Hugo loeksoh. Traité de paix conclu entre Hugues, abbé de Stavelol et
M;.lmeJy, et Jean, seigneur de Scbieyden, le 18. juin 1350. 327
.■» Age des villas et luœulus romains de la Hesbaye 333
Albîn Body. De la Noue Bras de fer au château de Limbourg 359
(■aumartin. Tongres et Honthem 371
.J. Demarteac. Saint-Lambert, V.' en vers 383
4. Dejardin. Troisième supplénifit aux Recherches sur les cartes de la prin
cipautè de Lié^t- 521
— 722 -
PLANCHES.
Pages.
Planche I. Extrait du plan intitulé Bassin de Theux 98
r II. Pierre tombale d'ErraenIrus, dame de Geneffe H8
» m. Pierre tombale de Maroie, dame de Geneffe, épouse du Sagnor
Butor H8
IV. Tombe de Blehen 126
» V. Fouilles de la tombe de Blehen ' . . . . 426
» VI. Famille de Blehen, armoiries. 190
» Vil. Id. id 190
V VIII. Fonts baptismaux de l'église Notre-Dame à Seraing .... 190
> IX. Fonts baptismaux de l'église St-Pierre à Huy 190
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